[Armand de Lyrie] Noblesse oblige

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Noblesse oblige

Message par [MJ] Katarin »

A nouveau un instant de silence, et celui-ci fut sans doutes le plus terrible de toute la vie d'Armand de Lyrie. Il avait contredit son duc, et celui-ci le fixait intensément, sans que la moindre once de début d'expression ne put permettre de savoir ce qu'il pensait à son sujet.

Puis enfin, comme si la réalité elle-même s'était soudainement fissurée, le duc éclata de rire. Pendant quelques courtes secondes, son hilarité fut la seule chose audible dans la pièce, faisant écho sur les gigantesques murs de pierre, emplissant tout l'espace, et forçant Armand et Mélaine à sourire bien malgré eux, subissant par contagion l'étrange jovialité du duc Armand.

- J'aurais du me douter qu'un chevalier ayant le courage de se dresser contre sa famille toute entière par conviction envers ses nobles idéaux, ne pourrait rester muet lors d'un désaccord avec son duc. Armand de Lyrie, êtes-vous certain d'être réellement aquitanais ? Vos comparses ne cessent de mentir avec aplomb pour me faire croire qu'ils sont mes meilleurs amis, et vous, je n'ai prononcé que quelques mots que déjà vous vous opposez à moi en bégayant, en transpirant, en rougissant - ma parole, respirez, vous pourriez vous évanouir !

Et le revoilà éclatant de rire de plus belle. Et à ses côtés, le sourire de Dame Mélaine s'élargit davantage encore, comme si rien ne pouvait la rendre plus heureuse que de voir le Duc ainsi enjoué. La scène est totalement surréaliste.

Néanmoins, le Duc reprit son sérieux aussi rapidement qu'il l'avait perdu, et c'est d'une voix rassurante qu'il s'adressa à Armand.

- N'ayez aucune crainte pour le duc Huebald, nous entretenons une correspondance régulière et il est parfaitement au fait de ce qu'il se trame dans sa baronnie. Quant a vous... J'ai confiance en vous Armand. Vous n'aviez rien à gagner à dénoncer votre famille, et tout son réseau, mais vous l'avez tout de même fait. Vous saviez que cela coûterait votre réputation, votre honneur, vos proches, mais vous avez fait ce qui devait être fait, parce que c'était ce qu'il fallait. Et je ne doute pas que c'est toujours guidé par les idéaux de la Dame et de la chevalerie que vous vous tenez devant moi, prêt à contredire votre duc pour le bien commun.

Vous êtes une fleur qui a poussé au milieu d'un charnier Armand. La preuve vivante que même dans le pire environnement possible, la grâce de la Dame peut toucher ceux qui désirent y être réceptifs. J'ai voulu croire que Margot de Ternant était comme vous, que la fourberie de ses parents ne pouvait être transposée à leur enfant. Lorsque sa mère m'a tendu une embuscade sur son domaine, Margot s'est interposée : à cet instant décisif, elle a choisi le camp du bien, et c'est ce qui m'a convaincu de l'épargner, de lui permettre l'exil plutôt que la mort... mais sa mère n'avait pas hésité, lors de ma nomination au titre de Duc, à sacrifier l'une de ses alliées cultistes pour obtenir ma confiance. Comment être certain que sa fille n'a pas usé du même subterfuge ? S'il y a bien une chose que j'ai appris en Aquitanie pendant mes trois années à y régner, c'est que les nobles de ce duché sont capables des pires félonies pour arriver à leurs fins.

Car il existe une alternative à votre histoire Armand. Le seigneur Jourdain a quitté la ville peu de temps après le procès de Margot de Ternant : j'avais déjà de lourd soupçons sur ses allégeances, quand bien même ni vous ni Margot n'aviez cité son nom parmi les cultistes sévissant en Aquitanie. Et s'il n'avait pas traqué la jeune femme jusqu'à Derrevin mais qu'ils s'étaient donnés rendez-vous là-bas ? S'il y était allé pour la chercher, c'est bien qu'il ne pouvait pas aller dans la forêt de Cuilleux sans elle, très certainement car elle était la seule à savoir où trouver cette peinture. Et dans ce cas, elle a délibérément caché l'existence de cet artefact lors de sa comparution en jugement devant moi, se rendant parjure de sa promesse à la Dame de ne rien omettre de la vérité.


Le duc Armand prit une grande inspiration à son tour. Il semblait réfléchir à toute allure, mais alors même qu'il allait reprendre le fil de ses pensées, ouvrant la bouche pour prononcer une phrase, dame Mélaine l'interrompit.

- Non Armand, vous ne devez pas. Même vous, aussi grandes soient votre vaillance et votre loyauté envers la Dame, ne pouvez pas tout accomplir seul.

- Je le sais, ma Dame, soupira t-il tristement, ses pensées apparemment en phase avec celle de la prophétesse. Je le sais.

A nouveau, le Duc croisa le regard du chevalier de Lyrie, ses yeux affichant une détermination sans faille.

- Armand, expliquez-moi quelles sont les propositions du dirigeant actuel de Derrevin pour résoudre ce conflit pacifiquement, et donnez-moi votre opinion concernant cette situation et sa possible résolution.


Test de charisme : -2, +1 pour étiquette : 4, réussi !
Et beh, si y en avait bien un à pas rater c'était celui-là :D

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Noblesse oblige

Message par Armand de Lyrie »

Mon regard fixe le Duc. Pas intensément. Pas pour essayer de le dévisager. Je le regarde peiné, excité. Je me rends compte comment j’ai fais une connerie. Il aurait tous les droits pour me réprimander, me force à présenter des excuses – de quel droit un damoiseau préjuge-t-il des ennemis de son souverain ? J’ai agis par émotion. Par trouille. Par… À cause de ces putains de démangeaisons. J’attends déjà qu’il m’engueule, qu’il me force à m’assagir, à me ressaisir.

Et non. Il rit. Il me dit de me détendre. Il me couvre de compliments. J’en rougis. Oui je n’exagère pas : Je rougis. C’est ça que ça fait de recevoir les compliments d’un homme qui est tout à la fois Duc, chevalier du Graal, et suzerain. J’essaye de ne pas m’enorgueillir de ses douceurs, de la manière dont il me compare avec une jolie fleur – en Bretonnie on adore les fleurs, nous excuserons les quelques cuistres impériaux dégoûtants de bière qui ricanent en faisant « héhéhéhé, les fleurs c’est pédé ».

Il oppose malgré tout une théorie à l’innocence que je présume de Margot. Et… Et cela fait sens. J’en regarde par terre. Est-ce possible ? Oui, je… Je veux dire… ça colle. J’en ai des débuts de larme aux yeux, que heureusement je parviens à garder bien contre mes globes. Je refuse d’y croire. Je refuse, fortement, de croire que la jeune femme qui a pleuré dans mes bras, qui s’est ouverte à moi, qui m’a confié jusqu’à son… Son affliction, puisse m’avoir manipulé. Encore plus quand je sais comment elle était enfermée face à la révérende Alys.
Mais je ne peux pas en vouloir à mon Duc de croire en une culpabilité de la part de Margot. Il faut que je lui fasse confiance. De toute façon, je n’ai pas le choix : C’est lui qui rend la justice sur ces terres.

Il me met malgré tout bien dans l’embarras avec sa demande. Je me dégage la gorge d’un air bien sonore, avant de reprendre :

« Votre Altesse, pour répondre à votre premier ordre, je peux vous répéter tout ce qu’il m’a dit de vous proposer, car j’ai juré sur la Déesse Shallya de chercher à faire ce qui était juste pour ses humbles gens, et parler justement.

Il m’a déclaré souhaiter que le bourg de Derrevin – ainsi que les autres communes voisines qui ont été libérées par la force – continue de payer le champart et la taille qu’ils doivent tant au Duché qu’au Trône du Roy Louen, afin de ne pas léser leurs suzerains. Il m’a également dit que ces terres ne chercheraient pas à s’étendre, qu’elles ne prendraient pas d’autres fiefs par les armes, il ne devrait pas y avoir de problème à leur faire jurer ce vœu pieu sur une relique, et le coucher par écrit. Ils souhaitent, essentiellement, que leurs vies continuent dans la tranquillité la plus totale : ils veulent continuer de commercer, sûrement se financer avec des péages, gérer eux-même leurs récoltes et leurs corvées… Ils auraient la prétention d’appeler cet endroit, « État Libre de Shallya » – le nom est peut-être un peu choquant, il est vrai, je ne suis absolument pas un légiste, votre Altesse, mais je pense qu’il est possible pour vous de vous déclarer propriétaire des terres de Derrevin, Cinan et Punoy, puisque vous êtes de toute façon leur suzerain indirect, et de les confier au Temple de Shallya de Derrevin, qui alors devra toujours remplir ses obligations féodales, simplement, sans avoir besoin de nommer sur place des chevaliers. Si les seigneurs de Bretonnie seraient outrés que des serfs s’affranchissent d’eux-même, les critiques seraient moindres s’il s’agissait de prendre pour seigneurs directs des prêtresses de Shallya plutôt que des aristocrates.
Il m’a dit qu’il souhaitait que cette franchise ne soit que temporaire, le temps que le Chaos soit anéanti. C’est également là un vœu pieux, et je n’ai que sa parole pour cela ; je pense, pour être honnête avec vous, qu’une fois la liberté accordée à ces paysans, il deviendra difficile de la leur reprendre autrement que par la violence.

Maintenant, Votre Altesse, votre deuxième ordre est de savoir quelle est mon opinion sur cette situation… Eh bien, je vous demande pardon de vous décevoir, Votre Altesse : Je n’en ai pas foutue idée. »


Je forçais un tout petit rire, il faut dire bien moins communicatif que le sien. Tout juste un pouffement ridicule, juste histoire qu’il voit bien que je tente un peu de détendre l’atmosphère. Aucune idée si ça prend ou si j’échoue misérablement.

« Je suis un mauvais juge de caractère, Votre Altesse. J’ai grandis toute mon enfance en admirant mes parents et mes proches, alors même qu’ils s’effondraient dans la plus crasse déchéance en secret. J’ignore comment la situation à Derrevin peut évoluer – peut-être qu’accepter leur proposition vous attirera foule d’ennuis, foule de critiques, tant de la part de vos vassaux que des autres ducs du Royaume. Peut-être cette bulle d’air que représente Derrevin s’avérera dangereuse, que d’autres paysans voudront les émuler, que c’est tout notre pays qui, en quelques décennies, verra ses fondations chamboulées.

Mais puisque vous appréciez mon humble honnêteté, que je pense peut-être être de la naïveté, et que vous me la demandez, alors voilà ce que j’en pense : »

Je marque une petite pause. Je cherche mes mots. J’ouvre la bouche et ne sort que des bruissements. C’est le problème quand on a pas préparé un texte avant de venir. Comment expliquer au Duc ce que je pense, quand moi-même dans ma tête c’est pas clair ?
C'est simple : on va suivre son instinct.

« Lorsque j’étais à Derrevin, Votre Altesse, je me suis arrêté dans une petite taverne locale. Alors que je m’apprêtais à boire et à me détendre, un homme m’a alpagué. Il m’a insulté, déclarant qu’il ne souhaitait pas devoir partager le même air et boire côte-à-côte avec un enfant dont les parents s’étaient rendus coupables de cruels méfaits, un noble chevalier là où aucun noble chevalier n’était venu l’aider lorsque son seigneur sacrifiait ses propres manants, ceux qu’il avait juré sur la Dame de protéger. Je me souviens que je me suis mis à rire, et à l’insulter, en lui demandant à voix haute qu’est-ce que ce rustre péon immonde avait bien pu faire de sa misérable vie de bêcheur de radis pour ainsi me parler ? Les coups se sont vites mis à fuser, dans tous les sens.
Eh bien, vous savez quoi, Votre Altesse ? Figurez-vous que ce bêcheur de radis, il était héroïque. Il s’est battu pour sa ville. Il a perdu des gens qu’il aimait pour les délivrer du mal. Je ne me suis jamais senti aussi honteux de mes paroles qu’en cet instant. »


Petit sourire triste en coin. J’espère que Rémon s’en est tiré. J’espère qu’on lui a bien transmis mes excuses.

« En venant ici, comme je vous l’ai dis, je suis passé par la demeure de Brandan de Maisne. Un preux, ce Brandan : Absolument personne, certainement pas moi, ne pourrait remettre en doute son audace, sa pugnacité, sa poigne. Mais vous savez ce qu’il croit ? Qu’il ne faut pas que Derrevin soit libre, car il serait intolérable que les paysans apprennent qu’il est possible de renverser leurs sires, et de pouvoir vivre tranquillement et paisiblement sans leur œil.

J’en pense tout l’inverse. Cette ridicule bagarre dans cette taverne pourrie, Votre Altesse, elle représente tout ce qui ne va pas dans ce duché, et dans tous les endroits de notre Royaume où règne l’injustice.
Nous sommes des chevaliers. Nous régnons sur les manants parce que nous sommes censés les protéger. Ils labourent, nous nous battons. Et nous ne sommes jamais plus preux, plus nobles, plus doués, que lorsque nous devons faire notre devoir : C’est pourquoi les Croisades sont parties de l’Aquitanie, parce que lorsqu’il s’agissait de défendre le Vieux Monde contre les hordes Arabéennes, nos ancêtres étaient prêts à se battre jusqu’à la mort par milliers. C’est pourquoi nous étions unis face au Duc Rouge, comme les Compagnons étaient solidement unis face à la Fange Verte.
L’Aquitanie a perdu cela en chemin. Nous nous sommes mis à croire que notre règne est prit pour acquis. Mais c’est tout l’inverse. Je sais que ce que je dis peut paraître choquant, je vous prie... je vous supplie de me pardonner si c’est le cas, je tairai ce propos et ne le répéterai à personne d’autre : Mais je ne crois pas que notre règne sur les paysans de Bretonnie soit naturel. Je pense qu’il se mérite. Je pense qu’il se mérite par la campagne, la guerre, par le fait de tenir un bouclier derrière lequel les roturiers peuvent s’abriter.
Mais que faire quand c’est derrière ce bouclier que les pires sévices sont commises ? Ce sont des nobles qui ont ruiné ma Lyrie, comme ce sont des nobles qui ont ruiné Derrevin. Comment pourrions-nous régner sur des terres quand les paysans ne peuvent pas se sentir en sécurité sous l’ombre de nos destriers ?

Il vous faut faire peser votre autorité, Votre Altesse. Sur les Elbiq, sur les Maisne, sur tout le monde. Et en même temps, c’est sur eux que votre pouvoir repose. Accorder à Derrevin ce qu’ils demandent, c’est risquer de vous retrouver tout seul.
Mais après tout, qu’est-ce qu’ils ont déjà fait pour vous, ces seigneurs ? Les vassaux sont censés vous obéir, voilà tout. Ils ne sont pas censés comploter, intriguer, venir en douce récupérer des terres. De quel droit sire Brandan ose-t-il réclamer Derrevin ? Ces terres appartiennent à vous, Votre Altesse, et en dernier lieu au Roy – autrefois elles appartenaient à des alliés de la maison d’Elbiq, mais certainement pas aux Maisne, qui ne cherchent qu’à profiter de cette situation. S’ils voulaient Derrevin, ils n’avaient qu’à envahir au moment où elle était dirigée par un immonde seigneur servant les Mouches. C’est Brandan qui aurait dû s’élancer vers le donjon de sire Binet, une épée à la main, et non un gueux bêcheur de radis.

J’ignore ce que la Dame voudrait qu’il soit fait ; C’est à la gracieuse Prophétesse de vous conseiller là-dessus. Et j’ignore quel est le choix rationnel dans cette situation ; Vous ne devez pas manquer de chambellans, de courtisans, de bourgeois marchands en tout genre pour vous informer. Mais si vous souhaitez l’avis d’un chevalier errant naïf, alors voilà ce qu’il vous dit : Libérez Derrevin, confiez-la au culte de Shallya, jurez que vous en êtes le protecteur et le justicier, et si un quelconque sire en viole les frontières, vous le punirez. »


Je souffle. J’ai jamais été aussi satisfait de moi-même d’avoir dit quelque chose. C’est véritablement ce que je pense, pas un mensonge, pas un faux-semblant.
Mais qu’est-ce que le Duc va en faire ?
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 21 nov. 2019, 23:15, modifié 1 fois.
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Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
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Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 11 / CHA 15* (14) / INT 9 / INI 8** (10) / ATT 13** (15) / PAR 11** (13) / TIR 8 / NA 2 / PV 70/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire
**Malus à cause du harnois (inférieur)

État temporaire :
Compassion : +2 aux jets d'empathie (Reste une journée)
Esprit compatissant : +3 aux jets de résistance à la peur/terreur (Reste une journée)
Pompette : +1 CHA, -1 INT.
Migraine : -1 CHA
Visière épaisse : -2 aux jets de perception (Lorsque le casque est porté)

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress
- Volonté de fer : +1 sur les tests pour résister à la peur

- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Empathie animale : Capable, sur un test, de deviner les émotions d'un animal.
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Intrigue de cour : Capable de déceler et deviner des intrigues.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Vœu de la Pureté échoué : -2 dans la résistance aux tentations terrestres

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Art (Peinture) : Sait peindre des tableaux.
- Danse : Excellent danseur
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test

Équipement de combat :
- Épée bâtarde (Inférieure) : 2 mains / 23+1d10(+1d3*) / 22** (11) parade
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 13 protection
Torse : 13 protection
Bras : 13 protection
Jambes : 8 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 13 / SAU 8 / RAP 10 / INT 9 / DOC 12 / ATT 9
Équipement divers :
3 Eo

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHA

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux
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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Noblesse oblige

Message par [MJ] Katarin »

Alors qu'Armand tenait sa diatribe, si le Duc gardait une expression neutre tandis qu'il prêtait attention aux détails fournis par Armand, Mélaine à ses côtés sembla plus dubitative par le discours tenu : rapidement ses sourcils se froncèrent dans une moue désapprobatrice. Le petit rire d'Armand n'eut absolument aucun écho favorable chez ses interlocuteurs qui restèrent de marbre. Et lorsque le jeune chevalier conclut enfin, ils échangèrent un nouveau regard entendu, avant de répondre.

- La Dame a vu dans la Bretonnie la terre des hommes les plus méritants du Vieux Monde. Elle a élu Gilles et ses compagnons, et voulait que les valeurs que portaient ces braves soient transmises de génération en génération dans ce pays. Il est malheureux de voir que de nombreux chevaliers aquitanais se sont détournés de cet héritage, et ont préféré trahir notre déesse pour les voies de la Corruption. Mais lorsqu'un ennemi vous désarçonne, jeune Armand, abandonnez-vous le combat ? Est-ce donc cela que vous retenez des codes de la chevalerie ?

- Je vous remercie pour votre sincérité, Armand. Mais Dame Mélaine ne pourrait mieux porter mes mots : Derrevin, comme toutes les villes et villages d'Aquitanie, est sous ma responsabilité. Ce qui est arrivé là-bas, ce qu'a pu commettre le seigneur Binet, est donc de ma faute. Si les paysans ont perdu confiance dans la noblesse, alors c'est maintenant et non pas plus tard que nous devons agir pour la reconquérir. Le temple de Shallya n'a pas à interférer avec mes obligations, pas plus que les hors-la-loi, les seigneurs avides, ou pire encore, un artefact maléfique. Le seigneur Binet a failli : alors son successeur devra redoubler d'efforts pour rétablir le lien de confiance qui a été rompu. Vous avez raison en cela Armand : il est temps de faire amende honorable, et de rappeler au petit peuple que nous méritons son respect. Et c'est à vous que va revenir cette tâche.

Le silence qui s'ensuivit fut lourd de sous-entendus. Le duc fit un geste pour attirer l'attention de l'héritier de Lyrie vers le rouleau de parchemin qu'il tenait en main.

- Vous m'avez parlé de vos pérégrinations aux tumuli de Cuilleux : figurez-vous que vous avez été précédé par cette missive. Elle provient directement de l'Eglise de Morr, écrite par la main du grand prêtre de Quenelles. Elle remercie explicitement le chevalier Armand de Lyrie pour avoir permis d'offrir des rites funéraires aux nombreux chevaliers qui avaient trouvé la mort dans ces bois, et dont la dépouille y a été retrouvée enterrée de manière grossière. Grâce à vous, un chevalier de la Quête porté disparu a pu être identifié, ainsi que treize chevaliers errants dont les familles n'avaient plus aucune nouvelle. Grâce à vous, ces mères de famille pourront désormais faire leur deuil, en sachant que l'âme de leurs fils a pu être sauvée de la damnation.

Le regard perçant du Duc était accompagné d'un début de sourire malicieux. A ses côtés, Dame Mélaine gardait une expression plus grave, plus solennelle.

- Vous avez fait preuve de loyauté lorsque vous avez choisi de protéger votre pays avant votre famille. Vous avez fait preuve de bravoure en vous aventurant dans des bois réputés pour les nombreuses disparitions qui y avaient lieu, affronté un adversaire mal intentionné, et ainsi permis de retrouver nombre de vos compagnons décédés. Vous avez fait preuve de courtoisie, en venant en aide au sire Evrard et à Margot de Ternant, puis en prenant le rôle de porte-parole de simples paysans.

Je comprends très bien pourquoi Derrevin a voulu que ce soit vous qui teniez ce rôle. Leur histoire fait écho à la vôtre, vous êtes naturellement sensible à leur sort, parce que vous le comprenez mieux que la majorité des chevaliers. Vous avez à cœur leur devenir, leur avenir, parce que leur cause s'ancre dans votre vécu. Ce lien qui vous unit à eux a ceci de particulier qu'il n'est pas à sens unique Armand : eux aussi sont liés à vous. Vous avez confiance en eux, vous venez de le démontrer par votre argumentation ; et je pense qu'eux aussi, parce qu'ils ont remis leur sort entre vos mains, ont confiance en vous.

C'est pour cela que je vais vous nommer Seigneur de Derrevin.


La foudre aurait pu tomber en cet instant, et le Duc marqua un court silence afin d'appuyer l'importance de cette dernière phrase.

- Pour que vous puissiez montrer que votre volonté de mériter leur respect n'était pas faite que de mots. Derrevin fait partie de l'Aquitanie, du royaume de Louen et de la Dame, et nous ne les abandonnerons pas à leur sort. Il n'y aura pas de sécession, mais une seigneurie dont le chevalier du royaume exemplaire aura à cœur la loyauté et la considération de tous ses sujets. La manière dont vous gèrerez votre domaine n'appartiendra qu'à vous : si vous souhaitez permettre aux paysans d'avoir une voix dans les décisions que vous prendrez, alors ainsi soit-il. Montrez l'exemple à vos voisins, et aidez-moi à remettre l'Aquitanie dans le droit chemin. Voyez-vous une objection à accomplir cette mission, seigneur Armand ?

La question semblait presque rhétorique. Armand d'Aquitanie était Duc, et son autorité était sans équivoque, appuyée par le regard de Dame Mélaine qui semblait jauger avec beaucoup d’intérêt les réactions du jeune chevalier. Il pouvait sentir les poils de sa nuque se hérisser, et ce n'était cette fois-ci pas la faute de l'élixir de Perrin Melchine - la solennité de l'instant était palpable, et les mots qu'il prononcerait seraient d'une importance capitale.

Jet de CHA d'Armand : caché.
+5 PdC Morr \o/

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Noblesse oblige

Message par Armand de Lyrie »

J’étais fier de mon petit discours. Il était sorti avec toute ma naïveté chevaleresque. Les Dieux m’en soient témoins : J’ai parlé non comme l’on souhaitait entendre, mais comme je pensais, en moi, en mon for intérieur, en mon cœur. Tout me semblait vrai. Je m’étais convaincu au fur et à mesure que j’avais cherché et trouvé mes phrases, malgré la trouille et la démangeaison. Je pensais que ça aurait suffit.
Visiblement, pas du tout.

Mes yeux se sont écarquillés, mes lèvres ont prit une grimace triste. J’ai serré les dents. Si n’importe qui d’autre avait tenu les propos de la Dame Mélaine, si ça avait été sire Brandan qui m’avait dit ce qu’elle avait dit, je pense que je l’aurais rejeté en bloc, avec courtoisie, mais en bloc. Mais voilà, c’est une Prophétesse du Graal qui dit ça, et on ne contredit pas une Prophétesse du Graal. J’ai dû résister, extrêmement fort, à l’envie de me jeter à terre un peu plus encore, pour lui demander pardon d’avoir dit ce que j’avais dit – pas un passage en particulier, non, juste, tout ce que j’avais dis.
Qu’en penser, à présent ? J’en sais rien. C’est pas la première fois que c’est le bordel dans ma tête.

Je suis plaisamment surpris de savoir que le grand-prêtre de Morr à Quenelles a entendu parler de mon nom. Pas par vantardise : Je suis surpris, et agréablement, parce que Evrard a bel et bien respecté ce qu’il avait juré dans sa lettre. Il s’est donc racheté. Et il a permit à tous ces pauvres hères de trouver la paix. J’ignore encore qui sont les assaillants qui les ont mit en terre pour commencer, mais à présent, au moins, leur âme ne vagabondera plus, torturée et assaillie, solitaire et apeurée. Ils sont dans le jardin. Je suis un mec superstitieux. Savoir qu’ils auront le repos me retire un sacré poids, assez pour que je souffle, et que je souffle également pour ce pauvre chevalier de Gasconnie. C’est comme si on me retirait des sacs de mon fardeau. Il est un peu moins pesant.

Le duc continue de me couvrir de compliments bons à me faire rougir. Il conte des exploits qui pour moi n’en sont pas – c’est que c’est un bon signe, non ? Je crois. Je crois deviner que c’est une bonne chose, de ne pas se vanter de ses exploits, même quand ils sont dignes de l’admiration d’un chevalier du Graal. J’ai très hâte de retourner sur les routes de l’errance, prouver ma valeur, et mériter ma lance et mes éperons.

Jusqu’à ce qu’il me dise qu’il compte déjà me les accorder, en cet instant même.

J’ai bien levé la tête. Et j’ai eu une expression étrange sur mon visage : Aucune. Absolument aucune. Pas un sourcillement, pas un tic, pas un sourire. Rien. Imaginez la tête la plus neutre que vous puissiez imaginer. J’ai même arrêté de cligner des yeux. J’ai même arrêté de prendre de l’air par mon museau. Je crois que je me rendais pas compte. Je lui aurais demandé de répéter, si seulement je n’avais pas crains une rouste dans ma face pour oser demander à un Duc de répéter. Mais il détaille bien ce qu’il attend de moi. Il me demande si je trouve une objection, comme ça, absolument normalement.
Il me faut deux grosses secondes pour que l’information remonte au cerveau. Je réagis à l’instinct. Voix légèrement tremblante, je baisse élégamment mon crâne.

« Votre Altesse, je…
Je ne sais que dire. »


Je lui mens pas. J’ai aucune idée de ce que je dois dire.

Qui suis-je ? Qui est Armand de Lyrie ? Vous le côtoyez depuis un moment, il vous a livré beaucoup de secrets, et beaucoup de facettes de sa personnalité. C’est un inconséquent. Un gosse qui a passé son enfance sans rien gérer, sans beaucoup apprendre. Un élève indiscipliné. Un vaurien jouisseur. Oh, il a bien fait ce qui était juste, quand il en a eu l’occasion – mais l’Errance sert à prouver que les bonnes intentions ne suffisent pas. Il n’a pas l’âme d’un seigneur, Armand de Lyrie. Ni la volonté. Il a une haleine suicidaire. Il aime l’aventure autant qu’il y est contraint.
Qu’est-ce qui m’attend à Derrevin ?
Des paysans pleins de ressentiments envers la noblesse.
Des prêtresses de Shallya souhaitant la purge de la corruption.
Des Herrimaults qui se dotent d’un gouvernement.
Des Gillites avides d’opportunités commerciales.
Un Brandan de Maisne aux dents longues, et une famille d’Elbiq pleine de vengeance.
Et à côté, dans la forêt, des mystérieux tueurs de chevaliers. Une secte de serviteurs du Serpent.

Et Margot.

Tout ça, je l’ai fuis. C’est pour ça que j’ai couru vers l’Orquemont. Pour ça que je souhaitais mourir de l’estafilade d’une peau-verte. J’avais le courage de faire ce qui était juste. Je sais pas si j’aurai les épaules de continuer, avec le sort de beaucoup plus de gens sur les bras.

« Vous devez vous rendre compte, Votre Altesse…
Je porte sur moi la lie de ma famille. J’ai provoqué des rixes et des vendettas. Les aristocrates de ce duché, vos vassaux, ils me verront comme un arriviste, ou un danger.
Je n’ai aucune idée de comment on gère un domaine – mon père ne savait que pressurer ses habitants. Et je ne me suis pas prouvé par ma force ou ma valeur – pas comme vous, Votre Altesse, vous qui avez occis tant de monstres pour prouver aux yeux de tous votre valeur avant d’accepter un quelconque titre.
Est-ce que je suis vraiment le genre d’homme que vous souhaitez compter parmi vos vassaux ? Pour une terre si sensible que Derrevin ? »


N’importe quel autre seigneur aurait probablement juste filé la terre à Maisne. Il l’aurait laissé entrer à l’intérieur avec ses sbires. Il aurait laissé les sergents et les mercenaires violer les femmes et tabasser les hommes comme du plâtre, et les chevaliers jouer aux quilles en chargeant des rangs de paysans. Quelles autres options Armand a-t-il, sinon moi ? Rares sont les chevaliers qui ne seraient pas étripés sitôt qu’ils entrent au sein de la ville.
C’est pas pour autant que j’ai leur respect, ni leur amour. Carlomax m’a assez fait confiance pour porter un message jusqu’ici, c’est vrai, mais pour lui, je n’étais qu’un joker, il l’a lui-même avoué. Il souhaitait me griller face au duc : Si ça passe, tant mieux, Derrevin est libre. Si ça passe pas, tant pis, il s’attendait à devoir se battre pour sa liberté de toute manière.
Que je revienne ainsi, clinquant et fringuant, à dire qu’à présent je suis le dirigeant de ces terres… ça, ça c’était pas prévu du tout.

Je suis plein d’incertitudes. D’inquiétudes. Je tremble.

Et pourtant, malgré tout, je me sens soudainement prit d’une vigueur que je croyais perdue. J’étais allé dans l’Orquemont en broyant du noir. Mais c’est la peur et le défi qui m’ont revigorés. Qui m’ont poussé à faire ce qui était juste. C’est pour ça que je suis allé en avant dans la forêt de Cuilleux, toujours devant Evrard. C’est pour ça que je l’ai convaincu de faire ce qui était juste, devant le charnier de braves.
Je ne suis pas l’enfant favori de la Dame, je n’ai pas cette prétention. Mais je ne peux pas fuir. Fuir c’est la voie du lâche. C’est assez ironique, de dire qu’il serait un acte de couard que de chercher des Nécrarques ou des Bestigors à mettre en terre : Mais il semblerait bien que les Dieux en aient décidé ainsi pour moi. Sinon les Dieux, au moins mon suzerain.

« Si tel est le cas, alors…
Alors non. Non je n’ai pas d’objections, Votre Altesse. J’irai, avec toute l’aide que vous voudrez bien m’apporter. Je ferai tout ce qu’il faut, pour purger cette terre, pour défendre vos frontières, pour asseoir votre autorité. Je serai votre vassal, et jusqu’à ma mort, je n’aurai envers vous que stricte loyauté et obéissance.
J’ignore si je serai assez compétent et adroit pour sauver Derrevin. Mais si j’ignore si mon bras et ma tête seront à la hauteur, je peux au moins vous promettre mon cœur, qui bat pour ce pays. »


Un peu vaniteux, tout de même. Mais le Duc m’a demandé de parler honnêtement, sinon justement – c’est ce que je crois. C’est ce dont ma cervelle est convaincue en cette heure.
Je ne décevrai pas le Duc. Ni les Dieux. Ni les gens de Derrevin.





Ni Margot.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 26 nov. 2019, 11:39, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total d'xp : 111
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
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Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 11 / CHA 15* (14) / INT 9 / INI 8** (10) / ATT 13** (15) / PAR 11** (13) / TIR 8 / NA 2 / PV 70/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire
**Malus à cause du harnois (inférieur)

État temporaire :
Compassion : +2 aux jets d'empathie (Reste une journée)
Esprit compatissant : +3 aux jets de résistance à la peur/terreur (Reste une journée)
Pompette : +1 CHA, -1 INT.
Migraine : -1 CHA
Visière épaisse : -2 aux jets de perception (Lorsque le casque est porté)

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress
- Volonté de fer : +1 sur les tests pour résister à la peur

- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Empathie animale : Capable, sur un test, de deviner les émotions d'un animal.
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Intrigue de cour : Capable de déceler et deviner des intrigues.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Vœu de la Pureté échoué : -2 dans la résistance aux tentations terrestres

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Art (Peinture) : Sait peindre des tableaux.
- Danse : Excellent danseur
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test

Équipement de combat :
- Épée bâtarde (Inférieure) : 2 mains / 23+1d10(+1d3*) / 22** (11) parade
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 13 protection
Torse : 13 protection
Bras : 13 protection
Jambes : 8 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 13 / SAU 8 / RAP 10 / INT 9 / DOC 12 / ATT 9
Équipement divers :
3 Eo

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHA

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux
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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Noblesse oblige

Message par [MJ] Katarin »

- Si vous souhaitez une dernière fois prouver votre valeur avant de prendre possession de vos terres, alors cette occasion vous sera offerte, sire Armand.

Dame Mélaine affichait de nouveau son sourire bienveillant. Toute magnifique qu'elle était, la prophétesse dégageait une telle aura que sa beauté en était presque intimidante, comme si Armand était un vulgaire paysan crotté qui se tenait devant une duchesse. Le ton de sa voix n'était pourtant ni menaçant, ni agressif : bien au contraire, elle était si mélodieuse qu'on aurait envie de la supplier de parler encore et encore pour seulement avoir le loisir de l'écouter. Sa perfection semblait hors de portée de simples humains, et un simple sourire de sa part donnait immédiatement l'impression d'être béni par la Dame en personne.

Cependant, le Duc à ses côtés s'était un peu rembruni en entendant ces dernières paroles. Son expression se fit plus grave, tandis que le ton de sa voix devint plus chargé d'émotion, plus sombre.

- Effectivement, avant que vous n'atteigniez votre nouveau fief, j'ai besoin que vous accomplissiez une autre quête pour moi, Armand. Lorsque vous avez choisi de dénoncer votre famille pour ses actes séditieux, vous êtes venu me trouver ici, à Castel-Aquitanie, mais n'avez pas trouvé la force de faire la route avec moi pour confronter vos parents les yeux dans les yeux, une faiblesse compréhensible. Mais aujourd'hui, la Dame vous demande de trouver en vous la force qui vous a autrefois fait défaut, car le spectre qui hante aujourd'hui la Lyrie et m'a poussé à la faire évacuer de ses paysans n'est autre que celui de votre mère, Anne de Lanneray.

Il laissa quelques secondes à Armand pour assimiler l'information avant de poursuivre.

- En tant que nouveau seigneur du royaume, je vous fournirais un destrier et une armure digne de ce nom. Je ferais savoir quelle est votre quête aux chevaliers errants présents en Aquitanie pour que ceux souhaitant rejoindre votre bannière se présentent à vous au chateau, demain matin. Notre grand justicier publiera les décrets légitimant votre nouveau titre dès l'aube, et vous confiera les documents officialisant votre nouvelle fonction. Pour finir, une demoiselle du Graal vous accompagnera, pour vous aider à exorciser votre ancien domaine, puis à enquêter sur cette mystérieuse peinture à Derrevin. Je...

- Je serais cette demoiselle, mon duc.

Le Duc Armand écarquilla les yeux alors qu'il se tournait vers la prophétesse. Pour la première fois son humanité transperça sa carapace de chevalier du Graal, tandis qu'il bégaya quelques mots :

- Mais... ma dame... vous...

- J'ai déjà affronté Anne de Lanneray deux fois, la première de son vivant, et la seconde après son trépas : je saurais aider le jeune Armand à la vaincre une troisième et dernière fois. De plus je vous avais informé que la Dame m'a récemment fait parvenir des visions de Derrevin, me prévenant du danger qui y résidait : si la peinture décrite par Armand est d'origine chaotique, alors il est de mon devoir de détruire cet artefact moi-même. Quant à vous, vous savez que votre devoir vous retient ailleurs : vous ne pouvez pas, ne devez pas m'accompagner.

Le Duc Armand poussa un long soupir par le nez avant de reprendre toute sa contenance, offrant un sourire complice teinté de tristesse à la prophétesse, qui le lui rendit immédiatement. Pour Armand de Lyrie, c'est à cet instant que le doute se mua en certitude tangible : les deux-là avaient des sentiments l'un pour l'autre, et leur amour était si pur qu'il en était presque palpable.

- Bien sur ma dame.

Il se tourna alors vers Armand, reprenant une expression bien plus solennelle.

- Armand de Lyrie, chevalier du royaume, voici donc les deux missions que je vous confie. Vous chevaucherez aux côtés de dame Mélaine jusqu'à la Lyrie, où vous affronterez le spectre de votre mère et exorciserez définitivement votre ancien domaine du mal qui l'habite. Puis vous ferez route vers Derrevin, où vous devrez être le parangon de vertu qu'attendent légitimement ses habitants afin de rétablir le lien de confiance qui les unit à la noblesse et à leur Duc. Vous confierez l'artefact trouvé aux tumuli de Cuilleux à dame Mélaine dont vous aurez assuré la sécurité pendant votre voyage - sire Albert de Faviere vous accompagnera, se chargeant de sa protection lors de son trajet de retour vers notre capitale.

Une courte pause, tandis que le Duc hochait la tête à l'attention d'Armand.

- Si vous acceptez ces missions, en tant que nouveau chevalier du royaume, vous pouvez désormais prêter serment à votre Duc, puis aller à la chapelle du Graal prononcer vos vœux.


Jet d'empathie d'Armand : 3, réussi.
Jet d'intelligence (+1 pour héraldique) : 11, raté - Le nom "de Faviere" ne te dit rien.

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Noblesse oblige

Message par Armand de Lyrie »

J’ai eu envie de tomber à terre. J’ai eu envie de disparaître. À nouveau, j’entends tout ce que la Prophétesse et le Duc racontent. Et je le comprend bien. Je n’ai pas besoin qu’ils me le répètent. Je comprend avec latence, certes, il faut un moment pour que tout dans ma tête rentre correctement – mais je comprend parfaitement ce qu’ils disent. J’en expire tout l’air de mes poumons.

Tout, à partir de là, n’est plus que le fruit de l’automatisme. Tout n’est que pur instinct. J’agis sans émotions, sans recul, sans arrêt. Je me lève du sol, monte les marches de l’estrade pour aller juste devant le Duc, et m’agenouiller devant lui. Je récite la phrase de l’hommage, il me tend sa main, et je lui embrasse une bague portant le sceau de l’Aquitanie, ces ailes héritées de l’Oiseau de Proie, son ancêtre.

Et que voulez vous que je fasse, à partir de là ?

Vous avez envie que je vous décrire tout le cérémonial, la tradition, les gestes, le côté pimpant ?

Allez trouver un autre chevalier Bretonnien pour ça, n’importe quel autre. Il pourra vous le décrire mieux que moi. Il pourra vous raconter comment c’était le plus beau jour de sa vie, comment sa famille était toute présente. Il vous racontera comment chaque gestuelle était mesurée, ses paroles basses, solennelles. Il vous racontera un rituel de purification et d’élévation, comment il s’est senti transcendé, comment il est passé de damoiseau à sire, comment il a enfin gagné en maturité.
Moi c’est pas ce que j’ai vécu.

Il y avait quasiment personne dans la chapelle du Graal du palais. Il n’y avait pas la moitié du duché qui était présente. Il n’y avait personne de ma famille – pas de papa pour me faire revêtir les éperons, pas de tonton pour me faire revêtir le heaume. Quentin de Beauziac n’était pas là, avec, pour la première fois de sa vie, un sourire de fierté à mon intention. Il n’y avait ni sire de Maisne pour hocher la tête, heureux de me voir ainsi m’élever, ni d’aristocrates prompts à m’accueillir dans cette fraternité chevaleresque. Personne. Personne à part moi, et mes pensées, et le fait que je broie du noir. J’ai combattu l’anxiété, l’angoisse. Je l’aie bannie dans un coin de mon cerveau, et malgré le cœur qui bat trop vite, et la sueur qui perle dans mes aisselles, et la démangeaison qui empire, je suis arrivé juste devant l’autel de la Dame, j’ai embrassé à tour de bras des reliques, des os de chevaliers du Graal mort et des aciers froids d’épées, et puis j’ai dis la phrase que j’étais censé prononcer, que j’aie apprise par cœur en attendant ce jour :

« Je jure mon service et ma loyauté, corps et âme à mon Seigneur. Lorsque le tocsin retentira, je chevaucherai pour combattre au nom de mon Seigneur et de la Dame. Tant qu’un souffle m’animera, les terres qui sont miennes seront préservées du mal. Pour l’Honneur et la Chevalerie. »

J’aurais imaginé une telle cérémonie différente.
Quand je suis sorti de la chapelle du Graal, j’étais devenu tellement rouge que maintenant même mon visage était atteint. Mon regard vide. Mon corps tremblant. Triboulet m’attendait devant les portes, il se redressa avec un grand sourire, qui se mit à s’estomper pour former une grimace affreuse lorsqu’il découvrit l’état atroce de ma trogne. Je l’ignorais royalement et continuait mon chemin, hagard. Alors même que la nuit d’hiver était tombée, et qu’il commençait à faire froid, je ressentais le besoin de défaire les boutons de mon doublet, pour mieux respirer.

« Messire ? Ça va, vous-

– Lâche moi.
Lâche moi, putain. Arrête de me coller aux putains de basques ! »


Je me suis éloigné du palais en marchant d’un pas bien vif, bien déterminé. Pas longtemps. Juste le temps de dépasser le corps de garde aux herses relevées. Jusqu’à tant que je puisse descendre dans la ville, croiser les flâneurs du soir, les jeunes gens qui font du charivari, et les grotesques sergents à matraque qui s’assurent que l’ensemble ne fasse pas trop de bordel. Je me suis tourné dans une ruelle, j’ai trouvé une cour de maison bourgeoise, je me suis accroupi sur mes deux pieds, et j’ai vomi. J’ai vomis mon frugal déjeuner, j’ai tout dégobillé par terre. Lentement, je me suis assis sur les fesses. Frigorifié. Un mal de tête atroce. La mâchoire si tremblante que je pouvais sentir mes dents claquer. J’ai pris mes cheveux trop gras et trop longs dans mes mains, et j’ai commencé à me les arracher. J’ai senti des larmes dégouliner le long de l’arrête de mon nez, mais pas de pleurs. C’est pas de la tristesse, qui s’est emparée de moi : juste une sorte de… De flippe. De terreur insoutenable, et incompréhensible. Une angoisse alors que je ne suis pas en danger. Mal à respirer, envie de me chier dessus. Je me sentais en danger, et y avait pas besoin que je sois entouré de lames pour ça.



J’aimais ma mère.
J’aime ma mère.

Je l’appelais « maman ». Pas « mère ». Beaucoup de Bretonniens font ça, vouvoyer la femme qui leur a donné la vie, garder cette espèce de distance, froide, dure, autoritaire : Souvent c’est plutôt envers leur nourrice qu’ils sont plus doux. Pas moi. Je l’appelais bien « mère » en public, devant tout le monde, mais pas quand nous étions que tous les deux – et nous étions souvent seuls tous les deux.
J’étais un enfant maladif. Dans mes premières années, trop loin pour que je puisse m’en rappeler, il paraît que je toussais beaucoup trop, que j’avais souvent de la fièvre. Tout le monde s’inquiétait tout le temps pour moi – le fait qu’aucun de mes frères et sœurs n’ait dépassé l’âge de un an a été assez marquant pour mes parents, je vous l’avais raconté ça, qu’à chaque fois qu’ils perdaient un enfant ils devenaient tous les deux un peu plus noirs dans leurs cœurs, et de l’autre côté, beaucoup plus débauchés dans leurs mœurs. Eh bien, ma maman, elle ne m’a jamais quitté. Elle avait déserté le lit conjugal pour passer ses nuits avec moi. Elle m’avait nourri de son sein, je me souviens qu’elle insistait lourdement sur ce détail, souvent pour me faire culpabiliser lorsqu’elle prétendait que j’étais un fils ingrat. Elle était toujours douce avec moi. Elle aimait beaucoup m’appeler « mon trésor ». C’est bête mais c’est le surnom qu’elle avait pour moi, « mon trésor », elle le sortait tout le temps. Elle adorait m’offrir des jouets, et elle y jouait avec moi. Elle en a beaucoup voulu à mon père, quand le paladin Quentin de Beauziac est arrivé au château ; de Beauziac comptait m’élever à la dure, me filer une vraie trempe. Il souhaitait que je devienne un vrai chevalier, pas que je devienne flasque et mou en profitant trop de mon parent maternel. Il a plutôt bien fait, si je peux me battre aujourd’hui, si je sais manier une épée, c’est uniquement grâce à ce paladin. Mais peu importe, ça a assombrit ma mère.

Et puis ensuite y a eu Margot, que j’ai souvent eu l’occasion de voir au château. Ça vous êtes au courant. Ma mère n’aimait pas du tout Margot – elle passait beaucoup de temps enfermée avec ses parents, mais elle ne supportait pas la petite. Maintenant que j’y pense, c’est… C’est à peu près à cet âge qu’elle a commencé à me rendre visite certains soirs. Dans mon bain, ou dans mon lit. Elle m’appelait toujours « mon trésor », même quand ça devenait peu convenable. Même quand ça devenait clairement illicite. J’ai eu du mal à m’en rendre compte. Elle ne m’agressait pas, elle ne se forçait pas sur moi : elle posait ses mains où elle souhaitait, et attrapait les miennes pour les poser là où elle le voulait. Si je résistais, elle se mettait à pleurer. À dire que j’étais ingrat, qu’elle avait tant fait pour moi, qu’elle m’aimait, qu’elle ne comprenait pas pourquoi je la rejetais ainsi. Alors, honteux, je cédais à chaque fois. Elle faisait ce qu’elle souhaitait, et, les Dieux me pardonnent pour la chose immonde que je vais dire – mais ça me faisait plaisir. Ça ne me dégoûtait pas. C’est avec le recul qu’aujourd’hui je peux prétendre être mal à l’aise, révulsé par ces attentions qu’une mère ne devrait pas avoir envers son enfant. Mais à cette époque… À cette époque, le dégoût d’instinct vaincu, je ne parvenais pas à conceptualiser la débauche dont j’étais victime.
Et donc, étais-je vraiment victime, ou complice ? Si j’avais vraiment voulu résister, j’aurais pu, non ? J’aurais pu vraiment lutter, au lieu de me laisser passivement faire, et en tirer du plaisir. Vous croyez pas ? L’excuse d’être enfant, ça dure qu’un temps. Il faut dire que je faisais pas d’efforts, non plus. Je crois que je l’allumais. Pour ça que je me parfumais, alors que j’avais douze ans. Vous en connaissez beaucoup vous des garçons de douze ans qui se parfument ? Tous ces bains que je prenais. J’étais immonde. J’étais à vomir. Une salope, invertie.

Ma maman est encore en vie. C’est un spectre qui hante la Lyrie. Les Dieux me pardonnent – j’ai aucune idée de comment je réagirais si je la voyais à nouveau. Si toute ma haine envers elle me forcerait à la décapiter, de rage, ou si je m’effondrerais. Ça me hante. Ça me fait du mal. J’en arrive pas à respirer. À présent que je n’ai plus l’œil d’un chevalier du Graal sur moi, je peux disparaître dans l’angoisse. Je peux faire ma crise tout seul, assis sur du pavé, à côté de mon vomi. Je peux étouffer comme je veux. Je peux me recroqueviller en boule.
J’ignore combien de temps je reste ainsi. Quand ça va mieux, je me contente de me relever. De me déplacer dans la ville, un peu hagard. Je marche en sachant où je dois aller, mais plus par pur réflexe qu’autre chose. Je marche comme un zombie, je marche là où j’ai la nécessité d’aller. Je redescends dans les ruelles pourries, je dépasse le magasin tout neuf de maître FitzDaniel. Je m’engage dans une ruelle et je vais trouver le Cul-de-Sac. Y a de l’ambiance à l’intérieur, des gens qui crient, qui rient, qui s’amusent. Je trouve un coin un peu éloigné, et m’assois, sans me faire remarquer. Je broie du noir. J’attends. Je m’enferme dans ma bulle, je sais pas combien de temps, en pensant à rien. Je crois que si, en fait, je pense à des souvenirs. Je repense à ma Lyrie. Papa. Maman. Quentin. Tous. Tous ces moments que j’ai vécu.
Je parviens pas à trouver beaucoup de mauvais moments.
J’étais heureux.
La Dame me pardonne, j’étais heureux d’être un petit fils de seigneur de Lyrie. Moi je voyais pas l’horreur que devaient vivre les sujets de mon père. Je ne percevais la débauche que par des interstices dans le mur, et je choisissais sciemment de les ignorer. Personne a jamais dit que faire ce qui était juste était agréable. Mais l’idée de retrouver ma terre natale me donne envie de crier. L’idée de revoir ma mère me terrifie.

« Hé, Armand ? »

Je lève ma tête. Oranne a un pas de recul, les yeux écarquillés.

« Woh ! Ça va, y t’es arrivé quoi ?! »

Et là, vous savez ce que je fais ?

Je souris.
Je banni la tristesse et l’angoisse.
Je prend le ton le plus calme et le plus nonchalant que je puisse imiter.
Je fais ce que j’ai l’habitude de faire depuis que j’ai dix piges.
Je fais comme si tout allait bien. Je mens, aux autres et, surtout, à moi-même.

« Ouais, t’as vu ma gueule ? Je fais une allergie. Sur la table du duc, y avait ces espèces de fruits qui venaient d’Arabie, je n’avais jamais essayé… Je n’aurais pas dû.
– C’est… Woh, c’t’impressionnant, par Shallya…
Je…
...Tu vas bien, t’veux quelque chose ?

– Un petit verre, s’il te plaît.
– J’vais t’chercher ça de suite. »

Elle va me chercher un petit schnaps. Je lui fais un grand sourire, qui disparaît sitôt que je lui tourne le dos. Je bois trop, ça va faire des jours que je bois à tous les repas, mais c’est comme ça la Bretonnie. Je me déglingue le cerveau. Je m’apaise à l’alcool. J’ai de la chance de n’être que dans ma vingtaine. Peut-être que je vais crever de trop boire quand j’aurai quarante piges.

« Je… J’vais p’têt rentrer dans une petite heure, laisser mon serveur gérer tout seul. Si t’as b’soin. De…
– Oui, bien sûr. Je vais te raccompagner Oranne. »

Elle rougit, et hoche la tête en simple guise d’approbation.

Elle m’a apporté un schnaps que j’ai pu siroter tout seul, en ignorant tout le monde, coincé dans ma bulle. Y a un type qui est venu me tenir la jambe à un moment, m’a donné un coup dans les côtes et m’a parlé de sa vie. C’est souvent ce qui arrive quand vous buvez tout seul dans votre coin. J’ai souris, fait semblant de m’intéresser à sa vie, lui ai donné la réplique pour pas qu’il ait l’impression que j’en ai rien à foutre de lui, mais c’est… Je crois qu’il m’a raconté être boucher, ça m’a un peu révulsé, je comprends mieux pourquoi il parle à des inconnus. Les bouchers c’est comme les bourreaux, on est un peu superstitieux envers eux, on aime pas trop s’approcher d’eux. Type sympa sous tous rapports, sinon. Il est parti de lui-même, j’ai même pas eu à le congédier, donc j’étais bien heureux.

Oranne est venue me voir un peu plus tard, donc. Elle s’est excusée parce qu’apparemment ça a été un peu plus d’une heure – j’avais même pas remarqué, tant je crevais tout seul dans mon coin. Elle portait un gros manteau en laine, trop grand pour elle, mauvaise qualité. Je lui ai souris et j’ai décollé de la chaise. On a discrètement dépassé le bar, puis on est sortis dehors, dans le froid. On a discuté en route, un petit peu. Je la sentais un peu gênée, derrière les petits rires. On avait déjà pas mal discuté pendant une heure, alors du coup, on a surtout parlé de Bastien, histoire de briser la glace. Apparemment Bastien c’est un brave gars, le SDF le plus sympa de la ville. Il adore les animaux, gentil avec tout le monde, riches comme pauvres, une vraie crème. Maître FitzDaniel aussi il a l’air gentil, à entendre Oranne, j’ai enfin compris comment il gagnait du pognon : C’est un forgeron qui est devenu assez riche pour faire bosser des forgerons à sa place au lieu d’être dans l’enfer de la fournaise lui-même. Verse beaucoup de dons au culte de Shallya, a offert des heaumes à plusieurs chevaliers du Royaume pour se faire bien voir. Hé, si ça se trouve, c’est lui qui a fait fabriquer l’armure que le Duc a promit de m’offrir. Moi je suis un peu plus cynique, je soutiens que FitzDaniel est sympa juste pour obtenir une place bien au chaud où il souhaite. Oranne partage pas mon opinion, elle est moins froide et pragmatique que moi. Soit. Je continue pas sur le sujet. C’est simple, si vous voulez rester en bons augures avec des gens, y a deux sujets à ne jamais aborder : la politique et la religion.

On est allés jusqu’à chez elle. Elle vit dans une de ces grosses maisons séparés en appartement cloisonnés les uns les autres. Elle m’a avoué pas aimer le quartier, et être plutôt contente que je l’accompagne avec une épée à ma ceinture. Apparemment les sergents de ville patrouillent pas trop ce coin là. Elle m’a intimé de pas faire de bruit parce que sa voisine est une grosse conne, mais comme la porte était vieille et branlante, elle a dû bien forcer dedans pour l’ouvrir. On a franchit un couloir où nos pas ont fait plein de bruits, et on a grimpé jusqu’à chez elle.
Ça paye pas trop de mine. Elle vit que dans une seule pièce. C’est pas sale, il faut l’admettre. La première chose qu’elle a fait en m’ouvrant, après m’avoir bien sûr dit que je devais faire comme chez moi – les gens ADORENT dire qu’il faut faire comme chez soi quand on arrive chez eux, c’est complètement con – c’est arroser des plantes vertes à la fenêtre. J’ai trouvé ça momentanément un peu adorable, que la mégère de quarante kilos qui crie comme une poissonnière entretient des petits bosquets, mais j’ai rien dis. Je me suis juste assis sur un canapé dans un coin.

« C’est coquet chez toi.
– Oué ! C’t’un mot gentil pour dire qu’c’est p’tit, hein ?
Allez, vas-y, j’m’en fous qu’on m’complimente sur ma baraque. Le loyer est trop cher et c’est pourri, rien à foutre.

– Bon bah, elle est nulle ta maison, Oranne.
– Rah ferme la.
Tu veux boire quelque chose ? »

Je fais non de la tête, je suis trop chargé.

« Moi faut qu’je boive un truc. »

Elle a ouvert un tiroir pour sortir de la cire, et un briquet en amadou. Elle a allumé quelques bougies, et c’est tant mieux, parce qu’on voit strictement rien, uniquement grâce à des torches soigneusement allumées dehors – contrairement à Derrevin où il fait quasi nuit-noire dès que le soleil se couche, ici, la municipalité de Castel-Aquitanie paye des veilleurs de nuit pour entretenir des foyers à tous les coins de rue tout en s’assurant qu’il n’y ait pas de départ d’incendie. Pour moi c’est vraiment le détail qui montre qu’on est dans une grande ville, plus que les murailles épaisses ou les magasins flambants neufs en construction.

Elle est revenue s’asseoir avec une bouteille de vin, Cuvée Piquette/Premier Prix 2527, et deux verres, quand bien même j’ai décliné de boire. Elle s’en est servie un, et a bu sans me regarder, en soupirant. Elle m’a demandé à quoi ressemblait le duc. Je lui ai dis que j’avais été fait chevalier du Royaume, elle m’a pas cru.

« Pourquoi tu doutes tant de moi, Oranne ?
Demain, va sur la place publique. Tu entendras un écuyer du Duc proclamer à voix haute ma promotion.

– J’ai juste du mal à y croire, c’tout. Qu’est-ce tu fous là ? T’as pas d’meilleur endroit à être ? »

Je pinçais mes lèvres. Bien sûr que si, j’avais de bien meilleurs endroits à être, ça se voyait pas ?

« Franchement ?
La moitié de la noblesse de ce pays doit me haïr. Nan, plus que ça, les trois-quart. On est rempli de faux-chevaliers ici.

– J’sais pas trop… Il était sympa mon sire. Pis le duc aussi, l’est un bon gars.
– Je suis pas sûr que le duc influence beaucoup ta vie, Oranne. Ici c’est une ville, y a des sergents, des maîtres de métiers, des types qui savent faire quelque chose de leur vie. Ailleurs dans l’Aquitanie c’est pas pareil.
– Si tu l’dis. »

J’aime trop cette phrase, « si tu le dis ». C’est vraiment la phrase qui veut dire « je suis absolument pas d’accord avec ce que tu racontes, mais j’ai vraiment la flemme de m’engueuler avec toi à ce sujet, alors on va faire comme si t’as gagné, mais pas trop quand même parce que j’ai un minimum d’ego. » « Si tu le dis », quoi. Tant pis, je me contente de souffler en souriant.

« Sers moi un verre, finalement. »

Elle s’empresse de me verser du vin. Ça déglingue moins la gueule que le schnaps, c’est sûr, même si c’est loin d’être un grand cru. J’ai pas mangé et ce qui était dans mon estomac de ce midi je l’ai dégobillé, alors forcément, ça a fait effet vite. Je me suis senti envahi par une espèce de chaleur. On a continué de parler un peu, de tout et de rien, progressivement de plus en plus gênés.
Je suis pas ingénu. Elle elle a quarante piges et a quitté son mari, je pense pas qu’elle le soit beaucoup plus que moi. C’est cette situation assez… Assez spéciale, où on sait tous les deux ce qu’on veut, mais on ose pas encore l’exprimer, dans nos paroles ou nos actes. L’inhibition de la société, je pense. La peur pour soi-même, aussi. D’être rejeté, un peu. D’être blessé.
C’est Oranne qui a agit la première, au final. Elle s’est levée et est venue s’asseoir à côté de moi. Elle a passé une main dans mon cou, a regardé assez longuement mes grosses plaques rouges, visiblement inquiète. Je lui ai caressé la main, et le poignet. Et comme ça, on s’est un peu touchés, petit à petit. Je me suis senti bouillir. Plus de salive dans la bouche. Le cœur qui bat bien, je le sens jusqu’à mes oreilles. C’est moi qui ait décidé de sauter le pas, et qui a approché mes lèvres d’elle. On s’est embrassés, maladroitement. À un moment, elle m’a tiré la tête en arrière, en se plaignant que je bavais, alors j’ai décidé de la laisser me bécoter les joues et la bouche.
On s’est déshabillés, sans vraiment s’empresser. On est allés s’installer dans un lit une-place qui a craqué sous notre poids, les lattes visiblement pas fraîches. Tendrement, on s’est caressés un peu partout en collant nos peaux nues l’un l’autre. Moi avec mon corps endolori, plein de courbatures, puant la sueur et parcouru d’impressionnantes plaques rouges. Le sien mince, creux, mal proportionné. Oui, ça fait pas rêver, dit comme ça, hein ? Mais j’étais bien, avec elle. C’était une tendresse que je n’avais…
Que je suis pas sûr d’avoir déjà eu, maintenant que j’y pense. Hormis la tendresse dégoûtante de ma mère, je veux dire. Je couche hors des liens du mariage avec une épouse fuyarde, mais c’est franchement pas le sexe le plus illicite que j’ai pu avoir. C’est tendre, et doux. On s’embrasse pas d’amour, d’un coup de foudre absolu – mais ça fait juste du bien d’avoir un corps contre soi, de sentir des bras s’enrouler. De s’abandonner, de faire confiance, moi qui suit constamment à attendre la première lame qui voudra bien planter mon dos, ou qui découvrira des péchés atroces en grattant à travers la peau de quelqu’un. Oranne est une femme peu intéressante, elle n’a pas vécu mille intrigues et complots. Mais à ce moment là, c’est bien ce que je cherchais.
Elle s’est mise sur moi. A roulé des hanches tout en m’embrassant. Je l’aie tenue très fort contre moi, j’ai senti sa chair de poule granuler sa peau. Elle n’est partie que pour me laisser jouir sur mon propre ventre, mieux pour éviter une grossesse, vous comprendrez. Quand on en a eu fini, on s’est collés l’un l’autre en s’embrassant. Je lui caressais le visage et ses cheveux secs. On est restés muets un long moment, avant qu’elle se mette enfin à ricaner.

« ‘tain, j’ai mal aux jambes. Ça f’sait un moment qu’j’l’avais pas fait.
– Je t’ai pas fais mal ?
– Nan, t’inquiète mon chat.
J’vais pisser et ensuite j’vais dormir. Tu reste bien, hein ?

– Bien sûr. Le duc attend juste de me voir demain.
– D’ac. D’ac ok. »

Elle est allée dans une pièce à côté pour pisser dans un pot de chambre. Je l’aie suivie peu après. Je me suis rapidement débarbouillé avec de l’eau stagnante qu’elle est allée ramassée dans le puits de la cour. Puis, je suis allé la rejoindre sous les couettes, pour m’endormir contre elle d’un sommeil bien lourd.

Je la reverrai probablement jamais après demain matin.
Jet pour séduire Oranne : 10, réussite.
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 26 nov. 2019, 21:45, modifié 2 fois.
Raison : 6 xps, +1 parce que j'aime toujours autant ces moments de flottement ^^ / Total d'xp : 118
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 11 / CHA 15* (14) / INT 9 / INI 8** (10) / ATT 13** (15) / PAR 11** (13) / TIR 8 / NA 2 / PV 70/70
*Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire
**Malus à cause du harnois (inférieur)

État temporaire :
Compassion : +2 aux jets d'empathie (Reste une journée)
Esprit compatissant : +3 aux jets de résistance à la peur/terreur (Reste une journée)
Pompette : +1 CHA, -1 INT.
Migraine : -1 CHA
Visière épaisse : -2 aux jets de perception (Lorsque le casque est porté)

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Coriace : Résiste à 1d3 dégâts de plus
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress
- Volonté de fer : +1 sur les tests pour résister à la peur

- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Empathie animale : Capable, sur un test, de deviner les émotions d'un animal.
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Humour : +1 pour divertir et amuser.
- Intrigue de cour : Capable de déceler et deviner des intrigues.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Vœu de la Pureté échoué : -2 dans la résistance aux tentations terrestres

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Art (Peinture) : Sait peindre des tableaux.
- Danse : Excellent danseur
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test

Équipement de combat :
- Épée bâtarde (Inférieure) : 2 mains / 23+1d10(+1d3*) / 22** (11) parade
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / 16** (8) parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 13 protection
Torse : 13 protection
Bras : 13 protection
Jambes : 8 protection

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 13 / SAU 8 / RAP 10 / INT 9 / DOC 12 / ATT 9
Équipement divers :
3 Eo

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHA

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux
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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Noblesse oblige

Message par [MJ] Katarin »

Scénario partie 2 terminé !

Tu gagnes un bonus d'étape de 15 xps, ce qui te fait un total de 133 xps à dépenser, en plus des 44 qui restent sur ta fiche (total 177). Je t'attends dans mon palais pour signaler les améliorations que tu souhaites acheter. Pour les compétences, je te demanderais toujours une justification rp à leur achat, que ce soit par ton bg ou par ce que tu as accompli pendant le scénario.
Pour rappel, une dépense de 25 xps est obligatoire pour passer rang 2 - il ne te reste donc techniquement que 152 xps que tu peux utiliser librement.

La suite... bientôt.

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