Rufus la clé était donc plus qu'un simple vieux scélérat complotant depuis le misérable reste de fief qu'était son auberge miteuse. Cet endroit et ses hommes étaient la preuve qu'il appartenait a une organisation au bras plus long et plus puissant. Mais de quel bord? L'affaire se corsait d'avantage.
> > >
> > > Jugeant que les trois lascars rendaient ma position délicate, je décidais de rassurer leur inquiétude de la façon la plus aisée qu'il soit. Devenu Maitre dans l'art de l'illusion sonore, il me vint a l'esprit d'user ce sortilège suivie réussissait si bien. Pliant l'énergie de l'aethyr, je la fis imiter le miaulement d'un chat, caché quelque part dans les ombres. De mon coté j'essayais de prendre de la distance vis a vis des patrouilleurs, cherchant un coin ou me dissimuler tranquillement.
> > sortilège "son": 2, réussi
> > Miaou!
> > A l'entente de ce cri félin, les trois lascars du quartier des pendus s'engueulèrent un peu, puis décrétèrent à 2 contre 1 que c'était un chat qui avait été vu par la fenêtre par le porteur de torche... et ils se rentrèrent dans leur ruine.
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> > Rodolphe put aller se planquer où il voulait, à l'abri des regards des truands de la ruine... même tout contre la bâtisse au fenêtres condamnées au rez de chaussée, laquelle bâtisse où se trouvait la boucle enchantée du ceinturon de Rufus...
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> > C'était mort, la nuit noire, pas un bruit dans le quartier hormis les croassement des corbeaux accrochés aux pendus qui se balançaient à leurs gibets.
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> > Tiens? qu'était-ce que cela?
> > Un gamin arrivait en trottinant sur la placette d'un air méfiant. Il se dirigeait vers la grosse porte ferrée du bâtiment de Rufus (et de "l'Egorgeur"), à laquelle il allait sans doute taper.
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> > Un messager?
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> > Il y eut un peu de mouvement de lumière en provenance d'un résidu de fenêtre de l'autre ruine, celle où étaient re-rentrés les trois lascars un peu plus tôt: juste quelque chose qui signifiait qu'ils avaient vus le gosse, mais qu'ils s'en fichaient.
> Rufus se planquait bien. Barricadé dans sa bâtisse et gardé par quelques gaillard en sentinelle dans une autre, il était difficile de lui accéder discrètement. D'ailleurs, j'étais certain que sa planque devait contenir une sortie de secours discrète et souterraine en cas d'alerte. Mais la trouver, si déjà elle existait, risquait de me prendre pas mal de temps.
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> Que craignait-il au juste? Qui craignait-il? Pourquoi tant de précautions dans ce quartier glauque et désertique?
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> L'arrivée du gamin mis fin à mes interrogations. Un messager? Peut-être bien. La dernière fois que j'ai voulu intercepter un message, la soirée s'est mal terminée... Vous en savez quelque chose Ô Maitre. De fait, je jugeais préférable de ne pas intervenir mais d'attendre de voir comment le gamin allait réussir à entrer. Un code en frappant a la porte? Un mot de passe? Qui allait lui ouvrir? A l'affut depuis ma cachette, je ne laissais aucun détail m'échapper. Et peut-être allais-je y trouver l'occasion de m'introduire discrètement?
Avant l'arrivée du gosse, Rodolphe - toujours "changé" en gueux - avait eu le temps de faire le tour de la "baraque de Rufus", et n'avait repéré aucune issue de secours (la seule autre porte du bâtiment était totalement condamnée, de pierres et de planches)... aucune issue de secours en surface, du moins...
Entretien du "manteau d'ombre": 4, 7 , réussi +1PM (=2 avec celui du "son" du rp précédent)
Son "manteau d'Ombre" s'amenuisant, gageons que Rodolphe l'entretint... car bien qu'il fît bien noir, sans lui il serait bien plus ardu de se mettre en observation sans risquer d'être découvert. Notre héros était mage, non un discret filou.
Le gamin tapa à la grosse porte d'entrée... il y eut un court temps d'attente, durant lequel l'enfant sale grelotta, craintif, tandis que des mouvements à une ouverture de l'autre ruine aux 3 lascars montraient bien que quelqu'un tenait tout de même la scène à l'oeil... Enfin, autant que ce pouvait dans cette nuit d'encre.
Une tête sorti d'une fenêtre de l'étage, Rodolphe ne put distinguer que les cheveux hirsute de celle-ci. La voix fut la même que celle de l'homme que les 3 gredins avaient auparavant nommé "l'Egorgeur": autoritaire, agacée:
-Qu'est-ce tu veux, gamin? T'es lequel?
-C'est Pirlou, m'sire'gorgeur! piailla le gamin; j'ai, heu... un m'ssage pour heu... une clef?
Les deux se connaissaient manifestement, le chef crapuleux et le gamin du quartier... l'Egorgeur râla en se retournant comme pour parler à quelqu'un dans la pièce, et rodolphe ne perçut que des bribes:
- Foutrasse... t'crois chez toi rufus... pas la poste ici... puis, plus fort: Vas-y c'est quoi ton message Pirlou?!
-c'est heu... une femme... elle fait dire à, heu... une clef?... que, comment elle a dit déjà? ha oui! "Le prom'neur s'est'chappé et qu'y l'est ici tout près dans l'quartier"...
En même temps qu'il s'étonnait visiblement qu'on pût envoyer un message à une "clef", il regarda un peu autour de lui, comme dans la crainte que ce mystérieux "prom'neur" lui tombe dessus.
L'Egorgeur poussa un juron puis, cracha au gamin:
-Ouais entendu Pirlou, retourne à ton poste maintenant, le gosse se carapata prestement tandis que l'Egorgeur râla encore en se tournant à sa fenêtre vers l'intérieur: Foutrasse! C'est quoi c't'histoire de promeneur, Rufus?... faut traquer un de tes... chié!... qui?...
La suite fut difficilement intelligible vu qu'il s'éloignait de la fenêtre... un court temps suivant, c'est la voix du vieux Rufus La Clef qu'on entendit gueuler bien fort par la fenêtre:
-Hé Kästruc! t'es dans l'coin? Tu m'entends? T'es 'mousscailleux, c'était demain midi le rendez vous! t'vas te faire zigouiller si tu traîne par ici la nuit, c't' un méchant quartier, le Pendu!... 'fin bon, ramène toi maint'nant, si tu m'entends! parlons tout de suite!
Silence attentif. Aucune silhouette ne se voyait dans l'encadrement de la fenêtre, l'on devait se tenir à distance dans la pièce de peur d'une flèche, ce genre...
Les 3 lascars de l'autre ruine en sortirent, restant devant, à une dizaine de mètres du bâtiment à l'angle duquel était caché Rodolphe.
-Viens-y, bougre d'impatient! on est associé, tu crains rien! gueula derechef Rufus.
Attente...
Quelle organisation! Et quelle communication! A faire pâlir les espions de l'Empereur... Si sur le coup, tout cela m'arrangeait, je savais maintenant que le moindre de mes faits et gestes était su et rapporté. Ça promettait...
Je pris le risque de répondre à l'invitation de Rufus. Défaisant mon manteau d'ombre mais gardais mon apparence de gueux pour peu qu'il fasse déguisement improvisée, voir grotesque. Puis je sortis des ombres non sans prévenir, de peur de recevoir une mauvaise flèche de la part de l'archer.
- Bien. J'ai ta parole, pour ce qu'elle vaut...
Et après m'être assuré que les intentions des trois hommes de main étaient pacifique, je m'avançais vers la bâtisse.
- Ton avaleuse a du charme, mais je n'aime pas mélanger le sexe et le travail. Les femmes sont plus dangereuses qu'un contrat et je ne peux pas gérer les deux en même temps.
La balle était dans le camps de Rufus.
Les gros bras firent monter Rodolphe à l'étage, jusqu'à une pièce certes crasseuse mais aussi remplie de mobilier et d'objets de qualité, quoique dépareillés, et de bouteilles et de restes de nourriture:
Et on l'y laissa seul avec le vieux Rufus, qui le toisait d'un faux air grondeur, et un autre humain, entre deux âges, pourvu d'une barbe fournie et constellée de miettes, et portant de luxueuses fourrures sombres; Ce dernier jouait avec une belle dague de façon ostentatoire - et très dextre - et posa sur Rodolphe un regard intense. Sur son avant-bras nu se voyait le tatouage: MM
-T'es pas un cadeau toi, commença à râler la Clef, mais bah! on va dire que d'êt' venu m'suivre jusque là ça montre que t'en as dans les braies... et du talent aussi...
L'autre ne dit rien, mais ses yeux - quels regard de tueur! - faisaient craindre la mort à tout instant.
-J'te présente Messire "Le Grand Egorgeur", c'est l'bras armé des Malfrats d'Middenheim... A ta place j'y parlerai 'vec plusse de gentilleries que t'as eu pour moi à la Bonne Boutanche.
Rufus montra un fauteuil de velours poisseux:
- Pose toi donc et parlons, puissqu'on dirais qu'tu voulais pas patienter jusque demain... M'sire l'Egorgeur est intéressé par not'affaire, y proposais d'envoyer un d'ses gars 'vec toi pour aider... le genre qui ziguouille en silence t'vois?... qu'esse t'en dis Kästruc?
L'atmosphère puait la testostérone à en crever le plafond. Comme on dit dans le jargon, il fallait poser ses couilles sur la table et montrer que j'en voulais. Le barbu n'était pas un tendre? Ça tombait bien, moi aussi!
- La dernière fois que j'ai fais un travail avec un équipier, il a retourner son épée contre moi et ça lui a couté une mort par noyade dans la fange des égouts d'Altdorf. Pas besoin d'un colporteur qui va me renifler le derche... Ce que je veux moi c'est des infos. Ou est Magor, avec qui, combien ils sont, ses activités... Bref, tout ce que tu sais. Je suis peut être un peu taré mais je suis loin d'être con et encore moins suicidaire.
Il m'avait déjà collé l'avaleuse, je ne voulais pas d'un autre chien de garde à mes cotés. Il me fallait avoir un champs d'action le plus large possible et la possibilité d'avoir recours à l'aethyr était primordial. Dans ce sens, le "gars" risquait de me limiter...
Le refus de Rodolphe amena un silence pesant dans la salle...
Rufus commença à le briser:
-Nous non plus on est pas con... Comment tu veux qu'on t'fasses confiance à y aller seul 'lors que...
Tchac! La dague de l'Egorgeur, planté rudement dans sa table, l'interrompit.
Le sinistre individu eut un mince sourire, ses yeux durs dans ceux de Rodolphe:
-Laisse faire, La Clef, j'respecte ceux qui préfèrent travailler seuls, j'comprends même! ça évite de se faire avoir par la faute d'un autre... Y'a d'autres moyens de s'assurer de la loyauté des gens... Vas-y, dis-lui ce qu'y veut.
Le vieux pochard resta un temps interdit... mais pas longtemps: ne pas obéir à une injonction de l'Egorgeur lui était visiblement inenvisageable. Surtout en son fief!
Il se racla la gorge, soucieux:
-hem... d'accord... Comme j't'ai d'jà dit, Kas, j'connais un ancien passage pour aller dans l'repaire de Mag... C'était par une bicoque pourrie, du temps où Mag et moi on était associés, mais ç'a a été reconstruit en neuf et j'pensais que l'passage avait été perdu... mais en fait non, il y est toujours... me d'mande pas oussqu'il est, c'est moi qui t'y guidera en temps voulu... C't'un passage que y'a plus personne qui utilise depuis belle lurette, ou alors juste Magor.
Il renifla, tâtonnant à la recherche d'une bouteille pas trop vide:
-Après... c'qui t'y attends, j'sais pas trop, j'y suis pas rentré depuis des années... A l'époque, ça menait presque direct jusque le logis souterrain de Mag... Y'avait juste queque pièges en ch'min... et des portes verrouillés.
Il se tut à cette dernière indication, comme pour jauger de son effet sur Rodolphe. Puis reprit:
-Le reste, les activités du Détrousseur, j'les sais pas en détail... y détrousse, c'est tout... 'fin, les gens du Sombre Art lui verse son dû quoi!... c't'une sacrée grande guilde, la plusse grande guilde de filous de Middenheim - scuse Egorgeur - mais ça passe par plein d'intermédiaires, y'a des ramifications partout d'nos jours, même dans des trucs légaux.
Pendant que Rufus parlait, l'Egorgeur avait sorti deux fioles d'un tiroir: une incolore et une bleutée, et il avait versé l'incolore dans une coupe de vin. Il mélangea avec sa dague, puis se leva, ladite dague toujours dans une main pour proposer de l'autre la coupe à Rodolphe:
-Tiens. Bois, Kastrüc.
Son ton ne semblait pas vouloir souffrir de refus.
Qu'est-ce qu'on en ferait pas pour Sigmar et l'Empire! Cette mission ressemblait de plus en plus à un contrat de tueur à gage. Des commanditaires, une cible, un passage dérobé... Le tout dans une atmosphère mauvaise où la confiance ne régnait pas. J'étais plongé dans une guerre de gangs et mon rôle, en tant que Maitre Umbramancien, c'était d'abord d'y survivre. Ensuite, détruire les nuisibles et garder l'oeil sur les autres. C'était ça ma mission.
Je ne pouvais me dérober au verre que me tendais l'égorgeur. De l'alcool? Du poison? Un filtre? Usant de mes connaissances en matière de plantes, j'essayais de distinguer à l'odorat ce dont il s'agissait.
Mais dans un soucis de préservation personnel, je décidais d'avoir recours à l'aethyr pour tromper les deux hommes et vider mon verre par la fenêtre, voir dans la bouteille de vin...
Feignant d'avoir bu le breuvage, je grimaçais.
- C'est quoi ce tort boyau?