[Jekaterina & Joleen] Frontière et désolation

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Jekaterina Andreska
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Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par Jekaterina Andreska »

Mon silence aurait pu paraître impoli ; il ne l'était pas. J'écoutais l'impérial vanter le passé de sa famille sans pouvoir m'empêcher de faire le rapprochement avec la mienne. Lui aussi semblait soumis à cette obligation venue du fond des âges, qui venait vous tenailler les entrailles, cette responsabilité venue en héritage... Assumer les fautes de ses ascendants n'étaient jamais aisé, mais assumer leur gloire ne l'était pas toujours davantage. Moi, j'avais à me montrer digne de mes ancêtres et à racheter mes aînés ; une charge écrasante, mais que je me faisais forte de me débarrasser un jour.
Un loup hurla au-dehors, dispersant les bovins qui s'éparpillèrent. Avec une moue désabusée, je les observais fuir de leur ruée pataude et violente.


- Si ce nom sonne ainsi à vos oreilles, ce n'est que le fait de la découverte de notre culture... comment pourrais-je dire si les autres vous sembleront pareils ?

Je lui dédiais un mince sourire, plus par souci de ne pas paraître blessante que par réelle sympathie. A voir son allure, la vie lui souriait ; mais je ne pouvais pas déterminer s'il était issu de cette bourgeoisie de l'Empire qui régnait par l'or ou à la noblesse courtisane qui se répandait dans toutes leurs communautés. Quoi qu'il en soit, il partageait certaines obligations... pour le moment.
Il était probable qu'en découvrant la rudesse de ce qui l'attendait, il finisse par tourner les talons assez rapidement et regagner sa contrée plus clémente.

Mes pensées se tournèrent vers les miens. Pensaient-ils à moi ? Certainement. Mais me voyaient-ils avec une certaine pitié, comme forcée d'accomplir ce qu'ils n'étaient plus à même de réaliser, ou n'y avait-il dans leur regard lointain que la froide hésitation de qui s'interroge sur les capacités d'autrui à faire ce qui est nécessaire ? Je haussais imperceptiblement les épaules sous le lourd pardessus de fourrure qui les recouvrait. Leur soutien ou leur attachement ne m'importait pas vraiment.
Qu'ils estiment aujourd'hui que ce fusse ou non mon devoir à leur égard, je ramènerai la gloire qu'il y avait à arracher aux terres du Nord. Un jour il me faudrait prendre la tête de la famille Andreska et si je voulais être bien vue par mes pairs nobles, si je voulais que l'on respecte mon nom, je devais imposer mon mérite. Mes prédécesseurs l'avait dilapidé ; la fortune familiale était dispersée aux quatre vivants et sans l'appréciation des Atamans, jamais nous ne recouvrerons notre place.

Ma place. Celle qui m'attendait.

La fierté brûlait dans mon coeur, plus vive que n'importe quel froid de Kislev. Rien ne saurait l'éteindre. La fierté, oui... Et avec elle, l'ambition, la soif d'accomplissement. D'épanouissement. J'appartenais depuis toujours à l'élite, celle qui menait le peuple à une destinée à laquelle il n'aurait jamais pu prétendre sans avoir été par elle accompagné ; et un jour on se souviendra de Jekaterina, gratifiée par l'Impératrice et ayant fait prospérer les siens.
Un éclair dur et sombre passa dans mes yeux.

Soudain, je discernais un mouvement proche à la limite de mon champ de vision et me retournais juste à temps... pour recevoir une grande claque d'air froid. Le mercenaire avec sa toute nouvelle pèlerine sur les épaules venait de se pencher et de se coller au flanc du coche avant d'ouvrir la fenêtre et d'y faire passer des paquets, jetant ensuite un oeil dans l'habitacle. Je m'amusais de sa curiosité, attrapant l'un de ses colis et jetant un oeil à l'intérieur. Il s'agissait d'un de ces pains de voyage bien garnis, un peu rances, auxquels j'avais été habituée au fil de mes pérégrinations pour les Andreska. J'en fis passer un à l'homme ventru, sans un mot, tandis que l'impérial recevait le dernier directement dans ses mains. Je déposais ma part à côté de moi, préférant ménager ce genre de ressources.

J'accueillis la remarque de l'homme avec une moue, hésitant encore à savoir si j'appréciais sa familiarité ou si, au contraire, elle me déplaisait. Quelque part c'était comme déplacé, mais je n'appartenais pas à une élite éloignée des hommes, encore moins des hommes de troupe. Et, si loin au Nord, il valait mieux pouvoir compter les uns sur les autres.
Quelqu'un d'aussi solide pour s'aventurer jusqu'ici porté par le simple vent de l'aventure, comme semblait l'être ce garde un peu sardonique, ne pouvait être qu'un précieux appui.


- Jekaterina, répondis-je un rien sèchement.

Mes yeux se posèrent brièvement sur la place restante. S'il entrait, nous serions vraiment serrés... Et j'avais le sentiment que cela ne plairait pas à mes deux co-passagers.
Une nouvelle vague d'amusement m'envahit. Le voyage allait peut-être se corser un peu...
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 10 déc. 2011, 14:54, modifié 1 fois.
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    • "Elle ne répondra pas, occupée à regarder vers les désolations et à ruminer sa haine du Chaos. Laissez-moi vous parler de cette fille du Nord, de cette noble qui a soulevé l’écu terni de sa famille pour le peindre de neuf, à grandes giclées de gloire et de courage."
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Vladimir Kergan

Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par Vladimir Kergan »

Vlad tourna son regard bleu acier vers le troupeau et le son caractéristique d'un hurlement de loup vint résonner à ses oreilles, synonime de réussite de son sortilège primaire, certes très basique mais pouvant se révéler très utile dans certaines circonstances comme provoquer des bruits de pas, ou un cri d'animal sauvage pour faire perdre la concentration d'un potentiel adversaire. Les bovins levèrent la tête en cherchant du regard d'ou provenait le hurlement et puis détalèrent vers le nord, leur course effrénée soulevait des monticules de poussière aux côtés du coche. Les yeux du Von Carstein se reportèrent vers Jekaterina qui ne semblaient pas avoir pris très au sérieux les dernières paroles qu'il avait prononcé, qu'à cela ne tienne, au final cela n'avait guère d'importance, elle se rendrait compte tôt ou tard qu'il n'appartenait pas véritablement à cette nation décadente qu'était l'Empire.

L'Humanité ne se montrerait jamais assez forte pour repousser durablement les invasions du Chaos, ces dernières étaient de plus en plus violentes et poussaient toujours plus loin au sud les ravages et pillages. Un jour, l'Empire n'aurait plus assez de troupes pour contenir la marée de barbares qui descendront du Pôle pour établir le règne des Dieux Sombres, le salut du Vieux Monde se trouvait entre les mains de la famille von Carstein. Qui si ce n'est les Immortels de Sylvanie serait capable de guider les races inférieures contre le Chaos ? Avec la puissance de feu de l'Empire à ses ordres, Vlad von Carstein aurait été capable de repousser plus loin que jamais les limites de ses frontières et serait à l'heure actuelle, le souverain le plus puissant du monde connu.

Siegfried devait avoir repris le pouvoir bien en main à présent et s'il n'était pas partisan de la méthode utilisée par le Vampire pour contrôler son bétail, le Von Carstein avait bon espoir pour qu'il ne change pas les choses trop en profondeur, après tout il représentait Kergan pendant son absence et aurait des comptes à rendre lorsqu'il serait de retour en Sylvanie. Un léger bruit survint au-dessus de leurs têtes et le Vampire pu entendre le cocher dire au mercenaire d'apporter le repas... De la nourriture, voilà bien longtemps que le fils de la nuit n'en avait plus avalé, même si sa langue possédait encore toutes les papilles gustatives nécessaires pour percevoir le goût des aliments, il s'agirait là d'une redécouverte.

De plus, il ne pouvait espérer repousser la soif de sang en mangeant la nourriture des mortels, il se forcerait donc à avaler quelques bouchées pour ne pas trop attirer l'attention sur lui mais pas plus que necessaire. La fenêtre du coche s'ouvrit pour laisser appercevoir la tête du mercenaire kislévite rencontré quelques heures plus tôt, de longs cheveux bruns lui encadraient le visage et il possédait une stature imposante, il pourrait s'avérer utile en cas de problèmes, ce qui n'était pas le cas du commerçant qui se trouvait à ses côtés. Le Vampire attrapa le paquet que le mercenaire lui lançait et découvrit un pain de viande noirci accompagné d'un morceau de fromage très odorant.

Le Vampire porta le pain noirci à sa bouche et mordit une bouchée, mâchant lentement la viande qui se trouvait à l'intérieur, faisant de son mieux pour dissimuler une grimace de dégoût sur son visage. Comment était-il possible de manger pareille saleté ? Il reposa le pain dans le paquet et le referma pour le déposer à côté de lui, sous prétexte d'en garder pour plus tard. Il reporta son attention sur le Kislévite dont la tête passait toujours par la fenêtre, il le vit lancer un sourire charmeur à la Dame qui se trouvait assise face à Vladimir. Il restait une place assise à l'intérieur du coche et le Vampire ne souhaitait pas être davantage à l'étroit, aussi le mercenaire n'y serait pas à sa place, son devoir était de surveiller les alentours et non de se reposer tranquillement à l'intérieur du coche. Le Von Carstein déclina sa fausse identité sur le même ton que la jeune noble face à lui.

Hansemann Tröst.

Tripotant distraitement la bague qu'il avait au doigt, Vladimir appellait une nouvelle fois les vents de magie pour une raison cette fois pratique, garder suffisamment de place à l'intérieur du coche et ne pas rendre ce voyage encore plus insupportable qu'il ne l'était déjà. Si tout se passait comme il le pensait, il créerait une situation suffisamment embarrassante pour renvoyer le mercenaire sur le toit du Coche.
Sortilège de Son pour provoquer le bruit d'une flatulence sonore près de Ulfrik
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 10 déc. 2011, 18:55, modifié 1 fois.
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Test d'Int : 14 - 3 = 11, réussi.
Vladimir gagne 1 PM.
Alors que Ulfrik s'apprêtait à dire quelque chose, un immonde pet retentit suffisamment fort pour que tous les passagers l'entendent. Le gros personnage pouffa en postillonnant des miettes de repas en face de lui alors que le rire du cocher parvint jusque dans la cabine.

- "Joli coup !" lança-t-il en gaspodar, depuis son siège.

Le mercenaire ne pu s'empêcher de rougir de honte sans réellement comprendre ce qui venait d'arriver et remonta l'échelle sans demander son reste. Le marchand finit de glousser sur une toux grasse, un poing sur la bouche, les joues gonflées, avant de pousser un soupir et de se flatter la bedaine.

- "Tiens, je ne me suis pas présenté. Je suis Youri Yorlof, commerçant de mon état !" dit-il en reikspiel avec un fort accent kislévite. "Je me rends à Leblya pour affaires. Je fais dans la fourrure et la Guilde des Marchands d'Erengrad m'envoi ici pour y établir un comptoir plus durable que ... *kof kof* ... le précédent. Mais vous, vous m'avez tout l'air d'être de bons soldats ! Si vous allez vous enrôler dans le Nord, soyez sûr que vous aurez du travail ! Il se peut même que l'on pourrait faire affaire, héhé !" termina-t-il avant d'enfourner le morceau de fromage sec dans sa large bouche d'un coup, le mastiquant bruyamment.

La diligence continuait de progresser à vive allure sur la piste, entourée de plaines entrecoupées de maigres bosquets et de collines. Le soleil filait dans le ciel et rejoignait bientôt l'Ouest, amorçant une descente lente et inébranlable. Il prit une teinte orangée qui colora le paysage et donna aux herbes ondulantes un reflet mordoré. La température chutait lentement et les passagers du coche - excepté le vampire - pouvaient sentir un frisson leur remonter l'échine. Poussés par le fouet du cocher, les six chevaux de traits gravirent une pente douce au trot, soufflant et renâclant, jusqu'à un petit plateau où quelques minces rangées de buissons épineux autour d'un chaos rocheux constituaient la seule végétation notable. A l'approche du coche, une marmotte perché sur le promontoire de granit poussa un sifflement aigu. Aussitôt, les fourrés s'agitèrent et des formes agiles et fugaces plongèrent dans des terriers surmontés d'un petit monticule de terre retournée. Depuis le toit, Ulfrik avait une vue imprenable sur la steppe alentours. Ils étaient en réalité dans une immense cuvette, la plaine étant presque entièrement cerclée de montagnes. Le seul point dégagé de pics enneigés se trouvait droit devant eux, vers le Nord. Là, seules des collines vallonnées entrecoupées de vastes prairies composaient le paysage qui, bien que monotone, possédait le charme sauvage et profond que seuls ont les grands espaces.

Une fois arrivé au milieu du plateau herbeux, le conducteur de l'attelage tira sur ses rennes pour arrêter la diligence en calmant ses chevaux par un classique "Ho Ho ho". Les bêtes piaffèrent et s'immobilisèrent finalement au milieu de la piste. Le cocher ne semblait pas s'en préoccuper et se releva en grognant avant de s'étirer, les jambes engourdies par le voyage passé assit sur le banc avant. Il roula son long fouet en cuir et le posa à ses pieds puis il se retourna vers Ulfrik.

- "On va s'arrêter ici pour la nuit. Aide moi à détacher les chevaux et à retirer leurs harnais. Ensuite on pourra aller se reposer." lui dit-il avant de descendre par l'échelle en bois accolée à la diligence. Il sauta par terre, réajusta son béret à plume d'oie et s'approcha de la porte avant de l'ouvrir d'un geste théâtral.

- "Voooos majestés, nous nous arrêtons ici pour la nuit. Vous pouvez vous dégourdir les jambes ou bien rester dans la cabine. Noooos valets vous apporterons des couvertures pour vous assurer le plus doux des sommeils." ironisa-t-il, cette fois dans un reikspiel plus qu'approximatif. Youri ne se fit pas prier et descendit en premier sans même faire attention à la galanterie au cas où Jekaterina voulait également mettre pied à terre. Une fois sortit, une s'étira et poussa un rot moyennement discret avant de faire quelques pas, les poings sur les hanches et le ventre en avant. De son côté, Ivan aussi était descendu. Il avait laissé son arbalète sur le banc arrière de la diligence mais le pommeau et le fourreau d'un sabre dépassaient de sa longue veste en fourrure. Il retira sa chakpa et ébouriffa sa belle tignasse blonde avant de faire marcher lentement autour du coche, opérant ainsi une rapide inspection. Le conducteur se dirigea vers les chevaux et les détacha un à un en leur flattant l'encolure et en leur murmurant des mots doux en gaspodar à l'oreille. Il conduisit les six bêtes jusqu'aux fourrés qui poussaient prêt du chaos rocheux et les attacha à des branches basses avec l'aide de Ulfrik. Les lourdes bêtes de somme se mirent aussi à brouter l'herbe rêche, affamés et harassés par le rythme du voyage. Le cocher leur retira leurs oeillères, leurs colliers d'épaules et les dessella en les grattant derrière les oreilles avec affection. Une fois le harnachement des chevaux au sol, le mercenaire retourna auprès de la diligence, laissant le cocher aux petits soins avec ses "amours" comme il les avait appelé tout le long du trajet.

Au loin, à l'Ouest, l'astre orangé finissait sa course derrière les montagnes, dans une explosions de couleurs ors et ocres.

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Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Ulfrik Reinholt
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Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par Ulfrik Reinholt »

  • Après avoir attaché les chevaux du cocher à un arbre imposant, Ulfrik Reinholt dégaina son épée et fendit l’air de sa lame argentée, puis esquissa quelques exercices martiaux destinés à détendre les muscles de son épaule. Les sourcils froncés, il exécuta avec cérémonie une série de bottes tourbillonnantes, de ripostes et de coups de taille et d’estoc contre un ennemi imaginaire. Bien qu’il exécutât chaque geste à la perfection, sa vitesse n’était pas parfaite, sûrement à cause de l’engourdissement de son bras provoqué par la froideur du temps.

    Rengainant sa lame, le jeune guerrier kislévite partit en direction de la mare de givre qui occupait ce plateau herbeux. Il entreprit de briser la glace du bord du plan d’eau, plus fine, à l’aide de son bouclier, puis il fit boire les six chevaux du coche tour à tour.

    Une fois cette tâche effectuée, Ulfrik enleva sa tunique et son manteau, puis, se débarbouilla avec l’eau de la petite mare, hoquetant sous la morsure du froid. Quand il s’estima assez propre, il enfila rapidement ses vêtements, remarquant au passage que la plaie à la hanche infligée lors de sa dernière mission avait totalement cicatrisée. Le jeune homme avait l’habitude de récupérer très vite de ses blessures.

    Maintenant, il ne restait plus qu’à allumer un feu pour la nuit. Ulfrik se mit au travail sans tarder, déterminé à allumer un feu pour le campement. Il tenait les branches des arbres avec ses puissants bras avant de mettre un coup d’épée dessus pour les trancher. Finalement, il ramassa un joli fagot de bois ainsi qu’un petit paquet d’herbes sèches.

    Une fois qu’il fut de nouveau au milieu du campement, Ulfrik confectionna un petit foyer : posant en premier les brindilles, avant de mettre plusieurs branches par-dessus. Quand il eut fait un travail plus ou moins soigné, il sortit de sa poche du manteau, une allumette : petite tige en bois confectionnait pour prendre feu lorsqu’on la frotte sur une surface rugueuse. Attrapant un gros caillou plat, qui trainait par-là, il commença à y frotter l’allumette.

    ImageUlfrik Reinholt :Je crois que l’on va pouvoir manger chaud ce soir…
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 11 déc. 2011, 18:13, modifié 1 fois.
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Ulfrik Reinholt, Duelliste
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Jekaterina Andreska
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Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par Jekaterina Andreska »

Je m'étirais paresseusement dans le coche avant de sortir à mon tour, bien décidée à soulager mes membres endoloris par le périple. Cela faisait un moment que j'étais en voiture sur les routes, et pour un peu, j'étais prête à dire que la marche me manquait.
Pour un peu. Pour un jour, ou deux.
Chacun s'activa à sa manière en posant les pieds au sol ; moi, je me tournais vers un jour qui agonisait derrière la crête déchiquetée de l'horizon, dont l'ombre s'étendait lentement sur la plaine. Et cette image, cette image-là d'un soleil qui se mourait sur cette ondoyante plaine, me rappelait les récits que j'avais lus une fois ; ils parlaient d'une contrée exotique et lointaine, une région où l'on pouvait se tenir dans la vallée, cerné par le vent printanier, et contempler en même temps les montagnes enneigées ; une contrée, une région où ces mêmes vallées étaient tant et si bien recouvertes d'un seul et même arbre, à l'infini répété, que l'on parlait même de mers d'oliviers. Et ces mers s'agitaient, égales à l'ondoyante plaine, dans l'ombre grandissante du crépuscule ; voilà, voilà à quoi cette image-là me faisait penser. Amenant, irrésistiblement, farouchement, un sourire un rien nostalgique sur mes lèvres.

Je dardais un oeil intrigué sur le mercenaire qui s'était piqué d'exécuter quelques passes d'armes dans les airs. Il semblait habitué à manier son épée, de l'habitude de celui qui l'a toujours utilisée. Je me demandais un instant quelle pouvait bien être son passé, s'il avait toujours erré de cette façon dans les immensités perdues de Kislev, s'il laissait toujours ainsi le vent porter ses pas où que la brise fantasque du destin le menât.
Resserrant les pans de mon lourd manteau autour de moi, je me retournais vers le coche pour observer l'impérial qui en était descendu après moi. En voilà un qui ne faisait pas de manières quant au froid mordant de mon pays, contrairement à la plupart de ses semblables.
Ulfrik tenait dans les mains une allumette, ces éclats de bois, presque des copeaux, bons à rien sinon à être traités afin de pouvoir s'embraser un court instant - idéal pour allumer en vitesse un petit feu, mais ne valant pas à mes yeux un solide briquet. Par ailleurs, je regrettais de n'avoir pas emmené avec moi davantage de ce qui pouvait s'avérer nécessaire si loin au Nord, me rendant seulement compte que j'aurai mieux fait d'accomplir quelques achats lorsque j'étais encore dans les environs de la capitale. Mais le devoir, frappé de la volonté de mes aînés, m'avait impérieusement mandé à la gloire et c'était à la gloire que j'étais allée, en toute hâte - pour en retirer les lauriers salvateurs qui permettraient à ma famille de retrouver grâce à la cour.

Je repensais au loup que nous avions entendu plus tôt, la réflexion m'amenant surtout à Ursun. Le culte de ce-dernier ne demandait pas tant qu'il interdisait, et les actes positifs de dévotion n'étaient pas toujours très remarquables. De ce fait, on avait tendance à sous-estimer la foi discrète de nous autres croyants ; et, comme le soir allait être voué au repos et à un peu de confort - du moins, était-ce là ce que je croyais à ce moment - je décidais que je pouvais bien souffrir encore un peu au nom de mon dieu.
C'est donc sans seulement en dire un mot à mes compagnons de route, car la chose ne les regardait pas, que je m'éloignais des environs en quête d'un ruisseau dont j'avais cru déceler le murmure chantant. La neige était morte dans la journée et avait peut-être simplement rempli une rigole ? Mais là n'était pas l'important.
Je m'éloignais de plus en plus, non sans avoir emporté mes armes avec moi - bien qu'harnachées comme elles l'étaient, en cas de besoin, j'aurai probablement le plus grand mal à m'en saisir à temps, remarquai-je avec un sourire ironique. Me fiant à mon ouïe plutôt qu'à ma vue, je finis enfin par découvrir le ruisseau recherché, qui coulait vivement au fond d'un ravin.

Avec cérémonie, je défis les lacets de ma cuirasse, la laissant lourdement tomber sur le sol meuble des abords. Le défaisant de ses sangles dans mon dos, mon large bouclier la rejoignit. Mon regard s'arrêta un bref instant sur les armoiries de mon armure, aussi finement ciselée que les premières étaient délicatement estampillées, à la pointe du stylet et à l'acide ; on y voyait un élan stylisé, gardant un arbre mort. La symbolique s'était perdue depuis longtemps, oubliée des mémoires de mes aïeux, mais irrationnellement elle continuait de m'emplir de fierté.
Le vent s'était récemment calmé, mais la température n'en était pas moins affligeante. Avec des gestes plus lents, les doigts raidis et la peau encore plus blême sous la caresse du froid, j'entrepris de passer ma tunique par-dessus la tête et de remonter mon pantalon le long des jambes. Ainsi apprêtée - ou désapprêtée, selon certains - je me plaçai au centre du ruisseau avant d'y plonger les mains, serrant les dents, et d'en retirer une mince ondée que je déversais sur mes épaules en retenant un gémissement.

Je fermais les yeux, avant de siffler péniblement pour évacuer le choc de ce contact glacé. J'effectuais les ablutions rituelles, lavant prudemment mon corps en en retirant la sensation de le purifier par le givre. Je m'insensibilisais progressivement sous le baiser anesthésiant de l'eau glacée, frissonnant pourtant de tous mes membres. Lorsque je me retrouvais enfin trempée de la nuque aux orteils, tremblante comme une feuille, je sortis avec un immense soulagement du lit du ruisseau avant de remettre la main sur mes affaires. Je n'enfilais mon armure que parce que je ne pouvais pas tout transporter à la main d'une seule fois, ne prenant même pas la peine de la serrer correctement. L'image du mercenaire se préparant à allumer son feu me revint en tête, et je n'aspirais plus qu'à une chose en prenant le chemin du retour : me coller au plus près des flammes pour m'oublier dans leur chaleur, après avoir banni de moi la lassitude et la saleté de deux semaines de voyages.

J'ai un peu extrapolé sur ce qu'il y avait à notre disposition - le ruisseau - et si ça pose problème, je peux rectifier ce passage. '.'
Pardon pour le retard vis-à-vis de ce que j'avais annoncé... ^^"
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 13 déc. 2011, 15:08, modifié 1 fois.
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    • "Elle ne répondra pas, occupée à regarder vers les désolations et à ruminer sa haine du Chaos. Laissez-moi vous parler de cette fille du Nord, de cette noble qui a soulevé l’écu terni de sa famille pour le peindre de neuf, à grandes giclées de gloire et de courage."
    Jekaterina Andreska, Noble (voie du pouvoir)
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    • "Et tous leurs chants sont tristes ; et toutes leurs guerres sont joyeuses."
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"J'ai attendu en vain, qu'on vienne briser les chaînes de mon devoir. Elles sont mon armure et ma servitude."

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Vladimir Kergan

Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par Vladimir Kergan »

Le bruit caractéristique d'une flatulence résonna dans le fiacre et les lèvres Vladimir s'étirèrent en un sourire narquois alors qu'il toisait le mercenaire d'un regard amusé, une lueur de malveillance passa dans les yeux du Vampire mais disparu presque aussitôt. Ulfrik partit sans demander son reste et ils furent seuls à nouveau, Kergan porta son regard par la fenêtre de la carriole et observa l'horizon et le soleil qui allait bientôt tirer sa révérence, dispensant ses derniers rayons orangés au Royaume de Kislev avant de laisser place à la nuit. Le Von Carstein ne laissa plus échapper aucunes paroles jusqu'au moment où le cocher leur indiqua qu'ils allaient s'arrêter ici pour la nuit. Une perte de temps pour Vladimir qui n'avait guère besoin de se reposer et qui s'il l'avait voulu aurait pu poursuivre la route de nuit.

Descendant de la carriole à la suite de Jeka, il ne fut pas malheureux de pouvoir marcher un peu, le moyen de transport qu'il utilisait n'était pas des plus confortables et se dégourdir les jambes ne pouvait lui faire que du bien. Le mercenaire avait quant à lui dégainer son épée et pratiquait quelques mouvements assez fluides pour entretenir son maniement des armes, le Vampire ne se trouvait pas à ses côtés mais cette épée dégageait quelque chose qui lui déplaisait, une sensation facilement supportable certes mais comme une mauvaise odeur persistante. La lame devait sans doute avoir été bénie par un Prêtre d'une divinité quelconque, sale engeance.

Le Vampire s'éloigna de quelques pas et la sensation désagréable finit par disparaître totalement, Jekaterina s'était éloignée de son côté, Vladimir pouvait percevoir le bruit caractéristique d'un petit ruisseau non loin de l'endroit ou ils se trouvaient, sans doute la jeune femme s'était-elle rendue là bas pour se laver un peu. L'eau ne devait sans doute pas dépasser les 5 degrés, soit cette femme possédait une hygiène exemplaire, soit elle n'avait pas conscience du risque qu'elle prenait en se refroidissant de la sorte ou peut-être était encore autre chose ? Le Vampire haussa les épaules, cela n'avait pas d'importance pour lui. Aussi s'éloigna t-il de son côté lui aussi pour finir par retourner dans le coche, laissant la porte ouverte pour que la lumière du feu préparé par Ulfrik vienne jusqu'à lui.

Assis dans une certaine obscurité, Vladimir croisa ses mains sur sa poitrine et ferma les yeux, cette terre avait abrité il y a des siècles le plus puissant Vampire que ce monde avait jamais connu, la distance qui séparait Kergan du reste des membres de la Cour Noire lui permettait d'agir à sa guise en ces terres glacées. Créer un pouvoir indépendant de la Sylvanie lui apparaissait comme possible, il pourrait ainsi gagner en influence et se faire un nom dans cette contrée, alors qu'en Sylvanie il serait à jamais dans l'ombre de Mannfred von Carstein. Vladimir avait déjà quelques intuitions sur la suite de ce qu'il allait faire en ces lieux, mais il lui faudrait patienter d'arriver jusqu'à Leblya. Kislev pouvait être un tremplin pour son ascension en Sylvanie par la suite.

Son regard bleu acier se posa sur chacun des membres que comptait cette petite troupe, le cocher s'occupait des chevaux avec amour, Ulfrik s'affairait à maintenir le feu allumé et Yvan s'était rendu près du cocher pour engager une conversation. Le conducteur de l'attelage paraissait être un homme avec beaucoup du monde et très généreux, le genre de personne que le Sombre Nobliau exécrait. Quant à Jekaterina Andreska, il aurait tout le loisir par la suite de lui montrer qu'il n'était pas l'un de ses misérables cloportes d'Impérial.

Après quelques minutes passées à l'écart, le seigneur de Feuhelvald sortit une nouvelle fois de la carriole et se rendit près de son cheval auquel il flatta l'encolure, ce cheval était né en Sylvanie et était le seul peut-être à comprendre la nature de son maître, Nahar avait été nourrit durant toute son enfance au sang humain et Vladimir lui offrait parfois le sang des gens qu'il condamnait dans son duché. Le Vampire s'approcha et murmura quelques paroles à l'oreille du cheval. Il serait bientôt l'heure de partir...
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Le cocher, après avoir passé de longues minutes à panser ses chevaux, revint vers la diligence à quelques mètres de laquelle Ulfrik avait allumé un feu de camp. Les herbes sèches avaient prit de suite et de petites flammes léchaient les bouts de bois secs disposés autour, en noircissant les ramifications. Une fumée épaisse et blanche s'était élevée, dessuite emportée par le vent, jusqu'à ce que les bûches s'enflamment. Ivan s'approcha également et s'accroupit à côté de l'âtre ainsi formé en tendant les paumes vers le foyer, les frottant par moment.

- "Je ne sais pas si c'est une bonne idée d'allumer un feu maintenant ... On peut nous repérer à plusieurs lieux à la ronde." grommela-t-il en gaspodar. Le cocher rit et lui lança une grosse claque dans le dos de ses mains cornées.

- "Ivan, je t'ai connu plus courageux ! Et puis tu sais, si il y a quelque chose ici, ça fait bien longtemps qu'il nous a déjà repéré ! Au moins, ça tiendra chaud pendant l'tour de garde et ça éloignera les bêtes sauvages." dit-il en saisissant sa besace. Il l'ouvrit et en tira une pipe en bois ainsi qu'une blague à tabac en cuir. En quelques gestes précis et habitués, il bourra sa pipe de tabac et l'alluma à l'aide d'une brindille embrasée, avant de tirer une série de petites bouffées. Une fois la pipe allumée, il la cala dans un coin de sa bouche et tendit lui aussi ses paumes vers le feu chaleureux. Quelques minutes s'écoulèrent ainsi, sans que personne ne parle, jusqu'à ce que Jekaterina arrive à son tour, alors que le soleil finissait sa course derrière les montagnes et que la nuit prenait sa place au jour. La noble kislévite s'assit aux côtés des hommes, près de l'âtre qui éclairait leurs faces en leur donnant des ombres étranges et dansantes. Finalement, le cocher se tourna vers Ulfrik.

- "Tu prendras l'premier tour, petit. Surveille les chevaux de temps en temps, rajoute du bois dans l'feu et couvre toi bien." dit-il en levant le nez vers le ciel à présent étoilé. "J'crois bien qu'il va cailler, cette nuit. Sur ce j'vais faire un p'tit roupillon !" Il tourna la tête vers Jekaterina, la plume d'oie fichée dans son béret prenant des couleurs orangées alors que les flammes mordaient le bois de plus belle. "Mâdames, j'vous fais passer les couvertures pour la nuit. Si elles puent c'est normal, faites pas attention." ricana-t-il en se relevant. Il s'éloigna vers la diligence, avalé par les ombres et grimpa la petite échelle qui menait sur le toit. Il saisit un ballot de fourrures odorantes et les jeta dans la cabine depuis la fenêtre toujours ouverte. Enfin il vida sa pipe, la rangea dans sa besace et se coucha sur le toit après avoir étalé plusieurs couches de couvertures sur lui.

Ivan poussa un soupir discret et se releva également en se frottant les mains.

- "Je prendrai le second tour. Viens me réveiller lorsque tu iras te coucher. Et dites à l'impérial que les couvertures sont dans la diligence ..." dit-il d'un ton neutre. Il salua Jekaterina et lui souhaita la bonne nuit dans un murmure avant de rejoindre le cocher sur le toit et de s'enfouir sous les couvertures. Depuis l'intérieur du coche, des ronflements sonores montaient puis redescendaient comme une alarme naine. Le marchand était allé se coucher sans un mot, et dormait paisiblement. Seuls la noble et le mercenaires restaient, assis face au feu, réchauffés par les flammes dévorantes et bercés par leur ballet incessant.
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Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Vladimir Kergan

Re: [Jekaterina, Ulfrik & Vladimir] Frontière et désolation

Message par Vladimir Kergan »

La nuit était tombée depuis un petit moment à présent, le ciel était dégagé et les étoiles étincelaient, si la voûte céleste était magnifique à observer, la température au sol chutait très rapidement à présent. Une petite brise de vent soufflait sur la plaine ou ils s'étaient arrêtés pour la nuit. Vladimir resta non loin de Nahar, attendant que le cocher et le mercenaire aillent se coucher, Jekaterina était revenue il y a peu et Ulfrik était assis près du feu, tentant de capter le maximum de chaleur possible, ce serait lui qui monterait la garde pour la première partie de la nuit entendit Vladimir. Le Vampire s'éloigna quelque peu dans la direction du ruisseau en faisant en sorte que la Noble et le mercenaire le voit et alla s'asseoir tranquillement.

Glissant la main dans sa poche, le Von Carstein en retira un long morceau de parchemin qu'il avait emmené avec lui avant de quitter le Manoir de Feuhelvald en Sylvanie. Les Arts Nécromantiques n'étaient pas monnaie courante en terre kislévite, aussi ne pouvait-il compter que sur lui même, du moins pour l'instant pour poursuivre son apprentissage des arts obscurs. Henrich Kraptoffen était l'auteur de ce traité, rédigé en reikspiel sur la manipulation de la Dhar. Le premier chapitre de ce traité concernait la réanimation de cadavres et de leur asservissement, voilà qui s'avérait plus qu'intéressant. Les sorts que Vladimir connaissaient ne lui permettaient pas de réveiller les morts et de les commander, il s'agissait plutôt de sortilèges offensifs visant à aspirer la force vitale de ses adversaires ou de leur briser les membres pour pouvoir ensuite les terrasser sans trop de difficultés. Mais la réanimation des morts était la particularité la plus connue de la Nécromancie et en tant que Von Carstein, il était obligé de la maîtriser.

La première chose nécessaire avant de songer à utiliser pareil maléfice était d'avoir des corps à disposition, les terres impériales n'en manquaient pas et la Sylvanie était un véritable charnier mais Kergan n'avait aucune idée des traditions mortuaires de Kislev. L'un des plus grands avantages qu'un Vampire possédait, à l'instar d'un Nécromancien humain, était qu'il pouvait commander instinctivement aux morts et ne risquaient pas de les voir se retourner contre lui. Le nécromant Jacques de Noirot en avait payé les conséquences, son impudence l'avait conduit à relever bien plus de morts que son faible esprit humain ne pouvait contrôler... Il avait finit par rejoindre les rangs de ses anciens serviteurs.

Les Zombies ramenés ainsi à la vie n'avaient aucune consciences personnelles et ne pouvaient agir par eux-mêmes, ou tout du moins n'avait pas l'intelligence pour faire quelque chose de réfléchis et lorsqu'ils n'avaient pas de maîtres, erraient sans aucun but. La nécromancie permettait de placer le corps sans âmes sous la direction du sorcier, ce dernier agissait alors comme une marionnettiste et pouvait contraindre le cadavre à faire tout ce qu'il souhaitait, le protéger, attaquer ses ennemis. Si un Zombie à proprement parlé n'était guère dangereux pour un adversaire entrainé, une dizaine de ces créatures décharnées pouvait en revanche s'avérer être beaucoup plus dangereuse sans compter l'effroi que le râle poussé par ces revenants pouvait susciter dans le cœur des gens qui les affrontaient, car ils voyaient là leur propre destin. Les Zombies seraient les premiers morts que Vladimir pourrait relever de la tombe mais plus tard, ils ne seraient plus les seuls, la Non Vie permettait de rappeler de la tombe des créatures bien plus terribles et dangereuses que les simples Zombies.

Il ne su dire combien de temps il était resté là à lire le traité de nécromancie, une fois qu'il eu terminé de relire plusieurs fois le passage sur la réanimation, il se leva et le replia avant de le glisser dans la poche intérieure de son manteau... Il était l'heure de s'en aller pour lui et de mener à bien ses projets. Il sella Nahar et mis pied à l'étrier avant de s'avancer tranquillement vers le feu près duquel étaient assis ses deux anciens compagnons... Des compagnons durant un laps de temps très court cependant. Le Nobliau avait un sourire sur le visage mais sa voix était aussi froide que la température de l'air à l'instant présent, ses longs cheveux noirs encadraient un visage décidé, au regard brillant d'une lueur flamboyante.

Je suis dans le regret de devoir vous abandonner... Dame Andreska, votre rencontre fut un réel plaisir, je suis convaincu que vous êtes en sécurité en compagnie des grands guerriers qui vous accompagnent. Nous nous reverrons, vous pouvez en être sûrs.

Ses dernières paroles s'adressaient aux deux protagonistes présents, Ulfrik saisirait-il l'ironie dans les paroles de Vladimir Kergan ? Il n'en était pas certain. Avec un dernier signe de tête, Vladimir tira sur les rennes de Nahar qui se cabra avec majesté avant de filer vers le nord, au galop. Le long manteau noir de Vladimir flottait au vent alors que le coursier prenait de la vitesse sur la route qu'empruntait la diligence dans la journée. Il ne craignait pas la Nuit, il en était l'Ultime Prédateur.
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Jekaterina Andreska
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Jekaterina Andreska »

Le mercenaire était manifestement parvenu à allumer son feu. Les flammes s'élevaient, réconfortantes de chaleur, et je rejoignis le cercle sans un mot, resserrant les pans de mon lourd manteau autour de mes épaules. Je sentais les gouttes d'eau ruisseler sur mon corps presque douloureusement, en minces traînées, et il me tardait de me réchauffer. Tandis que je m'abîmais doucement dans le spectacle de la danse embrasée, un très mince sourire se dessina sur ma bouche. Relevant la tête, je croisais le regard de notre cocher qui m'adressa quelques mots. L'espace d'un instant, ma fierté un rien mal placée disputa la place à un sentiment plus accommodant, et ce-dernier finit par l'emporter.

Je ne donnais pas suite aux propos de l'homme sinon par un imperceptible pincement de lèvres. Je m'emmurais dans un mutisme un peu sombre, songeant à ma famille. Unique pilier de mon existence, seule chose qui pouvait donner assez de coeur pour venir se lancer dans un périple forcené, presque aveugle, en quête de chimères. Ma moue se teinta de dérision.
Je levais la tête lorsque l'impérial s'approcha pour annoncer son départ. Le feu creusait des ombres dansante sur ses traits et je n'étais pas tout à fait sûre que c'était son seul reflet qui brillait au fond de ses yeux. Je battis une unique fois des paupières, combattant la torpeur qui m'avait assaillie.

Il s'en allait ? Seul, aussi loin au Nord ?

Même les fous ne font pas de pareilles choses. Il courait très certainement à la mort, quelles que fussent les raisons qui l'aient poussé à agir ainsi. Des raisons par ailleurs bien mystérieuses, car je n'avais strictement aucune idée de ce qu'elles pouvaient être. Renfrognée, je lui jetais un "Bonne chance" en guise d'adieu. Décidément, ces terres dissimulaient des voyageurs des plus étranges...
Je le suivis du coin de l'oeil tandis qu'il enfourchait son coursier avant de s'enfoncer dans les ténèbres. A son image, mes pensées vagabondèrent, vides et inutiles. Les ablutions rituelles, suivie de mon apathie auprès du brasier, m'avaient vidée de toute énergie.

J'étouffais ostensiblement le bâillement qui me venait avant de tourner mon regard vers le mercenaire qui observait, en silence, le foyer qu'il avait érigé.


- Etrange idée que d'accompagner un équipage aussi loin vers les frontières de Kislev, observai-je à son intention.

Je portais la main au croc démesuré qui pendait à mon cou, attaché à sa lanière de cuir. Du doigt, j'en suivis la courbe de la base à la pointe, trouvant du réconfort dans ce contact. Ursun m'accompagnait presque depuis ma plus tendre enfance, et je me souvenais qu'à l'époque, j'aimais l'image d'un énorme ours veillant sur le peuple de mon pays.
Une branche crépita péniblement, jetant des escarbilles à mes pieds.


- Comment se fait-il qu'un homme qui se prétend mercenaire voyage seul ? N'accomplissez-vous pas vos périples en meutes, d'ordinaire ?

Une légère accusation s'était glissée dans les derniers mots, un peu acerbes. Il n'était évidemment pas rare que les miens vendent leur épée ou leur hache à nombre d'entrepreneurs qui en avaient besoin, mais je considérais cette pratique comme une veule faiblesse frappant le peuple de Kislev. Que l'on serve un Ataman ou la cour était une chose noble. C'était donner les moyens aux organes du pouvoir, des moyens qui habilement mis en oeuvre gardaient les populations à l'abri des divers pillards et surtout, maintenaient cohérentes les forces du pays en cas d'invasion. A jouer les maraudeurs, ces hommes qui pourraient être des soldats se contentaient de laisser leur patrie prêter le flanc à n'importe quelle menace.
A mes yeux, toute lame se devait d'être attachée au service particulier de quelqu'un. Et, bien évidemment, de noble ascendance.

Malgré ma lassitude, je guettais la réponse d'Ulfrik, décidée à aller me coucher par la suite.

Je me fais un peu honte sur ce coup-ci... >.> Pas d'inspi, mes excuses !
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 18 déc. 2011, 18:13, modifié 1 fois.
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    • "Elle ne répondra pas, occupée à regarder vers les désolations et à ruminer sa haine du Chaos. Laissez-moi vous parler de cette fille du Nord, de cette noble qui a soulevé l’écu terni de sa famille pour le peindre de neuf, à grandes giclées de gloire et de courage."
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    • "Et tous leurs chants sont tristes ; et toutes leurs guerres sont joyeuses."
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Ulfrik Reinholt
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Ulfrik Reinholt »

  • Quelques instants plus tard, le feu prit lentement puis plus fort alors qu’Ulfrik l’aidait à se lancer. Une fois satisfait de la vigueur du foyer, le jeune guerrier déposa la plus grosse branche dans le feu, la laissant se consumer.

    Les flammes crépitaient, léchant le bois frais comme d’infernales langues ardentes. Ulfrik Reinholt était plongé dans la contemplation du feu aveuglant, fasciné par sa beauté destructrice.

    Bien qu’il sentît la chaleur de l’âtre lui amener le rouge aux joues, il ne parvenait pas à écarter le froid glacial qui régnait dans la région. Il avait beau empiler du bois sec dans le feu, les flammes avaient beau s’élever bien haut, rien ne semblait pouvoir réchauffer l’endroit. C’était comme s’il avait été touché par le doigt cruel de la mort, inexorable et glacial.

    C’est ce moment que le noble Impérial choisit pour faire son apparition, entrainant derrière lui sa monture. Il expliqua à Jekaterina et au mercenaire qu’il devait partir et Ulfrik fut étonné d’une telle décision : partir seul en pleine nuit dans la taïga kislévite n’était pas la meilleure idée au monde. Mais il semblait décidé et Ulfrik n’aurait rien pu faire pour le retenir.

    Et c’est donc ainsi que la silhouette de Hansemann Tröst s’enfonça dans la nuit. Il ne restait plus que la noble avec lui, se réchauffant autour du feu. Le cocher et l’autre mercenaire étaient partis se coucher, le première tour de garde étant pour Ulfrik. Cette décision convenait parfaitement au mercenaire, ainsi son sommeil ne serait pas entrecoupé et serait ainsi plus réparateur.

    - Comment se fait-il qu'un homme qui se prétend mercenaire voyage seul ? N'accomplissez-vous pas vos périples en meutes, d'ordinaire ?

    La voix de Jekaterina l’arracha à sa contemplation du feu. Il remarqua par la même occasion que l’armure de cette dernière était à peine serrée. Elle avait sûrement dû aller se laver dans la petite rivière proche de leur campement.

    ImageUlfrik Reinholt : J’ai longtemps appartenu à une meute, comme vous dites… La meute de mon père ! Mais il arrive un moment où le louveteau veut découvrir le monde soi-même, former sa propre meute, vivre selon ses principes… C’est ce à quoi j’aspire.
    Ulfrik détourna son regard de la jeune femme et le replongea dans le feu.
    ImageUlfrik Reinholt : Maintenant, il faudrait que vous alliez vous reposer. Un long voyage nous attend demain…
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 18 déc. 2011, 18:41, modifié 1 fois.
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Ulfrik Reinholt, Duelliste
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