La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.
D'un ton las Mathilde répondit aux affirmations grandiloquentes du musicien : -Alors votre baume a intérêt à guérir les coups de lance et les flèches. Elle soupira avant de reprendre : Hugues n'est pas un crétin, il est bien plus dangereux que cela. Depuis que mes frères sont morts au combat ou bien sont partis en quête pour ne jamais revenir, je suis l'héritière de ces terres. Je ne suis qu'une poulinière au regard de ces barbons envieux. Ils voudront me faire épouser le premier noble venu tant que ses terres bordent le fief de Castel-Gîte. Un échange pour assurer leur retraite paisible en s'assurant que l'argent continue de tomber dans leurs poches.
La noble arborait dès lors une expression maussade, indigeste. Après tout être l'épouse et la dot n'était pas un sort plaisant. Noblesse oblige. Elle finit par reposer son regard sur Erwan.
-Mais avant toute chose, il va falloir vous rendre présentable à nouveau. Les gardes pourraient vous retrouver uniquement à l'odorat dans les circonstances actuelles. Je vais demander à mes servantes de faire chauffer un bain. Pour le reste il faudra aviser. Vous voilà captif, encore, Erwan, seulement cette fois j'espère rendre ça un peu plus supportable.
La Dame de Bouvrois s'excusa ensuite car elle devait faire préparer le bain sus-mentionné. Un bon quart d'heure fila, durant laquelle le ménestrel ne trouva rien d'autre dans la chambre que ses passionnants coins vides.
Rien n'attira son regard affuté, mais ses oreilles, elles, entendirent un son. Le pas lourd d'un homme. Peut être même deux. Se cacher, vite. Sous le lit ? Derrière une armoire ? Il aura tout juste le temps de se dissimuler que les gonds grincèrent.
"J'comprends pô'bien m'dame Mathilde. L'Régent a filé à la rescousse dé votre père et d'l'lautre le Léonard-lô, vous vous voulez un bain ?
-J'ai besoin de me détendre et de réfléchir. Je reste la maîtresse des Lieux et toute cette...Agitation m'a indisposé.
-Mô foi, z'avez sans doute la raison.
Les gueux d'acquiescer tout en remplissant le baquet d'une eau de puits chauffée. En quelques minutes, il n'y avait plus que le bain chaud, Mathilde, Erwan et une porte fermée.
-Malgré votre jeune âge vous avez une sacrée expérience Erwan de la Rivière...Vous vous dissimulez plus vite et mieux que le plus efficace des cambrioleurs. La jeune seigneuresse souriait en coin.
"-Alors votre baume a intérêt à guérir les coups de lance et les flèches."
Erwan se mit à ricaner en souriant en levant les mains, d'un geste vaincu. "- D'accord, vous m'avez eu sur ce coup-là."
Et il se mit à écouter ce que Mathilde disait. Le visage d'Erwan, son éternel sourire accroché à ce dernier, avait légèrement perdu de sa superbe pour prendre un air désolé pour la jeune noble. Il ne connaissait pas grand-chose des affaires des nobles, mais il connaissait des paysans plus heureux qu'elle. Il souffla avec un sourire en coin, en se disant qu'elle devait aimait son peuple un peu trop pour son propre bien. Quand Mathilde se mit à regarder Erwan, ce dernier avait une allure... médiocre. Et il le savait. Bien que son maintien soit ferme mais léger, sa mise était des plus pitoyables. Aussi, quand la perspective d'un bain... UN BAIN !!... Lui était proposé, il rayonna tel le soleil, et même ses cheveux semblaient accueillir la nouvelle avec la plus grande félicité.
Une fois que la Dame s'en fut, Erwan ferma les yeux pour prendre une profonde inspiration pour expirer tout le stress qu'il accumulait. Des années sur les routes, et des années encore avant dans une troupe, on apprenait à dissimuler un peu de son stress. Erwan avait du mal à stresser, grâce à son caractère constamment enjoué, mais quand le stress le prenait, il était intense. Et là, actuellement, le stress était entré en lui. La précarité de sa situation le rattrapa rapidement, et il se mit une belle gifle pour se punir d'avoir entraîné de si bonnes personnes dans ses petites folies. Mais la situation ne peut être changée, il ne reste plus qu'à l'améliorer. Une affaire familiale entre nobles, un régent méprisable, corrompu et opportuniste, une belle dame... Il souria gaiement en se disant que s'il survivait, cela ferait une bonne ballade. Il commença à peine à réfléchir à un titre pour cette fameuse ballade qu'il entendit un bruit de pas qui se rapprochait. Il se mit au sol immédiatement et très rapidement sous le lit. Un exercice répété tellement de fois et si perfectionné qu'il était totalement invisible sous cette cachette.
"-Malgré votre jeune âge vous avez une sacrée expérience Erwan de la Rivière...Vous vous dissimulez plus vite et mieux que le plus efficace des cambrioleurs." Avait dit la Dame.
Erwan sortit de sa cachette en rampant tel un lézard, en bougeant de droite et de gauche dans une chorégraphie grotesque mais hilarante, mais avec effectivement la discrétion d'une souris. Il se remis debout en souriant. "- C'est que vous n'en connaissez que des mauvais. Et je vous souhaite de ne rencontrer que de si vulgaires, d'ailleurs."
Erwan se tourna vers le bac d'eau chaude, dont la vapeur était clairement visible dans la chambre et avec la lumière du soleil. Il se sentait déjà mieux rien qu'à voir ce baquet rempli. Il commença à se déshabiller, retirant d'abord sa chemise, qu'il fit tomber sur le sol avant de l'envoyer sous le lit d'un coup de pied. Il était désormais face à la belle noble, torse nu, sans gêne, tandis que la noble, elle, rougis légèrement à cette vue croustillante avant de tourner la tête, gênée. Erwan ricana.
"- Un corps est un corps, Dame Mathilde. De plus, comme vous l'avez dit..." Dit-il en continuant de se déshabiller, après s'être tourné vers le bain. "- J'ai changé de prison. Ce qui veux dire que j'ai changé de geôlier." Il tourna légèrement la tête pour regarder Mathilde, avec un sourire aguicheur. "- Et un geôlier a tous les droits sur ses prisonniers. Quelle horrible cage, vraiment."
Il s'avança d'un pas léger vers le baquet, dénudé, ses vêtements ayant rejoints sa chemise sous le lit de la dame. Il trempa lentement son pied droit, puis la jambe, puis la deuxième avant de lentement rentrer totalement dedans. L'eau n'avait heureusement pas débordée, Erwan n'étant pas aussi massif que la plupart des autres hommes, et il remercia Ranald pour cette nouvelle chance. Il poussa un long soupire où se mélangeait le plaisir et l'exultation.
"- Aaaaaah... Cela m'avait manqué..." Il resta plusieurs instants totalement silencieux, sans même bouger et avec une respiration lente. Il semblait s'être endormi sur l'instant.
"- C'est étrange, tout de même... Tous ses frères reposent désormais avec la Dame, faisant d'elle la dernière héritière. Et son père, parti dans une quête dangereuse dont il ne ressortira peut-être pas vivant... Ceci demeure une très étrange coïncidence, je trouve..." Pensa-t-il, des pensées de complots en tête pendant qu'il se lavait.
"- Je me demandais, Dame Mathilde. En dehors de mon innocence dans cette affaire dans laquelle votre oncle m'a incriminé. Que voulez-vous de moi ?" Demanda-t-il en changeant de place dans le baquet, pour désormais faire face à la Dame, qui pouvait avoir une vue sur le torse nu, et désormais mouillé, du ménestrel, qui souris en voyant les petites taches rouges sur le visage de la belle.
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Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.
Erwan de la rivière, Voie du conteur
Profil: For 8 | End 9 | Hab 9 | Cha 10 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 8 | NA 1 | PV 60/60
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"- J'ai changé de prison. Ce qui veux dire que j'ai changé de geôlier."
Mathilde haussa un sourcil tout en tournant son regard vers les rideaux de son lit. "- Et un geôlier a tous les droits sur ses prisonniers. Quelle horrible cage, vraiment."
-Une cage dans laquelle le prisonnier s'est rué tout seul. Pris au collet comme un renard rôdant près du poulailler.
D'un ton moqueur elle ajouta : -Un renard au poil bien roux si vous voulez mon avis.
Tandis qu'il s'abandonnait aux plaisirs de l'eau propre et chaude elle s'assit sur son lit. Elle soupira avant de répondre à ses interrogations :
-Ce que je veux de vous Erwan ? Je voulais que vous fuyiez loin d'ici, hélas vous étiez obstiné à rester. Alors, je ne vous demanderais qu'une seule chose : Aidez-moi à faire tomber Hugues et ses consorts. Aidez-moi à faire triompher rien qu'une fois la justice sur les vices de l'Homme. Mais comment lutter contre eux...Vous qui êtes un voyageur du monde, Erwan de la Rivière, comment combattriez-vous l'injustice ?
Son bain devenait tiède, l'eau trouble avec toute la crasse des geôles déversée dedans. À lui de répondre aux interrogations existentielles de la jeune noble. Une serviette avait été disposée près du baquet.
Finalement, la Dame de Bouvrois se leva et annonça qu'elle allait chercher des vêtements propres et une collation pour le musicien, laissant ce dernier seul avec son bain et sa serviette.
Erwan était allongé dans son bain, appréciant la douce caresse de l'eau et l'étreinte de la chaleur. Sa petite pique n'avait pas si bien marché qu'il l'avait espéré, mais la noble avait du répondant, et il n'y avait aucune épine dans le bouquet dans lequel elle venait de l'envoyer. Il prit cette rebuffade avec un sourire tranquille, presque amical envers la noble. Puis il se mit à réfléchir quelque temps à la demande que venait de lui faire Mathilde. Elle lui demandait, à lui, un coup de main pour renverser le régent et ses consorts malveillants ?
La surprise ne vint même pas s'afficher sur son visage, il s'attendait à quelque chose de ce style. Une jeune noble comme elle, le genre de femme forte qui lui rappelait d'autres dans d'autres milieux, assurément elle ne se laissera pas marcher sur les pieds sans tenter quoi que ce soit. Mais encore une fois, les nobles ont les mains liées quand ils doivent affronter des "bonnes gens", mais ils sont toujours prêts à châtier le bas peuple pour le moindre verbe un peu trop prononcé. Il prit une grande inspiration afin de respirer l'odeur douce de l'eau chaude et l'odeur des fleurs qui envahissait la chambre de Mathilde. A la fin d'une lente expiration, ses yeux se tournèrent vers la Dame. Des yeux un peu trop sérieux pour le visage enfantin d'Erwan, même dissimulé derrière le peu de crasse qu'il lui restait. Il regardait Mathilde, non pas pour se rincer un peu l'œil à l'aide de son imagination, mais plutôt pour jauger sa conviction. A quel point pouvait-elle être prête pour ce genre de choses ?
Il avait vagabondé dans ses pensées pendant un certain temps. Il était resté pratiquement immobile dans son baquet, une montagne de questions se posant, mais dont le sommet et la base n'étaient qu'une seule et même question : "- Mathilde... Jusqu'où êtes-vous prête à aller pour faire le bien de vos gens... ?"
Il finit par respirer, comme reprenant vis, et se passa de l'eau sur le visage.
"- Bien sûr que je vais vous aider, Dame Mathilde." Avait-il dit d'une voix d'homme. Non pas sa voix chantante et musicale, mais d'une voix posée et mesurée. "- Après les soucis que je vous ai causés, et l'aide que vous m'avez fourni, comment un homme se refuserait-il d'aider la personne qui lui a sauvé aussi bien la vie que l'existence ? Comment ferais-je... Tous les hommes ont des secrets, ma Dame. Tous, sans aucune exception. Qu'il fut grand, dissimulé, qu'il ait la forme d'une clef ou d'un mot, tous les hommes cachent des choses. Hugues n'échappe pas à cette règle du monde. Je suppose qu'un modeste voyageur glanerait des informations sur l'histoire d'Hugues, celle qu'il se garde qu'on veuille apprendre, afin de mettre à nu ce secret. Ou ces secrets."
Ses yeux étaient fixés sur le plafond, comme absorbés par lui, jusqu'à ce qu'il détourne le regard, comme s'il était dégoûté que même le plafond ne l'entende prononcer les prochains mots. "- Voilà ce que ferez un voyageur du monde. Mais..." Ses dents commencèrent à se serrer, sa bouche ne voulant pas laisser les prochains mots sortir. Son cœur en était serré, ses yeux se fermèrent et l'image d'un autre rouquin apparut devant ses yeux clos, le seul homme qu'il ne voulait pas revoir avant de nombreuses années. Et, finalement, ils ne sortirent pas.
A la place, un soupir sortit de ses poumons. Il se mit à sourire en tournant la tête vers Mathilde. "- Mais vous avez demandé l'aide d'Erwan de la rivière, alors assurément ce secret sera connu de tous. Quand je le connaitrais moi-même. Garder un oeil sur Hugues, devenir ami avec ses amis et, avec l'aide d'un bon alcool, des langues pourraient se délier. Demander aussi aux petites gens, les ragots et les informations passent facilement les murs du château, si mes souvenirs sont bons, n'est-ce pas ?"
Finalement, la Dame sortit pour aller chercher vêtements et nourriture, ne laissant plus qu'Erwan dans la chambre, l'eau et une serviette. A peine la Dame avait refermé la porte, qu'Erwan sortit du bain et commença à sortir du baquet pour s'essuyer, en commençant par les pieds. Si quelqu'un devait arriver à l'improviste, le bruit d'un pied mouillé se fait facilement entendre, et une glissade pouvait arriver de façon bien trop tôt.
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Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.
Erwan de la rivière, Voie du conteur
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Plusieurs pistes avaient été soulevées par le musicien.Toutes étaient d'enquêter sur le jardin secret d'Hugues. Mais par qui commencer ? Il y avait le personnel du château pour sûr, silencieuses abeilles ouvrières qui faisaient mine basse devant les officiels pour mieux tailler le bout de gras autour des lavoirs.
Il y avait aussi les villageois. Si Hugues était attaché au château par sa fonction, le bailli, Lambert, lui était attaché aux terres du fief. Paysans, citadins, garde-chasses... Peut être fallait il vaincre l'hydre métaphorique en passant par les lieutenants fidèles de l'intrigant intendant ?
Pour Ronçard cela se corsait. Il était le chef des gardes, des bourricots balourds, vulgaires et qui n'avaient pas manqué de le transformer en sac de frappe comme le dernier des vauriens sur un simple ordre. Mais il y avait des dédales dans ce château, jouer la filature, interroger le geôlier peut-être.
Mais quoi qu'il en soit, il était l'heure de sortir du bain et d'attendre. La nuit était le domaine de Ranald certes mais un roux ne passait pas inaperçu dans le château, un roux fugitif et encore luisant de savon encore moins.
Car il restait ce dernier bémol. Tout le domaine était en alerte contre lui. Si sa bonhomie lui avait attiré les faveurs des villageois, seraient-ils prompts à le soutenir ou bien le dénonceraient-ils par crainte des représailles ou par un appétit malsain pour la récompense ?
Tandis qu'il se séchait, il pouvait remarquer que la plupart de ses ecchymoses avaient dégonflé. L'eau chaude et le temps avaient œuvré. Certes, certaines étaient encore bien douloureuse au toucher mais il ne devrait pas souffrir plus de sa correction.
Finalement, Mathilde rentra. Elle déposa sur une chaise des habits simples, en lin, de ceux que portaient les petites gens de Castel-gite. Dans sa main gauche elle tenait un morceau de pain de campagne à la mie dense comme un morceau de cuir.
-Vous me voyez désolé mais les cuisines n'offraient pas grand chose d'autre à subtiliser sans que cela ne se voit...
Dans une pudeur nobiliaire elle se détourna pour le laisser se vêtir correctement. -Il faut se l'avouer vous faites bien mieux portant une fois laver à chaud mon bon ami. Elle s'assit alors sur le bord du lit.-Hugues est rentré. Ils ont passé une bonne partie de la fin de journée à chercher qui avait bien pu provoquer tout ce tohu-bohu chez les forains. Maintenant il est dans une colère noire en apprenant que vous avez filé à l'Estalienne de ses cachots. Mais la rumeur enfle aussi que mon père a rencontré une harde avec ses hommes. Tout cela le turlupine, le ronge. Les évènements et sa machination s'accélèrent pour ainsi dire.
-D'ailleurs j'ai pensé à quelque chose durant mon absence... Je pense savoir quel prétendant m'est destiné par Hugues. Vous pourriez peut être allez voir dans son domaine si il peut vous fournir des informations. Pas de façon directe bien entendu mais il me semble... Elle sourit. Qu'Erwan de la Rivière est assez doué dans l'art d'obtenir ce qu'il veut... Surtout autour d'une tablée de taverne. En attendant... Pour votre nuitée, il y a le fauteuil dans l'angle. Une couverture et vous aurez une nuit bien meilleure que celles que vous avez dû passer en prison.
Son éventail de possibilités était bien large finalement. La nuit portant conseil, il pourrait se décider quoi faire au petit matin. Mathilde quant à elle demanda à l'artiste de détourner les yeux le temps qu'elle enfile son linge de nuit.
Finissant tout juste de se sécher, Erwan se baissa à genoux derrière le lit, prêt à rouler dessous mais fut heureux d'entendre la voix de Mathilde. Il vit également quelque chose qu'il avait presque oublié sur ses anciens vêtements, sous le lit de la dame. Il se redressa sans gêne alors que la dame tournait la tête, pendant qu'il reprenait en main et nettoyer avec une extrême attention son pendentif en argent. Il se mettrait bien une gifle pour cet oubli impardonnable, mais son nez détecta une odeur agréable tandis que son ventre se fit entendre. Il tourna vivement la tête, tel un animal détectant quelque chose, et se mit à sourire, retrouvant la mémoire de ce que la jeune noble venait de lui dire.
"- Ô seigneurs ! Quels tourments ma nouvelle geôlière m'impose !" Dit-il d'un faux ton dramatique tout en enfilant ses nouveaux vêtements en lin. "- Voilà qu'elle m'apporte une nourriture saine, propre, et je n'ai même pas mes amis les rats pour m'aider à finir les restes ! Quelle horrible, cruelle et détestable geôlière que voilà !" Et il se mit à rire. Il ne pouvait pas vraiment s'en empêcher, et savait que Mathilde comprendrait qu'il ne faisait que dire l'inverse de ce qu'il pensait, en restant dans son rôle de prisonnier. Son rire... Il ne l'avait lui-même pas entendu depuis très longtemps. Il fut empli d'une émotion d'émoi et de retrouvaille, comme quand l'on croise un vieil ami après des années sans nouvelles.
Le ménestrel s'assit par terre, dégustant avec délectation et délicatesse ce plat issu tout droit des meilleures cuisines du monde. Pendant son maigre, mais divin repas, il écoutait ce que Mathilde disait avec une certaine attention. Ainsi, le seigneur avait croisé une troupe d'hommes-bêtes... Assurément, il y en avait un qui devait se frotter joyeusement les mains en préparant la pire des fins pour le seigneur. Et apparemment, le noble bâtard avait trouvé un parti pour la jeune dame. Il se tourna sur les fesses, comme la dame lui demandait et malgré la tentation insoutenable de se retourner, il ne le fit pas. Il devait beaucoup à la dame, aussi il ne se risquerait pas à la gêner ou la déshonorer même de ses yeux. Cependant, semble-t-il, les choses sont bien faites car, même s'il ne posait pas directement les yeux sur elle, le miroir de la chambre était... des plus pratiques.
Tout en continuant de regarder dans le miroir, Erwan réfléchissait. Il était d'ores et déjà exclus de partir dans ce château inconnu, pour récupérer des informations sur ce prétendant potentiel. Hugues était peut-être un noble bâtard cruel opportuniste et manipulateur, mais il n'était pas stupide. Il avait surement trouvé un prétendant pour la dame, mais peut-être que la dame faisait fausse route sur le prétendant. Potentielle perte de temps, et le temps était une ressource qui faisait défaut en ce moment.
C'est en regardant dans ce miroir les reflets de la beauté nue d'une noble, qu'Erwan eut une idée presque de génie. La table sur laquelle reposait le miroir était assez fournie en outils de beauté, que ce soit maquillage, ciseaux, peignes, crèmes et autre. Il n'était pas le plus adroit dans l'art du maquillage, mais il aurait surement de quoi faire quelque chose pour se rendre moins visible. Il devait avouer qu'avec sa couleur de cheveux écarlate, il ne passait pas inaperçu. Les deux seules options étaient de rester dans ce château, ou allez dans un autre. Et comme allez dans l'autre serait surement une perte de temps, il allait devoir travailler un peu ses talents de maquillage.
Il se leva et se dirigea d'un pas plus leste et délié vers la table. Non pas pour avoir une meilleure vue sur le miroir, mais pour examiner ce qu'il y avait sur ladite table. Il passa en revue certaines petites choses car, sans être un expert, quand on a passé des années dans une troupe ambulante, le tri de ce qui convient ou pas pour le déguisement est primordial. Erwan eut également un petit sourire espiègle en jetant un coup d’œil vers Mathilde, et pendant que la noble terminait de s'habiller, il prit dans sa main l'un de ses peignes qu'il fit disparaître dans les manches de son vêtement. Juste après son demi-larcin il se tourna vers la noble, car il était sûr qu'elle avait finie de s'habiller, et retourna vers sa place.
"- Je vois que vous avez une très belle collection d'outils de beauté, dame Mathilde. Même si, de mon avis, ces accessoires n'améliorent pas la presque perfection que mes yeux voient en ce moment. Pendant que vous vous habilliez, j'ai pensé. Et je pense que je vais faire ce que j'ai dit que je ferais, c'est à dire rester." Dit Erwan en s'asseyant au sol, dos contre l'un des pieds du lit. "- Je suis persuadé qu'Hugues vous a trouvé un parti, mais peut-être que celui auquel vous pensez n'est pas celui qu'il vous prépare. Manipulateur et mauvais comme il est, peut-être vous envoie-t-il vers une fausse piste et que si j'y vais, cela serait une perte de temps. En revanche, j'ai pensé à des explications quant au fait que vous ayez... disons un nouveau domestique personnel, qui devra rester au château pour être toujours présent si vous le désirez. Une noble dame telle que vous connait surement mille danses de notre bonne terre, mais je suis sûr que j'arriverais à vous en apprendre de nouvelles. Votre curiosité vis à vis des pays lointains pourrait également vous amener à avoir un professeur en lettre et parler de notre voisin l'Empire." Il changera alors de langage pour parler en Reikspiel avec un accent bretonnien à couper au couteau. "- Bonsoir, noble dame." Puis il reprendra sa langue maternelle.
"- Arf... toujours cette impression d'écorcher des mots... Mais peut-être que votre envie de trouver un époux convenable, ainsi que les récents événements, vous auront forcés à vous enquérir d'un professeur de chant, ou d'instrument à corde ? Que dîtes-vous de prendre l'une de ces excuses comme raison à la présence d'un nouveau domestique ?"
Voici les propositions qu'Erwan fera à la noble dame, mais il en est une qu'il n'aura pas dit. Son petit côté espiègle l'aura poussé à n'en souffler mot, préférant que la dame se rende compte du manque de l'un de ses peignes. Et si d'aventure elle venait à tourner le dos au ménestrel pour se préparer devant le miroir, le beau fripon sortira le peigne emprunté pour se refaire les cheveux.
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 18 avr. 2021, 23:58, modifié 1 fois.
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Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.
Erwan de la rivière, Voie du conteur
Profil: For 8 | End 9 | Hab 9 | Cha 10 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 8 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_erwan_de_la_riviere
Jet d'observation de Mathilde : 18 échec, petit voyeur
Jet de vol d'Erwan : 19 échec
Inconsciente de la petite ruse du goupil Erwan, Mathilde s'habilla. Elle avait la peau pâle de la noblesse qui ne trimait pas toute la sainte journée aux champs. Un teint de lait, une peau douce, ses cheveux brun foncé en cascade sur ses épaules fines d'oiseau en cage.
En effet pendant que la pleine lune s'offrait à lui au travers du verre réfléchissant, il pouvait déceler les maquillages et les accessoires utilisées pour sublimer le visage de la noble.
Il y avait tout ce dont pouvait rêver les bourgeoises impériales, fards, pinceaux, onguents dans des pots d'argiles fermés...
Tandis qu'Erwan lui parlait, Mathilde termina de revêtir sa robe de nuit et vint s'assoir sur le lit. -Une idée osée, digne d'un musicien pour sûr. Elle ria. Cependant si cela vous permettra de vous déplacer dans le château, il faudra auparavant attendre, et surtout vous présenter à l'entrée de la forteresse. Les Hommes de Ronçard sont chargés de noter qui entre et qui sort du château. Mon nouveau maître à danser ne peut donc pas être apparu spontanément.
L'imitation du guttural dialecte impérial fit sourire la jeune femme qui poursuivit. -Comment devrais-je nommer cet étranger ? Ulrich ? Helmut ? Hans peut-être ? Dans tous les cas. Sa main se posa dans la chevelure encore emmêlée Cependant il faudra remédier à cette couleur un peu trop voyante.
Erwan réalisa alors qu'elle s'était glissée derrière lui. Son autre main vient remonter le long de sa nuque jusqu'à caresser la courte barbe qui picotait ses joues et sa mâchoire. -Peut être aussi que notre impérial apprécie les moustaches arrogantes du Reikland non ? Il faudra teindre tout ça...
Sa bouche aux lèvres pulpeuses s'approcha de son oreille. -Et aussi, notre impérial est bien chapardeur, si il veut que sa jeune élève se rapproche de lui, rien ne sert de lui subtiliser un peigne.
Elle lui déposa une petite tape sur la tête en riant à gorge déployée avant de se détacher de lui pour aller s'allonger sur son matelas bourré de plumes d'oie.
-Ne me faites pas regretter de vous aider mon oiseau de feu. Sinon la geôlière devra sévir. Un rictus se dessina sur son visage angélique.
Erwan n'avait même pas entendu la noble se déplaçait jusqu'à lui avant qu'il ne sente sa main sur son corps. Avec un effort mental dont il était assez fier, son sang-froid l'empêcha d'exprimer sa surprise de manière plus physique, mais l'effort fut colossal. Après une semaine passée dans les cachots d'un régent tel qu'Hugues, réussir un tel exploit démontrait un sang-froid dont il se félicita intérieurement. Erwan souri et ricana même quand Mathilde semblait l'observait sous de nombreuses coutures, suggérant de nombreuses idées qui allaient plus dans son sens que dans le sien. Il espérait juste ne pas avoir trop offensé la bonne dame en rejetant d'emblée les réflexions qu'elle s'était faite. La petite tape qu'elle venait de lui collait sur la tête le lui aurait fait penser, si elle n'avait dit mot juste derrière. Erwan redescendit alors légèrement de son céleste paradis pour revenir sur le plancher des vaches.
Il était sorti des cellules, et il s'était montré téméraire. Jusque-là il avait été supporté par la noble malgré son désir de vouloir rester pour l'aider et pour ne pas abandonner ses amis. Apparemment, tout ce qui venait de se passer avait déplu à la noble, mais elle faisait bon gré mal gré et essayait de s'habituer aux éléments qui se profilait. Et visiblement, elle n'aimait pas les "emprunts longue durée sans garanti de retour", comme il le disait lui-même. Il était perdu dans ces réflexions alors qu'il regardait la fenêtre. Et quelle misérable petite fenêtre, même lui ne pourrait pas passer au travers de celle-là. Il regardait par la petite fente qui servait de fenêtre à la chambre, l'air penseur. Mathilde pouvait voir que, une fois les traits enfantins et le masque du saltimbanque tombé, Erwan était en plus d'un bel homme, un homme qui était capable de penser, de réfléchir et de comprendre certaines choses. Avec son allure svelte, sa jeune barbe, sa couleur flamboyante de cheveux, son corps luisant de savon et les raies de lumière lunaire proche de lui, Erwan avait tout l'air d'être l'amant de la dame.
"- J'ai été un peu téméraire, hein mon vieil ami ? Désolé de ne pas t'avoir apporté d'offrande pendant ces quelques jours, mais assurément tu peux comprendre. Je ferais de mon mieux pour t'en apporter quand je le pourrai, et je rattraperai mon retard, je le jure, en infligeant une gêne sans nom à cet avorton de régent qui se pense mieux que les autres. Si tu pouvais m'accorder un soupçon de ta chance divine, Ô Ranald, je te garantis que tu ne le regretteras pas." Avait prié intérieurement Erwan. Il avait regardé l'extérieur, les doigts croisés en signe de prière à Ranald sans vraiment chercher à le cacher, et n'avait pas fait attention si Mathilde l'avait vu ou pas. Peu lui importait actuellement, car il était sur d'une chose : Elle avait demandé son aide, et au vu de son métier, elle se doutait très certainement vers qui sa foi se dirigeait.
Ce n'est qu'après quelques minutes de recueillement étrangement solennel qu'Erwan dirigea son regard vers le lit sans regarder la dame. Et il parla d'une voix posée, calme et sereine.
"- Dame Mathilde, je suis navré des problèmes que je vous cause. C'est une bien piètre façon de vous montrer ma gratitude, j'en conviens. Et je ferais tout ce que je peux pour vous aider au mieux dans votre entreprise vis à vis de votre oncle. Je vous prie également d'excuser mon attitude envers votre peigne, il faut croire que dans les geôles, les barreaux ne sont pas les seules choses à rouiller, et je vous garantis que rien de ce qui vous appartient ne disparaîtra à cause de moi." Erwan avait prononcé ces phrases comme un serment envers la noble, car malgré son métier et malgré son dieu, cette noble dame lui avait sauvé la vie, aussi il pouvait ranger ses talents de voleur et de menteur pour elle.
Il reprit la parole, mais cette fois-ci son ton s'était fait plus enfantin, et même... craintif.
"- Et, évidemment... Au vu de mes nombreux talents... La noble dame ici séant... Pourra transformer cet homme peu reluisant... En quelque chose qui assurément..." Il avala sa salive, car il avait peur. "- Lui conviendra entièrement. Quitte à dissimuler le soleil, faire pousser une forêt et... tout ce qui conviendra à Dame Mathilde, le jeune homme ici présent le deviendra." Il avait légèrement forcé sur le 'jeune homme', car désormais il n'allait plus être Erwan de la rivière dans ce château. Il allait enfiler l'identité et le corps de quelqu'un d'autre. Quelqu'un que Mathilde aura tout le loisir de créer de toute pièce car au moins, et cela Erwan en était persuadé, cela égaierait la journée de la noble.
Et sur ces mots, il souhaita de doux rêves à la noble avant d'aller se reposer sur le canapé qui allait lui servir de lit pour ce soir, et peut-être plus longtemps. Il fera même l'effort de tourner le canapé de telle sorte à être dos au lit de la noble, voulant que cette dernière ne pense pas qu'Erwan puisse lui faire du mal de quelque façon que ce soit, car tel était son désir. Ne pas faire de mal à quelqu'un qu'il apprécie.
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Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.
Erwan de la rivière, Voie du conteur
Profil: For 8 | End 9 | Hab 9 | Cha 10 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 8 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_erwan_de_la_riviere
Mannslieb était en croissant, un croissant de lune terne vu au travers d'une fenêtre étroite. Un bref aperçu de l'extérieur comme il en avait si peu vu ces derniers jours.
Mathilde, elle, soupira avant de conclure pour la soirée :
-Une véritable métamorphose. Comme ces artistes des places. Cela ne devrait pas trop vous changer. Elle étouffa un bâillement. Sur ce, bonne nuit Erwan. Demain sera un autre jour.
Et pour la première fois depuis un long moment, le musicien pu dormir ailleurs que sur le sol froid et souillé par la vermine. Une nuit de repos bien méritée.
Dès potron-minet néanmoins, Erwan fut réveillé par la Noble. Une odeur agréable de lait chaud montait depuis un guéridon.
-Bien dormi Klaus ? La jeune femme rigola avant de tourner sur elle même. Je suis prête à apprendre la valse d'Altdorf, le flamenco d'Estalie ou les tarentelles de Luccini ! Mais avant ça, il va falloir remédier à quelques désordres capillaires. Sustentez-vous et je vous attends près des cosmétiques.
Une fois prêt à être pouponné, le ménestrel fut recouvert par une cape de coiffure et prit place sur la chaise. Commença alors l'astucieuse tromperie. D'abord elle commença par appliquer une pâte brunâtre qui sentait la noix sur les cheveux, les sourcils et la barbe du jeune homme. Tout en appliquant le pinceau elle expliqua : -Klaus a une carnation trop clair pour un brun sombre, le blond est facile à obtenir, il suffit d'un pot de chambre et de quelques épices mais cela le rendrait trop similaire à un certain barde de Bastogne. Alors qu'un châtain simple et banal, c'est parfait.
Pendant que la teinture agissait, elle comparait différents tissus aux couleurs chatoyantes. Les lois somptuaires ne s'appliquent pas aux étrangers, j'espère que vous avez toujours souhaité porter des couleurs vives.
Puis ce fut la coupe. Ciseaux, rasoir droit, peigne, tout l'attirail pour métamorphoser une tignasse désormais noisette en une coupe très différente. D'abord, elle fit de la broussaille qui occupait ses joues et son menton un bouc fin et des bacchantes filées comme les Reiklanders pompeux frisottaient dès qu'ils se donnaient des airs pensifs. Puis ses cheveux tombèrent, fauchés par l'implacable cisaille. D'une crinière épaisse elle fit une coupe au menton, plus dégagée. Ce qu'arboraient les bourgeois de l'Empire lorsqu'ils avaient encore des cheveux sur le caillou.
Après plusieurs heures son travail était achevé. Et Klaus était né. -Plus qu'à apparaître au grand jour, maître à danser.
Les lumières virevoltaient dans le vent au rythme de la danse. Une danse à plusieurs, autour d'un feu de camp, les rires et les notes s'élevant par-dessus les arbres. Il était là, présent dans cette ronde légères et riantes, avec des gens qu'il aimait et qui l'aimaient en retour. Le feu de camp flamboyait en leur centre et amener les ombres dans la danse. Quand ils commencèrent à fatiguer, ils prirent chacun place autour du feu de camp, mais jamais la musique ne s'arrêtait, pas quand il tenait son luth dans ses mains. Désormais, c'était une musique de fond pour accompagner l'humeur joyeuse et tranquille de l'endroit où ils se trouvaient. Mais... Désormais il est seul à entendre sa musique. Le feu de camp n'a plus que quelques braises, qui éclairent juste assez les places qui sont désormais prises par les pierres tombales. Il est désormais seul autour d'un feu mourant, à n'écouter que le silence des ombres.
Quand d'un coup, quelque chose lui claqua le dos. Une, deux, trois, quatre... Quatre personnes vinrent se rassembler autour de son feu mourant. La première, une dame noble mais qui ne manquait pas de répondant était venue s'assoire avec élégance proche de lui. Le deuxième, un grand gaillard aux muscles noueux était en train de prendre soin d'une forme noire à son côté pendant que le troisième, un plus mince et au beau visage était en train de préparer le repas. Le dernier, quant à lui, était en train de raconter quelque histoire de bataille ou autres récits épiques. Le feu de camp commençait à rougeoyer de nouveau, pendant qui le sourire revenait sur son visage.
"- Bien dormi Klaus ?"
Les yeux du ménestrel s'ouvrirent en grand sur l'instant et se mirent à aller et venir de façon frénétique dans tous les sens. Son corps s'était contracté, tous ses muscles prêts à n'importe quel exercice. Il cherchait frénétiquement du regard quelque chose à quoi se fixer : Un plafond, une cheminée, un canapé, une noble, une fenêtre, une table... Son regard se fixa sur la noble pendant plusieurs instants. Petit à petit, ses souvenirs lui revinrent, et il sortit du domaine des rêves dans lequel son esprit avait élu domicile. Il passa sa main sur son visage et constata qu'il avait dû verser une larme ou deux durant son sommeil.
"- Bonjour Dame Mathilde... Klaus a eu une nuit tourmentée, veuillez lui pardonner sa mine matinale..." Dit-il en s'essayant sur le canapé pour s'étirer lentement les muscles et articulations alors que la noble tourner sur elle-même. Il ne put s'empêcher de sourire et de glousser devant le plan que la noble avait élaboré pendant qu'elle dormait et qu'elle avait surement peaufiné en se réveillant. "- Un maitre à danser... Ainsi, la noble Dame du Gite souhaite apprendre les rudiments des danses du monde. J'ose espérer que ce n'est pas là un vil moyen pour elle d'apprendre les secrets de mon métier ? Et j'ose aussi espérer que ce choix, mûrement réfléchi j'en suis sûr, n'est pas une tentative détournée pour pouvoir coller à vous le plus souvent possible ?" Dit-il sur le ton de la plaisanterie, même s'il était clair qu'en plus de l'amuser, la dernière idée ne lui déplaisait pas.
Il commença ensuite son déjeuner, qu'il avala lentement en essayant de calmer son esprit suite aux rêves dans lesquels il avait plongé la veille. Et, juste après qu'il eut finis sa dernière bouchée, sa plus terrible épreuve commença. Certes ce n'était pas le même genre d'épreuve que les cachots d'Hugues, mais Erwan défiait n'importe quel homme de lui dire qu'il existait quelque chose de plus dangereux qu'une femme à qui on a donné la liberté de maquiller quelqu'un selon son bon vouloir. Rien, absolument rien au monde, n'était pire que de devenir la poupée d'une femme. Mais il devait le devenir, car il l'avait promis. Et il ne sera jamais dit qu'Erwan de la rivière n'est pas un homme de promesse !
Il assimilé tout ce que Mathilde lui disait au sujet de Klaus, en comblant les quelques trous ou incohérences de son discours, après tout, les nobles ne vivent pas dans le même monde que les paysans ou les gens libres. Le choix des vêtements, ça, il savait qu'il pouvait faire confiance aux femmes. Certainement par magie, les femmes avaient toutes un don caché pour ce qui était des vêtements. La malédiction dans cette magie retombée généralement sur les maris, qui devaient soit les supporter lors des achats, soit en sortir le prix convenu. Quand ce n'était pas les deux pour le prix d'une. Mais Erwan encaissa tout. Jusqu'à ce qu'il aperçût les ciseaux.
Il implorait du regard Mathilde, mais cette dernière ne lui laissa aucune échappatoire. Elle coupa ses cheveux, qui tombèrent sur le sol tel des rayons de soleils crépusculaires. Erwan en avait légèrement les yeux mouillés, il adorait ses cheveux et en plus de sa fierté, il était ainsi facilement reconnaissable. Si seulement ce dernier point n'était pas si important... Puis Mathilde entrepris de terminer sa "création" et il se regarda dans le miroir. Il prit une tête surprise et se regarda sous tous les angles et finit par sourire.
"- Salutations Klaus. Je sens qu'on va bien s'entendre toi et moi." Erwan se reprit et se râcla la gorge pour reprendre en Reikspiel. "- Oui, je pense aussi." Il reprit sa langue maternelle en toussant légèrement. "- Toujours à s'arracher la gorge cette langue..." Il se leva et prit une posture avantageuse devant la noble dame avant de s'incliner bien bas jusqu'à faire une génuflexion devant elle et parla en Bretonnien, mais avec un fort accent Impérial. "- Où votre maitre à danser doit-il apparaitre, noble Dame du Gite ?"
Modifié en dernier par [MJ] Le Roi maudit le 19 avr. 2021, 00:00, modifié 1 fois.
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Jusqu'à preuve du contraire, je suis immortel. Quand on me prouvera le contraire, ce ne sera plus mon problème.
Erwan de la rivière, Voie du conteur
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