Alors que Finngard monta sur le pont, il put apercevoir la fameuse ville portuaire de Marienbourg dont on lui avait parlé. La fraiche brise maritime ainsi que les sons provenant des docs témoignaient du contraste qu'il pouvait exister entre les côtes impériales et celles de la Norsca. Oui, au lieu de voir de fins linceuls de glaces, saupoudrés de neige, décorer les flots comme un miroir réflétant les rayons du soleil, on y voyait un grand port bien aménagé avec multitudes de bâtiments humains et d'humains (justement) en train de travailler sur les docks. L'aube avait laissé place à un soleil se levant timidement mais qui atteindra son zénith dans déjà deux heures. Le petit matin s'achevait donc. Les dockers terminaient le plus vite possible leurs tâches afin de s'occuper d'autre chose ou d'aller se reposer un peu (et avec éventuellement quelques grammes d'alcools dans le sang avant midi). Mais pour toute personne ayant été témoin des ravages et des profanations dont les suppôts des puissances de la ruine peuvent faire preuve, voir un tel paysage civilisé et même épargné par ces horreurs aurait put être perçu comme rassurant. Hélas, c'est bien au milieu de l'insouciance que les graines de la corruption pouvaient aisément germer. Mais si ce n'était pas le cas, les répurgateurs se seraient certainement reconvertis en charpentiers d'églises de Sigmar. C'est surtout de l'inquiétude voire de l'angoisse qui peut être provoquées chez des personnes ayant été témoins des séides des maraudeurs du chaos.
Mais pour notre fier norse, cet instant était en quelque sorte la promesse d'une nouvelle vie meilleure et riches en expériences. En d'autres termes : "ça sentait l'aventure". Derrière lui, à l'horizon se dressait son ancienne vie avec les souvenirs heureux et douloureux (mais surtout douloureux et traumatisant). Son passé était derrière son dos, comme si le vent frais soufflant dans sa nuque en faisait parti.
Mais tout bon lecteur avisé et renseigné n’oubliera pas que bien souvent, il vaut mieux éviter l'aventure, surtout dans le Vieux-Monde où pratiquement n'importe quel habitant mal avisé, bestiole dangereuse ou lieu sinistre fera tout en son pouvoir pour ruiner votre journée, voire vous tuer.
Finngard put enfin poser pieds à terre. Ces journées en mer auraient été épuisantes pour n'importe quel humain normalement constitué. Toutefois, notre guerrier norse était bien bâti et avait même envie de se dégourdir les jambes. Peut-être que se mettre en quête d'un travail et demander le chemin vers l’habituel panneau des primes, vers lequel les aventuriers et mercenaires ont pour habitude de se ruer dessus, serait déjà une bonne initiative ?



