[Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

La province du Nordland est peu peuplée et ses régiments passent l'essentiel de leur temps à patrouiller le long des côtes pour les protéger des pillards du nord. Le Comte Electeur Theodric Gausser siège à Salzenmund.

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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Morwen Nidariel » 17 nov. 2018, 10:30

Son interlocuteur était étonnamment raisonnable. Un peu à la manière d'un certain sénéchal du Nordland il tenait à Morwen un discours de conciliation qui la prenait à rebrousse-poil. Il lui rappelait presque certains des anciens qu'elle avait pu rencontrer dans sa forêt natale, une sorte d'image grossièrement déformée des sages forestiers d'Athel Loren lorsqu'ils avaient mollement essayé de tempérer ses ardeurs. Elle haïssait les compromis et la tempérance. Elle haïssait la modération, les non-dits, et toutes ces horribles choses qui poussaient les individus à taire sinon contredire leur nature profonde. Et en plus de cela, elle détestait sincèrement tous ces discours qui incitaient à l'inaction ou à l'attentisme, parce que le spectre de la guerre la hantait et qu'elle savait combien la mort aimait à se tapir derrière la prudence de l'expectative. Oui, attendre, refuser le conflit, résonnait dans son esprit comme un glas de défaite.

C'est pourquoi la grimace qui lui tordit les traits du visage à la demande (ou l'avertissement) du trappeur n'augurait pas grand-chose de bon. Il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que Morwen rechignerait à garder la langue dans sa poche, et elle se retenait pour l'heure de signaler à Boerich que c'était lui qui l'avait encouragée à exprimer le fond de sa pensée. Et si elle le faisait, c'était bien parce que malgré elle l'elfe concevait un soupçon de sympathie pour le chasseur, ou quelque chose qui s'en approchait.
Néanmoins, tout était relatif avec l'Asrai. Ses sentiments étaient volages et pouvaient changer aussi vite que le ciel des bords de mer.

« Nous semblons tous œuvrer à la même chose...? » Elle haussa les épaules, lentement gagnée par une nostalgie terrible qui s'accompagnait d'un vague mal à l'âme.

La guerrière se tourna vers les lumières qui s'étaient entre temps allumées en périphérie du village : des torches dispensant de vacillantes auras jaunâtres contre les ténèbres approchantes de la nuit. Il y avait si longtemps pour eux, guère tant pour elle, l'Empire n'existait qu'à peine. Il en était à ses balbutiements lorsqu'elle-même était venue au monde, en une saison où la colère d'Athel Loren et d'Ariel n'avait pas de fin. Etait-ce pour cette raison qu'aujourd'hui elle se sentait si différente des autres sylvains ? Avait-elle été à ce point imprégnée par la fureur qui avait enveloppé la forêt à cette époque, qu'elle la ressentirait dans son cœur tout au long de son existence ?
Elle regrettait ces temps révolus que les Asrai avaient simplement désignés sous le nom de Saison de la Vengeance, comme s'ils avaient voulu par la suite s'en justifier, mais pour Morwen le sang qu'ils avaient versé et les exactions qui avaient été commises n'étaient jamais que le cours normal des choses. Des elfes pleins de rage jaillissant des bois et menant de féroces expéditions contre leurs voisins, qui qu'ils soient : des orques, des hommes-bêtes, ou bien des humains ou des nains, ça n'avait alors eu aucune espèce d'importance. Alors qu'aujourd'hui les anciens étaient convaincus que les hommes pouvaient être des alliés lorsque les conditions étaient réunies, et l'on ne cherchait plus à provoquer qui que ce soit. On vivait dans l'ombre et cela satisfaisait tout un chacun. Mais elle... elle aurait voulu, comme naguère, en des siècles trop courts, que les habitants des contreforts des Montagnes Grises craignent les siens !

Elle redoutait qu'une telle chose n'arrive plus jamais. Cette certitude ne faisait même que lui donnait l'étrange sensation que la gloire des Asrai lui échappait personnellement, lui glissait entre les doigts. Si elle avait bien appris une chose de toutes ses épreuves, c'est qu'on ne pouvait pas lutter contre le temps.
Le savoir n'en rendait pas la situation moins pénible. Il n'y avait rien de pire pour une guerrière que de ne pas pouvoir faire face à ce qui la rongeait.

Ils marchèrent alors en silence sur le reste du chemin qui les séparait encore de Beeckerhoven, jusqu'à arriver à proximité de la rivière qui s'écoulait en travers du village.

« Votre... jeune ami est sûrement rentré et vous devriez en faire autant, Wiehler. Il ne va pas tarder à faire très sombre par ici. » Elle n'avait pas oublié que les humains n'y voyaient pas grand-chose dans le noir, et ça lui fournissait une bonne excuse pour se montrer désagréable. Une petite vengeance pour les regrets qui l'avaient envahie, et qu'il n'en soit pas responsable n'entrait pas en ligne de compte ici.

Elle s'assit comme plus tôt sur l'appontage après avoir délacé ses sandales, aimant la sensation d'avoir les jambes qui se balançaient dans le vide. À y bien réfléchir le trappeur avait eu une idée appréciable en s'installant ainsi en bordure de la communauté, elle devait bien lui reconnaître ça ; l'elfe tournait d'ailleurs résolument le dos, comme pour bien faire comprendre à quiconque qu'elle ne recherchait pas la conversation, et tira de ses rares affaires ce qui aurait pu faire office de pèlerine pour les autres races. C'était une espèce de pelisse tressée, d'un doux jaune automnal, assez soyeuse pour être agréable au toucher et assez épaisse pour protéger efficacement des éléments : la faim la tenaillait mais elle était bien trop fière pour le dire, et en ce qui concernait le reste, elle avait ce qu'il fallait afin de passer la soirée et la nuit à la belle étoile.
Bien sûr, il fallait que les villageois sachent qu'une elfe était arrivée dans leur bourgade, mais elle se doutait qu'ils seraient mis au courant avant le lendemain. Les humains avaient une forte propension au commérage.

Un observateur extérieur aurait pu trouver une forme d'innocence chez cette Asrai assise en bord de pilotis, ses pieds nus battant machinalement dans l'air au-dessus du cours d'eau et emmitouflée dans une large cape aux couleurs de feuille morte. C'aurait été ignorer la lance acérée posée à portée de sa main et les nombreux tatouages de bataille profondément encrés dans sa chair.
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Message par [MJ] Ombre de la Mort » 25 nov. 2018, 10:22

Karl acquiesça de la tête au vu de l'ardeur du Tiléen à vouloir quitter sa geôle. Il put voir l'envie dans les yeux de ses compagnons de cellule lorsque la clé de la porte approcha de la serrure. Toute velléité fut anéantie d'en sortir de force lorsque Karl mit en évidence sa lame de fonction, au tranchant affûté et à la longueur respectable pour un bras pourtant jeune. Ainsi, seul Piero put sortir de la geôle et les autres quidams se résignèrent à retourner à leurs ressassements intérieurs. Il tendit à Piero ses effets personnels.
ImageKarl Lulz: Suivez-moi, Herr da Trantio.

Avant de quitter les lieux, Karl appela un énième garde qui se trouvait jusqu'à présent dans une pièce adjacente et lui confia la surveillance des détenus. Ceci fait, Piero et lui sortirent du bâtiment de garde et furent immédiatement saisis par le froid de l'air, le vent croissant du soir fouettant leur visage et leur rappelant qu'en ce mois de Brauzeit, l'automne touchait à sa fin et que l'hiver approchait à grands pas.
Karl chercha du regard Boerich. Il tomba sur l'Elfe, assise au niveau des pilotis de la rivière, et son cœur se serra. Si elle était toujours là, c'est qu'elle et le trappeur avaient trouvés un terrain d'entente. Ce qui signifiait qu'ils allaient devoir travailler main dans la main... Cette perspective n'enchantait en rien le jeune garde suite à l'altercation survenue un peu plus tôt. Il soupira, inspira un grand coup et intima au Tiléen de le suivre.
Boerich les vit arriver, lui qui sortît de sa bâtisse affublé d'une fourrure, sûrement issue d'une de ses précédentes chasses. Il retourna à l'intérieur avant d'en ressortir avec une petite bouteille et quelques contenants en bois taillé, posant le tout sur une petite table à proximité de la porte d'entrée de son lieu de vie. Il fit signe à Karl et au nouveau venu de les rejoindre, avant de jeter un œil à Morwen qui tournait le dos à tout le monde. Il salua Piero lorsque lui et Karl furent à proximité.
ImageBoerich Wiehler: Bienvenue, Herr. Qui nous amènes-tu, Karl ?
ImageKarl Lulz: Herr da Trantio, qui nous vient du sud de l'Empire apparemment. Quelqu'un qui doit se racheter et qui a gracieusement accepté de mettre sa personne et sa lame au service de notre communauté. Ce qui, je pense, ne sera pas de trop au vu de vos projets concernant les Hommes-Bêtes de la région...

A-t-elle accepté ?

Il ne jeta aucun regard à Morwen en disant cela.
ImageBoerich Wiehler: Je pense que nous pouvons dire ça, oui. Un verre pour porter chance à notre entreprise future ? Liqueur de baies sauvages, faite maison.
ImageKarl Lulz: Avec plaisir. Si Herr da Trantio promet de ne pas recommencer une esclandre comme celle de la taverne, il pourra constater qu'au nord aussi, nous sommes capables de faire de bons alcools, même s'il vaut reconnaître que vos vins sont réputés jusque dans nos contrées...

Boerich se tourna vers Morwen.
ImageBoerich Wiehler: Vous joindrez-vous à nous ... Je me rends compte que vous ne nous avez pas encore dit comment vous vous prénommez, Asrai.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Morwen Nidariel » 28 nov. 2018, 07:06

Morwen jeta un regard en arrière, aussi déplaisant qu'à l'accoutumée. Elle s'apprêta à énoncer son refus d'un ton sec lorsque l'image d'Athras s'imposa à son esprit : l'elfe la réprima aussitôt, maudissant la solitude qui devait tant peser sur ses épaules pour que toujours ses pensées vagabondes la ramènent au guérisseur. Mais elle savait qu'il n'aurait pas voulu qu'elle fasse montre d'autant d'acrimonie. Il l'aurait piégée avec des questions enfantines, des questions qui lui auraient donné envie, à elle, de lui retourner une gifle ; les humains sont-ils vraiment si détestables ? Savent-ils ce qu'ils font de mal, ou on fait ? Ne serais-tu pas en train de les accuser de maux auxquels ils sont étrangers ?
Tout ça pour l'amener à quoi ? Elle s'en doutait bien. Lui reprocher qu'elle était injuste, sûrement - ou quelque chose dans ce goût-là.

Refermant la bouche l'Asrai se leva d'un mouvement plein de souplesse et fit l'effort inhumain de laisser son arme en place, ne conservant que l'étrange pelisse florale qui lui drapait les épaules. Abandonner sa lance lui donnait l'impression de perdre un bout de sa main.

« Je m'appelle Morwen » confia-t-elle de mauvaise grâce en s'installant à la tablée entre Boerich et un nouveau venu au teint hâle, le garde installé en face d'elle. « Du clan Nidariel. Mais ça ne vous dit rien. »

C'était une évidence : elle ne l'avait souligné que pour glisser dans sa remarque une sorte de condescendance rancunière, comme si les trois hommes étaient supposés connaître sa parentèle et qu'ils lui faisaient affront par leur ignorance. Comme pour mieux la mettre à part son accent elfique avait résonné dans chaque nom avec encore plus de force que dans ses autres mots.
Saluer l'estalien ne fit que lui effleurer l'esprit, et elle s'en garda bien. Au lieu de ça elle le dévisagea ostensiblement, ses yeux noirs faisant à l'occasion un court aller vers Karl comme si elle s'interrogeait sur les circonstances de leur rencontre : rien n'aurait pu la mettre sur la moindre piste, sinon les faits rapportés par le plus jeune au sujet d'une esclandre dans une taverne.

Morwen ne se creusa pas davantage la tête sur le sujet, et prit rapidement le gobelet que le trappeur venait de remplir à son intention. L'odeur de baies macérées fit frémir ses narines comme elle inspectait le breuvage avec autant de discrétion qu'il était possible (soit assez peu, finalement). Non pas qu'elle craignait une quelconque malice de la part de Boerich, mais plutôt qu'elle était loin d'être familière des alcools étrangers. Avec un dernier haussement d'épaules en guise d'acceptation elle finit par boire une grande gorgée, coupant court à toute tentative de trinquer.
Elle en toussota lorsque le liquide lui râpa la gorge, pour quelques secondes plus tard faire infuser une chaleur nouvelle et brutale dans son sang. La guerrière était attentive à cette sensation, car au fond d'elle il restait un peu de cette elfe trop curieuse que les anciens avaient si souvent mise en garde, avide de ressentir plutôt que d'apprendre. Cet alcool étranger, lourd et brûlant, lui fit rapidement de l'effet : elle se détendit légèrement, cessant de regarder les humains pour laisser son regard épouser la campagne environnante. C'était une assez belle vue avec le crépuscule qui rognait l'horizon de petites flammes, pleine de grands espaces ne demandant qu'à être parcourus.

« Ce n'est bien sûr pas aussi beau que les halls souterrains de mon peuple, avec nos arches d'argent et nos colonnades où se mêlent la pierre, le bois et le lierre ; et puis votre liqueur ne vaut pas notre vin. Mais... c'est déjà mieux que Salzenmund. » Le compliment était loin d'être fameux mais de la part d'une personne comme Morwen, c'était le début d'une discussion.

Qu'elle n'encouragea pourtant pas. Un long moment durant elle se mura dans un mutisme obstiné, faisant doucement tournoyer d'une main son verre dans un équilibre précaire, et confiant le soin aux humains d'échanger sans qu'elle n'intervienne ne serait-ce que par l'entremise d'un regard. Elle se fit oublier, toute à son petit plaisir de vider consciencieusement le gobelet à lampées plus petites que la première, savourant sans l'avouer l'agréable tiédeur qui l'enveloppait peu à peu. Non pas qu'elle se laissait aller à une quelconque torpeur alcoolisée, ou à la fatigue : ce n'était qu'une sorte de calme, enfin, qui la prenait sans qu'elle ne se sente obligée de souligner à son entourage combien elle aurait souhaité être ailleurs.

Et à ce moment où l'on aurait pu penser qu'elle ne dirait plus rien, Morwen rompit son silence. Elle le fit sur le ton que prenaient les conteurs lorsqu'ils amorçaient un début d'histoire, ces voix badines des gens qui aimaient que les autres croient à leurs fables autant qu'ils y croyaient eux-mêmes :

« Il y a bien longtemps, trop pour vraiment s'en rappeler - même pour les Asrai - le monde n'était qu'une vaste étendue de pierre et de mer. » C'était un revirement étrange, que de voir cette combattante revêche sinon hostile s'improviser soudain barde : mais pour s'en étonner il aurait fallu ignorer la nature versatile des elfes sylvains en général, et de celle-là en particulier. Elle mimait son propos en passant sa main à quelques cheveux de la table comme pour étaler le royaume imaginaire qu'elle décrivait. « En été le soleil chauffait la roche et elle devenait d'une chaleur insupportable, et même les nains la trouvaient étouffante. En hiver le vent du Nord soufflait, et la terre était dure et inhospitalière, et les humains mouraient de froid. Mais les elfes, eux qui depuis l'aube de tout étaient bénis par la magie et s'en servaient spontanément pour vivre dans des royaumes enchantés, eux ne souffraient d'aucun de ces maux et ils n'y songeaient qu'occasionnellement. Cela dura bien des années, trop pour vraiment s'en rappeler... »

L'ombre d'un sourire enjoliva ses lèvres peintes en sombre, en atténuant l'aspect tribal. Et une fois n'était pas coutume son expression n'était ni maligne, ni inquiétante.

« Mais les elfes n'étaient pas hermétiquement coupés du monde. Il arrivait même parfois qu'un étranger, souvent des hommes, franchisse les frontières de leurs territoires et la plupart du temps ils n'en revenaient pas car nous sommes un peuple farouche qui n'aime pas être dérangé, et les intrus périssaient avant d'avoir pu faire demi-tour. » C'était éminemment prétentieux de la part d'une Asrai en terre impériale, mais il régnait une telle aura d'interdit autour des forêts elfiques que bien peu de gens auraient contesté cette partie de l'histoire. « Cependant, il arriva en une occasion que deux enfants trouvèrent l'un des royaumes enchantés et ils furent épiés de loin par les sentinelles. C'était un petit garçon et une petite fille, qui s'émerveillèrent des bois immenses et magiques qu'ils trouvèrent, et qui comprirent combien les grands arbres pourraient abriter les hommes de la chaleur du soleil et de la morsure du vent ; ils voulurent rester, et ils le firent de longs mois. Mais ils n'étaient que des enfants et bientôt les leurs manquèrent à leur cœur. Toute la beauté des clairières ne pouvait les retenir éternellement, et ils marchèrent sur leurs pas pour retrouver le monde qu'ils avaient connus : curieux, les elfes arrangèrent les sentiers forestiers afin qu'ils les ramènent d'où les humains étaient venus. Et ils les suivirent même au-delà. »

Cette dernière phrase elle la jeta sur un ton mi-satisfait, mi-amusé, non sans scruter Karl pour une raison mystérieuse.

« Les enfants retournèrent à leur peuple, ils racontèrent leur voyage merveilleux : ils parlèrent des forêts accueillantes, des cimes épaisses qui adoucissaient les feux du soleil et de la fraîche brise qui en parcouraient les frondaisons. Ils parlèrent des troncs épais et des lisières touffues qui arrêtaient le vent du Nord, et demandèrent pourquoi la terre des hommes n'était que de terre nue. Les hommes ne surent quoi répondre. Et pendant ce temps, les elfes qui avaient suivi le petit garçon et la petite fille, étaient bien cachés et entendaient tout ce qui se disait. Ils n'avaient pas plus de réponse qu'eux à cette question, mais les Asrai n'ont jamais été tournés vers les grands débats. Au lieu de ça ils rentrèrent bien vite dans leur pays, ils y prirent les glands des plus grands chênes et les bourgeois des plus beaux hêtres. Ils prirent aussi les racines et les boutures, et un peu de tout ce qui poussait par chez eux, et revinrent auprès des hommes. Cette fois ils ne se cachèrent pas, mirent les graines en terre au su de tous. On leur demanda ce qu'ils faisaient et voici ce qu'ils dirent alors : ceci, est ce qui vous donnera de l'ombre et vous abritera de l'hiver afin que vous puissiez vous reposer, où vous cueillerez et chasserez afin que vous puissiez vous nourrir. Ce sont les forêts originelles du monde et elles croîtront jusqu'à recouvrir la terre entière, et tout ce qui vit pourra s'y tenir. »

Sa bouche se pinça avant qu'elle ne regarde dans la direction des bois voisins, puis Morwen fit un bref tour d'horizon. Il n'était pas bien difficile de deviner ce qu'elle avait en tête : l'elfe essayait de s'imaginer (ou de pousser son auditoire à en faire de même) à quoi pourrait bien ressembler le monde s'il n'était couvert que de sylves et de clairières.

« Mais... » Elle avait retrouvé sa voix habituelle, ayant abandonné l'emphase qui seyait à sa fable. « On dirait que les choses ne se sont pas passées comme prévues. Les hommes d'aujourd'hui préfèrent se cloîtrer derrière des murs en pierre, la plupart du temps. Sauf vous, apparemment. », et elle fit un geste du menton vers Boerich, « Votre maison est la plus à l'écart du village. Et vous » Et cette fois elle regarda vraiment pour la première fois l'inconnu au teint basané, l'expression de nouveau sarcastique : « À quoi ressemble là d'où vous venez ? »
Modifié en dernier par [MJ] Ombre de la Mort le 03 déc. 2018, 10:02, modifié 1 fois.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Piero Orson » 28 nov. 2018, 14:45

L'aventurier bon gré mal gré sortit de la cellule en savourant sa liberté retrouvée, ce jeune soudard lui tendit son pistolet, il en avait fait du chemin ce petit bijou à la crosse sertie d'ivoire. Des possessions d'un noble de Pavona à la ceinture d'un gamin mi truand mi gavroche, quinze années qu'il était son assurance vie, un prolongement de sa main gauche. Le Sabre qui portait ses initiales, un présent offert par une amante qui ne manquait pas de mordant. Tout en rattachant le fourreau à sa ceinture Piero songea à Los Cabos...Ses nuits chargées de passion et l'éclatant azur de l'océan.Ô nuits d'Estalie...
Et bien sûr avant de retrouver l'âpre temps de l'automne impériale il posa le chapeau à plumes bariolées, héritage d'un père qu'il ne connaissait que de nom, sur sa tête cuite par l'alcool et les coups.
Jamais il n'aurait cru autant aimer la morsure du froid sur son visage, une douce bise de liberté. Suivant le garde d'un pas décidé il n'accorda pas immédiatement un regard à la femme rousse qui regardait vers la rivière mais se concentra sur Boerich et Karl. Le trappeur lui rappela fugacement les almogavars des collines d'Estalie qui préféraient la vie sauvage à la civilisation. Il le salua avant de répondre :
-Piero Orsone Salvadore Manicha Enrico De Riviera Di Cruz da Trantio pour vous servir Herrrrr trappeur. Ié viens effacer ma dette à votre villagio.
Quand on mentionna les vins de ses contrées un sourire en coin apparu sous sa moustache et le torse empli de fierté il accepta de goûter aux spiritueux septentrionaux, mais oui...Les vins étaient bien fameux. Il se laissa choir à la table du trappeur avec les deux autres humains.
Et là elle tourna la tête, elle était sauvage, noble, le visage ceint d'une hostilité qui ne la rendait que plus belle. Une elfe ! Il aurait pu compter sur les doigts d'une main le nombre de fois qu'il avait vu un représentant de cette race ancienne. Et jamais d'aussi près. Morouène, elle parlait de la façon dont il avait toujours imaginé parler les elfes, comme des êtres infiniment plus anciens que les Hommes, sans l'affection des Nains. C'était une louve, ou bien un de ces fauves qui tournaient dans leurs cages dans les ménageries tiléennes, ces panthères arabéennes d'or et d'onyx, celles noires comme la nuit des jungles australes. Oui...Un fauve qui se retenait de déchirer la gorge du dompteur qui voulait amener de la civilisation. Sortez l'elfe des forêts, vous n'enlèverez pas les forêts de l'elfe.
L'alcool paraissait fade en goût quand en face de nous une tel créature était assise. Qu'est ce qui pouvait bien tarauder l'esprit de la guerrière aux cheveux de feu ? Peut être valait-il mieux l'ignorer, cela aurait pu gâcher sa superbe.
Puis elle se mit à parler de ses halls , de ses colonnades, il n'avait jamais entendu parler de tout cela, mais que savait-il du monde ? Les quelques colonies des Hommes condamnées à la chute et à la reconstruction au gré des guerres et des rois, vaguement les forteresses des Nains sous leurs montagnes. Les elfes n'étaient presque plus qu'une légende comme celles que lui racontait sa mère pour le faire rêver. Puis elle se retira dans ses contemplations, ô peintres de Tilée, vous auriez eu là une muse dont la beauté ne se fanerait pas comme celles des Duchesses, des reines ou des princesses marchandes. Une muse qui mêlait la nature morte et le beau sexe en un seul être.
Boerich et Karl étaient totalement sortis de son esprit. Il tenait le verre à moitié bu à mi hauteur. Pinçant son arête nasale pour se ressaisir il termina d'un trait l'alcool de baies. Il se sentait comme sortit d'un enchantement. Seulement c'était à ce moment là qu'elle commença son conte : Elle maitrisait tous les codes qu'il avait appris à force d'expérience, quand on distrayait les soldats du guet de Trantio pour passer en douce ou quand plus vieux il amusait les tavernes avec ses exploits plus ou moins authentiques. Faire passer la vérité pour la Légende et les mythes pour la vérité. Un talent dont il était fier. Mais elle...Il ne pouvait savoir si les mots qui s'échappaient de sa délicate bouche chantaient le vrai ou le faux. Ce qui lui importait, c'était qu'elle parle, elle semblait plus accessible, plus...Humaine. Jusqu'à adopter le sarcasme quand ses yeux presque aussi sombres que les siens s’arrêtèrent sur lui :
« À quoi ressemble là d'où vous venez ? »

Il se redressa sur son tabouret et se mit à parler à son tour, non pas avec une voix gaillarde comme celle qu'il prenait d'habitude pour afficher au monde sa fausse assurance mais avec une voix plus grave, puisant l'air dans son torse tatoué pour parler comme il se devait de ses terres d'origine :
-Ié viens d'une terra bien au Sùd d'ici. Ma mère était oune femme dé Trantio, Trantio la belle, sise dans les collines trantines, les contreforts des Apuccinis. Oune città dé marbre où les palais côtoient les places rafraichies par les fontaines. La Tilée entière est à l'image dé Trantio. Le temps y est dolce, la vita è bella. Alors les Hommes s'y battent, par amour, par orgueil ou par soif dé pouvoir ! Les Plaines sont le terrain dé ieux des Princes et de leurs armées. Ma...Mon padre loui vénait d'Estalie. L'Estalie...Si elle était oune donna ié l'épouserai, Estalie aux milles royaumes. Estalie où lé plous pétit des hombres peut devenir Roi. Ses champs d'or bordent les forêts embaumant la résine des Pinas. Et ces deux terres dont i'ai lé sang et l'âme...Prient Myrmidia la virgina, Mère des Hommes du Sud ! Elle pleure myrmidia dé voir ses enfants divisés entre royaumes et principautés, estaliens ou tiléens, riches et pauvres...Hommes de bien ou renégats. Ié viens du Sud Signora Morouène dou clan Nidariel. Ié viens d'un monde où les sentiments vous consument et où les ruines dou peuple des elfes inspirent des légions d'artistes. Tobaro la citta des Sirènes et ses Sept portes. Bilbali et son phare. Si les elfes ont emmené les forêts dans cé monde, ils y ont aussi aussi amené l'art, la grâce et la passion.
Par Myrmidia qu'est ce qu'il l'aimait son Midi. Il regarda les deux impériaux et l'elfina pour déceler leur réaction. Les Hommes-bêtes pouvaient bien se tenir avec de tels opposants.
Modifié en dernier par [MJ] Ombre de la Mort le 03 déc. 2018, 10:02, modifié 1 fois.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par [MJ] Ombre de la Mort » 17 déc. 2018, 08:28

Les deux impériaux écoutèrent les propos de l'elfe et du sudiste avec intérêt. À leurs yeux, l'un comme l'autre étaient aussi exotiques: l'elfe des sylves, narrant des propos d'un autre âge dont il était difficile de séparer le vrai du fabuleux, ou le Tiléen, dépeignant des contrées et lieux où une vie plus libre et rayonnante battait au rythme de passions ardentes. En regard de ces deux récits, la vie des locaux devait paraître bien morne et difficile, d'autant plus au regard des dernières années et des événements passés. La Tempête du Chaos était encore gravée dans tous les esprits de ceux qui avaient survécus et, de mémoire d'hommes, les temps heureux étaient désormais des souvenirs d'un passé inconnu.
« Mais on dirait que les choses ne se sont pas passées comme prévues. Les hommes d'aujourd'hui préfèrent se cloîtrer derrière des murs en pierre, la plupart du temps. Sauf vous, apparemment. Votre maison est la plus à l'écart du village.
ImageBoerich Wiehler: En effet. Disons simplement que je n'ai jamais été un grand adepte de la vie en communauté, mais qu'il a bien fallu, à un moment, trouver un juste compromis entre ce que je désire et ce qu'on attend de moi. Ma vie de trappeur est par définition solitaire, je passe la majorité de mon temps dans les contrées sauvages et les bois du Nordland pour survenir aux besoins de Beeckerhoven et du duché, dans une moindre mesure. Cela me permet de satisfaire cet équilibre personnel, à ma façon.

Le trappeur reproposa une tournée d'alcool à chacun des interlocuteurs présents. Karl, quant à lui, ne disait mot. Il écoutait, le regard vague, perdu dans des réflexions internes dont lui seul connaissait la teneur. Par moment, il jetait des regards neutres aux deux étrangers en buvant des gorgées d'alcool.
-Ié viens d'un monde où les sentiments vous consument et où les ruines dou peuple des elfes inspirent des légions d'artistes. Tobaro la citta des Sirènes et ses Sept portes. Bilbali et son phare. Si les elfes ont emmené les forêts dans cé monde, ils y ont aussi aussi amené l'art, la grâce et la passion.

ImageKarl Lulz: La vie a l'air d'être bien douce de là où vous venez. Bien loin des malheurs et des menaces que nous autres impériaux avons à endurer, ici, dans nos contrées. Je vous envierai presque si je ne savais pas déjà que ma vie ayant commencé ici, elle devra visiblement s'y terminer tôt ou tard...

Son visage s'était de nouveau refermé. Les souvenirs remontaient visiblement à nouveau dans son esprit...
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Morwen Nidariel » 23 déc. 2018, 02:55

Le rapport au temps était une chose bien étrange : Morwen était assez ouverte d’esprit pour comprendre combien ses vues sur la chose différaient de celles des hommes, et elle en comprenait les raisons. Elle ne les avait jamais vraiment plaints, n’avait jamais réellement éprouvé de pitié pour la misérable durée de vie que la nature leur avait donnée, car ils s’y étaient adaptés, et les mots du jeune garde : « elle devra visiblement s’y achever tôt ou tard » lui prouvaient combien eux-mêmes prenaient conscience de la fragilité de leur existence. Du moins les impériaux, soumis aux rigueurs d’un quotidien bien rude.
Bien sûr elle-même n’avait pas grandi dans un havre de paix. Athel Loren était un lieu que la plupart des êtres humains auraient jugé incroyablement dangereux, mais il était en accord avec la féroce façon de vivre des elfes sylvains et ceux-ci ne l’auraient changé pour rien au monde. Ses dangers leur correspondaient intimement : quant aux campagnes et forêts du Nordland, elles recelaient des périls dont Morwen doutait que leurs habitants les acceptent de bon gré, ou auraient déclaré qu’il s’agissait là de l’ordre naturel des choses. En un mot comme en cent, elle comprenait peu à peu qu’une forme d’injustice les affligeait. Que la situation n’était pas… naturelle, telle qu’elle aurait dû l’être.

« Les choses ne correspondent pas à la Trame » lâcha-t-elle soudain d’une voix peu amène, en fixant un Karl qui s’était muré dans le silence.

La déclaration était énigmatique pour qui n’était pas Asrai. Elle s’en rendait compte, et une fois n’était pas coutume elle se sentait d’humeur à donner des explications : qu’elle se dégelât ou que l’alcool faisait effet sur son habituelle défiance, la raison n’en était pas claire.

« Je ne vous aime pas. » Et l’elfe d’adresser un regard cynique vers Boerich, en mémoire de ses recommandations de garder sa langue dans sa poche. Un conseil avisé, quoiqu’elle s’en moquait éperdument. Le caractère correct d’un discours ne valait rien aux yeux d’un être qui n’écoutait que les murmures les plus sauvages de son cœur. « Mais le monde est tissé selon ce que nous appelons… la Trame. C’est selon elle que les choses doivent exister. Germer, naître, vivre et mourir. Vos concepts, et ceux des autres elfes, et des nains, de bien ou de mal… » Elle haussa les épaules avec un mépris énergique. « Ce sont des inepties, des vues de l’esprit. » La guerrière hésita sur le mot à choisir, et le prononça finalement avec un accent à couper au couteau : « Illusoires. Mais ces choses qui vous harcèlent, les créatures aux sabots fourchus… Elles doivent mourir. Vous n’avez pas à les endurer, ce n’est pas la Trame. »

Morwen était une personne démonstrative par nature. Sa hargne des hommes-bêtes transparaissait aisément comme elle parlait, dans les mimiques assassines qui passaient sur son visage sans même qu’elle s’en rende compte. La perspective des combats futurs l’échauffait rapidement, comme renifler le sang peut exciter les fauves.

« Alors pour cette raison je vous aiderai, sans retenue. Vous, Karl Lulz, vous, Boerich Wiehler, et vous Piero… Piero… » Elle fronça des sourcils, tentant visiblement de se remémorer le patronyme complet de l’estalo-tiléen sans forcément réaliser qu’il était démesurément long même pour les humains. Elle abandonna avec un claquement de langue dépité. « Et je vous aiderai à ma manière, même si ça ne vous convient pas. »

Une expression rusée, sinon malveillante passa alors sur ses traits tandis qu’elle observait le sudiste.

« D’ailleurs, vous… vous n’êtes pas un guerrier par métier, vous êtes un voyageur. » C’était déjà un bel effort de la part de la sylvaine, que d’avoir compris que les humains étaient guerriers par professionnalisation, là où les Asrai l’étaient simplement par nécessité et par nature. À la façon dont elle délaissa son siège d’un mouvement tout en grâce féline, rictus aux lèvres, il aurait fallu être particulièrement obtus pour ne pas deviner ce qui allait suivre : « Prenez votre arme, que je vous jauge. »

Ses intentions étaient assez troubles. Morwen voulait effectivement savoir à qui elle avait affaire, mais une arrière-pensée nourrissait sa démarche : elle voulait se jauger elle-même. À quel point elle avait été diminuée par ses blessures, et à quelle désespérante lenteur elle récupérait sa force.

L’homme afficha un air surpris en la regardant, qu’il effaça toutefois bien vite au profit d’un sourire désarmant. Nonobstant ses compagnons de tablée, l’aventurier se leva avec un mouvement de cape du plus bel effet qu’il parvint on ne savait comment à faire battre l’air malgré l’absence momentanée du moindre souffle de vent. Il ouvrit la bouche, la mine soudain enthousiaste, sûrement pour relever son gant avec le panache qu’on lui devinait, lorsqu’un éclat de voix retentit un peu plus loin.

« Les voilà, à fricoter avec des elfes et des étrangers ! »

Les têtes du quatuor pivotèrent dans la direction de l’accusation à peine voilée. C’était le vieux Rechtmeier, l’échalas à la silhouette tordue de tantôt, qui avait le premier averti Karl de l’approche de l’Asrai. Il s’était fait accompagner de deux autres villageois bourrus, ainsi que d’un prêtre en soutane à la mine aussi aimable et desséchée qu’une mine de sel.

« Et alors, il était pas en prison ç’ui-là ? C’est ça la justice de maint’nant ? » grognait l’individu, à une trentaine de mètres, d’une voix qu’on aurait pu soupçonner trop forte à dessin, comme s’il entendait que tout le village puisse être témoin. « C’est l’elfe qui vous a ensorcelés je vous le dis ! Tous des sorciers et des esprits ! »

Il tirait la manche de l’ecclésiastique avec une vigueur toute nerveuse, quêtant son approbation. Celui-ci conservait son visage aussi sévère et immobile qu’une falaise battue par la marée.

Une forme de tension se dégageait nettement du petit groupe, et l’on pouvait compter sur Morwen pour ne pas l’apaiser. Réagissant probablement à l’instinct, ayant déjà saisi sa lance dans l’optique de la passe d’armes proposée (sinon imposée) à peine plus tôt, elle s’était tournée vers les nouveaux arrivants et rien dans sa posture n’était fait pour calmer la situation. En fait, l’humain lambda qui l’aurait vue à cet instant n’aurait observé qu’une elfe d’apparence barbare, l’acier au clair, tournée sans équivoque vers ses congénères.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Piero Orson » 23 déc. 2018, 22:53

Aux paroles du garde, Piero replongea dans ses souvenirs, la douce vie dans les Royaumes du Sud...
Enfin si la guerre entre les Hommes était plus douce que la guerre contre les Puissances de la Ruine. Mourir pour l'Empire ou mourir pour un roi...à la fin on était mort c'est la conséquence inéluctable.
-Herrrrrr Garde, on né peut pas choisir là on nait, mais là où l'on meurt c'est bene plous faisable.
Il écouta ensuite l'elfe parler...Par Myrmidia elle avait une de ces franchises à faire passer un ogre pour un manipulateur. Pauvre Boerich, qu'est ce qu'il avait bien pu faire lui faire pour qu'elle l'ait autant dans le nez. Puis elle posa son regard de chasseresse sur lui...Tout le monde à son poste ! Il Capitano allait devoir braver l'ouragan Morouène en furie sous peu.

« D’ailleurs, vous… vous n’êtes pas un guerrier par métier, vous êtes un voyageur. »
-Alors à la base i'étais obiecteur dé conscience pouis i'ais dou improviser la souite et...
« Prenez votre arme, que je vous jauge. »
Alors elle était comme ça ! Elle arrivait toujours à le surprendre cette beauté venue des bois...Mais là c'était l'occasion de briller ! Toujours en mettre plein la vue au monde, tel était son crédo.
Étape Uno ! Le sourire. Comme disait Mamma, un sourire vaut plus que mille mots, c'est quand il a fréquenté les bordels pour lui même qu'il a compris cette phrase.
Etape Due ! Bondir sur le tabouret comme si le sol s'était changé en plomb en fusion...Il parait que ça pouvait arriver si on aller plus au Nord que le Nord lui même.
Étape Tre ! La Cape ! Combien de fois s'était-il entrainé sur le bord d'une rivière pour parfaire d'un geste discret l'envol de ce vieux bout de tissus teint au rocou ? Même lui ne s'en souvenait plus.
Étape Quattro ! Soulever le sabre en l'air, le rattraper au vol par le bord non tranchant de la lame et tendre la garde à la belle en sortant quelque chose comme "Ié croiserez le fer avec vous pour vous prouver ma valeur Signora !"
Sauf qu'après l'étape Tre, une voix le cassa dans sa performance...Qui avait osé ?!
« Les voilà, à fricoter avec des elfes et des étrangers ! »
L'elfe ne se fit pas attendre pour réagir au quart de tour et ni hommes ni dieux n'auraient intérêts à se dresser entre elle et les quatre nordlanders...Seulement fallait-il des intérêts pour agir ? No.
Signori, signori, signori... Disait Piero sur un ton calme bien que suffisamment haut pour que les sept personnes impliquées dans cette altercation l'entendent tout en s'avançant devant l'elfe.
-Bien que vous sembliez faire preuve dé plous d'étroitesse d'esprit qu'oune nano à qui on démandérait de collaborer avec des orques, i'aimerais bien vous stipouler qué nous né sommes points ensorcelés par Morouène ici présente...Ou sinon ouniquement par son charme natourel. Maintenant ié vous démande calmément dé né pas faire des gestes irréfléchis à notre encontre sinon vous risqueriez dé finir dans l'immonde cloaque où i'ais passé la notte qué vous appelez prison.
Étape Uno : Le sourire.
Si ça ne marchait pas peut être allait il fallait passer directement à l'étape cinque. Pour de plus amples précautions il laissa sa main droite sur la garde de son sabre.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Morwen Nidariel » 01 janv. 2019, 04:27

Morwen ne s’attendait pas à ce qui se passa ensuite. En fait, elle n’aurait trop su dire à quoi elle s’était attendue : la situation n’était ni confortable ni vraiment claire sur ce qu'il convenait de faire. Les conflits, elle connaissait, mais pas les paroles qui les précédaient. Elle recevait l’hostilité latente se dégageant du petit groupe comme un frottement électrique à fleur de peau, mais personne n’avait fait le premier pas pour déclencher la bagarre que plusieurs regards semblaient appeler de tous leurs vœux. Jusqu’à ce que Piero l’Estalien, ou le Tiléen, ne lui passe devant. Pour tenir un discours mi-moqueur mi-menaçant qui la fit rire intérieurement, tant il la prenait soudain au dépourvu.

L’elfe n’avait pas besoin de se retourner pour deviner combien Boerich devait lever les yeux au ciel en cet instant même.

Et cette idée l’amusa. Enormément. Etait-ce l’alcool, était-ce sa joie mauvaise qui, à la manière des fauves taquins, se teintait chez elle de cruauté ? Etait-ce simplement l’immense frustration qu’elle accumulait depuis le début de son voyage en terre humaine et qui pesait trop lourdement sur ses pensées ? Ou peut-être un mélange de tout cela, qui la conduisit à faire le choix à peine conscient de donner à ces hommes ce qu’ils étaient venus chercher.
Les anciens de Laurelorn l’en auraient dissuadée, et à peu près toute personne saine d’esprit aurait cherché à empêcher l’elfe de se battre avec les gens du cru, car en venir aux mains dans un village impérial en tant qu’étranger pouvait vite prendre des proportions dramatiques : mais l’Asrai ne s’en souciait pas, sur l’instant. Son sang se réchauffait trop vite, trop furieusement, et même l’hiver approchant ne tempérait pas son caractère sauvage comme il le faisait d’ordinaire pour les natifs d’Athel Loren.

Elle leva avec arrogance le menton en toisant la bande et leur lâcha un unique mot dans la langue de son peuple (ce que les elfes se retenaient d’ordinaire de faire, soucieux de ne pas en dévoiler les secrets), mais les insultes avaient ceci de bon qu’on les comprenait autant au ton qu’au terme employé. Et Morwen savait parfaitement se faire comprendre quand elle en avait envie.
Pour les esprits curieux, on aurait pu traduire son expression par l’évocation des ordures pestiférées qui persistaient au fond des étangs pollués par la main du Chaos.

« Elle nous jette un sort ! » cracha le vieux Rechtmeier, les yeux écarquillés. La guerrière n’aurait su dire si le paysan y croyait réellement ou s’il ne cherchait qu’à exciter ses acolytes, tandis qu’il reculait tout en la pointant du doigt.

La réaction ne se fit pas attendre. Pour des laboureurs avec une journée de labeur derrière eux les autres hommes agirent plutôt promptement : ils dépassèrent l’aventurier hâlé, les yeux rivés sur elle en dépit de la lance qu’elle tenait encore en main. Du moins ils essayèrent, puisque le dénommé Piero en attrapa un par le col et le repoussa plus loin avec une force que l’elfe ne lui soupçonnait pas. Elle ne s’attarda toutefois pas sur cet échange, son attention vite ramenée sur le gaillard restant qui venait de rapidement franchir la distance qui les séparait. Elle ne dut de conserver intact son nez qu’à un réflexe bienheureux, l’épais poing de l’humain balayant l’air devant son visage.

Morwen réalisa aussitôt que son arme l’encombrait. Une part d’elle-même ne demandait qu’à saigner ses assaillants, mais elle était assez lucide pour comprendre où une telle extrémité l’amènerait : elle jeta sa lance en arrière avec un grondement de contrariété, l’entendant rouler sur le ponton sans se soucier de l’endroit où elle atterrissait. Elle comptait sur Boerich ou Karl pour la garder en sûreté, se doutant qu’aucun d’eux n’interviendrait dans l’empoignade – pas tant que les choses ne viraient pas au bain de sang, en tous cas.

« Animal » lança-t-elle à son vis-à-vis avec un sourire mauvais, lui crachant au visage dans la foulée.

L’homme ouvrit grand les yeux devant l’attitude de l’Asrai à la crinière rousse, sa peau virant au rouge sous l’effet de la fureur. Il ne prit même pas la peine d’essuyer la salive qui s’étalait sur sa joue et sacra d’une bordée ininterrompue d’injures, la voix rendue rauque de haine en se jetant sur elle.
Ils étaient tous deux emplis de colère. Mais celle de Morwen était froide et calculatrice. Elle avait l’esprit des prédateurs, celui qui savait conjuguer la soif de sang et la patience : elle maintenait la distance avec son opposant, bien plus lourd qu’elle, lequel décochait des coups de poing désordonnés en haletant. Elle savait qu’un seul de ces crochets, maladroits mais vifs, pouvait l’envoyer au sol et qu’il n’aurait alors qu’à l’écraser sous sa carrure. Ce n’était pas la première fois, loin s’en fallait, qu’elle faisait face à quelqu’un d’à la fois furieux et épais. Elle avait appris à gérer ces combats.

Se mouvoir, toujours. Rester souple et agile sur ses appuis, laisser son instinct aiguisé prendre le contrôle de son corps. Et guetter l’ouverture, l’instant précis où l’épaule suit trop loin le poing, où le visage dépasse de trop du corps. C’était un moment qui survenait toujours, l’instant fatidique et crucial dont accouchait la rage aveugle.

Elle le vit, et elle en profita sans perdre de temps.

Alors même qu’on croyait qu’elle se contentait de cabrioler autour de l’homme la jambe pâle de l’Asrai s’envola avec la détente d’un ressort trop longtemps comprimé, et son pied nu décrivit un arc-de-cercle si rapide que sa silhouette donna presque l’impression de cligner sur place. Un bruit, à mi-chemin entre le ahanement et le gémissement, s’échappa de la bouche de l’humain en même temps qu’une giclée de sang agrémentée d’une dent venait s'étaler sur les planches polies des pilotis. Il tomba à terre aussi raide qu’un bout de bois, les bras encore à moitié levés dans la position grotesque rappelant un pantin aux fils coupés.

Morwen le toisa, ses orteils tachés de rouge, et lui recracha à la figure. Le villageois ne réagit pas, ses yeux vides dans le vague.

« Catin ! »

C’était le vieux Rechtmeier, entre ses chicots pourris, qui venait de l’admonester après s’être glissé dans son dos. Un mélange de peur et de colère faisait briller ses yeux chassieux alors qu’il saisit l’elfe par le cou, la ramenant contre lui dans une étreinte que la panique rendait étonnamment solide. La haine le poussa même à lui mordre l’oreille et la guerrière mugit de rage, s’en débarrassant d’un violent coup de tête qui fit à nouveau couler un peu de sang ; les deux basculèrent sans que l’homme ne desserra son emprise, cependant que plus loin le prêtre observait la scène d’une expression toujours indéchiffrable…
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par Piero Orson » 13 janv. 2019, 16:51

Paysans infectes ! Gueux débiles ! Crétins des bosquets ! Comment l'Empire avait-il pu se hisser à la première place des nations humaines avec une populace aussi dégénérée et idiote ? Ces pécores consanguins n'ont rien de mieux à faire que d'emmerder ceux qui doivent risquer leur peau pour les défendre ?!
Ces pensées fusèrent dans son esprit comme un voilier vent en poupe tandis que les deux malabars qu'avaient amené le moisi et le cureton se précipitaient sur eux. Son instinct sauvage enfoui dans les tréfonds de son esprit d'Homme civilisé du Sud s'éveilla et il empoigna l'un des arsouilles par le col pour le précipiter à terre. Il lui botta le plexus solaire pour être sûr qu'il ne se redresse pas de sitôt et avant qu'il ne se retourne un « Animal » déchira l'air. Il pivota d'un mouvement pour voir l'autre malandrin aux prises avec Morouène. Elle esquivait les coups brutaux du cul-terreux comme un serpent arabéen qu'il avait un jour observé au port de Luccini à coté des illusionnistes ou des marchands de babioles. La grâce d'une panthère et une chevelure ardente...Les statues érodées des elfes d'antan qui ornaient les vieux et riches quartiers des citées de Tilée ne rendaient pas honneur à la beauté du spécimen qu'il avait sous les yeux. Alors qu'il fit trois pas pour l'aider, un formidable coup de pied envoya dans les choux le paysan. Il grimaça un peu avant de voir que ce fieffé moisi s'était jeté dans le dos de la demoiselle.
-Sacripant ! Murmura-t-il avant de porter la main à son pistolet.
Alors que les deux s'écharpaient au sol il se posa prestement derrière eux avant de poser le canon froid de son arme contre l'occiput du vieux Rechtmeier.
-Écoute Nordico, lâche-la ou ié fais gicler la bouse fumante qui té sert dé cervelle.
Son ton n'était plus celui de l'humour ou des récits enflammés. C'était celui beaucoup moins rassurant du bandit qui avait déjà braquer des gens au risque de finir à se balancer au bout d'une corde. C'était celui d'un homme qui avait une arme et qui savait l'utiliser.
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Re: [Morwen Nidariel & Piero Orson] Quand les Hommes redeviendront des Bêtes

Message par [MJ] Ombre de la Mort » 23 janv. 2019, 18:24

La situation avait dégénéré anormalement vite. Le groupe semblait dans une tourmente tumultueuse dont le point d'orgue reposait sur ce pistolet accolé à la tempe du vieux Rechtmeier, à l'origine de cette situation rocambolesque. Voyant la tournure que prenaient les événements Karl, en bon représentant de la Loi Impérial, se dût d'intervenir pour garantir la stabilité locale. Boerich, sur ses talons, allait quant à lui tenter d'apaiser l'elfe sylvaine. Ou essayer, même vainement.
ImageKarl Lulz: Ça suffit, ça suffit ! Vous, en s'adressant à Piero,posez cette arme à poudre avant de retourner derrière les barreaux ! Et vous, s'adressant aux locaux, déguerpissez sans demander votre reste ou vous l'y rejoindrez bien vite ! Ces deux là sont sous notre responsabilité et notre protection, fichez-leur la paix ou vous apprendrez ce qu'il en coûte d'entraver un représentant de la Loi Impérial ! Frère Olfius, cria-t-il à l'adresse du prêtre, comment pouvez-vous laisser vos fidèles agir de la sorte ?!
L'intéressé ne dît mot, caressant pensivement son icône religieuse. Sans rien dire, il s'en alla, ce qui sembla enclencher un mouvement de désolidarisation de la part de cette bande d'imbéciles. Le vieux Rechtmeier cracha un ultime glaviot aux pieds de Karl, tentant un ultime acte de défiance avant de s'éloigner. Le racisme envers les extra-impériaux, qu'ils soient ou non humains, était vivace...
ImageBoerich Wiehler: Venez. Ce genre de personnes n'est heureusement pas représentatif de nos communautés, ici, en Nordland. Dans le cas contraire, cela ne mériterait pas qu'on risque sa vie à éradiquer les saletés qui peuvent rôder dans nos forêts, ou encore ramener du gibier pour nourrir ces imbéciles...
Et ce fut sur cette réflexion que la soirée poursuivit son cours, de manière plus calme et posée. Ils se quittèrent tard, le lendemain matin étant destiné à finaliser leurs équipements avant de quitter Beeckerhoven avant midi. Il était temps de partir à l'assaut des chancres qui souillaient la forêt et les terres de l'Empire.
Je vous laisse finaliser jusqu'au lendemain midi. Si vous voulez dépenser de l'argent, de l'XP ou autre, c'est le moment :)
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