[Reinard] Vices et Vertu

L’Empereur Karl Franz siège à Altdorf, capitale impériale depuis. Altdorf est un carrefour du savoir et son université est l’institution académique la plus respectée de tout l’Empire. Là, les seigneurs et les princes de nombreux pays viennent s’asseoir aux pieds des plus grands penseurs du Vieux Monde. Altdorf est aussi le centre du savoir magique et ses huit collèges de magie sont fort justement réputés bien au-delà du Vieux Monde. Altdorf est une ville affairée, avec un nombre important d’étrangers, de commerçants et d’aventuriers. La cour impériale elle-même engendre une activité économique florissante, qui attire toutes sortes de gens.

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[MJ] Drakonis
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Le soleil se levait sur Altdorf, éclairant les ruelles boueuses du Niederhafen District, le quartier des docks, véritable coupe-gorge emplis de boutiques douteuses, de bordels pouilleux et de tavernes enfumées sentant le graillon et le vin frelaté. La faune locale s’éveillait, les derniers clients des prostituées quittaient furtivement les alcôves sombres, les ivrognes sortaient des bars louches où ils s’étaient écroulés et avaient cuvé leurs choppes de mauvais alcool, tandis que les coupe-jarrets de tous poils rentraient dans leurs planques pour compter le butin d’une nuit de rapines, d’extorsion et de meurtres. Les marins regagnaient leurs bateaux dans un concert joyeux de chansons paillardes.

Au milieu de tout cela, Reinard et son maitre suivait un homme de haute stature qui marchait d’un bon pas. Grand, mince, les cheveux bouclés, d’un brun tirant sur l’auburn, il était habillé à la manière d’un bourgeois, ce qui tranchait avec la couleur locale, mais avait la main fermement posé sur une rapière nullement dissimulé, dans une probable tentative de dissuader d'éventuelles velléités d’agression. Les deux magisters le filaient depuis deux semaines déjà, ayant reçu l’ordre d’enquêter sur ce diplomate impérial qui revenait d’une mission dans les Principautés Frontalières et avait alerté les autorités par son comportement étrange, à tel point que le Collège Gris avait décidé d’intervenir, sur ordre direct de l’empereur. Sauf que pour le moment, leur petite enquête ne donnait guère de résultat. Ils avaient passé leurs nuits à courir les tavernes, les maisons closes et autres tripots malfamés, mais hormis cette vie quelque peu dissolue, rien ne leur permettait de soupçonner une éventuelle appartenance à une secte interdite ou à une quelconque association louche. Pour résumer, Hans Von Grainbern, puisque tel était son nom, quittait son domicile au coucher du soleil, s’enivrait pendant des heures avant de payer la première péripatéticienne venue et de la laisser à l’aube pour revenir chez lui. Bref, rien de concluant.

Soudain, le diplomate se fit héler par une fille fort dévêtue qui semblait chercher un dernier client avant de regagner ses pénates. L’homme lui demanda alors quelque chose, regarda sa bourse, lui glissa quelques blafardes, comme on disait dans le jargon des bas-quartiers et se glissa dans la ruelle avec elle. Edwin Dahmbach soupira discrètement, puis fit signe à son apprenti de se rapprocher de ladite ruelle tout en feignant de discuter, histoire de passer inaperçus tout en se rapprochant de leur cible, dont les râles de plaisir commencèrent à se faire entendre. Effectivement, lorsqu’ils passèrent devant l’allée, ils virent très clairement que l’heure n’était point à quelque tractation secrète, mais bien à une étreinte brève monnayé pour quatre pistoles. Il ne leur restait plus qu’à attendre, une nouvelle fois. Dix minutes plus tard, Hans Von Grainbern réapparut et reprit sa route. Ils marchèrent deux bonnes heures jusqu’à l’Oberreik District, le quartier des nobles où résidait le diplomate. Encore une nuit de perdue…
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Eranor

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Voilà deux longues semaines que nous suivions un diplomate aux riches apparences dans les rues sales et tortueuses du quartier malfamé des docks. À ce que m’en avait dit maitre Dahmbach, cette filature avait été demandée directement par l’empereur, aucun échec n’était permis et la moindre erreur pourrait s’avérer désastreuse. Cet homme, plutôt grand et mince, se permettait d’exhiber sa richesse même en ces lieux insalubres, où la criminalité est telle que même la garde n'oserait s’y aventurer, preuve d’un certain courage, ou peut-être d’une forte stupidité, qui sait. Pourtant, il tenait la poignée d’une rapière avec une main déterminée et un regard aiguisé, nul doute qu’il sache se servir de son arme ou alors sait-il au moins en avoir l’air. Finalement, bien que nous sachions le nom, Hans Von Grainbern, et la profession, diplomate, de notre cible, beaucoup de choses restaient à déterminer. Tout d’abord, pourquoi ces escapades nocturnes dans un tel quartier alors qu’il pouvait aisément sombrer dans sa débauche habituelle chez lui, en toute sécurité ? Il serait possible que notre cible soit plus maligne qu’elle ne veuille nous le montrer…

Enfin, cette nuit nous serons derrière lui une nouvelle fois, la chance nous sourira peut-être. Au coucher du soleil, nous entreprîmes donc de pister Von Grainbern, le diplomate aux manières plutôt inhabituelles. Une nouvelle fois, nous nous retrouvions dans les ruelles dangereuses et les commerces douteux du Niederhafen District, chassant notre proie dans les minables bouges dont l’odeur écœurante de produits de mauvaise qualité m’était devenue d’une étonnante familiarité. Nous étions tels des ombres qui se déplaçaient dans un brouillard de vapeur d’alcool et de chaleur humaines lâchée dans des étreintes avec des femmes pour le moins douteuses. Cachés par les sombres recoins des tavernes, dissimulés par les ruelles perpétuellement plongées dans l’ombre, protégés par le vent d’Ulgu d’une puissance inégalé dans les brumes humides sortant du fleuve, nous surveillions les moindres faits et gestes de notre cher diplomate. Mais encore une fois, toute notre nuit fut perdue dans la contemplation d’un homme sombrant dans une indescriptible débauche, écumant les bars et les maisons closes.

À l'aube, l’espoir revint un court instant. Van Grainbern s’arrêta à la vue d’une pauvre femme au décolleté éloquent et disparu dans une petite ruelle non loin qui ne devait jamais recevoir un rayon de soleil. Dans un léger soupir, maitre Dahmbach me désigna la ruelle d’un mouvement de tête, tout en imitant un homme qui viendrait récupérer l’argent que sont employé avaient récolté par divers stratagèmes dans la nuit, chose assez courante par ici. Suivant les ombres se rétractant des derniers bâtiments, nous entreprîmes alors de nous diriger vers ladite ruelle. Alors que nous nous approchions de la cible désignée par mon mentor, des gémissements de plaisir atteignirent notre oreille, puis d’un rapide coup d’œil nous vîmes notre riche dépravé s’adonner à l’art de la procréation avec cette pauvre dame. Pratique obscène qui consiste à faire de la femme un simple objet monnayable pour quelques pistoles seulement, troque du corps et de la dignité féminine contre un plaisir pervers d’un homme profiteur. Pratique encouragée par le culte du plaisir d’ailleurs, le culte de Slaanesh, mais si une telle dépravation était symbole d’appartenance au culte, nous devrions alors arrêter la totalité du quartier. Prudence tout de même, car l’ennemi peut prendre n’importe quel visage. Nous éloignant d’un pas lent jusqu’à la prochaine ruelle, tout en continuant de discuter des revenus que j’aurais dû rapporter à mon maitre, nous attendîmes qu’enfin le diplomate cesse son échange d’argument avec sa nouvelle compagne, puis nous suivîmes l’homme à travers la ville pour finalement nous retrouver devant sa demeure d’un luxe égale à la pauvreté régnant dans les quartiers qu’il avait quittés.

Fatigué par une autre nuit perdue à observer Van Grainbern exercer son art de la diplomatie dans le Niederhafen District, l’idée que ces nuits n’étaient peut-être qu’une image destinée à cacher ses véritables activités me vint en tête. Dans ce cas, nous ne risquons pas de trouver ce que nous cherchons dans ses périples nocturnes, mais bien dans sa demeure. Peut-être que mon maître attendait que cette réflexion m’atteigne, exécutant ainsi une sorte de test. D’une voix, je l’avoue, fatiguée après deux semaines de filatures infructueuses, je lui fis alors part de ma pensée.


-Maitre, voilà deux semaines que nous observons ses nuits sans le moindre résultat et il est probable que si nous continuions ainsi, nous n’en obtiendrons guère plus. Peut-être faudrait-il s’intéresser de plus près à son manoir et profiter de son absence nocturne pour en apprendre davantage sur le personnage ?
Modifié en dernier par [MJ] Drakonis le 08 juin 2012, 16:44, modifié 1 fois.
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[MJ] Drakonis
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Les lèvres d’Edwin Dahmbach s’étirèrent en un mince sourire à mesure que son apprenti lui faisait part de ses impressions et il ne put cacher une certaine hilarité lorsque le jeune homme eut terminé ses suggestions. Il lui posa une main ferme sur l’épaule, en un geste quasiment paternel et dit de sa voix rauque, grave : « Je vois que deux malheureuses semaines de filature commencent à t’agacer mon garçon. Pourtant, courir les tavernes, c’est de ton âge, sans compter toutes les belles filles qu’on a vu en quatorze jours de beuveries ininterrompues. Ne te laisse pas déconcentrer par ton environnement, un coupable ne se découvre pas en quelques jours. Mais je t’avouerai que les charmes des catins de Niederhafen commencent aussi à me lasser. Il est temps en effet de nous occuper des appartements de notre cher diplomate. »

Sur ces mots, ils arrivèrent devant une imposante bâtisse comprenant à première vue au moins deux étages, et dont le style tout en dorure et en bois précieux laissait deviner une fortune très confortable, ainsi qu’un goût certain pour le luxe, qui plus est relativement ostentatoire. Devant les deux umbramanciens se déroulait un véritable ballet de serviteurs empressés qui accueillaient leur maitre avec moult courbettes et flagorneries ridicules. Bref, Hans Von Grainbern rentrait dans sa demeure. Trois fenêtres ornaient le deuxième étage, tandis qu’une lourde porte gardée par deux hommes portant les couleurs de la maison, un aigle d’argent sur un fond mordoré, permettait de pénétrer dans le bâtiment. Manifestement, le diplomate était très soucieux de sa sécurité et de celle de ses biens. Soudain, une voix apostropha les deux magisters : « Les deux, c’est pas bientôt fini de bloquer la rue aux honnetes travailleurs ! Allez, on se pousse, plutôt que de bailler aux corneilles. » Un homme tirant une charrette de fruits et légumes hurlait derrière eux et avait l’air prêt à les écraser s’ils ne se poussaient pas. Edwin Dahmbach grommela dans sa barbe : « Je hais ces fichus rues d’Altdorf… », mais s’écarta tout de même. L’ambiance des matins affairés planait autour de Reinard.
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Eranor

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Alors que ma proposition venait aux oriels de mon maitre, je vis un mince sourire s’afficher sur ses lèvres, sourire qui devint vite un léger rire. Posant sa main sur mon épaule dans un geste plus doux que tout ce qu’avait bien pu faire mes géniteurs dans le passé, il me répondit de sa voix grave et rauque, pointant ainsi mon manque de patience en ces lieux insalubres.

-Je vois que deux malheureuses semaines de filatures commencent à t’agacer mon garçon. Pourtant, courir les tavernes, c’est de ton âge, sans compter toutes les belles filles qu’on a vues en quatorze jours de beuveries ininterrompues. Ne te laisse pas déconcentrer par ton environnement, un coupable ne se découvre pas en quelques jours. Mais je t’avouerai que les charmes des catins de Niederhafen commencent aussi à me lasser. Il est temps en effet de nous occuper des appartements de notre cher diplomate.

Il est vrai que beaucoup d’hommes de mon âge auraient apprécié cette filature, auraient apprécié voire toutes ces femmes utilisées lors des beuveries ininterrompues de notre cible, mais je ne suis pas comme « tous les jeunes de mon âge », et mon maitre le sait car souffrant de la solitude, je lui avais tout raconté de mon périple. J’avais trainé dans ce genre de bâtiment pendant des mois après ma déchéance, restant caché dans les coins sombres par peur de tomber sur le soldat impérial qui m’avait poursuivi, regardant tout d’abord ce qu’il s’y passait avec envie. Mais avec le temps, je commençais à voir la réalité, à voir que ces femmes sont des êtres doués d’une conscience et que seule la prostitution pouvait les sauver de la mendicité. Je commençais à voir que derrière l’objet de plaisir monnayé par l’homme se trouvait une femme souffrante, portant le poids de sa douleur et du dégout de soi même sans jamais tenter de partager ce fardeau. Depuis lors, ces lieux ne sont plus que source de colère et de dégout pour moi et j’aurais certainement craqué moins vite si notre filature se passait ailleurs. Pourtant, comme le disait si bien maitre Dahmbach, je devais apprendre à rester stoïque face à mon environnement, il avait raison, ce genre d’enquête pouvait s’avérer long et difficile et, pour mon futur, il serait bon que je retienne cette leçon. Voyant qu’il était tout de même d’accord avec moi sur le fait d’enquêter sur la demeure de Van Grainbern, je répondis avec une pointe de satisfaction dans la voix car enfin cette filature serait terminée.

-Vous avez raison, je dois me montrer plus patient quelque soit ce qui m’entour. Je retiendrais cette leçon.

Sur ce, nous partîmes observer l’habitat du diplomate, une bâtisse d'au moins deux étages, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle car la fouille risquait de prendre du temps, décoré luxueusement et avec gout. Tout cela nous confortait dans l’idée que notre cible disposait d’une fortune considérable, surtout si l’on regardait le grand nombre d’employés présent, serviteur et garde confondu. De nouveau, la question du pourquoi notre diplomate s’aventure seul dans un quartier dangereux pour s’adonner à sa dépravation alors qu’il pouvait certainement amener de l’alcool et des femmes de joies chez lui, en toute sécurité, me revint en tête. Observant la façade de la demeure, nous vîmes trois fenêtres au deuxième étage surplombant une lourde porte gardée par deux hommes. Pénétrer dans ce bâtiment ne sera vraiment pas chose facile, les fenêtres étaient trop hautes, il serait risqué d’essayer de grimper et si nous échouons à divertir les gardes pour passer par la porte, la tâche deviendra bien plus difficile, s’approchant de l’impossible. Alors que nous continuions à chercher une faille à utiliser pour entrer dans le bâtiment, une voix vint nous déranger.

-Les deux, ce n'est pas bientôt fini de bloquer la rue aux honnêtes travailleurs ! Allez, on se pousse, plutôt que de bayer aux corneilles.

La voix sortait de la bouche d’un livreur poussant une charrette de fruits et légumes, dans un grommèlement, mon maitre obtempéra, j’en fis de même quelques secondes après. En regardant autour de moi, je pouvais voir la ville s’éveiller, les livreurs faisaient leur travail matinal afin qu’aucune demeure de la rue ne manque de quoi que ce soit dans la journée. Soudain, une idée me traversa l’esprit. Au lieu d’entrer par effraction dans l’habitat de notre cible, pourquoi ne pas profiter des travailleurs matinaux pour y pénétrer en toute légalité ? Assez fière de ce que je venais de penser, j’entrepris d’exposer mon plan assez discrètement pour que personne d’autre que mon maitre ne l’entende.

-Maitre, il me vient une idée. Et si nous utilisions un de ces livreurs pour entrer chez notre diplomate ? Il suffirait d’en trouver un qui livre chez Van Grainbern, lui prétendre que l’on cherche de l’argent et en profiter pour lui demander de l’aider à livrer, ou bien tout simplement se débarrasser de lui en l’assommant ou par toute autre manière et prendre sa place. Ensuite, une fois à l’intérieur, il faudrait nous cacher afin d’attendre la nuit pour fouiller la demeure en espérant que la garde nocturne soit un peu plus laxiste.
Modifié en dernier par [MJ] Drakonis le 27 juin 2012, 16:58, modifié 1 fois.
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Le maitre magister regarda son élève, lissa d’un geste rapide sa barbe grisonnante, entretenue avec soin, et murmura : « Après tout, pourquoi pas ? Il faut bien tenter quelque chose, puisque la filature ne te suffit plus, et ces livreurs pourraient être une piste intéressante. Mais j’aimerais éviter de les molester, mieux vaut agir dans la légalité, du moins pour le moment. L’idée, vois-tu, est de rester le plus discret possible sur notre affiliation avec l’Ordre Gris. Moins nous violerons la loi, moins nous laisserons de traces, et plus nos chances de passer inaperçus augmenteront. La discrétion est notre principal atout, or comme nous ignorons tous des liens que cet homme pourrait entretenir avec la justice ou la pègre locale, je recommande la plus grande prudence. D’ailleurs, il est dommage que tu ne sois pas formé aux sortilèges modifiant le physique, cela nous aurait été fort utile. Enfin, je peux toujours modifier ma propre apparence, ce sera toujours ça de pris. »
Test secret
Sous les yeux de son apprenti, Edwin Dahmbach ferma les yeux, marmonna quelques mots en magick, et aussitôt, son visage commença à se déformer, et avant qu’il ne puisse compter jusqu’à cinq, Reinard avait devant lui un homme d’une trentaine d’année aux cheveux d’un blond cendré et aux yeux verts, avec des favoris imposants et un gain de beauté sur la joue gauche. Le maitre magister lui fit un léger clin d’œil, et murmura : « J’espère que cet honnête bourgeois de Middenheim que j’ai croisé tantôt ne m’en voudra pas de lui avoir emprunté son apparence. » Puis il tourna sa tête vers le cortège de chariots et souffla : « Bien, il va falloir choisir notre cible à présent. » Trois chariots étaient rangés en file indienne à l’entrée du domaine d’Hans Von Grainbern. Le premier semblait transporter des céréales, le deuxième des ballots de marchandises indéfinies, et le troisième croulait sous une montagne d’épices, en provenance direct d’Arabie et d’Estalie. Bref, il y en avait pour une petite fortune, ce qui démontrait une fois encore la richesse de leur cible. Certes, ces trois attelages paraissait vouloir entrer dans le domaine, mais il allait maintenant falloir les aborder.
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Eranor

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Ce fut avec un petit sourire en coin que j’écoutais mon maître me répondre. Il est vrai que si nous violons la loi, il y a fort à parier que nous nous ferons remarquer, ce qui n’aidera pas à passer inaperçu. Dès que maitre Dahmbach eut fini sa tirade, il commença à prononcer d’antiques mots en langage Magik. Je pouvais sentir le vent brumeux d’Ulgu s’agiter autour de moi et la puissance qui émanait de mon maitre. Ses traits changeaient devant moi, sa barbe autrefois grisonnante disparaissait au profit d'imposants favoris blonds qui poussaient à une vitesse hallucinante. Son visage se lissait, tandis qu’apparaissait un grain de beauté sur sa joue et que ses cheveux changeaient de couleur. En un rien de temps, mon maitre avait disparu et j’avais à coté de moi un inconnu quelconque. Mon maitre rouvrit les yeux, puis, avec un petit clin d’œil, mon mentor m’adressa la parole.

-J’espère que cet honnête bourgeois de Middenheim que j’ai croisé tantôt ne m’en voudra pas de lui avoir emprunté son apparence.

J’eus un léger rire, combiens de passants ont-ils été dupé par des sortilèges des magisters gris ? Impossible à dire, chaque inconnu qui se promenait dans la rue pouvait faire partie de l’ordre, car ses membres sont totalement invisibles aux yeux des non-initiés à la magie. Mon maitre se tourna alors vers les chariots qui attendaient devant le manoir de Von Grainbern.

-Bien, il va falloir choisir notre cible à présent.

Effectivement, trois chariots se trouvaient devant la bâtisse. L’un était rempli de céréales, l’autre de diverses marchandises, certainement des bibelots aussi chers qu’inutiles et le dernier croulait sous d'onéreuses épices venant tout droit d’Arabie et d’Estalie. Notre cible disposait réellement d’un important capital, pour beaucoup de noble et riche bourgeois, l’accès à de telles épices restait difficile. Je pris le temps de réfléchir durant des poignées de secondes, puis je me tournai vers mon maitre pour lui faire part de mes conclusions.

-Je ne pense pas que se tourner vers le chariot d’épice soit une bonne idée, ces marchandises sont rares et chères, nous allons être très surveillé si jamais nous réussissons à convaincre le livreur. Nous pourrions trouver des choses intéressante, voire même compromettantes, dans le chariot transportant les ballots de marchandises, mais nous devrons certainement les déposer dans différentes pièces du manoir, nous serions donc accompagnés de serviteurs, et pour peu qu’ils soient impliqués dans les magouilles de leur maitre, nous aurons un champ d’action très limité. Par contre, si nous choisissons le chariot de céréales, un serviteur nous accompagnera à la réserve puis s’en ira certainement pour nous laisser décharger tranquillement tandis qu’ils s’occuperont des autres marchandises, pour passer inaperçu celui-ci semble le meilleur choix.

Après un bref silence, je repris la parole.

-Les livreurs doivent souffrir de leur dos à force de porter de lourdes charges, nous pourrions facilement le convaincre de nous laisser décharger à sa place, en lui disant que son patron le demande et que nous allons nous occuper de la marchandise. Qu’en pensez-vous maitre. Vous avez plus d’expérience que moi, je n’agirais pas sans votre accord.
Modifié en dernier par [MJ] Drakonis le 27 juin 2012, 16:59, modifié 1 fois.
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Edwin Dahmabach se gratta le menton d’un air pensif, lissa ses nouveaux favoris blonds et finit par acquiescer « Oui, ce raisonnement parait tenir. Mais il faudrait convaincre nos livreurs, et à mon avis, on risque d’avoir plus de mal à réussir cela que de survivre au vin frelaté que nous avons dû ingurgiter pendant toutes ces nuits. Eurk ! Mon estomac en est encore tout retourné ! Ces enfantillages ne sont vraiment plus de mon âge, morbleu ! »

Le maitre magister s’étira en se redressant, bailla à s’en décrocher la mâchoire, puis se dirigea vers les hommes qui déchargeaient les lourds sacs de grains. Ils étaient trois à porter cet impressionnant fardeau du chariot jusqu’au sol, avant de le rentrer, selon toute probabilité, dans la demeure du diplomate. Le premier ne devait pas dépasser la quinzaine d’années et suait à grosse gouttes sous son énorme ballot, sa carrure d’adolescent dégingandé ne l’aidant guère. A ses côtés se tenait un homme dans la force de l’âge, dont la musculature sculptée par des années de labeur roulait sous le poids à soulever. Enfin, le troisième était absolument quelconque, aucun signe distinctif à relever, une carrure normale, des cheveux d’un marron banal… Bref, rien de particulier à signaler.

Les deux magisters s’arrêtèrent à quelques mètres, et Reinard entendit son maitre lui glisser : « Voyons comment tu vas t’en sortir… Je te laisse mener la conversation. »
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Re: [Reinard] Vices et Vertu

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Après quelques instants de réflexion, maitre Dahmabach finit par émettre un avis favorable à ma proposition. Tout en frottant les nouveaux poils présents désormais sur son visage, il me fit néanmoins remarqué que les livreurs ne seront pas faciles à convaincre, ce qui est finalement assez compréhensible.
Dans un long bâillement dû à une nouvelle nuit blanche à siroter des breuvages douteux et à regarder un homme s’en délecter tout en recherchant une compagnie féminine monnayable pour seulement quelques pistoles, il se dirigea vers les travailleurs matinaux qui fournissaient le manoir. D’un pas lent, ressentant la fatigue m’étreindre moi aussi, je suivis mon maitre en direction des trois livreurs. Parmi ces derniers, il se trouvait un jeune homme, la quinzaine, écrasé par le poids, certainement presque égale au sien, des sacs de céréales qu’il portait. Non loin de lui, un homme aux muscles aussi solides qu’épais portait sans mal son fardeau, tandis qu’un autre, tout à fait banal, s’acquittait de sa tâche sans faire transparaitre le moindre signe particulier.


Il faudrait certainement choisir auquel s’adresser pour avoir le plus de chance de les persuader. Alors que je me faisais cette réflexion, mon maitre s’arrêta et, dans un discret chuchotement, il s’adressa à moi.

-Voyons comment tu vas t’en sortir … Je te laisse mener la conversation.

Ainsi, il me laissait faire mes preuves, je ne devais pas échouer. Tout d’abord, je devais choisir mon interlocuteur le plus intelligemment possible et étant donné les grosses goutes de sueurs qui perlaient sur le front du pauvre adolescent, il me paraissait probable qu’il soit le plus facile à convaincre des trois. Pourtant, au vu de son jeune âge, il était possible qu’il pose des questions aux deux autres hommes, rendant ma position plus difficile, mais si je me montrais assez convaincant, il devrait s’exécuter sans se poser de questions. Mon plan était assez simple en fait, je devais les envoyer voir leur patron pour une affaire urgente tandis que mon maitre et moi nous nous occuperions des marchandises. Le jeune homme serait soulagé de ne plus avoir à porter ces lourds sacs et devrait prévenir les autres et partir sans nous compromettre. Bien sûr, si ledit patron était l’un des trois hommes, mon plan était fichu, mais je ne voyais guère de meilleures options. Je partis alors à la rencontre du juvénile livreur. Tout en adoptant une expression assez neutre.

-Salut, jeune homme, je viens de la part du patron. Il nous envoie prendre la relève, il a un travail urgent pour toi et les deux autres hommes.

Tout en priant intérieurement le premier dieu qui me passait en tête, Sigmar, pour que mon plan fonctionne, j’attendis que l’information monte au cerveau de l’adolescent fatigué. Persuader les gens n’a jamais été mon point fort, mais il me serait nécessaire pour le jour où enfin je serais compagnon d’en être capable.
Je crois que tu as oublié de noter mes précédents textes Drako.
Modifié en dernier par [MJ] Drakonis le 27 juin 2012, 17:00, modifié 1 fois.
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Message par [MJ] Drakonis »

Le garçon posa précautionneusement le sac qu’il était en train de porter par terre, essuya d’un revers de manche rendue noire par la crasse son front ruisselant et adressa enfin un regard à son nouvel interlocuteur. Il détailla très rapidement Reinard, ne s’attardant guère. Il finit par grommeler : « C’était bien la peine de nous faire lever aux aurores si on doit revenir maintenant aux docks. Franchement, quel abruti cet Ewald ! » Une voix grave, autoritaire se fit alors entendre : « Toujours la langue aussi pendue jeune idiot. Ewald nous paye, c’est tout ce qui compte, alors si tu veux rembourser la dette de ta mère, tu la boucles et tu travailles. » Le costaud à ses côtés s’était également arrêté de décharger les ballots et contemplait Reinard d’un œil nettement plus soupçonneux que son cadet. L’homme s’étira et grinça à l’adresse de l’apprenti magister : « Alors, comme ça, le patron nous a trouvé un nouveau boulot ? A cette heure ? Et c’est toi tout seul qui nous remplace ? Désolé mon vieux, mais là, j’ai un peu de mal à y croire. »

Le troisième larron parla alors : « Oh, allez Garret, arrête de faire ton difficile. Si le patron envoie quelqu’un, c’est pas pour rien. Et puis, on a mieux à faire que décharger des tonnes de céréales pour un richard de l’Oberreik District. Surtout à cette heure, morbleu ! » L’adolescent approuva du chef, et renchérit : « Oui, surtout que le client a déjà payé Ewald. On s’en moque s’il arrive quelque chose à trois épis de blé. Plus vite on sera parti d’ici, plus vite on trouvera un boulot plus gratifiant… Et je me sentirais mieux quand on aura quitté cet endroit. Y a de ces rumeurs qui circulent… J’ai pas envie d’être mêlé à des saletés d’histoires pas nettes, je tiens à ma peau. » Cet argument parut ébranler le grand homme, qui se gratta la tête d’un air assez perturbé, et lâcha au bout de quelques instants : « T’as sans doute raison gamin. Et Ewald nous a déjà donné la commission, ce sera suffisant. Bon, dit-il en se retournant vers Reinard, on te laisse la marchandise là, elle est à livrer dans le cellier je crois. Mais avant, faut passer par le gringalet prétentieux que tu vois à l’entrée, il doit vérifier je sais pas trop quoi. » Le gringalet prétentieux en question se tenait effectivement devant la porte, un lourd registre dans la main droite, une plume dans l’autre, et semblait contrôler le flot de marchandises qui s’écoulait.
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Eranor

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L’attente était insupportable. Je continuai de prier intérieurement, l’échec n’était pas envisageable, pas devant mon maitre alors qu’il me faisait confiance. L’adolescent me détailla rapidement du regard, la peur grandit alors en moi, car il pouvait aisément remarquer ma faible stature, mais la joie de pouvoir abandonner son travail devait être plus forte que sa méfiance. Très vite, il proféra quelques injures envers son patron, un homme nommé Ewald, mon stratagème avait finalement fonctionné. Mais le plus fort des trois hommes entendit le jeune homme en sueur et se mit à le réprimander avant de se retourner vers moi et pointer l’évidence : Il n’y avait aucune raison qu'Ewald ne m’envoie seul faire le travail de trois hommes.

Je sentis la peur remonter en moi, j’avais échoué. J’avais espéré que les deux autres hommes ne m’est pas remarqué et que le plus jeune s’adresse à eux sans que je ne sois observé par quiconque, mais ce ne fut pas le cas. Je me mis alors à réfléchir à toute vitesse, je devais trouver un plan pour m’en sortir. Finalement, il m’apparut nécessaire de vider l’esprit de l’homme musclé se méfiant de moi, mais avant même que je ne puisse prononcer un des anciens mots du langagemagikan qui constituait la formule, le troisième homme prit la parole.

-Oh, allez Garret, arrête de faire ton difficile. Si le patron envoie quelqu’un, c’est pas pour rien. Et puis, on a mieux à faire que décharger des tonnes de céréales pour un richard de l’Oberreik District. Surtout à cette heure, morbleu !

Il s’ensuivit alors une nouvelle réponse de l’adolescent, qui ne voulait vraiment pas rester apparemment.

-Oui, surtout que le client a déjà payé Ewald. On s’en moque s’il arrive quelque chose à trois épis de blé. Plus vite on sera parti d’ici, plus vite on trouvera un boulot plus gratifiant… Et je me sentirais mieux quand on aura quitté cet endroit. Y a de ces rumeurs qui circulent… J’ai pas envie d’être mêlé à des saletés d’histoires pas nettes, je tiens à ma peau.

Le méfiant homme aux muscles taillés par des années de travail de ce genre entra alors en réflexion, tout en se grattant la tête. Il était clair que les rumeurs dont parlait le jeune adolescent étaient suffisantes pour écarter tout soupçon et ce fut donc avec un grand soulagement qu’il répondit :

-T’as sans doute raison gamin. Et Ewald nous a déjà donné la commission, ce sera suffisant. Bon, on te laisse la marchandise là, elle est à livrer dans le cellier je crois. Mais avant, faut passer par le gringalet prétentieux que tu vois à l’entrée, il doit vérifier je sais pas trop quoi.

Le soulagement laissa bien vite place à une pointe d’appréhension, quoi que disent ces rumeurs, elles étaient suffisamment effrayantes pour pousser un homme aussi musclé que mon interlocuteur à abandonner son poste, ce qui est suffisant pour que mon instinct de survie me dise qu’entrer dans un tel bâtiment n’était pas forcément une bonne idée. Mais certaines choses doivent être faites, pour le bien de l’empire et pour le bien de l’humanité. Autant profiter de ce que savent les livreurs et ce fut donc avec un regard interrogateur que je m’adressai à eux.

-Quelles sont ces rumeurs dont vous parliez . J’aimerais bien savoir dans quoi Ewald m’a encore embarqué…

Après qu’ils m’eurent répondu et qu’ils partirent, je me retournai rapidement vers mon maitre en lui lançant un regard qui affirmait « On a un problème ». Cet homme à l’entrée devait avoir toute la confiance de son patron, il devait vérifier quelque chose d’assez étrange si les livreurs n’avaient pas compris ce que c’était. Il était probable qu’il nous attire des ennuis, je doutai qu’il ne soit là que pour surveiller les entrées et sorties des livreurs.
Dans le cas où Edwin Dahmabach vient à Reinard (ou qu’il fasse signe à Reinard de venir à lui)
J’exposais alors tout ce que j’avais appris des rumeurs sur l’endroit et la présence de cet étrange domestique aux portes du manoir. Puis, je lui parlai de mes craintes quant à la possible surveillance qu’il exerçait afin de démasquer tout enquêteur et de mes doutes quant au fait qu’il ne tienne que les registres d’aller et venu des marchandises.
Modifié en dernier par [MJ] Drakonis le 02 juil. 2012, 18:21, modifié 1 fois.
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