- "Grrrrm ... C'plus serré qu'le croupion d'un ogre c'truc là." grogna-t-il en se meurtrissant les poignets entre le bois et la corde qui le retenait prisonnier. Un gémissement étouffé leur signifia qu'Igmir se réveillait également. Sa voix cassée mais toujours aussi calme arriva aux oreilles du guerrier nain sans que celui-ci ne puisse voir le montagnard.
- "Mortecouille ... Où est-ce qu'on est ..."
- "J'crois bien qu'on est dans une hutte d'peau-verte !" ironisa Bartam, échauffé. "Et ces enfoirés ont aussi prit toutes nos armes !"
- "Elles sont plus proches que ... *kof kof* ... tu ne le crois. De là où je suis je les vois derrière l'espèce de trône." les informa Igmir en toussant. Sa voix trahissait un état de santé des plus alarmants. Les blessures qu'il avait reçu à Kazad Urkbavak, la plaie à la cuisse, le coup qu'il avait reçu quelques heures plus tôt, la faim, la fatigue et la soif semblait avoir lentement raison de la résistance du montagnard.
En effet, ils ne pouvaient dire depuis combien de temps ils étaient attachés ici et la faim et la soif commençaient à se faire sentir. Leurs gorges étaient sèche et leur estomacs tiraient douloureusement. De plus, la position assise qui leur était imposée engourdissait leurs jambes et leurs bras et au final leur corps entier les faisait souffrir. Depuis l'intérieur, ils n'entendaient que de vagues éclats de voix, des sons rauques, le bruit d'un marteau contre du bois, un rugissement. De temps en temps une ombre passait devant l'entrée de la hutte, cachant pour quelques instants la lumière du soleil et laissait le feu comme seul éclairage. Mais le fait qu'ils soient attachés face au fond de l'habitation putride les empêchait de voir quoi que ce soit de ce qui se passait derrière eux, à l'intérieur comme à l'extérieur. La seule chose qu'ils savaient en réalité, c'est qu'il était en plein territoire peau-verte, entravés et sans armes.
Encore quelques minutes - heures ? - passèrent jusqu'à ce qu'ils entendent des bruits de pas lourds se rapprocher d'eux. Thorak essaya de tourner la tête mais le poteau en bois auquel il était attaché masquait la périphérie de son champs de vision. Les pas se rapprochèrent et avec eux une odeur nauséabonde de crasse et de charogne. Finalement, un énorme orque les dépassa et vint s’asseoir sur le trône en poussant un grognement de plaisir, se délectant du spectacle des trois nains attachés et sans défense. Il était énorme, peut être un tier plus quand que les autres spécimens de sa race. Sa peau était plus sombre que ce que Thorak avait pu voir jusque là et ses yeux aux iris rouges débordaient de ruse et de cruauté. Son corps était recouvert d'une armure composite impressionnante, faite d'un assemblage de divers éléments pour donner un caparaçon d'au moins une centaine de kilogrammes. Le casque encadrait le faciès hideux de l'orque et deux cornes jaunies en dépassaient. Le peau-verte resta ainsi à les observer sans un mot, un rictus souriant sur sa bouche garnie de crocs. Bartam poussa un grognement en le voyant, alors qu'Igmir resta silencieux et calme, comme à son habitude.
Finalement, l'orque se releva et s'approcha de Thorak, qui était le plus proche, de sa démarche chaloupée.
- "Troi bô naboz. Mé boyz mon fé bô kado. Dan sal éta, mé fera l'afair' pour la Foss'." gronda-t-il en soufflant son haleine putride en plein dans la face du guerrier nain.







