Cet endroit n'avait de commun avec les casernes humaines que ses objectifs et sa fonctionnalité, mais le goût elfique du luxe, de l'esthétisme et des divertissements intellectuels s'y ressentait à chaque détour de couloir. Jusque dans les salles d'armes, on avait décoré les murs et disposés les meubles avec élégance et sobriété, et la moindre épée d'entrainement aurait facilement trouvé sa place au fourreau d'apparat d'un aristocrate humain d'importance moyenne. Les disciple eux même tenait davantage de l'étudiant sérieux des universités prestigieuse des grandes capitales que du soudard. Les couloirs, les salles d'entrainement et de repos, les jardins et les chambrés fleurait bon la camaraderie, l'estime réciproque, l'entraide, la persévérance et l'intelligence.
Du moins la plupart du temps.
Car depuis quelques années, un personnage venait ajouter une pincée de sel indésirable dans la sérénité du lieu. Au début, il y avait eu quelques incidents bénins: des combats d'entrainement poussés un peu trop loin, des échanges verbaux un peu vifs avec les autres élèves sans qu'on puisse toutefois parler de réelles disputes, quelques troubles liés à l'alcool et une certaine froideur peu engageante dans son comportement général.
Depuis la disparition du regretté instructeur Lewäel, le jeune Eltrys filait du mauvais coton. Avec sa réputation de mal retenir ses coups, étayée par les cicatrices de plusieurs partenaires, il en était au point où plus personne ne proposait spontanément de s'entrainer avec lui. Quand c'était lui qui demandait une passe, il arrivait que son partenaire trouve un prétexte pour se défiler, voir quelques fois expose franchement les raisons de son refus.
Le mois dernier, la pression était monté d'un cran après un accident lors d'une passe à armes réelles qui avait manqué de peu couter un bras à son adversaire. Le bras ne garderait pas de séquelles à vie, mais resterait inutilisable pendant une année entière. Après ça, plus personne n'avait voulu croiser le fer avec lui, et il devenait très clair que ses instructeurs eux mêmes n'attendaient qu'une faute encore plus grave de sa part pour l'exclure ou, à défaut, un prétexte quelconque pour l'éloigner
Ce matin, en sortant de la chambre de disciple qu'il occupait à la tour, Eltrys nota qu'un serviteur avait déposé au pied de sa porte un courrier écrit de la main du grand maître Enanthier en personne, l'invitant à venir le rejoindre dans ses appartements personnels avant midi pour discuter d'un projet auquel il souhaiterait le voir participer, sans plus de précision.
"Avant midi", et il était à peine sept heures du matin. Eltrys pouvait partir directement rejoindre le grand maître ou profiter du début de sa matinée comme bon lui semblait.
[désolé pour le pavé, une intro c'est une intro

