Si le chef des gardes de Nahël ignora purement et simplement les salutations de Verteflèche, son seigneur, Ori Aen Elle, lui adressa une remarque qu’elle trouva plutôt étrange. En fait, sur le coup, Ætinis avait eu l’impression de se retrouver quelques années plus tôt, lorsque son père, son frère ou un adulte lui enjoignait de ne pas faire de bêtise. Ne pas faire d’histoire pour ne pas le déranger, bien se comporter. Si Ori avait été du même rang social qu’elle, notre archère n’aurait pas hésité une seconde à lui répondre ironiquement « Oui papa ! ». Mais évidemment, il n’en était absolument pas question ici. Elle était au service du noble elfe et de sa famille, et par conséquent, elle se devait de leur obéir.
D’autant qu’il avait sûrement raison, se dit-elle finalement après quelques instants de réflexion. A force d’essayer d’être sympathique avec ses camarades militaires, elle finirait par mal se comporter à cause de son inexpérience, et peut-être créer des tensions voire un conflit qu’elle ne souhaitait certainement pas. Et effectivement, si Ori était obligé d’intervenir pour la tirer d’un mauvais pas, elle n’en mènerait par large… Non, il fallait qu’elle se discipline un peu plus, qu’elle refreine son enthousiasme, ce serait mieux pour tout le monde, pour son seigneur comme pour elle. Aussi promit-elle sagement à son protégé qu’elle ne ferrait pas de vague, sur un ton soumis qui montrait qu’elle avait compris et approuvait un tel ordre.
Après quoi elle commença à parler avec le cocher qui se révéla être de loin le plus ouvert et le plus amical des trois gardes, les autres n’ayant même pas pris la peine de répondre à ses salutations. L’elfe s’appelait Nalthaël, ou « Nal’ », et comme elle il était archer, même si lui servait dans l’armée de la famille Æthil. Il lui expliqua en outre pourquoi ni le capitaine, ni l’autre soldat, qui étaient tous deux montés à cheval pour escorter le carrosse ne lui avait pas accordé leur attention. Apparemment, le capitaine, qui se nommait Arthorias « l’Exécuteur » était quelqu’un de très sévère qui ne tolérait pas l’échec ou la faiblesse. Il paraissait également très proche de son seigneur, et faisait un peu peur à notre héroïne, bien qu’elle ne l’aurait jamais reconnu si on lui en avait fait la remarque. Quant à l’autre garde, un grand elfe bien bâti, il s’agissait apparemment d’une sorte de misogyne, ou du moins de quelqu’un qui méprisait les combattantes féminines, mais d’après Nal’, il avait un bon fond bien qu’un peu spécial.
Finalement, elle était relativement bien tombée puisqu’elle était assise aux côtés du seul elfe qui ne l’intimidait pas ni ne la détestait. Les yeux de Verteflèche parcoururent le magnifique paysage des plaines fertiles et verdoyantes de Nagarythe, parsemées ça et là d’habitations, de villages, de forêts et de cours d’eaux. Elle qui avait vécu la majeure partie de sa vie en forêt ne se lassait pas de cette vue qu’elle trouvait magnifique. Sans aucun doute, la province d’Ænarion était de loin la plus belle et la plus riche d’Ulthuan, pensait-elle, bien qu’elle n’ait jamais connu aucune autre province à l’exception de Chrace. Mais si elle regardait si intensément la beauté des panoramas qui s’offraient à elle, c’était aussi et surtout parce que malgré tout elle était censée être une soldate, une garde du corps et qu’elle ne l’oubliait pas, et surveillait donc la survenance d’éventuels ennemis, même si une telle perspective lui paraissait peu probable en plein cœur de Nagarythe, où les traitres devaient selon elle se compter sur les doigts de la main.
Ætinis se dit qu’elle avait quand même la chance d’exercer un magnifique métier. Ainsi, elle pouvait concilier travail et plaisir. D’un côté, servir son pays, ses valeurs, combattre pour la justice et le bien, et menée par des elfes valeureux et entourée de camarades d’exception, tout cela était déjà grisant ! De l’autre, profiter du voyage pour parler avec le cocher, admirer le paysage, se reposer assise au grand air, cela, ce n’était que du bonus à ses yeux !
Répondant à Nalthaël avec un grand sourire qui n’avait rien de feint, Verteflèche continua à converser, non sans maintenir sa vigilance sur ce qu’elle voyait afin d’être prête à réagir le cas échéant. En plus, il ne semblait même pas dérangé par son accent !
-Contente de te connaître, Nal’ ! Dis-moi, je vois que tu possèdes un très bel arc en if, et je m’y connais plutôt pas mal en matière d’objets en bois. Comment-donc l’as-tu eu ? L’armée de la famille Æthil donne-t-elle ce genre d’armes à tous ses soldats ? Si oui, elle doit être sacrément riche !
Elle attendit la réponse du cocher, qui vint avec un humble sourire :
« Ah, heu... Non, je ne suis pas suffisamment... important en tant que soldat pour que la famille du seigneur Nahël m'offre... un arc ou quoi que ce soit d'ailleurs. »
Puis elle continua, en dévoilant un peu plus sur elle par la même occasion. Il n’y avait pas de raison que les informations n’aillent que dans un sens après tout !
-Moi, je n’ai que ce que j’ai apporté avec moi de mon village, la vieille épée de mon père –d’ailleurs je n’ai même pas de fourreau pour elle, je devrais sûrement en fabriquer un à l’occasion, ce n’est pas très compliqué, mais ça demande un peu de temps quand même-, une dague et mon arc et mes flèches, que j’ai fabriqués de mes mains !
Je n’ai rien reçu en dotation lors de mon engagement. Sans-doute la famille Aen Elle ne donne-t-elle aux recrues que le nécessaire, et attend qu’ils fassent leurs preuves pour mieux les équiper s’ils le méritent… Mais je ne m’en plains pas : de toute façon, je ne vois pas de quoi j’aurais eu besoin de plus, même une armure comme celle que porte le capitaine Arthorias me gênerait plus qu’autre chose, je préfère être totalement libre de mes mouvements et pouvoir me camoufler dans la nature…
En disant cela, elle montra rapidement à son camarade la lame d’or marin qu’elle portait nue à sa ceinture, cachée par sa cape en temps normal, et son arc et ses flèches artisanaux. La jeune elfe n’était pas peu fière de son travail ! Le voyage promettait d’être encore long, et malgré la fatigue qu’elle avait accumulée ces derniers jours, notre héroïne avait encore des tas de questions à poser à son interlocuteur, ravie d’être tombée sur un compagnon de voyage aussi sympathique. D’où venait-il ? Comment et pourquoi était-il entré au service de la famille Æthil ? Avait-il déjà rencontré Valarion et si oui comment était-il ? Avait-il une famille ? Mais elle se retint de lui demander cela trop rapidement, de peur de le submerger sous les interrogations. Elle avait largement le temps, de toute façon, car le voyage durerait des heures au cours desquelles elle espérait bien apprendre à connaître un peu mieux Nal' en lui posant ces questions sans se précipiter. Réciproquement, de son côté, Ætinis était également prête à répondre à toutes les éventuelles questions que lui poserait son camarade. Après tout, elle n’avait rien à cacher, et tout à partager : ils servaient la même cause.
NB: la réponse de Nal' a été faite par Rhamlet, recueillie par MP et intégrée dans le post.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 15 avr. 2016, 17:10, modifié 1 fois.
Raison :+6 xp (total 25). Wikifié.
Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ertefleche
Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.
Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
Je passe de la première à la troisième personne (comme avec mon perso Geralt) je trouve cela mieux.
Nahël se mit à son aise, incitant ainsi le jeune Ori à faire de même. L'intérieur du carrosse étant plutôt spacieux, les deux hommes purent étendre leur jambes à leur luxe. Malgré les doutes et la question du fils des Aen Elle, le descendant de Valarion se contenta d'esquiver la question, pensant qu'il n'était pas encore temps de dévoiler ces plans. Peut être voulait il en premier lieu, jauger son invité, car même si ils servaient tous les deux les projets du roi sorcier, tous deux savaient aussi que chacun servaient les intérêts de sa propre famille. Entre membre de la haute noblesse, les conflits étaient chose courante, chacun voulant obtenir son moment de gloire et sa parcelle du gâteau.
L'observant de ces yeux violets, Ori resta silencieux, laissant son interlocuteur parler à loisir. La route pour Tor Æthil était longue, et le convoi n'arriverai à destination qu'au moment de la nuit tomber.
Nahël se décida enfin à faire un point sur la situation actuel des combats, chose qui capta toute l'attention de Ori, en effet, des nouvelles fraîches des différents fronts étaient bonnes à prendre, l'information était un point clé du nerf de la guerre, aussi important que l'argent d'ailleurs. Il semblait donc que le seigneur Malékith était occupé avec ces troupes dans l'est du pays, plus précisément à la frontière du royaume elfique de Cothique. Il lui expliqua que dans cette région, la victoire était loin d'être à notre avantage, il était amusant d'entendre cela, alors que en ville, la propagande démontrait de A à Z que nous étions en train de gagner la guerre, et que ce ne serait plus qu'une question de mois avant notre victoire total...
Ainsi donc, la famille Æthil avait reçu pour mission de tenir le front Ouest, où la situation semblait être maintenue... Une bonne chose, car comme il l'avait précisé, le sud était gouverné par des royaumes hostiles au roi sorcier. Ouest, est, sud... Nous étions peu à peu prit dans l'étau tissé par Imrik de Caledor...
Concernant le flanc ouest, le légendaire Valarion, grand père de Nahël s'était mit à collecter l'allégeance de différentes familles de moindre importance dans le but de renforcer le front, chose des plus judicieuse, et Ori ne doutait pas que beaucoup s'était rallier à cette cause quand on connaissait le passé de Valarion.
Le but de l'invitation de Nahël était simple : Résider chez les Æthil, afin d'y fréquenter la cours qui s'y tenait, bien entendu, Ori savait que là bas se trouvait en grande partie les plus puissants dignitaires du royaume. Il pouvait le dire, il allait être jeté en plein dans la gueule du loup, ou plutôt la cours des grands... Une chose fut précisé concernant le roi sorcier.
"Vous... Vous voulez dire que d'ici deux semaines ? Notre prince sera à votre cours ?!..."Il tenta de cacher l'impatience qu'il avait de voir le grand Malékith, mais on pouvait facilement deviner dans ses yeux que cette idée le rendait impatient. En effet, il n'avait jamais vu son souverain de près, ni de loin d'ailleurs, son père était le seul à lui avoir parlé de lui. Maintenant qu'il avait été introduit dans la cours, il était de son devoir d'obtenir les bonnes faveurs du roi sorcier, pour le bien des Aen Elle.
Il s'enleva cette nouvelle de sa tête reprenant sa concentration. Nahël se décida même à lui proposer de lui prêter main forte sur le front de l'Ouest, bien entendu, il voulait accepter cette idée, l'heure était aussi venu pour lui de faire ces preuves dans le domaine militaire, mais une question lui trotta la tête.
"Si je comprends bien seigneur Nahël, vous souhaitez que je parle au nom de mon père, pour obtenir des troupes de notre famille, dans le but de vous aidez dans l'ouest ? Si c'est cela, sachez que je n'ai pas encore autant de pouvoir que vous semblez le penser, je ne suis pas mon frère... Peut être auriez vous du voir cela avec lui concernant ce combat."
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 16 avr. 2016, 01:25, modifié 2 fois.
Raison :+6 xp (total 24). Wikifié.
Le seigneur Nahël fronça imperceptiblement les sourcils, comme indisposé par quelque chose, mais continua malgré tout de répondre aux interrogations d’Ori, portant l’un des fruits de la coupelle à ses lèvres, le gobant sans autre forme de procès.
« Non, à vrai dire la guerre ici dans l’Ouest est plus politique que militaire ; le conflit n’a pas encore éclaté au grand jour, et même si les escarmouches existent, elles demeurent relativement rares.
Tiranoc était la région où l’ancien Roi-Phénix Bel-Shanaar tenait sa cour, et beaucoup considèrent cette région comme la plus puissante d’Ulthuan. Nagarythe lui fait depuis toujours concurrence, ayant été le centre politique d’Ulthuan à l’époque du Défenseur.
Deux régions si prestigieuses, quoique rivales, ne sauraient sombrer dans la violence aveugle. Il est d’ailleurs heureux qu’il en soit ainsi, car les forces militaires de Tiranoc sont considérables, et l’issue d’un conflit d’une telle ampleur ici dans l’Ouest d’Ulthuan serait incertaine…
Non, l’aide que je vous demande est plus diplomatique. Il s’agirait de m’aider à rallier à notre cause les familles nobles de cette région frontalière, par négociation ou manipulation. »
***
La petite compagnie poursuivait son chemin, de même que les conversations parallèles suivaient leurs cours. Le petit cortège était partie depuis plus d'une heure, maintenant. Nalthaël ne semblait pas éprouver trop de difficulté à diriger l’attelage tout en discutant, d’autant plus que sa langue semblait s’être finalement déliée : sous ses abords réservés se cachait en fait un compagnon de voyage franc et malicieux, qui ne mâchait pas ses mots et exprimait son avis sans détour alors qu’il répondait aux différentes questions de sa curieuse nouvelle équipière.
« Je suis issu d’une famille du peuple… sans prétention aucune.
J’ai passé toute mon enfance à Tor Æthil, jusqu’à ce que… l’heure soit venue de marcher dans les pas de mon père…
C’est comme ça que je me suis enrôlé en tant qu’archer… A la fois par vocation mais aussi parce que… c’était la meilleure façon pour moi de gagner ma vie, maintenant que mes parents ne sont… plus là. »
Une ombre passa sur son visage alors que son regard se perdait dans le vague, mais un sourire attristé prévint tout risque de malaise, à mesure que l’archer retrouvait son positivisme. Se retournant vers Ætinis, il sembla sur le point de lui poser une question :
« Dis-moi, est-ce que tu as… »
L’archer n’eut pas le loisir de finir sa phrase, car deux flèches à empennage blanc surgies de nulle part vinrent le transpercer dans un bruissement sifflant, se fichant dans son biceps gauche et son épaule droite, le clouant quasiment contre l’habitacle du carrosse. Nal’ ouvrit de grands yeux étonnés, le sang refluant de son visage interloqué. Dans un effort visiblement difficile, l’archer tira du mieux qu’il put sur les rênes de l’attelage, intimant l’ordre aux dociles coursiers de ralentir avant de laisser lesdites rênes glisser de ses doigts gourds. Tandis que le carrosse ralentissait avant de s’immobiliser, Ætinis vit le capitaine Arthorias les dépasser sur son propre coursier, retirant négligemment une flèche fichée dans son kheitan mais qui n’avait pas transpercé la protection renforcée du plastron. Le dénommé Ilkar lui emboîtait le pas, chargeant en direction des fourrés d’où partait déjà une seconde volée de projectiles.
« Chiens de loyalistes ! »
Désolé pour le post un peu court, mais j'essaie de poster malgré mon absence histoire qu'on ne perde pas l'immersion
A en juger par le nombre de flèches, les assaillants ne sont probablement pas plus nombreux que vous. La charge des deux elfes va les forcer à bouger, révélant probablement leur position.
Je vous laisse décrire vos actions pour ce tour. Vous pouvez également indiquer vos perspectives d’actions pour les deux prochains tours, j’en tiendrai compte.
Ætinis peut agir ce tour, étant à l’extérieur. Ori, Nahël et toi réalisez que quelque chose cloche en sentant le chariot freiner et le cri d’Arthorias.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à laCaverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :
"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :
En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."
La réserve de Nalthaël s’était bien vite envolée, et le sympathique elfe se révéla pour un camarade très agréable pour Ætinis. Cette dernière n’arrivait plus à se départir de son sourire. Il était très plaisant pour elle de discuter avec un frère d’arme, car depuis qu’elle avait décidé de quitter son village pour rejoindre l’armée, elle avait toujours été plus ou moins seule. Grâce à Nal’, le voyage promettait de paraître beaucoup moins long, et pas seulement parce qu’il était bon cocher. Elle se félicitait intérieurement de n’être pas tombée sur quelqu’un comme Arthorias ou Ilkar à côté d’elle. Si cela avait été le cas, le trajet n’aurait guère été drôle, et elle se serait sûrement laissée aller au sommeil, calée confortablement contre la banquette.
Comme Verteflèche s’y attendait, l’archer était issu d’une famille modeste de Tor Æthil où il avait vécu durant sa jeunesse, son père étant lui-même soldat dans l’armée de la famille Æthil. Malheureusement, et la nouvelle attrista aussi sincèrement la jeune elfe qui se sentit mal pour lui, il fit comprendre que ses parents étaient décédés, sans préciser les circonstances de ce drame. Compatissante, Ætinis répondit par un sourire timide à celui de son compagnon de voyage, qui semblait par là-même signifier qu’il ne souhaitait pas s’attarder sur le sujet, mais revenir au positif. Le cocher se tourna alors vers elle et commença à lui poser une question. Verteflèche était prête à lui répondre sur n’importe quel sujet, et l’encouragea d’un signe de tête complice à parler librement. Ce qu’il fit sans attendre, lui demandant si elle avait…
Mais il n’eut pas le temps de finir se phrase et Ætinis ne sut pas ce que son interlocuteur voulait savoir. Car, avant même qu’il ait fini formulé sa question, il fut coupé en plein milieu de sa phrase par deux sifflements caractéristiques qui fendirent l’air. Des flèches ! Les yeux vifs de notre héroïne identifièrent immédiatement l’origine de ce que son ouïe affinée avait entendu. Mais il était déjà bien trop tard pour que quiconque puisse faire quoi que ce soit, et une fraction de secondes plus tard, Nalthaël se retrouvait littéralement cloué au véhicule qu’il conduisait par deux traits aux plumes blanches, le souffle brutalement coupé par le choc.
Il fallut à Ætinis un quart de seconde pour réagir, le temps pour elle de comprendre la situation, si soudaine. Une décharge d’adrénaline monta brusquement en elle tandis qu’elle réalisait ce qui venait de se passer et ce que cela impliquait.
Le bras gauche et l’épaule droite de Nalthaël étaient touchés, probablement même transpercés de part en part et peut-être même cloués au bois du carrosse. Même si les zones atteintes n’étaient pas vitales, la puissance des arcs elfiques était telle que son compagnon était gravement atteint et risquait de se vider de son sang si on n’intervenait pas vite. En tout cas, il était hors de combat, mais dans un effort terrible, il parvint néanmoins à garder la maîtrise de ses chevaux et à stopper la voiture. Puis même les rennes lui glissèrent des mains. A cette vue, Ætinis ne put se retenir de hurler, ses mains tremblantes traduisant extérieurement la détresse et la peur qui s’étaient soudain emparé d’elle :
-NAL’ !
Par Isha, il est touché ! A l’aide, on nous attaque !
Des signaux contradictoires se combattaient dans l’esprit de la soldate, tandis que ses compagnons d’armes ne se posaient pas autant de questions, et chargeaient droit vers les buissons d’où provenaient les tirs. Son instinct de survie lui disait de s’enfuir pour se sauver. Mais ses émotions allaient plutôt dans le sens d’empêcher à tout prix que le blessé ne meure. Quand à sa logique, elle lui disait de combattre. En voyant une deuxième volée de flèches qui fonçait vers eux, son choix fut vite fait. L’équation se simplifiait, ses trois objectifs se combinant immédiatement en un seul. Instinctivement, elle savait que pour survivre, il faudrait se battre, car elle ne pourrait pas courir plus vite que des flèches. Emotionnellement, il lui fallait neutraliser au plus vite les tireurs pour protéger Nal’ et les autres. Et tout le reste, ses valeurs, son éducation, sa manière de penser, sa mission tout cela, sa « logique propre » en somme ce qui faisait d’elle ce qu’elle était, lui disait la même chose depuis le départ :
*Bats-toi.*
L’adrénaline surexcitait la jeune elfe et lui permettait pour l’instant d’ignorer sa peur. En fait, elle n’avait pas vraiment le temps de penser à ce qui pourrait lui arriver, elle devait réagir vite, ce qu’elle fit. Sans prendre le temps d’examiner la blessure de son camarade, notre héroïne se saisit de son arc qu’elle avait sur les genoux, se mit debout sans prendre la peine de descendre du véhicule, et encocha une de ses flèches à l’empennage vert. Puis, sans même penser aux conséquences de ses actes –elle agissait plus en suivant son intuition à chaud qu’après une mûre réflexion- elle commença à tirer des flèches aussi vite qu’elle le pouvait en direction du buisson. Elle n’arrêterait son tir que lorsque les cavaliers alliés seraient arrivés au corps-à-corps et couperaient sa ligne de mire. Il était de toute manière beaucoup plus facile de tirer sur un buisson que sur des gens. Peut-être aurait-elle plus hésité si elle avait vu les tireurs en personne. Elle n’avait encore jamais tué personne, et bien qu’elle se crût capable de le faire si nécessaire, sans quoi elle ne se serait pas engagée dans l’armée, elle espérait sincèrement ne jamais avoir à prendre une vie d’elfe.
Ces salauds, ces traîtres avaient beau avoir attaqué sans sommation leur carrosse, ils n’en étaient pas moins des personnes et Ætinis aurait beaucoup de mal à tirer sur un elfe en sachant qu’elle risquait de le tuer. Là, elle n’avait pas le choix, et agissait d’instinct, sans réfléchir, mais il n’empêchait qu’elle restait elle-même et ne pourrait pas tuer de sang-froid, et même de sang-chaud comme c’était le cas ici, si elle n’y était pas obligée.
Ætinis tire en utilisant le tir à déclenchement rapide. Elle ne vise pas un endroit particulier, mais juste l’endroit d’où viennent les tirs dans sa globalité. Elle tire jusqu’à l’arrêt de l’attaque adverse, la reddition ou la fuite de l’ennemi, l’arrivée au corps-à-corps ou dans sa ligne de mire des deux cavaliers ou la survenance d’un élément nouveau qui changerait la donne (que ce soit de la part des ennemis, des alliés, l’intervention d’un tiers ou une action d’Ori).
Si l’ennemi se rend ou fuit, elle cesse immédiatement de tirer. Si l’ennemi sort à découvert, elle vise préférentiellement les ennemis à découvert s’ils sont agressifs (sans viser d’endroit particulier dans le corps), sinon elle les ignore et continue à tirer d’abord sur ceux qui se battent. Si un blessé ennemi est trop affaibli pour continuer à se battre, quand bien même il ferrait mine d’être agressif, elle l’ignore et se concentre sur ceux qui se battent.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 17 avr. 2016, 19:57, modifié 1 fois.
Raison :+6 xp (total 31). Wikifié.
Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ertefleche
Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.
Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
Désolé c'est court, mais là pas grand chose à dire ou faire ^^
Le voyage était toujours aussi calme, et le confort du carrosse le rendait même agréable. Il semblait aussi que le cocher, sachant bien manier ces bêtes, évitait sans grande difficulté, les dégâts de la route, qui aurait pu secouer d'une manière où d'une autre le véhicule et ainsi déranger la tranquillité des deux seigneurs. Le débat entre lui et Nahël continua, le jeune Aen Elle remarqua que les questions qu'il posait semblaient gêner le fils de Valarion... Étrange... Il n'avait pourtant rien dit de bien particulier, ou de choquant. Il ne s'attarda pas plus là dessus, écoutant de nouveau avec attention son interlocuteur.
Il semblait en réalité que le front Ouest n'était pas encore plongé dans une véritable guerre. Deux fronts existaient bel et bien, mais pour le moment, les rares cas de combats n'étaient que de petites escarmouches sans influence réel. Dans tout les cas, Ori en était certain, si une guerre se mettait à ronger l'ouest, en découlerai de nombreuses pertes dans les deux camps. Pour lui, la chose devait être évité, faire couler encore plus sang serait une perte de temps matériel et économique. Il aurait été préférable pour nous, de nous faire tout petit, et ainsi de garder la situation comme elle était. Bien sûre il ne partagea pas son idée avec le seigneur Nahël.
L'aide demandé à Ori était plus une aide politique. Le but étant de rallier les familles nobles de la région en usant de la négociation où de la manipulation... Nahël était un vrai renard... Il était logique d'amener Ori, un membre d'une famille puissante et en pleine ascension, dans le but de montrer que la famille Æthil était capable de bien s'entourer. Cela aurait peut être l'utilité de calmer les familles récalcitrante l'idée d'alliance.
Mais alors que Ori se préparait à lui répondre, le chariot s'arrêta brusquement, secouant un court instant l'intérieur de l'habitacle. Que se passait il ? Pour le moment il ne pouvait le savoir, mais il entendit clairement deux projectiles s'enfoncer dans le bois du carrosse. Il regarda Nahël qui semblait ne pas comprendre l'arrêt soudain du moyen de transport. Soudain dehors, il entendit : "Chien de loyaliste !"
Cette phrase lui fit comprendre que quelque chose clochait, il semblait qu'une attaque avait lieu dehors... Par des partisans du roi phœnix ?! Ici en plein coeur de Nagarythe ? Impossible, cette région étant sûre d'ordinaire, d'après ce qu'il avait pu en entendre.
Dehors il entendit une voix féminine crier à l'aide, et sonnant l'alerte. Ori se douta que c'était la jeune Ætinis. Sans perdre un instant, mais avec précaution, il ouvrit la porte du carrosse pour jeter un oeil dehors, si attaque il y avait, il fallait se battre. Posant pied à terre, profitant du couvert du carrosse, il dégaina son épée. Son coeur battait à cent à l'heure, après tout, c'était son premier combat réel. Il ne pouvait pas voir les ennemis, mais entendit que des flèches étaient tirées. Il leva les yeux en hauteur, et vit sa protectrice, tiré un peu à l'aveuglette, en direction de buissons, là où s'était lancé au galop les hommes de Nahël. Le fils des Aen Elle, hurla à l'attention de la jeune femme.
" Ætinis ! Descends donc de là, tu es une cible offerte là ou tu te tiens, viens vers moi !"
En effet, ils étaient au milieu d'une embuscade, face à des ennemis invisibles dont on ne pouvait connaitre le nombre, il fallait rester calme, et analyser la suite des événements.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 17 avr. 2016, 19:58, modifié 1 fois.
Raison :+6 xp (total 30). Wikifié.
ROUND 1 : Ætinis tire avec succès à deux reprises (Tir à déclenchement rapide) en direction des buissons désignés. Toutefois, comme la direction reste assez vague, j’applique une difficulté supplémentaire, avec 50% de chance de toucher quelque chose (arbitrairement, tu touches en cas de résultat pair sur ton test de TIR). Sont pris en compte le bonus (+1 TIR) d’Adresse au Tir (Arc), et le malus (-1 TIR) du Tir à déclenchement rapide (Arc).
Tir 1 : 9, réussi. C’est impair, tu ne touches rien malgré tout. Tir 2 : 10, réussi. C’est pair, donc tu touches quelque chose. Effets précis inconnus.
=> J’arrête la résolution ici, c’est vrai qu’Ori n’a pas pu faire grand-chose mis à part sortir du carrosse au vu des informations que j’avais données.
La situation extérieure avait tout d’un chaos sans nom aux yeux d’Ori lorsqu’il s’extirpa de l’habitacle du carrosse, tirant son épée, prêt au combat. Les deux cavaliers servant d’escorte au véhicule avaient chargé en direction des buissons d’où avait jailli la première volée de flèches. Les sens affûtés du noble Aen Elle lui permirent de déceler la trajectoire de deux traits empennés de vert filant dans un sifflement vers les taillis : c’était la riposte d’Ætinis, qui se tenait debout à l’avant du chariot pour bénéficier d’un meilleur poste de tir. Mais ce-faisant, elle prenait aussi le risque d’être plus facilement prise pour cible, ce qui inquiétait visiblement Ori, d’où sa remarque.
La seconde volée de flèches de leurs assaillants n’avait pas fait grand mal, mais permis de confirmer un ordre de grandeur du nombre d’ennemis : Ori comme Ætinis ne purent dénombrer que deux traits décochés pour cette seconde salve, alors que du bruit émanait des bosquets alentours, leurs quelques ennemis fuyant la charge des cavaliers. Leurs assaillants ne semblaient décidément pas avoir l’avantage du nombre, loin de là. Plusieurs d’entre eux, peut-être la totalité, furent bientôt visibles, fuyant au milieu des arbres, une silhouette encapuchonnée s’éclipsant vers la gauche du point de vue de nos héros, deux autres archers fuyant par la droite.
Arthorias et Ilkar orientèrent leurs montures en direction des deux ennemis, préférant pourchasser le plus grand nombre d’adversaires. L’un des deux fuyards de droite avait l’une des flèches d’Ætinis, comme l’attestait son empennage vert, fichée dans le torse, et semblait salement amoché, progressant plus lentement que son compagnon. Nul doute que les cavaliers seraient sur lui en quelques instants. Réalisant probablement cet état de fait, l’autre archer encapuchonné de droite fit volte-face, et tout en bougeant, entreprit d’ouvrir le feu sur leurs poursuivants à cheval, flèche déjà encochée, ses mouvements fluides s’adaptant sans peine de la gêne constituée par ses déplacements.
Dans son dos, Ori entendit le seigneur Nahël sortir à son tour du carrosse, et perçut sa présence à l’extrême limite de son champ de vision. Le fils Aen Elle n’aurait pu le jurer sans tourner la tête, mais il lui sembla que les lèvres du petit-fils de Valarion Æthil remuaient. Il ne put toutefois comprendre ce que le noble essayait de lui dire, ses paroles étant emportées par la multitude de sons qui assaillaient ses oreilles.
Un post un peu court, du coup, puisque c'est à vous pour les round suivants !
Un fuyard à gauche, dans les bois bordant la route, que seule Ætinis peut encore avoir en champ de vision, mais il ne semble pas continuer d’ouvrir le feu. Deux fuyards à droite, dans le champ de vision de tous, dont l’un est sévèrement blessé au torse et peine à courir, tandis que l’autre essaie de le couvrir.
Ætinis est toujours sur son perchoir. Nal’ n’a pas bougé, bien sûr, mais il perd du sang à vue d’œil. Ori et Nahël sont tous deux devant le carrosse, potentiellement capables de couper la route aux fuyards de droite s’ils anticipent un peu.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à laCaverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :
"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :
En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."
Si Ætinis Verteflèche n’était pas encore une tireuse d’élite car elle manquait cruellement d’entraînement et de pratique pour pouvoir prétendre à ce rang, en revanche, notre héroïne avait un don inné pour la rapidité de son tir. On lui disait toujours, étant petite, qu’elle tirait très vite, même en mouvement, mais qu’elle y perdait en précision. Or, dans les concours de tir et à l’entraînement, une telle capacité était plus ou moins inutile, puisqu’il fallait toucher la cible le plus souvent possible et non pas vider son carquois très rapidement, quitte à manquer quelques tirs. Mais en situation réelle, Ætinis se sentait rassurée par sa cadence de feu.
Elle lâcha sa première flèche qui vola parfaitement et alla se perdre dans les buissons visés ! *Dans le mille !* pensa-t-elle. Dans la foulée, alors que la porte du carrosse s’ouvrait –ce qu’elle ignora royalement, restant concentrée uniquement sur sa cible-, elle encocha un deuxième trait d’un mouvement fluide et rapide comme l’éclair, puis banda son arc et décocha sa deuxième sagette. A son grand étonnement, le second projectile suivit exactement la même trajectoire que le premier, et alla lui aussi disparaître dans les taillis, sans qu’elle puisse savoir si quelqu’un avait été touché ou non.
Pourtant, elle avait été distraite en plein tir par une injonction de son seigneur, Ori Aen Elle, sorti l’épée au poing, qui lui ordonnait en criant de descendre, car elle était trop exposée debout sur la banquette avant du carrosse. Et il avait parfaitement raison. Sauf qu’un de ses camarades, quelqu’un qu’elle aurait sans doute bientôt pu qualifier d’ami, gisait là, à une trentaine de centimètres d’elle à peine, cloué au carrosse et salement amoché. Lui ne pouvait descendre et formait aussi une cible facile. Elle devait le couvrir ainsi que les cavaliers. Il était hors de question de l’abandonner, de le laisser mourir là sans rien faire. C’était la seule raison pour laquelle elle était restée là-haut, d’ailleurs.
Par chance, un rapide coup d’œil à la situation lui apprit que le danger immédiat semblait à priori écarté pour eux. Car l’espace d’un instant, tout s’était mélangé dans la tête d’Ætinis. Entre son adrénaline qui lui disait de surtout continuer à tirer sans s’arrêter quoi qu’il arrive, sa peur qui lui disait de se réfugier derrière le carrosse et d’y attendre à l’abri, sa raison qui lui disait d’obéir à son supérieur, et ses sentiments qui lui disaient de s’occuper du blessé en ignorant tout le reste, elle n’aurait pas su que faire si la situation ne s’était pas décantée.
Un peu plus loin en direction des buissons, les trois assaillants se repliaient maintenant, n’en menant pas large face à la charge d’Arthorias et Ilkar. Ils voulaient fuir et non plus se battre, et Ætinis se mit à leur place et les plaignit. A pied, sans armure ou en armures légères seulement, sans armes efficaces contre la cavalerie, le combat risquait de tourner à la boucherie pour les attaquants. L’un d’entre eux était blessé au torse par une de ses flèches, même à cette distance, elle en distinguait clairement l’empennage.*Ouf, au moins je n’ai tué personne, c’est déjà ça.* Se dit intérieurement l’archère en faisant ce constat rassurant, même si elle allait perdre une flèche dans l’opération. Deux groupes de fuyards s’étaient formés, tactique habile s’il en était pour maximiser les chances de survie. Le blessé était accompagné d’un brave camarade, qui, au péril de sa vie, le couvrait pour essayer de lui laisser une chance de survie, tandis qu’un troisième fuyait dans la direction opposée, qu’elle seule pouvait voir. Mais notre archère ne leva pas son bras armé dans sa direction, au contraire, elle reposa la flèche qu’elle avait prise dans son carquois. Cet elfe vivrait, elle l’épargnait de bon cœur, car il ne représentait plus aucune menace pour eux.
A mesure que le danger s’écartait, l’adrénaline retombait. Et elle se dit que ça aurait tout aussi bien put être elle. Elle à la place de Nal’, elle à la place de l’assaillant blessé sur le point d’être rattrapé par les deux cavaliers, si telle avait sa mission. A cette pensée, elle frissonna et eut envie d’hurler à Arthorias et Ilkar de les laisser, que c’était bon, qu’ils avaient gagné. Mais elle se retint, car elle savait qu’elle n’avait aucunement le droit de dire ça, et pire, que ce serait très mal vu non seulement par le capitaine, mais également par les nobles.
Alors, détournant le regard, mais priant intérieurement Isha et Asuryan d’arrêter ce massacre, elle revint à ce qui comptait le plus pour elle à ce moment précis. Elle avait une vie à sauver. Sans même lui accorder un regard, Ætinis répondit à son seigneur, tout en passant d’un geste rapide son arc dans son dos et détournant complètement son attention des combattants. Peu lui importait de baisser sa garde et de laisser ses ennemis s’enfuir. Elle avait terminé de se battre, le danger était écarté pour elle et Ori, ou du moins l’estima-t-elle, à tort ou à raison. Horrifiée par la vue de son si sympathique compagnon qui se vidait de son sang, pathétiquement cloué à son véhicule, elle cria plus fort qu’il n’était nécessaire en claquant des dents sous le coup de l’émotion, son accent renforcé par son état de détresse rendant ses mots difficilement compréhensibles, encore plus hachés que d’habitude :
-Le danger est écarté, seigneur Ori, mais par pitié, Nalthaël est gravement touché, il perd beaucoup de sang ! Aidez-moi je vous en supplie.
Verteflèche tremblait de tout son corps et ses yeux étaient pleins de larmes qu’elle retenait encore, mais il aurait suffit d’un rien pour qu’elle ne se mette à pleurer. Elle avait peur de ne rien pouvoir faire, de voir Nal’ s’en aller ainsi, avant même d’avoir vraiment pu le connaître. Mais elle se ressaisit à moitié, n’étant pas fille à ne rien faire face aux défis que lui offrait la vie. Tenter de retirer les flèches du corps n’était pas envisageable. Non seulement il n’était pas sûr qu’elle ait la force pour y arriver, mais en plus, cela risquait d’occasionner des blessures encore plus graves dans l’opération, et en l’absence de médecin, de le faire se vider de son sang encore plus vite. Mais le laisser là-haut n’était pas non plus une option, où il allait mourir. Il fallait agir très vite sans faire d’erreur. Sans se soucier de souiller sa cape verte avec le sang de son frère d’arme –elle avait déjà besoin d’un nettoyage de toute façon-, Ætinis entreprit de briser les flèches qui maintenaient Nalthaël, au besoin en se servant de son coutelas. L’objectif était de ne surtout pas aggraver ses blessures en ne touchant pas à la partie des traits qui étaient « en lui », mais de briser les minces tiges de bois qui le clouaient afin de pouvoir le descendre dans une position plus propice à recevoir des soins et moins exposée.
Une fois que cela fut fait, notre héroïne tenta tant bien que mal de prendre doucement son compagnon dans ses bras et de le faire descendre le plus délicatement possible de la banquette du conducteur. Par chance, comme la plupart des elfes, il ne paraissait pas très lourd et il était probable qu’elle parvienne à porter le poids d’un corps en y mettant toute sa force physique et toute sa volonté comme c’était le cas, surtout sur une si courte distance. Mais de toute manière, elle n’avait pas le choix, il fallait à tout prix qu’elle trouve la force de le porter dans ses bras pour le sauver. Au pire, si réellement il lui était impossible de le porter, elle le traînerait, le plus doucement possible afin de ne pas lui faire de mal.
L’idéal aurait été ensuite de l’allonger dans un lit et de bander ses plaies dès maintenant. Et d’après ce qu’elle avait pu en voir, l’intérieur du carrosse conviendrait parfaitement à une telle tâche. Les nobles accepteraient-ils qu’elle dépose le blessé dans cet environnement raffiné et arrache des draps et autres soieries pour servir de compresses et de garrots ? C’était une autre histoire. Mais une vie était en jeu, et au pire, s’ils refusaient malgré tout, elle l’allongerait au sol le plus confortablement possible en déposant sa cape en guise de couverture, et arracherait des morceaux de tissu de ses vêtements pour le soigner, en commençant par couper les parties qui ne cachaient pas son intimité, à savoir ceux recouvrant les manches, les jambes et le ventre.
Ætinis n’y connaissait pas grand-chose en médecine, et espérait vraiment que l’un des nobles ou un des soldats ait une expérience dans ce domaine, sans quoi elle devrait improviser. Elle banderait les plaies sans enlever la partie de la hampe des flèches à l’intérieur du corps de Nal’, car cela demandait bien trop de compétences en chirurgie pour qu’elle ait une réelle chance de réussir sans aggraver la situation. L’objectif immédiat serait de stopper l’hémorragie. Mais si malgré les bandages le sang continuait à couler, elle n’aurait alors plus d’autre choix que le garrot, au dessus de la plaie, et maintenu très serré pour couper la circulation sanguine.
Verteflèche espérait grandement que ni Ori Aen Elle, ni le seigneur Nahël Æthil ne lui en voudrait. Elle essayait de faire de son mieux dans une situation compliquée. Et d’ailleurs, elle pria les dieux pour que ni l’un, ni l’autre n’ait l’idée saugrenue d’aller barrer la route aux fuyards. Ces deux pauvres elfes, dont un blessé, étaient déjà vaincus. Les massacrer aurait été cruel et inutile, et d’autant plus dangereux que des elfes acculés et blessés, contraints au combat, se battraient comme des bêtes jusqu’à la mort et risquerait de les mettre en danger. Or, elle avait promis de défendre Ori… Si son seigneur allait au combat, alors elle se trouverait devant un terrible dilemme. Deux personnes qui avaient chacun besoin d’elle, et qu’elle ne pouvait aider en même temps.
Dans cette hypothèse, elle tenterait de le dissuader d'intervenir en lui hurlant "Non Seigneur Aen Elle, NON !", puis s'il ne l'écoutait pas, elle ferrait son devoir, tirerait sa lame en or marin, celle de son père, et irait se battre aux côtés d’Ori. Malgré toute l’affection qu’elle portait à Nal’, elle avait donné sa parole à son seigneur, elle s’était engagée, et elle croyait vraiment en sa cause. Et pour cette cause, la vie d’un seigneur avait plus de valeur que celle de mille soldats, c’était ainsi. Mais pour sûr, elle lui en voudrait –sans le lui dire- de ne pas avoir choisi une solution qui aurait « ménagé la chèvre et le chou », comme on disait par chez elle, à savoir la solution qui semblait la plus sage : ne pas intervenir et laisser les assaillants fuir tranquillement.
Mais même dans ce cas, Ætinis n’irait pas réellement se battre, car elle ne tenterait pas de blesser ni de tuer ses adversaires si la situation devait se produire. Elle se contenterait de se concentrer intégralement sur la défense, et de s’appliquer à parer minutieusement tous les coups qui lui seraient portés, à elle et à son protégé. Elle était garde du corps, et la défense d’Ori restait sa priorité. Ce qui en l’occurrence l’arrangeait bien, car cela lui donnerait un prétexte pour ne pas attaquer les fuyards. Elle n’avait en effet pas la moindre envie de blesser ou de tuer des frères elfes, fussent-ils des traîtres. Ceux-là étaient sûrement des sous-fifres, des soldats comme elle, ils obéissaient aux ordres, faisaient ce qui leur paraissait juste et bon, et ce n’était probablement pas leur faute s’ils avaient été abusés et manipulés par leurs vils et fourbes décideurs. Si seulement on pouvait les ramener dans le droit chemin, leur faire comprendre que le camp du bien, les bons, c’étaient ceux qui servaient le roi Malékith ! Elle était prête à se battre par nécessité, à tuer s’il le fallait, mais pas à massacrer des fuyards blessés à quatre (ou cinq si Nahël s’en mêlait) contre deux.
C’était décidé, si Ori la forçait à combattre en allant barrer la route aux deux archers, elle ne ferrait que parer leurs attaques, et les inciterait à se rendre en leur promettant de ne leur faire aucun mal et de les traiter convenablement. Ainsi, en engageant sa parole, elle espérait forcer la main à son seigneur si d’aventure il voulait attaquer. Et même s’ils se montraient trop agressifs à son goût, au moins aurait-elle essayé…
D’ailleurs, songea notre héroïne sans s'y attarder, il était étrange que le capitaine ait appelé les ennemis des « loyalistes ». Dans son esprit, elle était persuadée d’être elle-même loyaliste puisqu’elle servait le roi légitime d’Ulthuan, le fils d’AEnarion le Défenseur, contre un usurpateur sans foi ni loi... A l'occasion, elle tenterait d'éclaircir ce mystère, mais pour l'instant, elle chassa cette pensée parasite de son esprit, il y avait déjà trop de choses à faire et trop peu de temps pour les faire.
Du coup, résumons-nous pour être plus clair, même si à mon avis le post l'est déjà, sait-on jamais, deux précautions valent mieux qu'une .
1 : Je me désintéresse du combat et range mon arc derrière mon dos.
2 : Je brise les hampes des flèches qui maintiennent Nal cloué au carrosse, sans toucher à la partie qui est « en lui », bref, je coupe juste entre lui et le carrosse, au besoin en utilisant mon coutelas, si je vois que je n’y arrive pas proprement à mains nues.
3 : Je prends délicatement le corps dans mes bras et le descend –si j’en ai la force, sinon, je le traîne le plus délicatement possible-, puis je tente d’abord de le poser sur un lit dans le carrosse et de le soigner tel que je l’ai indiqué (bandages pour arrêter le saignement, sans enlever la partie de hampe qui est encore « en lui », et si ça ne suffit pas, garrot très serré au dessus de la plaie). Si les nobles m’empêchent d’utiliser le lit et les draps, je fais comme décrit, j’utilise ma cape pour lui servir de couverture à même le sol, et je découpe des bandes de tissu dans mon vêtement pour le soigner (je le fais à des endroits comme les manches ou le ventre, et non pas la poitrine ni la taille, évidemment, l’objectif n’est pas de faire un strip-tease ).
Mais ce déroulement ne tient pas compte d’une éventuelle action d’Ori qui pourrait vouloir couper la route aux 2 fuyards poursuivis par les cavaliers qu’il voit. Par conséquent : si, à n’importe quel moment, je vois Ori qui se dirige vers le combat ou semble menacé, je laisse tout en plan, je tire mon épée et je vais l’aider, en utilisant mon coutelas en main gauche. En ce cas là, je tenterai uniquement de parer les coups sur moi et Ori (en utilisant la relance de parade pour 1 arme dans chaque main si nécessaire), et d’inciter mes adversaires à se rendre en leur promettant que s’ils le font, aucun mal ne leur sera fait.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 18 avr. 2016, 18:53, modifié 1 fois.
Raison :+6 xp (total 37). Wikifié.
Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ertefleche
Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.
Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
Un chaos sans nom se déroulait sous les yeux du jeune homme, il était incroyable de fort à quel point, en quelques minutes, une situation des plus calme pouvait vite dégénérer. Ori n'osait imaginer le chaos formé sur un champs de bataille quand deux armées étaient en plein affrontement. Observant la situation profitant du couvert du carrosse. Le fils Aen Elle, put voir la direction d'où provenait les flèches lancés. Comptant le nombre de projectile, il comprit rapidement que l'ennemi n'était pas plus nombreux que eux, et heureusement d'ailleurs, sinon leur sort aurait été scellé, et on les auraient retrouvé criblé de flèches, morts...
Ætinis, entendant les paroles de son maître, s'avisa à suivre ses conseils, rangeant même son arme, signe que pour le moment, l'idée de se battre l'avait quitté, il fallait dire aussi que les hommes de Nahël étaient en pleine course poursuite contre deux fuyards, dont l'un étant blessé, grâce à une flèche de l'archère du groupe. Ori se demanda si sa protectrice avait déjà tué quelqu'un... il était persuadé que non, sa gentillesse mélangé à sa naïveté déroutante ne faisait pas d'elle une tueuse, et puis elle n'avait pas ce regard... Le regard que le père et le frère de Ori arborait sans cesse... Un regard froid et vide...
Continuant d'observer, Ori sentit que derrière lui, Nahël venait de descendre de l'habitacle du carrosse, ne pouvant le voir, il aurait juré que celui ci lui avait dit quelque chose, mais la situation et le bruit ambiant, empêchèrent de comprendre ces paroles. Alors qu'il allait lui demander de répéter ces mots, il ne put le faire voyant Ætinis crier qu'on devait aider le pauvre cocher qui avait subi de terribles blessures. La jeune femme semblait en panique, claquant des dents, les yeux luisants. Elle tenta tant bien que mal de transporter le blessé au sol, dans le but de le conduire à l'intérieur du véhicule. Ori ne rechigna pas à cette idée, la situation étant critique, Nahël saurait sûrement comprendre qu'on devait amener le blesser dans son carrosse personnel.
Il aida la jeune femme à transporter le blessé à l'intérieur, le posant dans la situation la plus confortable possible. Il observa le dénommé Nalthaël, et vit deux blessures importantes, les projectiles étant encore enfoncé dans la chair. Mais en même temps, un autre élément intervint, en effet, la course des fuyard pouvait être freiné, si Ori et Nahël se dirigeait vers eux pour leur couper la route... Un choix s'offrait à lui : Avoir la possibilité de rattraper leurs assaillants, ou bien tenter de sauver la vie de l'homme de Nahël...
Ne pouvant trop prendre le temps de réfléchir, Ori s'adressa à Nahël.
"Seigneur Nahël ! Rappelez vos hommes ! Nous avons déjà un blessé, et il a besoin de soin, nous devons reprendre notre route au plus vite, l'ennemi est en fuite, et nous ne pouvons prendre le risque que vous même puissiez être blessé."
Il savait que l'égaux de Nahël était surdimensionné, et il espérait de part son argument, lui faire penser qu'une personnalité de son rang ne pouvait prendre le risque de finir blessé ou tuer et qu'ainsi l'idée de quitter les lieux serait accepté. Nahël était le seul maître de ces hommes, et Ori face à lui était en position de faiblesse, il ne pourrait se confronter à la décision qu'il allait prendre. En effet, le jeune Aen Elle ne pouvait pas prendre le risque de s'attirer la rancœur de cet homme.
Il se tourna vers son archère, et la prit par les épaules, la secouant légèrement pour réveiller ces sens.
"Ecoute moi ! Je vais tenter de m'occuper du blessé, mais sans soin d'urgence, il n'en a plus pour longtemps. J'ai besoin que tu reprennes les rennes du carrosse. Nous devons quitter cet endroit au plus vite."
En effet, même si il en doutait, on ne pouvait exclure que des renforts des assaillants puissent arriver d'un moment à l'autre. Et si cela arrivait, cela pouvait bien être la fin du voyage. Nahël était resté silencieux pour le moment, Ori ne dit rien face à ce silence, et montant dans le carrosse, rangeant son épée, il arriva devant le cocher, son sang commençant déjà à se répandre sur le sol, son visage devenant de plus en plus blanc. Il allait mourir d'une hémorragie dans ces conditions . Arrachant des morceaux de sa propre tunique, il tenta de faire un garrot sur chaque blessures, serrant de toutes ces forces dans le but de stopper les saignements. Cela n'allait pas le sauver, mais aurait le mérite d'allonger un peu son espérance de vie...
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 18 avr. 2016, 18:53, modifié 1 fois.
Raison :+6 xp (total 36). Wikifié.
Dans sa détresse, Ætinis avait su faire preuve d’initiative en jugeant dans un premier temps que son aide n’était plus nécessaire et que l’issue de l’affrontement ne faisait plus aucun doute. Décidant d'abord de déplacer le blessé, la jeune archère réussit non sans peine à briser les flèches qui perçaient le corps de son compagnon d’armes. Elle put ainsi constater que le trait fiché dans l’épaule, juste sous la clavicule gauche, n’avait pas transpercé les chairs au point de se ficher dans le bois du véhicule. Ce n’était en revanche pas le cas du projectile ayant touché le bras droit, qui avait complètement perforé le biceps, avant que sa course ne soit arrêtée par la paroi en bois. Briser chacune des deux flèches était une tâche d’une double difficulté, car pour l’une il s’agissait d’éviter de trop secouer la flèche dans la plaie, faisant ainsi inutilement souffrir le blessé, et d’autre part tâcher de briser la flèche de droite, qui maintenait le bras cloué contre le bois. Ætinis s’acquitta néanmoins de la tâche avec un certain brio, sa connaissance des types de bois lui permettant de briser proprement les deux flèches, encore qu’elle dût s’aider de son coutelas pour la flèche fichée dans le carrosse. Puis, dans un effort remarquable, Ætinis parvint à soulever le blessé, et à le porter hors du chariot, avant de retrouver les seigneurs Ori et Nahël, postés devant la porte du véhicule. Le premier la laissa entrer pour déposer le blessé à l’intérieur, ce qu’elle n’aurait osé espérer. Le second, dont on n’avait pas demandé l’avis, semblait captivé par le combat se déroulant sous ses yeux, et ses lèvres remuaient, son regard rivé à la progression des cavaliers en direction des fuyards. On aurait dit qu’il était plongé dans un monologue à voix basse, et dans tous les cas, aux yeux de nos deux jeunes elfes, c’était à n’en pas douter un comportement des plus étranges.
ROUND 2 :
(Les initiatives égales sont hiérarchisées aléatoirement. Les profils exacts restent cachés pour l’instant.).
Arthorias rattrape les fuyards et frappe le blessé qui lui tourne le dos, à l’aide de son épée ardente. Il touche (11). Localisation des dégâts : 1, tête. Dégâts finaux : 26, +13 car zone non protégée, soit 39 pv perdus, occasionnant le décès du fuyard, par décapitation.
Le fuyard survivant utilise avec succès Tir à déclenchement rapide, et ouvre le feu sur les cavaliers, et plus précisément sur Ilkar, qui est le plus proche de lui. La première flèche rate (16), la seconde touche Ilkar (10). Perte de 21 pv, localisé au bras.
Le seigneur Nahël finit avec succès (8) l’incantation de son sort Membre Flétri sur ledit fuyard, qui perd l’usage de sa jambe droite pour 1D6 rounds (2).
Comme l’archer est tombé au sol, Ilkar ne peut le frapper même s’il l’a rattrapé, car il est trop bas, hors de portée de son épée, et il doit donc le dépasser.
Ori comme Ætinis l’avaient anticipé, mais l’issue de l’affrontement n’en fut pas moins violente, pour une première expérience du combat assez marquante pour chacun des deux elfes. Arthorias, juché sur son coursier elfique à la robe noire, rattrapa en effet les fuyards, accompagné d’Ilkar. Sans hésitation aucune, le capitaine au visage blême abattit son épée à deux mains sur le fuyard blessé, exécutant un coup puissant de gauche à droite. La lame de son arme rougeoya distinctement en décapitant l’elfe, envoyant sa tête toujours encapuchonnée voler aux pieds des nobles.
L’elfe survivant poussa un cri déchirant, probablement le nom de son défunt compagnon, encore que la détresse empêche quiconque de bien entendre ses paroles exactes. Redoublant d’efforts dans sa course, il décocha trait sur trait en direction d’Ilkar qui chargeait toujours en sa direction. L’un de ses traits fit mouche, transperçant le bras peu protégé de l’elfe à l’imposante carrure, mais l’autre projectile se perdit dans l’agitation ambiante. L’archer n’eut de toute façon pas le loisir de se soucier de tirer une seconde salve, car sa jambe droite se déroba soudainement sous lui, refusant subitement de le porter. Alors qu’il tombait maladroitement sur le sol herbeux, ne contrôlant visiblement plus ledit membre, Ilkar et sa monture le dépassèrent sans ralentir, le cavalier ne pouvant atteindre de son épée une cible couchée au sol. Le fuyard, maintenant immobilisé par quelque obscur stratagème, encocha une autre flèche, et entreprit de viser le dos d’Ilkar qui faisait déjà demi-tour à quelques mètres de là. Mais c’était sans compter sur le capitaine Arthorias, dont le pied emmaillé s’écrasa entre ses deux omoplates après qu’il eut sauté de sa monture, clouant l’elfe au sol.
Autour du seigneur Nahël, l’air s’était chargé d’une curieuse tension, indescriptible, discrète, mais pourtant aussi étouffante qu’une chape de plomb. Etant une race intrinsèquement liée à la magie, les elfes -même incapable de manier les arcanes de l’Aethyr- étaient tous très sensibles à l’utilisation des Vents de Magie dans les parages. En l’occurrence, le seigneur Nahël était manifestement à l’origine du handicap qui venait de frapper le second fuyard. Pourtant, il n’avait pas bougé de l’entrée du carrosse, et n’avait fait que fixer l’ennemi du regard et marmonner quelques mots. Peut-être ses paroles incompréhensibles de quelques instants plus tôt n’étaient-elles pas destinées à Ori, en fin de compte. Gardant le silence, le fils Æthil se retourna vers le carrosse, ayant visiblement l’intention de retourner s’y installer. C’est alors qu’il s’aperçut que l’une des litières était déjà occupée par Nalthaël, dont la pâleur extrême ne présageait rien de bon alors même qu’Ori achevait de serrer le dernier garrot, arrachant une faible plainte au blessé. Une curieuse mimique passa sur le visage du noble, expression que seule Ætinis put surprendre, car elle se trouvait encore proche de la portière : une moue de pur dégoût, sitôt suivie d’une expression de dédain condescendant. Se détournant finalement du véhicule, le prince elfe se retourna vers l’extérieur, croisant au passage le regard d’Ætinis : cela ne dura qu’une fraction de seconde, mais ce fut la première fois que le noble daignait lui accorder une quelconque attention. Faisant mine de réaliser que la tête décapitée du premier fuyard avait fini par s’immobiliser à ses pieds, le seigneur Nahël hésita un instant, avant de pousser le trophée macabre du bout du pied, le faisant rouler en direction de l’archère. Alors que l’attention du noble était attirée ailleurs, la tête encapuchonnée roula lentement jusqu’à s’immobiliser aux pieds d’Ætinis, face tournée vers le ciel. Le visage ensanglanté d’une femme elfe était visible, les yeux encore ouverts, quoique dénués de vie, sinistre testament de la réalité de la guerre. De son côté, à l’intérieur du carrosse, Ori devait faire face à cette même réalité : il avait fini de bander du mieux qu’il pouvait le blessé, et de serrer les garrots, mais sa propre tunique en avait payé les frais, maintenant en lambeaux et maculée de fluide vital, comme ses mains. Et, face à lui, le visage inconscient de celui qu’il essayait de sauver, pâle comme la mort, ne respirant que très faiblement. Dur spectacle pour une première expérience du combat.
Mais l’attention de nos deux héros fut bientôt attirée vers l’extérieur, alors que de grands cris résonnaient maintenant, provenant de cette direction. En effet, Ilkar et le capitaine Arthorias avaient maîtrisé le fuyard survivant avant qu’il ne recouvre l’usage de sa jambe. En l’état, c’était un jeune elfe brun, probablement entre soixante-dix et quatre-vingt-dix ans, en tenue forestière, les poings liés dans le dos, que l’on fit mettre à genoux devant les deux nobles. La main gantée du capitaine Arthorias le saisit par les cheveux, le forçant à relever la tête, un poignard pointé sur sa gorge. Ses yeux verts luisaient d’une lueur de défi, une profonde haine et une nette envie de meurtre se lisant sur son visage juvénile, alors qu’il crachait d’une voix sourde, à l’intention des elfes présents :
« Enfoirés… Vous avez tué Ælynn…
Laquais de l’Usurpateur… Je ne pourrai jamais vous pardonner ! »
Le contact froid de la lame de la dague d’Arthorias se fit plus pressant contre sa gorge, tandis que le capitaine jetait un regard interrogateur au seigneur Nahël, attendant ses ordres. Celui-ci avait retrouvé son sang-froid, surmontant l’horreur du spectacle auquel il avait assisté quelques instants plus tôt, et semblait être redevenu le descendant du héros de guerre Valarion Æthil alors qu’il demandait, s’adressant d’un ton désinvolte à Ori :
« Les partisans du pleutre Caledor doivent singulièrement manquer de moyens, pour envoyer des enfants nous tendre une embuscade sur notre terre de Nagarythe.
Qu’en dites-vous, seigneur Ori ? Que devons-nous faire de ce vermisseau ? »
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à laCaverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :
"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :
En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."
Ætinis ne s’était sûrement pas attendue à ce que tout se passe aussi bien qu’elle l’avait espéré, et même mieux encore. Même si elle était toujours très inquiète pour Nalthaël, elle fut soulagée de voir qu’elle avait la force de le porter dans ses bras, et encore plus par la réaction de son seigneur. Ce dernier alla bien au-delà de ses espérances, puisque non seulement il lui permit de déposer le corps du pauvre cocher dans le carrosse sur une litière, mais en plus demanda à Nahël de rappeler ses hommes. Mieux encore, la prenant par les épaules et la secouant légèrement ce qui permit à l’archère de se reconcentrer, il se proposa de s’occuper lui-même d’apporter les premiers soins au blessé, et lui ordonna d’aller prendre les rennes pour qu’ils puissent repartir dans la foulée.
Verteflèche, qui était un peu perdue se montra visiblement soulagée qu’on lui dise quoi faire et que le seigneur Ori endosse sur lui la responsabilité de soigner le blessé. Elle hocha la tête affirmativement en signe autant d’obéisssance que de reconnaissance, et accorda à son supérieur un pâle sourire ainsi qu’un timide mais sincère :
-Merci seigneur.
Mais le seigneur Nahël ne semblant pas décidé à bouger de sitôt ni à rappeler ses hommes, les plans d’Ori Aen Elle furent contrariés, et Ætinis ne prit donc pas les rennes pour repartir immédiatement. A la place, elle se mit légèrement en retrait juste devant la porte du carrosse et regarda avec un air admiratif et reconnaissant son maître s’occuper du blessé, n’hésitant pas un instant à sacrifier sa tunique pour ce faire, lui, pourtant un noble de haut rang ! Décidément, cet Ori Aen Elle semblait avoir un bon fond, elle avait eu de la chance de tomber sur un noble comme lui, pensait-elle.
Mais son attention fut bien vite captée par le combat qui se déroulait non loin d’eux. Le spectacle ne lui était guère plaisant. Au contraire, elle détestait ce qu’elle voyait, et serrait les poings et les dents en contemplant, impuissante, ce qui ressemblait plus à une chasse qu’à un affrontement égal, selon elle.
Comme cela était prévisible, les cavaliers ne firent qu’une bouchée du fuyard blessé. Le rattrapant vite, le capitaine Arthorias décapita l’elfe au torse meurtri d’un grand coup d’épée. Bien qu’ayant anticipé ce qui allait se produire, Verteflèche laissa échapper une petite exclamation de surprise lorsque la lame s’abattit, en même temps que l’autre fuyard poussait un cri désespéré et déchirant qui la bouleversa. Elle avait détourné instinctivement la tête une demi-seconde avant le coup fatal pour ne pas voir l’instant fatidique, mais n’avait pas pu ignorer le bruit horrible. Quand elle regarda de nouveau vers la scène, ce fut pour voir le corps percé de sa flèche s’effondrer, décapité, sur le sol.
Mais son attention fut vite redirigée vers le dernier archer survivant, qui décocha deux traits à intervalle très court en direction d’Ilkar qui le poursuivait. Le cavalier fut touché au bras. Vertflèche reconnut là une de ses propres caractéristiques à l’arc : elle aussi tirait à peu près aussi rapidement, et elle aussi était capable de faire feu tout en se déplaçant, et elle aussi, tout comme les assaillants, portait une cape verte utile pour le camouflage en milieu rural, et non une armure.
Soudain, l’archer s’arrêter de courir et tirer : sa jambe droite semblait s’être dérobée sous lui. Une sensation très étrange parcourut la jeune elfe aux yeux verts qui se tenait à proximité immédiate du seigneur Nahël Æthil au même instant. Bien qu’elle n’ait jamais ressenti cette sensation auparavant, ni été témoins de telles choses, notre héroïne comprit tout de suite de quoi il s’agissait. Ainsi le descendant de Valarion était mage. Cela n’était guère étonnant, car nombre de seigneurs étaient également des lanceurs de sorts accomplis, selon ce qu’en disaient les histoires populaires. Cette nouvelle ne perturba donc nullement Ætinis, ni ne changea la perception qu’elle avait de ce si grand seigneur.
L’intervention de Nahël eut au moins le mérite de mettre rapidement fin au combat, et de sauver la vie du fuyard, puisque le coup porté par Ilkar l’aurait sûrement atteint s’il n’était pas brusquement tombé par terre. Pourtant, bien qu’au sol et incapable de se relever, l’ennemi n’en démordait pas et tandis qu’Ilkar faisait demi-tour pour revenir sur lui, il encocha une nouvelle flèche, qu’il ne put jamais tirer. En effet, Arthorias se chargea de lui et l’immobilisa en lui sautant dessus depuis sa monture. Il était neutralisé.
Tout danger étant écarté de ce côté, Ætinis s’intéressa de nouveau à ce qui se passait près d’elle. Le seigneur Nahël, qui avait paru dans un premier temps vouloir retourner dans son carrosse, afficha une mine qu’elle seule put voir. C’était une expression d’extrême dégoût et de dédain condescendant qu’avait eu le noble avant de finalement se détourner. Etonnée du peu d’attachement et de sentiment que l’elfe semblait porter à ses subalternes, car en l’occurrence Nalthaël était proche de la mort, Ætinis ne put détourner les yeux du visage du noble et pour la première fois leurs yeux se croisèrent.
Pendant un bref instant, le regard étonné et encore choqué par tout ce qui venait de ses passer de Verteflèche rencontra le regard froid et supérieur du seigneur elfe. Très gênée, notre héroïne rougit légèrement et mit quelques secondes pour baisser les yeux. Elle était très intimidée par Nahël, et avait clairement peur que celui-ci la réprimande ou la punisse pour son comportement d’ensemble au cours de l’escarmouche. Car même si elle n’avait pas eu l’impression de mal faire, aux yeux d’un tel grand homme, il était possible qu’elle ait en réalité mal agi. La honte la submergea donc. Mais l’échange de regards entre le noble de haut rang et la pauvre roturière ne se termina pas par une réprimande ou un châtiment pour cette dernière. La première interaction de Nahël avec elle fut simplement de pousser du pied la tête décapité du fuyard qui était tombée à ses pieds vers ceux de l’archère.
Quand le crâne entra dans son champ de vision, Ætinis poussa un petit cri d’horreur qu’elle ne put qu’étouffer à moitié. La tête s’arrêta de rouler juste devant elle, révélant le visage d’une jeune femme, figé dans sa dernière expression de douleur, les yeux encore ouverts. Incapable de détourner le regard du visage de la morte, Verteflèche se sentit de plus en plus mal. Elle sentit son estomac se rebeller, sa tête tourner. Une terrible envie de vomir monta en elle, qu’elle eut le plus grand mal à maîtriser, tandis que chaque trait de la jeune morte s’imprimait dans son esprit. Le rouge de la honte fit rapidement place à une pâleur maladive, tandis que des hoquets irrépressibles la secouaient. Tétanisée, elle était incapable de bouger ou même de penser à autre chose qu’au visage qu’elle avait sous les yeux.
C’était la première fois qu’Ætinis voyait la mort, et ce qu’elle avait sous les yeux lui semblait relever de l’horreur pure. Cette archère était exactement comme elle, vêtue de manière semblable, avec un rôle semblable, et jeune, tout comme elle. Elle s’identifiait sans peine à la morte, repensant à ses amis, sa famille, ses espoirs, sa vie fauchée alors qu’elle n’avait même pas encore commencée. Ca aurait très bien pu être elle… Ca pouvait être elle… Un jour, ce serait peut-être elle…
Le visage figé et maladif, Ætinis sentait de plus en plus la bile remonter et sa tête tourner. Elle allait vomir puis tomber dans les pommes si elle ne ressaisissait pas très vite, mais elle en était incapable, sa volonté semblait impuissante.
Heureusement, des cris un peu plus loin détournèrent son attention de la morte et lui permirent de reprendre un peu ses esprits. De son côté, le seigneur Aen Elle avait fini de soigner Nal’ et s’approcha également des autres, qui s’étaient tous réunis autour du prisonnier. Encore très mal à l’aise et horriblement gênée, notre héroïne s’identifia une nouvelle fois à l’elfe aux mains liées, maintenant à genoux. Il était jeune, portait des vêtements qui aurait pu être les siens, se battait comme elle, et avait surtout des yeux verts comme les siens, dont elle ne put supporter le regard un seul instant. Sa gêne n’en fut qu’amplifiée en face de ce prisonnier et de tous ces autres, ces alliés dont elle espérait fortement que toute l’attention serait accaparée par l’ennemi et pas par elle, sans quoi ils auraient forcément remarqué que quelque chose n’allait pas chez elle.
Ætinis eut encore une fois des frissons et rougit quand elle entendit le prisonnier prononcer le nom de la morte, mettant un nom sur ce visage, achevant de lui donner une personnalité, et ce faisant de rendre son meurtre encore plus violent, plus inhumain –enfin, inelfique-. Elle s’appelait donc « Ælynn », la fille qu'Arthorias avait décapitée sans hésiter. C’était presque insupportable pour Verteflèche. Elle aurait à la fois voulu en savoir plus sur elle et ne rien savoir. Etait-elle l’amoureuse du survivant ? Sa sœur ? Une amie ? Une autre membre de sa famille ? En tout cas, elle semblait beaucoup compter pour lui, et voir cette souffrance si présente, si palpable, était horrible pour Ætinis.
Un sentiment dont elle ne pouvait se départir la démangeait comme si elle était nue sur une table de torture et qu’on lui saupoudrait du poil à gratter sur le corps. Elle sentait distinctement du sang sur ses propres mains, qui était en réalité celui de Nal’, mais qui lui semblait représenter aussi celui d’Ælynn. Ælynn, la si jeune fille dont elle avait contribué à écourter la vie. Ælynn, qu’elle avait blessée d’une flèche, lui ôtant toute chance de pouvoir fuir les cavaliers. Ælynn, ce nom qui la hantait et la faisait se sentir coupable, comme si c’était elle-même qui l’avait tuée.
La fille de bûcherons n’en pouvait plus. Elle avait à la fois envie de se jeter à genoux devant le prisonnier et de pleurer en s’excusant pour ce qu’elle avait fait, et de le frapper jusqu’à ce qu’il se taise, disparaisse et arrête de lui rappeler ce qu’elle avait fait. Rongée par un sentiment de culpabilité dont elle ne pouvait se départir, elle endossait la responsabilité d’un acte qui n’était pas le sien, la mort d’Ælynn.
Tandis qu’elle ruminait ces pensées démoralisantes, Verteflèche se rappela qu’elle n’était pas seule, et se demanda ce que devaient penser les autres d’elle s’ils la regardaient maintenant.*Quelle soldate ridicule je dois leur paraître.*, songea-t-elle en imaginant ce que Nahël et Ori avaient pu penser d’elle en la voyait pâle comme un linge, à deux doigts de rendre le contenu de son estomac et de s’évanouir à la simple vue d’une tête coupée. Pourtant, elle était sûre de sa cause, sûre de sa volonté de s’engager et de se battre pour le bien, pour sa patrie, pour Malékith, pour les Aen Elle, et résolut donc de se reprendre vite en main. *Qu’est-ce qui m’arrive ? je dois me rappeler de pourquoi je suis ici. Je sers quelque chose de plus grand que seulement ma vie ou celle de quelques elfes. Si Calédor l’emporte, ce sera le chaos, le mal partout sur Ulthuan. Le règne de la décadence, de la cruauté, de l’arbitraire, de l’injuste... Des milliers d’elfes souffriront ou mourront sous le joug de ce tyran assoiffé de pouvoir. Mon père, ma mère, mon frère, mes amis, et moi aussi, nous serons persécutés, humiliés, réduits à l’état de moins que rien, d’esclaves mêmes, car jamais nous n'accepterons de servir son règne de despote sans y être contraints par la force... Non, aussi dur que ça soit, il faut se battre pour le roi Malékith. Lui seul peut nous protéger, comme son père Ænarion l’a fait en son temps.*, Peu à peu, elle retrouvait la foi dans ses valeurs. Elle parvenait à surmonter l’épreuve en se disant que oui, la guerre était moche, que oui, elle devrait sûrement se salir les mains, accomplir des actes mauvais, comme tuer, mais que cela était parfois nécessaire pour un plus grand bien, du moment que cela restait le dernier recours.
Notre héroïne se reprit un peu plus en entendant la suite des paroles du prisonnier, qui les accusait d’être des laquais de l’usurpateur. Cette phrase la fit réfléchir, tout comme ce qu’avait dit le capitaine Arthorias en chargeant, au sujet des « loyalistes » qui les attaquaient. Et la culpabilité, la peur, la détresse, tout ce trop plein d’émotions contradictoires qui la parcouraient depuis le début de l’escarmouche éclata en se muant en une colère sourde. Cette fois c'en était trop ! C'était eux les loyalistes, et personne d'autre. Ils défendaient le vrai roi, Malékith, contre un tyran usurpateur assez mégalomaniaque pour être prêt à déclencher une guerre civile pour accroître son propre pouvoir et imposer sa domination à tous ! Oui, elle en était persuadée, ils luttaient pour le vrai, le juste, le bien, contre des forces maléfiques, il ne fallait pas inverser les rôles non plus !
Son attitude changea du tout au tout en l’espace de quelques secondes. Serrant les poings et les dents, elle releva enfin les yeux et foudroya du regard l’elfe agenouillé qui avait le couteau sous la gorge. Elle acquiesça aux paroles de Nahël -bien que pourtant elle fût plus jeune que l'elfe traité d'enfant-, et son regard se porta un instant sur le carrosse où gisait encore le corps de Nal, entre la vie et la mort. Ce n’était pas eux qui avaient commencé, ils n’avaient fait que se défendre, et tant mieux ! Il était encore heureux que les gens de bien aient le droit de se défendre contre les mauvaises gens. Ils n’allaient pas non plus se laisser tuer, torturer, prendre en esclavage par les partisans du tyran Calédor le traître simplement pour ne pas se montrer violents eux-aussi. Oui, cette violence était justifiée, car elle n’était que légitime-défense ! Telles furent les pensées qui fusèrent comme des éclairs dans l’esprit de la jeune femme.
Grommelant entre ses dents ce qui rendait avec son accent ses paroles presque incompréhensibles, Ætinis ne put s’empêcher de rajouter de manière suffisamment audible pour être entendue de tous, juste avant qu’Ori ne prenne sa décision :
-Et pour Nal’, salaud de traître à ton roi, tu crois qu’on pourra te pardonner ?
Puis elle se tût, toujours très en colère, son regard fixé intensément sur Ori, une expression indéchiffrable sur le visage. Elle était très curieuse d’entendre la décision de son seigneur au sujet du sort du prisonnier, puisqu’on lui en laissait le choix. C’était une bonne occasion pour elle de jauger et essayer de mieux comprendre son supérieur. Elle allait pouvoir le juger, se faire son opinion sur lui à travers la décision qu’il prendrait.
Et au fond d’elle, Verteflèche était plus que contente que cette difficile décision ne lui revienne pas, car, malgré sa colère, elle aurait répugné à tuer un prisonnier désarmé et n’aurait pas su que faire.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 20 avr. 2016, 19:17, modifié 1 fois.
Raison :+6 xp (total 43). Wikifié.
Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ertefleche
Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.
Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.