
- Mon pauvre Yanri... Je l'avais pourtant bien mis en garde de ne pas traîner avec ces ivrognes ! Il aurait dû m'écouter mais il n'en faisait qu'à sa tête. Je suis sûre que ce qui lui est arrivé est de leur faute ! Quelqu'un aura voulu se venger de leurs mauvais tours et s'en sera pris à mon Yanri car il était le plus petit de leur sale bande ! La colère transparaissait nettement au travers de la tristesse qui faisait chevroter sa voix. Elle jetait des regards haineux tour à tour à chacun des trois hommes qui, se sachant coupables, n'en menaient pas large et baissaient les yeux en espérant que les Schlichters tiendraient leur promesse de ne rien en dire. Maintenant, ça n'a plus d'importance alors je peux bien le raconter... Personne n'était au courant, car mon père ne l'aurait jamais accepté, mais Yanri et moi avions une histoire. Certains soirs, quand j'étais libre, je le faisais entrer en cachette et il me rejoignait. Ma chambre donne sur l'arrière-cour alors il passait par cette fenêtre que je laissais ouverte. Les maîtres dorment à l'étage et nous ne faisions de mal à personne. J'attendais qu'il vienne le soir où il a été tué... Catuvolcos avait vu juste ! mais il ne viendra plus !
Sous la menace de Martin et Veylaïs, Gerhard continua d'accuser les deux autres.
- J'vous dit que j'y suis pour rien ! C'est eux deux qui faut faire parler !
Alors que Veylaïs allait, une nouvelle fois, gifler l'homme à genoux devant elle, les mains devant le visage, celui-ci s'exclama :
- Hey, regardez ! Ils s'tirent !
Effectivement, profitant de la confusion et du fait que plus personne, maintenant que Catuvolcos les avait lâchés et s'était approché de la fenêtre, ne s'occupait d'eux, Josef et Frantz avait déguerpi au triple galop.

