[Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

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Dès sa fondation par le dieu guerrier Sigmar, l'Empire a dû faire face aux invasions et aux guerres civiles. depuis plus de deux mille cinq cents ans, il survit néanmoins aux périodes de trouble et aux batailles grâce à la bravoure et à la discipline de ses armées

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre »

Palais de Bundhofstadt. Couloir de la Salle du Trône... En pleine nuit.
Test de discrétion de la corneille: 5, bien réussi
Tests de perception des adversaires: 14 et 9, tout les deux ratés ou moins bien
Le couloir avait beau être correctement éclairé malgré l'heure nocturne - de torches régulièrement accrochées aux murs - la corneille, le silence surnaturel aidant, parvint à rester discrète dans son approche ras le plafond... certes, le soldat restant s'étonnait manifestement de quelque chose, car, s'interrogeant sur ses camarades partis, il avait voulu parler... et aucun son n'était sorti de sa bouche surprise...
Mais qu'importait? La corneille était déjà au dessus de sa cible encapuchonnée à ce moment, reprenant forme humaine, lame dardée vers le bas sur un regard ahuri.
ATT de Lucrétia: 6, réussi, visé tête / surprise, aucune esquive ou parade possible / casque partiel sous capuche: 1, ne protège pas
Dégâts: 32 (FORx2) + 14 (force de la chute) + 24 (arme) - 9 (END) = 61pv, reste 4pv à "l'assassin"
Chute possible de l'assassin: 3, non
réception au sol de Lucrétia (HAB): 4, réussi
ROUND 1: Lucré à l'INI:
ATT1 de Lucré: 8, réussi /test de perception de l'adversaire: 6, réussi / Esquive possible: 20, raté / casque partiel: 6, protège
Dégât dans la tête: pas besoin de calculer, il est mort.
La chute acérée de la lahmiane sur l'encapuchonné avait tranché profondément son visage, faisant gicler du sang partout, et elle s'était convenablement rétablie. L'homme (car c'était un humain et non un elfe noir) hurla de douleur et de peur - mais sans bruit - et, l'instinct de survivance humain avait cela d'extraordinaire, il tenta tout de même d'éviter un retour d'épée malgré son état... en pure perte toutefois: Il fut décapité proprement et sa tête tomba puis roula au sol, éclaboussant les marbres d'écarlate dans un silence de plomb...
Autre sort de son de la tatouée: 6, réussi
Tirs de quatre elfes sur le dernier soldat: 20(5),6,7,13, deux réussites
+charge armée d'une dernière elfe: 13, réussi
il est mort
Ce fut dans un silence aussi surréaliste que le dernier garde du couloir fut trépassé par la bande des sylvains: Deux flèches le transpercèrent, et au cas où cela ne suffirait pas, une elfette à l'épée particulièrement compétente vint l'achever au contact.

Ceci réglé, et comme ils l'avaient toujours fait, les elfes récupérèrent tous leurs traits, ceux manqués comme ceux réussis, afin de ne laisser aucune piste quant à leur appartenance.
Puis, toujours sans aucun bruit n'advienne, certains allèrent à la grille doré lorgner discrètement l'intérieur.
Gageons que Lucrétia fit de même?
Il y avait bien moins de sources de lumière, mais elfes comme Lahmiane avaient de bons yeux nocturnes, aussi tous purent se rendre compte de la présence de deux espèces d'androgynes avachis côte à côte sur un canapé trois mètres derrière les barreaux: Ils dormaient peut-être, ou en tout cas ils ne faisaient pas mine d'avoir remarqué quoique ce soit des quelques mouvements du couloir... Ils portaient des espèces de cagoules complètes et de rares vêtements en cuir noir clouté, et étaient munis de martinets et de bâtons...
Au delà, la salle avait des airs de grand dortoir de luxe, de 20 mètres sur 20, aux couches de petites tailles et disposée ça et là de coffres à jouets...

Bien sûr, la grille dorée étaient verrouillée, mais dans le silence toujours présent (et pour cause! deux sorts de maîtrise du son étaient actifs au même moment!), la tatoué fit un geste vers Lucrétia pour lui signifier que cela n'allait point poser de problème.
Les arcs de ses compatriotes bandés à ses côtés, elle eut quelques gestes mystiques vers la serrure:
Sort "ouverture magique": 8, réussi.
Des regards attentifs purent s'apercevoir que le penne qui tenait la grille close s'était rétracté...

Arcs parés, les elfes allaient manifestement entrer, tirer, tuer les androgynes... Mais Lucrétia, forte de son sang vif de vampire, pourrait bien sûr être plus rapide qu'eux si l'envie lui prenait...
En gros , tu as l'INI, si tu veux, pour l'entrée... N'oublie pas qu'autour de toi et la tatouée il y a toujours du "silence" sur 10-15m, donc impossible de vraiment discuter...
Si tu veux laisser faire les elfes, n'hésite pas à me le dire via MP, je ferai alors un ajout...

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • La corneille s'était envolée haut, très haut sous la voûte de ce plafond de pierre, rasant ce dernier à plus de quarante pieds du sol. Et si le bâtiment avait beau être grand et culminant, Lucretia put tout de même contempler les expressions de celui qu'elle s'apprêtait à éliminer. D'abord le doute, un scepticisme mitigé quant aux désertions temporaires de ses collègues, lesquels venaient de quitter leur poste après avoir été appelé d'en bas. Et ils n'étaient toujours pas revenus. Ses petits yeux fouineurs ne cessaient de tenter de percer l'obscurité qui régnait dans le corridor, sans jamais parvenir à discerner une ombre amie. Au contraire ; peut-être même repéra-t-il la silhouette discrète d'une corneille qui s'approchait inlassablement de lui. Il tiqua, sourcilla, levant le regard au ciel. Le garde sembla bel et bien s'étonner de la présence du volatile, et, machinalement, marmonna quelque chose dans sa barbe. Nouvelle expression, nouvelle surprise ; aucun mot ne sortit, ou, s'il le fit bien, ne provoqua aucun son audible. Et, l'instant d'après, juste après, la corneille se métamorphosa en femme.

    Lucretia eut juste le temps d'apercevoir l'expression ahurie de l'homme, dont les yeux écarquillés luisaient d'une surprise hébétée, scintillante, avant que sa lame, pointe dardée vers le bas, ne lui transperçât le crâne. Le poids de l'épée ajouté à celui de l'alliciante jeune femme, dont la force s'en trouva décuplée suite à l'inertie de sa chute, suffit à lui broyer la boîte crânienne, à lui traverser le cerveau, et à se ficher dans le haut de sa colonne vertébrale. Il y aurait dû y avoir début de cri, un gargouillis étouffé, et le fracas d'un nouveau corps s'étalant sur le sol. Là encore, il n'y eut qu'un oppressant silence. Après s'être souplement réceptionnée, par acquis de conscience, elle lui trancha la gorge, et essuya les sanglots de larme sur la tunique sale et déjà poisseuse du trépassé. Si, dans les environs proches, nul son ne pouvait être procréé, un autre demeurait perceptible s'il était émis de plus loin. S'immobilisant comme une statue de marbre, elle attendit, le corps tendu, sensible à la moindre vibration sonore. Il n'y en eut aucune ; elle fit signe aux elfes d'avancer jusqu'à elle.

    Eux non plus n'avaient pas chaumé ; pendant qu'elle en était venue aux mains avec son propre garde, au fond, la petite troupe elfique s'était attaquée au soldat du milieu. Lui non plus n'avait pas fait long feu ; une première sagette lui transperça la poitrine, dans ce même silence irréel et funeste, lui arrachant un sursaut surpris. Puis vint le tour d'une deuxième, d'une troisième, et même d'une quatrième, laquelle acheva de le mettre à genoux. La vie habitait encore son corps criblé de poinçon métallique, mais ses yeux trahissaient déjà cette once de vitalité qui fuyait son être. La dernière elfe acheva le processus en lui tranchant proprement la gorge, lu ouvrant un second sourire qui déversa une flopée de sang.
    Ils avancèrent sans bruit, récupérant leurs traits avant de parvenir à hauteur de la grille en or.

    Aucun bruit n'était toujours perceptible, quelques membres elfiques comme Lucretia regardèrent à travers les interstices que formaient les croisillons de métal précieux. Contrairement au couloir, alors éclairé de diverses torches accrochées au mur, la salle que venait verrouiller la grille s'avérait très peu lumineuse, mais les pupilles acérées de la Lahmiane lui permirent de s'affranchir de la pénombre. De leur côté, les elfes n'en furent pas en reste, et parvinrent tout autant à pénétrer l'obscurité, découvrant ce qu'il s'y cachait.

    Deux horribles choses dont les silhouettes, si elles semblaient bien humanoïdes, ne paraissaient pas véritablement humaine. Slaanesh avait conquis ce palais par l'intermédiaire de quelques cultistes, et Lucretia venait d'en avoir une nouvelle preuve. Avachies dans un canapé, ces créatures, dont il était difficile de discerner le sexe, somnolaient dans une vêture de cuir noir, clouté, obscène, et reposaient sur leurs cuisses un martinet et un bâton. Voilà de quoi remettre dans le rang les enfants récalcitrants… Entre autres choses.

    Impossible de communiquer oralement pour mettre en œuvre la prochaine étape d'un plan réalisé à l'improvisade, mais l'un des elfes indiqua d'un simple signe de la main que tout était sous contrôle. Le laissant faire, Lucretia l'observa.
    Le sylvain s'approcha de la grille dorée, repéra la serrure qui la maintenait fermée, et, appelant à lui les vents aethyriques d'une toute autre façon que la jeune femme, les harmonisa de façon à en tisser un sortilège qu'il libéra sur le pêne. Les arcs se bandèrent, prêts à réagir et à décocher leurs traits mortels, et un petit « clic » eût assurément retenti sans la présence du sort de son.

    Ils entrèrent, tous, et les pointes acérées se tournèrent tout naturellement en direction des deux androgynes. Il s'agissait probablement de la dernière étape avant d'assurer la sécurité des enfants, et leur extraction. Les elfes pouvaient bien les tuer ; la Lahmiane n'en avait cure, et aucune pitié de nourrissait son être. Pire encore, elle ressentait comme un profond dégoût à l'encontre de ces choses. Elle ne fit que s'approcher, lame dégainée, prête à en user si, par malchance, les flèches des elfes ne viendraient pas à bout de leurs cibles.
    Après, ils fouilleraient les corps, récupérant possiblement les clefs qui libéreraient les enfants.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 20 août 2015, 01:56, modifié 1 fois.
Raison : 6xp/122xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre »

Palais de Bundhofstadt. Silence magique...
Trois flèches (+4 cible inerte): 12,7, 10, les trois touchent le premier androgyne surpris
Deux flèches (+4 cible inerte): 3,5, les deux touchent le second androgyne surpris
Deux attaques à l'épée longue: 11, 19, une seule touche franchement le second androgyne.
Les deux androgynes sont morts.
Une fois la grille dorée ouverte, mettre à mort les deux malsains gardiens assoupis ne fut qu'une formalité pour la bande des elfes... Dans le silence surréel, trois flèches incrustèrent définitivement le premier dans son canapé, et deux autres flèches, agrémentées de coups d'épées plus ou moins habiles de la guerrière elfe, occirent le second...

De fait, Lucrétia avait bien jaugée la situation: Pour trépasser par surprise ces deux créatures, les elfes n'avaient bien entendu pas besoin d'elle... Du reste, ce n'était bien sûr pas ces deux meurtres qui le montraient à Lucrétia - c'était trop facile - mais à force de les observer, la lahmiane devait quand même songer que cette petite bande elfique possédait des compétences certaines... notamment la femme à l'épée... Bien que cela fût évidemment sans commune mesure avec sa maîtrise propre.

Du reste, il ne fut nécessaire de trouver aucune clef. Les enfants du dortoir obscur, toujours endormi du fait de l'absence magique de son, ne paraissait point attachés ni enchaînés... Les traumatismes, la peur et le fouet devaient suffire à les tenir calmes... résignés... voire anéantis...
Ils étaient une quinzaine, filles comme garçons âgés de 5 à 10 ans... Pour des raisons de bienséance, nous n'en dirons pas plus sur les marques et contusions que certains portaient... Mais c'était à révolter quiconque avait un peu d'humanité en lui!
La plupart des elfes avaient le regard hagard en constatant tout cela, plein de haine et de rancœur envers les maudits habitants de ce détestable palais... Toutefois, à part la "mère" qu'ils devaient tempérer dans sa recherche éperdue de ses propres enfants, ils conservaient une attitude disciplinée.

Et elle les retrouva, ses chers enfants!
Bien sûr, il n'y eut point de bruyantes effusions ni de cris de joies - et tant mieux! - du fait des sortilèges encore en cours, mais que de bonheur tout de même, dans la fin de cette détresse qu'ils vivaient.
Il s'agissait d'une fille et d'un garçon aux oreilles elfiques, de respectivement 6 et 8 ans, de l'avis de Lucrétia.

Cependant, des enfants ne dormaient sans doute pas, mais ils n'en restaient pas moins immobiles dans leurs petites couches, car maintenus dans un état bien trop terrifié pour oser encore espérer quoi que ce fût... Tout ce à quoi ces gosses pensaient, c'était sûrement et seulement à éviter la punition, désormais. Ils étaient conditionnés... Tiens? Un gamin d'une dizaine d'année, sans doute fraichement arrivé, s'était levé, curieux et intimidé. Il fut immédiatement pris en charge et cajolé par une elfette, laquelle sut l'apaiser et lui faire vite oublier le drôle de silence qui régnait... D'autres elfes veillaient au grain dans le dortoir.

Cependant, la magicienne tatouée et la guerrière à l'épée paraissaient réfléchir, grimaçant et se faisant des signes: La situation les plongeait dans le désarroi.
Garder son propre sort de silence actif paraissant important à la tatouée - et pour cause, des pleurs d'enfants pouvaient donner l'alerte, non pas? -, elle préféra sortir un parchemin sur lequel elle écrivit contre un mur pour s'adresser à Lucrétia.
Voilà ce qu'on pouvait y lire:

Comment sortir tous ces enfants de ce lieu maudit? Nous pourrions nous charger seulement des deux nôtres en partant par la même voie qu'à l'aller. Mais les autres? On ne peut les laisser là.
Auriez vous une solution?


Regard interrogatif vers la lahmiane en lui tendant parchemin, encre et plume.

Le plus tempétueux des mâles archers surveillaient la grille dorée, laquelle avait été en apparence refermée.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Point besoin d'entrer avec moult précautions dans la pièce ; le sortilège de silence agissait toujours, et, si jamais les légers pas feutrés des elfes avaient été difficilement perceptibles, les deux créatures semblaient dormir d'un sommeil de plomb, peut-être repues de leur soif d'obscénité. L'on eût dû entendre cinq sifflements stridents, cinq bruits mats de sagettes s'enfonçant dans le gras d'un corps, mais, pour les plus sensibles d'entre eux, il n'y eut que la légère brise apportée par les relâchements des cordes. Le sang coula. Par mesure de précaution, là encore, ces anormalité eurent la gorge tranchée, et elles s'avachirent dans la mort, retombant mollement sur le canapé qu'elles occupaient.

    Point besoin de s'entêter à rechercher quelque clef que ce fût ; non loin des cadavres demeuraient les enfants. S'il fallait les dénombrer, l'on en retirerait une quinzaine, et tous avaient l'air hagard, désabusé. Certains s'étaient réveillés, mués par un sixième sens qui, en l'absence de toute nuisance sonore, leur avait indiqué qu'il se passait quelque chose céans-même. D'autres s'agitaient dans un sommeil troublé, tributaire de leurs dernières vicissitudes, mais ils furent à leur tour bientôt sortis de leur torpeur par leurs camarades intrigués, et ô combien peureux. Comme des poupées de chiffon trop longtemps utilisées, la marmaille était entassée dans un coin, abimée, brisée, et dardait sur leurs possibles sauveteurs ou tortionnaires un regard plein de défiance et de crainte. Ils n'osaient pas bouger, de peur de provoquer sur eux l'ire impétueuse et endêvée de quelques fous, pour aucune raison que ce fût ; en fallait-il vraiment pour s'adonner à de telles bassesses à l'encontre de d'enfants ? Ou peut-être suspectaient-ils un piège, fourbe et insidieux, dont le but n'était pas autre que de vérifier s'ils avaient bien retenu la dure leçon qu'on leur avait enseignée.
    Il y en eut tout de même un pour oser faire un pas, puis un autre, en direction du groupe de sylvains, et la mère récupéra ses enfants, les prenant bien fort dans ses bras.

    Le moment attendrissant, mais la menace planait toujours sur le petit groupe qui venait d'entrer par effraction dans ce dortoir doré, tout en éliminant proprement ses gardiens. Les elfes s'étaient répartis aux quatre coin de la pièce, veillant à ce que nul ne passât, et un autre s'était posté aux alentours du couloir, prêt à leur signaler la moindre présence douteuse. Quelques paroles et messages s'échangèrent par le simple regard ; pas assez d'elfes, trop d'enfants pour les libérer en une seule fois. La tatouée s'empara d'un parchemin pour écrire quelques mots qu'elle montra à Lucretia.

    Ou, c'était bien cela ; ils ne pourraient se charger d'extraire tous les enfants, et c'était même pire que ce que la Lahmiane avait espéré. Seulement deux enfants ? Il y avait possibilité d'en prendre au moins un par elfe.
    Elle s'empara du parchemin pour y déposer ses propres mots.
    Un enfant par elfe. Descendre en rappel est plus rapide que monter, même avec charge. Je fais les deux aussi vite. M'en occupe. Si problème, tant pis ; abandon.

    Il était logique que les elfes choisiraient dans un premier temps de prendre leurs enfants, et ceux-ci étaient presque déjà en sécurité. Par la suite, peut-être que quelques sylvains intrépides se lanceraient de nouveau à l'assaut des murs afin d'effectuer un autre voyage. Dans ce cas-là, Lucretia les couvrirait ; elle utiliserait un sortilège pour verrouiller les portes du couloir de l'étage par lequel ils s'étaient infiltrés afin d'être davantage tranquille lors de l'extraction. Si les choses tardaient, elle pourrait sans doute contenir quelques assaillants, le temps que le groupement eût le temps de poser pied à terre.
    Mais, pour le moment, après avoir verrouillé les portes, elle s'occuperait d'aider à la descente des enfants plutôt que de la défense ; avec sa forme de corneille, elle était susceptible de remonter bien plus rapidement que toute autre personne déjà présente sur les lieux, et donc de redescendre un enfant aussi rapidement, en usant des cordes laissées à la fenêtre.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 20 août 2015, 22:58, modifié 1 fois.
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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre »

Palais de Bundhofstadt. Silence magique...
Après la réponse écrite de Lucrétia, quelques regards elfes furent échangés, puis La tatouée opina alors vers la lahmiane avant de toucher son coeur en guise de remerciement pour tout ce qu'elle faisait - et feraient - pour eux et les enfants.

Les elfes sylvains sont gens rassurants pour des enfants: leur beauté, leur douceur intrinsèque, amènent à la confiance. Et le fait qu'une majorité de femmes étaient présentes, amenant un fort aspect maternel, acheva d'apaiser et détendre les pauvres gamins choqués... C'est ainsi que, prenant leur temps pour sourire et cajoler tous et toutes, la bande sylvestre parvint à leur faire comprendre qu'ils devaient venir avec eux dans le calme pour des jours meilleurs. Les enfants étaient comme dans un rêve, dans ce silence étrange peuplé de gentilles créatures qui venaient les sauver...

Les soldats et l'assassin morts dans le couloir de la prison dorée furent vitement planqué dans le dortoir, et leur sang essuyé encore plus promptement, puis le groupe se mit en marche.
test général de discrétion/perception des meilleurs du groupe: 12, réussi
test général adverse: 10, raté
Six elfes, c'était bien suffisant pour gérer quinze gosses dociles, aussi le retour aux fenêtres du chemin de garde Est se déroula t-il sans encombres majeures... Certes, une telle compagnie était bien moins facile à manoeuvrer avec discrétion dans les couloirs du Palais endormi, mais entre les sens aiguisés de Lucrétia et ceux de l'archer elfe aux avants postes, en surplus du silence magique qui régnait toujours, éviter les rares valets et gardes en vadrouille nocturne put se faire sans autres effusions de sang.

Les sortilèges de maîtrise du son touchaient à leurs fins (celui de Lucrétia comme celui de la tatouée) lorsque l'on parvint aux fenêtres de fuite. La tatouée prolongea immédiatement le sien:
Sauf mention contraire, un sorcier peut prolonger un sort dont la durée est supérieure à un round sur un test de Magie. Cette action ne prend pas en compte la difficulté du sort, dure une action majeure, est susceptible de générer un fiasco et ne rapporte aucun point d'expérience magique supplémentaire. Si elle est réussie, la durée du sort redémarre (relancez les éventuels dés) et conservez le nouveau degré de réussite en cas d’éventuelle dissipation.
Test de magie de la tatouée: 9, réussi
Les elfes ne manquaient point de cordes sur eux, évidemment, et c'était en surplus du très bon matériel: Lesdites cordes, enroulées dans leurs sacs, étaient fines et d'une grande légèreté et pourtant paraissaient d'une belle solidité. Ahhh l'artisanat végétal sylvain!... Leur nombre et leurs longueurs suffirent à aménager facilement six descentes en rappel. Un des elfes mâles qui s'étaient peu fait remarquer jusqu'ici - à part avec ses flèches - étaient manifestement l'expert du groupe en "noeuds et escalade" : Il s'occupa d'encorder savamment la taille de ceux qui ne savaient pas faire (dont Lucrétia?) de façon à gérer des descentes sécurisées en "coulisse" ( expliquant si besoin la méthode par gestes précis à la lahmiane?)... Puis il attacha un enfant au devant de chacun et chacune, et - la tatouée restant en haut pour rassurer les enfants laissés là et conserver le silence magique - la première descente fut!
test de lucrétia: 3, facile
test des elfes: 12,17,17,1,7, deux échecs / reprises: 3,7, réussies.
"Noeuds de coulisses" ou pas, Lucrétia descendit sans soucis son juvénile chargement le long de la vertigineuse paroi verticale... Deux elfes galérèrent bien un peu, mais leur rappel étant sécurisés, ils purent se reprendre sans trop de problèmes...
Et voilà! Cinq enfants déjà menés en bas! (dont les deux gamins sylvains bien sûr!)

"En bas", c'était bien 200 pieds de mur du Palais puis encore 150 de falaise abrupte, parfois même en dévers inversé, qui menaient au hauteurs d'une fosse qui s'enfonçait encore en terrasses dans une carrière de marbre...
Note à propos des "pieds" pour la forme :) je cite le début de ton avant-dernier post:
La corneille s'était envolée haut, très haut sous la voûte de ce plafond de pierre, rasant ce dernier à plus de quarante pieds du sol.
1 pied= environ 0,3m
40 pieds, ça fait donc plus de 13m... un peu haut pour des plafonds non? (même d'un palais!^^)
Sachant que tu n'es pas terrible en math, au cas où, voici: Quand on parle en "pieds", il suffit donc d'à peu près diviser par 3 pour obtenir des mètres... Ici, donc, (200+150 pieds) /3 = à peu près 115 mètres... (oui, c'est haut, mais bon, c'est le principe du précipice, et d'une ville bâtie sur une colline...)
Pardon de cette digression, si tu l'estimais point nécessaire. :roll:
En cette heure très tardive, il n'y avait nulle vie dans la carrière, et les baraquements des ouvriers se trouvant à un autre bout de l'endroit, l'on était assez tranquille... Le silence magique étant resté en haut avec la tatouée, l'on pouvait toutefois parler, maintenant:
Aucun enfant ne dit rien, trop intimidé pour ce faire. Et, l'heure n'étant pas encore à la détente, une seule elfe se permit de dire quelque chose:
-Tu vas donc remonter en forme d'oiseau, amie? Et redescendre à toi seule les autres enfants en autant de voyages?
Il s'agissait de l'épéiste elfe, la plus compétente au combat du groupe. Elle arborait un air épaté et respectueux, vraiment impressionné.
...Et à juste titre! Car ce fut bien ainsi que cela se déroula!
Tests de rappel pour Lucrétia: 9,8,10,18 (échec reprise à 14 réussie),6,8,11,7,2...
Test de la tatouée: 7, réussi
Remontant sans arrêt en forme de corneille, Lucrétia ne peina qu'une fois dans ses redescentes répétées des enfants, et encore se reprit-elle avec brio... L'agilité de la lahmiane était incroyable, tout autant que sa force et son endurance... peut-être même se permit-elle de se charger quelquefois de deux gosses pour gagner du temps?...
La tatoué descendit un enfant lors du dernier voyage... Une fois en bas avec la compagnie réunie, elle dit à Lucrétia en montrant le Nord-Est:

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-Par là, il ne nous sera point difficile de nous enfuir jusqu'aux bois, même avec cette ribambelle d'enfants. Ce n'est que peu gardé, nous avons déjà repéré les lieux... Elle s'inclina ensuite avec gratitude:... Je suis Palann Tengwar, mage sylvestre des Bois d'Hvargir, mille mercis... encore et toujours.

Les autres elfes l'imitèrent, s'inclinant chacun leur tout face à la lahmiane:

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-Louée soyez vous. Qu'Isha et Kurnous vous bénissent... Je suis Wanatcha Aiqua... Celui là, c'était le spécialiste de l'escalade (entre autres talents, gageons le)

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-Vous êtes incroyable, providentielle dame rousse. Sans votre aide, cela aurait été tellement plus compliqué... et peut-être mortel... Grand merci! Je suis Yris Menel, pour vous servir... Celle-ci avait toujours été effacée, sa voix était d'une grande douceur et elle avait été la plus habile à gérer les enfants.

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-Merci m'dame... ouais, vous avez assuré... Le salut de cet autre, tout couvert d'une armure de bois sculptée en formes végétales - et toujours dardant son arc en même temps qu'il veillait aux alentours - fut moins franc que ceux des autres. C'était clairement le plus désinvolte de la bande, et le plus agressif... le seul à être "désinvolte et agressif" en vérité... Et le seul qui ne donna point son nom.

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La "Mère" remercia ensuite Lucrétia, et si cette dernière se laissa faire, cela partit carrément dans une belle étreinte reconnaissante. L'elfe voulait serrer la merveilleuse Lucrétia tout contre elle... Soyez mille fois bénie, grande dame! Merci, merci! Vous m'avez rendu mes enfants! merci!... Elle en pleurait:... Je me nomme Orya Jamali, et je serai votre éternelle débitrice! Merci!...

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Après une courte attente pour que la "mère" se calme un peu, la dernière à s'incliner fut la plus adroite des guerrière du groupe, celle qui maniait l'épée plutôt que l'arc (bien qu'elle en possédât un). D'ailleurs, elle dégaina sans danger sa lame en se courbant avec respect, et la tendit ensuite à Lucrétia, manche vers la lahmiane:
-Je suis Diaz Hyando... Si jamais un jour tu veux une assistance au combat, viens me voir et je serai là pour toi... Accepte ce présent en remerciement de ton soutien. C'est une "Lame de Loec", le Dieu haut Elfe des Guerriers Fantômes... Je m'en trouverai une autre, elle est à toi maintenant.
A mieux la regarder, cette elfette était possiblement une haute elfe en vérité, non une sylvaine. Quand elle se battait, c'était presque comme une danse... Et l'épée qu'elle offrait était de toute beauté, fine et raffinée, mais semblant trancher comme un rasoir:
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Mais tout cela n'avait que trop tardé - bien que nulle alerte n'avait encore été manifestement donnée au Palais? -, par sa gestuelle sur le départ, la tatouée le fit savoir, demandant à Lucrétia:

-Viens-tu avec nous dans les bois? Là bas, mes pouvoirs revenus, nous ne risquerons plus rien. Vague sourire: je parle de "nous autres" bien sûr, car toi, je ne crois pas que tu risques quoi que ce soit de toutes les façons.

Ils partaient avec les enfants, contournant la zone de carrière pour se diriger vers les remontées obscures du Nord-Est...
La lahmiane suivit-elle?
Si jamais ça t'intéresse, je peut te faire la compétence "escalade", incluant les "noeuds d'alpinistes etc, à 15xp... mais c'est maintenant tout de suite, tant que c'est frais pour ton perso, ou alors après ce sera trop tard ;)

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Pour les pieds et les mesures… Je me suis simplement bien fail. :mrgreen: Parce que j’avais regardé la conversion pied/mètre en écrivant, et je voulais justement faire un 3 mètres et quelques Dans ma tête, c’était donc 13/14 pieds, et j’ai écrit 40. Legit. Je reconnais que c’est biiien trop haut. xD

    Lucretia s’était demandée la réaction des elfes lorsque ceux-ci liraient les quelques mots apposés sur le parchemin. Notamment le « abandon ». Car la jeune femme ne parlait pas d’elle, mais bien des enfants ; si le moindre souci survenait, alors fallait-il laisser tomber les derniers enfants pour s’échapper. Leur existence à tous prévalait davantage que la vie d’un gamin, déjà traumatisé, et qui n’en mettrait que plus de temps encore pour se rétablir, si rétablissement pouvait-il y avoir. Et la fuite était d’autant plus importante qu’il ne fallait en aucun cas à ce que l’un des membres de ce petit groupe ne se fît attraper ; soumise à la géhenne, cette personne ne tarderait pas à livrer ses moindres secrets, et l’identité des elfes l’accompagnant. Et si Lucretia n’était pas une elfe, le quelconque captif pouvait très bien donner sa description et ses pouvoirs, quand bien même s’était-elle couverte le visage de la capuche de sa pèlerine.

    Mais, plutôt que toute autre expression, ce fut le respect et la sincérité qui primèrent sur les visages des elfes alors qu’ils se tournaient en la direction de la Lahmiane. Main sur le cœur, geste en sa direction, et profond respect ; voilà les premiers gestes et sentiments qu’elle perçut. Elle inclina légèrement le chef en leur direction, en retour, mais arrêta là pour le moment ; l’heure n’était pas au débordement de joie et aux démonstrations de reconnaissance, mais bien à l’action et à la prudence. Personne n’était encore sorti d’affaire.

    Les elfes se tournèrent alors vers les enfants, et leurs mines quiètes ainsi que leurs gestes doux suffirent à apaiser la marmaille. Cela valait mieux ; le moindre pleur, le moindre gémissement émis en-dehors de la zone d’action du sortilège, et ils pouvaient être tous repérés. Les petits suivirent tous, dans le silence que requérait cette opération.
    La tatouée demeura avec eux, tandis que Lucretia, dont le même sortilège agissait toujours, débarrassa le couloir de ses morts, toujours sans un bruit, et les dissimula là où elle le pouvait. Si l’alarme devait être sonnée, mieux valait qu’elle fût donnée le plus tard possible, ce qui leur laisserait le temps de s’esbigner.

    La procession se mit en route, révélant des trésors de discrétion. S’engageant dans les escaliers, le marbre ne résonnait d’aucun écho qu’aurait pu produire le moindre pas feutré. Le second escalier fut atteint sans problème, tandis que Lucretia, peut-être, parvenait à verrouiller les différentes portes qui donnaient accès aux couloirs et paliers qu’ils empruntaient. Enfin, ce fut sans rémora qu’ils atteignirent la fenêtre laissée ouverte, laquelle béait sur le précipice. Il y avait eu quelques patrouilles et un portefaix qui, à moitié endormi, avait emprunté le même chemin qu’eux, mais les sens aiguisés de la jeune femme comme ceux des autres elfes suffirent amplement à se dissimuler à temps pour laisser passer les intrus.

    Devant la fenêtre, Lucretia sentit qu’un sortilège dont l’essence magique touchait à sa fin fut soudainement amplifié. Par reflexe, elle regarda autour d’elle, perça les ombres mouvementés et les recoins caverneux, que pour mieux s’apercevoir que la cause de tout cette agitation aethyrique n’était pas autre que la tatouée, laquelle prolongeait simplement son sort. Rassurée, Lucretia s’empara d’une corde à la magnifique facture ; véritablement elfique, elle s’avérait aussi lisse que fine, aussi solide qu’habilement manufacturée. Elle semblait comme courir entre les doigts, si ce n’était pas couler ; l’on avait l’impression qu’il s’agissait d’un mince filet d’eau plutôt que d’une véritable corde, capable de vous écorcher les mains.

    L’un des elfes entreprit d’encorder chacun des membres de sa petite troupe, leur offrant un certain secours dans leur prochaine escapade, à quelque trois cent cinquante pieds dans le vide. Une petite chute, et, si tout se passait bien, la corde et les nœuds les rattraperaient bien avant que ne le fît le sol. Mieux encore, il passage également le cordage autour de la taille de Lucretia, qui le laissa faire, et cela d’autant plus qu’ils s’étaient tous les deux écartés du groupe afin de pouvoir converser quelque peu. Là, il lui apprit comment le nœud fonctionna, ce qu’il fallait faire en cas de pépin, et comment le réaliser. Dans la mesure où la Lahmiane comptait bien revenir céans-même, tout en haut du rempart après s’être métamorphosée, elle n’était pas contre le fait d’apprendre à refaire le nœud toute seule pour assurer sa future et prochaine descente. Elle refit le nœud, plusieurs fois, jusqu’à être tout à fait capable de le refaire seule. En vérité, cela n’était pas si compliqué que cela lorsqu’il vous avait été montré deux trois fois, et plus encore lorsque vous refaisiez le mouvement. Quelque temps plus tard, et l’esprit fort aiguisé de la jeune femme avait déjà retenu la procédure.
    Enfin, après s’être vu attacher un enfant sur le devant, ils descendirent.

    Dans la mesure où la corde était déjà accrochée tout en haut, descendre s’avérait bien moins périlleux ; ce n’était pas l’un des membres de la troupe qui devait retenir le fautif, mais bien un piton ou même un crochet solidement planté dans la pierre, tout en haut. Et cela était également bien plus facile ; il n’y avait point besoin de se battre contre la gravité, à hisser son corps à la force de ses bras et de ses jambes, à rechercher en permanence la meilleure prise possible pour ce faire, non. Ce n’était qu’un jeu de sautillons et de rebondissement contre la paroi. Du côté des elfes, il y eut bien quelques ratés, mais rien de très grave.

    Première descente, et voilà cinq enfants qui venaient d’être sauvés. La carrière de marbre où ils avaient atterri ne comprenait aucun ouvrier en cette heure plus que tardive. Tout au plus, et Lucretia pouvait percevoir les légers ronflements qui sourdaient du baraquement, à l’opposé de leur position. Les elfes aussi, probablement, mais, à son instar, ils n’y prêtèrent aucune attention. Les premiers regards se portèrent surtout sur les enfants, vérifiant s’ils allaient bien. La tatouée ne se trouvant plus dans les parages, restée en haut, plus rien ne retenait les sons. Pourtant, rien ne fut véritablement perceptible, si ce n’étaient les respirations légèrement frénétiques des enfants, lesquels venaient d’être emmenés dans l’ombre de la falaise, en plein précipice. Si cela les avait marqués, ils ne pipèrent mots, se contentant de longs regards et de battements de cils, quelque peu désorientés.

    L’elfe qui n’avait eu de cesse que de pourfendre ses adversaire à l’aide d’une épée plutôt que d’un arc s’approcha respectueusement de Lucretia, lui demandant si elle comptait bien effectivement remonter là-haut sous sa forme de corneille pour y redescendre chacun des enfants. La jeune femme acquiesça, le plus simplement du monde. C’était ce dont elle avait convenu sur le parchemin.
    Et elle reprit son envol, bien haut dans le ciel enténébré.

    Chaque fois, elle s’engouffra dans le fenêtre, à chaque fois, afin de gagner du temps, et vu que les portes étaient restées ouvertes sur le chemin qui passait du couloir au deuxième étage, à la grille, elle fusa à travers ce même chemin, passant les paliers et gravissant sans même les toucher les marches. Arrivée au niveau de la grille, pour ne pas effrayer les enfants et éviter qu’ils ne se missent à pleurer, elle veilla à se transformer à l’abri de leur regard. Puis elle en prit un, et redescendit, à pied, cette fois, jusqu’à parvenir à la fenêtre de la muraille. Là, la jeune femme s’encorda elle-même, selon le même procédé que lui avait appris l’elfe, et attacha l’enfant. Et elle gravit la muraille, dans l’autre sens. Cela lui sembla tellement facile, tandis qu’en haut, rien n’était visible, aucun danger ne se montra, qu’elle finit par en prendre deux à la fois. Ce fut à son tour, à l'instar des elfes, d'avoir une petite accroche le long de sa descente, mais, là encore, rien qui ne fût fatal. Lorsqu'il n'en resta que deux, la tatouée vint à son secours, en prenant un contre son giron.

    Lorsque tout fut achevé, l'attroupement d'elfes la considéra avec un respect accru. Un par un, ils se présentèrent à elle, s'inclinèrent diligemment, lui témoignant toute leur gratitude. La Lahmiane leur retourna une petite inclinaison respectueuse du chef, les observant à tour de rôle. Dire que tout cela n'avait été u'un jeu pour la jeune femme, jeu auquel elle avait participé par simple envie. Une foucade, une fraque afin de lui changer les idées. Et peut-être parce qu'elle n'appréciait décidément pas le Conte de Reissen. Et peut-être, encore, parce qu'elle voulait se lancer un défi, savoir si elle serait à la hauteur de cette excursion pour le moins dangereuse. Car, si on l'avait reconnue, tout son plan serait tombé à l'eau.
    Elle rabattit sa capuche, dévoila la totalité de ses traits et de sa chevelure. Si les elfes lui étaient bien redevables, mieux valait qu'ils pussent mettre un visage lorsqu'elle viendrait leur réclamer l'objet de son dû.

    Par ailleurs, l'ancienne baronne de Bratian en reçut un, là, céans-même. Une magnifique lame, autrement mieux ouvragée que celle qu'elle possédait déjà, et ô combien plus tranchante, plus affûtée. Il se dégageait de cette arme un charme séculaire et équilibré au possible, et, lorsque l'on comprenait qu'elle avait été façonnée par les elfes, tout cela devenait légitime, évident. Et sublime.
    Lucretia serra contre elle la mère qui venait de retrouver les enfants, et s'inclina bien davantage vis-à-vis de cette même elfe qui lui avait parlé, juste lorsqu'elle venait de toucher terre pour la première fois après la descente, et qui venait de lui offrir cette épée.

    «C'est un véritable présent que tu m'offres là. Je l'accepte de tout cœur, et tâcherai que de m'en montrer digne. »

    Par la suite, la tatouée invita Lucretia à la suivre par-delà les bois.

    «Je vous suivrai un moment, mais, dans la mesure où des gens m’attendent à l’une des caravanes de Reissen, je crains de ne pouvoir demeurer bien longtemps. Mais sait-on jamais. Montez-moi la voie. »
    Je prends la compétence, allons-y ! Aj=h, et cela n’est plus d’importance, mais je demande tout de même ; dans le poste précédent, j’avais dit que j’utilisais le sort verrou magique pour couvrir nos arrières au niveau des portes des dortoirs et autres (pas sur notre route). Les ai-je réussis ? [Au cas où, chance, as ever]
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 05 sept. 2015, 22:03, modifié 1 fois.
Raison : 6xp/134xp - 15 pour "escalade", reste 119
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre »

Quelques verrous magiques pendant la sortie du palais:
6, 4, 1, tous réussis. +4PM (parce que je ne donne pas le max PM pour des sorts jetés en masse...)
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En se dirigeant vers le Nord-Est depuis la carrière, les bois étaient mal gardés:... Les quelques tours de Guets étaient surtout tournées vers d'éventuels ennemis extérieurs, les palissades avaient des crevées non réparées... Après tout, il n'y avait là qu'une carrière de marbre dans un grand trou, avec le palais qui s’élevait bien haut au dessus, rien de vraiment stratégique... Rien qui empêcha les elfes et leurs enfants, toujours aidés de "silence magique", en surplus d'une brume que la tatouée avait générée, de quitter les lieux en catimini...

Par contre, Lucrétia le remarqua, le Sud-Est était bien plus copieusement gardé. Il y avait de nombreuses tours de guets, des murailles, et même peut-être des patrouilles, si elle se fiait à son ouïe surnaturelle... Mais comment s'en étonner? N'était-ce pas au Sud-Est de la capitale que, d'après sa carte, se trouvait une certaine "vallée fertile"? Manifestement le "Comte" y tenait, car n'était-ce pas grâce à cela qu'il nourrissait et abreuvait les principautés du Dragon à prix d'or?... Et mangeait bien lui même par la même occasion?

Mais maintenant, après une petite heure de route, en portant les enfants à tour de rôles dans le brouillard forestier, l'on commençait à se trouver bien plus loin au Nord-Est de tout cela... Les elfes étaient encore plus habiles dans les bois, en confiance, cela se voyait. Il y eut une halte. Tandis que la tatouée faisait pousser par magie des baies rafraichissantes pour les enfants alors que ce n'était point la saison, la guerrière à l'épée parla à Lucrétia:

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-Nous sommes saufs, Femme Corneille, c'est presque certain... Certes il nous faudra traverser quelques miles à découvert dans des badlands pour rejoindre une autre forêt, mais la nuit devrait être notre alliée... Ralentis comme nous le sommes par les enfants, nous serons sans doute au village sylvains dans trois jours. Mais si j'ai bien compris, vous ne nous accompagnerez point jusque là...
Une moue déçue:
-C'est peut-être mieux ainsi, les anciens de là bas n'aiment guère les étrangers, mais je le regrette quand même. Et je ne suis pas la seule... J'aurais aimé vous accueillir chez nous comme il se doit, et vous remercier par des festivités comme vous n'en avez sûrement jamais connues...

-Oh oui, vous seriez la bienvenue, n'en déplaise à nos anciens!

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Ceci était l'intervention de la plus douce et la plus calme des elfes. Son sourire n'était que pure bonté:
-Il est dommage que vous ne veniez pas à cause de vos affaires en cette ville maudite, mais si tel est bien le cas, soyez sûr que nous élèverons tous ces enfants comme les nôtres... Mais venez donc! L'on a qu'une vie, et bien rares sont les humains accueillis chez des sylvains. C'est une occasion unique!

-Vous sauriez aussi où nous trouver si jamais vous aviez un jour besoin de quelques appuis efficaces, renchérit l'autre elfe - l'épéiste - sûre de ses compétences (et aimant l'aventure?)

C'est là que la tatouée intervint:

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-Et si vous nous disiez qui vous êtes vraiment?... Grand merci, encore, de votre aide précieuse, et il est vrai que vous êtes invitées avec plaisir chez nous si vous le désirez, mais... nous nous sommes tous présentés à vous. Et vous ne l'avez point fait en retour... Qui êtes vous donc, dame rousse?... Qu'êtes vous donc?
Le ton n'était pas inamical, ni l'expression, mais cela était tout de même quelque peu soupçonneux... "Qu'êtes vous donc?", avait-elle dit. La magicienne sylvaine se doutait-elle de la véritable nature de Lucrétia?
Elle se prit alors un petit coup de coude de la mère des deux enfants elfes, manifestement outrée que l'on ennuie ainsi la sauveuse de ses rejetons, si bien que la tatouée préféra temporiser dans un sourire:

-Non pas que vous nous devez des comptes, non... C'était surtout de la curiosité... si jamais vous partiez céans et que nous ne vous revoyions plus, je crois que nous aurions aimé savoir plus précisément à qui nous sommes débiteurs.

Tous les visages elfes étaient tournés vers Lucrétia, intéressés, ainsi même que ceux de la plupart des gamins.
Qui était cette belle femme rousse providentielle, qui savait se changer en oiseau noir, et qui avait eu l'endurance et la force d'exécuter à moults reprises des descentes en rappel en portant des bambins?
Désolé du retard: vacances, puis grosse reprise au travail... maintenant je devrais en revenir à un rp par semaine au minimum (et quand je dis minimum c'est minimum ;) en général j'aime en faire plus!)

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • La percée qui crevait la terre n’abritait rien d’autre que des cailloux et des amoncellements d’une roche dure çà et là, qui jaillissait du sol après sa découpe comme des dents de pierre. Silencieuse, la carrière offrait un paysage surréaliste pour quiconque s’y hasardait dans la pénombre vespérale, et les ombres jouaient à cache-cache avec les silhouettes qui se déplaçaient entre les blocs. Par mesure de précaution, ils se baissèrent tous et avancèrent de façon stratégique afin de s’esbigner le plus rapidement possible de l’endroit ; s’il apparaissait effectivement désert en cette heure plus que matinale, le petit groupe demeurait encore bien trop près des hautes murailles de la ville pour qu’apparut en eux un sentiment de sécurité.

    Cette fuite fut une fois de plus favorisée par le silence surnaturel qui planait dans les alentours proches de la tatouée, car c’était bien elle qui était à l’origine du sortilège. Les enfants se taisaient, encore sous le choc, mais bien sage ; peut-être se demandaient-ils, dans un coin de leur esprit, s’ils étaient définitivement tirés d’affaire. La conscience comme l’esprit avaient pour eux une grande faiblesse, une grande paranoïa sitôt que leurs défenses s’en trouvaient fortement enfoncées par le biais de quelque torture ou outrage, et chacun de ces cas précis pouvait, hélas, s’appliquer aux bambins.

    Quelques tours de guet se profilèrent devant eux, en très mauvais état pour la plupart, et les buttes qui les surélevaient ne paraissaient pas mieux entretenues. Une forêt de broussailles, de fougères et d’orties bloquait le passage de l’aventurier à manche courte, lui promettant moult irritations et écorchures. A l’inverse, au sud-est, les défenses construites pour empêcher tout assaillant de se faufiler au sein même de la plaine et de sa vallée fertile se tenaient bien droites, solidement, à renfort de collines déboisées. Le lieu était somme toute stratégique ; lorsque l’on contemplait la menace qui sévissait au sud en la personne du nécromancien, celle, chaotique, qui s’étendait au sud-ouest, il était évident qu’il valait mieux se prémunir contre toute famine. Et les choses n’empiraient que plus encore si l’on s’attardait un tant soit peu sur les maladies qui sévissaient dans le sud. Oui, mieux valait protéger son croissant fertile contre l’envahisseur ; une famine et une population en sous-nutrition pouvaient se révélaient plus dangereux et instables encore qu’une armée de siège.

    L’attroupement hétéroclite, composé d’elfes, d’enfants sylvains comme humains, et d’une noble jeune femme poursuivit sa route à travers une brume opaque qui s’était levée. Sans rémora aucun, ils parvinrent à franchir les éventuels barrages, contournèrent les murailles désaffectées que pour mieux s’enfoncer dans un bois. Le couvert des arbres et l’épaisse frondaison les camouflaient pour de bon face à la vigilance réduite des soldats postés au sommet de tours de guet ; ils ne craignaient plus grand-chose, même si le danger avait probablement été écarté depuis belle lurette si l’on prenait en compte la faible apercevance des humains. Bien que les sentiers fussent ponctués de racines, de lierre et de ronces, et que le terrain s’avérait aussi traître que salébreux, tous se frayèrent un chemin sans difficulté à travers la végétation, et ce ne fut que plus vrai encore pour les elfes. Avec une habilité déconcertante, le moindre pas leur faisait gagner six pieds lorsque, pour toute autre personne, cette dernière en effectuait un peu plus de la moitié.

    Vint une halte, et l’on donna à boire aux enfants comme aux sylvains. La tatouée fit pousser des buissons de baies, quand bien même n’était-ce pas la saison, dont elle donna les fruits à ses petits protégés. Et, avec cet arrêt, le temps des nouveaux remerciements, mais, surtout, des questions.
    Se formant en cercle autour de Lucretia, ils lui firent par, encore une fois, de leur éternelle reconnaissance, en sus d’ajouter qu’ils seraient arrivés au village dans une poignée de jours, si tout se déroulait comme prévu. Pourquoi ne viendrait-elle pas avec eux ?

    L’idée était d’autant plus tentante que les arguments des sylvains étaient vrais ; rares étaient ceux qui pouvaient se targuer d’avoir pu, ne serait-ce qu’une fois au cours de leur vie, approché la société des elfes de bois. Cela promettait d’être une expérience qui n’avait pas son pareil, quand bien même Lucretia pouvait-elle vivre quelques siècles encore. Pourquoi remettre à plus tard une telle opportunité en se disant qu’elle avait toute sa vie devant elle pour ce faire, en se disant qu’elle aurait l’occasion plus tard, quand, en vérité, ladite occasion se présentait , maintenant ?

    «Je ne suis pas encore parvenue jusqu’à votre chez vous que je perçois déjà une hospitalité qui m’honorera comme elle vous honorera vous. Vous dîtes vrais ; peu sont les humains qui ont un jour franchi les limites jusqu’à pénétrer dans vos lieux sacrés. Je suis autant curieuse qu’un peu de répit me ferait le plus grand bien. Je vais donc vous accompagner »

    Et qui était-elle, enfin ? L’on se posa la question, intérieurement, bien que celle-ci fut sur toutes les lèvres. La tatouée la posa, et insista quelque peu, quand bien même lui donna-t-on un léger coup de coude pour la réprimander de sa rustauderie à l’encontre de celle qui les avait tous sauvés, sylvains comme enfants. Lucretia se fendit d’un petit sourire, déclinant aussi bien son identité qu’explicitant les raisons qui l’avaient poussée à la dissimuler. Peut-être même pourrait-elle poser des questions politiques au sujet de ce qui se tramait dans les régions, vis-à-vis du Compte comme des différentes menaces qui pesaient sur eux tous ?

    « Je gage que je vous dois effectivement quelques explications. Je suis Lucretia von Shwitzerhaüm, autrefois baronne de Bratian, en passe, très probablement, de m'accaparer que plus de pouvoirs que j'en possédais déjà, dans le Talabecland. Mais… J'ai ressenti une soudaine envie de liberté, aussi me suis-je exilée. Oui, c'est aussi simple que cela. Et après un long voyage, me voici céans-même.

    Tous la regardait en l'écoutant, l'entourant, et elle leur rendit leurs regards un petit instant, avant de continuer.

    «J'ai déjà rencontré le fameux Comte qui vous a ravi vos enfants, et, bien que j'ai une affaire avec lui, je ne puis supporter ses… Excentricités. En vérité, si jamais je peux l'insupporter, appuyer sur ses faiblesses, le tirailler çà et là, alors je le ferai. Comme je l'ai fait en sauvant vos enfants ; de quoi joindre l'utile à l'agréable. Mais ce double-jeu n'est point sans danger, et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé, dans un premier temps, de ne pas vous confier mon nom. Que l'un d'entre vous eût été captif, et c'en était fini de vous, mais aussi de moi. »

    Petite pause. Elle jaugeait de leurs possibles réactions après l'aveu qu'elle venait de faire. Elle était en contact, malgré elle, avec le Comte, et avait une affaire avec lui. Mais la jeune femme estimait que ces elfes sauraient certainement faire preuve d'assez de discernement pour comprendre qu'elle était bien davantage dans leur camp plutôt que dans celui du Comte.

    «Vous vous demandez sûrement qu'elle est l'affaire que j'ai contracté avec le Comte ? Eh bien… Mettre un terme à la menace du nécromancien qui pèse au sud, et à toutes ces maladies qui sévissent en Daubaine. L'idée serait même de trouver un autre nécromancien capable de prendre le contrôle de l'armée de morts que le premier aura levée afin de se débarrasser, également, de la menace chaotique qui règne au sud-est. Dites-moi, car toute cette affaire est bien politique, en fin de compte. Nous avons du temps devant nous. Quelle est votre situation, vis-à-vis de tout cela ? Qu'avez-vous entendu dire, à propos du nécromancien, du comte, des dragons qui sévissent comme du Chaos ?  »
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 13 sept. 2015, 15:24, modifié 1 fois.
Raison : 6xp/125xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par [MJ] Bonnepierre »

Les bois étaient calmes et paisibles, tandis que Lucrétia y discutait à voix douces lors d'une courte halte. La troupe des enfants était toujours quelque peu désorientée, et inquiète, mais avoir ainsi été sortie de sa cage dorée et rassurée par tant de gens foncièrement bénéfiques l'avait apaisée peu à peu...
La plupart des elfes se montrèrent heureux de l'acceptation finale de Lucrétia de les accompagner. Seuls la tatouée et l'archer anonyme et fougueux restaient relativement neutres à ce sujet, sans s'y déclarer pour autant néfaste...

-"Almiedé", Lucretia von Shwitzerhaüm, la salua en premier l'épéiste après que la lahmiane se fût présentée. Et les autres de répéter, souriant, "Almiedé"...
-Cela signifie en ta langue, "le bonheur pour toi", expliqua la douce Wanatcha, c'est une de nos façons amicales de nous saluer.
-En cet endroit que tu nommes Bratian, les baronnes sont bigrement douées l'on dirait, commenta la tatouée, si toutes sont magiciennes et puissantes comme toi... C'était un peu ironique, pour montrer que Lucrétia n'avait point tout dit sur elle et ses pouvoirs, mais sans méchanceté.

Après quelques grimaces à la mention du Comte - et peut-être aussi un brin de désapprobation du fait que leur invitée eût des une affaire en cours avec lui - les elfes opinèrent à la sagesse de Lucrétia à n'avoir point donné son nom avant... c'était plus sage, en effet.
L'explication qui s'en suivit quant à cette fameuse "affaire" en plongea quelques uns dans la perplexité.

Diaz hyando, l'épéiste, manifestement la plus au fait des choses des principautés proches (et plus volontiers loquace que la tatouée?) fut la première à répondre:
- L'on dit que la maladie qui ronge Daubaine est le fruit d'une très ancienne malédiction, tout comme l'empoisonnement des eaux depuis la citadelle naine Hirn, qui touche le grand fleuve d'Hvargir à leur confluence, et donne sur Daubaine... Ce qu'ils nomment là-bas "Vicietang", une zone putride et malsaine, en est une conséquence selon moi... Qu'un mortel mette un terme à cela me paraît hélas bien improbable, Lucrétia.
-Foutus nains, vitupéra l'archer anonyme, 'leur faute que tout ça, sûrement!
-Les nains sont stupides certes, mais s'ils étaient capables de telles malédictions, cela se saurait, le remballa gentiment Hyando, avant de se réintéresser à la lahmiane: Ce doit être un reliquat séculaire d'une action Chaotique... ou de l'Empire éteint de Nekhrahara...
-"Nehekhara", corrigea la tatouée.
Hyando haussa les épaules et poursuivit:
- Pour ce qui est du nécromancien de Daubaine, je croyais qu'il fabriquait juste des remèdes malsains à base de cadavres, et de sales expériences pour se façonner des espèces de géants ignobles faits de corps morts... Je ne savais pas, pour cette armée de morts dont tu parles... Quant à la "menace chaotique de l'Est", cela n'est pas nouveau: les Bois de Kharnos ont toujours été infestés d'hommes bêtes... Mais il est vrai que pendant que nous étions en la cité, les humains parlaient beaucoup de "la Horde du Buveur de sang"... Le Chaos a peut-être pris de l'ampleur sous le joug d'un nouveau chef?...

La tatouée commenta d'un air détaché:
-Un Buveur de Sang est un abominable Démon de Khorne. Si ce "nouveau chef" est bien cela, alors les Principautés du Dragon ont effectivement du soucis à se faire. Bien rares seraient les moyens de vaincre une telle créature.
-Bah! qu'ils s'entretuent tous, tant mieux! Humains comme nains et chaotiques! cracha l'archer anonyme.
L'ignorant, la tatouée enchaîna:
-Du reste, le Dragon était déjà là, et tribut lui était déjà versé, du temps où la détestable cité proche se nommait encore Mortensholm, avant que L'Empire ne vienne la baptiser Reissen, puis que cette ordure de Comte ne lui donne son propre patronyme...
-Pfiou! Cela doit lui faire un sacré trésor maintenant! sourit l'épéiste Hyando. Celle là avait décidément des réactions d'aventurières, et plus Lucrétia la voyait, plus elle était certaine que c'était en vérité une Haute Elfe, non une pure Sylvaine...
Nouvelle ignorance de la Tatouée. Elle clôtura le sujet:
- Nous autres sylvains d'Hvargir ne nous mêlons point de tout cela. Nous n'aspirons qu'à vivre en paix entre nous... De plus, nous avons déjà des tripotées d'orques et de gobelins à nous occuper... Quand il ne s'agit pas de damnés humains qui nous enlèvent nos enfants!... Tu n'auras aucune aide de notre part pour agir dans la politique et les guerres des Principautés du Dragon. Comme l'a dit Fenelas - c'était le nom de l'ex archer anonyme - qu'ils s'entretuent donc tous, cela ne nous dérangera pas...

Sur ces joyeuses paroles, le groupe se remit en marche. Les bois cédèrent le pas à quelques lieues de collines en friches, où l'allure fut hâtée, tandis que tout le monde se mit à faire preuve d'encore plus d'attention... Toutefois, à part un repérage lointain qui laissa à penser que des camps gobelins se trouvaient au sud, nul ennui ne survint...

Au prémices de l'Aube, l'on était de nouveau en forêt.
Aucunes discussions n'avaient eu lieu durant la traversée de cette courte portion de BadLands, mais maintenant que la quiétude des bois était retrouvée, brouillard de la tatouée à l'appui, les conversations purent reprendre.
Hyando précisa d'ailleurs à Lucrétia que si besoin, elle, elle était prête à l'épauler dans sa tâche:
-J'aime l'action, et je ne tiens pas en place, expliqua t-elle, je ne reste en général pas très longtemps au village sylvain.
On expliqua aussi à Lucrétia que ledit "village" avait été déplacé plus au nord après les exactions des hommes du Comte.
Si tu veux avoir encore un peu discuter avec eux, pas de pb, on le fera en flashback ;)
Test d'INT (-6): 6, réussi
Lorsque la tatouée déploiyait son brouillard, il était bien difficile de garder son sens de l'orientation, mais en se concentrant assez, Lucrétia y parvenait... Ce brouillard, qui durait en général une heure, était déployé lorsque le groupe supposait que des orques des forêts n'étaient pas loin... mais pas seulement... Etait-ce aussi pour désorienter la lahmiane? Pour qu'elle ne puisse jamais retrouver le chemin de leur village sans leur aide?

Ralentis comme vous l'étiez par l'allure des enfants, une journée entière se passa en cette forêt souvent brumeuse (direction nord-est, de ton avis) avant que, la nuit tombé, un large cours d'eau ne vous barrât la route... Personne n'y bu, bien que cela parût limpide et rafraichissant:
-C'est le fleuve empoisonné, expliqua t-on.
Avec sa magie, la Tatouée fit se pencher un grand tronc de façon incroyable au dessus des eaux, ses branches se repliant vers le haut pour assurer une sorte de rambarde. Elle passa dessus, pour faire de même avec un tronc de l'autre berge, qui rejoignant l'autre au dessus du milieu du fleuve, forma une sorte de véritable pont végétal. Une fois la traversée du groupe effectuée par ce biais, elle rendit sa forme originelle aux arbres...
A noter, tandis qu'elle "remettaient les arbres en place", un choc aethyrique pour la tatouée qui la fit douloureusement vaciller... Et oui, même la magie elfique avait des ratés... La Tatouée s'en remit plutôt bien, ceci étant...

Pendant tout ce périple, la nourriture était apportée par les rations elfes (biscuits de voyage très nourrissants), et l'hydratation, en surplus de la rosée récoltée dans de grandes feuilles chaque nuit, par les pouvoirs de la Tatouée, qui faisait régulièrement pousser des baies rafraichissantes hors saison...
De l'avis de Lucrétia, les groupuscules orques en maraude étaient légions, mais entre la science forestière des elfes et les brouillards générés, ils furent évités.

Encore deux jours plus tard - soit trois jours de voyage en tout - les collines boisées avaient laissées place à de véritables prémices de montagnes, toujours forestières...
Fin d'après midi. Légère pluie, dont les frondaisons protègent les marcheurs...
Image

Dans les blanches lueurs déclinantes, se découpaient dans les hauts arbres de subtiles architectures... c'était beau, pur, c'était du jamais-vu...
-Bienvenue à Dolenrond, Lucrétia, lui sourit la douce Wanatcha, imitée de la plupart des autres. Tu ne dois dire à personne où cela se trouve... mais tu t'en doutais, n'est-ce-pas?
-Ni même dire que cela existe, cela serait encore mieux, commenta la Tatouée.

Des sentinelles elfes saluèrent l'arrivée de la trouve, puis, une fois tous montés dans les hauteurs sylvestres par des échelles et des montes charges relevés ensuite, ce fut une effervescence joyeuse: Tous se retrouvèrent, furent heureux de se revoir, quelques chants de bonheur furent entonnés, incroyablement beaux et subtils... Bien sûr, cela ne parlait qu'en elfique, aussi Lucrétia n'y comprenait goutte, mais aux expressions sur les visages, il était aisé de deviner que l'aventure était racontée en détails. Nombres d'yeux sylvains se posaient sur la lahmiane, souvent admiratifs, on la remercia avec gratitude, on se présenta à elle ...mais détailler tous les noms donnés ici serait fastidieux, non pas?...
Il devait y avoir environ 200 âmes en tout dans le village perché.

Finalement, une elfe, qui semblait plus importante que tous, fit son arrivée, accompagnée de nombres de suivants:
Image
-Almiedé, amie étrangère, fit-elle avec majesté: Je suis láma Tengwar Sceolan, Dame de Dolenrond... Qu'Isha et Kurnous te bénissent... L'on m'a conté l'importance de ton aide aux nôtres. Sois en mille fois remerciée. Reste en paix en ces lieux tant que tu voudras.
Le sourire bienfaisant qu'offrit ensuite la dirigeante sylvaine fut rassurant... mais de part ses années dans les cours impériales, et ses sens aigus, Lucrétia pensait voir quelque chose qui l'était peu être un peu moins... Une expressivité fugace? Un doute sur sa personne?...

Toujours étant qu'après cela, la fête battit son plein:
Par un arbre creux, l'on amena Lucrétia en un vaste endroit souterrain où des racines formaient une voûte grandiose avant de descendre en torsades pour former d’élégants piliers décorés de gemmes et d'argent. Et bientôt résonna une mélopée envoûtante et des rires semblables au bruissement du Vent. Des lanternes ouvragées décoraient les murs, chacune renfermant de petites créatures de forme humaine qui diffusaient de la lumière, telles des lucioles... Un grand banquet et des jeux furent improvisées, lors desquels le vin capiteux et d'autres liqueurs douces coulèrent à flots. Légumes et fruits étaient cuisinées avec une sophistication et une succulence comme jamais Lucrétia n'en avait goûté. Des enfants, parfois humains, servaient joyeusement leurs maîtres Elfiques. L'on faisait de déroutantes démonstrations de "sculpture d'arbres", faisant se mouvoir et fleurir les végétaux avec grâce, selon le bon vouloir des enchanteurs. Le hall s'emplit de rires cristallins, de danses et de musiques raffinées... la plupart dédiées à Lucrétia et au retour triomphant de la troupe elfique...
C'était... incroyable... en comparaison, la plus luxueuse des fêtes organisée en Talabheim paraissait brouillonne et discordante, peuplée d'un ramassis de barbares...

A un moment, après que Lucrétia eût déjà bien pu profiter des festivités, la Dame de Dolenrond, entourée de la Tatouée et d'autres elfes éminents, lui proposa de les accompagner en un lieu un peu plus tranquille... "pour converser de choses plus tranquillement"...
La lahmiane sentit comme un malaise, mais il fallait vraiment être une vampire experte en société pour s'en apercevoir...

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Lorsque Lucretia se fut décidée de les accompagner tous en direction de leur village dissimulé dans les bois, village qu’aucun humain, assurément, n’avait eu l’occasion de voir, une certaine allégresse s’empara du petit groupe qu’ils formaient tous. C’était un plaisir, voire même un honneur, pour ces elfes que de voir leur sauveuse se joindre à eux pour quelque temps. Seuls la tatouée, chef du groupe, ainsi qu’un autre elfe retinrent leurs émotions, n’affichant qu’un masque de stoïcisme contenu.

    Lucretia s’était donc présentée en tant que noble humaine, et non pas comme la Lahmiane qu’elle était véritablement. Le petit côté joueur et asticoteur qui la caractérisait avait été durement réprimé pour ne pas avouer pareille information et révélation sur sa personne, mais la voix de la raison avait pris le pas sur tout le reste, quand bien même eût-il été aussi intéressant qu’amusant de constater leur étonnement et leur stupéfaction. Mais peut-être, aussi, un début d’hostilité à son encontre dont Lucretia ne voulait point être la cible. Certains elfes lui avaient répondu dans des tons charmants et accorts, d’autres, comme la tatouée, notamment, demeurèrent bien plus francs et pragmatiques ; il était effectivement douteux qu’une simple noble pût être dotée de ces talents dont Lucretia avait fait étalage. S’il y avait un petit peu de cynisme dans la remarque de l’elfe, cette dernière n’en était pas pour autant agressive dans ses propos. Aussi Lucretia répondit-elle, en souriant :

    «A Bratian, elle le sont toutes, eh oui. Magicienne, envouteuse, et grande guerrière, en sus de cela. Mais, en vérité, je suis la seule baronne de ces lieux… Ou je l’étais. Et ma « remplaçante », celle à qui j’ai délibérément accordé tous mes titres, toutes mes richesses, et tout ce que je possédais, ne semble pas avoir les mêmes atouts guerriers et magiques, non. »

    L’avantage de lancer un tel sujet à tout un attroupement, c’était que les avis s’en trouvaient aussi divers que variés. La politique aussi bien que la géographie en intéressaient certains, quand d’autres n’y voyaient là que des sujets triviaux à laisser aux humains et aux nains afin qu’ils s’entretuassent tout autant qu’ils étaient. Toutefois, il était des avis qu’il fallait prendre en considération, d’autant plus qu’ils apportaient parfois des détails que la jeune femme ne connaissait pas jusque-là.

    Les terres maudites et corrompues de Daubaine pouvaient être la résultante d’une ancienne malédiction, laquelle s’étendait de la citadelle naine de Hirn jusqu’à Vivietang et ses marécages, en passant par le fleuve d’Hvargir. Lucretia en avait aussi appris à ses compagnons, lesquels n’étaient pas au courant de ce que tramait le nécromancien dans ses ruines. Quelques cadavres assemblés çà et là, oui, mais ils n’avaient pas entendu parler d’une armée digne de ce nom.

    «Oui, il y a bien un Buveur de Sang, selon le Comte. En vérité, j’avais trois choix possibles. Les débarrasser du Buveur de Sang, du dragon, ou bien du nécromancien. J’aime le danger, j’aime l’aventure, et c’est là la raison pour laquelle je vis à présent cette existence après avoir tout abandonné dans l’Empire. Mais je ne suis pas suicidaire pour autant. Le nécromancien me paraissait être un choix plus sain d’esprit. »

    Les détails racontés au sujet dudit dragon intéressèrent fortement Lucretia ; ainsi donc, la bestiole, comme selon les nombreuses légendes qui couraient sur des êtres de cet acabit, couvait un magnifique et somptueux trésor. Elle comprenait mieux les raisons qui poussaient le Comte à vouloir s’en débarrasser, et à quel point les cinq cents couronnes ne représentaient rien vis-à-vis d’une telle opulence. L’on termina le débat sur une note prosaïque ; Lucretia n’aurait aucun soutien de la part des elfes. Ne m’êtes-vous pas débiteurs, pourtant ? songea-t-elle intérieurement. Mais peu importait, pour le moment. L’heure n’était point à la guerre, et elle-même ne savait pas encore avec grande précision ce qu’elle comptait faire à l’avenir.

    La marche reprit, et le groupe s’avança dans ce paysage arboricole où les branchages et les rameaux leur offraient un doux couvert, ou les épines tombées des conifères tapissaient le sol d’un duvet léger. Puis le couvert des arbres laissa la place à celui des collines et des petits monts de terre qui les dissimulaient de leur relief pentu et arrondi. Etant moins protecteur, tout de même, que la forêt qui les protégeait jusque-là, le petit groupe força l’allure dans les friches, et les regards et visages se tournèrent dans tous les sens, observant les alentours avec une attention décuplée. Des yeux affutés repérèrent des traces de gobelins, ou une activité qui y ressemblait ; probablement de ceux qui attaquaient parfois les villages elfes dont la tatouée avait parlés à Lucretia.

    Cette dernière eut également l’occasion de converser un peu plus avec la certaine Hyando, celle-là même qui lui avait offert sa nouvelle épée. Une épée de Loec, Dieu des Haut-Elfes des guerriers fantômes. Et d’autres caractéristiques laissaient penser à la Lahmiane qu’elle était, effectivement, davantage haute que sylvaine. Elle était prête à l’accompagner dans ses tribulations.

    «Comme je vous comprends. Mais tes compagnons verraient-ils d’un bon œil à ce que tu les quittes de la sorte, eux qui ne semblent pas vouloir s’engager dans un éventuel conflit ? Dis-moi, si tu me le permets, quelle est ton histoire ; il me semble que tu n’es pas une elfe sylvain, mais que ta provenance serait plutôt Ulthuan ? »

    Et ils avançaient, encore et toujours. Se déplacer sous forme d’une corneille eût été bien plus rapide, mais les elfes ne semblaient pas posséder ce talent ô combien utile, et, même s’ils l’avaient pu, les enfants n’auraient pu suivre. Si le groupement permettait une certaine sécurité, il ralentissait de lui-même par son propre nombre.
    Une purée de pois plongeait les environs dans le flou le plus complet, et, de temps à autre, il devenait même dangereux que d’oser faire un pas devant un autre. Il était difficile de s’orienter, et Lucretia se demandait si cela n’avait pas été fait dans une visée purement délibérée, afin qu’elle ne fût d’aucune façon capable de retracer la route jusqu’à leur village, les dévoilant aux yeux de tous. Pourtant, l’esprit de la jeune femme fonctionnait malgré elle, sans même qu’elle eût besoin d’y penser, et il lui semblait bien qu’elle avait les capacités de retrouver cette route perdue dans les écharpes de brume.

    Ils ralentirent une fois de plus leur allure alors qu’ils approchaient d’un cours d’eau. Si certaines gourdes pouvaient être vides, personne ne se hasarda à s’approcher de l’ondée pour les remplir ; le fleuve était empoisonné, expliqua-t-on à Lucretia. Mais si les elfes n’avaient pas en eux le pouvoir de transcender leur propre corps et de l’altérer, ce cas de figure ne s’appliquait pas sur la nature ; la tatouée s’approcha d’un arbre et, alors que l’Aethyr ruisselait sur l’épais tronc, celui-ci se courba, formant un pont naturel au-dessus des eaux. Le spectacle, en lui-même, s’avéra aussi majestueux que stupéfiant.

    Il n’y eut pas grand-chose d’autre à raconter de cette épopée dans la nature, si ce n’était, peut-être, quelques traces de peaux-vertes dans les environs. Mais personne ne vint jamais les déranger, comme l’avait été la caravane marchande à l’approche de Reissen. Le voyage dura encore trois jours, trois jours durant lesquels, elle en fut persuadée, Otto comme Feuer s’étaient inquiétés à son sujet. Qu’importait ; ce qu’elle s’apprêtait à vivre ne connaitrait sûrement pas de pareil avant quelques décennies.

    Et pour cause. Ce fut magnifique. Une citée volante, perchée dans le faîte des arbres. Les rameaux se s’élançaient les uns envers les autres, s’effleuraient et se touchaient pour former des passerelles aux garde-fous lisérés de boisseaux. La lumière du jour filtrait à travers des milliers de feuilles qui les protégeaient de la pluie, et les rayons diaphanes scintillaient doucement. Les huttes célestes se perchaient en haut des troncs séculaires, imposants, tant et si bien qu’il aurait fallu être une dizaine pour pouvoir en faire le tour.

    «C’était évident ; je m’en doutais bien », répondit-elle en contemplant les lieux baignés de cette douce lumière.

    Les retrouvailles furent touchantes à voir ; les familles s’inquiétaient fortement pour les elfes qui s’en étaient partis délivrer leurs propres enfants, et tout le village avait été fortement affecté pour ce qui était arrivé à leur progéniture. La langue elfique se faisait entendre partout, bien plus fluide, haute et chantante que le reikspeil. Bientôt, l’on chanta et dansa, comme l’on continuait de se serrer dans les bras et de s’embrasser. Lucretia détonnait, au milieu de tout cela. Tout aussi belle et gracieuse que les elfes, elle n’arborait toutefois pas les mêmes caractéristiques, ou, si elle le faisait, c’était dans un genre totalement différent, mais indescriptible. Elle n’était pas elfe, mais bien Lahmiane. Ignorant ce fait pour la plupart, les regards se posaient sur elle avec gratitude ; on la présenta à bien des personnes, et celles-ci firent un effort pour parler sa propre langue et devenir compréhensibles.

    Enfin, une nouvelle elfe fit son apparition, belle et majestueuse. A regarder la façon dont les autres la considéraient, elle devait assurément appartenir à l’élite de leur village, si l’on pouvait parler en ces termes. Et pour cause ; lorsqu’elle déclina son identité, il s’avéra que Iama Tengwar Sceolan était effectivement la Dame de Dolenrond, le village où ils se trouvaient tous. Elle accueillit diligemment Lucretia, la remerciant, elle aussi, pour tout ce qu’elle avait fait pour son peuple. La Lahmiane s’inclina avec autant de diligence que de grâce, la remerciant de la prendre pour une telle invitée. Ce fut à ce moment-là que la fête commença véritablement.

    La jeune femme fut invitée à se joindre à différents groupes, lesquels lui montrèrent les merveilles que recelaient aussi bien leur peuple que Dolenrond. Elle visita des souterrains à l’énorme cavité ; les racines jaillissaient de la voûte abyssale pour entourer les stalactites sempiternelles d’où perlaient des diamants d’eau rutilants. Les voix, les mélodies et les cantiques anciens se répercutaient sur les parois de terre et de roche, glissant sur la surface de l’onde comme une douce brise. L’art culinaire semblait être à son apogée, et l’on servait des plats et des mets plus alambiqués et délicieux les uns que les autres. La magie circulait tout autant qu’une sorte d’hypocras succulent, et les plantes se développaient sous la caresse de l’esprit elfique.

    Mais vint un moment où la réalité la rattrapa. Ils avaient tous des choses à se dire, des choses ô combien sérieuses. Lucretia suivit le conseil des elfes qui venait de se former sous ses yeux.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 25 sept. 2015, 14:38, modifié 1 fois.
Raison : sublime post, comme toujours... allez +7xp (de temps en temps, faut bien^^) /132xp
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Compétences acquises et Dons du Sang

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Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
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