Pendant une fraction de seconde qui lui parut une éternité, Kael resta en équilibre, avant de finalement se sentir tomber en arrière avant de finir par heurter durement le sol. Totalement sonné par le coup, le jeune elfe vit le monde se déformer autour de lui, la taverne lui paraissait soudain en proie aux flammes, et son adversaire n'avait plus rien d'un elfe, mais avait prit l'apparence d'un horrible démon grimaçant qui riait à gorge déployé, il crut même un instant avoir été envoyé dans les dimensions du chaos par un quelconque maléfice.
Mais la raison reprit le dessus, il prit conscience que sous le choc du coup, ses yeux lui jouaient des tours, et que s'il ne voulait pas mourir, il devait réagir. Malgré la douleur qui rugissait en lui tel un torrent dévastateur, manquant presque de rompre sa légendaire concentration, il jeta sa dague en direction la silhouette de ce qu'il pensait être son adversaire, puis tenta de se relever d'un bond qu'il espérait souple, sa lame d'or marin se tenant prête à parer, car dans les conditions actuelles, tenter d'esquiver était hors de question.
Sous le sang qui coulait abondamment de sa blessure, son visage avait un air toujours aussi paisible que quelque secondes auparavant, il n'avait d'ailleurs pas laisser échapper un seul son lorsque la lame lui avait fendu la tête, ni même après. Si sa bouche était ouverte, c'était uniquement pour pouvoir respirer, ce qui était devenu très difficile depuis l'obstruction soudaine de ses cavités nasales.
Il ne voulait pas trépasser, mais pourtant, sentir le spectre de la mort s'approcher de lui ne l'émouvait pas vraiment, et le seul sentiment qui l'emplissait était le regret. Tout d’abord de ne pas pouvoir continuer la tâche qu'il c'était fixé, ensuite de la douleur qu'éprouverait Moïra en apprenant sa disparition.
Après tout qu'était-ce la mort si ce n'est l'obtention d'une bonne nuit de sommeil après la longue journée éprouvante . C'était la fin de la douleur, des doutes, et de tout les autres soucis qui prenaient tant d'importance lors de notre vie . Il fallait l'accepter comme une vieille amie lorsqu'elle se présentait, sinon on ne pouvait jamais véritablement exister. Il donnait la mort, et donc il était prêt à la recevoir, car selon l'ancien précepte, on ne pouvait infliger à l'autre ce qu'on était pas prêt à subir nous-même. Tels étaient les principes qu'on lui avait enseigné, tels étaient les principes sur lequel reposait son existence, car lorsqu'on avait une vie comme la sienne, c'était le seul moyen de pouvoir la vivre pleinement, et ne pas sombrer dans les profondeurs obscurs qui fermaient l'âme.
Je tente de jeter ma lame d'azur sur l'elfe fille, puis je me relève, si elle me frappe j'utilise la parade, car dans cette situation je suppose qu'esquiver c'est plutôt dur. Si possible ensuite je la frappe de ma lame d'or marin/
