Rédigé par Taille Tallgott, Assistant MJ
Notre Kurgan progressa vers le vortex, sans opter pour un coin plutôt qu’un autre, il se mit à prier et psalmodier alors qu’il avançait d’un pas fatigué.
Éreinté par son périple qui lui semblait sans fin, le maelström lui apparaissait infini de possibilités, et dévorait sa fougue à petit feu. Le Kurgan était à bout de souffle, nul festin, nul repos ne paraissait le revigorer. Las de se déplacer et de toujours se retrouver mille pas en arrière, l’élu des steppes saisit l’occasion d’en finir et s’introduisit dans le portail qui s’élevait devant lui. Malgré les nombreuses ouvertures, de couleurs, de phénomènes et de sons différents, en bon profanateur et préférant adorer le Chaos sous la forme qu’il jugeait la plus authentique et la plus intègre.
Il ne sélectionna pas et s’engouffrât, au travers du portail d’énergie tête la première, cœur et âme.
Au fond, il n’y avait sans doute pas de meilleurs choix pour honorer la grande bête et rassasier le chaos universel, en lui offrant un esprit aussi véritable.
— Nous y sommes Goraxul.
— Il est temps d’en finir. |
Le Kurgan pouvait voir une fois de plus cette ombre, qui l’avait suivi depuis le début de son égarement, elle qui l’avait épaulé, sans l’aider, pourquoi et comment pouvait-elle être encore là.
Il est vrai que l’oracle avait guidé Goraxul jusqu’ici, elle l’avait amené loin dans les désolations, grâce à son appel avec le seul et unique but de créer un véritable champion digne des divinités chaotiques. Sans elle, il serait surement resté sous la pile de cadavres provoqués par les cavaliers ténébreux qu’il avait croisés, il y a de cela des lunes. Cela pourrait être une explication, ou plutôt une incitation. Pourtant Goraxul pensait qu’il ne s’agissait là que d’un énième d’un retour à la case départ, un renouveau incessant.
Jets cachés.
Le kurgan fut happé par le vortex qui faisait rage, absolument tout se qui pouvait se passer dans sa tête et son esprit se transforma en une sorte de gruau incohérent. Avant d’atteindre le vide, le néant inconditionnel, plus un bruit, plus de sensations, d’odeurs, ou de douleurs. Un sentiment de tranquillité jusqu’alors inconnue par Goraxul l’enveloppa, c’était la finalité, de tout cela.
Inopinément, alors qu’il ouvrit les yeux, tout reprit, et les significations revinrent, claires et limpides comme un levé de Morrslieb.
À sa sortie du sanctuaire de l’augure, presque tous s’agenouillèrent en la présence de Goraxul, l’élu du chaos universel. La plupart baissèrent la tête et évitèrent de croiser son regard,néanmoins, Victor qui le devançait ainsi que les quatre Dawi Zharr restèrent debout près de l’entrée du temple. Ses derniers demeurèrent de marbre et soutinrent la vision qui se présentait face à eux, à ce moment Goraxul compris que quelque chose avait été modifié chez lui, mais quoi ? Alors qu’il contemplait son corps musclé, qui n’avait pas l’air d’avoir changé, il était toujours vêtu de loques et ses membres principaux semblaient tous à leurs places et seul son bras droit restait béni par la grande bête.
Le regard de notre Kurgan se posa sur un campement de nomades qui semblait avoir fleuri à l’entrée du sanctuaire où Goraxul avait abandonné ses suivants.
Les anciens kislevites, si c’était bien eux, avaient été métamorphosés, ils paraissaient complètement différents et ne possédaient presque plus de signe typique de leurs lointaines origines. Certains étaient tatoués, marqués au fer d’une ou plusieurs étoiles à huit branches, les survivants semblaient avoir repris des forces, et malgré leurs vêtements en lambeaux, on pouvait très clairement distinguer des musculatures dignes des guerriers des steppes. Combien de temps Goraxul avait-il pu rester absent pour que s’opère un tel changement ?
 | — Elle avait raison, tu es revenu, nous t’attendions, qu’elles sont les ordres Tovarishch ?
— Dame souffrance nous a demandé de veiller ton cadavre, certains des gars avaient faim, mais ils ne sont plus là pour te voir . |
Alors que le Kurgan s’approchait de son officier, il put contempler ce qui clochait chez lui-même. Dans le reflet des pupilles de Victor, Goraxul pouvait scruter une chose inexprimable, malgré lui le Kislevite versait des larmes involontaires s’échappaient sur ces joues, à la vision de ce qui lui faisait face.