[Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Les désolations nordiques s'étendent à l'est de la mer du Chaos, à l'extrême frontière des Royaumes du Chaos. S'y aventurer signifie aller droit à la mort. Bien peu osent braver les abominations du Chaos, mais les histoires de montagnes changées en monceaux d'or et de joyaux ou la perspective de découvrir de puissants artefacts magiques cachés dans ces terres hostiles continuent d'attirer les plus téméraires des chasseurs de trésors.

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[MJ] Galrauch
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[Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Message par [MJ] Galrauch » 07 déc. 2017, 02:20

L’odeur des corps en début de putréfactions éveilla les deux guerriers. Lorn et Alyria étaient seuls, la clarté pourpre du soleil baignait la caverne. La réflexion des faisceaux lumineux sur les stalagmites cristallins offrait une ambiance irréelle qui vacillait avec les aléas des nuages. Les effigies fabriquées en l’honneur du Sublime Serpent observaient la scène en posant un jugement. «Tout ça pour ça» se disait-ils sûrement? Une vie de combat et de violence pour finalement se transformer en monument à la déchéance, leur dieu tutélaire s’était retourné et avait déjà oublié leurs existences alors qu’ils baignaient dans une marre de sang teinté, non pas de rage, mais bien d’une création vulgaire et obscène. Slaanesh exultant, du moins, c’est ce que les deux guerriers assoupis espéraient.

Le fluide vital des quatre combattants s’était répandu sur le sol dans de petits lacs poisseux ici et là. Au centre du plus gros, une fleur avait jailli pendant la nuit. Ses racines traversaient le roc même de la caverne, sa tige pas plus grande qu’une main, recroquevillée sur soi-même. Deux feuilles violacées garnissaient les 6 pétales blancs affinés sur l’extrémité de cette expression de la nature.

Une pluie légère tombait dans les plaines qui s’étendaient à perte de vue dans toutes les directions à l’extérieur de la caverne. Ces plaines recouvertes d’un duvet semblaient réagir au toucher. Par endroit, on sentait un faible mouvement dans le sol. Par d’autres, des entailles dans la surface qui s’étaient cicatrisées avec le temps. Tranquillement après deux jours de marches, la terre était devenue dure et de roc poussiéreux, la transition s’était faite naturellement et de façon graduelle. La pluie présente jour après jour, à chaque instant. Les deux guerriers avançaient, ils se guidaient par la foi et par un rêve commun qu’ils avaient fait dans la caverne.
**Au cœur des montagnes surpeuplées, un groupe d’exilé survit dans les cendres et la sueur.**
**Dans la plaine meurtrie, une branche noueuse, solitaire et enflammée prolifère contre toute attente.**
**Deux enfants solidaires dans le désert se tiennent la main.**
**À chaque battement de cœur, une nouvelle jouissance.**
**Une femme dansante, seule au monde, pour l’éternité.**
**Un cauchemar d’acier fusionné d’orgasmes.**
**Une bénédiction pour le grand jeu.**
**Une sensation intense de plaisirs.**
**Un combat éternel.**

**Un livre divin vous attend.**

C’est avec cette vision commune que Lorn et Alyria marchaient dans les désolations. Au loin, à la limite de l’horizon du monde, un arbrisseau apparaissait. Il était le phare dans la nuit de l’inconnu. Seul dans cette plaine rocailleuse tout était si paisible avec le soleil couchant qui donnait une couleur orangé aux nuages célestes, le chaos semblait si… distant.

Les dons des dieux de la ruine aux citoyens du monde entier ne sont pas la douleur, la luxure, la corruption et la maladie,
mais bien le courage, la découverte, l'ambition et la résilience.

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Re: [Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Message par Alyria Chantelame » 07 déc. 2017, 23:00

Lentement, une odeur douceâtre et délicieuse vint chatouiller les narines d’Alyria, qui étira ses lèvres en un mince sourire dans un demi-sommeil tandis que son esprit encore embrumé tentait désespérement de rester dans le domaine des songes où la berçait le Serpent de promesses susurrées, où de nouveaux plaisirs lui apparaissaient avec une netteté confondante. Puis elle exhala à nouveau la putréfaction, et la flagrance âcre la força à ouvrir les yeux. Doucement, elle se leva, quittant le duvet qu’elle avait partagé avec son comparse cultiste pour admirer d’un peu plus près leurs créations obscènes. La cornée tombait déjà, les yeux pochés paraissant vouloir la juger de leur regard aussi morne que mort, alors que les dents n’allaient pas tarder à se déchausser, que la peau se nécroserait et pourrirait, dévoyant sa statue éphémère. Elle aurait tellement voulu empailler son travail, le rendre immortel … Mais tel était le lot de l’art vivant : comme son matériel premier, il ne faisait que passer dans l’onde du temps. Non, la slaaneshie ne voyait aucune beauté dans la pourriture, laissant cela aux adorateurs du Grand-Père. Elle, comme son divin Prince, n’aimait que le plaisir instantanée, la beauté d’une confection soudaine … Son regard s’arracha à celui de sa proie décédée pour balayer la caverne, le gris dérangeant de ses prunelles se reflétant un instant dans la glace cristallisée, avant qu’il ne se pose sur la pierre rougie au sol … et que ses yeux s’équarquillent de stupéfaction. Comment était-ce … ?

« Un miracle ! C’est un miracle ! Loesh nous bénit ! »

Involontairement, elle avait utilisé le nom kurgan du Corrupteur, par habitude d’usage quand elle parlait le langage noir, ou plutôt ce qu’elle en connaissait, à savoir une forme abâtardi arrachée à quelques habitants des Désolations qu’elle avait séduit ou tué … L’un revenant invariablement à l’autre, à vrai dire. C’est que la surprise était de taille, et d’un bond, elle fut sur Lorn, le secouant sans prendre la peine de vérifier s’il était ou non déjà réveillé, d’ailleurs, et sans grande douceur. Peu importait, tant son excitation était à comble : le Prince avait été satisfait de leur combat ! Il ne pouvait en être autrement ! Il aimait leurs offrandes, même frustes ! Il les récompensait, il leur montrait le chemin. Son pouls s’accélérait, ses joues d’albâtre rougissait, alors qu’elle sentait sa gorge s’emplir de gratitude envers sa divinité chaotique pour l’espoir qu’elle ravivait. En fait … Il lui semblait soudain que tout son corps était moins lourd. Que ses blessures ne la faisaient plus souffrir. Presque en transe, la jeune femme commença à s’examiner de haut en bas, fixant les chairs, les touchant et rencontrant boursouflures et cicatrices fraîches, mais point de coupures sanguinolentes sous ses bandages. Le liquide vital avait arrêté de couler. Etait-ce le fruit de ses maigres soins, ou de la faveur du Maître ? Inutile de préciser que sa ferveur fanatique la poussait à croire en la seconde hypothèse. N’y avait-il pas le signe de Son plaisir sur le sol, juste à côté d’eux, au milieu de cet emplâtre carmin qui puait le sang séché ? Le signe était là !

« Six pétales ! C’est le nombre ! Il nous a regardé, il nous aime ! »

Fiévreuse, erratique, le regard aussi pur et enflammé que celui d’un lycanthrope halluciné, la folie faisant déjà ruisseler la sueur sur son front, elle se pencha vers la fleur et caressa doucement sa tige, se gorgeant de cette apparition comme une assoiffée buvant tout son saoul dans un ruisseau, elle se mit à prier de toute son âme, chuchotant des paroles impies dans un mélange de norse, de reikspiel et de langage noire qui mélangeait les mots et les sonorités en un salmigondis qui, bien qu’une vraie horreur lexicale, n’en demeurait pas moins doté d’une certaine harmonie d’ensemble. A croire que même dans l’impie, elle gardait ce souci d’obtenir un ensemble mélodieux. Sa voix ne pouvait-elle donc supporter le contraire ? Peut-être. En attendant, son extase était totale, et alors qu’elle achevait sa prière, elle lâcha les derniers mots de sa litanie sordide à voix haute :

« Et nous aussi, nous t’offrons nos plaisirs pour répandre ta parole. »

Lorn paraissait lui aussi ragaillardi. Plus rien ne la retenait. Sans un mot, elle se planta devant lui et entreprit de défaire ses vêtements, une lueur malsaine dansant au creux de ses iris grisâtres. Son corps ondulait au rythme d’une chanson qui ne résonnait que dans sa tête, mais qui prenait vie pourtant à mesure que l’ancienne esclave se déhanchait sensuellement, les couches de tissus s’envolant, pour ne laisser bientôt qu’une peau parfaite et blanche, entourée par sa ceinture et ses haches qui demeuraient.

« Viens, que je te montre ce que tu as gagné, en abandonnant le Dieu du Sang. Sous les yeux de ceux qui, contrairement à toi, n’ont pas compris quel était le plus grand des Quatre. »

Ses lèvres s’écrasèrent contre celles du kurgan, les mordant jusqu’au sang dans ce qui n’était rien d’autre qu’un combat nouveau pour imposer sa domination. Puis elle lécha la pointe de sang perlant, s’en pourléchant les babines comme un animal affamé, mutine, avant de le faire basculer au sol, fouaillant sa chair de ses ongles et de la pointe de ses haches, jouant avec la vie comme avec la mort. Alyria n’avait pas menti : l’un de ses plus grands plaisirs venait autant de la jouissance que de la souffrance de ses amants. Du plaisir venait la douleur et de la douleur jaillissait le plaisir. Elle se tenait à cette devise, et c’est ainsi qu’elle provoqua l’homme par tous les artifices possibles dont elle pouvait user, lui offrant la délivrance avant de recommencer, encore et encore, jusqu’à ce que son organisme ne crie grâce et qu’elle ne continue, allant toujours un peu plus loin, avant de marquer sa chair de ses lèvres et de ses dents, arrachant très superficiellement la chair sur son torse pour y dessiner une marque éphémère de Slaanesh. Son plaisir, contrôlé jusque-là, ne put que se faire intense, alors qu’elle laissait son amant entrer à son tour dans une danse emplie de passion et de stupre. Son odeur la rendait folle, comme s’il exsudait la sensualité, l’attirant toujours et encore, le goût de sa peau faisant naître en elle des sensations délicieuses, pendant que la jouissance approchait pour finalement exploser au creux de sa tête.

Ils restèrent un long moment, à bout de souffle. Généralement, c’était à ce moment précis qu’Alyria tuait ses partenaires. Mais au moment d’empoigner sa hache, elle s’abstint, comme si un instinct supérieur lui dictait de ne surtout pas attenter à la vie de cet homme, de ce protégé du Prince. Ce qu’elle avait pressenti durant leur rencontre éclatait à la lumière de cette étreinte, et du don que le Serpent leur avait fait à tous deux : il les avait liés. Elle pouvait sentir son regard sur eux, sa main étendue sur leurs esprits faibles d’humains. Lui aussi avait reçu la parole sainte.

« Toi aussi, tu as fait ce rêve, n’est-ce pas ? »

Tout lui revenait clairement à présent, à la faveur de cette débauche en l’honneur de son dieu : il leur avait parlé. Il av ait envoyé son augure, fait parler son oracle. Ils devaient partir, et vite. Les paroles, mystérieuses, résonnaient dans sa tête. Etait-ce elle, la femme dansante ? Avait-elle accompli une partie de cette étrange et entêtante prophétie ? Elle l’ignorait. Nul doute que la signification de chacun de ces mots gravés dans sa mémoire viendrait en temps et en heure. En tout cas, une chose était sûre, à ses yeux : ils avaient attiré l’attention de Slaanesh, et il les mettait à l’épreuve. Qu’ils échouent, et sa colère serait terrible. Mais s’ils réussissaient … Alors, tous leurs rêves se réaliseraient.

« Partons. Il nous a montré la voie. »

Ils se rhabillèrent, firent leurs paquetages respectifs et se mirent en marche, la pluie battant à leurs tempes et tombant doucement, en flots continus sur les plaines des Désolations du Chaos. Pendant deux jours, ils marchèrent, conversant doucement, puis fiévreusement, échangeant prières et discussions sur l’endroit d’où ils venaient, même si Alyria ne se montrait pas forcément disserte. Tout au plus le kurgan put-il apprendre qu’elle était née dans l’Empire mais avait passé l’essentiel de sa vie en Norsca, avant de se défaire de ses chaînes, selon ses propres termes. Sur le comment … Même si elle ne s’appesantit pas, considérant que son passé était, justement, passé, il eut fallu être idiot pour ne pas comprendre que la fin de ses maîtres avait dû être singulièrement violente. Durant leur chemin, ils mangèrent les provisions des maraudeurs, avant de s’assoupir entre deux accalmies de la pluie, pour continuer inlassablement, guidés par leur vision, par leur dieu, par leur foi. Au deuxième jour, le paysage était toujours, seul un arbre poussait, comme une excroissance de vie au milieu de ces contrées maudites. C’était comme si la vie elle-même avait déserté ces lieux, apportant un étrange sentiment de paix à l’ensemble.

« Tout est … calme. »

Trop. Si Alyria avait appris une chose de son expérience des Désolations, c’était bel et bien que ce genre d’ambiance trompeuse n’était rien d’autre que … le calme avant la Tempête.
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Re: [Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Message par Lorn » 08 déc. 2017, 00:41

La plupart des hommes finissaient forcément par être tourmentés par leurs mauvaises actions au point d'en perdre leur sommeil, ce qui avaient encore en eux une once d'humanité et de moralité en tout cas, fort heureusement pour eux les hommes et femmes nés dans ces désolations tout au nord ne rencontraient pas ce problème. Ils vivaient une existence aussi injuste que rude où le meurtre et les batailles sanglantes faisaient partie de leur pain quotidien, cela finissait par devenir leur seconde nature au point de pouvoir dormir comme des bébés à côté de cadavre en décomposition. Pourquoi cela devrait-il les déranger ? Chacun finissait forcément par mourir un jour et c'était en acceptant cette fatalité qu'ils se détachaient de toute inquiétude quant à leur propre mortalité et celle de leurs compagnons. Pour une personne normalement constituée il aurait été impensable voire insupportable de dormir au beau milieu de ces senteurs de sang et de corps en train de pourrir. C'était sans doute parce que le jeune Lorn n'était pas normal du tout qu'il ne se réveilla qu'au moment où la voix de sa comparse brisa le silence qui régnait dans la grotte.

Si le beau guerrier avait fait un bien étrange rêve, il n'en restait pas moins fourbu par les derniers événements et eut quelques difficultés à émerger de sa torpeur, ce qui était sans compter la ferveur de la jeune demoiselle qui avait partagée sa couche. Que pouvait bien lui valoir un tel enthousiasme ? Grommelant quelques peu alors que la demoiselle le secouer comme un arbre dont on voudrait en faire tomber les fruits, l'homme laissa ses yeux s'habituer à la clarté qui avait pris partiellement place dans cette sinistre caverne.

« Qu'est-ce que... ? »
le jeune homme avait connu le souffle chaud des démons et avait croisé le regard de bêtes aussi incroyables que monstrueuses mais, jusqu'à présent, jamais il n'avait vu la vie émerger de la mort. Là, devant lui, à quelques mètres de là, une belle et étrange fleur aux solides racines émergeait au milieu d'une flaque de sang. Comment était-ce possible ? Si le jeune homme était plus surpris qu'émerveillé, contrairement à sa camarade, il rejoignait la demoiselle sur un point : cette fleur n'était pas naturelle. Si une telle étrangeté était possible, chose que Lorn avait encore du mal à croire, cela ne pouvait que provenait de la magie et dans ces désolations celle-ci ne provenait que d'une seule source : le panthéon des déités de la Ruine.
Bientôt la surprise fit place à l'incrédulité puis à la joie en réalisant que sa compagne ne pouvait être que dans le vrai : le Corrupteur avait assisté à leur affrontement et cette fleur était sa façon de le leur montrer.

Le guerrier s'extirpa de sa bouche et, à genoux, s'approchant doucement de la fleur. Sa main caleuse s'approcha mais le puissant corrompu n'osa pas toucher ce symbole pour autant, laissa son extrémité frôler la tige et les pétales de ce signe divin comme s'il espérait ressentir un morceau de puissance du Prince des Plaisirs. Observant sa camarade prier avec une certaine admiration, il devait bien l'avouer, le guerrier resta silencieux jusqu'à ce que la demoiselle se jette sur lui. Oh oui il avait eu envie d'elle depuis que soin regard s'était posé sur elle mais, contrairement à rien où ses blessures mettaient en danger ses chances de survivre à des ébats aussi sauvages, aujourd'hui le jeune guerrier semblait envahi d'une énergie nouvelle.
La plupart des femmes avec qui il avait passé de sauvages nuits n'étaient généralement que bien trop dociles, ne présentant qu'une bien piètre résistance avant de plier sous le poids de sa magnificence. Ces moments-là étaient plaisants mais, en sentant le goût des lèvres de cette femme lui arrachant quelques gouttes de sang, il réalisa enfin ce qu'il avait raté pendant tout ce temps. Faisant écho aux paroles de cette diablesse, il répondit sur un ton de défi :

« Montre-moi. »
Soumettre une femme docile était facile et le plaisir lui laissait à chaque fois un goût amer dans la bouche, comme s'il avait pu accéder à des sommets d'extases encore plus haut en y mettant un peu plus de cœur et de passion, mais ici c'était bien différent. Ici il luttait pour mener la danse plus qu'il ne l'avait jamais fait et, pour la première fois, il avait vraiment l'impression de mener un combat tout autant qu'une danse d'extase. C'était troublant et enivrant à la fois. Au début il ne sut pas vraiment comment réagir face à ce mélange de douleur et de plaisir, sentir son sang couler en dehors d'un combat était troublant mais bientôt toutes ces questions furent noyées sous les vagues d'extase qui saturaient son esprit. Vague après vague, mouvement après mouvement le jeune homme se sentait perdre un peu plus contact avec la réalité, laissant sa passion et son plaisir prendre le dessus sur tout le reste, sans chercher à lutter. Pourquoi lutter ? C’était ce qu'il avait toujours voulu et, après une éternité de plaisirs défendus, les deux amants finirent par atteindre l'ultime extase comme récompense de leur dévotion et leur passion.
Le souffle court, sa poitrine se gonflant et s'affaissant à intervalles réguliers, le garçon écouta la demoiselle lui parler de ce rêve qu'il avait lui aussi fait.
« En effet. Nous avons un but, à présent. »
Était-il le cauchemar d'acier ou simplement l'un des deux enfants dans le désert ? Le guerrier était encore bien incapable de le dire mais savait que tout lui serait révélé en temps voulu. Les voies des Dieux étaient toujours nimbées de mystères et il devait se contenter de suivre les signes jusqu'à arriver à l'endroit où Slaanesh voudrait qu'il soit. Il ne s'agissait ici pas de tout comprendre mais d'avoir la foi et de suivre ce rêve, en espérant que d'autres lui parviennent en cours de route. Bientôt le duo remballa ses affaires et se mit en marche, profitant des quelques jours devant eux pour apprendre un peu à se connaître même si leurs passés respectifs n'avaient que peu d'importance. Leur Maître leur offrait une chance de repartir à zéro et de se tourner vers une avenir plus radieux et autrement plus plaisant, il leur suffisait d'accepter cette offre et de laisser tout le reste de côté : comment refuser ? Après quelques jours le jeune homme posa ses yeux sur l'arbe à l'horizon et, puisant dans son expérience du terrain, déclara :
« Voilà le signe que nous cherchons. Rien ne pousse ici par hasard. »
Ne sachant pas vraiment ce qui l'attendait ici, il vérifia ses armes par habitude et poursuivit sa route en direction de cette seule trace de vie au milieu du désert. Il n'avait aucune idée de ce qu'il trouverait une fois au pied de cet arbrisseau, il ne savait pas non plus si ce livre divin était un véritable ouvrage ou un symbole dont il ne comprenait pas encore la signification.
Non, il devait se montrer patient. Tout leur serait révéla suffisamment tôt.
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Re: [Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Message par [MJ] Galrauch » 14 déc. 2017, 21:03

Chaque pas de plus vers l’arbrisseau semblait une éternité, le temps était si relatif dans les désolations que seul un fou y prêterais attention. De longues heures passèrent, le soleil était depuis longtemps disparu laissant place à un croissant de Morrslieb qui semblait sourire aux deux guerriers. La lune maudite offrait sa bénédiction cette nuit. Le vent se levait tranquillement, un vent froid et grinçant.

“Plus proche !”

Chaque pas suivant dans ce climat de plus en plus hostile semblait un affront aux dieux. Les pieds lourds, l’arbre grandissait devant les yeux ébahis des guerriers. Les branches se multipliaient, le son des racines qui prenaient pieds dans le sol était assourdissant. Chaque bourgeon explosait dans une étincelle colorée. L’écorce semblait desséchée et morte depuis très longtemps, cela ne l’empêchait pas d’atteindre une hauteur plus que respectable. Il aurait fallu au moins 3 guerriers debout pour atteindre sa cime pointant le ciel. Ses appendices friables et dénudés s’allongeaient et entouraient tranquillement Lorn et Alyria.

Le tronc central était tortueux et informe. Le vent plus vigoureux pliait les branches d’une façon impossible, allant contre nature. Un esprit brisé habitait cet endroit. L’écorce se fissurait sous le mouvement et laissait voir une faible luminosité dans fondation de l’arbre. Sur ses branches, de nombreux rapaces volants s’était posé et dansait au rythme des rafales. Armée de centaines de dents en forme de crochets, ces créatures ailées de cuirs rapiécé souriait à la scène et regardait longuement les intrus.

La torture de l’arbre pris fin lorsqu’une dizaine de trous béants se révélèrent alors qu’ils étaient cachés par l’écorce qui finalement céda à la torsion. Tout d’abord c’était un liquide visqueux qui s'écoula par les orifices et puis finalement une langue sortie du plus gros, une longue et large langue langoureuse violacé parsemé de milliers d'hameçons scintillant. Ce qui apparaissait maintenant comme une bouche émis un bris profond et caverneux. Dans les plus petits, la sève continuait de s’écouler alors que des insectes arborant pattes croustillantes et ailes frémissantes s’enfuyaient. Des dizaines de yeux s’était introduit par on ne sait quel univers dans les cavités jusque-là béantes. Oscillante entre le bleu d’azur du ciel d’hiver au vert luisant d’une luciole, les yeux ne fixait absolument rien longtemps. Une seconde un œil sur une branche posait le regard sur Alyria et puis l’autre il regardait un insecte volant non loin. Les rapaces se relevèrent la tête et l’arbre émis un son provenant d’un autre monde.

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Re: [Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Message par Lorn » 11 janv. 2018, 20:16

Le jeune homme avait vu beaucoup trop de choses dans sa vie pour ne pas croire en l'évidente existence des puissances de la Ruine, il avait vu suffisamment de créatures démoniaques pour savoir que ces quatre grandes déités existaient bel et bien et posaient leurs regards uniquement sur les individus qui parvenaient à attirer leur intérêt. Ce n'était pas chose aisée et c'était pourquoi bon nombre de maraudeurs redoublaient d'efforts et enchaînaient les guerres et les boucheries innommables : juste pour obtenir, ne serait-ce qu'un instant, l'attention de l'un de ces quatre formidables êtres. Pour ceux qui n'étaient pas croyant une telle pratique pourrait être apparentée à la folie ou tout autre désordre mental, mais tous ceux nés sur les désolations chaotiques ne pouvaient faire autrement que de croire.
Croire était une chose mais accepter de remettre sa vie toute entière était une toute autre paire de manches, un tout autre pas que le jeune maraudeur avait eu toute les difficultés du monde à franchir. Il avait commencé par faire le mauvais choix et suivre le Dieu du sang, par piété filiale plutôt que par réelle croyance et, à bien y réfléchir, à cette époque-là tout semblait beaucoup plus simple. Il n'y avait pas de grands plans, de secrets ou de complots mais le meurtre sous sa forme barbare la plus simple. Pouvait-on vraiment faire plus simple et expéditif qu'une existence passée à enchaîner les combats les uns après les autres ? Avec du recul il pouvait comprendre pourquoi l'appel du Dieu du Sang était si attrayant mais, au fond de lui, Lorn pensait que pour être sensible à cet appel il fallait avoir suffisamment de soif de sang au fond de soi : fort heureusement cela n'avait pas été son cas.

Aujourd'hui il avait pris la décision de remettre sa vie à un Dieu plus subtil et retord, un Dieu qui n'aurait pas uniquement besoin de la soif de sang du garçon mais de ce qu'il savait faire de ses muscles et de sa tête. Il aurait bien aimé être aussi croyant que pouvait l'être sa nouvelle camarade mais, s'il ne l'était pas, il faisait tous les efforts du monde pour se diriger dans cette direction-là. Après tout arpenter ces steppes en brandissant sa lame pouvait être amusant, grisant même, mais cela ne durerait qu'un temps et lorsque celui-ci serait révolu Lorn savait qu'il finirait par se sentir vide pour ne pas avoir de but ou d'importance. Il voulait compter, il voulait qu'on se souvienne de lui en bien mais surtout en mal, il voulait que son nom résonne dans le cœur des gens pour l'éternité et il n'y avait qu'un Dieu pour lui offrir pareille immortalité. Il désirait la gloire et la renommée, certes, mais plus que tout il voulait que ses talents martiaux le propulsent plus haut que n'importe quel autre champion du chaos avant lui. Était-ce trop demander ? Pas ici, pas dans ce monde, pas avec tout ce qu'il avait vu.

Alors le jeune homme s'était réveillé dans cette froide grotte devant ce que sa camarade voyait comme un miracle ou un signe divin, il ne chercha pas à croire si elle avait raison car la foi n'avait vraiment rien de rationnel. Dans ces désolations plus que n'importe où ailleurs dans ce monde, certaines choses ne pouvaient pas être expliquées. Il avait vu l'espace se tordre devant lui comme une matière maléable, il avait vu des pluies de sang et entendu les murmures des morts portés par le vent : en quoi voir une fleur naître du sang pouvait bien être différent ? Il n'était pas étonné par ce qui avait jailli de ce fluide vital mais, s'il savait que ce n'était pas le fruit du hasard, il ne savait pas quelle en était la raison.
Le Prince des Plaisir cherchait-il à guider ce duo vers lui ou à les mettre à l'épreuve ? S'agissait-il peut-être d'une tromperie d'un autre Dieu du chaos pour rallier deux adeptes à sa cause ? Il aurait pu rester ici toute une semaine à se poser ces questions sans jamais en trouver la réponse, car les humains n'avaient pas ce qu'il fallait pour comprendre et deviner le jeu auquel s'adonnait chaque déité. Même si c'était frustrant par moments, Lorn devait accepter de suivre le jeu de piste préparé pour lui et son amante par le Corrupteur, en espérant que celui-ci le mènerait vers la grandeur plutôt que vers l'abysse sans fond. Rien n'était moins sûr mais, de toute façon, ce jeune guerrier n'avait plus nul part où aller.
Il avait tout quitté et il ne lui restait que trois choix. Retourner auprès des siens et se faire tuer pour sa trahison, parcourir seul ces steppes désolées et mourir dans l'indifférence générale, ou bien se tourner vers Slaanesh en espérant que cet élan de foi lui fasse atteindre autre chose qu'un destin horriblement funeste. Le choix s'imposa de lui-même et, s'il fut dur à assumer durant les premiers jours, l'arrivée de sa nouvelle camarade vint apporter un nouveau vent de fraîcheur porteur d'espoir. Il en était donc rendu à marcher en direction d'un arbre lointain au milieu de nul part, peut-être qu'il était la branche noueuse dont parlait la vision mais cette supposition en valait bien n'importe quelle autre. La marche sembla durer une éternité mais, au bout du compte, c'était tout de même le premier signe de la piste sur laquelle ces deux individus s'étaient engagés. Puis, enfin, les deux adeptes purent poser les yeux sur ce massif arbre qui trônait eux, fort et fier.
Il fut difficile pour le guerrier de ne pas regarder les nombreux rapaces qui trônaient sur les solides branches de cet arbre semblant millénaire, attendant patiemment une proie sur laquelle fondre afin de se repaître de sa chair. Lorn serait-il au menu aujourd'hui ? Telle n'était pas son intention, mais il gardait tout de même sa hache à portée car les bêtes ici bas ne pouvaient être dignes de confiance. Le jeune homme se serait détourné bien vite du regard s'il n'avait pas posé les yeux sur ce qui semblait être une bouche. Oui, un arbre qui avait la capacité de parler, rien de bien surprenant par ici.

Les poils du garçon se hérissèrent sur ses bras, ses jambes et sa nuque quand cette voix profonde et caverneuse jaillit soudainement. Le duo devait-il vraiment répondre à cet arbre ? Apparemment oui. Désireux de ne pas rentrer dans les détails pour le moment, le jeune guerrier se contenta d'un simple :

« Nous servons les Puissances de la Ruine.»
Il était inutile voire même risqué d'annoncer la couleur dés le début, Lorn préféra savoir à quoi il avait à faire avant d'annoncer qu'il servait le Corrupteur. Ce n'était pas un symbole de honte mais plus de la prudence qu'autre chose. Que pouvait-il demander ? Devait-il parler de sa vision en espérant que l'arbre pourrait le guider dans la bonne direction ? Pas encore, c'était un peu tôt, avant cela il devait savoir ce qu'il avait réellement devant lui. Laissant sa camarade poser toutes les questions qu'elle jugerait nécessaires, Lorn ponctua son intervention par une question très simple :
« Et vous ?  »
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Lorn, Voie du Guerrier du Chaos
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Alyria Chantelame
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Re: [Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Message par Alyria Chantelame » 12 janv. 2018, 19:08

« Rien ne pousse, même … »

Sarcastique et mordante, la voix d’Alyria résonna dans la steppe désolée en réponse à l’assertion de son compagnon qui pointait la minuscule excroissance poussant envers et contre tout au milieu de cet enfer gris et froid. La dévote était certes, la plupart du temps, complètement animée par une foi fanatique et une folie douce, cela ne l’empêchait pas, quand elle ne rendait pas hommage à son dieu, d’avoir des éclairs de lucidité empreint d’une forme de détachement étrange, presque nonchalant, et d’un sens de l’humour réel, quoique parfois un peu morbide. Sans doute que cet aspect de sa personnalité était ce qu’il restait de ses années d’esclavage, et de sa personnalité profonde, celle d’avant sa conversion au culte de Slaanesh. Elle démontrait son pragmatisme exacerbé, sa capacité à regarder le monde pour ce qu’il était, à en déceler les hypocrisies. Au fond, si on occultait ses crises hystériques de piété, la jeune femme était loin d’être une compagnie désagréable, du moins de son point de vue : elle avait de l’esprit, la langue acérée, un caractère sociable … Elle n’était pas uniquement une servante des Puissances de la Ruine, même si elle aspirait à le devenir entièrement. Pour le moment, son humanité demeurait, avec toutes les faiblesses que cela impliquait, mais aussi les côtés agréables.

« Approchons-nous. »

Le colosse kurgan s’était déjà mis en route. La guerrière vérifia rapidement les alentours, puis lui emboîta le pas. Bien vite, l’atmosphère des lieux confirma leurs soupçons : cet endroit n’était aucunement naturel. Une manifestation chaotique était à l’œuvre, comme seule les Désolations en avaient le secret. Tout au long de son errance solitaire au cœur de ses dernières, l’ancienne esclave avait été témoin d’un certain nombre d’événements étranges, voir carrément perturbants. Juste sous l’œil du Chaos, ces terres ravagées se trouvaient à mi-chemin entre le fantasme et la réalité, entre le royaume des mortels et celui des dieux. Que ceux qui ne croient pas aux Puissances de la Ruine et à leurs pouvoirs viennent contempler les mystères de leurs territoires : alors ils comprendraient. Et alors, ils se soumettraient. Il n’y avait pas d’autres alternatives, en ces lieux, que la conversion ou la mort. S’accrocher à ses croyances finissait par rendre fou, car il était rationnellement impossible d’expliquer de tels phénomènes, ou de se protéger en invoquant quelques vieilles lunes mortelles qui n’avaient guère de pouvoir, tant le pouvoir corrupteur était ici à son apogée. La nature elle-même changeait, vivait avec d’autres règles. Il n’y avait aucune place pour d’autres dieux que les Quatre Grands. Et il y avait encore moins de places pour ceux qui ne comprenaient pas la réalité de ce monde voué à la destruction. La folie guettait au moindre tournant. Personne ne ressortait indemne des Désolations … surtout ceux qui y entraient de leur plein gré pour espérer toucher du doigt les dons des dieux, et bien souvent mourir dans d’atroces souffrances en leur nom. La terre se transformait autour d’eux, le temps lui-même paraissait s’écouler différemment. Alyria sentit sa respiration s’accélérer légèrement, alors que ses pas ralentissaient sans qu’elle le veuille réellement, et que l’arbrisseau devenait de plus en plus imposant à mesure qu’ils avançaient. Le Chaos était à l’œuvre, aucun doute à ce sujet. Etait-ce un simple vortex, comme il en existait tant, une brèche dans leur réalité, ou bien … Etait-ce la demeure d’une créature dévouée à l’un des Quatre ? La trace d’un démon en ce monde ? Pourquoi pas. Certaines formes que prenaient ces derniers étaient au-delà de la compréhension des mortels, et certains dieux pouvaient tout simplement jouer avec leurs adorateurs. Ils n’étaient tous, après tout, là que pour les satisfaire, peu importe la manière. Autour d’eux, des volatiles aux dents acérés voletaient ou se contentaient de les observer, accentuant le malaise de la jeune femme. Elle avait l’impression dérangeante d’être constamment épiée, comme si des centaines d’yeux la fixaient … Ce qui, au vu de la vision qui s’étalait sous son regard ébahi, n’était peut-être pas totalement faux. Et que dire de ces espèces de racines qui tremblotaient en les entourant ! Très clairement, la zélote avait l’impression d’être prise au piège d’une créature inconnue, ce qui était tout sauf rassurant. Pour autant, il était hors de question de laisser la crainte l’envahir, et encore moins de montrer qu’elle la ressentait. Aussi elle inspira profondément, adressant silencieusement une de ses prières favorites à Slaanesh, ce qui eut le don de la calmer presque instantanément. Sa foi était la plus forte. Sa piété demeurait son arme la plus performante. Encore une fois, elle s’en remettait entièrement à Lui. Bientôt, l’écorce se déchira, se cambra pour former une sorte de bouche d’où s’extirpa une langue infernale, et une voix d’outre-tombe résonna, emplissant l’air balafré de rafales et résonnant longuement dans sa tête, alors qu’elle déchiffrait ce qui n’était pas sa langue natale. La chose paraissait impérieuse, agacée qu’on trouble son repos. Et surtout, curieuse. Trop pour leur propre bien. Lorn dut le sentir aussi, car il choisit l’option la plus prudente. Au vu des multiples excroissances cauchemardesques du lieu, avouer servir le Chaos n’était pas dangereux. En revanche, impossible d’être certain de son allégeance, même si cela ne ressemblait pas à une manifestation khorneuse. En revanche, ces fluides immondes pouvaient être la marque de Nurgle, tout comme ces explosions de couleurs et ces changements permanents celles de Tzeentch. Or, Alyria n’avait peut-être plus toute sa raison, mais elle n’en demeurait pas moins suicidaire. Encore que, elle aurait pu, dans une forme de bravade, dire clairement son allégeance unique au Corrupteur. En cela, la présence du kurgan avait le mérite d’accroître ses chances de survie. Il lui était utile, après tout. Elle ponctua donc sa présentation par un simple :

« Nous voyageons dans les Désolations. »

Vérité absolue. Au fond, elle ne voyait que rajouter, hormis …

« Qu’êtes-vous ? »

Là aussi, c’était simple et efficace. Avec les démons, si c’en était un … Alyria préférait ne pas tourner autour du pot, et ne pas céder à leurs petits jeux d’intimidation. Par essence, ils étaient bien trop imprévisibles. Aux aguets, elle observait, prête à bondir au moindre signe d’attaque, sans qu’un sourire aimable ne quitte ses lèvres, comme un rappel de cette double personnalité que Slaanesh façonnait en elle.
Modifié en dernier par [MJ] Galrauch le 12 janv. 2018, 19:08, modifié 1 fois.
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Alyria Chantelame, Voie des Combattants du Chaos (Slaanesh)
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Re: [Lorn et Alyria] Les Rouages de la Ruine

Message par [MJ] Galrauch » 15 janv. 2018, 21:30

L’arbre se laissait valser sous des bourrasques des vents imperceptibles. L’aether bousculait les branches dans tous les sens. Une tempête invisible faisait rage. Les yeux de l’arbre fixaient frénétiquement les deux guerriers immobiles près de lui. Sa bouche laissa un couler un liquide visqueux qui tomba au sol. Une fumée rosâtre s’en échappa. La chose repris la parole et c’est avec la ténébreuse violence de la langue noire qu’il s’exprimait.

CHLARMAX POSE LES QUESTIONS! VOUS RÉPONDEZ!

Image
Des racines démoniaques sortaient de terres sous les contractions colériques de l’arbre. De gigantesques tentacules recouverts d’écorces grouillaient dans la terre meuble.

PUISQUE VOUS SEMBLEZ INCAPABLE DE QUOI QUE CE SOIT. CHLARMAX MYR’HKN DIAPHSZ EXALTÉ SERVITEUR DU GRAND SERPENT ET PROTECTEUR DU PROFANE LIBER PATIENS VOUS FERA DÉCOUVRIR SON DIEU. QUEL DÉLICE!!


Les branche qui jusqu’à maintenant s’était tenu à l’écart de la discussion étaient de plus en plus agressive et s’approchait avec frénésie des deux guerriers. Elles tentaient vraisemblablement de saisir les maraudeurs pour les immobiliser. Les bruits des fouets dans l’air provoquèrent un éveil chez les oiseaux qui se mirent à hurler à tous vents. Un chant de mort strident et de désespoirs occupait l’espace.
JET DE HAB LORN : Seuil de 8, Jet 2 Réussite
JET DE HAB ALYRIA : Seuil de 8, Jet 18 échec
La petite Alyria Chantelame se fit saisir par une cheville et tomba sur le sol, tiré dans la poussière vers le tronc gigantesque qui émergeait du sol. Une longue racine sombre et poisseuse apparue en perforant l’écorce de l’arbre et tel un serpent s’approcha langoureusement de sa victime. La chair recouverte d’aspérité digne des épines d’une rose, menacerait rapidement la chair intacte d’Alyria.

Lorn le guerrier, réussi à éviter de nombreuses salves de ronces tranchantes.

LAISSE-TOI FAIRE PAUVRE MORTEL! LAISSE-MOI TE CORROMPRE! JE ME RÉGALERAI DE TA CHAIR!
Les dons des dieux de la ruine aux citoyens du monde entier ne sont pas la douleur, la luxure, la corruption et la maladie,
mais bien le courage, la découverte, l'ambition et la résilience.

Voyez par vous même!

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