[Niklaus Hanshel] Je maintiendrai

Marienburg est le plus grand de tous les ports du Vieux Monde. Située à l’embouchure du fleuve, la ville est un énorme centre de commerce. Le Reik est ici un fleuve énorme, mesurant plus d’un kilomètre et demi d’une berge à l’autre. Marienburg est une cité indépendante (sans lien avec l’Empire), située au sein des Wastelands. c’est aussi le centre de l’activité religieuse du Culte de Manaan, le Dieu de la Mer.

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[MJ] Le Grand Duc
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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Duel en jet opposé :

Charisme Niklaus : 10
Bonus : Éloquence (+1)
Bonne prestation (+4)
Jet : 18, échec de 3

Charisme den Euwe : 13
Malus : Timide (-2)
Sous pression (-2)
Jet : 20, échec critique.
Karl den Euwe papillonna des cils à la question de Niklaus. Il ouvrit la bouche et commença à balbutier quelque chose :

« Je… J-J’ai déjà répondu à cette, cette question… Sur l’Estalie, et sur, la Bretonnie, j’ai heu, fais un exposé déjà bien, bien fourni…
Vous… Vous n’aviez qu’à écouter ! »


Il avait dit cette dernière phrase plus forte que les autres, avec un effet d’annonce.
Peut-être que s’il l’avait mieux tournée, ou s’il y avait mis de l’aplomb, ou s’il l’avait tournée sous forme de plaisanterie condescendante, elle aurait sans doute permit de ridiculiser Niklaus aussitôt aux yeux de Marienburg tout entier.
C’est en fait tout l’effet inverse qui se produisit. Alors même que Niklaus avait parlé avec un ton de fausset, laissant clairement apparaître son hypocrisie débordante, Karl den Euwe venait de répondre avec la gorge qui déraille et qui part dans des aigus. Sur les bancs des despotiques, Rothemurr fit les gros yeux, tandis que Jaan van de Kuypers se retrouvait à baisser la tête et à poser sa main sur son front, atterré par la stupidité de son président.

« Enfin… Enfin je veux dire… Je veux dire, j’ai… J’ai déjà abordé le sujet, restez avec moi un instant je, je vous prie... »

Les mains tremblantes, Karl den Euwe attrapa ses feuilles et fouilla dans son long, long exposé interminable durant lequel, en effet, Niklaus s’était retourné à manquer d’attention. Il cherchait la phrase qu’il avait déjà dite à voix haute, fouilla, fouilla.
Il fouilla tellement de temps que, sur les bancs discrétionnaires, on se mit à rire. Des petits pouffements et des rictus plus-ou-moins forcés. Le député de tout à l’heure, celui qui n’arrêtait pas de se faire entendre, cria à nouveau depuis son siège :

« Nous sommes pendus à vos lèvres, honorable directeur. »

Sur son siège d’orateur, Nieut Gyngrijk rugit à nouveau, en tapant sur son cathèdre.

« De l’ordre ! Honorable député Maerten de Vos, je me dois de vous prévenir que si je devais malheureusement encore vous entendre alors que vous n’avez pas la parole, je vous ferai expulser de la salle !
Prenez votre temps, président. »


Et là, l’impossible se produisit.
Karl den Euwe fit tomber ses notes. Son tas de feuilles chuta au sol et se répandit par terre. Il se pencha aussitôt pour tenter de les récupérer, par réflexe, ce à quoi Jaan van de Kuypers bondit sur son siège, tandis que van Scheldt posait ses mains sur sa gorge pour s’étrangler. Un honorable directeur dont la fortune se comptait en millions de guilders était en train de se mettre à genou pour récupérer des feuillets en pleine assemblée du peuple.
Karl den Euwe se rendit compte de son geste trop tard. Il se releva aussitôt, tandis que des huissiers gênés et mal à l’aise s’approchaient pour récupérer ses notes et les lui tendre.

« Heu… M-Merci. »

Cette fois-ci c’était trop. Niklaus ne recevait plus aucun regard noir de son camp ; à la place, ils s’étaient transformés en sourires complices. Haagen, parmi les neutres, éclata de rire en braillant. Roelef souriait vicieusement en coin.
Il n’y avait bien qu’Arkat Fooger, tout à droite de la salle, pour tapoter du pied, sûrement en train de s’impatienter devant ce cirque pas permis, comme seuls les Humains pouvaient faire.

« De l’ordre ! Je ne le répéterai pas ! De l’ordre ! »

Karl den Euwe était devenu tout rouge. Il balbutia quelque chose d’une petite voix :

« Je… Je vous assure que, nous avons discuté avec Theoderic de Brionne, et, heu, nous vous… Nous aurons des mesures concrètes à annoncer… À annoncer au cours de la prochaine législature. »

Les discrétionnaires tapèrent sur leurs cathèdres. Sans même attendre la permission de s’en aller, Karl den Euwe récupéra ses papiers et s’en alla timidement vers son banc. À peine arrivé, van Schledt sembla lui crier quelque chose de colère, tandis que van de Kuypers les calma tous les deux en posant des mains sur leurs épaules.
Il y avait tellement de fous rires que Nieut n’eut plus le choix :

« J’ordonne une suspension de séance de vingt minutes ! »

Gerard Ottenmeir tapa dans les côtes de son cousin.

« Hé bien… Je m’attendais à pire. Franchement pas mal pour une seule question ! »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Niklaus Hänshel
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Assis sur mon siège je déglutis avec peine, le première saillis du Directeur n'augure rien de bon et pourtant sa voix tremble avant de totalement déraillé sur la fin de son propos. Le temps semble se suspendre, mes lèvres s'entrouvrent pour exhaler un soupir qui finalement reste dans mes poumons, mon regard cherche autant celui des mes "alliés" que ceux de mes "ennemis". Mes doigts blanchissent en serrant un peu plus l'accoudoir, Den Euwe bafouille, cherche dans ses notes, l'information se dérobe à lui tout comme sa maigre confiance, des milliers d'yeux braqués sur lui qui ne font qu'accentuer le trou qui se creuse sous ses pieds.

Je n'ose bouger, mon corps reste en suspend, en attente de la conclusion de ce moment.
Les quolibets et railleries se font entendre, je reste sourd à ces derniers savourant ce qui est déjà pour moi une victoire mais comme dans un étrange ralentissement de la scène je ne peux que braquer mon regard sur les feuillets qui viennent voleter autour du Directeur achevant leur course au sol alors que l'un des hommes les plus puissant du monde ploie le genou !!

La victoire est cette fois totale, un véritable KO.

Une toute petite seconde s'écoule avant que chaque individu n'explose en sentiments divers, rires, cris, éclats de colère ou de satisfaction, je reste spectateur d'une pièce alors que j'en suis pourtant l'un des acteurs principal. Impossible de ramener le calme dans les travées malgré les rugissement de Nieut qui se décide à ordonner une suspension de séance, la salle est peu à peu délaissée par ses occupants que j'imagine aller commenter ces dernières minutes.

Un coup de coude me ramène à la réalité.

"Franchement ? Moi aussi."
Je souris, lui rend sa bourrade, complice de ce moment.
"Bon j'ai le gosier vraiment sec et un petit verre ne serait pas de refus."

Difficile de ne pas profiter de cet instant de grâce, oui difficile.

Je rêve de fanfaronner au milieu de cette foule, de la traverser comme un général le ferai jucher sur son destrier, auréolé de gloire en revenant victorieux d'une bataille d'importance. Les hommes hocheraient la tête saluant ma supériorité, les femmes scanderaient mon nom, les enfants tendraient leurs petites mains potelées rêvant de me ressembler, la masse populaire s'écarterait sur le passage de leur héros.

"Niklaus .... Niklaus ... Niklaus .... !!"

Non je me contente de réajuster mon catogan, replacé la broche de mon veston et de sortir de la salle, quelques hochements de tête et légers sourires aux regards que je peux croiser. Mes pas me mènent non loin de De Roelef j'attends avec déférence le moment de pouvoir lui glisser quelques mots.

"Merci Honorable Directrice de m'avoir permis cette intervention. Passez une agréable journée."

Respectant l'étiquette je me retire selon son bon vouloir afin de ne pas l'importuner espérant avoir marqué suffisamment son esprit. La mesure, tout est dans la mesure qu'il me faut apprendre à graduer selon mon interlocuteur. J'évolue un moment dans l'immense couloir dans lequel certains groupes se sont formés, mon sens à l'affût des échanges qui se font, reconnaissant de Vos le trublion je me porte à sa hauteur pour le saluer.

"Bonjour Honorable Collègue, je souhaitais vous remercier pour vos mots durant l'échange, ils sembleraient qu'ils aient accentué la pression qui pesait sur les épaules du Directeur. Une belle journée que nous vivons."
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[MJ] Le Grand Duc
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Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Pour toute réponse, de Roelef se contenta d’un signe de tête tout en gardant sa mine dédaigneuse et inexpressive. Impossible pour Niklaus de savoir s’il avait gagné des points auprès d’elle, ou s’il était juste passé pour un mariole. C’était ça le soucis, avec la vieille noble ; Elle constamment hautaine, même avec les gens qu’elle estimait.

Dans tous les cas, voilà que petit à petit, les députés se répandaient en paroles et en grand brouhaha. Vingt minutes était une longue pause. Niklaus parvint à trouver Maerten de Vos qui était en train de terminer une petite discussion avec des députés mineurs que Niklaus pouvait plus-ou-moins reconnaître ; Personne d’importance.

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Maerten de Vos n’avait pas de traits physiques bien particuliers ; Assez grand, épaules étroites, bien mince, il semblait assez jeune par rapport à la moyenne d’âge du parlement : Il devait entrer dans la quarantaine. Ses vêtements étaient taillés sobrement, mais comparé à la plupart des patrices de la ville, ils étaient colorés, au lieu de se revêtir de doublets et culottes noires et blanches comme la majorité des gens. Il offrit à Niklaus un grand sourire qui affichait des dents blanches.

« Je vous en prie ; Tout l’honneur était pour moi. Hänshel… Ostmuur, c’est ça ? Je me trompe pas ? »

Il avait tendit sa patte pour serrer celle de Niklaus.

« Permettez que je vous offre un verre ? »
Jet de connaissance : 15, échec.
Niklaus n’avait lui pas la moindre idée de qui était ce bonhomme. C’était la première fois qu’il avait entendu son nom être prononcé. Il ne le remettait d’absolument nul part. Rien, pas le moindre début de souvenir ou de piste.

La buvette de l’assemblée était non loin du bâtiment principal. Il fallait juste franchir une petite galerie couverte avant d’accéder au lieu ; Elle ressemblait à une sorte de grand restaurant plutôt joli, avec des statues et une fontaine à eau au milieu de la pièce, et de magnifiques tableaux nationalistes recouvrant les murs, commémorant de grandes victoires de la République des Jutones. La buvette était constituée de tables bien espacées les unes des autres, avec des fauteuils confortables et des petits pans de murs amovibles pour créer des espaces où on pouvait discuter chaleureusement en toute discrétion. La buvette était peut-être le lieu adoré des députés ; Pour pas cher, ils avaient accès à des menus préparés par un cuisinier Halfling, et toute un catalogue de bonnes références d’alcool. Maerten conduisit son compagnon jusqu’au bar où il s’adressa à un laquais qui leur fit un petite révérence :

« Deux cognacs du Gilleau. Vous devez avoir une bonne année ? »

Le serveur leur recommanda une boisson, puis disparu sous un petit escalier pour accéder à la cave.

« Pardonnez-moi de choisir à votre place ; C’est qu’il faut que vous buviez à tout prix du cognac Bretonnien. Très bientôt, il n’y en aura plus. »

Il avait un petit sourire malicieux en coin. Il fallait être idiot pour pas se rendre compte qu’il voulait se faire mousser en lui demandant pourquoi?.

« Vous ne devez pas me connaître, honorable collègue, permettez-moi de me présenter. Je suis un député du pays, pas de Marienburg-même. Normalement, je reste dans mon patelin du petit pays et me tient bien éloigné de la capitale.
Les choses ont changé, récemment. Je m’inquiète énormément de l’appétit des Bretonniens ; Tout le monde pense que l’ennemi de notre République, c’est l’Empire, que c’est notre grand rival, mais c’est faux. l’Empire est faible, il a été mis à genoux par les hordes Norses et les forces de la déchéance. Le vrai ennemi qui menace notre République et qui souhaite nous avaler, c’est les Bretonniens qui ont toujours feint d’être nos alliés.
De Gisoreux, de plus en plus de paysans sont guidés par des chevaliers pour coloniser les terres qu’on laisse en friche et qu’on abandonne aux peaux-vertes des Landes Amères. Je suis venu ici pour faire quelque chose contre, et je pensais que la prochaine session parlementaire, au printemps, serait une bonne occasion pour. »


Il fit un grand sourire alors que le serveur leur ramenait deux verres. Il le leva pour trinquer avec Niklaus.

« Je pensais que nous pouvions nous rendre service mutuellement ; Je cherche des amis à Marienburg. J’aimerais écrire une pétition anti-Bretonnienne à faire signer à des parlementaires, afin de créer un bloc de voix. Nous pourrions devenir une vraie force politique, et nous faire entendre dans les journaux et à l’assemblée. J’ai peut-être quelques personnes qui seraient intéressées, mais j’ai besoin de gens avec des voix et de l’argent, ainsi que le soutien de certains Directeurs…
Je me demandais si je pouvais essayer de vous convaincre, honorable collègue. J’ai déjà pu entendre le nom de votre famille au cours de quelques discussions ; Vous avez de l’influence dans le nord de Marienburg ! Avez-vous une opinion particulière sur la Bretonnie ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Message par Niklaus Hänshel »

Dommage que l'homme qui se tient devant moi ne soit ni plus ni moins qu'un illustre inconnu à mes yeux, je vais devoir avancer en tâtonnant tel un aveugle dans une rue encombrée espérant éviter les obstacles.

"Ostmuur en effet pour encore quelques années si les électeurs en décident ainsi."
Dis-je en affichant tout net mon objectif prochain pour la discussion à venir tout en serrant la main tendue.

"Avec plaisir, je mentionnais justement à mon cousin une gorge fort sèche."

Un endroit charmant que nous gagnons, un lieu que nous autres députés aimons à fréquenter permettant une pause lors de sessions interminables ou pour continuer de débattre à la clôture de ces dernières. Si j'ai le choix d'une table proche d'une fenêtre me permettant ainsi d'admirer l'extérieur bien qu'en cette saison les jardins manquent cruellement de vives couleurs à contrario de mon interlocuteur, la commande est laissée au bon soin de De Vos dont le choix s'arrête sur des cognacs de Gilleau, réputé pour être l'une des meilleurs eau-de-vie de vin du vieux monde.

"Un choix qui dénote votre goût des bonnes choses."

Léger sourire alors que le serveur repart avec sa commande, je déboutonne les quelques attaches de mon veston afin de prendre un peu plus mon aise, mon regard balaye les tables proches bien que la plupart soit habilement camouflées par des panneaux qui lient ornement et discrétion avant de revenir au député qui me fait face.

"Il serait dommage que nous en manquions un jour, vous détenez des informations que je ne possède pas."

L'homme accroche l'appât à son hameçon et lance sa ligne à l'eau espérant me ferrer, je l'écoute poliment se présenter avant qu'il n'enchaîne sur ses problèmes avec la Bretonnie qu'il accable de maux fort loin de mes préoccupations jusqu'alors. Décidément entre la rencontre de son Éminence en début de session et maintenant cette discussion notre voisin n'a jamais été aussi présent qu'aujourd'hui.

"Je suis bien marrie d'avouer mon ignorance sur le problème que vous me rapportez là. Vous voulez dire que des Bretonniens arrivent par j'imagine la trouée de Gisoreux pour venir grignoter nos terres ? A moins qu'ils ne viennent par je ne sais quel brèche ou passe des sœurs pâles, enfin là n'est pas le problème me direz-vous."

Notre commande arrive, léger tintement de nos verres avant que je ne reprenne.

"Pour vous répondre je n'ai que peu d'avis sur notre voisin si ce n'est que son proche emplacement permet des échanges commerciaux facilités par les routes qui nous relient. Quand vous émettez le souhait de vous dresser contre cela avez-vous quelque chose en tête ?

Je suis sensible au problème qui vous touche, après tout nous pouvons difficilement laisser cette ... colonisation se poursuivre sans réagir quand on laisse un doigt on nous prend un bras, j'en parlerai à mes proches collaborateurs mais avez-vous quelques informations supplémentaires à me rapporter ? Qu'en pensent vos premier alliés ? Un membre du Directorat serait un atout non négligeable."


Gorgée de ce nectar, l'alcool coule dans ma gorge après l'avoir gardé un instant en bouche afin qu'il diffuse toute sa subtilité à mes papilles.

"Une vraie merveille."
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Maerten approuva les propos de Niklaus par quelques hochements de tête.

« J’ignore si c’est le Duc de Gisoreux lui-même qui est à l’origine de ces mouvements, ou si ce sont certains de ses vassaux qu’il ne contrôle pas, mais le résultat est le même ; En fait, il y a dans les Landes Amères des colonies d’Orques, et quelques fois, les chevaliers Bretonniens pensent que nous ne faisons pas notre travail, les peaux-vertes ne respectent pas les frontières, elles envahissent depuis les Pâles Sœur jusqu’à chez eux, donc, des chevaliers errants se ramènent avec des lances et des chevaux pour les repousser.
Le soucis, c’est que les chevaliers errants attendent des fiefs en récompense pour leurs services. Et ils doivent penser que ces terres peu exploitées où trop peu de gens vivent sont une récompense suffisante. Ils s’installent, amènent avec eux quelques familles de bûcherons ou métayers mal nourris, et commencent à y faire leur loi en faisant creuser des mottes castrales. C’est ainsi qu’ils ont réussi à exproprier des terres qui appartiennent à la noblesse du Jutonesryk, dont je fais partie. »


Que Maerten de Vos soit noble était une certaine révélation ; Les nobles ne sont pas censés être au Burgerhof. La plupart des vieilles familles de l’aristocratie disposent de sièges de pairs héréditaires au Rijkskamer, la chambre haute, et ne se soucient normalement pas de se faire élire par des administrés.

« Pour l’heure, Marienburg réagit en faisant le dos rond. La Bretonnie est un allié puissant, un contre-pouvoir nécessaire à l’Empire, et ils ont été épargnés par les hordes d’Archaon ; Le Royaume de Bretonnie a la plus forte marine du Vieux Monde, depuis que le Kislev et l’Empire ont été salement ruinés, ils ont aussi probablement la plus puissante économie et la plus puissante armée du continent, même si on ne s’en rend pas compte. On serait fous de s’opposer à eux, n’est-ce pas ?
Mais vous avez la clairvoyance qui manque à nos dirigeants. Si on nous prend le doigt, après, on nous prendra le bras, vous avez tout à fait raison ! Les Bretonniens sont des rapaces, des pédants imbus d’eux-même qui ne voient la vie qu’à travers la pointe de leur lance. Leur noblesse répugne notre pays, à leurs yeux nous ne sommes qu’une bande de bourgeois commerçants ; À l’inverse, eux-même rêvent de développer leur classe marchande dégénérée et écrasée par le mercantilisme de leur monarque.
Je ne pense pas que nous cambrioler quelques landes putrides, stériles, et envahies d’Orques soit une menace à la sécurité de notre Nation. Mais cela laisse un précédent. Cela affiche notre faiblesse. Et cela offre des tas de causes de guerre ; Il leur suffira ensuite de coloniser encore plus, d’aller là où nous élevons les moutons sources de la laine, puis critiquer nos mesures de rétorsion. Et ça y est ; Dans dix ans, ils prétendront défendre leurs ressortissants en commençant des blocus et des agressions ! Il faut tuer leur projet dans l’œuf. Il faut montrer les crocs ; Entre voisins qui ont de bonnes relations, on ne se vole pas du terrain. On a condamné à mort le baron du Nordland pour moins que ça ! »


Niklaus Hänshel n’ignorait pas qu’il y avait, en fait, depuis deux cent ans, un héritier déclaré à Paulus van de Maacht, le dernier baron du Westerland ; La famille Nikse du Nordland avait réclamé l’héritage, par une des filles de Paulus. Mais l’Empereur Magnus le Grand, celui qui avait sauvé le Vieux Monde et le Kislev durant une autre invasion chaotique, craignait qu’un Nordland capable d’absorber le Westerland deviendrait beaucoup trop puissant, et insoumis à ses réformes. Il pesa donc de tout son poids pour éviter la succession, en reconnaissant le « gouvernement de régence » des marchands de Marienburg. Une Régence persistant 228 ans plus tard.
Il y a douze ans, la famille Nikse était chassée par un petit vaurien, une brute idiote et sanguinaire qu’on nommait Théoderic Gausser. Celui-ci était devenu tout à la fois Grand Baron du Nordland, Prince de Salzenmund, Seigneur de Laurelorn, et, surtout, Duc de Marienburg. Alors que les Nikse avaient retiré ce dernier titre de leurs prédicats honorifiques depuis bien longtemps, préférant une alliance commerciale à des fantasmes de conquêtes irréalisables, Gausser recommençait à signer chacun de ses courriers avec ce mot insupportable à entendre. Un jour, il avait décidé d’écrire au Directoire un courrier où il demandait à ses « Fidèles sujets de Marienburg » d’appliquer la même gabelle que les Nordlanders de Salzenmund devaient reverser à leurs seigneurs. La séance au Burgerhof fut mouvementée, dans un chaos difficile à contenir, empiré par une récession économique soudaine à cause d'une chute du prix du drap, et le limogeage de centaines de tisserands. Théoderic Gausser fut traité d’ennemi à la sûreté de l’État, de despote, de tyran, et condamné à mort à l’unanimité moins une voix – un pauvre député modéré, qui avait tenté de calmer les ardeurs des jeunes loups trop patriotes pour leur bien, et qui reçut en toute récompense des jets de cailloux et de détritus à la sortie de l’assemblée, les Coiffes Noires tuant deux émeutiers pour éviter qu'il ne soit lynché.
Bien sûr, Théoderic vivant à des lieues de là, dans un palais gardé par des chevaliers et des troupes d’État, il n’était pas prêt de perdre sa tête. Mais voilà, le symbole était extrêmement fort. Un comte-électeur de l’Empire, porteur d’un croc runique, était traité comme un vulgaire criminel de droit commun et condamné par contumace.

Tout ça pour un simple courrier. Les Nordlanders n’avaient jamais mis un orteil dans le Jutonesryk. Selon les dires de Maerten, les Bretonniens eux se permettaient carrément de s’installer et de faire leur loi avec des épées. Pourtant, le Duc de Gisoreux, lui, n’avait pas été condamné à mort.

« La Bretonnie est forte, mais pas autant qu’ils ne le croient, avec leurs égos mal placés. Je pense que nous pouvons aisément leur mettre une forte pression économique pour les faire reculer ; Concrètement, je souhaite que l’État de Marienburg isole la Bretonnie. Qu’on interdise l’import ou l’export des marchandises estampillées de la fleur-de-lys.
Ils ont des côtes gigantesques, et une forte marine, mais ils souffrent du fait que leurs seigneurs, leurs ducs, sont bien trop puissants et écrasent leur classe marchande, écrasent leurs bourgs ; Vous l’avez vu, avec votre question qui a fait bégayer le directeur den Euwe, le Duc de Brionne peut, tout seul, détruire comme il le souhaite un commerce florissant juste parce qu’il a besoin d’argent pour… Pour des dizaines de banquets, de tournois ou d’expéditions militaires malavisées. Marienburg offre aux Bretonniens des outils financiers, et le fait d’être une plaque tournante de commerce pour s’approvisionner. Nous n'avons pas à mettre la Bretonnie sous blocus, nous avons juste à refuser le passage des biens qu'ils produisent, nous n'avons qu'à couper le débouché que nous sommes, et soudain, ils auront à affronter des révoltes, à l’Anguille, à Bordeleaux. Pas des révoltes de paysans attardés bonnes à mater, non, des ennuis causés à la classe moyenne, aux artisans, aux commerçants, aux gens importants. Le Roy Louen sera forcé d’intervenir, et il ne risquera pas le chaos pour des petites landes pourries.
L’important c’est que nous agissions vite. Et que nous agissions avec des alliés. Il nous faudrait le soutien des Elfes, bien sûr. Mais pas que. Tous les alliés que nous pouvons trouver seraient utiles. Même des alliés Impériaux. »


Il avait baissé le ton pour cette dernière phrase. L’Impérial était, par définition, l’ennemi. Alors même que le Westerland avait été impérial pendant un millénaire, il avait construit son indépendance par xénophobie. Encore aujourd’hui, un politicien pouvait se faire élire en fleuretant avec la peur du voisin Sigmarite, quand bien même l’Empire était un partenaire commercial majeur, et que des Middenlander ou Nordlander émigraient pour travailler à Marienburg.
S’allier avec l’Empire pour faire reculer la Bretonnie, ça serait retourner complètement un paradigme qui durait depuis un siècle.

« Je vais être honnête avec vous, monsieur Hänshel ; J’ai des amis et des relations, j’ai des ressources, mais si je m’approche de vous, ce n’est pas pour avoir une simple signature sur une pétition. Ce que je souhaite mettre en place, c’est un bloc de voix, un groupe d’intérêt qui briserait le clivage actuel qui a lieu au Parlement. Je souhaite avoir des alliés tant discrétionnaires que despotiques.
Et si je m’approche de vous, c’est parce que… J’aimerais que vous co-dirigiez ce bloc avec moi. »


Il s’arrêta de parler un instant, pour bien accompagner l’effet d’annonce.

« J’ai réussi à obtenir le soutien de quelques députés, mais ils ne sont que des représentants très mineurs. Ce que j’ai besoin pour changer les choses, c’est d’avoir l’aide de la presse, de la rue, des cultes religieux, et surtout, de Directeurs… Mais si j’estime être un homme influent, mon influence s’exerce surtout dans la campagne, pas dans la ville.
Mais vous, les Hänshel, votre nom est connu. Certes, vous ne faites pas partie des Dix, mais vous êtes une famille patricienne de la cité. Si nous travaillons ensemble, nous pourrions, au fil des années, constituer une véritable force qui pourrait retourner la politique du gouvernement.
Vous voyez où je veux en venir ? »

[/quote]
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Message par Niklaus Hänshel »

Si certains peuvent m'amener à sourire voir m'agacer par leur naïveté ou leur vision aux antipodes de la mienne, De Vos semble être un homme qui avance avec soin. Son exposé me paraît relativement juste bien que je ne sois pas expert en politique Bretonienne et m'offre matière à réfléchir ce qui ne doit pas manquer de se remarquer par mon interlocuteur à moins que je le lui en laisse l'occasion, laissons-nous pour un temps appâter.

Mon regard s'égare un instant pesant rapidement les révélations de l'homme afin de donner l'ébauche d'une réponse qui me pourrait me positionner sans pour autant m'engager, ce n'est entre deux madeleines qu'un tel accord se scelle.

"Vos dires ne manquent pas de trouver une oreille attentive en ma personne. Je n'avais pas mesurer à quel point la Bretonnie menaçait nos terres et à vous entendre il se pourrait bien nous accueillons en ce moment moment et à bras ouvert un danger qui ne pourrait que croître dans les prochaines années si rien n'est fait. Ainsi si je partage votre avis concernant d'étouffer d'ors et déjà ce futur problème avant qu'il n'en devienne un."


L'homme me flatte, évoque notre notre nom ainsi qu'un potentiel gain à s'allier à un groupe qui pourrait bien dans le futur rassembler une voix de plus en plus partagée.

"Cependant comme je l'ai mentionné et vous de même, s’annihiler le soutient de nos plus proches et puissants voisins doit être une décision mûrement réfléchie d'autant plus si c'est pour ..."
Léger coup d'oeil aux tables voisines.
"... nous tourner vers les Impériaux bien que je n'ai pas forcément la rigidité de certains les concernant."

Les minutes s’égrènent tout autant que le contenu de mon verre dont j'avale la dernière gorgée avant de le reposer.
"Vous me faites miroiter de bien belles choses mais qu'espérez-vous en tirer à titre personnel ? Désolé question de curiosité."
Dis-je avec un sourire.

La question est posée, il pourra bien me répondre ce qu'il juge nécessaire reste que son origine noble me questionne, ces vieilles familles ont perdu tellement, espèrent-ils quoique ce soit ? Je me demande qu'elle serait mon sentiment si je me trouvais à leur place, aurai-je soif de vengeance ? D'un retour à un système maintenant dépassé ? Ou peut être que je m'adapterai sans amertume, non impossible.

"Quoiqu'il en soit je suis flatté par cette proposition, vos arguments ne manquent pas de poids et je vais réfléchir très attentivement à celle-ci."
Noble, moyens, appuis ... dommage que son nom me soit totalement étranger mais ...
"J'en parlerai à Père, après tout il tient encore les rennes tant qu'un parti n'ait pas trouvé."

A mon tour de jeter une bouteille à la mer, regard en direction de l'entrée.

"Je crains qu'il ne soit l'heure de retourner à nos obligations. Puis-je suggérer que nous nous retrouvions à un moment qui vous est grée afin de prolonger cette discussion. Je vous remercie pour ce moment et .... le verre."

Le laisse l'homme mettre un point final à notre échange lui montrant une ainsi une certaine forme de respect avant de me lever pour rejoindre la salle des débats.
Niklaus Hänshel, Politicien
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Niklaus Hanshel] Je maintiendrai

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Tentative d’empathie
Jet : 17, échec
« Ce que j’espère en tirer ?
Eh bien, c’est très simple : Que les bouffeurs de grenouilles se cassent de mes terres ! Que la République prenne acte de ses obligations et se décide à défendre elle-même les Landes, tant des Peaux-Vertes que des bouseux qui prient la Dame du Lac !
Je ne cherche pas un boulevard pour entrer en politique, si c’est ce que vous pensiez. Je suis un noble, je n’ai pas le pied marin, et je n’ai que rarement donné de l’or à Manann ; C’est trop d’arguments qui me disqualifient de tout avenir à Marienburg. Jamais les gens d’ici ne m’apprécieront ou voteront pour moi. Mais c’est toujours mon pays. »


Est-ce qu’il était sincère ou est-ce qu’il pipeautait entièrement, et cachait d’autres appétits dans son idée de constituer un bloc qui bouleverserait le jeu politique ? Impossible à dire. En tout cas, il tiqua des lèvres lorsque Niklaus annonça qu’il en parlerait à son père.

« Je comprend, oui, je comprend…
Écoutez, je compte hiverner, au moins une partie, ici sur place, pour continuer mon projet. Je loue une chambre dans un hôtel de l’Oudgelwijk, Le Sophiste… Vous pourriez vous adresser à la réception pour que nous puissions organiser un dîner ensemble, ou avec votre père, un jour où nous serions tous deux disponibles. »


Il conclut la discussion en tapant l’épaule de Niklaus, avant de lui aussi retourner dans le grand hall du Burgerhof, et retrouver sa place dans les bancs de l’opposition, à la gauche de l’Orateur.


Les esprits semblaient s’être apaisés, après s’être dégourdis les jambes le long de l’atrium, ou profité du froid mordant de dehors pour aller fumer du tabac du Moot. Un léger brouhaha se calma alors que Nieut retrouvait son cathèdre et toussota pour reprendre le cours des travaux :

« Honorables collègues, je me dois de faire un rappel au règlement ; Il n’est pas tolérable, dans notre débat démocratique, de faire du sensationnel. Ici n’est pas un lieu de disputes de tribuns, ici, nous ne tolérons ni les quolibets, ni les invectives, ni que quelqu’un prenne la parole sans qu’elle lui aie été donnée par l’Orateur. Nous sommes dans une Assemblée du Peuple, qui parle sous les auspices des Dieux. En cette dernière séance, alors que nous accueillons de vénérables et gracieux spectateurs des nations du monde, vous offrez à Marienburg une bien piètre image de sa vie politique, qui est à jamais courtoise, prudente et élégante. En tant que mandataires du peuple Marienbourgeois, vous avez des obligations, et représentez Marienburg elle-même. Je vous demande de garder cela à l’esprit pour le reste de cette séance. »

Les députés se taisaient tous en regardant tout droit l’Orateur les engueuler comme des enfants. Il y avait une hypocrisie certaine de sa part ; Nieut Gyngrijk était un démagogue, qui devait toute la réussite de sa carrière politique à son grand talent pour la mauvaise foi et les artifices lors des débats. Mais voilà, les politiciens faisaient partie de cette race étrange, capable de reprocher aux autres ce qu’ils faisaient eux-même avant d’être élus, ou bien à l’inverse ce qu’ils feront une fois bien en place avec un mandat.

« À présent, si les esprits sont apaisés, la parole est maintenant au Très Honorable Jaan van de Kuypers, président de la Commission des Contremaîtres du Commerce. »

L’homme le plus riche du Vieux Monde se leva. Il dépassa un Karl den Euwe tout pâle et avachi dans son siège, fatigué par l’exercice qu’il avait dû vivre avant la pause. Son « collègue » était loin d’éprouver la même sensibilité. Tout au contraire. Il se leva bien fièrement, marcha tout droit d’un pas décidé vers le siège de l’intervenant, sous la tribune de l’Orateur, posa quelques fiches, fit un petit mouvement du doigt pour qu’un huissier lui amène un verre d’eau, et se dégagea la gorge avant de commencer son discours.

Absolument personne dans tout le bâtiment n’était dupe. S’il fallait désigner un maître à Marienburg, il fallait tendre le doigt vers lui. Et pourtant, Jaan van de Kuypers avait toujours évité les titres. Il n’avait toujours occupé que des postes en apparence très mineurs, éloignés des honneurs protocolaires ; Il avait été tour à tour Chambellan du Palais, ou bien Voyer général, ou encore Chargé de mission diplomatique plénipotentiaire. Il était une anguille qui n’avait que trop vite compris que se mettre en avant, c’était s’exposer. Aujourd’hui, il possédait une flotte composée d’une douzaine de galions de guerre, entretenait une milice constituée d’un demi-millier de militaires, et avait une déclaration de patrimoine qui reposait sur dix-huit pages. Il pourrait rincer Marienburg tout entier – et c’est ce qu’il fait, d’ailleurs. Et pourtant, on ne verra jamais Jaan van de Kuypers convoiter le siège de Stathouder. On ne le prendra jamais à épouser une Reine étrangère, pas plus qu’il ne voudra des titres exceptionnels afin de devenir Prince. Non. Il n’était que « président de la Commission des Contremaîtres ». Et seul le plus demeuré des hommes n’aurait pas comprit que ce titre si peu ronflant était en vérité celui qui concentrait le pouvoir.
Il pouvait remercier Haendryk ; Il y avait beaucoup de demeurés dans cette ville.

« Honorables collègues. Mon exposé sera plutôt bref, car les détails de tout ce qui a été réalisé au cours de cette session parlementaire seront rendus publics et pourront être partagés et commentés par voie de presse – comme vous le savez depuis que j’ai obtenu la confiance de cette chambre, tous mes rapports sont toujours publics, car je me félicite tant de la transparence de notre commission que de la probité de nos fonctionnaires.
Lorsque, l’année dernière, je me suis présenté à cette chambre, j’ai répété que trois projets guideraient mes actions : Tout d’abord, assurer la stabilité des prix en luttant contre la spéculation. Ensuite, soutenir l’économie de la République en soulageant la vie des producteurs de la campagne. Enfin, tout faire pour lutter contre la fraude fiscale.
La constitution de sous-commissions au contrôle des entrepôts de Marienburg a généralement plutôt bien servi à remplir le premier objectif. Pour éviter une envolée des prix de la Bourse qui pourraient se répercuter de façon fort néfaste sur le bon peuple de Marienburg, nos sous-commissions gardent constamment du bon blé, de l’orge, du sel, et de la laine qui peuvent être librement déposés sur le marché, en plus de liquidités, en cas de crise. Ces achats ont été coûteux, mais c’est un coût nécessaire pour assurer la tranquillité de nos citoyens.
Le second objectif a été atteint par une baisse significative de la gabelle du sel qui écrasait trop durement nos paludiers le long des côtes. Cela a permit à notre sel d’excellente qualité d’être peu onéreux, et de servir de véritable valeur sûre non seulement pour nos armateurs, mais également pour les armateurs étrangers ; En plus de cela, la constitution d’entrepôts municipaux de sel et de laine a permit d’assurer des débouchés stables aux éleveurs de moutons et aux paludiers de l’arrière-pays, leur permettant enfin de ne plus souffrir des prix pratiqués au Suiddock, et nous éviter de lutter contre la concurrence étrangère. De nombreux efforts restent à faire, et je souhaite les continuer, mais je pense que nous avons ici trouvé une véritable arme contre la laine de Gasconnie et le sel du Nordland qui nous concurrençaient.
Le troisième et dernier objectif a été accompli par de nouvelles dotations et crédits accordés au Secrétariat de la Concurrence. Cette année, la Garde du Fleuve a inauguré une toute nouvelle galère pour remonter le long du Rijk, et deux autres sont actuellement en construction dans nos arsenaux afin de patrouiller les côtes du Jutonesryk et lutter face aux contrebandiers. Ces efforts ont permit d’assurer du travail à nos arsenaux, ainsi que d’embaucher quarante nouveaux gardes parmi la population – un coût très certain, mais qui nous a permit de véritablement verrouiller nos côtes. Effort qui a été remboursé en certaine partie par les amendes et les saisies d’avoirs aux contrebandiers.

Prospérité, sécurité, efficacité ; Tels sont les mots qui résument l’œuvre des collecteurs d’impôts et des agents du fisc qui travaillent d’arrache-pied pour permettre à notre cité de resplendir. J’aimerais que cette assemblée applaudisse chaleureusement ces agents, trop souvent critiqués et décriés par le quidam, qui ne se rend pas compte des fiers services qu’ils rendent tous les jours, malgré l’ingratitude, à la société. Il nous faut les remercier. »


Et comme il l’eut commandé, quelques applaudissement se firent entendre. Pas véritablement chaleureux, et plus obligés qu’autre chose : Les gens n’aiment pas, en règle générale, applaudir les collecteurs d’impôts.

Gerard profita des applaudissements pour chuchoter quelque chose à l’oreille de Niklaus :

« C’est vrai que les réformes de Kuypers ont pas mal aidé les salines de ta maman. Faudra au moins lui reconnaître ça.
– La parole est à l’honorable Thijs van Onderzoeker, député de la 1ère circonscription du Guilderveld, et Directeur. »
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Connaissance :
Jet : 7, réussite.
Qui d’autre qu’un Directeur pour répondre à Jaan van de Kuypers lui-même ? À vingt-sept ans, Thijs était le plus jeune des Dix. Il ne devait sa place qu’à son héritage. Son père, Rembrand, était mort noyé après avoir consommé trop de Lotus Noir, cette drogue qui faisait fureur dans les salons mondains de la ville. Thijs lui-même n’était ni prudent, ni avisé. Sa famille était en ruine, sa compagnie hypothéquant tour à tour nombre de ses biens, et même pire, de ses navires. Il avait des soucis de dettes qui n’auguraient rien de bon pour son avenir. Les Onderzoeker ne seraient pas la première famille à devoir quitter le Directoire.
Duel de politiciens.
CHAR Thijs : 12
Jet : 10, réussite de 2.
CHAR Kuypers : 18
Jet : 8, réussite de 10.
« Très cher président, vos efforts ont été en effet très appuyés, poussés, nous pourrions même dire. Vous avez toujours eu à cœur de lutter contre les hausses des prix, c’est certain, mais il aurait été peut-être bienheureux d’appliquer cette maxime à vous-même.
Depuis que vous êtes président de la Commission des Contremaîtres, le budget de cette commission s’est envolé. En quatre années, vous êtes parvenu à augmenter de deux tiers les sommes qui étaient autrefois accordées à vos prédécesseurs. Alors même que vous vous vantez d’avoir abaissé les gabelles et de ne jamais avoir touché à l’octroi du centième – qui est l’octroi le plus bas de tous les ports du Vieux Monde, vous ignorez que la charge de votre garde fiscale, ainsi que de vos entrepôts qui servent à faire de la thésaurisation communale, revient à la cité. Alors même que vous vous vantez de votre prudence fiscale, la vérité est que vous avez absorbé l’essentiel des autres augmentations d’impôts qui ont été votées dans cette assemblée. Ce n’est peut-être pas vous qui tuez la bête, mais honorable président, c’est vous qui la mangez ! »


Jaan van de Kuypers ricana un peu devant la verve du jeune coq, dont le ton se faisait de plus en plus véhément, sous quelques approbations audibles émergeant de son camp.

« Vous dites fièrement que ces entrepôts sont un bénéfice pour la ville ; Mais en vérité, ils ne font rien de plus que garder pour eux du grain qui devrait être soumis aux lois du marché. Ces pratiques portent atteinte à la liberté du commerce que vous avez le devoir de défendre en tant que Contremaître-Général. Ces pratiques sont, de plus, fort dispendieuses, et je dois également dire, fort inutiles. Nous vivons dans une ère d’abondance, et enfermer de la matière dans des entrepôts communaux que vous contrôlez, que vos amis élus à la tête des sous-commissions contrôlent, ne sert ironiquement qu’à augmenter les prix, puisque vous libérez le grain et la laine uniquement lorsque vous le souhaitez.
– Quelle est votre question, honorable directeur ? »

Des despotiques ricanèrent. Des discrétionnaires se plaignirent.

« Monsieur le président, ma question sera fort simple : Quels critères comptez-vous imposer pour déterminer que les stocks des entrepôts communaux doivent être mis sur le marché ? »

Thijs se rassit, tandis que Jaan van de Kuypers se remit debout, les mains dans le dos, l’air débonnaire et sympathique.

« Honorable Directeur, vous n’aurez pas échappé au fait que Marienburg est construite sur un marais, et que nous n’avons pas la possibilité d’assurer une indépendance alimentaire constante. Je comprend vos accusations ; Elles sont fort malavisées. Vous vous plaignez des augmentations d’impôts et de l’augmentation de la part dans le budget de ma commission ; Mais elles n’ont jamais été faites dans le dos du peuple Marienbourgeois. Il a toujours été le projet de notre parti, depuis quatre ans maintenant, d’augmenter la puissance de la cité et de l’administration. La contrepartie est notre transparence totale et absolue, pour cela que n’importe quel administré de Marienburg est invité à venir observer nos comptes, et les commenter dans le respect du débat démocratique, comme vous le faites si bien actuellement, honorable collègue. »

Il y eut quelques rires venant du camp despotique. Jaan van de Kuypers se tourna subitement et gronda.

« Non, non je n’étais pas sarcastique ; Je suis très sérieux. Je suis heureux d’entendre que des gens posent des questions sur mon action. C’est la preuve que notre démocratie n’est pas une tyrannie camouflée, mais que chaque homme prudent a le droit à la parole.
Les entrepôts communaux appartiennent au peuple, pas à moi, pas aux présidents de sous-commissions – qui ne sont d’ailleurs pas imposés selon mon bon vouloir, mais qui sont toujours eux aussi élus et contrôlés par le Burgerhof, il est bien triste d’entendre des accusations de votre part. Leurs stocks sont stratégiques, ils ne jouent pas sur les prix, mais cherchent à les contrôler en cas de panique, en cas de problème de débouché, ce n’est pas une atteinte au libre-marché, c’est une réponse à ses failles. Une réponse qui permet de ménager tout le monde, car elle n’atteint pas aux libertés des capitaines d’industrie. Vous me demandez quels sont les critères, ils sont simples : Je ne permettrai pas, en tant que président, aux prix de la Bourse du Suiddock de s’envoler sous aucun prétexte. Le boisseau de blé ne dépassera jamais les deux guilders, la laine n’atteindra jamais le prix du guilder la livre, des excès réels que les chroniqueurs ont pu rapporter dans notre Histoire mouvementée.
C’est un filet de sécurité que nous mettons en place. Il a un coût, comme toute œuvre a un coût. Mais je sais, je sais, ce n’est pas quelque chose de populaire ; Les précautions ne sont jamais populaires, je l’admet, car ce n’est pas la popularité que je recherche honorable Directeur, ce que je souhaite, c’est avant tout servir la cité. S’il n’y a jamais, jamais de panique, d’épidémie, d’incendie, de siège militaire, alors, c’est que les Dieux sont avec nous, et j’aurai tort ; Mais s’il y avait un seul d’ennui de ce genre, alors, la population de Marienburg pourrait être heureuse d’avoir quelques mois de grain, de sel et de laine pour que ses activités ne soient pas perturbées. »


Il y avait tout de même quelque chose de sacrément éhonté à entendre l’homme le plus riche du monde répéter qu’il n’était qu’un humble serviteur.
Et cela avait marché. Thijs ne se débrouillait vraiment pas trop mal pour un jeune garçon endetté, mais cela se voyait qu’il ne jouait pas dans la même cour que Kuypers. Il essaya de répondre quelque chose, mais se contenta de quelques questions très procédurales, terre-à-terre, auxquelles Kuypers répondit avec un bon air, sans afficher la moindre hypocrisie ou verve ; Il traitait vraiment Thijs comme un égal, sans condescendance. Ce qui, en fait, était le moyen le plus certain d’enfoncer le clou.

Quand il eut terminé, il quitta la tribune, et on put passer au prochain président.

« La parole est à Maximilian Rothemuur, président de la commission de la Sûreté Publique. »
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Bonus : Figure connue (+4)
Jet : 2, réussite
À 66 ans, Rothemuur faisait bien plus son âge que den Euwe. Cheveux gris mi-longs, barbe bien taillée, des yeux bleus plutôt doux, il avait une physionomie plutôt agréable et un air avenant qui lui convenaient plutôt bien. C’était un patricien sans histoires ni scandales, à la tête d’une riche famille qui tirait sa richesse du commerce avec l’Arabie ainsi que les Elfes, sa maison profitant de passes-droits auprès d’Ulthuan pour importer des ressources du Nouveau Monde. Il n’y avait pas grand-chose à savoir sur lui, excepté que c’était un chef d’entreprise avisé, un très bon négociateur, et surtout, qu’il avait une phobie panique de l’eau, ce qui était le comble pour un Marienbourgeois.
Rothemuur avait été le dernier des grands à avoir rejoint la collusion de Kuypers, après vingt ans de bons et loyaux services au sein du camp discrétionnaire. Niklaus se souvenait très bien de Maximillian : Il avait passé de nombreuses soirées dans l’hôtel familial de l’Ostmuur, à arranger avec lui le placement avisé de candidats pour des circonscriptions, ou bien pour rédiger des discours autour de bon vin. Tout gamin, Niklaus avait déjà joué avec ses enfants, et un moment, Hans imaginait même qu’il était possible de faire un mariage avec l’une de ses filles, la jolie Nees. Plus que des collègues, ils semblaient être de véritables amis.
Rothemuur n’avait pas trahi par intérêt. Il n’avait pas rejoint Kuypers juste pour le gain politique, ou parce qu’il sentait le vent tourner. Il avait trahit pour une raison bien plus ridicule et terre-à-terre. Puisqu’il était veuf, il avait une fois profité d’une séance ouverte du Directoire pour sous-entendre à Clotilde de Roelef, le cœur en bouche, qu’ils pourraient se marier pour renforcer leurs camps respectifs. Et alors, devant quelques curieux et tous les autres Directeurs, Clotilde se mit à mourir de rire. À rire tellement fort et tellement longtemps qu’elle s’étouffa presque tout en pleurant, tandis que Maximilian restait là, rouge de honte. Depuis, tout ce qui le motivait encore était uniquement la destruction toute entière de la maison Roelef.
Il était un tantinet rancunier.

« Honorables collègues, bonjour à tous. Je serai bref, car j’ai toujours apprécié la brièveté. La condition de la prospérité, c’est l’ordre et la morale. Ordre et morale, ma devise ; Lorsque j’irai voir Morr et qu’il sera l’heure pour son épouse Verena de me juger, j’ose espérer que la Déesse pourra louer ce service que j’ai toujours eu à cœur de lui rendre.
En tant que président de la commission à la sûreté publique, il a été de mon devoir de lutter contre quelques fléaux qui avaient commencé à s’installer sous mes prédécesseurs. Deux maux principaux gangrènent l’honneur et la prudence de notre cité : Le proxénétisme et le trafic de stupéfiants. La réponse qui a été adressée à ces crimes fut la constitution d’une nouvelle troupe d’officiers d’un genre nouveau, ceux que la honteuse presse avide de polémiques a surnommé les Porchers. »


Maximilian Rothemuur était un puritain convaincu. Il y avait à Marienburg quantité d’hypocrites qui dénonçaient la drogue et les femmes de mauvaises vertus avant de passer leurs soirées libertines à en commander. Maximilian n’était pas de cette espèce ; Il répugnait véritablement, et avec force, la façon dont Marienburg était devenue la cité la plus dévoyée du Vieux Monde. Lorsqu’il avait négocié avec Kuypers pour intégrer sa Collusion, la condition qu’il avait imposé était d’avoir les mains libres et une augmentation de budget pour gérer la Sûreté Publique.
L’ordre à Marienburg est à l’imagine du reste de la ville : Locale et politique. La seule force de police avec une grande juridiction est la Garde du Fleuve, les agents du fisc, qui se contentent de lutter contre la contrebande fluviale et maritime. Les Coiffes Noires, les véritables vigiles, sont séparés en dizaines de casernes, avec des capitaines élus par les comités de quartiers. Si les Coiffes Noires sont des gardes efficaces pour maintenir l’ordre, leur nombre et leurs prérogatives n’est proportionnelle qu’à leur budget, ils manquent de coordinations entre eux, et ils sont minés par la corruption. Pour anéantir les trafics et casser la criminalité organisée de Marienburg, Rothemurr avait besoin de se reposer sur autre chose.
C’est ainsi qu’il fonda une nouvelle unité de police, avec son budget propre, le Peloton Communal de Répression de la Briganderie, un petit groupe sélect d’enquêteurs avec une juridiction s’étendant à tous les quartiers, et pouvant librement intervenir sans se soucier des limites des casernes. Ils eurent des locaux flambants neufs, dans une vieille porcherie désaffectée du Suiddock ; À cause de ça, la presse s’amusait à les appeler les Porchers, ou bien on les surnommait « les truies », et on disait qu’ils « mettaient leurs groins partout ». Le PCRB n’était qu’un groupe d’une trentaine d’agents, aux profils de recrutement très variés : Ex-coiffes noires, ex-miliciens, ex-aventuriers étrangers, parfois même quelques anciens truands sortis de l’Île de Rijker en échange d’un emploi. Leur capitaine lui-même était un ex-patrouilleur impérial, Sigmarite avoué, qui attirait donc facilement toutes les critiques et les remises en question de l’existence de telle troupe. Quatre ans qu’ils existaient, et quatre ans que nombre de députés, y compris du camp despotique, demandaient à ce qu’on les supprimes.
Et pourtant, il y a trois mois, ils avaient été capables de faire ce que les Coiffes Noires n’avaient pas réussi à faire en quinze ans d’existence : Ils ont mit en cage un des grands chefs de la Ligue Criminelle, prouvant aux bandits contrôlant les trafics qu’ils avaient finalement des raisons de s’inquiéter.

« Mes Porchers ont été critiqués, humiliés, et moqués. Mais les résultats sont là, qu’importe à quel point ils sont décriés, qu’importe que quelques-uns s’émeuvent de leurs méthodes plus vives et agressives que celles qui avaient été autrefois utilisées face à la Ligue des Gentilshommes.
Enfin, nous disposons d’une arme véritablement efficace face à tous les trafics qui ont lieu dans les bas-fonds de notre cité. Enfin, nous avons pour nous une force qui luttera contre la traître d’êtres humains, et l’importation des drogues qui ruinent notre jeunesse.
Dès la prochaine session parlementaire, je demanderai au Burgerhof de décorer les agents du Peloton, en récompense de leurs services envers la cité. »


Les applaudissements furent encore moins encouragés que ceux que Kuypers avait demandé pour ses collecteurs du fisc. Le projet de Rothemurr était de vider les bordels et mettre fin aux fumeries d’opium, il était donc logique que sa popularité auprès des jouisseurs et des puissants ne soit franchement pas élevée. L’originalité de Rothemuur est qu’il était en règle générale détesté par les électeurs masculins, quelle que soient leurs classes sociales ; Mais il faisait un carton auprès des femmes, notamment des mères de famille. Et comme elles avaient aujourd’hui le droit de vote équitable, c’était une force à ne pas sous-estimer.

« La parole est à Haam Markvalt, député représentant les confréries d’étudiants. »
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Jet : 16, échec.
« Tiens, c’est pas un ami d’Evelyne celui-là ? »

Le jeune homme qui se levait des sièges neutres, non loin du Directeur van den Nijmenk, était en effet un visage connu de Niklaus. Étudiant à la faculté Baron Henryk, où Evelyne avait fait ses études avant de devenir une sœur confirmée de Verena, il avait eu l’occasion de le voir passer du temps avec sa sœur. Mais aucun autre détail ne semblait surgir. Il devait être un étudiant comme un autre, qui on-ne-sait-trop comment avait atteint le seul siège qui était réservé aux jeunes de l’Université.

« Très honorable Directeur, il est bienvenue de votre part promouvoir devant tout le monde l’Ordre et la Morale. Il y aurait tant à dire sur ces mots dont vous souhaitez ainsi vous parer, mais je ne vous causerai pas le déplaisir de disserter. Non, vous dites être bref, alors, il suffit de regarder votre bilan pour émettre une opinion.
En réalité, je crois, très honorable directeur, que l’ordre et la morale que vous mettez en avant sont bien ceux de votre monde, ceux dont vous pouvez vous vanter depuis votre cathèdre. L’ordre, c’est votre ordre tranquille et inviolable, celui derrière lequel vous vous cachez ; Vous n’êtes pas en colère du désordre, du moment qu’il est causé par les truands que vous rincez vous-même. Car c’est bien là la vraie différence entre les Coiffes Noires et les bandits des rues : Leur chapeau ! »

Des rangs des despotiques, on entendit des cris et des insultes. Nieut rugit à nouveau, contre son propre camp cette fois :

« De l’ordre ! Gardez de l’ordre !
– De plus… De plus…
– Silence, de l’ordre !
– De plus, vous ne vous drapez que de la morale qui vous intéresse ; La morale, c’est aussi, très honorable directeur, l’empathie et le service envers vos concitoyens.
Au cours de cette année, j’ai eu à rapporter à votre commission plus d’une dizaine d’affaire d’étudiants qui ont été molestés lors de contrôles de routines par des Coiffes Noires. Aucune de ces plaintes n’a été suivie de quelconque rappel à l’ordre. Les Coiffes Noires se protègent entre elles et couvrent leurs collègues véreux. Ce ne sont pas quelques pommes pourries qui sont responsables des violences policières, mais bien tout un système institutionnel qui s’est mit en place contre le peuple Marienbourgeois !
Très honorable directeur, quelles mesures avez-vous prises contre les violences policières cette année ? C’est sur ces chiffres que je souhaite avoir des précisions. »


Rothemuur bondit tout haut, et répondit avant même que Markvalt eut le temps de se rasseoir.

« Je ne tolérerai pas vos propos proprement diffamatoires, jeune homme.
– Jeune homme ?
– Diffamatoires. Diffamatoires, et déshonorants, envers le corps des-
– Jeune homme ? Je ne suis pas un jeune homme, je suis un honorable-
– Le corps des Gardes et Lampistes, qui sont le terreau de notre liberté !
– Je suis un honorable député. Vous me devez le respect qu’on doit à un représentant du peuple.
– Il n’y a pas de violences policières ! Dire cela c’est porter atteinte à l’honneur de nos forces de l’ordre !
– Ce sont les Coiffes Noires qui se déshonorent elles-mêmes, très honorable Directeur.
– Laissez-moi parler, je vous prie !
– Monsieur l’Orateur je demande un rappel au règlement à cause de la manière avec laquelle le Très Honorable s’est adressé à moi.
– Je rappelle le très honorable Directeur au règlement.
– Je n’ai pas l’habitude de présenter des excuses et je n’en présenterai pas aujourd’hui ! Vous pouvez faire vos diatribes autant que vous voulez, honorable jeune homme, la vérité est que c’est facile de critiquer les Coiffes Noires quand on est un étudiant qui ne travaille pas et qui n’a que ça à faire, écrire des discours !
– J’ai un confrère étudiant qui a dû arrêter ses études après avoir eut la mâchoire brisée par vos truands !
– Eh bien il n’avait qu’à pas troubler l’ordre ! Prouvez qu’il n’a pas troublé l’ordre !
– Honorables collègues, du calme s’il vous plaît, je-
– La charge de la preuve ne revient pas à la victime ! On ne peut pas et se faire tabasser, et devoir prouver qu’on n’a pas mérité de se faire tabasser !
– Je connais bien vos étudiants Markvalt, hein, je dis ça, je les connais bien ! On ne vous voit pas pleurer pour les commerçants et les restaurateurs qui ne peuvent plus travailler chaque fois que vous battez le pavé !
– Mais elles travaillent bien vos Coiffes Noires !
– Elles travaillent bien !
– Vous dormez bien la nuit en sachant que des jeunes hommes se font massacrer par vos brutes épaisses à coup de matraques ?
– Sur mes deux oreilles ! »

Nieut n’en pouvait plus. Le pauvre Orateur souffla dans son siège et se frotta les sourcils, sa voix fatiguée de devoir ramener constamment l’ordre. En un instant, le calme qui était revenu se déchaînait à nouveau. Et partout sur les bancs il y eut un brouhaha impitoyable.
Gerard, à cause de Niklaus, souffla.

« Une véritable brute, ce Rothemuur. Je trouve que Markvalt a raison.
Hm, c’est marrant… Ton père connaissait bien Rothemuur, ta sœur connaît Markvalt. Tu pourrais choisir aisément de rencontrer l’un ou l’autre. »


Nieut cria, appela tout le monde à se taire, et à nouveau, comme s’il était responsable d’une maternelle, dût faire un long discours pour calmer les esprits et rappeler à tout le monde les règles de conduite et de procédure au sein du Burgerhof.
La tension avait à nouveau monté d’un cran. On en était pas encore à la bagarre, mais le débat sur les manifestations étudiantes plutôt régulières avait la méchante tendance à crisper l’opinion publique.

« La parole est à Wessel van Schledt, vice-président de la commission à la Défense. »
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Le cinquième et dernier des directeurs collusionaires se leva, avec, il est vrai, beaucoup moins de vigueur et de vivacité que ses collègues. C’était en fait assez normal, vu son âge vénérable ; À l’âge de quatre-vingt-ans, il était le plus âgé des Dix. Le plus franchement impopulaire aussi ; Chacun des directeurs avait au moins une assise qui lui vouait une certaine sympathie, au moins un camp, une guilde ou une classe sociale qui l’appréciait. Pas Wessel. Ce vieux salopard vieillissant avait construit sa richesse en servant d’usurier à la moitié des pêcheurs du Suiddock. Il avait subit une tentative d’assassinat, et depuis, il avait entouré sa maison de mercenaires et de chiens de garde, et transformé son hôtel particulier en véritable château fortifié. Paranoïaque, de mauvaise santé, il ne quittait quasiment jamais sa résidence. La présidence de sa commission était un faux titre, qu’on ne lui avait accordé que pour avoir son vote et son argent ; Tout le travail de la commission était en réalité l’œuvre d’adjoints qui se répartissaient le travail.

« Honorables députés. Je viens présenter à vous les travaux de la commission à la Défense. »

Sa petite voix était chevrotante et à peine audible. En même temps, contrairement à Karl den Euwe, il ne semblait pas mal à l’aise. Juste pressé de partir de la tribune pour rentrer chez lui.

« L’essentiel du travail de la commission à la Défense a consisté en la rénovation des navires de guerre qui ont été endommagés il y a quatre ans par les forces chaotiques. Des crédits d’impôts ont été votés pour encourager la reconstruction des vaisseaux privés servant à la guerre. L’entretien des forts et des bandes militaires gardant le pays a continué comme avant.
Je vous remercie. »


Et il se rassit devant un Burgerhof silencieux. Son intervention avait été plus que courte : Il n’en avait strictement rien à foutre de devoir défendre un bilan. Nieut regarda au-dessous de lui :

« Heu, c’est… Vous avez ?…
Heu, d’accord… La parole est donc à…
Maerten de Vos, député du 1er canton du Kleinland. »

Maerten, avait qui Niklaus avait partagé un cognac, se leva de son banc. Contrairement à Wessel, lui semblait en pleine force de l’âge. Il posa ses mains sur son mantel, et se mit à tonner avec sa voix de fauve, théâtralement :

 « Quelle tragédie, honorables collègues, quelle tragédie… Quelle tragédie que la Défense de notre nation soit si peu importante aux yeux des gens qui nous dirigent ! Quelle tragédie, et quel danger ; Nous avons un prud’homme comme l’honorable directeur Jaan van de Kuypers, qui vous parle des efforts qu’il fait pour prévenir des pénuries et des troubles économiques. C’est aujourd’hui la seule chose qui intéresse le gouvernement – L’argent. L’argent et le commerce.
Mais notre Nation ne s’est pas bâtie uniquement sur l’or. Elle ne s’est pas constituée uniquement au service des puissants, oh non, honorables collègues. Notre République n’est pas qu’une Nation de marchands, même si on l’oublie trop souvent. Notre République s’est constituée par les philosophes, par les idées Tiléennes. Et elle s’est constituée dans le sang. Dans le sang des justes et des courageux. Dans le sang des héros et des simples citoyens qui, derrière la hallebarde et le mousquet, ont réussit à repousser les hordes Sigmarites qui souhaitaient nous enchaîner pour nous forcer à plier le genou devant le premier baron rapace venu.
Et pourtant, aujourd’hui, c’est bien aux mains d’autres rapaces que l’on nous jette. Honorables députés, puisque son excellence Wessel ne souhaite pas faire de bilan, moi, je vais vous en faire un, de bilan !

– Ce n’est pas une tribune, député Maerten. Vous êtes censé poser une question.
 – Les Landes Amères sont totalement laissées à l’abandon ! La soldatesque Tiléenne payée chèrement par le labeur du bon Marienbourgeois est aussi oisive que couarde, et cesse depuis bien longtemps de monter la moindre opération contre les peaux-vertes. À l’inverse, là où Ulric n’a trouvé chez nous que des oies, il a réussi à trouver des aigles chez notre voisin, et alors que notre jeunesse perd depuis longtemps la force et la vigueur de ses aînés, des chevaliers errants pleins de vie de Bretonnie franchissent la frontière, migrent avec force et traitent le sol qui a toujours parlé Jutones afin de s’approprier de force ce qui nous revient de droit ! Personne ne leur barre la frontière, et ni marine, ni compagnie ne se tient devant pour leur barrer la route !
Non, nos ennemis qui nous envahissent ne sont pas menacés, ils ne subissent pas la moindre discourtoisie ! Nous les invitons même dans le Palais du Peuple, et les traitons comme des alliés de notre cause ! »


Et ayant dit cela, il pointa du doigt la tribune des spectateurs, en haut du Burgerhof. Tout le monde suivit la trajectoire de son index pour y voir l’ambassadeur Arnaud d’Aigneux, juste à côté d’un autre noble richement vêtu.
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« Honorables députés, je vous présente le comte Adalbert de la Marche. Il est étonnant de le voir ici en début de l’hiver ! Il doit sûrement rendre visite à notre illustre République avant de passer la saison à la cour du Roy Louen, à Couronne !
Honorables députés, retenez bien ce visage, car c’est lui qui menace aujourd’hui la sûreté de notre nation. C’est lui qui porte atteinte au Royaume de Marius, et crache sur nos ancêtres ! »


Le-dit Adalbert de la Marche tenta de se lever de son siège. Mais Arnaud d’Aigneux, l’ambassadeur, lui serra la main et le força à rester assis, avant d’apparemment l’engueuler en lui disant quelque chose à voix basse.

« Député de Vos, je vous avais prévenu. Veuillez immédiatement quitter cette chambre !
– Je suis obligé de telle mesure, monsieur l’Orateur ; Je suis obligé de manquer de respect à la tradition, car se tient devant nous un ennemi du peuple ! Un ennemi de la Nation ! Un tyran et despote ! »

Le brouhaha devint général, à présent. Et les inquiétudes semblaient traverser tous les bancs.

« Le comte de la Marche n’a aucun autre projet que celui de nous envahir ! Et pourtant, il a encore droit de cité ! Il se permet de venir ici, de nous-
– Il suffit, huissiers, veuillez immédiatement expulser le député Maerten !
Je répète, ceci est une séance de questions, il n’y aura aucun vote, ni aucun débat autre que sur le travail des commissions !

– C’est un débat sur le travail d’une commission c’est-
– Sortez-le ! »

Quelques Gardes d’Honneur s’étaient approchés des bancs discrétionnaires. Maerten affichait sur ses lèvres un petit sourire satisfait tandis que tout le monde se mettait à parler avec inquiétude à voix haute. Il ne força pas les sergents à le tirer de force ou à le menotter, ce qui aurait été sûrement un esclandre beaucoup trop humiliant. Mais voilà, il avait dit ce qu’il avait à dire, aussi, il descendit des bancs et, escorté par deux gardes en tenue de cérémonie, hallebarde à l’épaule, il quitta le Burgerhof en grandes pompes.
Il venait de voler la vedette à Niklaus ; En comparaison de ce qu’il venait de faire, plus personne ne parlerait de Karl den Euwe.

En comparaison avec ce scandale, le rapport de la commission à la santé publique fut bien plus poli, et moins intéressant. La grande-prêtresse de Shallya parla du manque de moyens, des pauvres qu’elle avait sauvé et des travaux qu’elle recommandait pour améliorer la salubrité des rues, projet qu’elle comptait mettre en œuvre avec Arkat Fooger. Cette commission était certainement la plus utile au Marienbourgeois moyen, et en même temps, celle qui générait le moins de polémiques inutiles et mal placées.

Au moins, le calvaire était enfin terminé. Après le traditionnel levé de séance, tout le monde se leva pour entendre un chœur d’enfants réciter l’hymne de Marienburg. Et enfin, tout le monde était libéré.

Gerard accompagna Niklaus dehors, dans le froid. La neige avait cessé de tomber, mais maintenant, elle tenait bien au sol. Lucas attendait sur le parvis, et il tendit à Niklaus un lourd manteau pour se réchauffer.

« Sacrée séance en tout cas !
Tu as prévu quelque chose pour déjeuner ? Je comptais aller manger un morceau. On peut peut-être inviter quelqu’un ? »


Lucas se pinça les lèvres.

« Signor, n’oubliez pas votre rendez-vous.
– Ah oui, c’est vrai, tu dois être occupé Niklaus… Bon, si c’est urgent je te laisse tranquille ! Mais il faudra qu’on se revoie un moment.
Tiens, pourquoi pas ce soir ! On pourrait aller au Chat Noir ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Niklaus Hanshel] Je maintiendrai

Message par Niklaus Hänshel »

"Je ne manquerai pas de vous donner rapidement des nouvelles et ainsi partager une vision du futur que nous semblons partager pour le bien de notre peuple. Portez-vous bien honorable collègue."

Une réponse, une adresse donnée, une invitation, un dernier regard avant une poignée de mains, la discussion pris fin mettant également un terme à la pause de vingt minutes décidé par le Stathouder. L'esprit occupé par les dires de l'homme je regagne la place qui est mienne au côté d'un Gerard déjà installé.

"Je viens de discuter avec De Vos tu le connais ?"
Dis-je à voix basse profitant que les gens finissent de prendre place.
"Un homme intéressant si il en est bien que je ne sache guère si je peux me fier à lui. Un noble mécontent que les Bretonniens s'invitent à sa table, en même temps ces parangons de vertus semblent prendre quelque peur leurs aises d'après ses propres dires."

Mon blondinet cousin ne semble pas connaître l'homme plus que moi, dommage il reste un inconnu sur qui il va me falloir me renseigner avant toute décision, une tâche de plus qui vient s'additionner aux nombreuses que j'ai déjà à remplir. Ma vie est difficile, n'est-ce pas ?

Notre échange prend rapidement fin, après un bref rappel de quelques règles élémentaires c'est au tour de Kuypers de s'avancer.

Que dire ... rien ... l'écouter et apprendre. Un homme que j'admire autant que je peux le haïr, un homme comme le vieux monde en compte peu, j'en sais foutre rien et pourtant j'en suis presque certain. Ecoutez-le ... ouvrez juste vos oreilles et vous comprendrez. Bien entendu que nous pourrions débattre des heures durant sur son bilan, nous positionnant à ses côtés ou pas, mais franchement n'a t-il pas la manière de vous faire bouffer votre propres étrons tout en vous convaincant que ceux-ci ne sont pas si mauvais ? Il maîtrise le verbe, le rythme, son environnement, la foule, rien n'est laissé au hasard dans la gestuelle et le phrasé. Je suis amoureux ... non... bien entendu... a-d-m-i-r-a-t-i-f je le répète.

Je me retiens presque d'applaudir, pas pour faire une courbette en lui présentant mon séant libre à loisir comme beaucoup d'autres pratiquent cette saine activité, non juste pour les frissons qu'il me donne à l'entendre.

"De ... de quoi ? Les salines ... oui oui ... je lui reconnais ça c'est certain. Ha bin tient quelqu'un tente visiblement sa chance, Onderzoeker. Si tu veux mon avis il a tout intérêt à faire attention, certains gros poissons aimeraient bien bouffer un requin sur le point de couler."

Si l'outsider ne se débrouille pas si mal dans les minutes qui suivent, reste que le champion toutes catégories est indétrônable. Le vieux renard en vient même à houspiller son propre camp pour faire bonne figure laissant le jeune coq se perdre malheureusement en formules qui ne changeront rien au résultat. Mes muscles se relâchent à la fin de l'échange, j'ose prendre une inspiration ou plutôt je pense à le faire réalisant les marches qui me restent à gravir pour me tenir au sommet.

"Quel homme ... mais quel homme .... tu vois on peut ne pas être d'accord c'est certain mais dieux du ciel quel orateur il fait ! Entend comme nous sommes silencieux alors qu'il nous sert sa soupe... bigre."

Assis durant l'escarmouche sur le rebord de mon siège j'en regagne le dossier pour le reste de la séance.

"Ha bin tient en voilà un que j'aurai bien aimé garder de notre côté."

Le tour de Rothmuur et de la commission à la sécurité.

Un type qui ressemble à Père, autant dire que je ne partage guère de points communs avec lui voir aucun peut être il me faudra réfléchir à la question si elle doit se poser un jour. D'une rigidité extrême pour ne pas employer l'image du balais, je ne sais trop comment me positionner encore vis à vis de l'homme. Dois-je tenter un rapprochement au souvenir des liens qui pouvaient nous unir par le passé mais dans ce cas je m'annihilerai un certain nombres d'électeurs qui représentent en parti le futur de Marienburg, notamment la frange la plus jeune.

A cette évocation voilà qu'une tête qui ne m'est pas inconnu s'avance.
"Hummmm mouais ... je crois .... un étudiant de la faculté il me semble mais j'ai croisé tellement de visages durant un temps que beaucoup ne m'ont que peu marqué."
Légèrement condescendant ? Oui, un peu.

Il faut bien dire que les amis de ma très chère soeur ne sont pas que très rarement les miens, un elle a délaissé les affaires pour des études de droit et deux elle a osé épouser une coiffe noire. Alors oui elle est peut être un talon d’Achille et je l'aime mais tout de même, mon sentiment restant très éloigné de la colère toujours très présente de Père qui a encore pu me le rappeler le matin même.

Quoiqu'il en soit le "petit" Haam ne se laisse pas démonter avec sa gueule d'ange, je me surprends même à sourire à la dragée haute qu'il tient au vieux bougre qui tombe dans le panneau de la provocation.

"Une brute mais il obtient des résultats même si ils sont sujets à controverses. Le problème étant les coiffes noires, si ils n'étaient pas aussi corrompus Rothmuur n'aurait pas besoin d'une bande de petites frappes au statut de super miliciens."
Un soupire franchit mes lèvres imaginant déjà les futurs choix qui vont venir.
"L'un ou l'autre ... le ou m'agace mais je devais aller voir Evelyne alors je devrais pouvoir commencer à gratter quelques renseignements sans doute, si je la trouve sous un bon jour."

Je souris à la dernière remarque, nos disputes sont monnaies courantes avec ma jumelle conséquence d'une vision de la vie complètement aux antipodes l'une de l'autre mais comme déjà mentionné peut-être que ce lien particulier qui nous unis me procure une attache que je ne serai expliqué tout en souhaitant le préserver.

La séance s'achève ou presque .... enfin elle s'achève pour les moins attentifs.
Oui, la dernière intervention ne dure qu'une toute petite poignée de minutes alors il est facile de la louper, à ce niveau nous écoutons non pas un bilan mais un "je vous emmerde" aussi limpide qu'efficace.

Quoique n'aurai-je pas conclu trop vite ? Un homme s'avance, De Vos, pour déballer toute sa diatribe contre notre voisin sur le vieillard.
Le "morse" gronde, un remous agite la salle mais qu'importe le noble continu sur sa lancée et voilà qu'il attire sur lui tous les regards, le FILS DE CATIN !!
C'était moi le héros, le héros de cette journée, MOI ET SEULEMENT MOI !!
C'est à travers un voile de rage que j'avise avec peine les Bretonniens pointés du doigt et ce qui suit, je fulmine, l'envie de lui ouvrir le bide pour lui pisser dans les entrailles avant de danser sur son cadavre de sale petit connard !!

Je n'arrive plus à penser encore moins à réfléchir, le reste n'est qu'une suite de mots qui entrent par une oreille pour en sortir par l'autre sans aucun arrêt entre les deux. Il faut un cœur de mioches pour que je revienne peu à peu au moment présent, nombre sont déjà parti, Gerard me regarde, hésite, il sait, peut être pas la cause et encore que.

"N'ouvre pas ta gueule ...."

Il ne dira rien, du moins pas avant que ne soyons dehors où le froid me ramène à de meilleurs sentiments, tout du moins n'ai-je plus cette envie de tuer quelqu'un.

"Edwige ..."
Tient pourquoi me vient-elle à l'esprit maintenant, si je sais, une baise sauvage exutoire à ma colère.
"Oui une sacrée séance, pleines de bonnes ou moins bonnes surprises. Oui en effet nous pourrions ...."

Raclement de gorge qui me rappelle à mes obligations.
"Ha ... oui merci Lucas J'avais oublié."
"Mon crétin de frère."
"Ce soir ...? Hummm je crois que c'est possible oui. 21 heures ?"

Une dernière accolade, tape sur l'épaule avant de partir avec mon Tilléen.

"Tu as les affaires ? Un fiacre discret ? Alors allons le chercher avant qu'il attire plus d'ennuis qu'il en a déjà."
Niklaus Hänshel, Politicien
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Re: [Niklaus Hanshel] Je maintiendrai

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Lucas fit un hochement de tête approbateur, avant de tourner les talons et de commencer dors et déjà à s’éloigner.

« Bien sûr, signor. On va aller marché oune petit peu pour éviter les embouteillages, bene ? »

Le nabot avait une façon de se déplacer bien particulière. Avec ses petites jambes musclées, il marchait toujours à une distance parfaitement régulière de Niklaus : Ni trop près, ni trop loin. Constamment, il regardait dans toutes les directions, toutes les fenêtres, toutes les allées, comme un pigeon ou une poule de basse-cour qui adore porter son regard d’un coin à l’autre en un instant.
Quand bien même il était le seul et unique homme armé soldé par la maison Hänshel à Marienburg, et quand bien même il ne paraissait véritablement pas impressionnant avec sa carrure de mauviette, sa compétence n’était pas à remettre en cause. La sécurité de Niklaus était assurée tant qu’il se tenait à ses côtés.

Puisque tous les députés sortaient en même temps, pour aller accourir dans des restaurants ou des bistrots afin de fêter leur dur labeur, nombre de fiacres et de voitures allaient à nouveau se presser dans les rues enneigées. C’est pour cela que Lucas décida de marcher une petite trotte à travers une ruelle, passant derrière une petite lignée de Coiffes Noires qui surveillaient une foule de curieux qui attendaient devant le Palais.
Peut-être que Niklaus comprenait mieux pourquoi Lucas lui avait tendu un gros manteau pour se recouvrir : Ce n’était pas pour le protéger du froid, c’était pour faire disparaître ses vêtements un peu trop richement filés pour le commun de Marienburg. Avec son vieux pardessus rapiécé, Niklaus pouvait au moins tenter de se fondre dans le décor, au milieu de la foule.

Ils arrivèrent jusqu’à une petite ruelle perdue dans l’île du Palais. Devant un hôtel particulier, un fiacre attendait, une carriole noire tractée par deux chevaux, avec, au sommet de l’attelage, un conducteur à l’air bien patibulaire. Il avait beau être bien habillé d’un doublet bien noir, possiblement selon les recommandations de la Guilde des Cochers et Conducteurs qui exigeait un certain standing de la part de ses associés, ce qu’on notait chez lui en premier lieu n’était pas le fait qu’il s’était bien ennuyé à faire repasser ses beaux vêtements, mais qu’il était obèse. Tellement gros qu’il était miraculeux que le banc sur lequel avait posé ses fesses ne s’écroulait pas sous son poids. Il fit un grand sourire qui rida ses joues joufflues, et un petit signe en levant son chapeau de la tête.

« Signor, jé vous présente Erik.
– Enchanté, monsieur… ?
– Pas de nom, vous comprenez ?
– Oui oui, évidemment. »

Lucas ouvrit la porte de la carriole pour que Niklaus grimpe dedans, et suivit juste derrière. Erik fouetta ses bêtes, et au pas, le tout roula lentement sur les pavés légèrement glissants pour se mettre en route.

« Erik va nous condouire là où nous sommes attendous. Je le connais oune petit peu, c’est oune personne dé confiance. Si vous avez besoin de voyager dans Marienbourg discrètement, il vous y amènera facilement.
Plous compliqué si vous avez besoin d’une gondole. Mais je pense pouvoir trouver cela.
Bref, il est temps de discuter de votre, hé… D’Alexander. »


Il pinça ses lèvres. Nul doute qu’il cherchait plus ses mots que d’ordinaire.

« En tant que dépouté, votre frère bénéficie d’oune immunité. Les Coiffes Noires n’auraient pas doû le jeter dans oune cellule, noul doute qu’ils l’ignoraient au momenté de l’appréhender.
Pour autant, si n’est peut-être pas oune bonne idée dé juste aller exiger de sortir votre frère. Ce qui fait peur à votre père, ce n’est pas qu’il écope d’oune amende facile à faire sauter pour ses quelques méfaits ; C’est ploutôt que l’affaire s’ébrouite dans lé quartier. Il faut savoir qu’est-ce qu’Alexander a fait de sa soirée, et pouis, s’il a fait une sale chose, que lé Coiffes Noires ferment leur gueules. »


Marienburg ne plaisantait pas avec l’immunité de ses députés ; Pour éviter qu’un tyran ne prenne le pouvoir par voie de justice, ceux qui siégeaient au Burgerhof, mais également tous leurs proches et membre de la famille, ne pouvaient être détenus autrement que par flagrant délit d’un crime. Pour poursuivre, détenir et perquisitionner, il était nécessaire d’obtenir la permission du bureau du Burgerhof, qui devait ensuite rapporter la chose au Burgerhof lors d’une prochaine séance. Chaque année, il arrivait ainsi que des frères ou neveux de députés aient leur immunité levée pour devoir répondre de troubles de voisinage ou de larcins mineurs. Mais il arrivait souvent que les Coiffes Noires se contentent de laisser partir les fragins d’un politicien, par peur des procédures et des retombées sur leurs têtes ; Les capitaines des casernes étant élus, ils étaient souvent comme culs et chemises avec les représentants de leurs quartiers.



Le Rijkspoort n’était pas le pire quartier de Marienburg, mais cela se voyait que ce n’était pas l’endroit le plus fameux dans lequel vivre. C’était en fait l’arrondissement le plus dynamique de la ville ; « Dynamique », ça voulait dire qu’il y avait beaucoup d’ateliers et de pognon qui circulait, mais pas forcément que le peuple qui y vivait en touchait grand-chose. Alors que le fiacre remontait les ponts, Niklaus pouvait apercevoir par la petite fenêtre quantité de petites barges et canots de pêcheurs qui remontaient le Rijk, passant sous une immense tour porte-chaîne servant à verrouiller le fleuve tout entier en cas de crise. Il y avait, à perte de vue, d’imposants bâtiments aux toits d’ardoises, qui accueillaient des locaux de guildes, des ateliers de tisserands, et le long de la côte, des chantiers navals. Il n’y a pas de chômeur au Rijkspoort : On pouvait littéralement traverser la rue pour obtenir un emploi, que ce soit dans ces immenses compagnies qui dressent des galions en lourd bois de chêne d’Arden, ou bien à cause de tous les sous-traitants associés ; Pour fabriquer les voiles des navires, par exemple, il y avait tout un tas de petites mains, des jeunes filles qui bossaient dans des petites entreprises quasi-familiales sans aucune commune mesure avec les ateliers de drap bossant à la chaîne, agglutinés au Rijk pour profiter du mécanisme d’un moulin à eau pour faire tourner des machines. Mais aucun de ces emplois n’était spécialement bien payé. Les rues étaient plus sales que dans l’Ostmuur, les immeubles plus larges pour entasser plus de familles, et le nombre de tavernes à la lieue carrée assez impressionnant comparé au reste de la cité. Pourtant, ce n’était pas le coin le plus dangereux pour s’y promener. Les Coiffes Noires patrouillaient en pleine rue, en bel uniforme, matraque à la ceinture. Nul doute que les patrons et bourgeois locaux payaient très cher la tranquillité, afin d’éviter les actes de sabotage qui seraient dévastateurs pour leurs intérêts.

D’ailleurs, cette impression fut confirmée lorsque le fiacre s’arrêta devant la caserne des Coiffes Noires. Le bâtiment était bien construit, entouré d’une ceinture de pierre, devant la place d’un petit marché local, et d’une statue d’un héros Jutones : Il s’agissait en l’occurrence de Hlōdowig, un guerrier du IIIe siècle qui aurait défendu l’ancien Royaume des Jutones face à un raid de Bretonnis. La statue avait été édifiée sous l’ère des Trois Empereurs, époque où l’ennemi était le Royaume de chevaliers, et non encore l’Empire de Sigmar auquel le Westerland était attaché. Quelques femmes allaient et venaient, surtout pour profiter d’un épicier et d’un apothicaire qui avaient leurs échoppes au rez-de-chaussée d’immeubles plus grands, mais voilà, la caserne elle était assez détachée du reste, avec son mur creusé de meurtrières pour faire passer des arbalètes ou des arquebuses. Nul doute un bâtiment dans lequel on pourrait se réfugier en cas d’émeute ou de guerre urbaine. Deux étages seulement, là où les autres immeubles autour étaient bien plus grand, mais en revanche bien plus épais et étalé. Un bel édifice.

« Je vais vous accompagner à l’intérieur, Signor.
Erik, resté donc ici. »


L’homme obèse fit un grand sourire gentil et un signe de tête, rajoutant sur lui une grosse couverture pour ne pas trop trembler du froid. Les deux hommes purent donc mettre le pied à terre, Lucas ouvrant la porte à son maître, comme d’habitude, et traverser la place bien dégagée en ce midi de semaine. Ils arrivèrent jusque vers les grosses portes en lourd bois, blindées et ferrées, mais ouvertes, devant laquelle attendait une simple Coiffe Noire qui faisait le piquet, hallebarde à l’épaule. La sentinelle semblait un peu assoupie, parce qu’elle se redressa au garde-à-vous devant les deux arrivants.

Niklaus se retrouvait au milieu d’une petite caserne, avec un large bureau derrière lequel un secrétaire prenait des notes. Il y avait quelques sièges pour attendre, et derrière, plein de petits bureau sur lesquels mangeaient en discutant quelques personnes en uniforme. Il y avait l’air d’avoir des effectifs assez honorables dans ce quartier ; Alors qu’à l’Ostmuur, il n’y avait qu’une vingtaine de Coiffes Noires payés, ici, le bâtiment semblait bien assez grand pour en accueillir peut-être une cinquantaine, donnant donc une idée de la différence de population et de moyens accordés à la police.

Le secrétaire leva les yeux. C’était un homme légèrement grassouillet, à la calvitie naissante, et avec une petite voix de fausset qui allait très mal avec son uniforme bien officiel :

« Oui ? Puis-je vous aider ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Niklaus Hanshel] Je maintiendrai

Message par Niklaus Hänshel »

Le regard posé sur la silhouette de mon cousin, j'observe cette dernière qui disparaît peu à peu rejoignant le flot d'hommes et de femmes qui se presse à la sortie du Stadsraad. L'immaculé manteau neigeux n'est plus qu'un vestige, j'exhale un souffle d'air qui se condense en vapeur éphémère bien vite emporté par la légère bise en provenance de la mer des Griffes qui ne cesse de souffler continuellement sur Marienburg avec plus au moins d'intensité. Bien vite nous bénirons ce vent qui apporte une fraîcheur bienvenue sur la ville côtière aux plus fortes chaleur mais pour le moment je me contente de resserrer les pans de mon manteau afin d'éviter qu'il ne s'engouffre dans celui-ci pour me pincer de ces doigts glacés.

"Fort bien je te suis."

Dis-je en emboîtant le pas à mon si particulier garde du corps.
"Tu as pu nous trouver un coche discret ?"

Question rhétorique, l'homme est non seulement compétent mais il a également toute ma confiance mais je me sens de fort bonne humeur à présent alors l'envie me prend de bavasser. Quelques secondes passent avant que je ne m'aventure sur un terrain plus personnel espérant ne pas froisser l'homme que j'apprécie par ma curiosité matinale.

"Dis-moi Luca, enfin rien ne t'oblige à me répondre mais je me demandais si tu avais une famille enfin je veux dire que tu es maintenant depuis un certain nombre d'années à notre service et j'ai pas vu de Madame Luca ni de petits ..."
Je souris, j'imagine une descendance à ce drôle de bonhomme, des poussins pouillant et s'égayant derrière une poule qui agite sa tête au grès de ce qu'elle croise.
"Enfin bref, j'espère juste que .... que tu es satisfait et que je ne me montre pas trop curieux à ton encontre."

La neige craque et se tasse sous nos pas aussi sûrement que des biscuits secs, nous parcourons nombre de petites rues nous éloignant ainsi de l'agitation qui règne en maîtresse au coeur du quartier pour en gagner la périphérie. Nouvel embranchement, nouvelle ruelle, notre cheminement s'arrête là devant une carriole sur laquelle s'est perché, par dieu je ne sais quel miracle un homme qui a visiblement abusé de la bonne chaire. Difficile de savoir si sous toute cette graisse se cache du muscle mais rien que ses mains doivent avoisiner quatre fois les miennes alors je n'ose imaginer une baffe du monstre à la sale trogne qui plus, visage qui s'illumine pourtant d'un large sourire qui semble plutôt amical à mon corps défendant.

"Bonjour Erik."

Hochement de tête en sa direction.
"Enchanté de faire ta connaissance, si tu as la confiance de Luca, tu as la mienne."
Petite marque d'affection qui ne me coûte rien, d'autant que bien souvent les gens se contentent de peu, un mot, un geste qui sera suivi d'un sourire aimable avant de prendre place à l'intérieur.

Notre carriole s'ébranle, les fers battent le pavés et mon Tilléen comme à son habitude ne perd pas de temps à tourner autour du pot concernant la suite de la journée, bien qu'il recherche ses mots plus qu'à l'accoutumé.

"Hummm oui ... je sais Luca, je sais que la pré-occupation de Père et la mienne par la même occasion reste la campagne à venir. Un scandale nous touchant viendrait malheureusement nous entacher au plus mauvais des moments. Prions que pour cet imbécile n'ait pas commis l'irréparable sous l'emprise de l'alcool."
Nous noterons que jamais au grand jamais je n'ai été dans la peau de mon frère et que dans le futur la chose n'arrivera pas !
"Merci pour tes conseils, après avoir évoquer ce matin au parlement la corruption qui gangrène les coiffes noires j'espère ne pas tomber sur le seul Capitaine intègre si je dois en arriver là."

Comme l'évoquait si justement l'homme d'arme la difficulté n'était pas de sortir Alexander des geôles mais qu'aucun témoin ne vienne ébruiter la chose.

Quoiqu'il en soit à l'instant "T" je ne disposais d'aucun élément pouvant me permettre de juger de la situation afin de bâtir une stratégie payante, il me fallait patienter jusqu'à notre arrivée. La traversée du quartier se fit encombre, traversée qui me permit d'observer l'agitation qui animait le Rijkspoort du levé au coucher du soleil. Véritable cœur industriel de Marienburg, on entassait les familles d'ouvriers, dans les logements bâtis à la hâte, qui s'échinaient telle une colonie de fourmis à travailler pour quelques pièces durement gagnées. Mon regard s'attarda ici et là sur des scènes de la vie quotidienne de cette masse laborieuse qu'il me faudrait bientôt convaincre de mes bonnes intentions à leur encontre, comment pouvaient-ils encore croire à ces fadaises ? Comment une toute petite poignée d'individus pouvaient régner sur un tel nombre sans que ceux-ci, si ce n'est quelques-uns de temps à autre dans l'histoire, ne pensent même à se rebeller ?

L'homme était ainsi fait et cela me convenait parfaitement.

Notre conducteur finit par stopper l'attelage en vu de la caserne, bâtiment qui ne laissait guère de doute sur son utilisation au vu de ses murs, fortifications et autres indices visibles pour le plus néophyte des hommes en matière militaire. On se pressait devant les étals du marché qui lui faisait face et c'est accompagné de Luca que je m'avançais en direction des lourdes portes de bois gardées par une sentinelle à laquelle j'adressa un hochement de tête avant de continuer mon chemin jusqu'à parvenir au secrétariat derrière lequel un homme au léger surpoids attendait le plaignant.

"Bonjour Monsieur."

Image de l'homme quelque peu ennuyé.

"Oui très certainement, je vous remercie. Voyez-vous il semblerait qu'une proche connaissance se soit faite engeôler cette nuit par une patrouille. Je viens m’enquérir des faits qu'on lui reproche et ainsi régler le problème qu'il a pu causer. Un jeune homme qui aura certainement abusé des ... plaisirs que la vie peu offrir.

J'ai été averti qu'il finissait de se repentir de ses erreurs dans vos cellules."
Niklaus Hänshel, Politicien
Profil: For 8 | End 8 | Hab 8 | Cha 10 | Int 10 | Ini 9 | Att 10 | Par 10 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 8 | NA 1 | PV 65/65

Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_niklaus_haenshel

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