[Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitudes.

La population rurale de l'Ostermark est composée de gens capables et autonomes qui se battent souvent aux côtés des Kislévites contre les pillards Nordiques. Wolfram Hertwig dirige sa province depuis Bechafen, situé dans le Nord.

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[MJ] Vivenef
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

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  • Ah, l'on ne peut pas tout avoir !
    Ils ont pourtant l'air très câlin.
    Jet d’un pot de chambre rempli (non, ça n’aura aucune influence, réussit ou pas, mais tant qu’à faire.. n_n) : réussi (2).
    Tu t’empares du pot au contenu immonde avec toutes les précautions du monde, retenant ta respiration alors que tu te baisses pour le ramasser. T’approchant alors de la grille, tu évalues la distance qui sépare l’objet de ta cible, et les barreaux susceptibles de bloquer une partie du « projectile ». Décochant un regard mauvais en direction de l’homme, tu recules ta main derrière toi, avant de la ramener brutalement devant toi dans un mouvement de balancer, et, si les immondices se heurtent quelque peu à tes barreaux, il y en a bien plus qui parvient à travers le couloir et à atteindre l’homme. Un hurlement de dégoût retentit alors dans la prison, tandis que la cible se secoue frénétiquement sur place sous les rires hilares d’autres détenus. Et le hurlement se transforme peu après en invectives à ton égard, pouvant faire pâlir le plus endurcis des captifs ci-présents.

    Si les invectives continuèrent un certain temps, rien n’indiqua la venue des gardiens. Si un prisonnier s’était soudainement blessé ou manquait de nourriture, personne ne viendrait non plus l’aider. Pourtant, n’était-ce pas le rôle du gardien que de veiller à la sécurité des lieux ? Elle avait certainement déjà entendu parlé, même du fin fond de son petit village, des prisons impériales, où des histoires où de simples badauds qui avaient commis une simple faute ressortaient de leur geôle squelettiques, invalides ou mutilés, et où de jeunes femmes de sa condition en revenaient totalement brisées, ayant reçu les pires obscénités que l’être humain eût pu imaginer. En effet, pour peu que le gardien fût de petite morale en plus d’être peu scrupuleux, pourquoi la prison deviendrait-elle un gage de sécurité pour des criminels, pourquoi la loi s’appliquerait-elle pour ceux qui ne la respectaient pas ? Il aurait ainsi tout le loisir de sévir selon son bon vouloir, obtenant tout ce qu’il désirait sans qu’on puisse lui faire le moindre reproche – et encore fallait-il qu’un tiers fût là pour constater de ses agissements.
    Là, en l’occurrence, plutôt que de jouir d’un possible pouvoir, il préférait ne rien faire, jouer la sourde oreille.

    Et il était tout aussi bien possible les « procédures administratives », s’il y en avait, étaient rarement menées jusqu’au bout, et gisaient en tas de paperasse sur un bureau qui n’avait plus vu son possesseur depuis bien longtemps. Ainsi, certains détenus qui avaient pris pour dix mois écopaient en réalité de plusieurs années, quand on ne les laissait tout simplement pas moisir jusqu’à ce que la mort les emportât. Ce n’était qu’alors que l’on reprenait la pile dont la taille avait doublé, recherchant le nom du défunt pour s’apercevoir avec un étonnement certain que le tribunal ou les gens de Vérana n’étaient que des incompétents, ayant laissé pourrir dans une oubliette un brave homme dont l’innocence, après qu’il eût purgé deux fois sa peine, n’était plus à démontrer.
    En attendant, les oubliés de l’honorable populace attendait avec une crainte croissante le jour où on les libérerait, mais non pas sans leur avoir ôté une partie de leur corps. Ils vivaient ainsi au jour le jour, dans cette peur insondable qui les rongeait peu à peu, patientant difficilement, jusqu’au moment où l’on viendrait les extirper de leur trou à rat.

    Et certains en perdaient la tête, tandis que d’autres se livraient à d’ignobles activités, d’ignobles chantages. La nourriture fut livrée le jour suivant, cela faisant déjà plus de vingt-quatre heures que Juliette n’avait pas mangé, et son ventre tout autant que son estomac se tordaient, se déchiraient de l’intérieur sous la pression des traînés acides qui les parcouraient, n’ayant rien d’autre à dissoudre lentement. Un potage crasseux, servi dans une auge crasseuse, qui, en dépit des trois quarts de flotte qu’elle contenait, n’en demeurait pas pour autant lavée. Tout le monde se rua sur sa misérable galimafrée, qui n’emplit que de trop peu ces estomacs affamés.

    Alors qu’elle dégustait l’horrible repas, la jeune prisonnière eut le temps de voir une autre femme d’une quarantaine d’années, à la vêture aussi dégoûtante que ses cheveux étaient gras, jeter un regard implorant à l’homme partageant sa cellule. Celui-ci était parvenu à récupérer le repas de cette dernière, et la victime offrit volontairement son corps afin de le récupérer. Si cela n’était pas assez, l’homme, une fois après avoir fini sa besogne, saisit la femme à la gorge et l’emmena contre les barreaux des cages voisines, la vendant contre des portions d’autres brouets.
    A gauche de la cellule de Juliette, le corps squelettique d’un vieillard, allongé, tentait pitoyablement de se défendre contre les mâchoires acérées de son compagnon de cellule qui lui dévorait le poignet que guettait déjà la gangrène, et il n’en résultait que de petits gémissements alors que l’ancien n’avait plus même la capacité physique pour se relever.
    D’autres hurlements et grognements de déments se firent entendre. Longs et profonds, ils émanaient d’une gorge aux cordes vocales certainement brisées d’avoir que trop crié au cours de la dizaine d’années consécutives passées dans l’ergastule. L’homme ou la femme, méconnaissable, se cogna la tête contre les barreaux, avant de mordre profondément le métal. Un trou béant à la place de ce qui devait être une bouche s’ouvrit, révélant des vestiges noirâtres de dents défoncées et de gencives boursouflées qui vinrent attaquer le fer rouillé. Les échardes métalliques allèrent soigneusement et lentement déchiqueter les gencives et racines dentaires nécrosées, qui n’arrêtèrent pourtant pas d’essayer de ronger la grille.
    Pire encore, Juliette, après avoir passé plus d’une journée dans une humidité qui avait imprégné ses vêtements, avait attrapé un horrible mal de gorge.
    ***
    Un tohu-bohu général réveilla la jeune femme sur son lit de vermines, le genre de raffut que l’on entend à l’annonce d’un richissime oncle venant rendre visite à sa famille. Mais quelle visite attendre, dans ce lieu, si ce n’était le bourreau lui-même ?
    La mort guettait sûrement les prisonniers, qui remuaient nerveusement dans leur cage, s’échangeaient des insultes et des coups. Pour certains, il s’agissait d’une délivrance, pour d’autres, ils auraient vendu leur âme au Chaos pour bénéficier de quelques jours de plus dans la prison pourvu que la mort fût retardée.

    Le gardien ainsi qu’un autre garde, différent de celui qui avait amené Juliette, s’activaient frénétiquement à laver les immondices et la saleté incrustées dans le sol et sur le dallage. Une tâche qui paraissait impossible à réaliser, et pourtant, ils y mettaient tout leur cœur. Seule occupation de la journée, les prisonniers s’évertuaient à rendre leur travail que plus difficile encore, n’hésitant pas à renverser le contenu de leur pot par-delà la grille de leur cellule, sur cette portion de dallage venant tout juste d’être nettoyée. Et l’on crachait, tentait d’attraper le gardien quand on ne l’insultait pas tout simplement. Finalement, il n’en put plus, et cracha le morceau.

    «Bordel de merde, mais tenez-vous à carreau bande de fils de pute, la margrave va venir ici même, alors si j’étais vous, je me tiendrais bien, histoire d’espérer en sortir ! »

    Ces paroles se répandirent comme une traînée de poudre dans la prison, chacun murmurant à son voisin cette promesse salvatrice. L’on y croyait pas, l’on continuait d’insulter les uns les autres, et pourtant régnait-il dans les geôles une soudaine ferveur qui finit par amener un calme relatif. Les fous persévéraient dans leur folie, totalement inconscients de ce qui se tramait, les débiles restaient là, hébétés, tandis que les plus intelligents se mettaient au travail, imaginant toutes les stratégies possibles et inimaginables pour tenter d’attirer l’attention, et, ainsi, retrouver la liberté.

    Bientôt, une petite cohorte de pas, certains martiaux et rythmés dans un ensemble harmonieux, et d’autres plus lents et gracieux, s’approcha, résonnant contre les pierres encore fraîches de l’ondée nocturne. Les portes s’ouvrirent, et une voix masculine annonça la margrave Adélaïde von Mach. Celle-ci apparut bien à la vue de tous, après que certains se fussent pendus à leurs barreaux afin d’observer la noble personne. Si elle tenait un foulard devant son nez et sa bouche afin de se soustraire à l’odeur, l’on ne pouvait qu’agréer au fait qu’elle possédait une grâce certaine, et, lorsqu’à plusieurs reprises, le tissu s’écarta quelque peu, l’on découvrit un très beau visage, jeune mais sévère, où brillaient deux magnifiques yeux bleus encadrés de longs cheveux bruns. La vêture était élégante, chique, se démarquant de bien loin de tout ce qu’avait pu voir Juliette dans sa vie.

    Entourée de gardes, elle déambula à travers les geôles, posant çà et là des questions, et, au fur et à mesure qu’elle avançait, les espoirs se brisaient. Ton cassant, regard glacial de son côté, tandis que le gardien répondait d’un ton incertain, se plongeant dans son registre avant d’émettre une réponse d’une petite voix.

    «Et elle ? »

    Deux yeux bleu azur et sévères venaient de rencontrer le puits d’innocence que formaient les deux yeux bleu clair de Juliette. Si les habits de cette dernière en avaient pris pour leur grade, tout autant l’éclat de son visage, son regard n’avait pas changé.

    «Eh bien… Je ne sais pas trop, Madame… Cela fait trois jours qu’elle est ici, pour avoir volé la colombe de l’oratoire de Shallya.
    - Oh, c’est donc toi.
    »

    La margrave fixa la voleuse, la détaillant lentement, sans bouger, sous toutes les coutures, de ce long regard qui ne cillait jamais. Et un étrange sourire naquit sur ses lèvres.

    «Est-ce vrai, ce mensonge ? Dis-moi ton nom, voleuse de bas étages, ainsi que ton autre métier, si tu en as un, et ce que tu sais faire de tes dix doigts. »

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Juliette Dickens
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

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Juliette Dickens fut réveillé par un grand vacarme. La lumière entrait dans sa cellule depuis le couloir et elle se sentait attiré par la torche, tel un papillon ; enfin de la lumière après tout ce temps passé dans le noir absolu. Depuis combien de temps était-elle enfermée ici à subir les affronts des autres prisonniers ? Deux jours ? Peut-être même trois. La jeune fille était déboussolée.

La paysanne se leva et alla jusqu’aux barreaux de sa cellule pour essayer de voir ce qui se passait. Elle ne pouvait pas encore voir l’origine de cette lumière, mais elle entendait les autres prisonniers crier et appeler. Les sons rebondissaient d’une paroi à l’autre du couloir, s’amplifiant et se déformant jusqu’à ne plus être que des cris de bêtes lorsqu’ils lui parvenaient.

La lumière se fit plus forte, et elle se tordit le cou pour essayer de voir ce qui se passait. Une des deux geôliers poussait un petit chariot contenant de nombreuses auges. Juliette se rendit soudainement compte qu’elle était affamée. Le geôlier s’arrêta devant la cellule précédant la sienne, fit passer le bol à travers les barreaux, puis reprit sa progression avant de s’arrêter devant la cellule de la jeune fille. Et c’est avec un masque impassible que Juliette attrapa l’auge que lui tendait son bourreau. Retournant s’asseoir, la jeune paysanne ne put s’empêcher de retenir une grimace profondément amère de transparaître sur son visage alors qu’elle découvrait son repas : un potage crasseux.

Pendant ce temps, l’homme repartit avec son chariot, disparaissant du champ de vision de Juliette. Elle resta assisse à dévorer son repas jusqu’à ce que la lumière finisse par disparaître comme si elle n’avait jamais été.

… … …

Juliette Dickens s’éveilla en sursaut, émergeant brutalement d’un rêve plein d’ombres, de feux et de combats. Les détails étaient déjà flous, mais des images d’êtres difformes et du visage des personnes de sa famille flottaient encore dans sa tête, puis elles s’évanouirent. Depuis les événements de Blutfurt, elle n’arrivait plus à fermer l’œil sans revoir les visages de sa famille, se rendit-elle compte.


«Bordel de Merd*, mais tenez-vous à carreau bande de fils de pute, la margrave va venir ici même, alors si j’étais vous, je me tiendrais bien, histoire d’espérer en sortir ! »

Juliette s’approcha des barreaux de sa cellule pour découvrir ce qui se passait.
Le geôlier ainsi qu’un autre garde s’attelaient à laver le sol de la pièce pour présenter la prison en bon état lorsque la margrave ferait son apparition. Ils y mettaient tout leur cœur malgré certains prisonniers qui tentaient de leur rendre la tâche encore plus difficile. En tout cas, l’arrivée de la margrave était une bonne nouvelle pour Juliette, elle pourrait sans doute quitter cet endroit infect.

La jeune fille s’installa à nouveau sur le sol, se préparant à une longue attente mais, alors qu’elle « recoiffait » ses cheveux pour faire bonne impression, elle entendit des bruits de pas dans le couloir.
Une fois les cris dissipés, les bruits de pas se firent entendre plus fortement. Toutes les têtes se tournèrent dans la direction d’où venaient ces pas et, dans ce lourd silence, avança une silhouette depuis la lumière. Une femme à la grâce envoûtante avançait, un foulard devant son nez et sa bouche. La margrave Adélaïde von Mach. Celle-ci était entourée par des gardes alors qu’elle s’avançait parmi les prisonniers. Jusqu’à ce qu’elle s’arrête devant la cellule de Juliette. Elle s’adressa avec le geôlier avant de plonger ses deux yeux bleus azur dans ceux de la jeune fille :


« Est-ce vrai, ce mensonge ? Dis-moi ton nom, voleuse de bas étages, ainsi que ton autre métier, si tu en as un, et ce que tu sais faire de tes dix doigts. »

Sur le moment, Juliette Dickens fut impressionnée mais elle dut se ressaisir car la margrave pouvait la faire sortir de cet endroit. La jeune fille déglutit péniblement avant de s’adresser à son interlocutrice :

« On m’accuse d’avoir volé la colombe de l’oratoire de Shallya juste parce que j’avais en ma possession un marteau et des clous. Je n’y peux rien si j’ai dû fuir mon village natal – Blutfurt. Il m’arrive que des misères en ce moment, ma famille meurt dans un éboulement à la mine, je me retrouve seule en forêt pour atteindre Eisental et maintenant je suis en prison en compagnie de pervers, de voleurs et de meurtriers… Je n’ai rien demandé pour mériter cela… Et mon nom est Juliette Dickens et je travaillais à la mine avant que ma famille meurt… »

La voix de la paysanne était légèrement cassée à cause de la tristesse qui l’habitait au moment de faire remonter tous ces souvenirs…
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Juliette Dickens, Voie de la Belle Mort (Beauté Mortelle)
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[MJ] Vivenef
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

Message par [MJ] Vivenef »

  • «Oh, une mineuse. Pauvre petite créature, railla-t-elle. Oui, je ne doute absolument pas que tu portes sur tes frêles épaules toute la misère du monde. »

    Et elle la laissa plantée là, passant à la geôle suivante. Un homme qui avait été accusé d’ivresse sur la voie publique et dont la sentence avait été de trois couronnes d’or en guise d’amende. Etant donné qu’il n’avait pas eu les moyens de les payer directement, il avait dû aller aux travaux forcés pour une période de quinze jours. Cela faisait, jurait-il, trois ans et demi qu’il était emprisonné.
    Silencieusement, la margrave passa à la cellule d’en face.
    Un vieillard qui ne se rendit pas même compte de qui il avait en face de lui.
    Cellule suivante.
    Un homme qui avait insulté un garde sans aucune raison, semblait-il. Deux ans
    Une femme ayant volé deux poules au marché. Un mois.

    Il y avait de tout et de rien, derrière ces barreaux, et les durées d’emprisonnement étaient tout aussi variables, inconstantes. Mais la dénommé Adélaïde von Mach ne se souciait aucunement de la misérable personne à qui elle avait affaire. Elle déambulait ainsi, zigzaguant de cellule en cellule, écoutait le gardien expliquant, grâce au registre, le pourquoi de l’emprisonnement, posait quelques questions, écoutait l’avis du condamné, et s’en allait tranquillement, le plus souvent sans n’avoir rien prononcé d’autre. Et l’on se demandait bien à quoi pouvait rimer ce petit manège, ces interrogations ne menant à rien, si ce n’était au désespoir et à la frustration de chacun.

    Trop sur la gauche pour que Juliette pût voir ce qui se passa, l’on entendit un bruit de cracha, suivit, immédiatement des pas précipités des gardes, d’un grincement de gond, et des coups furent lourdement portés, précédés de gémissements étouffés.
    Et la margrave s’en fut, repassant devant tous les captifs, pour disparaître de leur vue une fois qu’elle eût monté le petit escalier.
    Agitation, injures et protestations revinrent alors à la charge jusqu’à ce que la nuit tombât. Il fallait que cette petite nobliette qui pétait plus haut que son cul revienne, qu’elle leur explique ses délires, ou encore qu’elle aille se faire sauter par les dieux sombres.
    Le gardien ne passa pas non plus, et en son absence, les promesses d’avoir d’un début d’estomac plein s’envolèrent également. La tension brutale qui régnait dans la prison retomba, tandis que revenait le désespoir, plus fort que jamais. Les lamentations et hurlement de fou résonnèrent dans les ténèbres, empêchant, pour un temps, bon nombre de personnes de dormir.
    ***
    «Enfile ça, vite, et ferme-la »

    Juliette se réveilla à nouveau brutalement, tandis que le gardien était auprès d’elle, tenant un manteau gris en sa direction. Une torche, tenue par le second garde, éclairait à peine les environs, mais suffisamment pour qu’un autre détenu vît ce qui se déroulait ici, et la jeune femme se demanda le bien fondé du fait de se taire. Après qu’elle eût mis l’habit, ils la conduisirent en dehors de sa cellule, refermant la grille au passage. Et elle reprit le même chemin que celui pris quatre ou cinq jours auparavant, sur cette allée centrale entourée de ces yeux méfiants et méchants qui guettaient dans l’obscurité des ergastules. Diverses insultes lui furent lancées à la figure, diverses allusions douteuses à ce qui pourrait se passer entre les deux femmes.

    Dans le vestibule, deux nouveaux gardes se présentèrent au geôlier, et des ordres furent chuchotés à voix si basse qu’ils furent inaudibles pour Juliette. Puis la jeune femme quitta le sinistre bâtiment après qu’on l’eût empoignée avec autant de douceur qu’on ne l’eût fait pour un cageot de pommes. Voilà qui n’était pas pour la réjouir, mais quitter la prison valait sûrement bien ce traitement fort peu agréable. Restait à savoir où on la conduisait.

    Qu’elle le demandât n’eût probablement servi à rien. Tout ce qu’elle nota, c’était qu’elle empruntait un chemin de gravier blanc après avoir quitté l’édifice par une porte arrière, dérobée du vestibule. Et les deux gardes étaient muets comme des tombes, ne ressemblant en rien à ce que l’on pouvait imaginer de sauveurs bienveillants. Ils faisaient leur devoir, suivaient les indications données, et ne se contentaient de ne rien faire de plus. On ne choisissait pas les gardes en fonction de leur talent de babillage, en Ostermark.

    Dans la nuit se découpa alors la silhouette d’une maison plus grande et mieux bâtie que toutes celles qu’avait pu voir la captive lors de son entrée à Eisental. Un petit manoir, à vrai dire, qui se trouvait au milieu d’un petit jardin sur lequel l’herbe, jaunâtre, avait du mal à pousser. La façade était de pierre, l’entrée surélevée par quelques marches de pierre également, et surmonté d’un balcon du même type.
    Quelques grandes fenêtres permettaient certainement à la lumière du soleil d’éclairer l’intérieur, encadrées de colonnades et de petites statues en tout genre.

    On poussa la captive à l’intérieur, et ce qui devait être normal aux yeux de ceux qui y habitaient laissa la jeune femme pantoise. Elle n’avait jamais pu voir, au cours de sa vie, autant de richesses, quand bien même cela n’était-il pas tant que cela pour un bourgeois n’étant pas même noble.
    Un grand tapis recouvrait l’entrée du vestibule, lui-même décoré de tapisseries et de tableaux aux dorures opulentes. Des meubles finement sculptés habillaient les pièces ponctuées de statues, de chandeliers d’argent, de miroir, de portraits. Les plafonds étaient hauts, les couloirs longs et vastes, et les portes qui les séparaient lourdes mais finement ciselées.

    Enfin, on la laissa devant une porte qu’un garde ouvrit, avant de la pousser à l’intérieur de la nouvelle pièce. Le pan de bois se referma aussitôt, la gardant prisonnière.
    La pièce était surprenante. En effet, les murs, aussi hauts qu'ils pouvaient être, étaient tous couverts d'étagères sombres où reposaient de si nombreux livres qu'il était vraisemblablement impossible que chaque prédécesseur eût pu tous les lire. A moins qu'ils ne masquaient au sein de leur fausse reliure des armes empoisonnées, ou des diamants de la taille d'un pouce ? L'imagination était libre de laisser naître ce qu'on voulait : les tranches des livres formaient une chatoyante et attirante harmonie, savamment éclairée par la fenêtre qui se trouvait dans le dos du bureau de bois massif, où trônaient tout autour quelque siège bien matelassé, aux bras de bois ciselés de griffes.

    Mais ce n'était ni le mobilier, ni les tentures, ni même l'agréable senteur qui flottait dans l'air qui marquerait le plus l’ancienne mineuse. Non, car quelle ne pouvait être sa surprise de voir face à elle, plus proche que jamais encore elle n'avait pu l'être, la margrave Adelaïde von Mach.
    Nonchalamment assise dans le fauteuil le plus enjolivé du bureau - et aussi le plus confortable, par logique -, elle observa l’intruse, avant qu'un étrange sourire - qui n'avait en soi rien de rassurant ou d'aimable - ne se peignît sur ses lèvres, et qu'elle finît par rompre le silence d'une voix qu'aucun prisonnier n'avait entendu tout à l'heure ; un timbre charmant et flûté.

    «Tu t’assieds ?»

    Et ses yeux bleus ne cessaient de faire des allers et retours entre les vêtements miteux et crasseux de son inférieure, et les coussins moelleux, propres et satinés des fauteuils.

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Juliette Dickens
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

Message par Juliette Dickens »

Salope ! Voilà le mot auquel Juliette Dickens pensa lorsque la margrave passa à la cellule suivante en se moquant ouvertement d’elle. Elle poussa un nouveau juron. Elle était donc condamnée à rester dans sa geôle.
La colère revint à la charge, des nuages écarlates obscurcirent sa vision jusqu’à ce que toute sa cellule lui semblât plongée dans une mer de sang. Son lit de vermines fut bon pour prendre un coup de pied, dispersant la paille dans sa cellule. De son côté, la margrave Adélaïde von Mach quittait les lieux sous les insultes, les cris et les crachats des prisonniers. Qu’elle aille au diable ! Juliette Dickens voulait sortir !

Elle décocha un grand coup de pied de frustration dans le mur, puis s’arrêta, épuisée. La jeune fille allait devoir se débrouiller seule pour sortir de cet endroit sordide. Sauf qu’en cette heure, seule, elle n’était capable de rien. La frustration se fit plus présente, inondant chacune des fibres de Juliette.

Elle croisa les bras sur sa poitrine et ferma les yeux. Maintenant, elle devait dormir, c’était la seule échappatoire à laquelle la jeune fille avait droit.

… … …


« Enfile ça, vite, et ferme-la »

Juliette Dickens se réveilla en entendant cet ordre. Elle leva la tête, encore endormie. Elle était allongée sur son lit de pailles, à même le sol. Devant elle se trouvait le geôlier, qui lui tendait un manteau gris, et derrière lui, la jeune fille pouvait apercevoir un autre garde tenant dans sa main une torche. Juliette attrapa le manteau et le passa par-dessus sa tenue et emboîta le pas des geôliers qui la menaient hors de la prison.

Toujours attentifs à garder les bras de leur victime immobiles derrière son dos, les gardes empruntèrent l’avenue principale d’Eisental. Un vent glacial parcourait la rue, lourd des odeurs du monde. Juliette Dickens inspira profondément. Elle pleurait ; c’est le vent froid, se dit-elle. D’après le ciel et la position des étoiles, il devait être près de minuit. La nuit était d’une clarté magnifique ; l’air était chargé d’un givre pur et purifiant. Elle se sentie rafraîchi, revivifié, ressuscité.

Dans la nuit se découpa alors un manoir à toit d’ardoises qui s’élevait au milieu d’un petit jardin. Pourtant, malgré la beauté de l’endroit et la douce lumière qui sortait des nombreuses fenêtres, l’ensemble restait très peu accueillant pour la jeune paysanne, qui n’était pas habituée à autant d’opulence. Non, ce n’était pas vraiment cela. En fait, il était trop accueillant, comme un serpent géant attendant à l’entrée de sa tanière et attirant les imprudents avec son regard hypnotique et ses écailles iridescentes pour mieux les enserrer dans ses anneaux et les avaler en une seule bouchée.

Les deux geôliers poussèrent Juliette à l’intérieur. Elle resta bouche bée devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux : tapis, tableaux, statues, chandeliers en argent, miroirs, portraits. La jeune fille n’avait jamais vu cela de sa vie. Elle était tellement fascinée par cet endroit qu’elle ne remarqua même pas que l’on venait de la pousser dans une nouvelle pièce.

La jeune paysanne étudia les tranches de nombreux ouvrages, impressionnée, même si elle ne pouvait pas lire les titres inscrits sur les reliures dorées. Juliette ne put retenir un cri de surprise en découvrant que la margrave se tenait assisse devant elle.


« Tu t’assieds ?»

Sans se faire prier plus longtemps, Juliette Dickens s’installa sur un magnifique fauteuil. Elle ne s’installa pas confortablement dessus de peur de l’abîmer tellement il était beau…
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Juliette Dickens, Voie de la Belle Mort (Beauté Mortelle)
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[MJ] Vivenef
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

Message par [MJ] Vivenef »

  • Si les yeux ne cessaient de l’observer tranquillement, et qu’un petit sourire mutin la gratifia en permanence après le cri de surprise de Juliette, une petite grimace vint tout de même altérer l’expression de la margrave lorsque l’invitée souilla les coussins de par ses vêtements crasseux et humides. Enfin, elle se ressaisit, adoptant une attitude plus sereine et plus détendue, alors qu’elle se laissait aller dans le moelleux de son propre siège. Pour un peu, et l’on eût presque dit avoir affaire à un entretien tout à fait cordial entre deux personnes du même rang, sans enjeux, et sans risque pour l’une comme pour l’autre. Encore que la personne la plus inquiète n’était certainement pas Adélaïde von Mach, qui, coudes sur chacun des appuis du fauteuil, croisa les mains en dôme au niveau de son menton, dévisageant sa vis-à-vis.

    «Etant donné ce que je sais et la petite histoire que tu m’as racontée, l’on ne peut décemment pas te remettre dans ta geôle, ce qui ne sera pas pour te déplaire, n’est-il pas ? »

    Un possible soulagement put se lire sur les traits de Juliette. Ainsi, la margrave ne la prenait-elle pas pour une voleuse ?

    «Je sais que tu es innocente, pour autant que je le sache. Cette histoire de la colombe de Nachdorf, souligna-t-elle bien, est très fâcheuse, et celle du prénommé Stefan l’est tout autant. C’est qu’on le soupçonnait depuis fort bien longtemps, celui-là, et, perdant patience, je l’ai fait interpellé. Après un interrogatoire musclé, il a avoué avoir dérobé un certain tableau d’une grande valeur qu’avait offert un cultiste de Simar au temple éponyme d’Eisental. Mais il a avoué avoir d’autres infos aussi, concernant une jeune femme étant susceptible d’avoir volé à son tour un objet précieux, une petite sauvageonne, une sans-le-sou. Un échange de bon procédé ; une réduction de peine et d’amende contre ces informations -là. Il devait réellement être désespéré, car, une journée plus tard, il se plaignait d’horribles douleurs au niveau du ventre, bien qu’il eût, au début, tenté de les cacher. Et que retrouva-t-on par la suite, dans… son pot de chambre ? La petite colombe d’argent.

    La margrave ricana, avant de grimacer à nouveau.

    Je comprends pourquoi toutes nos fouilles n’ont abouti à rien du tout. Et accuser de la sorte une innocente afin d’extorquer quelques rétributions, voilà qui est osé. Mais ne le juge pas trop vite. La petite colombe, en dépit de sa petite taille, valait bien une vingtaine de couronnes, et il tentait de se faire de l’argent comme il le pouvait en faisant tous ces allers et retours afin de payer un remède pour sa femme, gravement malade. Un remède au-delà des moyens qu’il possède actuellement. Et cette histoire-là, après quelques investigations, s’est révélée être vraie.

    Adelaïde fixa son regard dans celui de Juliette, narquoise.


    Je vais devoir juger cet homme, ès qualité de margrave. Dis-moi, à présent que tu sais tout sur cette affaire, aurais-tu un dernier mot à transmettre à Stefan ? Sois sans crainte, je le lui dirai. Ou voudrais-tu que je tente d’alléger sa charge, peut-être ? Il est certain que, dans les circonstances actuelles, la sentence sera la mort. Et je ne laisse ainsi donc pas beaucoup de chances à sa pauvre femme valétudinaire. Sois franche.

    Et après que Juliette eût répondu, la margrave reprit la parole, le visage d’abord sévère au début, puis, étrangement, son expression devint compréhensive et douce, très douce, trop peut-être – mais qui pourrait se méfier d’une telle empathie vibrant dans sa voix ?

    Bien. Reste à savoir ce que je vais faire de toi. Je ne peux évidemment pas imaginer à quel point ta vie a dû être une constance douleur. Travailler dans une mine, dans la poussière et la saleté qui envahissent tes poumons et tes yeux, ne pas pouvoir se nourrir convenablement…Voilà qui est injustifié, pour sûr. Simplement parce que tu n’es pas née dans la bonne famille, parce que tu n’as pas pu avoir un minimum d’éducation. Ce qui ne voudrait pas dire que l’on ne pourrait pas te tendre une main secourable et pleine de bonté, que tu ne mériterais pas ta chance… »

    Ces paroles en demi-teinte avaient tout de la compassion entière et sincère, et pourtant, l’on ne pouvait pas avoir la certitude que derrière ces mots et ces tournures mielleuses, ne se cachait pas un brin de fausseté ou d’intention judicieusement calculée. Et rapidement, les jérémiades furent abandonnées pour un comportement plus sec et moins sentimental, sa voix reprenant des sonorités quasi-ludiques, comme une mère adressant à son enfant un choix cornélien.

    « C’est pourquoi je te propose un petit marché, que, je suis sûre, tu prendras en considération avec un minimum de sérieux. »

    Marchander ? En voilà une idée des plus dangereuses, qui plaçait Juliette dans un cercle vicieux – elle ne pouvait pas faire d’offense à la margrave, mais qu’allait-elle donc devoir ainsi sacrifier pour pouvoir mériter sa liberté ? Tout était à craindre.

    « Vois-tu, je recherche depuis peu une camérière, me rendant compte que le travail n’est pas assez bien fait avec les deux autres que je possède déjà. C’est un travail comme un autre que je t’offre d’occuper. Tu es nourrie et logée. Tu n’auras à obéir à personne ... A part à moi, et à mon mari. En tant que future dame de compagnie, c’est la moindre des choses. »

    Camériste, c’était donc la possibilité qui s’offrait à elle. Une chance inouïe, à la fois rêvée par une foultitude de jeunes filles bien plus loties et charmantes qu’elles, mais en même temps tellement incroyable qu’il fallait forcément imaginer qu’une contrepartie obscure se cache dans cette idyllique proposition.

    « Bien sûr, si tu acceptes, tu suivras une période d’apprentissage, cela va de soi. Un petit rire flûté ponctua sa phrase, pointe d’orgueil dans une attitude ingénue au possible. Mais si tu refuses ... A vrai dire, je doute que tu sois assez stupide pour penser à cela, mais si c’est le cas, eh bien tu retourneras à ta vie d’avant.»

    D’une voix qui ne souffrait d’aucune envie de perdre son temps, Adélaïde von Mach finit par conclure avec un calme olympien.

    « Je ne pense pas que ce choix te demande énormément de réflexion. »

    La phrase était claire de sens : la réponse était exigée sur le champ. Juliette avait-elle vraiment le choix, le temps et les arguments pour mesurer tout ce que sa future et hypothétique condition impliquerait, dans le bon comme dans le mauvais sens ? Il était certain que non, et pourtant. L’impatience de la margrave n’était pas à mettre à l’épreuve.

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Juliette Dickens
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

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La margrave Adélaïde von Mach était nonchalamment assisse dans un magnifique fauteuil, son regard perçant ne quittait pas Juliette Dickens. Elle portait une belle robe de velours marron rehaussé de sable, de larges boucles de cheveux noirs surmontaient son visage. Elle tenait dans sa main droite un éventail fermé, tel le sceptre d’une reine.

« Je sais que tu es innocente, pour autant que je le sache […] Et que retrouva-t-on par la suite, dans… son pot de chambre ? La petite colombe d’argent […] Il tentait de se faire de l’argent comme il le pouvait en faisant tous ces allers et retours afin de payer un remède pour sa femme, gravement malade […] Dis-moi, à présent que tu sais tout sur cette affaire, aurais-tu un dernier mot à transmettre à Stefan ? Sois sans crainte, je le lui dirai. Ou voudrais-tu que je tente d’alléger sa charge, peut-être ? »

Un lourd silence s’installa, la margrave continuait d’observer la jeune paysanne, tandis que cette dernière était étonnée par la proposition qu’on venait de lui faire. Juliette n’avait pas les qualités, ni le courage pour prendre la décision concernant la sentence qui allait attendre un homme. Un homme qui avait, certes, tenté de l’accuser à tort, mais qui tentait de sauver sa femme, gravement malade. Mais si Adélaïde von Mach n’était pas venue la chercher dans cette cellule, elle y serait peut-être morte… Juliette pesta.

Pourquoi la margrave avait mentionné la femme de Stefan dans son discours ? Peut-être était-ce un test ? Juliette lutta pour rester impassible. Sa gentillesse lui disait de sauver le vieil homme, tandis que sa raison lui disait de le laisser dans son pétrin, ce dernier ne s’était pas gênée pour la mettre elle aussi dedans. Oui, mais sa femme !


« Je pense que vous devriez…

La jeune paysanne marqua un temps d’arrêt et serra la mâchoire.

… tenter de lui alléger sa charge. Je sais qu’il a donné mon nom aux miliciens pour réduire sa peine, mais je ne peux pas me permettre de condamner deux personnes – lui et sa femme. Dites-lui de ma part que j’espère qu’il trouvera un remède pour la maladie de sa pauvre femme. »

La margrave écouta les propos de Juliette avant de reprendre la parole :

« Bien. Reste à savoir ce que je vais faire de toi […] Vois-tu, je recherche depuis peu une camérière, me rendant compte que le travail n’est pas assez bien fait avec les deux autres que je possède déjà. C’est un travail comme un autre que je t’offre d’occuper. Tu es nourrie et logée. Tu n’auras à obéir à personne […] Je ne pense pas que ce choix te demande énormément de réflexion. »

Les paroles d’Adélaïde étaient teintées de compassion et d’empathie pour la jeune fille qui se trouvait devant elle. Et Juliette voyait en la margrave une nouvelle mère qui allait lui permettre de s’extraire de la misère. Mais à quoi s’engageait-elle ? A servir la margrave et son mari jusqu’à la mort ? Ce n’était pas le genre de marché qu’elle se sentait prête à passer, mais elle ne voyait aucune autre porte de sortie. Elle finit par hocher la tête.

« J’accepte vos termes. Je promets de vous servir comme vous le demandez. »
Si ma description de la margrave ne te convient pas, préviens-moi pour que je l'enlève :wink:
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[MJ] Vivenef
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

Message par [MJ] Vivenef »

  • Non, elle me va bien. x)
    «Très bien. Une bonne idée ; je m’en serais voulu que d’avoir réveillé les filles pour rien », annonça-t-elle d’un ton plat qui n’aurait en rien regretté quelque chose. La margrave s’empara d’une petite clochette qu’elle fit tintinnabuler, et, deux secondes plus tard, deux autres jeunes femmes pénétrèrent dans la pièce, les traits tirés par la fatigue en ce milieu de nuit.

    «Voici Juliette, présenta la noble aux deux nouvelles arrivantes. Elle vous assistera dans toutes vos tâches à effectuer céans-même, aussi je compte sur vous pour vous présenter, lui expliquer ce qu’il y a à faire habituellement, pour lui montrer sa chambre et l’ensemble du manoir. Quant à moi, je vais aller me coucher. »
    Elle se leva alors gracieusement de son siège, ne leur accordant dès lors plus le moindre regard, et ouvrit la porte, sur le point de quitter la pièce.
    «Oh, au fait, Juliette… Dès que ces petites présentations seront terminées, tu me nettoieras ces coussins que tu as tout crottés. Cette nuit. » La porte se referma.

    Le silence se fit alors, pendant que les trois jeunes femmes s’observaient, mais si un seul regard alternait tout à tour entre deux personnes, deux paires d’yeux étaient constamment fixées sur Juliette.
    Celle-ci put remarquer que ses vis-à-vis étaient somme toute assez avenantes, l’une blonde aux bleus et à l’air supérieur, l’autre brune aux yeux verts et aux traits timides, ingénus.
    Test de perception : jet caché.
    La brune est vêtue en bonne servante qu’elle est. Une longue robe sobre et resserrée, bleutée et au corsage blanc, lui descend jusqu’aux pieds. Elle affiche une petite moue timide et incertaine, quand bien même sait-elle te regarder dans les yeux. Après tout, la nouvelle, ici, c’est toi.
    La seconde porte sensiblement la même robe, si ce n’est qu’elle semble la porter avec d’avantage de confiance, peut-être, alors que le tissu semble de meilleur facture. Une petite bague couleur argent vient orner son index, et elle semble être pour le moins fière de ce petit bijou. Tu as l’impression qu’elle cherche toujours à ce que l’on soit bien conscient qu’elle le possède, dans de grands mouvements de la main, de façon à bien l’exposer. Et dans un de ces mouvements, tu aperçois, normalement dissimulée aux regards indiscrets, une petite chaine autour de son cou qui plonge dans son corsage, reliée à ce qu’il te semble être une pierre d’une valeur au-delà de sa condition de camérière, à moins que la margrave soit particulièrement généreuse.
    Elle te regarde franchement, paraissant t’évaluer du regard, avant d’afficher une petite moue satisfaite.


    «Eh bien, bienvenue ici, alors. Ça fera du bien d’avoir quelqu’un d’autre pour nous aider, ici. Depuis que l’autre s’est enfuie, on est constamment débordées, entre le ménage, la cuisine, la toilette de Madame, tout ça tout ça, quoi. Ah oui, moi, c’est Estelle, et voici Licinia. La petite brune fit un petit salut de la tête, accompagné d’un adorable sourire.
    Bon, suis-nous. On va te montrer les lieux. »

    Les trois jeunes femmes quittèrent alors le bureau laissé étonnement sans surveillance, encore que la totalité ou presque de ce qui s’y trouvait requérait le fait de savoir lire pour être véritablement exploitable.

    «Là, c’est donc le couloir du rez-de-chaussée, qui permet d’accéder au bureau qu’on vient de quitter et au hall d’entrée par lequel tu es sûrement arrivée. On peut également arriver à la cuisine. »

    La cuisine était une cuisine d’assez grande taille, comprenant tout ce qu’il fallait pour préparer un repas de qualité. Elle menait à une réserve où se trouvaient des quantités de tonneaux, de sacs et de caisses dans lesquels étaient entreposés des aliments de toute sorte… De quoi faire protester le ventre de Juliette qui cria brutalement et soudainement famine.

    «C’est moi qui suis chargée de la cuisine, annonça Licinia d’une petite voix flûtée, prenant la parole pour la première fois. Et comme on ne sait pas trop ce que tu vaux là-dessus, je continuerai très probablement à m’en charger. Hum… Bon, ‘pas trop le droit de faire cela, en théorie, mais tu as l’air d’être affamée. Faudra pas que ça devienne une habitude non plus, souligna-t-elle en entendant hurler le ventre de la nouvelle, et en lui tendant deux petites tranches de jambons sec.
    Estelle la considéra d’un regard soupçonneux, peut-être réprobateur, mais ne dit rien.

    La cuisine se trouvant d’un côté, il fallait traverser à nouveau le couloir pour entrer dans la salle à manger, où trônait une très grande table rectangulaire sur laquelle reposaient quelques chandeliers, et permettant à une petite douzaine de personnes de s’y installer. Si la cuisine était sobre d’apparence, la salle dans laquelle était entré le petit groupe respirait déjà d’avantage l’opulence et la richesse de par le dallage recouvrant le sol et lourdes tapisseries qui faisaient de même concernant les murs, et les tableaux et portraits qui y étaient accrochés. Une autre porte, située à l’opposé de celle permettant d’entrer dans la salle à manger donnait sur un salon tout aussi somptueux aux yeux de la nouvelle, qui n’avait sûrement jamais vu un tel faste auparavant.
    Estelle jeta un regard en coin en direction de Juliette, à mi-chemin entre l’amusement et l’animadversion.

    «Ouais, ça fait bizarre la première fois, tout ça, non ? Enfin, c’est pas non plus super-super riche non plus, tu sais, contrairement à ce que laisserait penser ton expression… Elle t’a trouvée où, au fait, la margrave ? »

    Les deux servantes la regardèrent alors, l’une avec une moue douteuse et hautaine, l’autre attentive, ses grands yeux verts sympathiques posés sur une Juliette se trouvant au milieu de canapés rembourrés de coussins aux riches tissus, et de tables d’ébène.
Et oui, toujours cette même question, il faut croire !

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Juliette Dickens
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

Message par Juliette Dickens »

Juliette a toujours son équipement avec elle ?
Après avoir visité la cuisine avec son lot de fragrance culinaire, Estelle et Licinia amenèrent Juliette dans la salle à manger. Elle était meublée d’une grande table pouvant accueillir une douzaine de convives, et au-delà la jeune fille pouvait apercevoir une autre porte menant sur le salon. La décor était complété par quelques paravents bleu ciel bordés d’or et par un lustre de cristal suspendu au milieu de la salle à manger, juste au-dessus de la grande table. L’endroit était somptueux et ses deux nouvelles amies semblaient sympathiques.

Estelle portait une bague couleur argent, dont elle semblait extrêmement fière, ainsi qu’un collier relié à une pierre d’une grande valeur. La servante était beaucoup plus à l’aise que son homologue et Juliette se demanda si elle n’était pas la favorite de la margrave Adélaïde von Mach – elle en avait tout l’air.

Licinia, une jeune femme de taille moyenne, aux cheveux bruns, et qui avait des yeux assez grands pour y placer une bonne partie de la candeur du monde, ce qui n'était pas rien. Elle portait la même robe qu’Estelle mais Juliette ne remarqua aucuns bijoux à ses doigts ou autour de son cou. Elle était beaucoup plus timide que la blonde et n’avait presque pas parlée durant la visite du manoir – sauf pour lui offrir généreusement deux petites tranches de jambons sec sous le regard réprobateur d’Estelle. Licinia était donc chargée de la cuisine et Juliette lui informa qu’elle serait très heureuse d’apprendre à cuisiner à ses côtés. La brune lui semblait plus sympathique que la blonde. La jeune paysanne sentait que quelque chose ne tournait pas rond entre les deux servantes et Estelle semblait favorisée par rapport à Licinia…


«Ouais, ça fait bizarre la première fois, tout ça, non ? Enfin, c’est pas non plus super-super riche non plus, tu sais, contrairement à ce que laisserait penser ton expression… Elle t’a trouvée où, au fait, la margrave ? »

Juliette Dickens serra les dents, n’ayant pas réalisée qu’elle était bouche bée depuis quelques secondes devant la beauté incroyables des lieux. Elle allait donc devoir leurs révéler qu’elle provenait de la prison d’Eisental. La jeune fille ne pouvait pas se permettre de mentir aux deux servantes car la margrave Adélaïde von Mach leur avait peut-être déjà révélé où elle l’avait trouvé, et si Juliette sortait un mensonge, elle serait traitée comme une menteuse et sûrement rejetée du manoir. Non, elle devait leur dire la vérité.

« La margrave Adélaïde von Mach est venue me sortir de la prison d’Eisental. Mais ne vous inquiétez pas, j’avais été enfermée à tort, la margrave l’a reconnu elle-même… »

Juliette Dickens adressa finalement un sourire à Estelle pour lui prouver qu’elle ne pouvait même pas faire de mal à une mouche.
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[MJ] Vivenef
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

Message par [MJ] Vivenef »

  • Effectivement, aucune mention de ton équipement de ma part. Disons… Que tu le récupéreras demain. J’écrirai le post.
    Si Estelle la regardait d’un air sceptique, ce ne fut qu’un énorme ahurissement qui s’inscrivit alors sur ses traits, tandis que ses paupières papillonnaient, écarquillées, ne parvenant pas à y croire.

    «De… De la prison ? Alors, ça y est, comme ça, on va chercher ses camérières chez les va-nu-pieds et les criminels, dans les trous à rat… Ah bha… Bha bien, c’est agréable pour nous ! Mais à quoi pensait donc la marg… »

    Elle se retourna brusquement et craintivement, s’assurant que personne d’autre ne pouvait l’entendre.

    « Enfin… Qui suis-je pour me permettre de tels jugements… Non mais quand même, en prison… » acheva-t-elle en secouant la tête, désespérée.

    Voilà une nouvelle qui l’avait toute retournée, sûrement cette éventualité ne lui avait-elle jamais effleuré l’esprit. Licinia, quant à elle, avait également écarquillé les yeux, mais s’était abstenue de toute critique, pour finalement hausser les épaules, fataliste.

    «Mais donc, tu ne sais rien faire, j’imagine ? s’enquit-elle de sa petite voix agréable. Hum…. Eh bien, comme je m’occupe de la cuisine et qu’Estelle s’occupe de la toilette de Madame, il ne te restera plus que le ménage à faire et de toutes ces tâches annexes, ennuyeuses. Probablement pas ce qu’il y a de plus gratifiant et de plus rapide à faire, mais au moins cela ne demande-t-il pas de compétence particulière, ai-je envie de dire.
    - Tellement ennuyant…
    ajouta Estelle. Mais bon, faut le faire. Viens, on va te montrer les autres pièces. On peut savoir aussi ce que tu faisais en… prison, quand même ? »

    La voilà qui regardait Juliette avec un air de défiance, et s’était écartée d’un petit pas en arrière. Quand bien même la nouvelle avait-elle clamé son innocence qu’il n’y avait que le mot prison, ainsi que toutes ses implications, qui résonnaient dans l’esprit de la blonde.

    Tout au bout du couloir se trouvait une petite porte, dérobée aux regards, laquelle menait sur une pièce exiguë, très sombre et à l’isolation plus qu’incertaine. Seule une petite cuve meublait la salle, tandis qu’une autre porte donnait sur l’extérieur.

    «Notre salle de bain, si l’on peut dire…
    - Oui… C’est là que tu pourras faire ta toilette, rapidement, en allant chercher de l’eau au puits derrière le manoir par cette petite porte.
    - C’est sombre et froid pour pas qu’on soit tentées de batifoler un peu trop longtemps ici plutôt que de faire ce pour quoi on est employées, m’a dit un jour la margrave. N’espère même pas prendre un bain chaud.
    - J’te raconte pas en hiver…
    »
    Les deux servantes grimacèrent de concert.

    Deux escaliers se trouvaient au rez-de-chaussée. Un qui descendait vers une petite cave lugubre, presque vide et humide, et un autre, qu’elles escaladèrent. A l’étage se tenait un nouveau couloir où, en son centre, se trouvait un long tapis rouge traversant les lieux. Les deux jeunes femmes présentèrent une fois de plus les différents endroits qu’elles montraient au fur et à mesure de leur progression.

    «Ici, c’est ma chambre, commença Licinia en chuchotant, après avoir ouvert la porte.
    - Et là, la mienne » renchérit Estelle sur le même ton en en désignant une autre, toute proche.
    Les deux pièces étaient sensiblement identiques, composées d’un lit propre et d’une petite commode dans laquelle ranger ses affaires. Une petite fenêtre apportait une clarté chétive en provenance d’une lune à moitié couverte par ces nuages qui ne se distinguaient qu’en passant devant l’astre argenté, en un beau contraste.

    «La chambre de Madame et de Monsieur, qui mène à leur propre salle de bain.
    - Beaucoup mieux que la nôtre, bien entendue
    . » Cette fois-ci, la porte ne fut pas ouverte, les deux propriétaires des lieux étant certainement en train de dormir, ce qui expliquait les murmures des deux filles.
    « Le bureau de Monsieur.
    - Il y n’y est pas trop souvent.
    - Et pourtant, il est bien plus présent ici que ne l’est Madame.
    - C’est sûr. Madame gère toute la ville tandis que Monsieur…
    -… Oui, je t’écoute ?
    taquina Licinia, un petit air soudainement espiègle dans ses grands yeux smaragdins.
    - Eh bien, il ne fait pas grand-chose, en fait, grimaça Estelle. Il vit simplement sur les richesses de la margrave, voilà tout. ‘Fin, pas grand-chose… Il en profite pour aller voir les dames ou même en ramener ici, secrètement, quand Madame n’est pas là… Ce qui peut arriver souvent.

    Le ton avait encore baissé, passant au stade de messes-basses. Estelle et Licinia se regardèrent, échangeant un regard complice, avant de pouffer de rire.

    « Ici, une porte que tu trouveras constamment fermée à clef, je ne sais pas trop pourquoi. Il n’y a que Monsieur et Madame qui possèdent ladite clef.
    - Pareil, ‘jamais su ce qu’il y avait derrière.
    - Ouais…

    Elles s’éloignèrent rapidement après que, ayant actionné, pour preuve, le mécanisme de la porte qui refusa de s’ouvrir, elles eussent exprimé une petite moue de mécontentement.

    « Une autre chambre –oui, encore une, mais n’espère pas y séjourner un jour. Elle est destinée pour les invités, ce genre de personne… Assez souvent vide.
    - Ce qui est très bien comme cela
    , rétorqua Licinia, l’air malicieux et le ton enjoué. Moins de travail ! Estelle sourit.
    La chambre était bien plus grande et bien mieux meublée que celles des deux servantes. Un grand lit à baldaquin d’où pendaient des rideaux fins à brocards d’or et d’argent occupait la pièce dont le sol était tapissé d’une moquette douce et toute aussi riche. Un guéridon entouré de deux chaises reposaient dans un coin de la chambre, parmi d’autres meubles comme une armoire et une commode au bois finement ciselé. Une grande fenêtre offrait une vue plongeante sur la nuit, et l’on n’y distinguait pas gr

    «Et enfin, la pièce qui sera probablement la plus importante pour toi…
    - Surtout si tu sors de prison
    , ne put s’empêcher d’ajouter Estelle, grimaçant alors qu’elle se remémorait ce petit détail.
    – Ta chambre ! » continua la brune en ouvrant presque théâtralement une porte qui donnait sur une pièce identique à celles qu’elles avaient toutes les deux.

    « Bon, eh bien voilà pour le tour des lieux… Bon, je pense que l’on ferait mieux d’aller se coucher. Demain, faut se lever aux aurores. Ça va être une dure journée… Enfin, peut-être un peu moins que d’habitude vu que tu es là, maintenant, mais bon…
    Bonne nuit !
    »

    Et les deux jeunes femmes s’en retournèrent dans leur chambre respective.
    Si jamais tu as des questions à leur poser, demande-leur (juste avant qu’elles s’en aillent au lit, par exemple).

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Juliette Dickens
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude

Message par Juliette Dickens »

« On peut savoir aussi ce que tu faisais en… prison, quand même ? »

Les propos de Juliette Dickens avaient rendu ses deux collègues un peu plus anxieuses que lors de leur rencontre. Mais la jeune fille n’aurait pas pu cacher la vérité à Estelle et Licinia indéfiniment, un jour où l’autre elles l’auraient appris de la bouche de la margrave Adélaïde von Mach. Elle se devait donc de les rassurer pour que la suite se passe bien.

« On m’avait accusé d’avoir volé la colombe de l’oratoire de Shallya à Nachtdorf. Mais la margrave vient de m’apprendre que la colombe en question a été retrouvée dans le pot de chambre d’un autre prisonnier. Donc je ne suis pas une voleuse et j’espère que ce petit séjour dans les geôles d’Eisental ne va pas altérer nos liaisons. »

Finalement la petite troupe monta à l’étage et les deux servantes montrèrent à Juliette où se trouvait sa salle de bain ainsi que sa nouvelle chambre. Sa chambre comportait un lit propre et une petite commode, ainsi qu’une fenêtre donnant sur l’extérieur. Sa chambre ressemblait en tous points à celles de Licinia et d’Estelle. Avoir sa propre chambre était déjà un luxe pour Juliette donc elle fut ravie.

« Bon, eh bien voilà pour le tour des lieux… Bon, je pense que l’on ferait mieux d’aller se coucher. Demain, faut se lever aux aurores. Ça va être une dure journée… Enfin, peut-être un peu moins que d’habitude vu que tu es là, maintenant, mais bon… »

Soudainement Juliette Dickens se rappela que la margrave lui avait ordonnée de nettoyer le fauteuil qu’elle avait sali lors de « l’entretien ». Et la jeune fille ne voulait pas se faire remarquer dès la première journée donc elle demanda où elle pourrait trouver les chiffons pour le nettoyage.

« Attendez… vous pouvez m’indiquer où se trouvent les chiffons et tous le matériel dont j’aurais besoin pour faire le nettoyage ? Et aussi, je n’ai pas le droit à une robe de camérière ? Je ne peux plus me présenter devant la margrave avec cette tenue… »

Lorsque les servantes eurent répondu à ses questions, Juliette leur souhaita une bonne nuit et partit nettoyer les coussins. En se dirigeant vers l’escalier, la jeune paysanne passa à nouveau devant la porte fermée. Elle aimerait tellement savoir ce que la margrave et son mari pouvaient bien y cacher. Et si elle pouvait trouver la clef durant son nettoyage, Juliette ne se gênera pas pour y faire un petit tour.

Une fois qu’elle eût nettoyé le fauteuil à l’aide d’un chiffon, Juliette Dickens remonta dans sa chambre où elle retira ses vêtements avant de se glisser entre les couvertures, avec soulagement. Une nouvelle vie s’offrait à la jeune fille et elle comptait bien exploiter cette deuxième chance qui lui était offerte…

Et oui ! Je n’ai pas oublié de nettoyer le fauteuil, et je compte bien devenir la chouchou de Dame Adélaïde :P
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