Les arguments du scythien firent mouche. Le vampire en colère fut frappé de plein fouet par le défi de son ennemi et l’attaque envers son honneur. La flamme de la haine qui brillait dans les yeux de la créature déjà morte se ternit un court instant, un infime moment, une fraction de seconde où le doute s’instilla dans son esprit.Test de CHA : 3. Réussite.
Sans le savoir, Raël avait touché à une corde qui résonnait auprès du dragon de sang. Comme la plupart de ceux de sa lignée, le vampire était résolument attaché à l’honneur, du moins à une certaine forme d’honneur qui était la recherche d’un combat loyal contre les meilleurs. Les autres ne méritaient pas cette considération et devaient être traités comme du bétail, et on n’accordait pas au bétail les mêmes honneurs qu’à un adversaire de choix.
Dès que le guerrier s’aperçut que son stratagème avait fonctionné et déstabilisé le mort-vivant, il fonça droit sur la baie vitrée brisée, le bouclier levé. Serait-ce suffisant pour surprendre Romain ? Rien n’était moins sûr, car même perturbé, il avait des réflexes fulgurants.
Pour une fois, l’humain fut plus vif que le vampire, qui n’eut pas le temps de réagir pour l’empêcher de foncer vers l’extérieur et ses amis. Alors que Raël Khem sautait dehors au travers des vitres brisées, le noble eut quand même le temps de dégainer d’un geste surhumain sa dague et de la projeter vers le fuyard. La lame frôla la hanche du guerrier du Sud, et alla se ficher dans le montant de bois de fenêtre démolie.Test d’INI de Raël : 4. Test d’INI de Romain : 4. Avec le malus tu es plus rapide, il ne peut t’attaquer au corps à corps.
Tir de Romain d’Albon (lancer de couteau) : 12. Raté de justesse.
Raël était maintenant sorti de la demeure, et n’avait par chance aucune blessure supplémentaire à déplorer. Le vacarme de son atterrissage sur son bouclier au milieu des morceaux de bois éclatés et des tessons de verre brisés attira l’attention de ses hommes présents dans la cour, dont Aziz et Amalia, qui se précipitèrent aussitôt vers lui en l'assaillant de question.
-Sobek !
-Seigneur, que se passe-t-il ?!
-Patron, ça va !?
La même interrogation était sur les lèvres d’Aziz, d’Amalia et de tous les hommes de main présents dans la cour, blessés ou intacts. Normalement, toute résistance aurait dû être écrasée, ils ne comprenaient pas pourquoi leur chef s’était jeté ainsi sur le sol.
Tandis qu’à l’intérieur un cri de rage retentit, bientôt suivi de clameurs et de bruits de combat. Apparemment, les pillards avaient du tomber dans le dos du vampire et se battaient maintenant contre lui.
Le seul dans la cour à réagir autrement que par la surprise était le prisonnier, le garde qui s’était rendu, et que Raël avait délaissé, presque oublié après qu’il ait parlé. Il hurla d’un air terrifié :
-C’EST LUI ! VITE, IL FAUT FUIR ! FUIR ! C’EST NOTRE SEULE CHANCE !
L’homme avait trahi son patron, et n’espérait visiblement aucune clémence de sa part. Même si pour l’instant il était encadré par des sbires de Raël qui l’en empêchait, il semblait vouloir prendre ses jambes à son cou et quitter la propriété au plus vite.

