Bienvenue à la Taverne !
Modérateur : Equipe MJ
- Ayla Parawyn
- PJ
- Messages : 68
- Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... la_parawyn.
- Localisation : Haha! tu voudrais le savoir hein? bah cherche.
Re: Bienvenue à la Taverne !
Ayla avait fini par laisser tomber sa joute verbale avec Koravar, et avait plié bagages, s'en retournant sur la route tantôt poussiéreuse, tantôt boueuse, afin d'effectuer quelques contrats avantageux.
Quelques temps avaient passés déjà, lorsque, séjournant dans une ville non loin de l'étrange taverne, la jeune fille avait aperçu en pleine nuit un personnage à la démarche chaloupée et à l'allure pour le moins...étrange, placarder des affiches un peu partout dans la petite cité.
Intriguée, notre tueuse avait mis quelques minutes avant de décider d'aller voir ce que tramait l'étrange inconnu, elle était sortie de la petite auberge ou elle logeait, et s'était rendue à l'endroit ou elle avait vu le petit ètre pour la dernière fois.
Elle tenta de lire l'affiche malgré le noir, puis du se résoudre à l'arracher et à la lire à la lumière de la lune:
"Réouverture du SQUIG UNIJAMBISTE, première boisson OFFERTE"
"Fichtre" avait elle songer, le Squig unijambiste n'était-il pas cette taverne mal famée remplie de personnes toutes plus ou moins douteuses? une réouverture...peut être que cela signifiait des clients ENFIN normaux? une rénovation de l'établissement? c'était très intéressant...
La jeune tueuse retourna tranquillement dans sa chambre, l'affiche toujours en main, et réfléchit quelques instant, actuellement, elle n'avait aucun contrat et commençait à craindre pour sa survie, tant ses pistoles diminuaient à vue d’œil, peut être qu'a cette taverne elle trouverait un mécène?
Ni une ni deux, elle s'était saisit de ces affaires, et, elle s'en était allée vers le Squig unijambiste.
Le chemin avait été...comment dire? "ennuyant" et..."énervant" pour ne pas dire (à la manière de notre raffinée jeune fille).
-Chiant et casse couille, Marmonna Ayla en arrivant, couverte de poussière à un panneau qui indiquait la direction du Squig.
Elle suivit ladite direction, et, lorsqu'elle contempla la taverne, sa mâchoire se décrocha.
Des palmiers, OUI des palmiers! bordaient un palais d'une grandeur et d'une beauté qui n'avait plus rien à voir avec l'ancienne gargote!
En plus, il faisait bien chaud, comme si...comme si en arrivant aux bord de la "taverne" on changeait de pays! la jeune fille se surprit à sourire comme une gosse, elle adorait déjà cet endroit!
Ayla remonta l'allée des palmier, et, arrivée devant la porte, elle fut une nouvelle fois surprise, bon, ok, il y avait eu une sacrée rénovation, mais...pouvait-on lui expliquer la raison pour laquelle c'était un SINGE qui servait de garde?! et habillé d'une élégante manière en plus!
Ce dernier, en la voyant arriver, s'adressa à elle d'une voix bien grave:
-Vous avez une réservation?
Ayla le regarda avec des yeux rond comme des soucoupes...il parlait?! puis, se remettant de sa surprise, elle lui répondit d'une voix ferme:
-Non, mais j'ai ceci
Et elle lui présenta l'affiche, qui était à présent, froissée comme un vieux parchemin.
Le singe prit le papier et regarda tour à tour la jeune fille et cette preuve pour le moins étonnante.
Il semblait douter, Ayla songea que si il ne la laissait entrer, elle allait piquer une crise de colère monumentale...Finalement, le singe hocha la tète, se gratta le crane, et déclara:
-Ouais, bon, d'accord, c'est le début, entrez!
Ayla le salua d'un signe de tète et entra dans l'établissement, c'était beau, lumineux, propre, c'était bien mieux qu'auparavant en gros, au plafond, illuminant la salle, des lustres en formes de palmier, au comptoir, il y avait un autre singe, avec un cigare et une banane, il observait de son œil avisé la salle et ses occupants, d'ailleurs, on pouvait remarquer les deux donzelles plus que courtement vêtues qui semblaient travailler ici comme serveuses et qui devaient sûrement faire...des heures supplémentaires...
En plus du singe et des deux filles, il y avait un homme de taille moyenne et d'age moyen, on ne manquait pas de le remarquer avec sa coupe de cheveux extravagante, un peu plus loin, une jeune fille avec de long cheveux pales et vêtue d'une bien belle manière, sirotait un martini tout en affichant une apparente confiance.
Ayla bailla, cachant vivement sa bouche qui s'ouvrait peu gracieusement avec sa main gantée, elle était fatiguée, et un bon bain ne serait pas du luxe, elle regarda un peu autour d'elle et vit un autre singe pas loin d'un escalier, elle songea qu'il fallait sûrement s'adresser à lui pour obtenir une chambre, alors elle salua les autres clients ainsi que le singe fumeur, et alla se faire accompagner à une chambre par le singe de l'escalier.
Il lui tendit une clé, et l’arrêta devant une porte marquée du chiffre 401, puis il la laissa, Ayla ouvrit la porte et découvrit un superbe logement, ça brillait, c'était bien décoré, il y avait une baignoire, bref, le luxe total.
D’ailleurs, il y avait de l'eau dans la baignoire, Ayla balança ces affaires en vrac sur le sol, et soupira d'aise en s'installant dans l'eau chaude.
A ce moment précis, un autre singe, une femelle à première vue, rentra dans la chambre avec certainement l'intention d'assister la jeune fille, elle portait aussi dans ses long bras une petite pile de vêtements neufs.
Alors là, pas question, quand elle prenait son bain, personne n'avait le droit juste de l'apercevoir, et encore moins de la toucher! La jeune tueuse s'adressa poliment à la "dame", lui expliquant qu'elle se débrouillait bien toute seule, mais que néanmoins elle la remerciait pour l'intention et pour les habits.
La femelle s'en alla, posant les vêtements sur le lit, laissant Ayla seule.
Elle profita un maximum, et lorsque l'eau commença à refroidir, elle ressortit à regret, les bouts des doigts tout fripés, elle se sécha avec l'une des serviettes mises à disposition, et entreprit de se rendre présentable, tout d'abord, elle se coiffa, ses cheveux lui donnèrent du fil à retordre, mais une fois cette besogne faite, sa chevelure avait retrouvé sa brune couleur et sa prestance.
Ceci fait, elle détailla les vêtements apportés par la femelle, une jolie robe simple, coupe pour l'été à première vue, vert sombre, avec de discrets motifs dorés rappelant curieusement à la jeune fille les dessins des tenues arabéenes, ainsi que des sandales de cuir tressées, qui iraient à merveille avec la robe, un petit coffret en bois de rose patientait sur une petite table surmontée d'un superbe miroir géant, Ayla l'ouvrit et ce qu'elle découvrit lui coupa la respiration, dedans étaient conservés de superbes bijoux, argent, or diamant, émeraudes, saphirs, rubis et topazes, boucles d'oreilles, colliers, bracelets, bagues, grandes, petites, moyennes, le coffret était plein à craquer!
La jeune fille n'avait jamais eu un goût prononcé pour les parures, mais là...c'était tentant...elle préleva un discret collier composé d'une fine chaîne d'or ainsi que d'une petite émeraude, qui rappellerait sûrement le vert de ses yeux, puis elle reposa avec précaution le coffret si précieux.
Elle s'habilla, et se mira quelques instant dans le miroir, oui, elle était plutôt jolie ainsi, en tout cas c'était mieux que quelques instant plus tôt lorsqu'elle était entrée crasseuse et poussiéreuse au Squig, elle se regarda un peu plus attentivement, ses cheveux bruns cascadaient librement dans son dos, la robe et les sandales lui allaient parfaitement, peu de maquillage, bref, l'élégance de la simplicité, elle surprit à se trouver peut ètre plus que jolie, belle? oui sûrement...ensuite elle mit un peu d’ordre dans ses affaires.
Ceci fait, elle redescendit, et alla directement vers le singe fumeur, déduisant par son allure conquérante qu'il était le patron de l'établissement, elle lui parla ainsi:
-Je vous remercie pour le service de chambre qui est impeccable, de plus, je tenait à vous féliciter pour la rénovation de l'établissement qui est absolument admirable, j'ai connu l'endroit avant, et ce que vous avez réalisé ici est un vrai tour de magie!
Puis elle alla au comptoir et commanda un petit cocktail léger, une fois le verre en main, elle alla s'installer à une table.
Le cocktail était excellent, peu alcoolisé, plutôt sucré, de la banane? sûrement. Ayla se cala confortablement sur sa chaise, et savoura la tranquillité, ainsi que la douce chaleur de l'extérieur, qui entrait légèrement à l'intérieur.
Quelques temps avaient passés déjà, lorsque, séjournant dans une ville non loin de l'étrange taverne, la jeune fille avait aperçu en pleine nuit un personnage à la démarche chaloupée et à l'allure pour le moins...étrange, placarder des affiches un peu partout dans la petite cité.
Intriguée, notre tueuse avait mis quelques minutes avant de décider d'aller voir ce que tramait l'étrange inconnu, elle était sortie de la petite auberge ou elle logeait, et s'était rendue à l'endroit ou elle avait vu le petit ètre pour la dernière fois.
Elle tenta de lire l'affiche malgré le noir, puis du se résoudre à l'arracher et à la lire à la lumière de la lune:
"Réouverture du SQUIG UNIJAMBISTE, première boisson OFFERTE"
"Fichtre" avait elle songer, le Squig unijambiste n'était-il pas cette taverne mal famée remplie de personnes toutes plus ou moins douteuses? une réouverture...peut être que cela signifiait des clients ENFIN normaux? une rénovation de l'établissement? c'était très intéressant...
La jeune tueuse retourna tranquillement dans sa chambre, l'affiche toujours en main, et réfléchit quelques instant, actuellement, elle n'avait aucun contrat et commençait à craindre pour sa survie, tant ses pistoles diminuaient à vue d’œil, peut être qu'a cette taverne elle trouverait un mécène?
Ni une ni deux, elle s'était saisit de ces affaires, et, elle s'en était allée vers le Squig unijambiste.
Le chemin avait été...comment dire? "ennuyant" et..."énervant" pour ne pas dire (à la manière de notre raffinée jeune fille).
-Chiant et casse couille, Marmonna Ayla en arrivant, couverte de poussière à un panneau qui indiquait la direction du Squig.
Elle suivit ladite direction, et, lorsqu'elle contempla la taverne, sa mâchoire se décrocha.
Des palmiers, OUI des palmiers! bordaient un palais d'une grandeur et d'une beauté qui n'avait plus rien à voir avec l'ancienne gargote!
En plus, il faisait bien chaud, comme si...comme si en arrivant aux bord de la "taverne" on changeait de pays! la jeune fille se surprit à sourire comme une gosse, elle adorait déjà cet endroit!
Ayla remonta l'allée des palmier, et, arrivée devant la porte, elle fut une nouvelle fois surprise, bon, ok, il y avait eu une sacrée rénovation, mais...pouvait-on lui expliquer la raison pour laquelle c'était un SINGE qui servait de garde?! et habillé d'une élégante manière en plus!
Ce dernier, en la voyant arriver, s'adressa à elle d'une voix bien grave:
-Vous avez une réservation?
Ayla le regarda avec des yeux rond comme des soucoupes...il parlait?! puis, se remettant de sa surprise, elle lui répondit d'une voix ferme:
-Non, mais j'ai ceci
Et elle lui présenta l'affiche, qui était à présent, froissée comme un vieux parchemin.
Le singe prit le papier et regarda tour à tour la jeune fille et cette preuve pour le moins étonnante.
Il semblait douter, Ayla songea que si il ne la laissait entrer, elle allait piquer une crise de colère monumentale...Finalement, le singe hocha la tète, se gratta le crane, et déclara:
-Ouais, bon, d'accord, c'est le début, entrez!
Ayla le salua d'un signe de tète et entra dans l'établissement, c'était beau, lumineux, propre, c'était bien mieux qu'auparavant en gros, au plafond, illuminant la salle, des lustres en formes de palmier, au comptoir, il y avait un autre singe, avec un cigare et une banane, il observait de son œil avisé la salle et ses occupants, d'ailleurs, on pouvait remarquer les deux donzelles plus que courtement vêtues qui semblaient travailler ici comme serveuses et qui devaient sûrement faire...des heures supplémentaires...
En plus du singe et des deux filles, il y avait un homme de taille moyenne et d'age moyen, on ne manquait pas de le remarquer avec sa coupe de cheveux extravagante, un peu plus loin, une jeune fille avec de long cheveux pales et vêtue d'une bien belle manière, sirotait un martini tout en affichant une apparente confiance.
Ayla bailla, cachant vivement sa bouche qui s'ouvrait peu gracieusement avec sa main gantée, elle était fatiguée, et un bon bain ne serait pas du luxe, elle regarda un peu autour d'elle et vit un autre singe pas loin d'un escalier, elle songea qu'il fallait sûrement s'adresser à lui pour obtenir une chambre, alors elle salua les autres clients ainsi que le singe fumeur, et alla se faire accompagner à une chambre par le singe de l'escalier.
Il lui tendit une clé, et l’arrêta devant une porte marquée du chiffre 401, puis il la laissa, Ayla ouvrit la porte et découvrit un superbe logement, ça brillait, c'était bien décoré, il y avait une baignoire, bref, le luxe total.
D’ailleurs, il y avait de l'eau dans la baignoire, Ayla balança ces affaires en vrac sur le sol, et soupira d'aise en s'installant dans l'eau chaude.
A ce moment précis, un autre singe, une femelle à première vue, rentra dans la chambre avec certainement l'intention d'assister la jeune fille, elle portait aussi dans ses long bras une petite pile de vêtements neufs.
Alors là, pas question, quand elle prenait son bain, personne n'avait le droit juste de l'apercevoir, et encore moins de la toucher! La jeune tueuse s'adressa poliment à la "dame", lui expliquant qu'elle se débrouillait bien toute seule, mais que néanmoins elle la remerciait pour l'intention et pour les habits.
La femelle s'en alla, posant les vêtements sur le lit, laissant Ayla seule.
Elle profita un maximum, et lorsque l'eau commença à refroidir, elle ressortit à regret, les bouts des doigts tout fripés, elle se sécha avec l'une des serviettes mises à disposition, et entreprit de se rendre présentable, tout d'abord, elle se coiffa, ses cheveux lui donnèrent du fil à retordre, mais une fois cette besogne faite, sa chevelure avait retrouvé sa brune couleur et sa prestance.
Ceci fait, elle détailla les vêtements apportés par la femelle, une jolie robe simple, coupe pour l'été à première vue, vert sombre, avec de discrets motifs dorés rappelant curieusement à la jeune fille les dessins des tenues arabéenes, ainsi que des sandales de cuir tressées, qui iraient à merveille avec la robe, un petit coffret en bois de rose patientait sur une petite table surmontée d'un superbe miroir géant, Ayla l'ouvrit et ce qu'elle découvrit lui coupa la respiration, dedans étaient conservés de superbes bijoux, argent, or diamant, émeraudes, saphirs, rubis et topazes, boucles d'oreilles, colliers, bracelets, bagues, grandes, petites, moyennes, le coffret était plein à craquer!
La jeune fille n'avait jamais eu un goût prononcé pour les parures, mais là...c'était tentant...elle préleva un discret collier composé d'une fine chaîne d'or ainsi que d'une petite émeraude, qui rappellerait sûrement le vert de ses yeux, puis elle reposa avec précaution le coffret si précieux.
Elle s'habilla, et se mira quelques instant dans le miroir, oui, elle était plutôt jolie ainsi, en tout cas c'était mieux que quelques instant plus tôt lorsqu'elle était entrée crasseuse et poussiéreuse au Squig, elle se regarda un peu plus attentivement, ses cheveux bruns cascadaient librement dans son dos, la robe et les sandales lui allaient parfaitement, peu de maquillage, bref, l'élégance de la simplicité, elle surprit à se trouver peut ètre plus que jolie, belle? oui sûrement...ensuite elle mit un peu d’ordre dans ses affaires.
Ceci fait, elle redescendit, et alla directement vers le singe fumeur, déduisant par son allure conquérante qu'il était le patron de l'établissement, elle lui parla ainsi:
-Je vous remercie pour le service de chambre qui est impeccable, de plus, je tenait à vous féliciter pour la rénovation de l'établissement qui est absolument admirable, j'ai connu l'endroit avant, et ce que vous avez réalisé ici est un vrai tour de magie!
Puis elle alla au comptoir et commanda un petit cocktail léger, une fois le verre en main, elle alla s'installer à une table.
Le cocktail était excellent, peu alcoolisé, plutôt sucré, de la banane? sûrement. Ayla se cala confortablement sur sa chaise, et savoura la tranquillité, ainsi que la douce chaleur de l'extérieur, qui entrait légèrement à l'intérieur.
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
- Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration

- Messages : 543
- Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
- Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem
Re: Bienvenue à la Taverne !
- Le bruit de la diligence, elle ne le connaissait que trop bien, tout autant que le grincement des essieux et le tressautement du véhicule protestant au gré des cahots de la route. Et aussi bien des claquements des sabots des chevaux des gardes qui l’escortaient. Pour aussi loin qu’elle pût se souvenir, ses réminiscences la portaient à chaque fois à l’un de ces maudits voyages qui l’emmenaient s’épuiser de lassitude le long de ces routes abandonnées. Et les pavés manquants ou ceux qui, déchaussés, trainaient sur la voie, venaient heurter de plein fouet les roues du coche, meurtrissant et le carénage de la berline, et le dos de sa propriétaire. Celle-ci se tenait à moitié allongée sur la banquette, tête reposante sur le dossier, yeux fermés en direction du plafond, tandis que s’exprimait sur son visage l’ennui. Nouvelle secousse, nouvelle esquisse de grimace ; un petit soupir s’échappa des lèvres vermeilles.
Fort heureusement, ce calvaire d’engourdissement et de torpeur vannée ne durerait point. Pour avoir caracolé un certain nombre de fois sur ce sentier, elle se savait à proximité de ce bouge miséreux que l’on nommait Le Squig Unijambiste. Rien de mieux à se mettre sous la dent, dans cette profonde et noire forêt inhabitée de tous et seulement occupée par n’importe quoi. Ah, c’était que la dernière fois que ses pérégrinations l’y avaient menée, un spectacle sans précédent, celui que l’on ne voit qu’une fois dans sa vie, l’avait accueillie à son arrivée. Minotaure et magicien, reître et druzhina, échauffourée et déclaration d’amour en tout genre, de quoi vous bâtir l’une des tragédies les plus ridicules qu’auraient pu vous proposer certains des rhapsodistes les plus maladroits d l’Empire. Peut-être n’était-ce pas, finalement, très indiqué que d’y faire escale, mais passer une nuit de plus dans cette espace confiné que représentait sa voiture eût eu raison de la santé mentale de sa propriétaire.
Au fur et à mesure de leur progression, le temps semblait aller à s’abeausir, et l’air à se réchauffer. La mer de nuages pommelés tendait à se désagréger, s’éparpillant au profit d’un soleil encore rayonnant, quoiqu’amorçant son déclin en faveur d’une nuit prochaine. En dépit du vêtement pour le moins révélateur qu’elle portait, sous le lourd et onéreux tissu de sa robe, une chaleur anormale pour cette époque de l’année menaçait de l’incommoder. Pas qu’elle y fût aussi sensible que ses paires, mais cette sensation, lorsqu’elle n’était pas pleinement désirée, n’était jamais appréciable, et elle ne vous en retirait qu’une certaine lourdeur et un épuisement général.
Enfin, la diligence s’immobilisa, et en sortit de par la porte que venait d’ouvrir un de ses soldats Lucretia von Shwitzerhaüm.
Munie d’une ombrelle, l’éclat des lieux l’aveugla cependant, et quelques secondes furent nécessaires pour qu’elle s’y habituât. Plusieurs battements de cils plus tard, et la baronne eut tout le loisir de faire errer son regard dans cet environnement qui, si elle l’avait pourtant et à plusieurs reprises fréquenté, ne lui disait plus rien. Loin du taudis écœurant qui s’envieillissait chaque fois plus à mesure qu’elle l’honorait de sa présence se tenait là un palais miniature, flanqué de hautes tours aussi gracieuses et élancées les unes que les autres. Le sentier boueux avait laissé place à une allée de gravier blanc, et les carcasses noirâtres barbouillées de vert des chétives fougères s’étaient évaporées. Présentement, des arbres aux feuilles aussi gigantesques que ne l’étaient les troncs des végétaux bordaient droitement l’allée jusqu’au bâtiment principal, et dans l’air embaumait un parfum exotique et rafraichissant.
Quelque décontenancée qu’elle fût, la baronne risqua un coup d’œil au coche, et le regard que ce dernier lui retourna était lui aussi marqué par la surprise. Non, semblait-il, ils ne rêvaient pas, pas plus, à vrai dire, que l’homme ne s’était trompé de chemin. Et quand bien même l’eût-il fait, impossible qu’ils s’égarassent à ce point jusqu’à atteindre de telles latitudes tropicales. Car, pour autant que pût en juger la baronne de par ses lectures, eu égard aux dimensions des arbres et à ces oiseaux multicolores qui gazouillaient çà et là, un arrière-goût de Lustrie se laissait deviner… Si ce continent existait bel et bien.
La surprise passée, la noble s’en retrouva charmée, mais sceptique également, et ce dernier sentiment venait lui gâcher ce premier. L’endroit paradisiaque dans lequel elle se trouvait ne pouvait décemment pas prendre forme au beau milieu de là où se tenait autrefois le tristement célèbre Squig Unijambiste, ou seulement au prix d’un puissant maléfice. Son regard se posa sur une fleur magnifique, d’où s’exhalait une fragrance sans pareil. A peine l’esprit de la jeune femme s’était-il avancé sur la beauté du tableau qu’un gros insecte bourdonnant vint s’y déposer, butinant, et que la fleur déploya un cocon mortel et multicolore qui vint lentement mais sûrement encager le pauvre et englué animal dans une longue agonie. La beauté et la splendeur pouvaient, avec fourberie mais efficacité, cacher son lot de misères et de dangerosité… La baronne en savait quelque chose. Etait-ce là un repaire tout aussi mal famé que son prédécesseur, mais bien plus alliciant, afin de ne berner que mieux encore ses futurs voyageurs imprudents ? Tout cela n’avait pu se construire aussi vite, ces arbres pousser aussi expressément.
Une nouvelle vision vint de nouveau voiler son regard. Qu’était l’animal qui l’observait, l’air menaçant ? N’était-ce pas un singe ?! La noble cligna des yeux plusieurs fois, avant de se dire que dans un pareil climat d’étrangeté, plus rien ne devait la surprendre dorénavant. Et n’était-ce pas dans ce genre d’environnement que vivaient pareilles créatures ? Dans ces jungles de Lustrie, où se côtoyaient des bestioles plus improbables les unes que les autres ? Si ces histoires-là n’étaient contées que par des marins ivres les peuplant de fabuleux trésors et de lézards marchant sur deux pattes, la noble ne leur avait jamais accordé la moindre attention que par l’amusement qu’ils lui causaient, mais voilà que ses yeux venaient apporter une certaine véracité à toutes ces affabulations.
Une moue dégoûtée s’afficha sur les délicats traits de Lucretia, qui contourna ostensiblement ce mésavenant simulacre de l’être humain. Pénétrant dans la pièce principale, un de ses gardes sur les talons, elle détailla les lieux. Bien plus agréable que la fois précédent, pour sûr, mais au vu de ce qu’elle avait pu apercevoir de la beauté de l’extérieur, le contraire l’eût étonnée. Guère de tables crasseuses sur lesquelles s’étaient incrustés la lie et les répugnants restes des repas à moitié consommés. Rien que nitescence et propreté, fraicheur et pierre blanche. Mais pour combien de temps encore ? Voyant qu’elle ne risquait rien, elle donna sa permission au type qui la collait, lequel s’empressa d’apporter la bonne nouvelle à ses confrères. Qu’ils aillent dépenser une bonne partie de leur argent chez ces putains qui se trémoussaient et qui ne manqueraient pas d’écarter les cuisses dès que poindrait le moindre sou, elle n’en avait cure. Faisant fi de cette nouvelle allégresse, la baronne s’avança dans la salle.
Loin des traînes-misères qui l’occupaient d’habitude, celle-ci accueillait la présence de personnes bien plus sades en habits que d’ordinaire. A moins que ce ne fût encore l’opulence des lieux dispensant à qui mieux mieux nombre de vêtures et parures luxueuses, afin de gommer les différences de chacun, ou de pouvoir se vanter de ne recevoir que de la clientèle de qualité.
Un type finissait son plat, un autre enchaînait les verres. Au comptoir, l’une des putains, habillée en robe bleu marine, se reposait quelques temps, tandis qu’un homme, assis non loin d’elle, lui distillait de petits sourires. Une jeune femme, attifée d’une robe verte, de colliers et de pierreries, passa devant elle, avant de disparaître de son champ de vision.
Lucretia von Shwitzerhaüm oublia tout cela, et, se rapprochant dignement du comptoir, lança par-dessus :
« Qu’est donc devenu le Squig Unijambiste, qu’est-ce que… tout ceci ? Cette mascarade nécessite une explication. »
- Raël Khem
- Warfo Award 2019 du Maudit de Ranald

- Messages : 298
Re: Bienvenue à la Taverne !
Parfois les gens boivent trop, parfois les gens se battent trop et parfois les gens appellent la garde. Exactement ce qui s'était passé à Marienburg, forçant Raël et son petit compère à repartir sur les routes à destination de la prochaine ville, mais la bourse bien remplie cette fois!
Alors qu'ils parcouraient la route dans un silence de plomb, l'estomac dans les talons et la fatigue dans les pieds, Aziz remarqua un petit morceau de papier coincé sous un galet près de la route. Le sortant de sa prison terrestre, le guerrier eut un mal fou à comprendre ce qui était écrit, ah, le reikspiel... Après quelques longues minutes d'efforts il parvint à traduire le parchemin et à conclure qu'il s'agissait d'un papier invitant son possesseur à se rendre dans la "nouvelle" auberge du Squig Unijambiste, qui se trouvait non loin.
Comme prévu le bâtiment fût bientôt en vue, les deux compagnons restèrent un moment estomaqué: comment un si bel endroit pouvait-il se trouver dans uen région aussi misérable? Et comment pouvait-on se croire en Arabie alors qu'elle était à des milliers de lieux de là? D'un soupir commun ils renoncèrent à se poser plus de questions pour avancer dans l'allée jusqu'à pousser les portes du palace. Ce fût Aziz qui eût la première réaction.
-"Seigneur regarde! Un singe!"
Le Scythien se résigna à lever les yeux du plancher immaculé pour se retrouver nez à museau avec un gorille habillé! Il ouvrit des yeux grands comme des soucoupes avant de se pincer le bras pour se réveiller de ce cauchemars idiot. Après quelques essais il dût se rendre à l'évidence, il avait devant lui un gorille en habit de réception... Qui parlait!
-"Avez-vous réservé?"
-"Euh, j'ai ça..."
Il lui tendit le parchemin trouvé plus tôt, le vigile lui indiqua aussitôt une chambre à laquelle il pouvait se rendre pour se reposer avant de descendre boire un peu. L'idée était intéressante, c'est ainsi que les deux garçons s'en furent aux étages, Raël en profitant pour cacher aux yeux d'Aziz les serveuses dévêtues et les trois belles demoiselles qui buvaient dans la salle.Après avoir résisté en vain à tentation de s'arrêter un peu pour les regarder... Malheureusement on le rappella à l'ordre, lui intimant de laisser son kopesh et la dague du petit voleur dans les loges. Il s'éxécuta, maudissant quelques peu les gardes simiesques de l'endroit.
Les appartements étaient assez spacieux, bien aéré et bien éclairé, deux beaux lits de plumes trônaient au fond de la pièce, à côté d'eux une guenon s'activait à les rendre encore plus présentable. Lorsqu'elle aperçut notre duo, elle se précipita en deux bonds vers eux, tendant les mains comme pour leur demander l'aumône. Raël comprit rapidement qu'elle souhaitait nettoyer leurs habits sales. Ainsi il confia sa grand toge noire et les habits bruns d'Aziz à la soubrette, qui les emporta dans une loge avant de leur faire couler un bain où ils se prélassèrent en toute impunité...
Une petite heure après, les deux amis étaient propres et leurs vêtements avaient été parfaitement lavés -et même séché!-, ils étaient encore un peu humides par endroit, mais rien de grave, et vu la chaleur étouffante du lieu ce serait vite passé... Dans ses beaux tissus noirs brillants -et désormais parés de quelques bijous d'inspiration orientales- recouvrant intégralement son corps et suivi par son petit acolyte qui avait enfin l'air présentable dans ses habits de jeune noble arabien, il avait maintenant plus l'air du fils d'un sultan que d'un garçon des rues, ses habits bouffants et une petite tunique bleu nuit et dorée lui donnant un air riche. Raël s'assit à une table pour commander, un rhum pour lui et un... Jus de banane pour Aziz.
Bien entendu, il profita de l'attente de la commande pour jeter des coups d'oeils plus ou moins discret aux quelques jolies dames bien habillées et parées de bijous qui l'entouraient...
Alors qu'ils parcouraient la route dans un silence de plomb, l'estomac dans les talons et la fatigue dans les pieds, Aziz remarqua un petit morceau de papier coincé sous un galet près de la route. Le sortant de sa prison terrestre, le guerrier eut un mal fou à comprendre ce qui était écrit, ah, le reikspiel... Après quelques longues minutes d'efforts il parvint à traduire le parchemin et à conclure qu'il s'agissait d'un papier invitant son possesseur à se rendre dans la "nouvelle" auberge du Squig Unijambiste, qui se trouvait non loin.
Comme prévu le bâtiment fût bientôt en vue, les deux compagnons restèrent un moment estomaqué: comment un si bel endroit pouvait-il se trouver dans uen région aussi misérable? Et comment pouvait-on se croire en Arabie alors qu'elle était à des milliers de lieux de là? D'un soupir commun ils renoncèrent à se poser plus de questions pour avancer dans l'allée jusqu'à pousser les portes du palace. Ce fût Aziz qui eût la première réaction.
-"Seigneur regarde! Un singe!"
Le Scythien se résigna à lever les yeux du plancher immaculé pour se retrouver nez à museau avec un gorille habillé! Il ouvrit des yeux grands comme des soucoupes avant de se pincer le bras pour se réveiller de ce cauchemars idiot. Après quelques essais il dût se rendre à l'évidence, il avait devant lui un gorille en habit de réception... Qui parlait!
-"Avez-vous réservé?"
-"Euh, j'ai ça..."
Il lui tendit le parchemin trouvé plus tôt, le vigile lui indiqua aussitôt une chambre à laquelle il pouvait se rendre pour se reposer avant de descendre boire un peu. L'idée était intéressante, c'est ainsi que les deux garçons s'en furent aux étages, Raël en profitant pour cacher aux yeux d'Aziz les serveuses dévêtues et les trois belles demoiselles qui buvaient dans la salle.Après avoir résisté en vain à tentation de s'arrêter un peu pour les regarder... Malheureusement on le rappella à l'ordre, lui intimant de laisser son kopesh et la dague du petit voleur dans les loges. Il s'éxécuta, maudissant quelques peu les gardes simiesques de l'endroit.
Les appartements étaient assez spacieux, bien aéré et bien éclairé, deux beaux lits de plumes trônaient au fond de la pièce, à côté d'eux une guenon s'activait à les rendre encore plus présentable. Lorsqu'elle aperçut notre duo, elle se précipita en deux bonds vers eux, tendant les mains comme pour leur demander l'aumône. Raël comprit rapidement qu'elle souhaitait nettoyer leurs habits sales. Ainsi il confia sa grand toge noire et les habits bruns d'Aziz à la soubrette, qui les emporta dans une loge avant de leur faire couler un bain où ils se prélassèrent en toute impunité...
Une petite heure après, les deux amis étaient propres et leurs vêtements avaient été parfaitement lavés -et même séché!-, ils étaient encore un peu humides par endroit, mais rien de grave, et vu la chaleur étouffante du lieu ce serait vite passé... Dans ses beaux tissus noirs brillants -et désormais parés de quelques bijous d'inspiration orientales- recouvrant intégralement son corps et suivi par son petit acolyte qui avait enfin l'air présentable dans ses habits de jeune noble arabien, il avait maintenant plus l'air du fils d'un sultan que d'un garçon des rues, ses habits bouffants et une petite tunique bleu nuit et dorée lui donnant un air riche. Raël s'assit à une table pour commander, un rhum pour lui et un... Jus de banane pour Aziz.
Bien entendu, il profita de l'attente de la commande pour jeter des coups d'oeils plus ou moins discret aux quelques jolies dames bien habillées et parées de bijous qui l'entouraient...
Avatar complet:
Raël Khem, Maître-d'armes Scythien
Profil: For 14 | End 14 | Hab 11 | Cha 10 | Int 10 | Ini 15 | Att 16 | Par 16 | Tir 8 | NA 3 | PV 105/105
Lien Fiche personnage:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _rael_khem
Compagnon : Aziz, voleur
Profil : For 6 | End 6 | Hab 11 | Cha 7 | Int 8 | Ini 10 | Att 8 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 40/40
Compétences : Fuite (1) Chance (1) Escamotage (1) Mendicité (1) Vol à la tire (1)
Profil: For 14 | End 14 | Hab 11 | Cha 10 | Int 10 | Ini 15 | Att 16 | Par 16 | Tir 8 | NA 3 | PV 105/105
Lien Fiche personnage:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _rael_khem
Profil : For 6 | End 6 | Hab 11 | Cha 7 | Int 8 | Ini 10 | Att 8 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 40/40
Compétences : Fuite (1) Chance (1) Escamotage (1) Mendicité (1) Vol à la tire (1)
- [MJ] Mestre Pongo
- PJ
- Messages : 42
- Profil : Le Sage Ineffable
Re: Bienvenue à la Taverne !
Les clients...défilaient.
Oh bien sûr, l'oeil exercé du maître reconnu rapidement que tous n'étaient pas de la même qualité. Les derniers arrivés par exemple ne risquaient pas de claquer une fortune dans l'immense casino que l'anthropoïde avait monté à grands frais derrière la palmeraie. Mais ils étaient tout de même les bienvenus, décida-t-il en voyant que l'un d'eux commandait une boisson à la banane.
En parlant de coktail...
Je vous remercie pour le service de chambre qui est impeccable, de plus, je tenait à vous féliciter pour la rénovation de l'établissement qui est absolument admirable, j'ai connu l'endroit avant, et ce que vous avez réalisé ici est un vrai tour de magie!
L'orang-outan eut un très jolie sourire, qui sembla un instant lui occupper la grande majorité de son immense figure. Le compliment le touchait beaucoup. Décidement, ces gens-là étaient bien braves! Il n'avait rien, fait, tout au plus quelques claquements de doigt. Bon, c'est vrai c'était de la magie. Et il avait tracé les plans. Mais enfin, son humilité naturelle...
Oooooooook.
Il ne serra pas pour autant la main de la chose en vert sombre. Les mains des gens avaient tendance à se chiffonner sous sa poigne... Non, ce qu'li lui fallait, c'était un tour dans la palmeraie. Au clair de lune, de nouvelles bananes se réveleraient certainement à son oeil exercé. Et puis il fallait controler l'orchestre!
Il se dandinait doucement vers la sortie, lorsqu'il apperçu une humaine étrange qui n'avait pas tant l'air de s'amuser. Un deuxième coup d'oeil plus tard, et il apprit qu'il ne s'agissait pas d'une humaine. Le Mestre tenta un troisième coup d'oeil, mais non, cette femelle gardait sa sinistre nature. Avec la moue de dépit du bon vivant devant le déjà mort, le Mestre se propulsa vers le bar, où le barman semblait en difficulté.
Qu’est donc devenu le Squig Unijambiste, qu’est-ce que… tout ceci ? Cette mascarade nécessite une explication.
Le cousin d'ailleurs ne semblait pas tout à fait à la hauteur. Il essuya un verre, puis tendit une cacahouètes à la jeune femme, comme pour s'excuser de ne pas saisir un traitre mot de ce qu'elle disait. Pongo l'Ineffable se devait d'agir.
"Hum. Bonsoir Mademoiselle. Nous sommes enchantée de retrouver parmi nous une ancienne cliente du Squig. Je suis Eluard Pongo, le nouveau propriétaire et, si vous me permettez de vous offrir quelque chose, je vais répondre instamment à vos questions...légitimes."
Les points de suspensions étaient important aux yeux de l'anthropoïde. Un vrai sage s'exprime toujours avec des points de suspension, avait-il décidé, aussi ses phrases en étaient-elles truffées. Il est vrai que lui se contentait de dire Ook!, mais enfin, c'est là l'interêt de la magie n'est-ce pas?
Sans avoir été consulté, le barman posa sur le comtoire un verre à pied délicat, dans lequel il versa trois liquides ocres ou rouges, qu'il touilla délicatement à l'aide d'un petit bambou. Pongo s'en saisit, puis le tendit plus ou moins délicatement à son vis-à-vis.
"Voyez-vous, ce bouge bien sympathique du Squig a fermé il y a quelques temps déjà. Des clients qui disparaissaient après y être entrés, l'espace-temps qui se délite, la causalité en vrac, bref, une perte de substance; il lui fallait le temps de récupérer. J'ai donc repris les lieux à mon compte et à mon goût il est vrai plus...estival. L'auberge reviendra je pense, une fois que j'aurai ammassé assez pour traiter de tout ça avec les régulateurs téluriques."
Tout à son exposé, l'orang-outan ne remarqua que tard le regard un peu méfiant voire incompréhensif de la vampire. Levant les yeux, il le croisa, et resta un instant interloqué. Qu'avait-elle? Il décida d'abréger. Il avait très envie de banane.
"Pour faire court, ce palais vous accuillera avec plaisir, mais l'auberge crade est toujours quelque part j'imagine. Dans les caves peut-être. Libre à vous de la chercher. Mais sachez qu'une suite est à votre disposition dans les tours, avec tout le confort que mérite votre rang, pour vous délasser et vous reposer. Et il ne vous en coûtera rien, la politique de l'établissement étant dans un premier temps de repeupler le Squig."
Il avait décidement une envie folle de bananes! Que diable, quand allait-il pouvoir filer? Un éclair de génie simiesque le tira de l'embarras.
"Ecoutez, si vous avez la moindre question, je vous laisse la poser à notre Grand Ordonnateur, c'est lui qui est véritablement en charge des invités ce soir. Il sera ravi de vous rendre ce service."
Surtout qu'elle avait des atouts pour lui plaire ajouta l'orang-outan interieurement. Faisant signe vivement de son immense bras, il s'assura que son GO l'avait vu, puis il s'éclipsa en tentant sa fameuse réverence, chose pourtant impossible pour une bestiole d'un de cinq pieds cinq pouces de haut sur quatre pied cinq pouces de large et à la constitution proche de celle de la motte de beurre fondue en stade terminal. Il prit la porte avec dignité, puis s'empressa de sauter d'arbres en arbres.
Oh bien sûr, l'oeil exercé du maître reconnu rapidement que tous n'étaient pas de la même qualité. Les derniers arrivés par exemple ne risquaient pas de claquer une fortune dans l'immense casino que l'anthropoïde avait monté à grands frais derrière la palmeraie. Mais ils étaient tout de même les bienvenus, décida-t-il en voyant que l'un d'eux commandait une boisson à la banane.
En parlant de coktail...
Je vous remercie pour le service de chambre qui est impeccable, de plus, je tenait à vous féliciter pour la rénovation de l'établissement qui est absolument admirable, j'ai connu l'endroit avant, et ce que vous avez réalisé ici est un vrai tour de magie!
L'orang-outan eut un très jolie sourire, qui sembla un instant lui occupper la grande majorité de son immense figure. Le compliment le touchait beaucoup. Décidement, ces gens-là étaient bien braves! Il n'avait rien, fait, tout au plus quelques claquements de doigt. Bon, c'est vrai c'était de la magie. Et il avait tracé les plans. Mais enfin, son humilité naturelle...
Oooooooook.
Il ne serra pas pour autant la main de la chose en vert sombre. Les mains des gens avaient tendance à se chiffonner sous sa poigne... Non, ce qu'li lui fallait, c'était un tour dans la palmeraie. Au clair de lune, de nouvelles bananes se réveleraient certainement à son oeil exercé. Et puis il fallait controler l'orchestre!
Il se dandinait doucement vers la sortie, lorsqu'il apperçu une humaine étrange qui n'avait pas tant l'air de s'amuser. Un deuxième coup d'oeil plus tard, et il apprit qu'il ne s'agissait pas d'une humaine. Le Mestre tenta un troisième coup d'oeil, mais non, cette femelle gardait sa sinistre nature. Avec la moue de dépit du bon vivant devant le déjà mort, le Mestre se propulsa vers le bar, où le barman semblait en difficulté.
Qu’est donc devenu le Squig Unijambiste, qu’est-ce que… tout ceci ? Cette mascarade nécessite une explication.
Le cousin d'ailleurs ne semblait pas tout à fait à la hauteur. Il essuya un verre, puis tendit une cacahouètes à la jeune femme, comme pour s'excuser de ne pas saisir un traitre mot de ce qu'elle disait. Pongo l'Ineffable se devait d'agir.
"Hum. Bonsoir Mademoiselle. Nous sommes enchantée de retrouver parmi nous une ancienne cliente du Squig. Je suis Eluard Pongo, le nouveau propriétaire et, si vous me permettez de vous offrir quelque chose, je vais répondre instamment à vos questions...légitimes."
Les points de suspensions étaient important aux yeux de l'anthropoïde. Un vrai sage s'exprime toujours avec des points de suspension, avait-il décidé, aussi ses phrases en étaient-elles truffées. Il est vrai que lui se contentait de dire Ook!, mais enfin, c'est là l'interêt de la magie n'est-ce pas?
Sans avoir été consulté, le barman posa sur le comtoire un verre à pied délicat, dans lequel il versa trois liquides ocres ou rouges, qu'il touilla délicatement à l'aide d'un petit bambou. Pongo s'en saisit, puis le tendit plus ou moins délicatement à son vis-à-vis.
"Voyez-vous, ce bouge bien sympathique du Squig a fermé il y a quelques temps déjà. Des clients qui disparaissaient après y être entrés, l'espace-temps qui se délite, la causalité en vrac, bref, une perte de substance; il lui fallait le temps de récupérer. J'ai donc repris les lieux à mon compte et à mon goût il est vrai plus...estival. L'auberge reviendra je pense, une fois que j'aurai ammassé assez pour traiter de tout ça avec les régulateurs téluriques."
Tout à son exposé, l'orang-outan ne remarqua que tard le regard un peu méfiant voire incompréhensif de la vampire. Levant les yeux, il le croisa, et resta un instant interloqué. Qu'avait-elle? Il décida d'abréger. Il avait très envie de banane.
"Pour faire court, ce palais vous accuillera avec plaisir, mais l'auberge crade est toujours quelque part j'imagine. Dans les caves peut-être. Libre à vous de la chercher. Mais sachez qu'une suite est à votre disposition dans les tours, avec tout le confort que mérite votre rang, pour vous délasser et vous reposer. Et il ne vous en coûtera rien, la politique de l'établissement étant dans un premier temps de repeupler le Squig."
Il avait décidement une envie folle de bananes! Que diable, quand allait-il pouvoir filer? Un éclair de génie simiesque le tira de l'embarras.
"Ecoutez, si vous avez la moindre question, je vous laisse la poser à notre Grand Ordonnateur, c'est lui qui est véritablement en charge des invités ce soir. Il sera ravi de vous rendre ce service."
Surtout qu'elle avait des atouts pour lui plaire ajouta l'orang-outan interieurement. Faisant signe vivement de son immense bras, il s'assura que son GO l'avait vu, puis il s'éclipsa en tentant sa fameuse réverence, chose pourtant impossible pour une bestiole d'un de cinq pieds cinq pouces de haut sur quatre pied cinq pouces de large et à la constitution proche de celle de la motte de beurre fondue en stade terminal. Il prit la porte avec dignité, puis s'empressa de sauter d'arbres en arbres.
- Anton
- PJ
- Messages : 124
- Profil : Venez découvrir mon livre de recette http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 177&t=3179
Re: Bienvenue à la Taverne !
Le GO ajusta soigneusement les bouffes de son manteau, puis se regarda dans l'immense glace qui lui faisait face. Encore de beaux restes...
Dans la chambre monumentale que Pongo lui avait alloué, une demi-douzaine de S... d'anthropoîdes s'activaient autour d'un coffret de bijoux et d'un coffre à vêtement. On lui présenta une chaîne en argent délicate, et des guêtres discrètements pourpres. Voilà qui irait à merveille. Le baron aimait être bien habillé, tant que cela restait discret. Vieux jeu, voilà tout. Tandis qu'on l'habillait, le baron laissa son regard errer ça et là sur les tapisseries d'un autre âge. Restaurées de main de maître, on reconnaissait clairement du travail de facture elfique. Les scènes étaient aisamment reconnaissables pour un érudit comme lui. Quoique, rectifia-t-il, c'était bien la première fois qu'il voyait les Anciens stylisés avec des poils roux et, visiblement, quatre mains.
Le baron entra dans l'immense salle. Le faste déployé était considérable, et il n'y avait que peu à y redire. Il était dommage que Pongo manquâ singulièrement du jugement en ce qui concernait les feuilles de palmier, les frondaisons domestiquées qui parsemaient les piliers cachant les belles voûtes à ogives. Il avait eu également la main un peu lourde en ce qui concernait les serveuses, et les décorations, mais on ne pouvait pas non plus lui demander l'impossible. D'un geste, Anton fit discrètement évacuer un des derniers chandeliers dorés en forme de banane qui lui avait encore échappé, puis attrappa un verre qui passait. Le baron fut agréablement surpris par la saveur de noix de coco. Voilà qui avait le mérite de l'originalité.
L'oeil du baron fut attiré par un grand bras roux qui s'agitait. Le brave orang-outan en difficulté, déjà? Avec un sourire, toujours un verre à la main, Anton s'approcha, tandis que le quadrumane s'eclipsait. Il se demanda qui pouvait le troubler ainsi. Une rombière, ici?
En voyant la terrible adversaire du pauvre primate, le sourire du baron se fit plus large. Pas une rombière, mais un des pires caractère qui soit dans tout l'Empire; Pongo n'avait effectivement aucune chance. Quelle agréable surprise! La voix d'Anton, toujours riche, se fit plus chaleureuse encore pour lui parler...
"Bonsoir Ombeline."
Dans la chambre monumentale que Pongo lui avait alloué, une demi-douzaine de S... d'anthropoîdes s'activaient autour d'un coffret de bijoux et d'un coffre à vêtement. On lui présenta une chaîne en argent délicate, et des guêtres discrètements pourpres. Voilà qui irait à merveille. Le baron aimait être bien habillé, tant que cela restait discret. Vieux jeu, voilà tout. Tandis qu'on l'habillait, le baron laissa son regard errer ça et là sur les tapisseries d'un autre âge. Restaurées de main de maître, on reconnaissait clairement du travail de facture elfique. Les scènes étaient aisamment reconnaissables pour un érudit comme lui. Quoique, rectifia-t-il, c'était bien la première fois qu'il voyait les Anciens stylisés avec des poils roux et, visiblement, quatre mains.
Le baron entra dans l'immense salle. Le faste déployé était considérable, et il n'y avait que peu à y redire. Il était dommage que Pongo manquâ singulièrement du jugement en ce qui concernait les feuilles de palmier, les frondaisons domestiquées qui parsemaient les piliers cachant les belles voûtes à ogives. Il avait eu également la main un peu lourde en ce qui concernait les serveuses, et les décorations, mais on ne pouvait pas non plus lui demander l'impossible. D'un geste, Anton fit discrètement évacuer un des derniers chandeliers dorés en forme de banane qui lui avait encore échappé, puis attrappa un verre qui passait. Le baron fut agréablement surpris par la saveur de noix de coco. Voilà qui avait le mérite de l'originalité.
L'oeil du baron fut attiré par un grand bras roux qui s'agitait. Le brave orang-outan en difficulté, déjà? Avec un sourire, toujours un verre à la main, Anton s'approcha, tandis que le quadrumane s'eclipsait. Il se demanda qui pouvait le troubler ainsi. Une rombière, ici?
En voyant la terrible adversaire du pauvre primate, le sourire du baron se fit plus large. Pas une rombière, mais un des pires caractère qui soit dans tout l'Empire; Pongo n'avait effectivement aucune chance. Quelle agréable surprise! La voix d'Anton, toujours riche, se fit plus chaleureuse encore pour lui parler...
"Bonsoir Ombeline."
Anton von Adeldoch, Noble du Sudenland, lien vers l'aventure en cours: http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 380#p97380
Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges
Fr.N.
Fr.N.
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
- Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration

- Messages : 543
- Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
- Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem
Re: Bienvenue à la Taverne !
- Un singe ! Encore l’un de ces damnés primates ! N’y avait-il que ça qui peuplait l’auberge en qualité de domestique ? Car le tenancier du comptoir ne se trouva pas être autre que l’une de ces grossières bestioles hirsutes et trapues, imitant lamentablement les humains. Et à celle-ci de la dévisager de son horrible face prognathe, une expression ahurie et totalement stupide inscrite là-dessus. La jeune femme n’en attendait pas moins d’une telle créature ; comment diable n’importe quel animal, singe ou non, eût-il été en peine de comprendre un traitre mot ? Ou du moins, se corrigea-t-elle, le sens d’une phrase un tant soit peu élaborée, puisqu’elle devait bien reconnaître que les chiens et, plus rarement, les chats, avaient été dotés d’une certaine compréhension aux idées les plus simples, lorsqu’il s’agissait d’un jeu les concernant. Mais là, mais là !
Le primate, aussi bien dressé fut-il à servir quelques boissons, ne pouvait décemment pas tenir une boutique et parvenir à se dépêtrer de toutes les opérations et calculs, pourtant basiques, qui en découlerait. Si l’ancien propriétaire des lieux n’était qu’un crétin de dissipateur, le nouveau, lui, se révélait n’être qu’un idiot ou un idéaliste à l’esprit rempli de lubies aussi irréalisables les unes que les autres. Quant à savoir, en fin de compte, lequel était le mieux, la baronne, tombant des nues, n’en savait plus rien.
« Mais… Mais… ! », s’outragea-t-elle lorsque la misérable créature lui présenta une cacahuète dans sa main répugnante qu’il avait dû laisser trainer elle ne savait où. La noble n’avait jamais été reconnue pour sa patience, et cette dernière vertu, là, s’amenuisait de manière drastique. Elle en perdait presque ses mots devant ce risible spectacle, elle qui ne demandait qu’à ce qu’on lui répondît, et cette perte de temps lui faisait voir rouge. Alors qu’une foultitude d’idées lui traversait l’esprit sur la manière de se débarrasser du grotesque singe, et que l’envie de le chasser comme un vulgaire chien galeux la démangeait, un autre spécimen du même genre vint se substituer à lui.
Les poings tout comme la mâchoire de Lucretia se crispèrent brusquement, alors que ses yeux se fermèrent et qu’elle se mordit la lèvre. Il faut que je me calme, vraiment. Peut-être la jeune femme pouvait-elle encore tenter de se maîtriser un tant soit peu, bien que cela fût bien plus facile à dire qu’à faire. Mais là, c’en était tout simplement trop, l’on se payait ouvertement sa tête, à lui envoyer ces parodies humaines en guise de domestiques, et voilà qui n’était vraiment pas conseillé. Que le drôle qui s’identifiait comme étant le propriétaire de tout cela se présentât à elle, et Lucretia lui montrerait de quel bois se chauffait-elle.
Et pour pousser la mauvaise plaisanterie jusqu’au bout, voilà que le primate lui adressa la parole. Mais c’est que ça parle ! s’exclama-t-elle in petto, tout en effectuant un léger mouvement de recul. Si elle s’était attendue à cela ! Très vite, la jeune femme plongea au plus profond d’elle-même, cherchant une perturbation de l’Aethyr. Un tour de passe-passe censé intimider les crédules et les traînes-misères en leur faisant croire que le singe leur parlait, mais force lui était de reconnaître, alors qu’elle scrutait scrupuleusement la bestiole, que la trame de la réalité et du concret n’avait point été déformée. A moins qu’il s’agît d’un sorcier plus doué qu’elle-même ne l’était, mais cela, elle n’y croyait pas, pas plus, à vrai dire, d’un mage étant parvenu à franchir les barrières de son esprit et de sa volonté. Impossible. Qu’un fou s’y essayât, et elle lui rongerait lentement l’esprit dans un retour de flamme mental.
Et puis, un petit rire cristallin mais nerveux vint la secouer doucement. La voilà qui s’employait à chercher des explications plus farfelues les unes que les autres, allant jusqu’à soupçonner un perfide usage de la magie, alors qu’il ne s’agissait peut-être que d’un fait totalement naturel. Elle se remémora ses années d’étude à Altdorf, et plus particulièrement le moment où, alors qu’elle se promenait insoucieusement dans le quartier de l’Amstbezirk, ses pas l’avaient conduite au zoo impérial. Des créatures venant des quatre coins du monde s’y trouvaient là, des animaux rapportés par des explorateurs intrépides et téméraires, et ses yeux d’alors avaient tantôt été horrifiés par ce que le Vieux Monde et ses au-delàs pouvaient offrir, tantôt émerveillés par la majestueuse beauté de certaines espèces inconnues. Et n’y avait-il pas non plus eu, également, ces grands oiseaux si différents de ceux que l’on rencontrait sur le Vieux Continent, au plumage garni de mille et une couleurs, et capables, par-dessus tout, de réciter à force de mémoire et de patience de simples mots, ou même, parfois, des phrases entières pour les volatiles les plus intelligents ?
Se pouvait-il, dès lors, que le singe qui se trouvait devant elle fût doté de la même capacité ? Voilà qui était des plus probables, des plus simples, et des plus rassurants également.
Cela dit, si le véritable maître de céans avait décidé de faire de cette chose la mascotte des lieux, Lucretia trouvait son choix des plus discutables, et rien n’aurait pu lui permettre de trouver un elle-ne-savait-quoi d’attendrissant, de gracieux, ou même de sympathique dans cette abominable copie du plus inhumain des humains. Et lorsque le primate s’empara d’un verre pour le lui présenter, la noble ne put s’empêcher de grimacer en le saisissant du bout des doigts, s’appliquant bien à ne pas même frôler l’hideuse patte poilue que pour mieux déposer le verre sur le comptoir.
Le discours avait ceci d’étrange qu’il était pour le moins long, et Lucretia se demanda à quel point la créature était-elle dotée d’intelligence pour en retenir tous ces faux-semblants de raisonnement. Le regard de la baronne se voila. A quoi donc pouvait-on bien penser pour apprendre à pareil être pareil amphigouri ?, songea-t-elle, et dans sa tête revint subitement l’idée que l’on cherchait à se payer la tête de tout un chacun. Et cela se confirma lorsque la bête récita ses dernières paroles.
« Le confort que mérite mon rang ? endêva-t-elle, s’aheurtant à ne pas laisser passer l’insulte, quand bien même ne parlait-elle qu’à une pauvre bestiole qui, si déplaisante fut-elle, ne comprenait sûrement pas un traitre mot de ce qu’on lui avait appris à réciter. M’envoyer des macaques lorsque j’exige une réponse, et me faire servir par d’autres de ces bestiaux si j’en viens à commander le couvert ? Et en guise de camérières, aurais-je l’insigne honneur de me voir attribuer des babouins ? Dussè-je avoir une suite composée ainsi que je préférerais encore avoir vos putes que voilà pour dames d’atours ! » lâcha-t-elle crûment en désignant de la main, sans même les regarder, les principales concernées.
Aussi étrange que cela parût, le singe sembla comprendre le discours de l’endémenée, et, laissant échapper un dernier nom sur lequel elle pourrait passer le reste de sa fureur et demander des comptes, s’esbigna aussitôt, la laissant plantée là.
« Bonsoir, Ombeline. »
Lucretia von Shwitzerhaüm virevolta brusquement. Qui l’avait appelée comme cela ? Voilà un nom qui semblait provenir d’un ancien temps, où elle n’était encore qu’une infime partie de ce qu’elle était désormais devenue. Et que l’on sût encore la reconnaître sous cette désignation-là lui laissait un étrange sentiment. Non pas qu’elle en eût peur ou redoutait quoique ce fût à ce sujet, simplement avait-elle bâti la suite de son existence sur une autre appellation qui faisait maintenant partie d’elle-même et que ses accointances reconnaissaient comme telle. Et là, qu’elle ne fut pas sa surprise de découvrir…
« Baron von Adeldoch ? Anton, est-ce bien vous ?! » A rencontre fortuite heureux hasard. Combien de temps depuis la dernière fois où elle l’avait vu, dans cette soirée où bon nombre de choses étranges s’étaient déroulées, et dont l’hôte était introuvable ? Des années, lui semblait-il.
« Eh bien, cela, pour une surprise, en voilà une !, sourit-elle en lui prenant le bras, oubliant jusqu’à l’ire qui l’avait habitée quelques secondes auparavant. Je désespérais de trouver quelqu’un de sensé en ces lieux que la raison et la logique délaissèrent au profit de l’absurdité. Vraiment, des singes doués de mimétismes qui m’affligent de leurs paroles insensées, y croyez-vous donc ?! Quelle horrible idée de la part du tenancier ! Ah, que n’a-t-il pas jeté son dévolu sur ces merveilleux oiseaux dotés de semblables capacités oratoires, c’eût été bien plus plaisant !
Mais, dites-moi, comment, pauvre de vous, avez-vous échoué dans pareil asile ? »
- Anton
- PJ
- Messages : 124
- Profil : Venez découvrir mon livre de recette http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 177&t=3179
Re: Bienvenue à la Taverne !
Incroyable flamme de la jeunesse. Le baron regarda presque avec un élan de tendresse l'indignation outrée de la jeune Ombeline, devant les facéties simiesques de l'hôte. Incroyable. Elle n'avait pas changé d'une ride! Oh, bien sûr, sa tenue était différente, sa coiffure, ses cheveux. Mais on la reconnaissait instantanément, comme si on ne l'avait jamais vraiment quitté. En un sens, c'était plaisant. Mais à la fin de sa tirade, le baron ne pu s'empêcher de rire:
"Ah, ma chère Ombeline, vous êtes toujours la même. Un tempérament de feu qu'un rien attise, n'est-ce pas? Je suis réellement heureux de vous voir, même dans cet...asile comme vous dites. Oui, vraiment heureux!"
Ombeline répliqua quelque chose mais, à cet instant précis, un immense singe à la toison sombre se mit à crier sur l'un de ses congénères. Le raffut qui s'en suivit l'empêcha de comprendre quoi que ce soit de ce que disait sa délicieuse compagne. Le baron sourit à nouveau, quoique ce sourire-là semblait quelque peu usé, comme s'il avait été agité trop de fois dans la journée. Prenant la jeune femme par le bras, le baron s'approcha de son oreille et lui glissa:
"Ma chère, ces bestioles sont un calvaire. Sortons, voulez-vous?"
Comme elle ne semblait pas contre une telle idée, Anton s'engagea à sa suite dans un petit couloir chargé de tapisseries usées, puis poussa le rideau de soie rouge qui en fermait l’extrémité. D'une semi-révérence, il engagea Ombeline à s'avancer. Puis il la suivit, et se redressa devant la vue. Décidément, le macaque savait faire de belles choses lorsqu'il n'imitait pas l'homme...
"Ah, ma chère Ombeline, vous êtes toujours la même. Un tempérament de feu qu'un rien attise, n'est-ce pas? Je suis réellement heureux de vous voir, même dans cet...asile comme vous dites. Oui, vraiment heureux!"
Ombeline répliqua quelque chose mais, à cet instant précis, un immense singe à la toison sombre se mit à crier sur l'un de ses congénères. Le raffut qui s'en suivit l'empêcha de comprendre quoi que ce soit de ce que disait sa délicieuse compagne. Le baron sourit à nouveau, quoique ce sourire-là semblait quelque peu usé, comme s'il avait été agité trop de fois dans la journée. Prenant la jeune femme par le bras, le baron s'approcha de son oreille et lui glissa:
"Ma chère, ces bestioles sont un calvaire. Sortons, voulez-vous?"
Comme elle ne semblait pas contre une telle idée, Anton s'engagea à sa suite dans un petit couloir chargé de tapisseries usées, puis poussa le rideau de soie rouge qui en fermait l’extrémité. D'une semi-révérence, il engagea Ombeline à s'avancer. Puis il la suivit, et se redressa devant la vue. Décidément, le macaque savait faire de belles choses lorsqu'il n'imitait pas l'homme...
Anton von Adeldoch, Noble du Sudenland, lien vers l'aventure en cours: http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 380#p97380
Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges
Fr.N.
Fr.N.
- Armando Florès
- PJ
- Messages : 26
- Profil : FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 8/ INI 8/ ATT 9/ PAR 10/ TIR 8/ NA 1/ PV 60/60(bonus inclus)
- Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ndo_flores
- Localisation : Estalie
Re: Bienvenue à la Taverne !
La taverne aux allures étranges se remplissait peu à peu, la clientèle étant beaucoup plus féminine que masculine au grand plaisir de l’Estalien. Il observa une dernière fois la jeune femme située près de lui. Elle était si jeune… Son fils aurait certainement eut près de son âge n’eut-il été tué lorsque le village natale d’Armando fût attaqué. Le visage du bretteur prit une apparence mélancolique, tandis qu’il plongeait ses lèvres dans le liquide rouge contenu dans sa coupe.
Puis alors qu’il terminait sa première coupe, se versant sa seconde, son regard aperçu une créature sublime. Le trentenaire n’avait que très rarement eut le souffle coupé par une femme dans sa vie depuis la mort de son épouse. Cette fois-ci, il passa bien près de s’étouffer avec sa gorgé de grand cru Estalien. Qui était donc cette beauté sublime? Son teint pâle, ses cheveux cuivrés et ces yeux. Que dire de ces yeux? Certes, elle était plus jeune que notre homme et très certainement d’une classe sociale bien plus haute, mais Armando avait côtoyé la noblesse, enseignant aux petits bourgeois Estalien. Il se devait de l’aborder. Il dirigea son attention vers le barman.
-Oune autra coupe por favor
Le barman s’empressa de répondre à son client, avant d’être lui-même aux prises avec la jeune dame. L’Estalien observa un peu le dialogue entre la furie et le responsable du service au bar, appréciant encore plus la noble, lui qui appréciait les femmes de caractère. Il versa le vin Estalien dans la seconde coupe, s’apprêtant à aborder la beauté dès qu’il en aurait l’opportunité. Puis vint un singe au pelage orange qui parla à la dame se présentant comme le propriétaire des lieux. Magie obscure songea le bretteur. Une fois celui-ci parti, le señor Florès se leva, coupe à la main, pour finalement aborder la jeune femme.
Malheur et déception, il fût prit de court par un homme à l’allure noble, laissant peu de chance à notre homme du sud. De surcroît, l’homme connaissait la belle, l’appelant par son prénom, prénom qui resterait, sans nul doute, graver dans la mémoire du bretteur. Le duo fini par sortir de l’établissement, annihilant définitivement les espoirs du maître d’arme. Un peu gêner et fortement déçu, Armando reprit sa place, poussant la deuxième coupe un peu plus loin devant lui. Le barman ne put s’empêcher de sourire tandis que l’Estalien replongeait ses lèvres dans sa propre coupe, observant les alentours. Vivement le début du bal, il aurait peut-être alors une seconde chance d’aborder la jeune noble.
Puis alors qu’il terminait sa première coupe, se versant sa seconde, son regard aperçu une créature sublime. Le trentenaire n’avait que très rarement eut le souffle coupé par une femme dans sa vie depuis la mort de son épouse. Cette fois-ci, il passa bien près de s’étouffer avec sa gorgé de grand cru Estalien. Qui était donc cette beauté sublime? Son teint pâle, ses cheveux cuivrés et ces yeux. Que dire de ces yeux? Certes, elle était plus jeune que notre homme et très certainement d’une classe sociale bien plus haute, mais Armando avait côtoyé la noblesse, enseignant aux petits bourgeois Estalien. Il se devait de l’aborder. Il dirigea son attention vers le barman.
-Oune autra coupe por favor
Le barman s’empressa de répondre à son client, avant d’être lui-même aux prises avec la jeune dame. L’Estalien observa un peu le dialogue entre la furie et le responsable du service au bar, appréciant encore plus la noble, lui qui appréciait les femmes de caractère. Il versa le vin Estalien dans la seconde coupe, s’apprêtant à aborder la beauté dès qu’il en aurait l’opportunité. Puis vint un singe au pelage orange qui parla à la dame se présentant comme le propriétaire des lieux. Magie obscure songea le bretteur. Une fois celui-ci parti, le señor Florès se leva, coupe à la main, pour finalement aborder la jeune femme.
Malheur et déception, il fût prit de court par un homme à l’allure noble, laissant peu de chance à notre homme du sud. De surcroît, l’homme connaissait la belle, l’appelant par son prénom, prénom qui resterait, sans nul doute, graver dans la mémoire du bretteur. Le duo fini par sortir de l’établissement, annihilant définitivement les espoirs du maître d’arme. Un peu gêner et fortement déçu, Armando reprit sa place, poussant la deuxième coupe un peu plus loin devant lui. Le barman ne put s’empêcher de sourire tandis que l’Estalien replongeait ses lèvres dans sa propre coupe, observant les alentours. Vivement le début du bal, il aurait peut-être alors une seconde chance d’aborder la jeune noble.
Florès, Armando, Voie du Maître d'arme
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 10 | Tir 8 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ndo_flores
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 9 | Par 10 | Tir 8 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ndo_flores
- Raël Khem
- Warfo Award 2019 du Maudit de Ranald

- Messages : 298
Re: Bienvenue à la Taverne !
L'auberge commençait à s'animer, les clients à rentrer et à consommer. Le train de vie habituel d'une taverne en somme. C'était d'un ennui! Heureusement il y avait nombre de jolies jeunes femmes, en plus des serveuses, dont les ports et les fesses auraient fait chavirer un Prêtre-Liche. La première à attirer son attention fût une rouquine en grande tenue et coiffure élaborée qui discutait vivement avec le babouin qui se tenait au comptoir, ce qui fit beaucoup rire Raël au passage.
Suite à quoi le barman se retrouva secouru par un orang-outan -c'est à ce niveau que notre Scythien arrêta de réfléchir à la logique des évènements- qui ne connu pas un meilleur sort que son collègue. Finalement ce fût un noble guindé qui vint à la rencontre de la furie rousse, ils semblaient se connaître, même si de loin c'était difficile à dire.
Le guerrier fini de se désintéresser de la scène quand l'étrange "couple" sortit vers la palmeraie, il reporta donc son attention aux autres dames présentes. Tout d'abord son regard tomba sur un estalien. Aucun intérêt. Le second coup d'oeil eut plus de chance car il le porta sur une espèce de déesse en robe bleu marine, aux cheveux blancs et avec un décoletté que n'aurait pas renié certaines arabiennes. Une bien jolie jeune femme, aucun doute à ce sujet.
En parlant d'arabienne il y en avait une! Plus jeune que sa collègue blanche, en robe verte, elle semblait presque énervée d'être ici. Encore une de ces filles qui devaient être là pour faire des rencontres, comme tout les jeunes. Une idée lui vint justement...
-"Hé Aziz, tu vois la jolie d'moiselle là-bas? Tu devrais aller lui parler, je suis sûr que vous avez des points en commun.
Il inspecta la tenue blanche du voleur, il avait vraiment l'air d'un jeune prince comme ça, la différence avec le style de garçon des rues qu'il portait en entrant était saisissante. Sans attendre, Raël envoya son compère s'occuper de l'arabienne pendant que lui irait draguer un peu la jolie blanchette...
Il se retrouva d'ailleurs devant elle, sa bouteille de rhum et un verre plein à la main, il le tendit à la magicienne.
-"Tenez, cadeau de la maison. Pour vous saluer avant le début du gala. Peut-être cherchez-vous un cavalier pour ce soir?
De son côté, le jeune Aziz était arrivé devant Ayla, droit comme un piquet. Avec sa timidité habituelle il s'avança en chuchotant presque.
-"Bonjour madame. Vous êtes très jolie vous savez? Vous venez d'Al-Haik vous aussi?
Suite à quoi le barman se retrouva secouru par un orang-outan -c'est à ce niveau que notre Scythien arrêta de réfléchir à la logique des évènements- qui ne connu pas un meilleur sort que son collègue. Finalement ce fût un noble guindé qui vint à la rencontre de la furie rousse, ils semblaient se connaître, même si de loin c'était difficile à dire.
Le guerrier fini de se désintéresser de la scène quand l'étrange "couple" sortit vers la palmeraie, il reporta donc son attention aux autres dames présentes. Tout d'abord son regard tomba sur un estalien. Aucun intérêt. Le second coup d'oeil eut plus de chance car il le porta sur une espèce de déesse en robe bleu marine, aux cheveux blancs et avec un décoletté que n'aurait pas renié certaines arabiennes. Une bien jolie jeune femme, aucun doute à ce sujet.
En parlant d'arabienne il y en avait une! Plus jeune que sa collègue blanche, en robe verte, elle semblait presque énervée d'être ici. Encore une de ces filles qui devaient être là pour faire des rencontres, comme tout les jeunes. Une idée lui vint justement...
-"Hé Aziz, tu vois la jolie d'moiselle là-bas? Tu devrais aller lui parler, je suis sûr que vous avez des points en commun.
Il inspecta la tenue blanche du voleur, il avait vraiment l'air d'un jeune prince comme ça, la différence avec le style de garçon des rues qu'il portait en entrant était saisissante. Sans attendre, Raël envoya son compère s'occuper de l'arabienne pendant que lui irait draguer un peu la jolie blanchette...
Il se retrouva d'ailleurs devant elle, sa bouteille de rhum et un verre plein à la main, il le tendit à la magicienne.
-"Tenez, cadeau de la maison. Pour vous saluer avant le début du gala. Peut-être cherchez-vous un cavalier pour ce soir?
De son côté, le jeune Aziz était arrivé devant Ayla, droit comme un piquet. Avec sa timidité habituelle il s'avança en chuchotant presque.
-"Bonjour madame. Vous êtes très jolie vous savez? Vous venez d'Al-Haik vous aussi?
Avatar complet:
Raël Khem, Maître-d'armes Scythien
Profil: For 14 | End 14 | Hab 11 | Cha 10 | Int 10 | Ini 15 | Att 16 | Par 16 | Tir 8 | NA 3 | PV 105/105
Lien Fiche personnage:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _rael_khem
Compagnon : Aziz, voleur
Profil : For 6 | End 6 | Hab 11 | Cha 7 | Int 8 | Ini 10 | Att 8 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 40/40
Compétences : Fuite (1) Chance (1) Escamotage (1) Mendicité (1) Vol à la tire (1)
Profil: For 14 | End 14 | Hab 11 | Cha 10 | Int 10 | Ini 15 | Att 16 | Par 16 | Tir 8 | NA 3 | PV 105/105
Lien Fiche personnage:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _rael_khem
Profil : For 6 | End 6 | Hab 11 | Cha 7 | Int 8 | Ini 10 | Att 8 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 40/40
Compétences : Fuite (1) Chance (1) Escamotage (1) Mendicité (1) Vol à la tire (1)
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
- Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration

- Messages : 543
- Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
- Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem
Re: Bienvenue à la Taverne !
- En rentrant à nouveau dans l’auberge, l’air lui parut bien plus lourd après cette petite échappée au-dehors. Et chaud, également. La voûte infinie des cieux étoilés n’avait laissé la place qu’à un vulgaire plafond de pierre, la fraîcheur de l’air à une atmosphère réchauffée par la promiscuité humaine, et les douces fragrances exotiques qu’exhalaient les arbres fruitiers vous manquaient terriblement lorsque vous humiez ces remugles sécrétés par ces macaques. Si ces bestioles, ès qualité de domestique, devaient avoir une hygiène exemplaire, il n’en demeurait pas moins que ces primates n’étaient que de simples animaux, et le nez des plus délicats de la jeune femme ne put s’empêcher de se retrousser quelque peu en éprouvant le contraste entre l’intérieur et l’extérieur de l’édifice. Un rapide tour d’horizon, ponctué de regards noirs à l’intention des singes, lui permit de prendre la température des lieux, température qui, à vrai dire, n’avait presque pas changé depuis son départ. Si peu que ce second verre, là, l’attendait toujours, tandis que le premier ne venait que tout juste d’être terminé par son propriétaire. Ce fut tout naturellement que Lucretia s’en alla s’assoir à proximité dudit verre, ainsi que de l’homme qu’elle avait jusque-là ignoré. Qu’importe, juste pour moi, ils sont capables d’attendre l’aurore.
« Je gage que ce verre-ci me fut destiné, n’est-il pas ? demanda-t-elle le plus simplement du monde à l’homme qu’elle jouxtait désormais. Sur ces mots, son vis-à-vis en prononça quelques autres dans un dialecte charmant, à l’accent étranger mais non moins chantant. Voilà qui lui évoquait ces grands palmiers qu’elle venait tout juste d’apercevoir, cette petite touche tropicale si agréable. Encore un soupçon d’exotisme dans cette auberge qui ne l’est que trop déjà, songea-t-elle, mais cela m’en déplait-il pour autant ?
Lui vint alors à l’esprit une idée mesquine, et la baronne se demanda si elle se risquerait à la mettre en application. N’est-il pas étranger, après tout ? Jusqu’à quel point manie-t-il notre langue… ?
« Me voilà honnie que d’avoir contrevenu à l’endosse qui sied tant aux gens de ma sorte, mais assurément devais-je avoir la tête à l’évent lorsque vous fûtes rasibus de me coqueter, déclara-t-elle à toute allure. Nonobstant cela, cet accointé que vous avez perçu est un sémillant homme nanti d’une déférence telle que… »
Lucretia jeta à l’échappée un petit coup d’œil en direction de l’homme, et l’expression qu’elle y lut, peut-être, la fit éclater d’un rire cristallin, amusé mais non pas pour autant moqueur, loin de là, qui se répercuta sur les murs de la taverne. Celui-ci semblait perdu dans le subtil et pervers dégoisement de la jeune femme, et lui tendait une oreille attentive, tentant de démêler le sens de ses phrases alambiquées.
« Oh, mais je suis im-po-si-ble, s’excusa-t-elle auprès de son vis-à-vis, un sourire contrit mais toujours quelque peu égayé peint sur les lèvres. La noble secoua doucement la tête, se repentant de ses plaisanteries, et sirota le contenu de ce verre qui lui avait été destiné. Un vin fruité et épicé, dont l’arôme et l’exotisme vous réchauffaient plaisamment le cœur et le ventre. Un vin de ses contrées ? Elle se demanda de combien de sortes de vins et d’alcools différents possédait le tout nouvel établissement. Eu égard à sa nature magique, sans doute y avait-il là quantité de millésimes, aussi uniques les uns que les autres. Elle sentit un regard glisser sur sa personne, et du coin de l’œil, discerna un type drôlement vêtu, ainsi que son fil en train d’observer les lieux que pour mieux, ensuite, aller rejoindre la catin que convoitait déjà l’homme qui se trouvait justement en face d’elle. Enfin, catin… Certainement s’était-elle mépris de l’identité de cette personne ; depuis quand ce genre de femmes disposaient-elles d’un certain pouvoir sur les vents magiques ? Une certaine fluctuation de l’Aethyr auréolait constamment la jeune femme à la robe cérulée. Je devrais être plus attentive à ce genre de chose, se morigéna la baronne.
Lâchant enfin du regard l’intéressée, Lucretia reporta son attention sur l’étranger.
« Vous me voyez vraiment désolée de ne pas avoir accepté votre invitation, quand bien même ne me l’aviez-vous pas encore donnée, reprit la jeune femme. Mais le baron Anton von Adeldoch est un ami proche, et je ne souhaitais guère le laisser planté là en faveur d’une éventuelle attention dont je n’étais pas encore sûre. Enfin, à vrai dire, désormais, je suis fixée, expliqua-t-elle en désignant les deux verres, l’un vide, celui de l’homme, et le sien, celui qu’il entendait sûrement lui concéder.
Mais en vous entendant parler, il me sembla que vous étiez doté d’un charmant accent du sud. Comment l’Empire s’y est-il pris pour parvenir à vous faire quitter votre chaude et agréable terre natale que pour vous accueillir en ses terres froides et humides… ? Si ce n’est pas trop indiscret. »

