L’Empereur Karl Franz siège à Altdorf, capitale impériale depuis. Altdorf est un carrefour du savoir et son université est l’institution académique la plus respectée de tout l’Empire. Là, les seigneurs et les princes de nombreux pays viennent s’asseoir aux pieds des plus grands penseurs du Vieux Monde. Altdorf est aussi le centre du savoir magique et ses huit collèges de magie sont fort justement réputés bien au-delà du Vieux Monde. Altdorf est une ville affairée, avec un nombre important d’étrangers, de commerçants et d’aventuriers. La cour impériale elle-même engendre une activité économique florissante, qui attire toutes sortes de gens.
Il fallut un certain moment pour que les hommes bruyants se rendent compte que quelqu’un de tout proche les épiaient. Alors qu’Isabelle se tenait là, toute droite sur sa canne, eux continuaient à jouer et brailler comme s’ils pensaient que leurs conversations étaient d’importance capitale et que tout le réfectoire se devait d’être au courant.
« Dix pistoles que c’gros con a misé ! L’enculé, en une nuit, il a fait fois cinq ! »
Le premier des grands braillards était un homme à forte carrure. Grand, laid, les oreilles décollées, il avait une coiffure mal faite, comme un soldat qui se coupait juste le haut de ses tignasses pour porter un casque.
Il avait une difformité particulière : Il lui manquait un bras, et pourtant, il arrivait à tirer adroitement ses cartes et à les projeter devant lui avec juste un doigt.
« Putaiiiiin d’merde ! Il a filé sa part à Ranald j’espère ?! »
Son compagnon en face, en revanche, avait plus une gueule d’ange. Grand aussi, mais très mince, il avait un visage assez juvénile, contrasté par une large cicatrice qui lui barrait le nez. À lui, il manquait une jambe.
« Deux parts pour l’chat, et même une pour la colombe pour s’faire pardonner l’vice ! Hé, t’imagines s’il avait perdu sa somme ? Tellement sûr d’lui, l’idée lui a même pas traversé l’esprit ! – Y fait l’matamore, mais c’type là c’est une gonzesse. J’sais de source sûre qu’il vend son cul. »
Du trio de joueurs, celui qui venait juste d’ouvrir sa bouche était celui le plus étrange ; il avait une espèce d’accent difficile à situer, un patois haché, peut-être Nordlander, ou Middenlander — un visage rosé, et un énigmatique tatouage pourpre sur un œil. À première vue, il n’avait lui pas de handicap particulier.
« Comment ça ? – D’où tu crois qu’y t’tire dix pistoles alors qu’il est tout l’temps fauché ? Y a pas mal d’vicieux d’l’aut côté du Reik. – Mais qui payerait pour l’cul d’un sergent ? – Va savoir, il est p’têt baisable en robe ! T’essayeras de te raser, tu f’ras p’têt l’affaire ! »
Et voilà que le gros balourd se mit à rire très fort à sa propre « blague ». Alors, le monsieur tatoué lui donna un petit coup dans l’épaule, et fit un geste du chef à Isabelle, et voilà que les trois se taisaient enfin et se retournaient pour la regarder.
Elle se présenta. Les trois se retournèrent à nouveau, et eurent ensemble un dialogue silencieux rien qu’avec leurs regards.
Finalement, c’est gueule d’ange qui fit un terrible sourire un peu trop amical, et qui tapota le banc à côté de lui.
« Bien sûr mamie ! Pose ton derrière ici ! L’monsieur d’vant moi va pousser ses jambes ! – Sûr qu’elles prennent plus de place qu’les tiennes. – Roh ta gueule, l’manchot. – Quoi ma gueule ? Quoi ma gueule ? Allez joue, c’est ton tour. »
Ils jetèrent un tas de cartes au milieu pour former des plis. Ça alla bien vite à toute vitesse. Chacun des trois aligna d’abord un 3 pour l’ange, un 10 pour le balourd, et un nouveau 10 pour le tatoué. L’ange passa son tour, et le balourd s’empressa de balancer trois nouveaux 10 avant que son camarade à sa gauche puisse réagir. Il remporta le pli alors que le monsieur tatoué toqua sur la table.
« Pif paf ! V’là not’ nouveau trouduc !
Tu mélanges, mamie ? »
Instantanément, Isabelle venait de reconnaître les règles de ce jeu de cartes ; Le podestat, une sorte de jeu de beuverie basé sur la rapidité, où les perdants sont des trous du cul commençant la suivante avec un malus, et les gagnants deviennent les podestats qui ont le droit de voler les cartes les plus puissantes aux trouducs. C’était un jeu sans trop de stratégie, ni de réflexion, terriblement apprécié des militaires.
Isabelle n’avait aucune idée d’où elle avait appris à y jouer. Mais les règles étaient gravées dans son esprit.
« Tu viens d’arriver ici, mamie ? Ton visage me dit rien, fit le tatoué. – Et y s’y connaît, y s’pignole sur les résidentes, ricana l’ange. – Laisse-moi rire, c’est toi qu’a une tronche de gigolo. – Tu dis que je suis beau, en fait ? – C’est ton cul qu’est beau, chaton. Ça t’dis quelques pistoles ? »
L’ange répondit à la provocation en soufflant un bisou dans l’air. Et le balourd explosa de rire à nouveau.
Jet de connaissances générales : 19, échec
Jet de jeu : 4, réussite
Isabelle resta un moment immobile, cherchant une faille dans la conversation pour y glisser ses présentation. Cette opportunité tarda, mais elle en profita pour observer les jeunes hommes. Il y avait le beau, la brute et le bizarre. Beau, du moins sur des critères plutôt bretonniens qu'Isabelle ne partageait pas, manquait d'une jambe. Brute, laid en tout critères, manquait lui d'un bras. Quant à Bizarre, son corps était entier, donc c'était probablement une case qui lui portait défaut. Son accent ne revenait pas à l'ancienne magistère, mais elle aurait toute l'occasion de lui en demander l'origine plus tard.
Breitenbach arrivait au milieu d'un racontar. Impossible d'en définir les tenants et les aboutissants, mais cela pourrait peut-être lui servir plus tard pour relancer la conversation.
Les trois hommes discutaient dans un jargon digne de la plus basse hiérarchie militaire, car c'était probablement ce qu'ils avaient été avant de finir ici. Pour leur sacrifice, un bras, une jambe, une case, ils étaient à présents nourris et blanchis (au sens propre du terme).
Si leur vocabulaire rebuta d'abord l'ancienne baronne, elle finit par y déceler une certaine familiarité. Était-ce un élan de nostalgie de son époque de son compagnonnage? Peut-être bien, et cela allait servir à son avantage. Le moment venu, elle pourrait briser sa façade de noble doyenne et rejoindre ces rustres dans la fosse.
Enfin on la remarqua. Un silence gênant s'installa avant que les anciens soldats ne s'interrogent mutuellement du regard. Peut-être se croyaient-ils discrets, ou même subtiles, mais pour avoir passé une longue partie de sa vie à jouer avec le pouvoir, Isabelle savait reconnaître la malice dans cet échange. Puis, un grand sourire du boiteux, et une invitation chaleureuse, bien que vulgaire, à rejoindre leur tablée.
C'était évident, ils pensaient pouvoir la berner d'une manière ou d'une autre. Mais comment? La dépouiller de son argent aux cartes? Elle n'en avait pas, et ils ne semblaient pas en avoir non plus. Peut-être souhaitaient-ils rire sur le dos d'une vieille femme sans défense? Il leur en coûterait.
« Oh, un podestat! Cela doit bien faire des décennies que je n'y ai pas joué! »
Elle saisit le paquet avec entrain et commença à hacher et mélanger adroitement les cartes. En même temps, elle défia ses camarades de jeu du regard.
« Je vois le trouduc... »Dit-elle en désignant le tatoué du menton.« et le podestat? C'est bien toi? » Isabelle fixait à présent la brute.
Ainsi, Isabelle put commencer à distribuer, et démarrer la conversation. On lui demanda depuis quand elle avait intégré l'asile. Sans détour, l'ancienne baronne s'avoua nouvelle, fraîchement débarquée dans ce lieu qui lui était totalement étranger.
« ... tout conseil est donc bienvenu pour m'aider à prendre mes marques. Car vous me semblez à l'aise en ce lieu. Vous êtes arrivés ici ensembles? ou vous vous êtes rencontrés ensuite? »
Les cartes étaient en main, il ne restait plus qu'à jouer.
Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 10 | Int 13 | Ini 9 | Att 8* | Par 8* | Tir 9 | Foi 0 | Mag 13 | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_isabelle_breitenbach
États :
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États temporaires
• Tu n’as rien vu : Isabelle a totalement oublié l'identité d'Eva Seyss, la prenant pour Lucie, sa nouvelle apprentie - mise à jour - Isabelle connait son nom et son rôle dans les récents événements. Mais une grande part de mystère enveloppe encore le personnage. Elle ne se rappelle pas non plus avoir été ensorcelée.
États permanents
• Addiction au laudanum : suite à des années de consommation lourde de drogue
• Esprit fragile : la vieillesse, la drogue, l'alcool et la solitude ne font pas bon ménage. Si des événements marquants ou traumatisants affectent Isabelle, elle risque de sombrer dans une Crise de Démence. Ces dernières peuvent se manifester de différentes manières (incapacité à dissocier le passé du présent, égarement dans diverses fantaisies, confusion totale etc.)
• Labyrinthe Mental : représentation fictive de la psychée d'Isabelle. Un lieu infini, délabré, aux couloirs changeants ou carréments inaccessibles. Elle s'y égare durant ses Crises de Démence ou l'explore durant ses quêtes de réponses sur elle-même.
• Oubli : une grande partie du passé d'Isabelle lui est inaccessible, verrouillé au fond de son Labyrinthe Mental
Bonus/malus
• +1 aux tests d'intimidation (compétence intimidation)
• +1 aux tests de volonté (compétence volonté)
• +1 aux tests d'intrigues, rumeurs etc. (compétence intrigue de cour)
• +1 aux tests avec des employés d'une quelconque administration (compétence administration)
• +1 aux tests pour convaincre, manipuler une personne ou une foule (compétence éloquence)
• +1 aux tests de fabrication et de travail/entretien du métal (compétence artisanat - métal)
Compétences :
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• Alphabétisation
• Volonté de fer
• Intimidation
• Intrigue de Cour
• Administration
• Éloquence
• Métallurgie
• Artisanat - Métal
• Alchimie
• Langue hermétique - Magikane
• Sens de la magie
• Incantation - Chamon, Domaine du métal
Équipement :
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Arme et armure
• Canne en bois
• Tenue Bourgeoise de Voyage
• Longues Bottes en Cuir Usuel
• Archidoxis d'Isabelle
• La Syntonie de la Matière et l’Immatériel
• Accessoires à cigarettes (étui, porte-cigarette)
• Astrolabe d'Ulthuan (Cassé)
Archidoxis :
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Domaine Primaire
Sort Mineur • Flammèche
Domaine du Métal
Sort Mineur • Rigidité du corps et de l'esprit
• Malléabilité
• Chant de la Matière
Sort Moyen • Serviteur de métal
• Télékinésie Magnétique
• Barrière Magnétique
• Flèche d'Ahra
• Loi de la Forme
• Loi de la Masse
La distribution sitôt faite, le beau approuva les dires d’Isabelle en tendant ses deux meilleures cartes, faces cachées, à la brute épaisse qui lui refila en échange ses deux plus faibles — il fallait le faire, pour aimer un jeu où les forts sont de plus en plus puissants à la mesure que les parties se déroulent, mais en ça, le Podestat était peut-être plus représentatif de la vraie vie que d’autres passes-temps à cartes.
Étonnamment, loin de l’ignorer ou de l’exclure, les trois gaillards semblaient plus que ravis de discuter avec Isabelle — même si en fait, ils étaient surtout ravis d’entendre le son de leur propre voix.
« Dizainier Peter Drax, 5e régiment d’infanterie d’Altdorf, m’dame ! » rugit la brutasse manchote avec une voix débordante de sarcasme. « Et lui à côté céti Ragnar », fit-il en désignant le tatoué, « et ç’ui-là Karl-Franz, comme l’Empereur ! », acheva-t-il en bougeant son museau en direction du jeune garçon. « Tous les trois qu’on s’est trouvés sous la même bannière, mais pas dans la même unité. J’étais joueur d’épée, en première ligne m’dame, toujours des premières charges ! Karl-Franz il avait le beau rôle, y jouait avec sa flûte ! – C’est aussi en première ligne, un flûtiste. – Quant au Norse à côté de moi, céti un arbalétrier, enfant perdu qui s’détachait d’la formation. Autant dire que quand y revenait, hé beh, hé beh, pffft… hé beh qu’ça devait être dur de pas le confondre avec les sbires à Archaon, oui-da ! »
Il est vrai que le prénom et les tatouages de Ragnar n’évoquaient pas tellement Altdorf. Ou bien la Norsca, ou bien le Nordland — encore qu’on confondait facilement ces deux régions. En tout cas, si Karl-Franz ricana à la blague qui fit mourir de rire Peter, celui taxé de soudard d’Archaon prit l’insulte de façon beaucoup trop personnelle. Il grimaça, serra un poing, et foudroya du regard quelqu’un pourtant plus grand et plus costaud que lui.
« T’avises pas à faire des blagues là-dessus. Je te permets pas. »
Peter arrêta soudain de rire, toussota, et changea très vite de sujet, sans oser relever le défi.
« ‘fin. Bon. J’ai un peu d’bouteille — soldat depuis que j’suis gosse, et j’suis un peu vieux maint’nant. J’éti avec not’ Empereur au Col du Feu Noir, quand l’aut tanche de Marius Leitdorf l’est mort, là. Ces deux-là, en revanche, ils se sont engagés quand y a eut le Déluge. On est allés jusqu’à Middenheim, m’dame. On y a gagné des médailles, que l’grand Kurt Helborg nous a filés !
Allez allez, jouez donc ! »
On commença à lancer des cartes au milieu de la table.
Le 5e régiment d’infanterie d’Altdorf disait bien quelque chose à Isabelle. Comme son numéro l’indiquait, il était de fondation plutôt récente — c’était une bande armée semi-professionnelle, qui recrutait surtout dans les quartiers pauvres (Il faut bien trouver les soldats quelques part), mais où les officiers pouvaient espérer acheter une commission pour être casés à une belle place et participer à la vie mondaine de la capitale. Un régiment bien stéréotypé, mis à l’honneur lors des fêtes importantes quelques jours par an, lors des défilés militaires quand il faut commémorer Sigmar ou l’Empire — mais au jour le jour, ces hommes-là restaient des militaires, et les honnêtes sujets de l’Empereur n’aiment pas tellement ses soldats. Braillards, violents, mal payés, beaucoup sont des absents presque jamais à la caserne (Ils préfèrent avoir un vrai travail pour gagner de l’argent), et lorsque sonnent les cloches qui ordonnent le rassemblement, il faut bien les remplacer par des traînards et des sous-prolétaires en tout genre.
Pourtant, Isabelle avait connu beaucoup de militaires. Elle se souvenait que c’était choquant, qu’on le lui avait reproché — elle, à la fois noble bien née, femme riche et magistère sérieuse, elle aurait dû côtoyer exclusivement les étudiants, ou les aristocrates, pas des hordes de garçons bruyants et bagarreurs, semant la pagaille lorsqu’ils n’ont pas reçu leur solde. Elle avait partagé leurs dures conditions de vie, écouté leurs chants paillards de poivrots, et assisté à leurs messes solennelles et émouvantes en présence de prêtres de cultes bien martiaux, Sigmar en tête. Quelle étrange familiarité, elle ressentait en leur présence…
« ‘fin, bon… C’était y a un moment maint’nant.
On est tous invalides de guerre. On touche une pension, mais pour ça qu’on est obligés d’passer du temps à l’hôpital et d’bosser. Les aristos y aiment pas voir nos sales gueules, même quand on s’est battus pour eux, v’voyez ? – Faut les comprendre, qui voudrait voir ta gueule ? – C’est sûr ! Mais faut m’filer mes sous sinon j’irai chanter au Palais ! – On ramènera la flûte à Karl Franz.
Paire de rois, mon tour. »
Le jeu se passa fort bien pour Isabelle. Elle ne fut pas trop retardée sur les plis, et parvint même à prendre de vitesse de jeunes hommes qui pourtant ne cherchaient pas à lui faire de cadeaux en ralentissant la partie par égards envers elle. Et chaque fois qu’Isabelle parvenait à devancer quelqu’un sur un pli, celui-ci subissait alors des quolibets et de violentes moqueries des deux autres, Ragnar suggérant même qu’il aurait été mieux d’engager la mamie dans le régiment.
Pourtant, l’œil d’Isabelle ne put s’empêcher de noter quelque chose, de la part de son voisin de table.
Gueule d’Ange, qui finit trouduc (À nouveau) ne confia pas ses cartes les plus fortes au nouveau podestat (Ragnar cette fois). Il planqua volontairement un as. Les beaux yeux du jeune garçon croisèrent ses mirettes, et, sachant qu’il venait d’être reconnu, il posa discrètement un doigt sur sa bouche et lui offrit un clin d’œil ravageur pour l’encourager à ne pas le dévoiler.
« Maiiis, on parle de nous, mamie, mais toi donc, qu’est-ce que tu fais ici à l’hospice ? – Vous avez pas l’air de sucrer les fraises pourtant ! »
Jet de connaissances générales : 8, réussite
Jets de jeux :
Isa : 11
Peter : 7
Karl-Franz : 17
Ragnar : 6
Jet de triche de Karl-Franz : 9, ça passe de justesse
Jet de perception d’Isabelle : 1, réussite critique
Isabelle écouta Peter se présenter, ainsi que ses compagnons. Ainsi donc, ces anciens soldats se connaissaient d'avant l'asile, au moins depuis le Déluge. Il était impressionnant de voir à quel point l'armée pouvait souder des destinées entres elles. Le combat, le sang, l'ennemi, dévoilaient les parties les plus sombres de l'esprit d'un homme, dont seuls ses camarades pouvaient le tirer. Une sorte d'unité, de balance mentale se formait entre les individus, un socle qui leur permettait de se lever le matin et de continuer à vivre, à combattre.
l'ancienne Magistère se rappelait bien de ces liens qui s'étaient forgés durant son compagnonnage. Mais elle ne pouvait plus mettre de visages au bout de la plupart des connexions. Qu'il était triste de se rappeler de sentiments aussi forts, mais seulement sous la forme d'échos lointains, insaisissables.
Malgré l'âge, malgré l'oubli, les sensations, les humeurs restaient gravées dans la mémoire plus précisément que notre propre nom. Au Breitenbach se prit à trouver une certaine aise auprès de ses camarades de jeu. Sa posture était plus avachie, nonchalante, tandis que son visage hautain s'était morphé en une expression joyeuse et malicieuse, comme dans l'attente d'une blague salace à faire rougir un partisan de Slaanesh. Elle n'était pas qu'observatrice, prenant même plusieurs fois part -à moindre échelle - des moqueries visant le perdant du groupe.
Peter Drax, Karl-Franz et Ragnar étaient ses compagnons de table. Ce dernier, d'ailleurs, faillit renverser l'ambiance et démarrer un conflit, mais Peter, le plus costaud d’entre tous, se rangea immédiatement dans sa niche. Intéressant! Si Drax prenait l'habitude de mener la conversation et de parler pour ses frères, il n'exerçait aucun pouvoir sur au moins l'un d’entre eux. Ragnar était-il l'Alpha du groupe?
Les paroles rythmaient les cartes, ou peut-être l'inverse. Si elle écoutait attentivement, la vieille sorcière ne perdait pas la partie de vue et se débrouillait d'ailleurs plutôt bien. Plusieurs fois elle surpris ces jeunes vigoureux en les prenant de vitesse, devançant leur carte pour imposer la sienne. Elle riait ensuite avec les autres et raillait le perdant avec eux. Isabelle s'amusait, sans même s'y forcer.
Une fois la partie terminée, chacun prit son nouveau rôle. Enfin, certains plus que d'autres, semblait-il! Du coin de l’œil, Breitenbach avait remarqué "l'erreur" de son voisin : Karl-Franz n'avait pas donné son as, sa plus forte carte. Gueule d'Ange se sentit observé et remarqua le regard d'Isabelle. D'un geste discret, il l'invita à se taire.
Parfait, voilà une opportunité que la vieille sorcière ne voulait pas rater. Si elle voulait mettre ces gaillards dans sa poche, il lui faudrait gagner leur confiance lors de petits instants tels que celui-ci. Subtilement, elle décala sa main droite pour la rapprocher de son torse. Puis, le poing serré, elle leva rapidement le pouce avant de le rabaisser. Ce signe signifiait "ami" en langage militaire et, même si Karl ne l'avait jamais appris, le simple mouvement du pouce passerait pour une approbation.
Finalement, la partie reprit, et la conversation se dirigea vers la vieille Breitenbach. C'était à son tour de narrer son histoire, ainsi que son arrivée entre ces murs. Quelques manipulations plus tard, son porte cigarette était calé entre ses dents et une grande bouffée de tabac s'infiltrait dans ses poumons.
« C'est toute ma carrière qui m'a déposée ici.
Oh, j'ai été plusieurs choses. Ingénieur de guerre dans ma jeunesse, j'ai côtoyé des hommes d'arme. J'ai mangé, dormi, ri, combattu parmi eux. J'ai vu autant d'amis que d'ennemis mourir. »
Cette demi vérité était préférable, Isabelle considérant que se dévoiler comme ancien compagnon mage de bataille attirerait la méfiance de ses nouveaux camarades.
« Ma famille était riche, et j'aurais pu vivre de mon simple héritage, mais cette vie ne me convenait pas. Pas celle d'une banale "aristo", bonne à se laisser fourrer et à regarder ses petites tumeurs grandir. Non, j'avais de l'ambition.
Après l'armée, j'ai affûté mon talent pour en faire un art. N'avez-vous jamais entendu parler des Oeufs Breitenbach? Eh bien je me présente; anciennement baronne, Isabelle von Breitenbach, artiste d'orfèvre. »
Certes, ce n'était qu'un fragment de sa vie qu'elle détaillait, mais les Oeufs Breitenbach avaient largement contribué à la fortune qu'Isabelle avait amassé au cours de sa carrière.
« Pourquoi anciennement? Parce que cette maudite ambition aura fini par causer ma perte. Les amis d'hier sont devenus les ennemis du lendemain et m'ont ôté de mes titres, de mon honneur, de ma richesse.
J'ai vécu les dernières décennies seule, sans le sou. Et finalement, dans leur fourberie, ces traîtres ont fini par m'arracher mon dernier bien : ma liberté, pour m'enfermer ici. »
Le visage de la vieille femme s'était assombri, ses traits se tirant en une fresque de rides colériques, son regard haineux fixant un lointain passé. Si sa narration prenait de larges libertés pour se donner meilleure figure au regard de ses camarades de jeu, Isabelle sentait d'anciennes rancunes ressurgir en elle.
Finalement, elle cligna des yeux et posa son regard sur les cartes froissées entre ses mains. En se raclant la gorge, la sorcière les étala sur la table pour les aplatir de nouveau, puis reprit son récit.
« Au moins, je dois leur coûter cher, à ces fumiers, haha! Ils me pensent timbrée mais, s'il m'arrive d'avoir quelques trous de mémoire, j'espère un jour leur prouver le contraire. »
Isabelle écrasa sa cigarette sur la table et toussota. Si les détails différaient de la réalité, l'intention, selon elle, restait la même. Elle n'avait pas jugé nécessaire de donner un faux nom, considérant que cela finirait par lui retomber dessus plus tard. De toute façon, Detlef et Petra lui avaient bien montré que dans le monde du commun des mortels, les noms de célèbres mages n'évoquaient rien. Même Balthasar Gelt n'avait qu'une notoriété limitée.
« Bref, vous l'aurez compris, je débarque tout juste. Donc si vous avez des conseils à donner sur cette endroit, je suis preneuse. »
Si cette ambiance ravivait des souvenirs d'un temps révolu, ce n'était pas tout. Même le vocabulaire d'Isabelle commençait à changer, moins soutenu, plus direct. Elle avait toujours gardé une certaine rudesse après son compagnonnage, même durant les dîners mondains. Mais la Dame de Fer aimait se libérer des dernières chaînes de son dialecte, pour enfin pouvoir parler en toute franchise. Car si elle était jadis considérée comme une femme allant droit au but, en vérité, cela s'enrobait de phrases pompeuses pour satisfaire la classe sociale.
Aujourd'hui, elle n'en avait plus rien à foutre, de la posture de son rang.
Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 10 | Int 13 | Ini 9 | Att 8* | Par 8* | Tir 9 | Foi 0 | Mag 13 | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_isabelle_breitenbach
États :
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États temporaires
• Tu n’as rien vu : Isabelle a totalement oublié l'identité d'Eva Seyss, la prenant pour Lucie, sa nouvelle apprentie - mise à jour - Isabelle connait son nom et son rôle dans les récents événements. Mais une grande part de mystère enveloppe encore le personnage. Elle ne se rappelle pas non plus avoir été ensorcelée.
États permanents
• Addiction au laudanum : suite à des années de consommation lourde de drogue
• Esprit fragile : la vieillesse, la drogue, l'alcool et la solitude ne font pas bon ménage. Si des événements marquants ou traumatisants affectent Isabelle, elle risque de sombrer dans une Crise de Démence. Ces dernières peuvent se manifester de différentes manières (incapacité à dissocier le passé du présent, égarement dans diverses fantaisies, confusion totale etc.)
• Labyrinthe Mental : représentation fictive de la psychée d'Isabelle. Un lieu infini, délabré, aux couloirs changeants ou carréments inaccessibles. Elle s'y égare durant ses Crises de Démence ou l'explore durant ses quêtes de réponses sur elle-même.
• Oubli : une grande partie du passé d'Isabelle lui est inaccessible, verrouillé au fond de son Labyrinthe Mental
Bonus/malus
• +1 aux tests d'intimidation (compétence intimidation)
• +1 aux tests de volonté (compétence volonté)
• +1 aux tests d'intrigues, rumeurs etc. (compétence intrigue de cour)
• +1 aux tests avec des employés d'une quelconque administration (compétence administration)
• +1 aux tests pour convaincre, manipuler une personne ou une foule (compétence éloquence)
• +1 aux tests de fabrication et de travail/entretien du métal (compétence artisanat - métal)
Compétences :
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• Alphabétisation
• Volonté de fer
• Intimidation
• Intrigue de Cour
• Administration
• Éloquence
• Métallurgie
• Artisanat - Métal
• Alchimie
• Langue hermétique - Magikane
• Sens de la magie
• Incantation - Chamon, Domaine du métal
Équipement :
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Arme et armure
• Canne en bois
• Tenue Bourgeoise de Voyage
• Longues Bottes en Cuir Usuel
• Archidoxis d'Isabelle
• La Syntonie de la Matière et l’Immatériel
• Accessoires à cigarettes (étui, porte-cigarette)
• Astrolabe d'Ulthuan (Cassé)
Archidoxis :
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Domaine Primaire
Sort Mineur • Flammèche
Domaine du Métal
Sort Mineur • Rigidité du corps et de l'esprit
• Malléabilité
• Chant de la Matière
Sort Moyen • Serviteur de métal
• Télékinésie Magnétique
• Barrière Magnétique
• Flèche d'Ahra
• Loi de la Forme
• Loi de la Masse
Le nom de Breitenbach ne sembla vraiment pas dire grand-chose à la bande. Pourtant, ils ne coupèrent pas Isabelle, et la laissèrent parler, tout en s’échangeant parfois quelques regards équivoques. Difficile de savoir ce qu’ils voulaient se dire en se regardant mutuellement au fond des yeux, les uns à la suite des autres.
Finalement, c’est le jeune Karl-Franz qui reprit la discussion. Il avait parfaitement compris le petit geste que lui avait adressé la baronne, et c’est avec un ton plus familier, mais aussi plus sympathique, qu’il montra de l’empathie quant à sa situation.
« Sale situation, oui… Enfin, vous êtes un peu comme nous du coup, enfermée ici contre votre gré, parce que vous dérangez. – Pendant qu’ils se la coulent douce au Volkshalle, les perruques poudrées ! Ragea Drax. – Y a intérêt à ce qu’ils referment bien les portes de l’asile, sinon ils dormiront pas tranquille, murmura Ragnar avec un mauvais sourire. – Aye ! Si j’en croise un j’lui pète la gueule ! »
Une menace braillée si fort au milieu d’un hospice de Shallya mérita bien une réaction. À la table d’à côté, l’infirmier qui donnait la cuillère à un vieux leva le museau, et fronça fort des sourcils, tandis que maintenant le dizainier se donnait en spectacle.
Gêné, Karl-Franz parla à voix basse en lançant ses dernières cartes, reprenant sa discussion avec la dame plus seul-à-seul.
« Je suis pas certain d’avoir de bons conseils pour vous… Normalement, nous les soldats on est séparés des cinglés. »
Il se rendit compte de l’insulte, alors, il se mordit la lèvre.
« Enfin- des aliénés, je veux dire. On prend les repas ensemble, mais on nous demande de pas vous parler, pour pas trop vous agiter.
Pas vrai Drax ? Faut pas les agiter ? – Rah, merde, je veux pas me refaire engueuler par la prêtresse… »
Finalement, malgré la triche de Karl-Franz, ce fut Isabelle qui remporta la partie et qui devint officiellement podestat de l’asile. Mais il semblerait qu’il faille couper court à la rencontre avec les soldats, car l’infirmier donnant la cuillerée venait de se lever et se dirigeait vers eux.
« C’était un plaisir de vous rencontrer, madame. Si vous avez besoin de mon aide, vous pouvez me trouver au rez-de-chaussée en journée. On sait jamais, des fois que vous voulez un garde-du-corps… »
Gueule-d’Ange était très franchement en train de lui rentrer dedans, avec sa voix suave et son petit sourire. Cela n’avait pas échappé aux deux zouaves en face qui grimaçaient sournoisement.
Jet de langage secret (Militaire) : 9, réussite
Jet d’observation : 20, échec critique. Rien d’incroyable se produit.
Jets de jeu : 13, 15, 17, 19 → Isa gagne la partie.
Personne n'avait interrompu la vieille Breitenbach pendant son monologue, la laissant narrer de manière plus ou moins véridique sa triste histoire. Du coin de l’œil, elle remarquait des échanges de regard sans en comprendre le sens. Se moquaient-ils? Aucune importance, ce récit lui faisait du bien. Il éclaircissait son esprit et lui permettait de réorganiser ses pensées.
Lorsque enfin, elle eut terminé, les trois soldats semblèrent compatir, considérant même comprendre et partager une partie de sa situation actuelle. Isabelle sentit une pointe de colère germer en elle, prenant bien soin de ne pas l'extérioriser.
" Non, je ne suis pas comme vous. Si j'ai été dans l'armée, c'est en tant que mage, pas en simple soldat. Si j'ai côtoyé les vôtres, ils n'étaient pas mes égaux. Je me suis élevée, mes décisions, mes paroles, même mon humeur avaient des conséquences. J'ai été quelqu'un et, aujourd'hui encore, l'aethyr est mon outils... certes, capricieux, mais tout de même. C'est le complot qui m'a enfermé, un complot qui s'enroule jusque dans les plus hautes sphères de l'état!
Non, décidément, on n'est vraiment pas pareils... "
Quelques parties de cartes ne suffisaient pas à délier des décennies d'emmitouflements pompeux et de fréquentation de la noblesse. Isabelle aurait voulu se lever et hurler ses pensées dans la pièces. Au lieu de cela, l'ancienne magistère, sans quitter ses cartes des yeux, répondit :
« En effet, des soldats de plombs enfermés dans un tiroir, voilà ce que nous sommes.
Mais je vous le dis, ils ne pourront pas nous emprisonner ainsi pour toujours. Et lorsque le tiroir s'ouvrira de nouveau, il s'en rongeront les doigts. »
La sorcière jaune remporta la partie. Satisfaite, elle se dit qu'au moins, elle avait gagné une parti du respect de ces trois rustres. Il ne fallait pas perdre la face, soigneusement éviter la moindre grimasse hautaine ou roulement d’œil dont elle seule avait le secret.
Sa requête de conseils ne trouva pas vraiment réponse. C'était décevant, mais peut-être un peu prématuré. Cette partie, ce début de liens qu'elle avait tissé, n'aboutirait probablement que bien plus tard. Breitenbach jouait sur la durée, sur la fermentation de détails pour en faire un vin appréciable.
En plus du jeu, il semblait que c'était aussi la discussion qui se terminait. Les soldats n'étaient pas sensé parler aux autres... "cinglés", d'après Karl-Franz. Isabelle balaya l'insulte d'un sourire peut-être légèrement trop crispé.
Avant que le groupe ne se scinde en deux, le jeunot lui fit des avances à peine dissimulées. Tentée de l'envoyer proprement chier, l'ancienne baronne se contenta de l'ignorer. Elle les salua d'un mouvement de canne et se retrouva à nouveaux seule au milieu d'étrangers. Ses efforts porteraient-ils leurs fruits? Avait-elle accompli tout ce cirque pour rien?
Bah... Après tout, autant continuer. Isabelle n'avait pas vraiment grand chose d'autre à faire en attendant la livraison de ses affaires
Son œil de fer roula sur les personnes présentes au réfectoire. Elle ne voulait pas se rapprocher de patients en présence d'autres infirmiers, aussi son intérêt se focalisa-t-il sur le vieux dément solitaire. Isabelle hésita. Se dirigeait-elle vers une pénible conversation insensée? Vers un homme cherchant simplement à s'isoler? Peut-être sa folie lui permettrait-elle de glaner un maximum d'informations sur l'asile. Mais pouvait-elle se fier aux paroles d'un fou?
Finalement, la vieille se dirigea vers le vieux dément, sa canne tintant au sol de manière tristement étouffée, organique. Sigmar que sa canne de métal lui manquait! Une fois à sa hauteur, Isabelle attendit que l'attention de son nouvel interlocuteur ne se tourne vers elle. Mains jointes sur sa canne, elle lui offrit un sourire qu'elle espérait chaleureux.
« Bien le bonsoir, mon cher. Puis-je me joindre à vous? »
Sans attendre de réponse, la sorcière jaune tirait déjà une chaise pour s'installer à la table de l'homme à la coupe... "libérée".
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Si Isa se fait jeter par le vieux, alors elle dînera rapidement puis retournera ensuite dans sa chambre
Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 10 | Int 13 | Ini 9 | Att 8* | Par 8* | Tir 9 | Foi 0 | Mag 13 | NA 1 | PV 70/70
Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_isabelle_breitenbach
États :
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États temporaires
• Tu n’as rien vu : Isabelle a totalement oublié l'identité d'Eva Seyss, la prenant pour Lucie, sa nouvelle apprentie - mise à jour - Isabelle connait son nom et son rôle dans les récents événements. Mais une grande part de mystère enveloppe encore le personnage. Elle ne se rappelle pas non plus avoir été ensorcelée.
États permanents
• Addiction au laudanum : suite à des années de consommation lourde de drogue
• Esprit fragile : la vieillesse, la drogue, l'alcool et la solitude ne font pas bon ménage. Si des événements marquants ou traumatisants affectent Isabelle, elle risque de sombrer dans une Crise de Démence. Ces dernières peuvent se manifester de différentes manières (incapacité à dissocier le passé du présent, égarement dans diverses fantaisies, confusion totale etc.)
• Labyrinthe Mental : représentation fictive de la psychée d'Isabelle. Un lieu infini, délabré, aux couloirs changeants ou carréments inaccessibles. Elle s'y égare durant ses Crises de Démence ou l'explore durant ses quêtes de réponses sur elle-même.
• Oubli : une grande partie du passé d'Isabelle lui est inaccessible, verrouillé au fond de son Labyrinthe Mental
Bonus/malus
• +1 aux tests d'intimidation (compétence intimidation)
• +1 aux tests de volonté (compétence volonté)
• +1 aux tests d'intrigues, rumeurs etc. (compétence intrigue de cour)
• +1 aux tests avec des employés d'une quelconque administration (compétence administration)
• +1 aux tests pour convaincre, manipuler une personne ou une foule (compétence éloquence)
• +1 aux tests de fabrication et de travail/entretien du métal (compétence artisanat - métal)
Compétences :
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• Alphabétisation
• Volonté de fer
• Intimidation
• Intrigue de Cour
• Administration
• Éloquence
• Métallurgie
• Artisanat - Métal
• Alchimie
• Langue hermétique - Magikane
• Sens de la magie
• Incantation - Chamon, Domaine du métal
Équipement :
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Arme et armure
• Canne en bois
• Tenue Bourgeoise de Voyage
• Longues Bottes en Cuir Usuel
• Archidoxis d'Isabelle
• La Syntonie de la Matière et l’Immatériel
• Accessoires à cigarettes (étui, porte-cigarette)
• Astrolabe d'Ulthuan (Cassé)
Archidoxis :
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Domaine Primaire
Sort Mineur • Flammèche
Domaine du Métal
Sort Mineur • Rigidité du corps et de l'esprit
• Malléabilité
• Chant de la Matière
Sort Moyen • Serviteur de métal
• Télékinésie Magnétique
• Barrière Magnétique
• Flèche d'Ahra
• Loi de la Forme
• Loi de la Masse
Isabelle avait à peine fini sa phrase, qu’elle fut remerciée de sa courtoisie par une main qui fit un signe dédaigneux, pour l’envoyer chier.
Le vieux dément était prostré au-dessus de son repas. Avec une fourchette, il avait écrasé la purée, pour en sortir les petits pois qu’il alignait du bout du doigt pour former des sortes de double-lignes. Il était comme en train de former une sorte de plan mathématique, ou un tracé architectural au milieu de son assiette.
Et il parlait. À voix basse, il grommelait un tas de mots qui semblaient chaotiques… Mais avec tout de même un sens.
« Galéasse… Huit nœuds… Cinquante rameurs… Racheter des canons ? Ulthuan, c’est ça le vrai problème. Demander des rapports. Holzkrug défaillant. Pourquoi je n’ai pas mon rapport ? Galion. Quatre nœuds. Deux mâts. Nouveaux canons.
Nuln allié. Nordland peu fiable. Rediriger flotte. Soutien Reiksgarde. Espions à Bordeleaux, engager les miens, Holzkrug ment — demander Zuntermein ?
Tilée ? Pourquoi pas — Remas ? Dangereux. Trantio avec Louen. Besoin d’isoler. Engager de nouveaux marins. Recrutement bien passé, l’année dernière… Deux-mille-cinq-cent… Deux ! Non, trois !
Cinq nœuds. Soixante rames. Reconstruire. Poissons, emmerdants… Graisser le gang… Crochets maintiennent pas l’ordre… Nikse ? Pas fiable, von Wüterich. Dix-huit canons. Arquebuse portée cent pas, utile. »
Soudain, alors qu’Isabelle allait partir, le voilà qui leva le museau tout droit. Et même, le borgne se mit à bondir tout droit dans son siège, si bien qu’il pût faire peur à l’alchimiste ; pourtant, le vieux sénile ne venait pas de sauter de table pour se jeter sur elle, bien au contraire. Il agita ses mains osseuses pour retirer le ridicule couvre-chef de sa tête, et fit une longue révérence fort élégante et exercée avec son corps squelettique.
« Santa Madre ! Comment mon secrétaire a-t-il osé me cacher qu’une noble dame venait dîner à ma table ! »
Il se tourna, pointa du doigt un infirmier, et hurla comme un fou :
« DIETER ! Comment oses-tu me faire manquer à mon devoir de gentilhomme ?! Satané Nordlander, non comptant d’être partout sur les ponts, ils sont partout dans l’amirauté aussi ! »
Et le voilà qui attrapa la main d’Isabelle, et lui fit un baise-main appuyé.
« Adalmann von Hopfberg, Premier seigneur de la mer, et Haut-seigneur Amiral du Reikland, à votre service, madame !
Oh, quelle chance j’ai de voir ma soirée ainsi égayée par une personne bénie de Rhya comme vous… Vous installeriez-vous à mon bureau ? Ne faites pas attention aux plans !
DIEEEETER !!! À BOIRE, LE MEILLEUR CRU ! »
Quelque chose fit un déclic dans la cervelle d’Isabelle — Adalmann von Hopfberg. Ça remontait à il y a quinze ans — 2514, alors que Karl Franz était un tout jeune Empereur, et que Feldmann dirigeait encore le collège doré.
Il avait été déclaré fou. Interné à l’asile. Son porte-feuille ne lui avait pas été retiré, parce que par tradition, l’office de « Premier seigneur de la mer » était une charge perpétuelle, qui ne s’arrêtait qu’à la mort du précédent dignitaire.
Von Hopfberg et, prétendument, la sœur de Karl-Franz… ça commençait à faire vraiment beaucoup de grands aristocrates dirigeant le Reikland, qui passaient tous pour des fous à lier. On pourrait presque se mettre à penser qu’il y avait là un complot.
En tout cas, Adalmann se rassit, cette fois-ci en faisant l’œil doux à Isabelle ; il continuait de lui tenir la main, tout en prenant un air suave avec son ton rauque.
« Oh là là, que vous êtes magnifique… Pardonnez donc à ce pauvre marin hirsute que je suis d’insister — mais comment vous appelez-vous donc ? »
Jet de compréhension : 15, échec
Jet de connaissances générales : 12, réussite
Avant même qu'Isabelle n'ait eu le temps de s'asseoir, elle fut la cible d'un magistral "va chier" de la part du vieux dément. Soufflée, sonnée, la vieille femme resta immobile, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés. Voilà donc ce qui restait de la Dame de Fer? Un parasite que l'on chassait d'un revers de la main? Une fournaise s'allumait dans son torse, remontant jusqu'au sommet de son crâne.
Elle observait le goujat tel un prédateur affamé, se préparant à planter ses griffes dans sa chair pour l'en dégarnir. Mais Breitenbach devait choisir le bon moment pour attaquer, s'assurant ainsi d'un effet maximum.
Qu'allait-elle donc lui faire à ce vieillard? Quelle incantation rendrait hommage à pareille insulte? Peut-être ses ongles suffiraient-ils pour une vengeance rapide et efficace. Cet homme ridicule, pitoyable avec son chapeau fantaisiste, n'opposerait pas grande résistance... Du moins si Isabelle était en meilleure condition. Elle se tenait là, son esprit bouillonnant de rage, mais son corps fatigué de se tenir debout. Si elle s'agrippait furieusement à sa canne, c'était aussi parce que son misérable corps lui faisait mal.
Trop de sensations l'accablaient, et sans possibilité de pouvoir les étouffer à l'aide de quelques gouttes de laudanum. Isabelle devait-elle jouer le rôle qu'on lui donnait? S'agiter comme une démente pour qu'on la calme avec de la mandragore? Sa dépendance restait pour l'instant contrôlable, mais pour combien de temps? Sans alcool, sans drogue, bientôt sans cigarettes, la Dame de Plomb savait que sa situation allait rapidement empirer, au point de devenir insoutenable.
Alors peut-être que s'attaquer à d'autres séniles serait la solution. S'enfermer dans une camisole et voguer dans les limbes sans pensées ni sensations.
Véritable statue de chiffons à la gloire de la déprime, Breitenbach écouta à peine les marmonnements incohérents du vieil homme. Alors qu'elle s'apprêtait à se replier tristement, vaincue, le dément se redressa soudain sur sa chaise.
Prise au dépourvu, l'ancienne magistère perdit l'équilibre. Elle agita les bras et si sa canne n'avait pas miraculeusement trouvé un appui stable pour contrebalancer le poids de son corps, elle se serait probablement vautrée au sol tel un pantin sans câbles.
Ayant totalement changé d'attitude, le vieillard exécutait une révérence avec son drôle de chapeau. Il se confondait en excuses, et s'acharnait contre un homme imaginaire du nom de Dieter. Si quelques secondes plus tôt, Isabelle fulminait, ces soudaines marques de respect et d'accueil exagéré suffirent à la calmer. Toujours un peu sonnée, elle regarda sa main se faire longuement embrasser.
Après d'autres insultes à l'égard de Dieter, le dément se présenta. Dans un coin de la tête d'Isabelle, une porte se déverrouilla pour lui permettre immédiatement de l'identifier. Adalmann von Hopfberg, le Haut-seigneur Amiral du Reikland. "Putain... le Seigneur des Mers vient de me baiser la main... Ici, dans le Grand Asile d’Altdorf!".
Isabelle ne douta pas un instant de l'identité de son interlocuteur. Elle connaissait son histoire, ses hauts faits d'arme et aussi sa chute dans la démence et son internement. En réalité, il était presque logique que le vieux loup de mer se trouve ici. Isabella, quant à elle, avait eut une fin de vie bien plus mystérieuse, laissant toujours place au doute sur sa véritable identité.
N'empêche, cela restait incroyable, dingue même! Le Premier seigneur de la mer, la (supposée) sœur de l'Empereur et enfin, l'ancienne Grande Trésorière du Collège Doré. Tant de personnalités verrouillées en un seul endroit! Plus elle y réfléchissait, plus Isabelle se sentait motivée, excitée même, à approfondir ce mystère. À nouveau, elle se retrouvait parmi les Grands. Qu'importe la soi-disant démence! Quelque chose de gros se déroulait, un complot d'une ampleur phénoménale... Et Breitenbach se trouvait aux premières loges!
Bon, malgré tout, il fallait l'admettre, Adalmann faisait partie des "vrais" déments. Un simple regard à son chapeau suffisait de s'en convaincre. Mais avait-il réellement sombré avant de débarquer à l'asile? Ou après?
Requinquée, Isabelle décida de rentrer dans son jeu.
« Ah, qu'il est difficile aujourd'hui de trouver un bon secrétaire! Ils révolutionnent toujours plus leur maîtrise de l'incompétence. »
« Je suis la Baronne Isabelle von Breitenbach, Grande Trésorière de l'Ordre Doré. » Peut-être son interlocuteur se méfierait de quelqu'un affilié à un collège de magie, mais Isabelle n'avait pas le choix : elle devait faire valoir son rang et sa mémoire lui faisait trop défaut pour mentir sans prendre de risque.
« Mon bon Hopfberg, quel plaisir d'enfin rencontrer un Amiral de votre trempe. Le Haut-Seigneur Amiral! Que n'ai-je entendu parler de vos exploits en mer. »
L'ancienne baronne se redressa et joignit ses doigts osseux.
« Je suis navrée de vous déranger dans vos comptes. Sur quels projets palpitants planchez-vous donc? »
Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
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Lien Fiche personnage: wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_isabelle_breitenbach
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États temporaires
• Tu n’as rien vu : Isabelle a totalement oublié l'identité d'Eva Seyss, la prenant pour Lucie, sa nouvelle apprentie - mise à jour - Isabelle connait son nom et son rôle dans les récents événements. Mais une grande part de mystère enveloppe encore le personnage. Elle ne se rappelle pas non plus avoir été ensorcelée.
États permanents
• Addiction au laudanum : suite à des années de consommation lourde de drogue
• Esprit fragile : la vieillesse, la drogue, l'alcool et la solitude ne font pas bon ménage. Si des événements marquants ou traumatisants affectent Isabelle, elle risque de sombrer dans une Crise de Démence. Ces dernières peuvent se manifester de différentes manières (incapacité à dissocier le passé du présent, égarement dans diverses fantaisies, confusion totale etc.)
• Labyrinthe Mental : représentation fictive de la psychée d'Isabelle. Un lieu infini, délabré, aux couloirs changeants ou carréments inaccessibles. Elle s'y égare durant ses Crises de Démence ou l'explore durant ses quêtes de réponses sur elle-même.
• Oubli : une grande partie du passé d'Isabelle lui est inaccessible, verrouillé au fond de son Labyrinthe Mental
Bonus/malus
• +1 aux tests d'intimidation (compétence intimidation)
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• +1 aux tests d'intrigues, rumeurs etc. (compétence intrigue de cour)
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• Volonté de fer
• Intimidation
• Intrigue de Cour
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Arme et armure
• Canne en bois
• Tenue Bourgeoise de Voyage
• Longues Bottes en Cuir Usuel
• Archidoxis d'Isabelle
• La Syntonie de la Matière et l’Immatériel
• Accessoires à cigarettes (étui, porte-cigarette)
• Astrolabe d'Ulthuan (Cassé)
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Domaine Primaire
Sort Mineur • Flammèche
Domaine du Métal
Sort Mineur • Rigidité du corps et de l'esprit
• Malléabilité
• Chant de la Matière
Sort Moyen • Serviteur de métal
• Télékinésie Magnétique
• Barrière Magnétique
• Flèche d'Ahra
• Loi de la Forme
• Loi de la Masse
En entendant qui était l’aristocrate invitée à sa table, l’amiral redoubla de courbettes et de mains posées sur son cœur.
« Une magicienne ! De l’Ordre Doré, en plus ! Mais oui, je crois que je vous reconnais, en plus — on s’est déjà rencontré au cours de quelques réunions organisées par le Conseil du Reikland, n’est-ce pas ?
Bon sang, j’ai plus honte que jamais ! »
C’était vrai. Ils avaient déjà conservé longuement à la sortie de soirées quelconques. À cette époque déjà, le Premier seigneur de la mer passait pour un hurluberlu, un peu hirsute et peu respectueux des femmes derrière son air de dandy — mais il était aussi un esprit brillant, franc, et beaucoup plus intelligent et calculateur que sa façade de grand singe inélégant laissait penser.
En tout cas, sitôt qu’Isabelle abordait la question des projets, que l’esprit de l’amiral s’agita. Il se mit à sautiller sur son siège, tandis qu’il regardait par-dessus son épaule, frénétiquement. Il baissa le timbre de sa voix, et camoufla ses lèvres avec sa main, comme s’il se pensait surveillé par des espions.
« La reconquête de Marienburg. Quoi d’autre ? »
Il fit un large sourire carnassier, et brillant parce que certaines de ses dents cariées avaient été remplacées par des prothèses en or.
« Le traité de l’Empereur Luitpold avec Marienburg est une honte immense, qui n’a pas eu d’autre but que de nous faire gagner du temps : de quoi reconstituer notre marine fluviale dans le Reikland, et passer des accords avec Dietershafen au Nordland pour relancer la construction de caraques de guerre. Avec la levée de véritables navires de haute-mer ainsi que des Loups Impériaux, nous aurons bientôt une supériorité technique et numéraire même sur les nombreux navires de Marienburg — même si le soutien de leur allié Haut-Elfe complique terriblement la chose…
Je pense que nous sommes actuellement dans un intervalle très confortable pour lancer une opération militaire. Si nous n’attaquons pas Marienburg dès cette année, les choses vont se scléroser, les gens vont vivre avec le traité de paix, tout va se normaliser autour de ça… Et avant dix ans, l’Empire aura perdu son destin. Marienburg sera impossible à envahir de nouveau. Ils auront l’impression d’être leur propre peuple, et le Reik sera étranglé. C’est la survie de l’Empire qui est en jeu, bon sang ! »
Il tapa sur la table comme un mongolien, emporté par sa propre colère.
« Malheureusement, il y a au Volkshalle des gens pour s’opposer à mes projets… Certains qui sont persuadés que la guerre n’est pas une option, qu’on peut parvenir à normaliser les relations avec Marienburg, que le commerce est plus bénéfique que la guerre…
Fort heureusement, ils sont minoritaires pour l’instant. Hé, c’est que j’ai de nombreux alliés ! Et pas que à Altdorf ! J’ai négocié avec Todbringer et les Nikses en personne, voyez-vous, c’est pas donné à tout le monde ! Et puis, sont avec moi Helborg et d’autres.
Ceux que je crains, c’est la faction des mous… Ceux qui veulent arrondir les angles… Tous du Secret Impérial, comme par hasard. Holzkrug, ce jeune puceau ambitieux. Zuntermein, ce fou à lier sorti d’on-ne-sait quel caniveau. Et même Immanuel-Ferrand, l’oncle de notre propre Empereur, qui est censé le soutenir pour rehausser son prestige, pourtant ! On est au final assez peu servi par sa propre famille !
Les espions et les diplomates vont gangrener la cour. Saviez-vous que le neveu de notre Empereur n’a pas un seul vrai militaire parmi ses tuteurs ? Alors que pourtant il est enfermé à Château-Reiksgarde, loin de l’opinion publique ! Personne ne sait qui s’approche de lui ! Enfin, moi, si, j’ai mes petites entrées, héhé…
Enfin. Je suis confiant. Dès l’année prochaine, on attaquera Marienburg. Ça sera une victoire éclair. On laissera Immanuel-Ferrand se trouver devant le fait accompli, et il s’occupera arrondir les angles avec le Directoire. Graisser des pattes, c’est pas mon boulot. »
Le pauvre Hopfberg semblait être persuadé de vivre dans une toute autre année que 2529. Parce que bientôt, Marienburg fêterait son centenaire d’indépendance, parce qu’il avait passé quinze ans en asile, et parce qu’Immanuel-Ferrand von Holswig-Schliestein était toujours chancelier de l’Empire.
Jet de charisme d’Isabelle : 18, large échec
Jet de connaissances (-2) : 20, échec critique. Je t’expliquerai donc rien de ce que l’amiral raconte, à toi de voir si en tant que PJ tu piges ce qu’il dit
Oui... En forant un peu plus dans ses souvenirs, Isabelle se rappela vaguement avoir déjà été en compagnie du vieux loup de mer. Une conversation animée, qui avait régalée la hargne de Breitenbach.
Si cet homme paraissait d'abord avoir la subtilité d'une ancre, il cachait pourtant bien son jeu. L'ancienne baronne avait usé de tout son art pour rester dans le ring, jouant de sa langue tranchante et de son regard perçant. Car Hopfberg était un homme direct, franc, mais doté d'une adresse mentale certaine, comme un marin ferrant un poisson pour soudain le tirer hors de l'eau d'une pique chirurgicale.
De quoi avaient-ils parlé? Impossible à dire, mieux valait donc éviter le sujet. Au moins le dément ne se méfiait-il pas d'une mage, bien au contraire. Isabelle sentit une bouffée de fierté, sa maîtrise de l'aethyr ne lui causait pas de tords pour une fois. Elle savait que prononcer la moindre formule au sein de l'asile pourrait avoir des conséquences terribles, elle savait aussi que vanter ses talents de magicienne pourraient s'avérer presque aussi dangereux.
Mais Adalmann, tout comme elle, faisait partie du cercle des grands, des cultivés, des Sangs-Pures. Son esprit supérieur ne s'embourbait pas dans la superstition.
Son ego dorloté, Isabelle rejoignit donc l'amiral dans sa galère de démence et écouta son "projet".
Dès la première phrase, elle due se retenir de ne pas froncer les sourcils. La reconquête de Marienburg? Mais, la ville était indépendante depuis un siècle au moins!... L'était-elle? Oui, Isabelle en était presque certaine. Mais récemment? La vieille Breitenbach se tenait informée par le Spieler, elle s'en souviendrait tout de même! Enfin, la Dame de Plomb n'en était plus tout à fait sûre.
Le Seigneur des Mers continua son récit, emmêlant toujours plus l'esprit de l'ancienne magistère. L'homme était timbré, il mélangeait tout, Isabelle le savait. Pourtant, elle se sentait aussi happée dans son délire. Tous ces noms qu'elle connaissait sans pouvoir leur attitrer un visage, ils bousculaient l'esprit déjà fragile de la pauvre femme. La journée avait été rude et touchait à sa fin, or Breitenbach s'acharnait à comploter, tenter d'amasser des informations pour planifier... quoi exactement? Et le flot de paroles d'Hopfberg s'y additionnait, faisant vaciller l'intellect d'Isabelle.
Mais elle se força à tenir, elle se força à garder le contact visuel, à attendre que le flot ne se tarisse.
À la fin du récit, elle en avait la nausée.
L'alchimiste ne tirerait rien du vieux loup de mer. L'homme avait vogué au loin il y a bien longtemps, et le courant ne risquait pas de le ramener au rivage de sitôt. Pourtant, cela ne signifiait pas que Adalmann était dénué d'intérêt pour Isabelle, bien au contraire. Si elle jouait son jeu, si elle le brossait dans le sens du poil, peut-être pourrait-elle utiliser cette démence à son avantage.
« Je suis ravie de voir que votre esprit n'a rien perdu de sa merveille. J'attache particulièrement d'importance à la réunification de notre glorieux Empire. La guerre apporte l'Ordre et l'Ordre fait la Loi.
Sachez que vous pourrez compter sur le soutien du Collège Doré pour votre expédition. Financements, machines de guerre, mages. En tant que Grande Trésorière, j'aurai grandement à dire sur l'ampleur de ce soutien... mais nous pourrons discuter des détails le moment venu.
En attendant, mon ami, soyez prudent. »
Isabelle regarda derrière son épaule, puis se pencha en avant tout en posant sa main sur le coin de sa bouche. Le geste manquait de subtilité, mais il restait éloquent.
« Ce parasite d'Immanuel-Ferrand veille. Mes informateurs me disent qu'il se doute de quelque chose. Il a des yeux et des oreilles partout et ses agents sont particulièrement doués pour passer inaperçus. Ils s'infiltrent, ils dupent, puis ils trahissent. »Elle avait appuyé ses paroles en pointant son index sur sa tempe.
« Gardez vos secrets précieusement et surtout, ne vous fiez pas aux hommes en blanc. Mes sources m'ont avertie : ils ne sont pas fiables.
En ces temps troubles, je privilégie les alliances solides, indéfectibles. Sachez, cher Hopfberg, que je vous considère appartenir à ce cercle très restreint.
Mais j'aimerais que vous taisiez notre entrevue de tous. Le chancelier se nourrit de secrets, en voilà un sur lequel il ne pourra pas se repaître. »
Sur ces derniers mots, Breitenbach se redressa et gratifia son interlocuteur d'un rapide clin d’œil.
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Si la conversation se termine avec le vieux et que rien d'autre d'important ne se déroule, alors Isabelle ira se coucher. Il est probablement encore tôt, mais la journée a été (très) longue et elle doit être épuisée
Isabelle Breitenbach, Voie du Sorcier des Collèges de Magie
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• Tu n’as rien vu : Isabelle a totalement oublié l'identité d'Eva Seyss, la prenant pour Lucie, sa nouvelle apprentie - mise à jour - Isabelle connait son nom et son rôle dans les récents événements. Mais une grande part de mystère enveloppe encore le personnage. Elle ne se rappelle pas non plus avoir été ensorcelée.
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• Addiction au laudanum : suite à des années de consommation lourde de drogue
• Esprit fragile : la vieillesse, la drogue, l'alcool et la solitude ne font pas bon ménage. Si des événements marquants ou traumatisants affectent Isabelle, elle risque de sombrer dans une Crise de Démence. Ces dernières peuvent se manifester de différentes manières (incapacité à dissocier le passé du présent, égarement dans diverses fantaisies, confusion totale etc.)
• Labyrinthe Mental : représentation fictive de la psychée d'Isabelle. Un lieu infini, délabré, aux couloirs changeants ou carréments inaccessibles. Elle s'y égare durant ses Crises de Démence ou l'explore durant ses quêtes de réponses sur elle-même.
• Oubli : une grande partie du passé d'Isabelle lui est inaccessible, verrouillé au fond de son Labyrinthe Mental
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• +1 aux tests d'intrigues, rumeurs etc. (compétence intrigue de cour)
• +1 aux tests avec des employés d'une quelconque administration (compétence administration)
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• +1 aux tests de fabrication et de travail/entretien du métal (compétence artisanat - métal)
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