
Martin [MJ Assistant] Vers la fin de la journée, ils arrivèrent enfin à Altdorf. Une ville ceinte de lourdes et antiques murailles comme on en voyait peu, mais dont l'ancienneté n'empêchait pas l'installation de systèmes de défenses plus récents, comme le montraient les plate-formes au sommet de tours sur lesquelles se trouvaient canons et bombardes, ou les murs crénelés. Les imposantes portes de la ville, lourdes et difficiles à manier, avaient néanmoins l'avantage d'être dotées d'une grande inertie, les rendant presque insensibles aux coups de béliers. Et le bois était, de plus, bien entretenu. Sans parler des mâchicoulis....
Faisant montre de patience, les cavaliers se mirent dans la file d'attente, heureusement courte en cette heure tardive, pour pouvoir entrer dans la cité. Ils eurent droit aux habituelles -quoique pas tant que ça pour Iblis- machinations des gardes pour leur escroquer le plus de pistoles pour leur passage, puis aux sales regards lorsque les cavaliers firent valoir certains documents qui leur garantissaient le libre passage.
Maugréant contre ces complications, les collecteurs d'impôts finirent néanmoins par les laisser passer.
Les sales remparts laissèrent donc se révéler aux yeux de l'elfe une ville bien différente d'Elfeville. Ici, la foule grouillait comme dans les tunnels d'une fourmilière. Chaque mètre carré était occupé par au moins une personne.
Du haut de son cheval, l'elfe pouvait observer cette foule bigarrée, composée de gens étranges. Vendeurs à la sauvette, voleurs, prostituées, étudiants, agitateurs, chariots de bestiaux dans les rues, artistes de rue, voitures de nobles coincées dans le trafic.... Et les inévitables sagouins qui faisaient de nombreuses frayeurs en fouettant leurs montures au sang pour les faire avancer plus vite, quitte à provoquer des blessures chez les passants, voire des morts, sans que l'on ne s'en formalise de trop...
Puis il y avait l'odeur.... L'odeur qui vous prenait aux tripes ! Merde, sueur, sang.... Cela changeait de Marienbourg où le vent vous envoyait les miasmes au large ou en campagne, quand là, ces odeurs pestilentielles traînaient, restaient sur place, et vous envahissaient les fosses nasales.
Mais, juché du haut de la monture où il était, l'elfe, sans doute parce qu'il était fou, ou nouveau venu, ne prêtait pas attention à ce spectacle. Non. En fait, il avait surtout concentré son attention sur un individu spécial. Celui-ci suivait le groupe depuis qu'il avait passé la grande porte. Un type encapuchonné, qui faisait de son mieux pour suivre discrètement le groupe, avec succès d'ailleurs, puisque nul ne l'avait repéré à part l'elfe. Un coup, ce mystérieux admirateur de la race asur disparaissait à un coin de rue, un autre il apparaissait plus loin, ou bien il changeait de chapeau et de cape, ou salissait ses vêtements.... Ce petit manège allait-il durer longtemps ou bien Iblis attirerait-il l'attention de ses petits animaux de compagnie sur ce drôle de manège ?

