Reinard revint vers son maitre et entreprit de lui expliquer tout ce qu’il avait appris. Edwin se gratta la tête d’un air songeur, et finit par murmurer à l’oreille de son apprenti : « Pour ton scribe, je ne m’inquiète pas trop. Tes livreurs ne savent pas lire, alors ils n’ont sans doute pas compris qu’il compte les entrées et les sorties et vérifie les reçus de livraison. Mais pour le reste… Au moins, je comprends ce qui a amené le patriarche à demander une enquête. Bref, termina-t-il dans un bâillement réprimé à grand peine, ce n’est pas maintenant que nous allons nous coucher. »
[Reinard] Vices et Vertu
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Re: [Reinard] Vices et Vertu
Reinard ne s’attendait visiblement pas à se faire jauger de l’œil avec méfiance et quelque chose qui ressemblait bien à de la terreur par les trois compères. Visiblement, les rumeurs n’étaient guère agréables à entendre...
L’adolescent jeta un regard craintif autour de lui, comme s’il craignait d’être entendu, tandis que les deux autres semblaient soudain fort peu à leur aise, la montagne de muscles s’acharnant à chasser une mouche imaginaire de son épaule pendant que le troisième larron fixait résolument ses souliers crottés avec une attention des plus soutenues. Le gamin se mit à chuchoter à toute vitesse, d’une voix rendue plus aigue que la normale par la peur : « En fait… Bon, c’est des rumeurs, allez pas m’accuser de colporter des mauvaises choses sur le dos des honnêtes gens, hein ! Mais d’après ce qu’on dit, il y a de ça… Voyons, je dirais quelque chose comme deux semaines, il parait qu’un corps a été retrouvé juste à coté de cette maison. Mais contre le mur, hein ! Alors déjà qu’ici, ben, les cadavres dans les rues, c’est pas trop courant, les nobles, ils font leurs affaires discrètement en général, si on rajoute l’état du malheureux… Enfin, apparemment, l’était plus très beau à voir, il manquait des morceaux, comme si on l’avait mangé tout vif… ou tout mort d’ailleurs. Donc bon, c’est pas qu’on a un peu la frousse, mais avec les autres, on aime pas trop être dans un coin où on retrouvé des hommes en petits morceaux. Ma tête, je l’aime sur mes épaules, pas à côté. » Les deux autres frissonnèrent en entendant le récit, et tous trois se signèrent à la manière des sigmarites : le doigt partant du nombril, puis remontant vers le « v » de la clavicule, avant de passer par le côté droit, pour terminer par le côté gauche de la poitrine, ce signe étant utilisé pour se garder du mal.
Reinard revint vers son maitre et entreprit de lui expliquer tout ce qu’il avait appris. Edwin se gratta la tête d’un air songeur, et finit par murmurer à l’oreille de son apprenti : « Pour ton scribe, je ne m’inquiète pas trop. Tes livreurs ne savent pas lire, alors ils n’ont sans doute pas compris qu’il compte les entrées et les sorties et vérifie les reçus de livraison. Mais pour le reste… Au moins, je comprends ce qui a amené le patriarche à demander une enquête. Bref, termina-t-il dans un bâillement réprimé à grand peine, ce n’est pas maintenant que nous allons nous coucher. »
Reinard revint vers son maitre et entreprit de lui expliquer tout ce qu’il avait appris. Edwin se gratta la tête d’un air songeur, et finit par murmurer à l’oreille de son apprenti : « Pour ton scribe, je ne m’inquiète pas trop. Tes livreurs ne savent pas lire, alors ils n’ont sans doute pas compris qu’il compte les entrées et les sorties et vérifie les reçus de livraison. Mais pour le reste… Au moins, je comprends ce qui a amené le patriarche à demander une enquête. Bref, termina-t-il dans un bâillement réprimé à grand peine, ce n’est pas maintenant que nous allons nous coucher. »
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Re: [Reinard] Vices et Vertu
Les rumeurs qui m’avaient été rapportée par les livreurs terrifiés étaient des plus inquiétantes, surtout que je ne voyais pas vraiment quel culte avait pour coutume de dévorer ses victimes, mortes ou vivantes. En réfléchissant, une branche du culte du plaisir, si étendue dans cet empire, pouvait très bien dévorer ses victimes dans ses ébats, poussé par sa jouissance nourrie par le chaos, mais il était tout aussi possible que nous avions à faire avec un culte plus sombre. Le danger qui nous attendait dans ce bâtiment était peut-être plus grand que je ne le soupçonnais, mais le devoir nous appelait et l’abandon n’était pas envisageable.
Je partis rejoindre mon maitre, qui ne m’apprit pas grand-chose sur l’endroit que nous allions pénétrer, si ce n’est que notre travaille ne serait pas vraiment simple. Pourtant, il ne voyait aucune menace en l’homme qui notait les allées et venus, le prenant pour un simple tenancier de registre, mais je n’étais pas vraiment convaincu. Ces livreurs devaient être habitués à ce genre de personne à l’entrée des domaines où ils allaient travailler et les questions que l’homme devant nous posait devaient sortir du commun pour les avoir dérangés. Mais peut-être n’était-ce qu’une extrapolation, depuis ma mésaventure avec ceux de mon sang, je voyais le mal partout autour de moi. Lâchant un long soupire, qui se transforma bien vite en un grand bâillement, séquelle de ma nuit d’errance avec mon maitre dans un quartier mal famé, à observer un fin diplomate s’amuser avec de l’alcool frelaté et des femmes dénudées, je me dirigeais vers les lourds sacs de grains. J’en pris alors un sur mes frêles épaules, actionnant tous mes muscles dans le difficile effort, puis, plié en deux sous le poids de mon fardeau, je pris la direction de la porte du domaine de Von Grainbern. Arrivé devant l’homme au registre, je pris la parole, quelque peu essoufflé par l’effort que je faisais en ce moment même.
-Ewald m’a envoyé remplacer les trois autres gars, il a un autre travail pour eux, où est-ce que je dépose ça ?
Lâchant le sac au sol afin de reposer mes épaules douloureuses, j’attendis ses indications ainsi que son approbation, récitant dans mon esprit les antiques paroles composant l’incantation capable de plier les vents sombres à ma volonté. Si tout tournait mal, si jamais l’homme devant moi ne voulait croire à ce que je lui disais et partait prévenir un quelconque supérieur ou bien son employeur, je serais prêt à lui souffler une parcelle d’Ulgu, brouillant ainsi son esprit et me donnant l’occasion de rentrer sans que personne ne se doute de mon véritable but.
Je partis rejoindre mon maitre, qui ne m’apprit pas grand-chose sur l’endroit que nous allions pénétrer, si ce n’est que notre travaille ne serait pas vraiment simple. Pourtant, il ne voyait aucune menace en l’homme qui notait les allées et venus, le prenant pour un simple tenancier de registre, mais je n’étais pas vraiment convaincu. Ces livreurs devaient être habitués à ce genre de personne à l’entrée des domaines où ils allaient travailler et les questions que l’homme devant nous posait devaient sortir du commun pour les avoir dérangés. Mais peut-être n’était-ce qu’une extrapolation, depuis ma mésaventure avec ceux de mon sang, je voyais le mal partout autour de moi. Lâchant un long soupire, qui se transforma bien vite en un grand bâillement, séquelle de ma nuit d’errance avec mon maitre dans un quartier mal famé, à observer un fin diplomate s’amuser avec de l’alcool frelaté et des femmes dénudées, je me dirigeais vers les lourds sacs de grains. J’en pris alors un sur mes frêles épaules, actionnant tous mes muscles dans le difficile effort, puis, plié en deux sous le poids de mon fardeau, je pris la direction de la porte du domaine de Von Grainbern. Arrivé devant l’homme au registre, je pris la parole, quelque peu essoufflé par l’effort que je faisais en ce moment même.
-Ewald m’a envoyé remplacer les trois autres gars, il a un autre travail pour eux, où est-ce que je dépose ça ?
Lâchant le sac au sol afin de reposer mes épaules douloureuses, j’attendis ses indications ainsi que son approbation, récitant dans mon esprit les antiques paroles composant l’incantation capable de plier les vents sombres à ma volonté. Si tout tournait mal, si jamais l’homme devant moi ne voulait croire à ce que je lui disais et partait prévenir un quelconque supérieur ou bien son employeur, je serais prêt à lui souffler une parcelle d’Ulgu, brouillant ainsi son esprit et me donnant l’occasion de rentrer sans que personne ne se doute de mon véritable but.
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Re: [Reinard] Vices et Vertu
L’homme leva la tête de son registre, sa plume toujours en main, et regarda d’un air paniqué les nouvelles marchandises qui affluaient. Ses yeux se posèrent sur Reinard rapidement, puis il revint sur son registre après avoir brièvement détaillé le nouveau venu, s’assurant par cet examen sommaire de la dangerosité a priori minime du magister ployant à cet instant sous sa charge. Il se mit alors à tourner frénétiquement les pages de son énorme registre, jusqu’à ce qu’il tombe sur celle qu’il cherchait, au vu du soupir de contentement qu’il laissa échapper lorsqu’il s’arrêta enfin sur cette dernière. Un rapide coup d’œil permit à Reinard de comprendre que l’intendant cherchait tout simplement où étaient consignées les commandes de céréales que son maitre avait passées.
Après s’être arrêté à une ligne bien remplie, l’homme souffla au magister : « Alors, la commande 19… Voyons… Mettez-la au cellier, ça fera l’affaire pour le moment. C’est au sous-sol, près des cuisines. Prenez l’escalier sur votre droite en entrant et suivez les autres livreurs de nourriture, vous ne pouvez pas vous trompez. Et maintenant, au suivant ! » Sans attendre, il traça une petite croix sur son registre, et appela un autre livreur, cette fois-ci d’épices, se désintéressant totalement de Reinard qui pouvait donc pénétrer enfin dans la maison du diplomate, les deux gros bras gardant la porte s’étant écarté pour le laisser passer.
Après s’être arrêté à une ligne bien remplie, l’homme souffla au magister : « Alors, la commande 19… Voyons… Mettez-la au cellier, ça fera l’affaire pour le moment. C’est au sous-sol, près des cuisines. Prenez l’escalier sur votre droite en entrant et suivez les autres livreurs de nourriture, vous ne pouvez pas vous trompez. Et maintenant, au suivant ! » Sans attendre, il traça une petite croix sur son registre, et appela un autre livreur, cette fois-ci d’épices, se désintéressant totalement de Reinard qui pouvait donc pénétrer enfin dans la maison du diplomate, les deux gros bras gardant la porte s’étant écarté pour le laisser passer.
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Re: [Reinard] Vices et Vertu
Enfin, je me retrouvais dans la luxueuse bâtisse après être passé par l’intendant débordé, voire même apeurer de la sentence qu’il encourrait s'il n’avait fait son travaille correctement. Finalement, ma faible carrure m’avait été plus qu’utile en cet instant, et le poids sous lequel je croulais amenuisait encore plus la menace potentielle que j’étais. Désormais, trois chemins se dessinaient face à moi, deux couloirs poursuivant tout droit et à droite, et l’escalier sur ma gauche qui m’avait été ordonné de suivre pour arriver au cellier, où je pourrais déposer mon fardeau. Il était tentant de profiter de l’occasion que j’avais d’être à l’intérieur du domaine de Von Grainbern pour le visiter entièrement, mais avec ce lourd sac sur le dos, je ne risquais guère d’être discret tout comme le cas où je le laisserais à l’entrée.
Je descendis alors les marches, soutenant avec difficulté le sac de céréale. Arrivé sur le palier, je pris la même direction que le cortège de livreur, suivant ainsi le couloir tout en observant précisément les intersections que je pourrais rencontrer, ainsi que les passages les moins usités. Lorsque j'aboutis au cellier, je déposai enfin le sac de céréale, avant de faire une pause de quelques instants pour reprendre mon souffle suite à cet effort.
J’étais seul dans ce domaine, sans la possibilité d’aide de mon maitre et sans échappatoire autre que la porte gardée, je devais donc chercher des indices sur la culpabilité de notre diplomate avant de sortir le plus vite possible. Pour commencer, je devais choisir par quel endroit débuter, et le sous-sol me paraissait une bonne idée. Quel meilleur lieu qu’un sous-sol ne laissant pas filtrer le moindre hurlement, étouffés par les tonnes de terres qui le recouvrent, et dans lequel aucune fenêtre ne pouvait apporter une quelconque information sur ce qu’il s’y passe à un passant pour cacher ce que l’on souhaite garder secret ? Je commençai alors à sortir du cellier, avec l’intention de trouver ce que nous cherchions, mon maitre et moi. Certains de mes atouts me seraient plus qu’utile en cet endroit, Il ne me serait pas trop difficile de m’emparer d’un trousseau de clés et les ténèbres ne me gêneraient pas le moins du monde. Je me dirigeai alors vers l’un des couloirs les moins utilisés, espérant que ma tache touche à sa fin et que je puisse enfin sortir pour me reposer.
Je descendis alors les marches, soutenant avec difficulté le sac de céréale. Arrivé sur le palier, je pris la même direction que le cortège de livreur, suivant ainsi le couloir tout en observant précisément les intersections que je pourrais rencontrer, ainsi que les passages les moins usités. Lorsque j'aboutis au cellier, je déposai enfin le sac de céréale, avant de faire une pause de quelques instants pour reprendre mon souffle suite à cet effort.
J’étais seul dans ce domaine, sans la possibilité d’aide de mon maitre et sans échappatoire autre que la porte gardée, je devais donc chercher des indices sur la culpabilité de notre diplomate avant de sortir le plus vite possible. Pour commencer, je devais choisir par quel endroit débuter, et le sous-sol me paraissait une bonne idée. Quel meilleur lieu qu’un sous-sol ne laissant pas filtrer le moindre hurlement, étouffés par les tonnes de terres qui le recouvrent, et dans lequel aucune fenêtre ne pouvait apporter une quelconque information sur ce qu’il s’y passe à un passant pour cacher ce que l’on souhaite garder secret ? Je commençai alors à sortir du cellier, avec l’intention de trouver ce que nous cherchions, mon maitre et moi. Certains de mes atouts me seraient plus qu’utile en cet endroit, Il ne me serait pas trop difficile de m’emparer d’un trousseau de clés et les ténèbres ne me gêneraient pas le moins du monde. Je me dirigeai alors vers l’un des couloirs les moins utilisés, espérant que ma tache touche à sa fin et que je puisse enfin sortir pour me reposer.
Modifié en dernier par [MJ] Drakonis le 07 août 2012, 17:53, modifié 1 fois.
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Re: [Reinard] Vices et Vertu
Tandis que Reinard marchait silencieusement dans le couloir, les effluves de la cuisine lui parvinrent, ainsi que moult bruits de voix et jacassements en tout genre. Manifestement, les quartiers des domestiques se trouvaient également à cet endroit, et c’était l’heure de la pause plus ou moins autorisée. Le magister se faufila derrière une tenture aperçue plus tôt lorsqu’il entendit des pas se rapprocher de sa position. Deux jeunes hommes, probablement de son âge, voir même moins, se chamaillaient à propos d’une sombre histoire de filles, d’argent volé et de faveurs trop vite envolées et pas assez appréciées. Trois jeunes servantes les suivaient en commentant les déboires de leurs compagnons, tout en pouffant fort peu discrètement entre deux phrases. Autant dire que niveau conversations futiles sans intérêt majeur, l’umbramancien avait gagné le gros lot. Comble de malchance, aucun ne semblait suffisamment important dans la hiérarchie de la domesticité locale pour avoir en possession un trousseau de clés, et après un rapide coup d’œil de vérification, Reinard ne put que se voir confirmer cette absence qui l’embêtait quelque peu.
Une fois que le troupeau de jeunes gens se fut éloigné, l’apprenti put continuer sa route et arriva au bout du couloir, qui tournait à gauche sur plusieurs mètres, et au vu du bruit et des paroles peu châtiées qu’il pouvait percevoir, c’était là que logeait effectivement les serviteurs, comme il l’avait deviné juste avant. Mais ce qui l’intéressait surtout se trouvait juste devant lui. En effet, en droite ligne et avant de bifurquer, le couloir qu’il arpentait menait à un escalier qui descendait dans les entrailles de la maison. Exactement ce qu’il cherchait. Il descendit les marches et se retrouva devant une porte en bois, qui s’ouvrit dans un très léger grincement. Pourtant, sa progression aurait pu s’arrêter là, car la pénombre était totale en ce lieu. Mais Reinard n’était pas un homme ordinaire, et il invoqua les Vents de magie afin d’y voir plus clair et de poursuivre son enquête.
Manifestement, la Fortune souriait au jeune homme, qui réussit aisément son sort et put donc observer son environnement comme s’il était éclairé par une bonne demi-douzaine de torches. Devant lui s’alignaient des dizaines de fûts de tailles différentes, ordonnés soigneusement, et dont les effluves caressaient le nez de Reinard. Pas de doute possible, il se trouvait dans la cave à vin du diplomate, et celle-ci était tout bonnement exceptionnelle. Grande, haute de plafond, très bien tenue, elle contenait des dizaines d’alcool qui, étant donné les disparités qu’il pouvait observer au niveau des tonneaux, venaient de pays étrangers, témoignages évidents de la richesse, mais aussi des voyages qu’avait effectués Hans Von Grainbern. Reinard se mit à rechercher un indice quelconque, mais au bout d’un long moment, force fut de constater que rien, absolument rien n’était suspect dans cette cave. Le magister sortit donc légèrement dépité, et décida de revenir sur ses pas afin d’explorer un autre couloir.
L’umbramancien remonta le long couloir qui se trouvait vide désormais, les serviteurs ayant regagnés leur poste, comme en témoignaient les bruits qui provenaient de la cuisine. En même temps, vu l’heure, le petit-déjeuner des maitres devait être au beau milieu de sa préparation. Reinard se trouva à nouveau dans la grande pièce qui faisait office d’entrée, et se dirigea avec rapidité vers le couloir en face de la porte d’entrée. Les murs de ce dernier arboraient de somptueuses tapisseries qui peignaient des décors champêtres et des parties de chasse entre gentilshommes. Enfin, il aperçut un nouvel escalier qui terminait le corridor, et qui montait cette fois vers l’étage supérieur…
Une fois que le troupeau de jeunes gens se fut éloigné, l’apprenti put continuer sa route et arriva au bout du couloir, qui tournait à gauche sur plusieurs mètres, et au vu du bruit et des paroles peu châtiées qu’il pouvait percevoir, c’était là que logeait effectivement les serviteurs, comme il l’avait deviné juste avant. Mais ce qui l’intéressait surtout se trouvait juste devant lui. En effet, en droite ligne et avant de bifurquer, le couloir qu’il arpentait menait à un escalier qui descendait dans les entrailles de la maison. Exactement ce qu’il cherchait. Il descendit les marches et se retrouva devant une porte en bois, qui s’ouvrit dans un très léger grincement. Pourtant, sa progression aurait pu s’arrêter là, car la pénombre était totale en ce lieu. Mais Reinard n’était pas un homme ordinaire, et il invoqua les Vents de magie afin d’y voir plus clair et de poursuivre son enquête.
L’umbramancien remonta le long couloir qui se trouvait vide désormais, les serviteurs ayant regagnés leur poste, comme en témoignaient les bruits qui provenaient de la cuisine. En même temps, vu l’heure, le petit-déjeuner des maitres devait être au beau milieu de sa préparation. Reinard se trouva à nouveau dans la grande pièce qui faisait office d’entrée, et se dirigea avec rapidité vers le couloir en face de la porte d’entrée. Les murs de ce dernier arboraient de somptueuses tapisseries qui peignaient des décors champêtres et des parties de chasse entre gentilshommes. Enfin, il aperçut un nouvel escalier qui terminait le corridor, et qui montait cette fois vers l’étage supérieur…
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Eranor
Re: [Reinard] Vices et Vertu
D’un pas lent et discret, je traversais le couloir qui cachait, selon mes espoirs, ce que je cherchais. Bien vite, des ondes sonores vinrent envahir mes oreilles sous forme de jacassement et de palabre en tous genres, accompagnées de la fusion de l’odeur de divers ingrédients ne manquant point d’éveiller quelques gargouillis dans mon estomac à jeune depuis un temps qui paraissait infini pour mon corps en quête d’énergie. Mais voilà que le claquement des chaussures sur le sol me tira de mes douces rêveries de repos et de nourriture, me rappelant à mon devoir alors que d’un pas agile, je prenais place derrière une simple tenture, prêt à avancer dans ma tâche qui ne faisait que stagner depuis plusieurs semaines. Les voix qui me parvinrent ne décrivaient rien d’autre qu’une futile conversation entre prolétaires au sujet de diverses histoires sentimentales, mixture de vol, de femme et de cœur brisé, entrecoupé de gloussements d'autres servante, se rapprochant étrangement des bruits de dindon cherchant à discuter. Retenant un soupire dégouté, j’attendis que le cortège passe sous mes yeux, faisant fi du débat d’une affligeante inutilité qu’il semblait pourtant apprécier. Mais seul le dépit m’attendait, car, à l’image de leur conversation, aucun des travailleurs qui traversaient le couloir n’avait suffisamment d’importance pour disposer de la moindre clé. Aucune tige métallique taillée, aucune trace de passe partout, rien que du temps perdu.
Laissant la procession d’employer s’éloigner de ma cachette dans un mélange de fatigue et de déception, je finis par reprendre ma route à travers le couloir jusqu’à ce qu’enfin sa fin se dessine devant mes yeux entourés de longue cerne. Un choix dont la difficulté n’était guère plus élevée que le niveau de langage que je percevais sur ma gauche s’offrit alors à moi, d’un côté, les exclamations et directives de plusieurs domestiques indiquaient la présence de leur cartier, tandis que face à moi, un petit escalier s’enfonçait plus profondément dans les entrailles de la terre, débouchant sur un battant de bois que je m’afférai à pousser dans le léger grincement des gonds rouillés. Ce que je vis –ou plutôt ce qui m’empêchait de voir- me rassura quelque temps, les ténèbres épiassent cachaient le contenu de la salle que je venais de pénétrer, me faisant ainsi naitre l’espoir d’avoir trouvé un passage menant aux réponses tant espérées. Un sourire en coin face à la difficulté engendrée par la pénombre, je me mis à murmurer d’anciennes paroles dans un langage interdit, attirant l’Aethyr sur ma personne.
Mon chant monotone pris fin et tout devint clair autour de moi. Tout comme si j’étais illuminé par le feu des nombreuses torches, je pus détailler chaque objet de la pièce qui s’étalait à mes yeux. Ainsi, je vis les nombreux fûts parfaitement alignés, dont les différentes tailles me permettaient de constater que de nombreux alcools diffèrent originaires de différent pays. L’odeur alléchante qui s’en dégageait me tentait d’en prélever quelques gouttes, pour que mes papilles puissent jouir quelques instants d'une boisson confectionnée avec soin, me changeant ainsi de la bière au gout d'urine et des piquettes coupées par de l'eau croupie. Refoulant mes désirs, je me mis à me demander pourquoi notre diplomate s’amusait à courir les pires tavernes des pires quartiers d’Altdorf, dont les alcools sont plus écœurants encore que les pustules de certaines des femmes de joie attendant à leur porte, alors que des boissons d'une qualité infiniment supérieure couvaient dans sa demeure. Notre opulente cible avait de bien étrange habitude, combinées avec les rumeurs qui couraient autour de lui, nous avions un parfait coupable. Ne désespérant pas de trouver un quelconque passage, je partis à la recherche d’une trappe dissimulée, d’un passage caché ou d’une porte dérobé, mais après de longues minutes, je ne pus que m’approcher de la sortie avec un nouveau sentiment de dépit suite à l’échec cuisant de ma prospection. Rien ! Il n’y avait rien dans cet étage où les caches auraient été si faciles à placer, pour trouver quelque chose d’intéressant, il ne me restait plus qu’à m’aventurer dans les étages supérieurs.
Ainsi, je remontais les marches qui m’avaient mené dans ce sous-sol, me plaçant de nouveau face à l’intersection non loin de l’entrée. Je n’avais aperçu le moindre signe de vie lors de ma remontée, mais l’affairement aux cuisines m’indiquait qu’il était fort probable que les domestiques soient occupés par la préparation du repas de ma cible, me laissant traverser la bâtisse à mon gré, en tout cas, c’est ce que j’espérais. Prenant le couloir faisant face à la porte d’entrée, j’arrivai bien vite à un escalier menant à l’étage supérieur d’un pas feutrer, l’oreille en alerte, prêt à me dissimuler en cas de mouvement en ma direction. Lors d’un court instant, je ne bougeai plus, réfléchissant à ce que je devrais faire. Il était possible que je trouve un bureau, ou quelque chose s’en approchant, en grimpant cet escalier, bien qu’il me semble plus risqué de m’y aventurer. Il me serait certainement plus difficile de me cacher dans l’ombre, mais voulant écourter au maximum ma présence en ce lieu, je montai les marches, espérant que ma tâche se termine au plus vite. Avec la découverte d’un document compromettant dans ce qui ferait office de bureau à Von Grainbern.
Laissant la procession d’employer s’éloigner de ma cachette dans un mélange de fatigue et de déception, je finis par reprendre ma route à travers le couloir jusqu’à ce qu’enfin sa fin se dessine devant mes yeux entourés de longue cerne. Un choix dont la difficulté n’était guère plus élevée que le niveau de langage que je percevais sur ma gauche s’offrit alors à moi, d’un côté, les exclamations et directives de plusieurs domestiques indiquaient la présence de leur cartier, tandis que face à moi, un petit escalier s’enfonçait plus profondément dans les entrailles de la terre, débouchant sur un battant de bois que je m’afférai à pousser dans le léger grincement des gonds rouillés. Ce que je vis –ou plutôt ce qui m’empêchait de voir- me rassura quelque temps, les ténèbres épiassent cachaient le contenu de la salle que je venais de pénétrer, me faisant ainsi naitre l’espoir d’avoir trouvé un passage menant aux réponses tant espérées. Un sourire en coin face à la difficulté engendrée par la pénombre, je me mis à murmurer d’anciennes paroles dans un langage interdit, attirant l’Aethyr sur ma personne.
Mon chant monotone pris fin et tout devint clair autour de moi. Tout comme si j’étais illuminé par le feu des nombreuses torches, je pus détailler chaque objet de la pièce qui s’étalait à mes yeux. Ainsi, je vis les nombreux fûts parfaitement alignés, dont les différentes tailles me permettaient de constater que de nombreux alcools diffèrent originaires de différent pays. L’odeur alléchante qui s’en dégageait me tentait d’en prélever quelques gouttes, pour que mes papilles puissent jouir quelques instants d'une boisson confectionnée avec soin, me changeant ainsi de la bière au gout d'urine et des piquettes coupées par de l'eau croupie. Refoulant mes désirs, je me mis à me demander pourquoi notre diplomate s’amusait à courir les pires tavernes des pires quartiers d’Altdorf, dont les alcools sont plus écœurants encore que les pustules de certaines des femmes de joie attendant à leur porte, alors que des boissons d'une qualité infiniment supérieure couvaient dans sa demeure. Notre opulente cible avait de bien étrange habitude, combinées avec les rumeurs qui couraient autour de lui, nous avions un parfait coupable. Ne désespérant pas de trouver un quelconque passage, je partis à la recherche d’une trappe dissimulée, d’un passage caché ou d’une porte dérobé, mais après de longues minutes, je ne pus que m’approcher de la sortie avec un nouveau sentiment de dépit suite à l’échec cuisant de ma prospection. Rien ! Il n’y avait rien dans cet étage où les caches auraient été si faciles à placer, pour trouver quelque chose d’intéressant, il ne me restait plus qu’à m’aventurer dans les étages supérieurs.
Ainsi, je remontais les marches qui m’avaient mené dans ce sous-sol, me plaçant de nouveau face à l’intersection non loin de l’entrée. Je n’avais aperçu le moindre signe de vie lors de ma remontée, mais l’affairement aux cuisines m’indiquait qu’il était fort probable que les domestiques soient occupés par la préparation du repas de ma cible, me laissant traverser la bâtisse à mon gré, en tout cas, c’est ce que j’espérais. Prenant le couloir faisant face à la porte d’entrée, j’arrivai bien vite à un escalier menant à l’étage supérieur d’un pas feutrer, l’oreille en alerte, prêt à me dissimuler en cas de mouvement en ma direction. Lors d’un court instant, je ne bougeai plus, réfléchissant à ce que je devrais faire. Il était possible que je trouve un bureau, ou quelque chose s’en approchant, en grimpant cet escalier, bien qu’il me semble plus risqué de m’y aventurer. Il me serait certainement plus difficile de me cacher dans l’ombre, mais voulant écourter au maximum ma présence en ce lieu, je montai les marches, espérant que ma tâche se termine au plus vite. Avec la découverte d’un document compromettant dans ce qui ferait office de bureau à Von Grainbern.
Modifié en dernier par [MJ] Aurore le 03 nov. 2012, 19:12, modifié 1 fois.
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