Vu que moi et Aetinis sommes séparés pour le moment, l'ordre de poste n'a plus d'importance entre nous.
Godion fut surpris par tant de charité venant de son nouveau seigneur, la chose étant normale à ses yeux car bien qu'il ignorait totalement depuis combien de temps celui-ci avait été esclave pour la famille de Nahël, en l'espace de quelques minutes au service de Ori, il venait de se voir attribuer le même rang que n'importe lequel des domestiques. Comme pour bien montrer qu'il avait pris acte de ses paroles, il le salua à la façon des domestiques, le jeune Aen Elle affichant un sourire à la vue de ceci.
Il lui avait donné l'ordre d'aller annoncer à Nahël qu'il était prêt à le recevoir, mais avant de partir, hésitant, il le remercia, d'un ton ferme et assuré, mais en même temps il était probable qu'il soit heureux de voir que pour une fois, un noble ne le considérait pas comme une chose, mais bien comme un elfe à part entière.
Quelques minutes plus tard, comme prévu, le seigneur Nahël arriva, mais le spectacle ne fut pas celui attendu par Ori, car en effet près de lui, se trouvait son serviteur à la chevelure blonde, la main de Nahël le tenant fermement par la nuque. Les yeux baissés, l'ancien esclave n'osait même plus regarder son maître, comme gêner par la situation. Mais il n'était pas dupe, il avait pu entrevoir un bref instant la colère de Godion, était t'elle dirigée contre lui où bien contre Nahël ? Il n'aurait su le dire dans l'immédiat.
De plus, voyant que le poing de Godion était fermement fermé, Ori craignait une réaction mauvaise de sa part, le moindre geste déplacé vers Nahël pouvant lui valoir la vie. Tel un prédateur sadique, le noble se tenait près de l'oreille du pauvre garçon, lui susurrant des mots.
La réaction du noble fut justifié par le fait que comme Ori l'avait demandé, son serviteur salue les gens de façon normale et non plus comme un esclave, cela avait entraîné la colère de Nahël, pensant que le garçon au cheveux d'or, lui avait menti. Il avait sûrement du dire que c'était sur ordre de son nouveau maître qu'il avait agi ainsi. Mais Nahël n'avait semble t'il pas voulu le croire.
Ori monta le ton, mettant fin à cette mascarade.
"Seigneur Nahël ! Cela suffit !"
C'était la première fois qu'il s'énerva. Jusqu'à présent, dans le respect du protocole, il s'était plié aux volontés de son hôte, mais dès lors il fallait bien montrer au descendant des Æthil, qu'il acceptait certaines choses et d'autres non. Reprenant son calme envers son compère, il éclaircit la situation, prenant soin de choisir ces mots, préférant froisser le moins possible son homologue.
"Il ne vous à pas menti. Vous me l'avez donné en esclave, j'en ai fait mon serviteur. C'est sur mon ordre qu'il n'a plus à poser le genou au sol envers qui que se soit, moi le premier, ces règles sont celles de votre famille, pas celles de la mienne. Vous m'avez fait cadeau de Godion, et comme vous l'avez dit, je peux en faire ce que je désire, et bien voila."
Il ignora la façon dont allait réagir le noble, s'attendant à tout, mais même si celui ci était le genre d'homme à vite perdre son sang froid, il connaissait l'importance des règles du protocole. Dès lors où Godion lui avait été donné par ces soins, Nahël n'avait de ce fait plus aucune emprise sur lui. De plus, le noble ne pouvait oublier qu'il avait besoin de l'aide de Ori concernant les problèmes dans l'Ouest de la région, il aurait été stupide de s'attirer les défaveurs de la famille Aen Elle pour une bêtise.
"Vous m'avez invité ici pour vous aider, vous vous doutiez bien que je ne suis pas un noble comme les autres, un idiot qui aurait été d'accord avec chacun de vos choix, vous aurait été inutile. Je fais certaines choses à ma façon. Si je vous ai offensé seigneur Nahël, là n'en était pas mon attention... Dans tout les cas, nous pouvons perdre notre temps à nous quereller sur nos différents points de vue... Ou bien peut être pouvons nous enfin aborder des sujets dignes de notre rang : la politique pour n'en citer qu'un."
Son discours était selon lui simple mais efficace, le tout était de voir comment Nahël allait le prendre. Dans tout les cas, d'un geste de la main, il fit signe à Godion de venir près de lui, ne doutant pas une seconde que celui ci serait libéré de l'emprise de Nahël. Sans quoi, les relations entre les deux nobles allaient vite se tendre.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 09 mai 2016, 10:01, modifié 2 fois.
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L’Eclatant Cythar méritait décidément bien son surnom ! Cet archimage se révéla être effectivement le sauveur qu’Ætinis avait appelé de tous ses vœux. Poli, gentil, charmeur et attentionné, l’enchanteur sut trouver les mots pour sécher les larmes de notre héroïne, avant même d’avoir agi. Verteflèche avait presque l’impression de se retrouver face à une sorte de grand-père qui la rassurait, ou du moins l’imaginait-elle, bien qu’elle n’ait jamais connu ses grands-parents.
A vrai dire, elle se sentait comme une petite fille très triste consolée par ce vénérable elfe qui semblait si confiant. Oui, c’était cela, cet archimage faisait renaître l’espoir dans son cœur. Avec lui, tout semblait possible. Osant à peine y croire, l’archère arrêta instantanément de pleurer et regarda son interlocuteur s’approcher du lit où gisait le blessé, avec les mêmes yeux qu’une gamine devant un prestidigitateur talentueux. Elle buvait les paroles du mage, le contemplait avec révérence et admiration, et retint son souffle quand celui-ci prononça des paroles encourageantes et lui adressa même un clin d’œil, auquel elle répondit naturellement pas un sourire chaleureux et plein d’espoir.
Elle se sentait réellement en confiance avec cet homme. L’Eclatant allait sauver Nal’, c’était certain. Ce Cythar était un grand elfe, au cœur rempli de bonté. D’ailleurs, Ætinis Verteflèche était loin d’être la seule à l’apprécier, car il y eu un attroupement de guérisseurs pour voir le maître utiliser sa magie. Il semblait très aimé ici, et l’archère comprenait bien pourquoi. Ce puissant mage était descendu en personne sur son temps libre pour aider des guérisseurs à sauver des vies. Il devait pourtant avoir tant d’autres choses à faire, mais non, il était là, il s’était même soucié d’elle et l’avait réconfortée. Alors qu’objectivement, elle était presque une moins que rien, socialement parlant.
Comme les autres, Ætinis retint son souffle lorsqu’elle vit Cythar entrer en action et commencer à invoquer sa magie. Au départ, il ne se passa pas grand-chose, puis, à l’étonnement général, des filins de lumière blanche sortirent des doigts du magicien. Dans la salle, il y eut une exclamation de surprise générale, à laquelle elle participa :
-Ohhhh…
Ils s’enroulèrent en une sorte d’orbe lumineuse d’où qui exaltait l’énergie positive autour d’elle. A cet instant, toute angoisse, tout doute, tous les soucis de la jeune elfe s’envolèrent, comme aspirés par l’étrange et merveilleuse boule. Elle se sentait juste bien, comme lorsqu’elle était toute petite, blottie dans les bras de sa mère, son père et son grand-frère veillant sur elle, entourée d’amour. Elle ignorait qu’elle pouvait se rappeler de cette période de sa vie. Jamais encore elle ne s’était souvenue de ces moments où elle n’était encore qu’un bébé, elle croyait même qu’il était impossible de s’en souvenir. Pourtant, les images et la sensation incroyable de sécurité et d’amour chaud était bien présente. En ces temps là, elle n’avait à se soucier de rien.
Regonflée à bloc par cette sensation incroyable, à cet instant, Ætinis aurait fait n’importe quoi pour Cythar. Elle l’aurait suivi jusque dans les Royaumes du Chaos s’il l’avait voulu. Mentalement et physiquement, Verteflèche se sentait affutée comme jamais, prête à tout. Elle avait la sensation que rien ne lui était impossible, qu’elle pouvait tout faire. Tout son manque de confiance en elle s’était complètement envolé.
Mais l’objectif du mage n’était pas –du moins pas principalement, en tous cas-, de plonger dans un état de félicité béate les heureux spectateurs de son art. Avec des geste maîtrisés et théâtraux, il dirigea la petite boule d’énergie dans le torse de Nalthaël. Puis il sourit, ses yeux malicieux pétillants. Pendant un instant, toute la salle retint son souffle, puis l’incroyable se produisit.
Le cocher respirait de mieux et mieux et soudain, il ouvrit les yeux et se redressa dans son lit, sous les regards ébahis de toute l’assemblée, sauf du maître lanceur de sorts. Il y eut un « Ahhh… » d’admiration partagée par tous y compris par la jeune archère. Quant à Nal, il semblait pour sa part complètement désorienté, et c’était bien compréhensible vu le changement de décor depuis sa perte de conscience.
Malgré tout, et au grand étonnement de cette dernière, il reconnut tout de suite Verteflèche à son chevet. Celle-ci avait encore du mal à le croire, elle se mordit la lèvre inférieure comme pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas, puis elle sourit de toutes ses dents, incapable d’adopter une attitude moins joyeuse. Elle regarda successivement le blessé et l’archimage et eut l’envie de les serrer tous deux dans ses bras du plus fort qu’elle le pouvait, ne se retenant que d’extrême justesse en se rappelant de l’état de Nalthaël encore quelques minutes plus tôt et du rang de Cythar. Des larmes de joie inondèrent ses yeux tandis qu’elle remerciait de tout son cœur le magicien. Pour ce qu’il avait fait là, il venait de gagner la loyauté indéfectible de l’archère.
-C’est incroyable… Nal ! Oh merci, merci messire Cythar. Je ne sais pas comment je pourrais un jour assez vous remercier pour ce que vous venez de faire. Je vous suis tellement redevable. Vous y êtes parvenu, vous voyez messire, je pleure de joie.
Puis elle essaya d’expliquer rapidement à Nalthaël la situation :
-Nal ! Oh Nal’ j’arrive à peine à y croire. Nal’, tu t’es souvenu de moi ! Si tu savais ce que ça me fait plaisir de te voir de nouveau comme ça ! J’ai eu tellement peur pour toi, tellement ! Mais c’est fini, tout va bien, grâce à Isha, aux guérisseurs et surtout à l’Eclatant.
Suite à l’attaque, moi et le seigneur Ori, on s’est occupé de toi, on t’a ramené à Tor Æthil où tu as été soigné par l’équipe du guérisseur en chef Aelyr, mais on n’était pas sûr que tu t’en sortes. Heureusement, cet elfe, l’archimage Cythar l’Eclatant, est arrivé et a utilisé sa magie pour te soigner.
Oh merci encore, seigneur Cythar, vous êtes un elfe bon. Je ne sais pas comment je peux vous remercier. Vous avez sauvé… Mon ami ?
Lança-t-elle avec un regard vers Nalthaël pour voir si celui-ci la considérait également comme telle…
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 09 mai 2016, 18:39, modifié 1 fois.
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Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
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Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.
Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
Nalthaël était resté muet de stupéfaction, peinant visiblement à appréhender l’intégralité des informations qu’on lui communiquait. Au fur et à mesure qu’Ætinis lui faisait un compte-rendu des évènements des dernières heures, l’elfe cligna plusieurs fois des paupières, marquant sa stupeur, mais reprenant déjà des couleurs à vue d’œil. Il avait changé de lieu, certainement. De retour à Tor Æthil, bien. On avait veillé sur lui. Un archimage l’avait sauvé. Heu, vous êtes sûrs ? Le visage de l’archer exprimait une profonde perplexité, et pour cause, car nul personnage important n’avait jamais fait attention à lui par le passé. Nalthaël laissa son regard vagabonder autour de lui, manifestement en quête de quelque chose. Puis son regard tomba sur son arc, qui avait été déposé à son chevet, et un sourire illumina son visage tout entier, une lueur s’allumant dans ses yeux. Ramenant l’arme à l’horizontale, il la déposa sur ses genoux, et entreprit de caresser amoureusement du bout du doigt la courbe du bois, inspectant minutieusement l’arme qui définissait sa fonction dans l’anonymat du soldat.
Comme son regard s’égarait, le dénommé Cythar s’éclaircit bruyamment la voix, attirant l’attention de l’archer, qui, levant la tête, croisa le regard bienveillant de l’archimage. Ce-dernier murmura alors, d’une voix douce et réconfortante, sa simple bonne humeur étant contagieuse :
« Nulle vie elfique n’est négligeable, jeune homme.
Ayez foi en vous-même. »
Sur-ce, le mage fit volte-face et s’en fut prodiguer ses bienfaits ailleurs dans l’infirmerie, et la cohorte de soigneurs le suivit. Seul le guérisseur en chef resta encore quelques instants au chevet de Nalthaël, inspectant précautionneusement ses plaies. A sa grande surprise, celles-ci avaient complètement disparu, aussi entreprit-il d’ôter les bandages et pansements de l’archer, visiblement interloqué.
« C’est prodigieux. Comme à chaque fois… Pas une cicatrice. Ce mage est un grand homme. »
Le temps que les deux elfes digèrent les sous-entendus de ses paroles, impliquant que Cythar l’Eclatant rendait régulièrement visite à cette infirmerie, et le guérisseur avait disparu. Avant de s’en être rendus compte, Ætinis et Nalthaël se retrouvèrent donc seuls dans la pièce, à l’exception des autres patients sur les couchettes voisines. Ce n’était ni le lieu ni le moment pour de larmoyantes confessions, et Nal’ était de toute façon de nature réservée, mais il n’avait pas encore répondu à la question implicite d’Ætinis, et semblait plongé dans ses pensées. Ne voulant pas le brusquer, Ætinis patienta, mais l’archer prit bientôt la parole, dans un souffle, de cette voix hésitante qui le caractérisait si bien :
« Ætinis… Tu as veillé sur moi…
Merci. »
Le regard fuyant de l’elfe refusait de croiser celui d’Ætinis, voletant de-ci de-là, cherchant des échappatoires, mais Nalthaël finit par relever les yeux vers elle, ajoutant :
« J’y pense…
Tu viens d’un petit village… Tor Æthil doit te paraître impressionnante…
Si le guérisseur me laisse sortir demain… Veux-tu que nous passions… un peu de temps ensemble ?
Je te… servirai de guide ? »
***
Test de CHAR : 12, 1 degré d’échec.
Le visage du seigneur Nahël se figea dans une expression interloquée, et il interrompit son manège, mais sans pour autant lâcher la nuque de Godion. Le noble se raidit, et demeura silencieux quelques secondes, comme incapable d’assimiler le fait qu’Ori ait pu affranchir son ancien esclave aussi rapidement, lui offrant un nouveau statut sans contrepartie. Les paupières de l’héritier de Valarion Æthil se plissèrent, à demi closes, tandis qu’il jaugeait son homologue. Le noble resta encore immobile pendant une vingtaine de secondes, qui parurent une éternité aux deux autres elfes présents dans la pièce. Comment le prince allait-il réagir ? Finalement, Godion frémit imperceptiblement, mais le seigneur Æthil dut le percevoir, ayant toujours la main sur l’échine du serviteur à la blonde chevelure. Alors seulement, le visage de Nahël changea, affichant d’abord une expression rusée, mais son rictus crispé exprimait sans aucun doute possible une rage prédatrice alors qu’il penchait la tête en avant, faisant mine de humer la peau de l’elfe pétrifié.
« Ainsi donc, nous ne mentions point, Godion ?
Quel gâchis…
J’aurais aimé revoir l’expression que tu avais...ce soir-là...sur ton doux visage. »
Test d’INT de Godion : 15, 5 degrés d’échec. Test de CHAR d’Ori : 2, 9 degrés de réussite.
Nahël avait prononcé ces derniers mots avec une agressivité presque palpable, qui plana dans l’air encore quelques instants après qu’il se fut tu. Pour Godion, se fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Le serviteur leva vivement sa main gauche, et la referma en un éclair sur le poignet que le seigneur Æthil avait jusque-là plongé lascivement dans sa chevelure, et le força à écarter sa main. Le noble parut surpris, pour ne pas dire choqué, qu’on ose lui tenir tête, et une lueur dangereuse s’alluma dans ses yeux. Ori n’avait jamais rencontré un regard si haineux, mais il supposa que c’était ce que l’on appelait une envie de meurtre. Godion, de son côté, fixait Nahël, la mâchoire serrée, une réelle rancœur se lisant sur son visage juvénile. Ori ne s'y était pas trompé : il ne savait pas encore tout sur la relation passée des deux elfes. La situation semblait sur le point de dégénérer, forçant peut-être Ori à intervenir, lorsque Godion lâcha soudainement prise, et recula de quelques pas, chancelant. Il se tint là, en retrait, indécis quant à la conduite à adopter, la conscience d’avoir fauté se lisant sur ses traits. Il avait osé aller à l’encontre d’un noble, un acte très grave, nouveau statut ou pas.
Ce fut Nahël qui parla le premier, d’une voix sourde :
« Hors de ma vue… domestique.
J’ai à parler à ton maître. Il te châtiera plus tard. »
Il avait presque craché les derniers mots, le visage déformé par la fureur et le dédain. Godion courba l’échine, et, comme Ori lui signifiait d’un signe de tête de patienter dans sa chambre de domestique, prit congé, disparaissant dans la pièce voisine. Un long silence s’écoula, pendant lequel Nahël se recomposait littéralement une expression aimable, un muscle facial après l’autre. Lorsqu’il parla, c’était d’une voix de courtisan, ayant pleinement recouvré son calme alors qu’il toisait Ori d’un air hypocrite.
« Convenons d’une chose, seigneur Ori.
J’ai certainement abusé de votre générosité en usant de votre bien sans votre accord préalable.
Veuillez m’en excuser, je me suis laissé emporter par de vieilles habitudes. »
Un silence. Puis le noble reprit, la mine sombre.
« En retour, je tâcherai d’oublier que votre serviteur vient d’essayer d’attenter à ma vie.
Le marché est honnête ? Offense pour offense, faveur pour faveur ? »
Le prince laissa à Ori le loisir de lui répondre, avant de poursuivre.
« Mais trêves d’enfantillages.
Je désirais discuter avec vous de politique, seigneur Ori.
Je dois vous entretenir de différentes affaires, afin que les rencontres que vous ferez demain ne soient pas inutiles… »
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à laCaverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :
"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :
En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."
Ætinis laissa de nouveau s’échapper un petit rire lorsqu’elle s’aperçut de la réaction de Nalthaël devant son petit résumé de la situation, bien incroyable il fallait l’avouer, mais pourtant bien réel ! Le soldat s’était saisi de son arc et le tâtait, comme pour vérifier qu’il était bien intact. La vue et le contact du bois de cette arme semblaient avoir sur lui un effet apaisant et galvanisant, à en juger par son expression passionnée. Cela, Verteflèche pouvait aisément le comprendre, et pour cause, elle avait elle aussi une relation particulière avec son arc, puisqu’elle l’avait taillé elle-même. Et plus généralement, le contact du bois, son élément, la mettait en général de bonne humeur. Elle adorait cette matière, son odeur, sa texture, son contact, et prenait beaucoup de plaisir à travailler dessus. Dans l’âme, elle était une fille de la forêt, née de mère menuisière et de père bûcheron, ayant vécu quasiment toute sa vie dans cet environnement boisé à la frontière de Chrace. Elle n’aurait su dire si elle préférait travailler le bois ou bien tirer à l’arc. Sans doute les deux, et pour cela, elle adorait son arc et ses flèches à l’empennage teint en vert caractéristique, à la réunion de ses deux passions, ses deux métiers. Menuisière dans le civil, archère en temps de crise. Telle était notre héroïne.
En l’occurrence, il était très improbable que la nature de la relation de Nalthaël avec son arme soit de même nature. En effet, cet elfe était un citadin, et il était si pudique, si réservé. Sans doute l’arme représentait-elle quelque chose pour lui, se disait-elle. Peut-être un symbole de sa fonction, ou d’une valeur. Peut-être était-ce un héritage familial, car comme il le lui avait révélé, il avait perdu ses parents, dont au moins le père avait suivi la même voie. Ætinis ne pouvait qu’émettre des suppositions en le regardant d’un air attendri. De toute façon, elle n’avait aucune envie de s’immiscer dans sa vie privée : elle attendrait qu’il s’ouvre à elle, ou pas, d’ailleurs, s’il n’en avait pas envie.
Le merveilleux archimage Cythar, qui avait rendu au visage de l’archère un sourire qui ne la quittait plus depuis son arrivée salvatrice, prit alors la parole, valorisant le simple soldat qu’était Nal. Pour lui, il fallait accorder de l’importance à toutes les vies elfiques. Ætinis partageait l’avis de ce sage, même si à ses yeux, toutes les vies ne se valaient pas. Elle accordait beaucoup plus de valeur à la vie d’un noble qu’à celle d’un roturier, par exemple, la sienne y comprise. Mais évidemment, dans l’idéal, pour elle, il fallait essayer de sauver tout le monde si toutefois c’était possible.
Le guérisseur en chef Aelyr s’approcha ensuite du blessé, alors que l’Eclatant s’éloignait porter secours aux autres nécessiteux, sous le regard admiratif de Verteflèche. Le médecin constata l’efficacité surnaturelle des soins magiques dispensés par Cythar. L’archimage était très doué, et cela l’honorait encore d’avantage aux yeux de son admiratrice que quelqu’un d’aussi talentueux et important que lui utilise son pouvoir pour distiller le bien autour de lui. L’archère se sentit réconfortée, renforcée dans ses convictions de servir dans le camp des bons, et ce malgré les doutes qu’elle avait pu nourrir un peu auparavant en entendant les nobles parler d’esclavage. L’Eclatant avait su lui rendre espoir, rallumer par son éclat brillant la flamme du patriotisme et du devoir dans le cœur de la jeune fille. Le roi Malékith aussi était de cette trempe, c’était certain. Il l’avait prouvé en étant le meilleur prince de toutes les provinces d’Ulthuan et en acceptant humblement de servir mieux que personne un Roi Phénix dont il aurait légitimement pu réclamer la place. Puis il avait dénoncé le mal dans le royaume. Et, à la mort du Roi Bel Shanaar, il avait été désigné logiquement comme son successeur, pour accomplir sa destinée et devenir le plus grand roi que le peuple des elfes ait jamais connu depuis l’ère du Défenseur, son père qui avait le sauveur de leur race.
C’est alors que Nal reprit la parole, rompant le calme apaisé qui avait suivi l’éloignement du mage. Ætinis se rendit compte qu’ils étaient maintenant isolés dans la pièce, avec les autres malades. D’une voix hésitante, imparfaite, mais que la fille de bûcheron au fort accent forestier pauvre de Chrace appréciait justement pour son hésitation, sa fragilité, son imperfection, il la remercia pour avoir veillé sur lui. C’était adorable de sa part, trouva-t-elle, car Ætinis avait la sensation d’avoir fait ce que n’importe qui aurait fait à sa place. Enfin, finalement, à la réflexion, non, peut-être pas n’importe qui, puisqu’elle était la seule à s’être rendue à son chevet, remarqua-t-elle en s’étonnant elle-même de ce fait.
Mais il fallait dire qu’à part son seigneur, Ori Aen Elle, l’archère était un peu isolée depuis qu’elle avait quitté son village. Elle n’avait aucun ami, enfin, sauf si Nal voulait bien le devenir... C’est pourquoi elle fût enchantée par la proposition de ce dernier de lui faire visiter la ville de Tor Æthil. Elle qui se sentait si mal, si écrasée, si petite dans cet univers artificiel qui ne lui évoquait qu’une fourmilière géante, pourrait peut-être, avec un peu de chance et l’aide d’un ami, être exorcisé par celui qui était sans doute l’un des meilleurs guides possibles, puisqu’il avait passé une grande partie de sa vie dans cet endroit.
-Oh, Nal’, ta ville est tellement grande par rapport à mon hameau forestier d’Ilmaltir… Oui, je m’y sens complètement perdue. Ca me ferrait un immense plaisir que tu sois mon guide. Réellement, j’ai hâte de passer du temps avec toi. Et puis, profitons bien du temps que nous avons, car le devoir peut nous rappeler à n’importe quel moment.
Car oui, malgré tout, elle n’était pas une noble ou une touriste, mais restait une soldate, tout comme Nalthaël, et à ce titre, ils ne devaient pas perdre de vue qu’ils étaient susceptibles de recevoir des ordres et de partir en mission à n’importe quel moment…
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 10 mai 2016, 11:23, modifié 1 fois.
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Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
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Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.
Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
La situation était tendu, et cela était peu le dire. Ori ayant pu jauger plus d'une fois le tempérament de feu de son homologue noble. Aussi resta t'il prudent quand à la tournure des événements. Le descendant de Valarion le jaugea, posant son regard de renard sur lui, tentant de le cerner, le jeune noble ne se démonta pas, et affronta ce regard ne voulant montrer aucun signe de faiblesse. Tenant toujours la nuque du pauvre domestique, Ori pu voir dans les yeux du garçon blond une certaine peur... Pour une raison obscur, il semblait que le noble Nahël et lui avait un lien fort en commun, le noble le confirma, faisant soudainement référence à une certaine nuit...
Mais quoique cela pouvait rappeler, ce mauvais souvenir pour Godion lui fit perdre son sang froid, et d'un geste vif et déterminé, sa main enroula le poignée de Nahël. Quel folie... Ce geste pouvait valoir beaucoup pour un elfe d'un rang aussi inférieur que celui de l'ancien esclave, aussi par prudence, Ori mit sa main sur son épée accroché à sa ceinture, mais voyant le regard qu'affichait désormais Nahël, le jeune Aen Elle ne savait plus si il avait posé sa main sur son arme pour éviter à son serviteur de s'en prendre au noble, où bien pour que le noble, fou de rage, ne se laisse pas emporter par sa haine afin de massacrer l'homme aux cheveux d'or...
Alors que Ori s'apprêtait à ouvrir la bouche, la poigne de Godion se relâcha, libérant dès lors sa prise, reculant de quelques pas, la tête baissé, conscient de son erreur, se posant sûrement déjà des questions sur le sort qu'il allait connaître. Heureusement pour Ori, qui ne savait comment réagir à la situation, Nahël parla et ordonna au domestique de quitter les lieux au plus vite. Le ton utilisé pour cet ordre montrait bien qu'il fallait s’exécuter au plus vite.
Godion s'inclina, et se retira regardant au passage son nouveau maître qui lui intima d'un signe de tête d'obéir, non pour autant sans le regarder d'un air grave et traduisant une certaine colère. En effet, à cause de ce domestique, Ori venait de se confronter à Nahël contre qui en réalité, il n'était pas vraiment en position de force, il ne fallait pas oublier que le jeune Aen Elle n'était pas chez lui ici, il était seulement un invité. Pour le moment, Nahël avait accepté beaucoup de chose, mais une autre erreur de Godion, et il était certain que sa tête se retrouve séparé de son corps. Il retrouverai le domestique plus tard pour avoir une discussion avec lui.
Pendant ce temps, il fallu un certain temps à Nahël pour se remettre de ces émotions, ou tout du moins pour retrouver une mine normal, ne traduisant plus la haine et la colère qui l'avait habité un peu plus tôt. Le noble s'excusa, prétextant qu'il avait tenté d'abuser du nouveau jouet de Ori sans sa permission, mais que en même temps, son nouveau domestique avait tenté de s'en prendre à lui... Ori craignant le pire, il fut content d'entendre que le noble ne désirait pas de suite à cette affaire, acceptant de marchander avec son invité.
"Inutile d'en parler d'avantage seigneur Nahël... L'affaire est oublié."
Et enfin, le vif du sujet allait être abordé, Nahël allait dévoiler certaines de ces cartes, dévoilant peut être enfin en partie quel était la raison qu'il avait eut de faire venir un descendant des Aen Elle dans sa demeure. Il expliqua que demain des rencontre allaient être faîtes, le tout allait être de savoir de qui il parlait avec précision, et surtout qu'elle était le but de ces rencontres. Ori laissa le noble s'exprimer, écoutant avec attention.
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Le seigneur Nahël ne dissimula pas une certaine satisfaction avant de reprendre le fil de son discours, comme appréciant à l’avance la saveur des mots qu’il allait prononcer.
« Je compte vous présenter demain aux nombreux autres nobles résidant à la cour de mon aïeul.
Il s’agit de vous introduire au sein du milieu courtisan de Tor Æthil. Vous aurez l’occasion de converser avec des individus issus de différentes familles, de plus ou moins prestigieuses lignées.
Ces gens sont également nos invités, non pas forcément en tant qu’alliés, mais bien en qualité d’ambassadeurs pour négocier leur ralliement à la cause du Prince. »
S’humectant les lèvres, l’héritier Æthil reprit, plein d’aplomb, avec le plus grand sérieux.
« Mon souhait, seigneur Ori, serait que vous m’assistiez dans mon entreprise de conversion de la noblesse de Nagarythe à cette cause.
Je suis d’ailleurs à la recherche d’un négociateur avisé à dépêcher à la citadelle de Tor Velanor, plus au sud.
Il s’agit du domaine d’une famille mineure qui vit dans le luxe de l’indécision quant au choix de son camp dans cette guerre politique, tiraillée entre Tor Æthil et Tiranoc.
Et nous ne pouvons tolérer une telle neutralité à deux pas de nos terres. »
***
Guidée sur le chemin du retour par un autre serviteur auquel elle avait demandé son chemin, Ætinis était rentrée, laissant Nalathaël se reposer après qu’un guérisseur eut décrété qu’il fallait le laisser se remettre pleinement de ses blessures. Arrivée devant la porte des appartements de son seigneur, l’archère à l’ouïe fine perçut l’écho ténu d’une conversation, étouffée par le bois d’orme blanc. Elle n’eut aucun mal à reconnaître le timbre de voix du seigneur Nahël, et se résolut à passer son chemin, et à attendre dans la chambre de domestique, afin de ne pas interrompre leur conversation par son intrusion impromptue.
Test d’Acuité Visuelle : 4, réussite.
A peine entrée dans l’étroite pièce, Ætinis remarqua que la lumière de la fenêtre était en partie occultée par la silhouette de Godion, qui se tenait debout devant la vitre, et tournait le dos à la jeune archère. En entendant la porte s’entrebâiller, l’elfe se retourna à moitié, découvrant la présence de celle que l’on avait assignée à la protection de son nouveau maître.
C’est alors qu’un singulier spectacle frappa le regard d’Ætinis. En pivotant, le visage du serviteur avait cessé d’occulter la lueur du soleil couchant, et elle dut plisser les paupières pour ne pas être temporairement éblouie par l’éclat de l’astre encore vivace. Ce-faisant, elle crut voir, l’espace d’un instant, une larme de lumière perler sous l’œil droit de l’elfe, minuscule prisme à travers lequel s’étaient engouffrés les rayons du soleil. La scène ne dura qu’un instant, car l’astre acheva de disparaître à l’horizon, plongeant la pièce dans une semi-pénombre, dissimulant les traits du serviteur dans un semblant faiblissant de contrejour.
[Post un peu rapide, désolé.]
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à laCaverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :
"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :
En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."
L'affaire du domestique était donc réglé, Nahël exprima une certaine satisfaction face à l'accord trouvé avec Ori. Dans tout les cas, ils entrèrent dans le vif du sujet, l'idée du plan de Nahël était simple, tout d'abord demain de nombreux nobles arriveraient sur les lieux, et le jeu des relations et de la politique serait lancé, dès lors, seul les plus forts et les plus persuasif pourraient s'en sortir. Pour Ori cela serait l'occasion de montrer qu'il était un digne représentant de sa famille, la faiblesse ne serait pas toléré surtout si son père était au courant de la journée de demain qui s'annonçait. Nahël précisa tout de même une chose, parmi ces ambassadeurs, tous n'étaient pas forcément des alliés, mais plutôt des émissaires venu entendre les propositions de la famille Æthil, ce point de détail avait son importance car il était probable que certains invités soient assez réticent à l'idée des futurs débats qui allaient s'ouvrir.
Ori observa silencieusement son interlocuteur, qui d'un air sérieux énonça enfin l'aide qu'il souhaitait obtenir de Ori. Le but était de montrer une certaine cohésion entre les deux familles assez puissantes, cela pouvant montrer que la famille du célèbre Valarion, s'avait s'entourer d'alliés de choix. Mais Ori n'était pas dupe, il devait faire attention à ce genre d'alliance, le but étant de bien montrer qu'il n'était en aucun cas cas le vassal de Nahël mais bien son égaux sur tout les points.
Autre chose fut précisé, en effet, avec sous entendu, Nahël insinua qu'il avait besoin d'un négociateur pour aller à Tor Valanor, une ville plus au sud gouverné par une famille n'ayant pas encore choisit son camps. Une telle neutralité pouvait vite devenir dangereuse, car si jamais la famille en place là bas rejoignait le camps du prince Phoenix, alors l'ennemi serait au plus près de Tor Æthil
"Et si je comprends bien, vous aimeriez que je sois ce négociateur ... Qui est donc cette famille qui gouverne Tor Velanor ?"
Bien qu'il avait une bonne connaissance des différentes dynasties gouvernant les différentes contrées de Nagarythe, son esprit fut incapable de se remémorer ce qu'il avait pu apprendre sur Tor Velanor, il espérait que Nahël pourrait l'éclairer. Tournant le dos à Nahël faisant des allées retours face à lui, plongé dans la réflexion, il parla à voix haute pour lui même mais aussi pour son hôte.
"Réussir à obtenir le soutient du plus de famille pour notre roi face à la guerre qui se prépare est une chose cruciale... Et il est vrai que l'idée de voir nos deux familles unis dans cette entreprise, ne pourra que nous aider. Vous m'avez invité ici, et de ce fait vous pourrez compter sur mon aide. Mais..."
Il laissa un blanc, montrant qu'il avait des conditions, stoppant de faire les cents pas, il se mit face à Nahël.
"Avant toute chose, je souhaites entendre les avis de chacun demain, pour connaître l'état d'esprit de tous. De plus, que nous soyons d'accord seigneur Nahël, si je marche avec vous, c'est en qualité d'allié équitable, entre nous et nos deux familles. Égal à égal, je parle au nom des Aen Elle avec votre soutient et vis versa. Si la chose est clair alors il semble que nous ne pouvons que nous entendre, mon ami..."
Mon ami... Il avait fait exprès d'utiliser cette expression, pour pouvoir jauger la réaction de Nahël qui étant un homme plein de fierté, pouvait réagir de bien des manières à ce genre de familiarité.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 16 mai 2016, 20:15, modifié 1 fois.
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La jeune archère profitait de la véritable « résurrection » de Nalthaël opérée par l’archimage Cythar l’Eclatant, lorsqu’un guérisseur vint gentiment lui signaler que le convalescent n’était pas encore tout à fait remis même s’il en avait pourtant l’air, et qu’il avait besoin de repos. Verteflèche, compréhensive, n’insista pas et laissa son collègue blessé reprendre un peu ses marques et ses forces. D’autant que, comme elle le remarqua, il commençait à se faire tard et le soir voire la nuit n’allait pas tarder à tomber sur Tor Æthil.
C’est pourquoi notre héroïne, dont la journée avait été bien chargée et qui tombait littéralement de sommeil après une telle débauche d’énergie et d’émotions dans un laps de temps si court, et juste dans la foulée d’un si long voyage, décida de remonter dans sa chambre pour s’y reposer en attendant le lendemain. C’est justement en voulant rejoindre son appartement que la jeune elfe, qui pourtant d’habitude s’orientait très facilement dans la forêt, se rendit compte de l’immensité de la forteresse.
Cela lui faisait mal de l’admettre, mais elle se trouvait face à un os. Sans doute trop préoccupée alors par tout ce qu’elle venait de découvrir et de vivre, que ce soit l’attaque et la mort, la découverte de Tor Æthil, l’esclave, le risque que Nalthaël meure, etc., notre archère n’avait pas prêté grande attention au serviteur qui lui avait servi de guide sur le trajet aller. Elle savait bien qu’elle devait remonter par l’escalier, mais jusqu’où ? Et même si par chance elle trouvait le bon étage, elle devrait ensuite rejoindre sa chambre à travers l’immense labyrinthe que constituait le château. L’archère eut un petit moment d’agacement, énervée contre elle-même d’avoir relâché sa vigilance à un moment important, ce qu’elle payait maintenant.
Nombre de citadins auraient été perdus dans les bois, auraient dit que tous les arbres se ressemblaient, contrairement à elle qui, habituée depuis toujours à ce milieu, savait s’y repérer relativement simplement, mais à l’inverse, dans ce milieu inconnu et si nouveau, pour Ætinis, tout était différent, c’était beaucoup plus compliqué. La jeune fille se décida finalement de monter et de demander son chemin au premier serviteur qu’elle croiserait, en espérant qu’elle tomberait à un moment où à un autre sur quelqu’un d’assez serviable et de disponible pour l’aider à retrouver son chemin jusqu’à la chambre d’Ori Aen Elle qui jouxtait la sienne.
Car même si le noble semblait pour le moment en lieu sûr, hors de danger, elle n’en restait pas moins sa garde du corps et sa « surveillante personnelle », plus ou moins à son insu. En conséquence, elle devrait quand même rester un minimum proche de lui, même si elle n’avait pas à s’immiscer dans certaines conversations politiques où elle n’aurait pas été la bienvenue et que de toute façon elle n’avait pas forcément envie d’entendre non plus. Enfin, il le faudrait bien, puisqu’après tout, cela faisait partie de sa mission. La présence de traîtres lui paraissait peu probable parmi les nobles, ces derniers étant trop importants et trop connus pour jouer les agents doubles, mais il se pouvait que certains sous-fifres, des gens comme elle ou comme les serviteurs, par exemple, soient des espions infiltrés à la solde de l’usurpateur Calédor. Elle se faisait de telles réflexions lorsqu’enfin elle arriva à trouver dans les étages supérieurs un elfe bien intentionné qui la mena jusqu’aux appartements de son seigneur.
Le remerciant avec une gratitude non feinte, Ætinis passa devant la porte de son protégé, qui apparemment discutait encore avec Nahël. Elle n’entra donc pas pour ne pas les interrompre, et préféra aller directement dans sa propre chambre mitoyenne. En poussant la petite porte de bois, elle eut la désagréable surprise d’apercevoir qu’elle n’y était pas seule. Elle était entrée en ouvrant la bouche pour bailler, s’apprêtant psychologiquement à se jeter sur son lit pour se dévêtir, prendre un bain et aller enfin dormir, elle l’avait grandement mérité et plus qu’attendu ! Mais elle s’arrêta net dans son bâillement, mettant brusquement la main devant la bouche en remarquant immédiatement la présence d’un intrus qui violait allègrement son espace d’intimité. Certes, on aurait pu objecter avec raison que c’était plutôt elle qui en entrant d’un coup sans frapper violait l’intimité de celui qui se trouvait déjà dans la pièce, mais être interrompue dans ses projets et en plein milieu de son bâillement –ce qui lui donnait de fait une sensation d’insatisfaction terrible et lui donnait envie de rebaîller tout de suite- était pour Ætinis particulièrement désagréable.
D’autant qu’elle reconnut tout de suite l’esclave Godion qu’elle avait un peu oubliée depuis son passage à l’infirmerie. L’elfe se trouvait face à la fenêtre dont il occultait en grande partie la lumière. Lorsqu’il se tourna pour voir qui rentrait, le magnifique soleil couchant que l’on apercevait depuis le château de Tor Æthil éblouit légèrement l’archère, qui put malgré tout apercevoir une larme sublimée par les dernières lueurs de l’astre couler sur la joue du blondinet. Puis, comme s’il avait voulu fuir la pièce et rafraîchir l’atmosphère de plusieurs degrés d’un coup, le soleil disparut derrière l’horizon, laissant encore un ciel bien assez lumineux pour les éclairer pendant encore une demi-heure au moins, voire plus.
Néanmoins, par rapport aux rayons directs jaune-orangé de l’énorme boule de feu, cette lumière était bien pâle et la pièce s’était considérablement assombrie, masquant les détails et offrant un effet de contre-jour à Godion. Mais Verteflèche n’était pas dupe. En bonne archère, elle faisait confiance à ses yeux, elle savait très bien ce qu’elle avait vu et ne fit aucun effort pour cacher que cela ne lui plaisait guère. Elle d’habitude si gentille était agacée, gênée, énervée même par la présence de l’esclave dans SA chambre.
C’était exactement comme une épine dans son pied qu’elle ne pouvait pas enlever. Dans l’idéal, elle aurait aimé l’ignorer mais ce n’était pas possible. En fait, c’était surtout sa conscience que Godion torturait par sa simple présence. Il l’obligeait à se poser des questions, des questions auxquelles elle n’avait aucune envie de répondre ni même d’aborder, des questions sur lesquelles elle avait toujours eu son opinion toute faite et bien tranchée, et qui se retrouvaient d’un coup reposées sous un prisme différent. Luttait-elle réellement pour le bien ? Comme elle l’avait dit à Ori dans le carrosse, elle trouvait mauvais le principe même de l’esclavage des elfes, et là, ses chefs, ceux en qui elle aurait placé sa confiance aveugle, se révélaient esclavagistes ? Cela avait de quoi la choquer et l’interloquer. Et comme elle ne pouvait ni ne voulait répondre à ces interrogations, Ætinis était très mal à l’aise.
Puis sa colère reprit le dessus. Car si elle se refusait encore pour l’instant à mettre en doute le bien fondé de sa cause et de son camp, elle reportait toutes les critiques sur l’esclave, ce qui lui était bien plus facile. Après tout, c’était aussi et même surtout sa faute s’il était là. Jamais un elfe digne de se nom ne se serait laisser rabaisser à ce point, cela était pour elle une certitude. Et si Godion l’avait fait, alors c’est qu’il n’était pas un elfe, trop faible pour mériter ce qualificatif, et que donc, dans son esprit, il pouvait être pris en esclavage. Intellectuellement ce raisonnement simpliste ne tenait pas la route, elle le savait au fond d’elle-même étant loin d’être stupide, mais c’était le seul qu’elle trouvait et cela l’énervait encore plus.
Si elle l’avait pu, elle aurait fait disparaître Godion. Au lieu de cela, elle se contenta de lui lancer un regard noir et hostile, plein de dédain et de dégoût, et lui cracha d’un ton méchant qui ne lui ressemblait pas, ne faisant aucun effort pour rendre plus intelligible son accent à couper au couteau :
-Qu’est-ce que tu as à pleurnicher ? Qui es-tu donc pour accepter qu’on te traite ainsi, en esclave ? Un vrai elfe, comme moi, Ætinis Verteflèche, se serait déjà rebellé depuis longtemps. Si j’étais à ta place, capturée par les partisans de l’infâme traître Calédor, la prison me serait mille fois préférable à la servitude, car tôt ou tard le bien vaincra et alors j’aurais été libérée en héroïne. Mais au lieu d’attendre dans une cellule, tu troques ta fierté et tes convictions contre un peu de confort et la soumission servile, ça me dégoute. Les gens comme toi, Godion, ne devraient pas exister !
En s’entendant parler, Ætinis s’en voulut un peu. Elle y avait été très fort, ses mots blessants et durs sortant de sa bouche comme si elle avait un serpent qui voulait faire mal à Godion. Elle sentait une méchanceté qui émanait d’elle qui l’effrayait d’autant plus qu’elle avait pris plaisir à se lâcher, à révéler à cet être -le premier qui lui était réellement inférieur qu’elle ait rencontré de toute sa courte vie-, des pensées qu’elle n’aurait jamais dû avoir, elle le savait et s’en voulait un peu. Mais d’un autre côté, c’était tellement bon, pour une fois, de pouvoir se défouler sans crainte de représailles. Car oui, c’était cela, le pouvoir. Le pouvoir de faire ce que l’on voulait sans conséquence, et pour la première fois de sa vie, elle y goutait un tant soit peu. Elle n’aurait jamais osé dire ou même penser cela d’un de ses égaux ou supérieurs.
La partie sombre de Verteflèche avait toujours existé, bien sûr, tapie au fond d’elle. En des temps plus heureux, elle ne se serait peut-être jamais révélée, d’ailleurs. Mais là, les horreurs qu’elle avait vues commençaient déjà à la pervertir un peu, et elle s’en rendait compte et cela l’effrayait. Elle hésita même à s’excuser devant Godion pour avoir été aussi méchante, mais se ravisa. Elle avait besoin de s’endurcir, après tout, et c’était peut-être ça, devenir adulte : laisser parler un peu plus ce nouveau côté d’elle qu’elle effleurait à peine. Toujours est-il qu’elle ouvrit la bouche pour s’excuser, ses traits légèrement adoucis, avant de se reprendre. Elle attendrait de voir la réaction de son vis-à-vis. Aucun elfe auquel elle aurait parlé comme cela n’aurait laissé faire. Au mieux, elle se serait faite insulter à son tour, au pire, elle aurait été frappée.
Si Godion était vraiment un elfe, alors sa fierté ne pourrait pas laisser passer ce qu’elle venait de dire. Il allait se rebeller contre elle et elle aurait ce qu’elle méritait, elle serait punie pour sa méchanceté gratuite et l’accepterait volontiers. Elle ne chercherait pas à se défendre contre un coup ou une gifle, elle éviterait juste de se laisser réellement amocher ou voler une de ses armes, mais s’excuserait et accepterait sa réaction s’il se rebellait comme un vrai elfe. Si en revanche, il ne faisait rien, lui glissa la petite voix malicieuse dans sa tête, cela prouverait qu’elle avait raison : ce Godion serait bien une lavette, un lâche, un faible qui préférait volontairement l’esclavage plutôt que la prison.
Bien entendu, notre naïve héroïne ignorait encore tout du sort que ses seigneurs, soi-disant « bons » pouvaient réserver aux prisonniers de guerre. Elle s’imaginait un traitement rustique, mais relativement correct. L’idée qu’on ait pu menacer Godion, ses amis ou sa famille de mort pour l’obliger à se soumettre, ou qu’on ait pu le torturer jusqu’à ce qu’il accepte sa condition ne lui venait même pas à l’esprit...
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 17 mai 2016, 00:22, modifié 2 fois.
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Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ertefleche
Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.
Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
Le regard de Nahël se durcit un peu, sa mine affable perdant de sa superbe alors que son sourire s’effaçait de ses lèvres pincées. Pendant quelques instants, il parut sur le point de faire une réponse acerbe à son homologue. Ses yeux n’étaient plus que d’étroites fentes alors qu’il jaugeait Ori d’un regard nouveau, les paupières plissées. Il était manifestement contrarié par le discours du fils Aen Elle, n’appréciant sans doute guère que son homologue cherche à s’affirmer en tant que représentant de sa propre maison plutôt que de celle des Æthil. Néanmoins, en politicien accompli, le noble eut tôt fait de reprendre contenance, et d’improviser une réponse avec un sens consommé de la répartie.
« Votre prudence vous honore, seigneur Ori, fils d’Azuro.
Vous faites un négociateur bien perspicace en dépit de votre inexpérience en politique.
Nous saurons utiliser votre talent à notre avantage.
Faites comme vous l’entendez, tant que vous soutenez notre cause. Seul compte notre soutien au Prince Malékith. »
Souriant de nouveau, affichant un rictus à peine forcé, le fils Æthil recula lentement vers la porte, signifiant son congé avant de se retourner.
« Nous nous verrons demain à la cour de mon aïeul, seigneur Ori. »
La porte s’ouvrit, se referma, et Ori resta seul dans les grands appartements qu’on avait mis à sa disposition. Il avait eu assez de politique pour aujourd’hui, d’autant que l’heure se faisait tardive. Mais peut-être désirait-il s’entretenir avec Ætinis ou Godion avant de s’accorder un repos bien mérité ?
***
Test d’Acuité Visuelle (HAB) : 7, réussi.
S’il aurait été ardu pour une autre race de distinguer le visage de Godion dans le contrejour, les yeux exercés d’Ætinis surent percer la pénombre ambiante projetée dans la pièce par les lueurs du crépuscule. C’est ainsi que l’archère put distinguer un changement dans les traits du serviteur, qui ne réagit pas à sa provocation d’aucune façon préalablement envisagée par l’elfe forestière. En effet, le visage de Godion s’était paré d’une expression sévère et dure, qui dénotait fortement avec son statut. Les mains croisées dans le dos, il la dévisagea longuement sans bouger, se tenant droit, dos à la fenêtre. Mais la plus grande surprise était encore à venir, puisque lorsque l’elfe prit la parole, son discours était méconnaissable.
« Vous êtes bien naïve, archère.
Vous ignorez encore tout des facteurs qui me retiennent dans ce simulacre dégradant de condition servile.
La violence physique n’est que l’un des visages de la contrainte.
Ne me jugez pas sans rien savoir des jeux de pouvoir que connait notre époque. »
Cette réponse, abrupte et sèche, avait été prononcée d’un ton qui ne semblait pas convenir à Godion. Une attitude si hautaine et condescendante, soulignée par cette suspecte éloquence, avait de quoi perturber Ætinis. Après tout, un tel discours aurait aussi bien pu lui être tenu par Nahël, ou Ori…
On approche de la fin de la première journée. Je vous laisse clore comme vous l'entendez.
Si vous souhaitez avoir une discussion à deux ou à trois avant la nuit, entamez-la éventuellement, et je ferais la clôture avec le prochain message.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à laCaverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :
"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :
En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."
Le regard de Nahël avait changé, celui ci étant plus dur à l'égard de son confrère de la noblesse. En effet comme l'avait pensé Ori, l'idée que sa famille ne soit pas soumise à la sienne le contrariait au plus au point. Mais comme à son habitude, Nahël en fin stratège garda son calme et retrouva une expression neutre, voulant flatter l'ego du fils de Azurö, il salua ses talents de négociateur, malgré son entrée toute récente dans la politique. Il fallait dire que les années passées à être formé avec son oncle y étaient pour quelque chose.
«N'ayez crainte, les intérêts de notre prince passent avant tout»
Le noble se retira lentement affichant toujours son sourire faux, puis donna rendez vous à Ori à la cours du grand Valarion pour le lendemain. D'un signe de tête, il répondit qu'il serait bien présent.
Dès lors seul, la nuit étant tombée, l'heure de prendre du repos était arrivé, en effet, il n'avait pas fermé un oeil depuis qu'il avait quitté le domaine des siens. Mais avant toute chose, il avait quelque chose à régler.
Il se dirigea d'un pas léger et rapide en direction de la chambre de son archère et de son domestique fraîchement acquis.
Il entra brusquement, tout en criant d'un ton sec le nom du garçon à la chevelure d'or.
«Godion !!»
Il s'approcha du jeune homme, ne prêtant pas attention à sa protectrice qui semblait être revenu de sa visite du domaine. Froid, le regard sévère, il s'expliqua avec le comportement du domestique envers Nahël un peu plus tôt.
«J'ignore ton passif avec le seigneur Nahël, et je ne veux pas le savoir ! Mais désormais tu es sous mes ordres et donc tes paroles et actions peuvent se répercuter sur moi ! Je ne saurais le tolérer ! Ton geste de tout à l'heure est condamnable à la peine de mort ! Mais nous sommes parvenu à nous entendre moi et mon confrère, et je ne te punierai pas... pour cette fois... Tâche de faire honneur au nouveau rang que je t'ai donné.»
Il n'attendait pas de réponse du garçon, pensant s'être fait bien comprendre. Il se tourna ensuite vers Aetinis, avec qui il fut aussi sec.
«Cela vaut pour toi aussi archère, cessez d'obéir à vos émotions, même quand certaines choses ne sont pas juste ou ne vous conviennent pas !»
Il retrouva son calme, se dirigeant déjà vers la sortie pour y rejoindre ses appartements.
«Demain, de nombreux nobles seront présents, tâchez de vous comporter correctement. Je vais dormir, et je ne veux plus être dérangé pour ce soir»
Ce fut sur ces mots, qu'il disparut.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 18 mai 2016, 15:08, modifié 2 fois.
Raison :+6 xp (total 8). Wikifié.