[Déchirure][Ori & Ætinis] La cour des Grands

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Depuis la Déchirure jusqu'à la création de l'Empire et de la Bretonnie, revivez ces âges passés de légendes.

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[MJ] Le Gob'
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par [MJ] Le Gob' »

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Le voyage avait en effet été plus long que prévu, étant donné que le seigneur Nahël avait préconisé de suivre un itinéraire détourné afin d’éviter toute nouvelle mauvaise rencontre après la première échauffourée. Le carrosse avait pu continuer sa route sans être inquiété, ce qui avait notamment permis à nos compagnons d’apprendre à mieux se connaître, car en dépit de la barrière sociale existant entre eux, ils étaient condamnés à passer un certain temps ensemble à l’avenir. Ætinis devait s’acquitter de la mission qu’on lui avait confié, tandis qu’Ori ne pouvait guère se permettre d’aller contre la volonté de son père -pour le moment du moins. D’abord cordiale et polie, leur discussion semblait maintenant arriver à un tournant gênant, aucun des deux n’osant plus adresser la parole à l’autre, chacun perdu dans ses propres pensées. C’était la fin de l’après-midi : le trajet s'était éternisé, la destination étant plus lointaine que promis. Fortuitement, ce fut le moment où Ori s’aperçut, entre les tentures, que la ville était en vue.

Le spectacle qui s’étendait devant les yeux ébahis de nos compagnons était propre à couper le souffle de plus d’un, et nos deux héros avaient toutes les raisons d’être estomaqués. De son côté, Ætinis n’avait jamais vu une ville de si grande taille, et pour cause, car seule Anlec, parfois appelée Tor Anlec, surpassait Tor Æthil en taille au sein du pays de Nagarythe. Ori, quant à lui, ne pouvait qu’ouvrir de grands yeux ébahis devant l’immensité de la cité, d’une taille digne des contes que racontaient les anciens, rivalisant de magnificence avec les plus grands domaines de leur époque. Même A’vallach, domaine familial des Aen Elle et carrefour économique de premier ordre en Nagarythe, faisait pâle figure comparée à ce mastodonte de pierre immaculée.


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Tor Æthil...


Bastion du seigneur Valarion, héraut du Défenseur, illustre figure de la Grande Guerre contre le Chaos. La ville était sise sur le flanc des Monts Anulii, intégralement bâtie contre un versant de la chaîne montagneuse. La cité aux allures de forteresse était ceinte de blanches murailles, encore qu’une épaisse brume en masquât l’essentiel aux yeux de nos amis, s’étirant paresseusement le long de la vallée, tel un grotesque serpent nuageux. La cité était construite en étages, partant du bas du versant pour arriver jusqu’au sommet du petit mont.

De là où ils se trouvaient, Ori et Ætinis pouvaient apercevoir les plus hautes flèches de la ville dans les niveaux supérieurs, comme autant de lances effilées dressées vers le ciel. Au sommet, deux tours se distinguaient encore davantage des autres, s’élevant comme avec l’insolente ambition de toucher les cieux. Le soleil était à son zénith, mais de lourds nuages rôdaient dans le ciel, annonciateurs d’intempéries imminentes, noyant la partie inférieure de la cité dans l’ombre.

Sur son chemin pour la ville, le petit cortège passa une tour de garde. Elle était construite dans cette même pierre dont était composés les Monts Anulii, d’un gris si clair qu’il tirait sur le blanc. Nul doute que la ville avait trouvé dans la proximité des montagnes une source de matières premières de construction, en plus d’un point de passage facile à fortifier. Curieusement, nulle sentinelle n’était visible au sommet de la tour de guet, et ils passèrent leur chemin. Comme le carrosse continuait sa course sans s’arrêter, ils pénétrèrent dans la brume de fond de vallée, et l’atmosphère sembla se rafraîchir. La brume y était épaisse, un vrai brouillard. Peut-être nos deux compagnons en avaient-ils déjà observé de semblable, suintant telle un linceul depuis les Monts Anulii, sinistre résidu de la puissance magique circulant dans la pierre, au sein de cet anneau montagneux d’Ulthuan qui séparait les Royaumes Extérieurs des Royaumes Intérieurs de l’archipel. C’était une brumaille lourde, chargée de mystère, qui ne cessait d’exciter les sens de tout elfe qui s’y aventurait.

Enfin, ils passèrent les lourdes portes extérieures de la ville, d’épais battants de métal elfique ouvragé, le fin ithilmar, dont les réputés prêtres de Vaul, en Caledor, faisaient les meilleures armes et armures de tout Ulthuan. Leur cortège ne s’arrêta pas avant d’avoir remonté tous les étages de la cité -si l’un de nos héros essaya de compter leur nombre, il en perdit vite le compte. Contrairement aux apparences extérieures, la ville était pleine de vie, traversée en tous sens par des elfes au visage rayonnant. Artisans d’un côté, soldats de l’autres, hommes, femmes, enfants, les rues fourmillaient de vie, spectacle propre à réchauffer le cœur de n’importe quel elfe. De l’intérieur du véhicule, on entendait les ovations qui saluaient le passage du prince Nahël, témoignant s’il était encore besoin de la popularité du jeune seigneur. Ils passèrent encore plusieurs portes de lourd métal avant de pénétrer dans la forteresse proprement dite, demeure de la famille Æthil et de ses invités, où le peuple ne pouvait pénétrer qu’en de très rares occasions. Un petit comité d’elfes en armure les y attendait, menés par un guerrier elfe au regard froid et aux longs cheveux pâles, revêtu d’une armure plus noire que nuit, qui s’avança pour les accueillir sitôt que des valets furent venus récupérer la monture du seigneur Nahël et ouvrir la porte du carrosse. Ce-dernier se chargea de faire les présentations, introduisant notamment le nouveau-venu à ses invités.


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« Je vous présente Keltharion Cœur de Dragon, commandeur des forces armées de cette forteresse.

Keltharion, le seigneur Ori Aen Elle sera notre invité pour quelque temps. »
Keltharion, dit Coeur de Dragon,
commandeur des forces armées de Tor Æthil


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L’elfe au regard impavide jaugea nos compagnons du regard alors qu’ils sortaient du carrosse, et haussa imperceptiblement les sourcils à la vue des atours d’Ori, en bien piteux état. Pas plus qu’envers Nahël, il ne s’inclina, faisant preuve d’une certaine liberté vis-à-vis de l’étiquette que même un gradé de sa trempe n’aurait dû se permettre : il était probable que cet elfe soit réellement important, encore que n’appartenant visiblement pas à la famille Æthil. Toujours est-il qu’il s’adressa à Ori sans détour, comme s’il parlait à un égal, désignant sans les regarder Ætinis, Nalthaël et le prisonnier, encore dans l’habitacle.

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« Bienvenue à Tor Æthil. Puisse votre séjour vous être agréable.

Des ennuis sur le chemin ?

Sont-ce là vos suivants, ou quelque nervi de l’ennemi ? »
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 06 mai 2016, 23:19, modifié 4 fois.
Raison : Fiches mises à jour, acquisition des augmentations demandées. Wikifié.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à la Caverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :


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"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :

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En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."

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Un gobelin douteux a écrit :

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Ætinis Verteflèche
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ætinis Verteflèche »

Une nouvelle fois, Ætinis Verteflèche fut surprise par la générosité de son seigneur. Ori Aen Elle avait sûrement beaucoup d’autres sujets plus importants qu’elle à traiter, et pourtant, il lui offrait de l’aider à essayer de le retrouver. Une telle perspective laissa Ætinis sans voix pendant un instant, avant qu’elle ne réponde d’une voix émue :

-Seigneur, je ne sais pas quoi dire… Merci. J’ignore si vous pourrez le retrouver, mais votre geste me touche beaucoup.

Mon frère se nomme Kelrelion. Hélas, j’ignore tout de ce qu’il est devenu et de qui il sert maintenant. Comme moi, il a probablement dû s’engager au hasard dans la première caserne qu’il a trouvée sur sa route, ça pourrait être l’armée de n’importe qui. Asuryan seul sait où il se trouve en ce moment.


Puis le noble se parla à lui-même, soulignant que perdre ses parents était aussi une grande peine. Apparemment, sa mère lui manquait. Ce sentiment, Ætinis ne le connaissait pas, n’ayant pour l’instant perdu aucun proche. Elle ne prétendit pas donc pas comprendre sa douleur ni la partager, car elle ne connaissait pas la mère d’Ori. L’archère attendit donc simplement sans piper mot que son seigneur reprenne. Ce dernier, après quelques instants de recueillement, l’autorisa à garder sa tenue actuelle, ce qui encore une fois lui valut des remerciements.

-Merci seigneur, je vous promets d’honorer vos couleurs du mieux que je le pourrais.


Puis le silence retomba sur les quatre occupants du carrosse surchargé. Assise en tailleur sur le parquet en face du prisonnier et de la table, entre les deux couchettes de son seigneur et de Nalthaël, les yeux verts de la petite elfe passaient sans cesse de l’un à l’autre à mesure que son esprit vagabondait. Les sentiments qui la tiraillaient étaient très divers. Elle ressentait surtout de l’inquiétude en regardant le blessé, voire de la peur qu’il meure. Mais il y avait là aussi de la compassion, car elle avait commencé à vraiment apprécier le cocher durant leur trop courte discussion. Ce dernier sentiment, elle le ressentait aussi à l’égard du prisonnier, parce qu’il lui ressemblait tellement qu’elle s’identifiait d’une certaine manière à lui et le plaignait presque.

D’un autre côté, lorsque ses yeux se posait sur cet archer qui avait tiré sur Nal’ et était tellement embrigadé par la propagande Calédorienne, elle ressentait en même temps de la pitié et une certaine forme de colère sourde qui grondait en elle, presque comme de la haine. C’était une sorte de démone en elle qui lui disait de se venger, de lui faire payer pour ses crimes et ceux de son camp, qui lui susurrait que la seule manière de gagner serait de combattre le mal par le mal. Bien qu’encore très jeune, Ætinis savait assez bien décrypter ses propres sentiments, et en l’occurrence, elle se sentait un peu effrayée par ce côté sombre d’elle-même qui n’avait jamais émergé jusqu’ici. Certes, elle devait s’endurcir, se dit-elle, mais cela ne signifiait pas céder à la violence, au contraire, elle se battait pour l’amour, comme elle se jura de ne jamais l’oublier.

Son regard se reporta alors une nouvelle fois sur le blessé, et elle ressentit cette fois de l’admiration pour lui. Pour le sacrifice suprême auquel il était prêt. Pour le dévouement avec lequel, avant de s’évanouir, il avait conservé sa lucidité, son sens du devoir et son altruisme, et utilisé ses dernières forces, non pas pour essayer de se sauver lui, mais pour stopper les chevaux afin de ne pas risquer que le carrosse ne s’emballe et que les seigneurs et elle-même ne soient touchés en cas d’accident. Cette admiration, elle l’éprouvait aussi à l’égard d’Ori Aen Elle, son protégé et son seigneur. Cet elfe n’avait pas hésité à sacrifier ses vêtements pour sauver Nal’. Il s’était montré un chef sage, bon, soucieux de ses subalternes. Un noble héroïque et un véritable prince charmant aux yeux de la fille de bûcheron. Et ses magnifiques yeux violets ne gâchaient rien à l’affaire.

D’ailleurs, il semblait justement qu’ils avaient aperçu quelque chose, car ils étaient fixés sur un point à l’extérieur du véhicule, caché à la vue de la jeune elfe derrière les rideaux. Bientôt, il écarta le tissu pour mieux voir, révélant un paysage magnifique à l’elfe forestière.

La beauté du spectacle qui s’offrait aux yeux d’Ætinis Verteflèche était à couper le souffle. Elle qui n’avait pas vu beaucoup de villes, à par A’vallach, la cité des Aen Elle, et le camp où elle s’était engagée. Là, cela n’avait rien à voir. Son village, Ilmaltir, était minuscule et situé non loin des monts Annulii. Elle avait eu l’habitude, depuis toujours, de voir ces montagnes à quelques lieues à peine de chez elle. Mais Verteflèche n’aurait jamais pensé qu’il soit possible qu’une ville comme Tor Æthil puisse exister.

Ce qui était incroyable, c’était que toute une montagne, oui, une montagne entière, était recouverte par la ville ! Majestueuse, la fière cité défiait l’imagination de notre pauvre elfe des bois. Ætinis n’arrivait pas à en croire ses yeux, et pourtant, c’était vrai. Quelle puissance, quelle splendeur, quelle impressionnante métropole que Tor Æthil ! L’archère se sentit minuscule, encore bien plus que lorsqu’elle s’était retrouvée face à camp retranché des Aen Elle, la première fois qu’elle avait quitté son village natal. Totalement impressionnée, elle ne put que garder le silence, écrasée par l’immensité de ce qu’elle voyait.

Ætinis en eut plein les yeux, tant de loin que de près. Les portes magnifiques, cette foule dans les rues, tous ces gens qui grouillaient et acclamaient tous leur seigneur à son passage. D’une certaine manière, cela l’effrayait autant que cela la troublait. Très peu habituée à la ville et au milieu urbain, elle manquait de repères dans cet environnement qui lui semblait très hostile. Tant de monde ! Comment pouvaient-ils tous se connaître ? Dans son village, chacun savait tout ou presque des autres. Ici, les gens étaient tellement nombreux et tellement concentrés qu’ils lui rappelaient les fourmis dans une fourmilière d’aiguilles de pin, seule comparaison qui lui venait à l’esprit. Et puis, la nature était presque inexistante. Oh, certes, il y avait quelques parcs et jardins ici et là, mais pas de grands espaces verdoyants ni de bois. Non, presque tout était en bois et en pierre, ici, à tel point que c’en était oppressant. Oui, tant de constructions, ça n’était pas naturel du tout. Pourtant, les habitants semblaient eux très heureux de leur vie, c’était incompréhensible. Autant on pouvait comprendre que par nécessité militaire, maintenir une garnison conséquente soit nécessaire, autant s’entasser par milliers volontairement dans cet endroit pour y vivre paraissait inconcevable à l’archère, d’une étrangeté et d’une bizarrerie sans limite. Elle savait que les métropoles existaient, certes, mais elle ne comprenait pas le plaisir qu’éprouvaient les gens à y vivre. Elle ne se sentait bien que dans la nature, et vraiment chez elle que dans la forêt. Les grands arbres étaient quand même plus rassurants à ses yeux que ces bâtiments de pierre par centaines.

En revanche, elle devait reconnaître que l’endroit lui paraissait tout bonnement impossible à prendre. Encore plus que le petit fort qu’elle avait déjà vu où le château des Aen Elle. Ici, tous les elfes qu’elle avait vus au cours de sa courte vie réunis n’auraient pas pu ne serait-ce qu’espérer prendre la forteresse. Plusieurs enceintes murales concentriques menaient en effet au sommet de la montagne-ville où se trouvait la demeure de la famille Æthil, le saint des saints, le cœur de la cité.

Là, les y attendait, à la descente du carrosse, un comité d’accueil composé d’un gradé et de quelques soldats. Nahël se chargea de présenter ce nouveau personnage. Il s’agissait d’un officier général de très haut rang, puisqu’il commandait les armées de Tor Æthil, et se nommait Keltharion Cœur de Dragon. L’homme avait une mine très sérieuse, et Verteflèche sentit tout de suite qu’il valait mieux ne pas plaisanter avec lui. Mais s’il avait l’air très professionnel, au moins ne lui inspirait-il pas un sentiment de malaise et de peur comme le capitaine Arthorias. Ce Cœur de Dragon semblait être un militaire plus conventionnel, un modèle d’efficacité et de droiture, du moins de prime abord.

Ori étant descendu le premier, comme il était normal pour un noble de son rang, ce fut à lui que l’homme s’adressa en les désignant, elle, Natlhaël et le prisonnier. Il semblait également surpris par l’accoutrement insolite de leur hôte qui avait sacrifié ses vêtements pour sauver le cocher. Ætinis avait honte d’avoir laissé son seigneur déchirer ses habits, alors qu’elle était encore vêtue normalement. Par sa faute, voilà que son maître faisait mauvaise impression auprès d’un des personnages les plus influents de tout Nagarythe.

Heureusement, l’elfe ne sembla pas s’en formaliser et les accueilli tout de même relativement chaleureusement compte tenu de son rang qui semblait infiniment supérieur. Par contre, ses questions étaient plutôt formelles. Ætinis dût se retenir pour ne pas répondre immédiatement par une espièglerie dont elle était coutumière, quelque chose comme « Non, non, ne soyez pas inquiet, tout s’est très bien passé sur le trajet. Le seigneur Aen Elle s’est juste amusé à ligoter un des membres de son escorte, et à déchirer ses vêtements pour bander un type qui fait semblant d’être blessé, chacun s'amuse comme il le veux, après tout. Quand à moi, je suis une dangereuse partisane de Calédor qui me suis habilement glissée dans le carrosse ni vue ni connue. » Elle sourit en imaginant les têtes qu'auraient faites tous les nobles présents si elle avait osé dire ça. Il aurait été aussi fort probable que les soldats ou même le prisonnier sourient ou même rigolent un peu. Mais une telle déclaration n’aurait pas été très appréciée des intéressés, surtout qu’avec son fort accent typique de Chrace, on aurait réellement pu la penser traitresse et cela lui aurait attiré de graves problèmes. Et puis, cela n’aurait fait qu’apporter des ennuis à son seigneur. Au lieu de cela, elle se contenta de se taire, car de toute évidence, on n’attendait pas d’elle qu’elle parle. La seule remarque qu’elle se permit, à voix basse, était à l’attention de son seul protégé, d’une voix inquiète :


-Seigneur Aen Elle, n’oubliez pas que Nalthaël est gravement blessé et que chaque instant compte pour lui.

Elle n’avait pas le pouvoir de faire avancer plus vite les choses et de demander ou d’ordonner un brancard, mais elle espérait de tout son cœur qu’Ori le ferrait pour elle. Il aurait vraiment été trop bête que le cocher meure à cause de formalités de présentation trop longues.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 07 mai 2016, 10:12, modifié 1 fois.
Raison : +6 xp (total 19). Wikifié.
Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
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Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.

Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

La jeune archère fut emplit de joie à l'idée de la générosité de son maître, en effet, celui ci venait de s'engager à l'aider à obtenir des nouvelles de son frère engagé dans l'armée mais disparu depuis trop longtemps déjà. Le visage de Ætinis rayonna à l'idée de pouvoir peut être retrouver le membre de sa famille. Dans tout les cas, Ori retenu le nom qu'elle lui donna à chercher : Kelrelion... En temps voulu, il ferait jouer ses contacts pour en savoir plus sur le frère de sa protectrice.
Dans tout les cas, le fait de parler d'histoire de famille avait refroidit les ardeurs du jeune homme, celui ci s'enfermant désormais dans un long silence, duquel il ne souhaitait être dérangé au vu de la mine qu'il affichait. Son regard passait de temps en temps sur le prisonnier, qui ne bronchait plus depuis un moment déjà.
Enfin, le carrosse pu apercevoir la destination qu'il visait, et quel spectacle... En effet, devant les yeux rêveurs du jeune fils des Aen Elle, s'affichait la ville de Tor Æthil, bastion du seigneur Valarion et de la famille de Nahël. La ville avait été fondé sur le flanc des Monts Anulii, elle dominait les montagnes de par la taille de ces nombreuses tours et bâtisses. Même pour le jeune garçon originaire de A'vallach, la comparaison entre les deux villes n'étaient aucunement possible, tant il était impressionné par l'immense ville fortifiée aux blanches murailles.
Pourtant, il ne voyait là que le haut de l'iceberg, car en effet, la ville en contrebas était en grande partie caché par un étrange brouillard, qui pour le jeune elfes était tout sauf naturel. Le soleil était bien présent, mais au loin certains nuages noirs se rapprochaient inexorablement de la cité, peut être un signe de mauvais présage par les temps qui courrait...

Le convoi continuant d'avancer, ils passèrent devant une tour de garde, où nul sentinelle ne s'afficha, sûrement les hommes étaient cachés dans l'ombre attendant la venu d'un ennemi à tout moment, dans le but de faire pleuvoir la mort silencieuse sur lui. Ils entrèrent dans l'épaisse brume opaque et tout de suite l'atmosphère en fut plus fraîche. Entré dedans avait éveillé les sens de Ori, le même genre de sensation qu'avait eut le jeune homme lorsque Nahël avait fait usage de sa magie lors de l'attaque un peu plus tôt. Cela confirma que cette brume n'était en rien d'origine naturel.
Les grandes portes de la ville furent en vue, immenses et résistances, à les voir ainsi, Ori pensait que nul n'aurait pu les briser, pas même la plus puissante des armée de cette terre. Mais il cessa de réagir comme un enfant, se disant que à part le temps, rien n'était éternel. Bien que silencieuse de l'extérieur, à l'intérieur, la vie était pleine de vie et de monde, le carrosse avançant dans la foule. Ori pouvait voir hommes, femmes et enfants, ainsi que maisons, commerces... Tout était présent. Ori entendit les ovations de la foule à la vue de leur seigneur Nahël, il semblait que le noble avait une certaine popularité ici, chose normal, vu que se trouvait ici le bastion de son illustre famille.
Enfin ils arrivèrent au sommet et au coeur de la ville, où se trouvait à proprement parler la bastion de la famille du grand Valarion. Il arrivèrent donc dans une petite cours où une troupe armé vint à leur rencontre, en tête se trouvait un guerrier elfe au regard sombre et froid, arborant des cheveux pâles et portant une puissante armure noir qui à le voir dedans le rendait invincible. Quelques domestiques accoururent auprès de leur maître, et la porte du carrosse fut ouverte, d'où Ori descendit le premier, tout en observant l'homme se tenant face à lui. Nahël fit les présentations, l'elfes en armure portant le nom de Keltharion; coeur de Dragon, commandeur des forces armées de la forteresse. Un homme important à n'en pas douter, chargé de protéger la population de cette ville. Le regard qu'il porta sur lui était des plus normal, car l'accoutrement du fils de Azurö Aen Elle, était des plus... Abîmé... Mais il préféra ne pas relever son regard, remarquant que malgré sa fonction, il ne salua ni Ori, ni Nahël qui pourtant étaient de la noblesse, ce qui indiqua que ce coeur de dragon était un personnage emblématique ici, peut être même appartenait il à une famille importante.


"En effet commandant, des traîtres ont tenté de s'en prendre à nous, mais l'affaire à été réglé. Que voulez vous... Après tout, la guerre fait rage, ne se sont que des aléas de notre vie actuelle. Laissez moi aussi vous présenter Ætinis Verteflèche, elle me sert de garde du corps pour ce voyage."

Il porta un regard sur la jeune femme qui avait débarqué du véhicule elle aussi, ayant prit soin de faire passer le prisonnier devant elle, celui ci à genou, le regard baisser au sol, resta de marbre.

"Et ce jeune garçon... Un des survivants de l'assaut dont nous avons été victime. Le seigneur Nahël à eut la bonne idée de me confier sa vie, j'ai bon espoir que vos hommes sauront lui trouver une cellule. Bien évidement, aucun mal ne lui sera fait, et j'ai bon espoir qu'il puisse livrer des informations qui pourraient nous servir dans l'avenir."

Il porta son regard sur le prisonnier, sachant très bien que l'avenir allait être sombre pour lui, la vie en prison n'étant pas de tout repos. Dans tout les cas, il lui avait laissé la vie sauve, peut être que un jour le garçon pourrait trouver la rédemption. Derrière lui, silencieuse, son archère vint lui dire un mot. Le jeune homme acquiesça face à ces paroles.

"D'ailleurs, à l'intérieur du carrosse se trouve un des homme du seigneur Nahël, il a besoin de soin d'urgence. Puis je compter sur quelqu'un pour régler cela ?"

Enfin il s'écarta du carrosse pour laisser faire les soldats faire leur travail, il se plaça au coté de Nahël ayant une demande à lui faire.

"Seigneur Nahël, pardonnez moi cette demande, mais serait il possible de me fournir de nouveaux vêtements, je n'aime guère l'idée de me présenter à votre famille dans mon état, il me serait triste d'offenser votre grand père, ou quiconque ici d'ailleurs."
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 07 mai 2016, 20:23, modifié 4 fois.
Raison : +6 xp (total 22). Wikifié.
Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
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Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... i_aen_elle
Liste compétences :
• ACUITE VISUELLE (B)
• ALPHABETISATION
• CONNAISSANCE TACTIQUE (E)
• DIPLOMATIE (B)
• ELOQUENCE (E)
• ETIQUETTE (B)
• INTRIGUE DE COUR (B)
• SEDUCTION (B)
• VISION NOCTURNE (E)

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[MJ] Le Gob'
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par [MJ] Le Gob' »

Une lueur d’intérêt apparut dans les yeux du dénommé Keltharion lorsque Ori désigna le prisonnier que l’on faisait sortir du véhicule. L’elfe en armure demeura imperturbable à la mention du blessé, et observa un silence inexpressif, le regard impavide. Ce fut le capitaine Arthorias, qui, s’étant rapproché, fit encore un pas en avant, s’adressant à celui qui devait donc être son supérieur. L’elfe au teint blafard et aux yeux de de tueur prit la parole, et fit signe à deux soldats de la garde du commandeur de venir lui prêter main forte.
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« Laissez-moi me charger de l’interrogatoire, Commandeur.

Je veillerai à arracher à cette vermine toute information pouvant servir notre cause. »
L’intéressé semblait par ailleurs s’être résigné à son sort, et n’opposa qu’une résistance symbolique, se laissant emmener à l’écart. Avant de complètement sortir du cercle formé par les soldats du commandeur, l’elfe à la chevelure brune eut le temps de jeter un dernier regard en arrière, vers Ori, et Ætinis. Pour quiconque n’y prêtait pas particulièrement attention, son geste passa inaperçu, mais les intéressés ne manquèrent pas de relever cette dernière attention de la part de celui qui ne leur était pourtant qu’un inconnu. Mais l’instant ne dura pas, et le prisonnier sortir du demi-cercle, disparaissant du champ de vision de nos compagnons.


Ce fut le seigneur Nahël qui prit ensuite la parole, en réaction à la dernière intervention d’Ori.

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« En effet, seigneur Ori, nous n’avons que trop tardé.

Je dois m’entretenir de plusieurs affaires avec vous, vos atours et votre présent d’anniversaire ne faisant qu’ajouter à la nécessité que nous ayons une longue conversation… en privé.

Commandeur, je vous remercie de votre accueil. Veuillez transmettre mes amitiés à mon père, je lui ferai prochainement un rapport. Je dois également m’entretenir avec vous, mais à une autre occasion.

Vous pouvez disposer. »
Nahël avait parlé d’un ton ferme et assuré, et l’autorité dans ses paroles porta ses fruits : sans attendre confirmation de leur commandeur, les lanciers du cortège d’accueil se séparèrent en deux groupes, commençant à évacuer la petite place. Le commandeur Keltharion, quant à lui, ne sembla pas s’offusquer de la façon qu’avait Nahël de directement donner des ordres à ses hommes. Son visage ne trahissait d’ailleurs aucune émotion, son regard intensément fixé sur Ori, le jaugeant jusqu’à ce que tous les hommes d’armes se soient éloignés. Comme le militaire n’ajoutait rien mais persistait dans son curieux manège, ce fut de nouveau Nahël qui s’adressa à Ori, d’un ton affable en apparence, mais de l’air de celui qui ne souffrirait manifestement aucune contestation.
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« Je suppose que vous ne verrez aucun inconvénient à me suivre jusqu’à vos appartements ici, seigneur Ori ?

Je vais donner des ordres pour que le blessé soit pris en charge par nos guérisseurs. »

Il ne restait de toute façon plus rien à faire sur cette place maintenant déserte, aussi nos compagnons se mirent-ils en marche, Nahël et Ori en tête, à travers les couloirs du palais des Æthil. Ceux-ci étaient loin d’être déserts : ils croisèrent régulièrement des serviteurs affairés qui s’inclinèrent tous devant nos compagnons. Les modalités de salutation variaient, probablement selon le rang des elfes rencontrés, car certains optaient pour une profonde inclinaison du buste, ne se redressant que lorsque Nahël et Ori furent passés, tandis que quelques serviteurs allèrent jusqu’à se mettre à genoux, tête courbée, le regard fuyant. Ces différences n’étaient probablement pas dues au hasard ni au bon vouloir des intéressés, et avaient de quoi étonner. Ils rencontrèrent également quelques personnes d’importance, issues de familles nobles, qui saluèrent Nahël et Ori dans le plus grand respect de l’étiquette, n’engageant toutefois pas la conversation car les deux elfes semblaient absorbés par leur propre discussion.

Ils progressèrent ainsi pendant un bon moment, découvrant par ailleurs l’intérieur du palais fortifié. Les murs étaient partout constitués de pierre blanche, cette même pierre dans laquelle les murailles de la ville semblaient avoir été taillées. Au cours de leur chemin à travers promenades, balcons et coursives, nos compagnons purent également apprécier la qualité de la décoration en ces lieux ; parfois simple, tel le marbre blanc décorant les voutes et les colonnades, parfois ostentatoire, telle cette fresque murale coulée dans l’ithilmar et qui représentait une bataille d’Ænarion le Défenseur. Dans l’ensemble, la maisonnée des Æthil semblait disposer de tout le faste, la magnificence, et l’élégance dont était capable le peuple elfique. Une telle demeure ne pouvait que donner envie d’y résider.



***


Nahël poussa le battant d’une porte de bois d’orme, à la poignée en argent précieux, découvrant une grande pièce aux multiples fenêtres en ogive. Le sol était dallé de marbre blanc, et l’un des murs arborait une grande tapisserie représentant l’archipel d’Ulthuan. La pièce n’était pas non plus dénuée de meubles : nos compagnons purent relever à première vue un grand lit à baldaquin d’un côté, une penderie et une bibliothèque, dans le coin opposé, et un bureau devant une fenêtre. Tout semblait dans un état irréprochable, jusqu’au grand lustre suspendu au plafond. Une porte, non loin, devait classiquement mener à une dépendance, probablement une salle de bains.
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« Voici vos appartements, seigneur Ori.

Faites savoir aux serviteurs si vous avez besoin de quoi que ce soit. Ils sont là pour servir.

A ce propos… »

Comme répondant à une silencieuse injonction, un nouveau personnage fit son apparition, jusque-là resté immobile dans la pièce, le long du mur. Venu de leur droite, donc, il s’agissait d’un jeune elfe blond portant la tenue immaculée des serviteurs de la maisonnée. La mine neutre, il vint s’agenouiller devant les deux nobles, la tête baissée, ses yeux verts fixant le dallage de marbre. Un sourire étrange étira les lèvres du seigneur Nahël, qui avança d’un pas, et, saisissant le menton du serviteur du bout de ses doigts, lui fit relever la tête en direction d’Ori et Ætinis. Se retournant lui aussi vers son interlocuteur, le noble reprit, d’un air narquois.
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« Godion est un esclave de marque, une prise de guerre d’un raid mené sur Ellyrion il y a quelques mois.

Veuillez accepter ce présent d’anniversaire, seigneur Ori, quoiqu’avec un peu de retard.

Godion a appris la soumission et l’obéissance, et son physique attrayant en fait le serviteur idéal pour les moindres désirs et caprices de son propriétaire.

Il vous servira bien, n’ayez crainte. »
Godion, esclave

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Lâchant le visage du serviteur, le seigneur Nahël fit mine d’ajouter quelque chose, puis de se raviser.
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« Vous n’êtes pas réellement en état de discuter politique, seigneur Ori.

Laissez-moi prendre congé, pour l’heure, le temps pour vous de faire votre toilette.

Dites à Godion de me faire quérir lorsque vous serez disposé à vous entretenir avec moi de nos affaires. »


Il fit ensuite mine de quitter les lieux, avant de feindre de découvrir la présence d’Ætinis, comme s’il n’avait pas réalisé qu’elle les avait suivis depuis le carrosse.
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« Oh, eh bien.

Je suppose que vous n’avez pas l’usage de votre garde du corps ici, seigneur Ori.

Si vous le souhaitez, je puis faire quérir quelqu’un pour lui faire visiter le château pendant que vous vaquez à vos occupations. »

Introduction du PNJ serviteur/esclave qu'Ori est censé posséder depuis sa fiche de départ.

Important :Pour la suite, afin de vous permettre d'explorer les lieux avec plus de souplesse, et éviter d'être toujours collés l'un à l'autre, je vous donne l'occasion (sans vous forcer, c'est comme vous voulez) de poursuivre l'aventure chacun de votre côté. On resterait dans le même sujet, mes réponses seraient simplement coupées en deux, répondant à chacun de vous simultanément, jusqu'à ce que vous vous rejoigniez de nouveau.

A vous de voir.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 08 mai 2016, 13:55, modifié 1 fois.
Raison : Ajout de l'esclave. Ori bénéficie donc bien maintenant de tout ce que mentionne sa Fiche Wiki.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à la Caverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :


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"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :

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En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."

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Un gobelin douteux a écrit :

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Ætinis Verteflèche
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ætinis Verteflèche »

Les présentations se passèrent plus ou moins comme Ætinis l’avait prévu. Fidèle à lui-même, le seigneur Ori ne la déçut pas et une nouvelle fois montra qu’il se souciait des elfes inférieurs à lui en prenant en compte sa remarque et en en glissant quelques mots à destination de Nahël et Keltharion.

Puis le capitaine Arthorias se manifesta et emmena le prisonnier dans ses geôles. Une nouvelle fois, l’intervention de cet elfe fit froid dans le dos de Verteflèche. Elle n’aimait vraiment pas cet homme qui lui faisait peur, même si elle n’aurait pu dire rationnellement pourquoi. Le jeune elfe prisonnier, quant à lui, semblait s’être résigné à son sort et ne tenta pas de résistance, qui de toute façon aurait été aussi inutile que stupide. Ætinis espérait réellement qu’il ne serait pas entêté au point de jouer les héros et qu’il révélerait vite tout ce qu’il savait, afin qu’il ne lui arrive rien. Le pauvre lui faisait vraiment pitié, surtout lorsqu’il lui lança un regard avant de disparaître de son champ de vision, auquel la pauvre elfe d’Ilmaltir ne sut pas quoi répondre, se contentant finalement de rester immobile.

Mais l’attention de l’archère fut vite recentrée sur Nahël Æthil qui reprit la parole pour répondre à son seigneur. Après avoir assuré Ori Aen Elle qu’on s’occuperait de lui, et donné les ordres pour qu’on s’occupe de Nalthaël, il mena le duo protégé-protectrice jusqu’à la chambre qu’occuperait Ori. Et le moins qu’on puisse dire sur le château des Æthil, c’était qu’il n’avait rien à envier à aucune demeure. Sa richesse était à l’égale de celle de la ville. Connaisseuse, Ætinis apprécia à leur juste valeur les sculptures, meubles, portes, bas reliefs, parquets et divers objets en bois. Les essences, qu’on ne trouvait pas toutes dans les environs, semblaient toutes avoir été sélectionnées avec le plus grand soin, et travaillées avec un savoir-faire remarquable, qui dépassait de loin ses capacités et celles de sa famille. Ceux qui avaient travaillé cette matière si noble étaient certainement des artisans de renommée mondiale.

Ebahie par tant de richesses, admirative du travail des artisans qui avaient construit ce lieu et son contenu, Verteflèche suivait son maître et leur guide avec un air de profond respect sur son visage. Il était visible qu’elle était très impressionnée. La demeure était tellement extraordinaire qu’elle capta presque toute son attention et qu’elle n’accorda que des regards distraits aux nombreux serviteurs de la famille Æthil qui s’inclinaient devant eux à leur passage. Enfin, pas devant elle, mais plutôt devant Ori et Nahël. D’ailleurs, elle-même les imita, et inclina le torse de temps à autre lorsqu’ils croisaient des nobles, sans pour autant leur adresser la parole ou cesser de suivre son seigneur. Elle devait faire honneur aux Aen Elle en montrant qu’elle respectait le protocole.

Après avoir marché pendant un certain temps –le château était réellement immense-, le trio arriva enfin aux appartements d’Ori. Comme le reste des lieux, la suite qui était mise à sa disposition respirait le luxe et le confort, et comprenait même une salle de bains ! L’archère nota que le lieu était privé, il n’y avait qu’un lit, une magnifique œuvre d’un ébéniste de renom finement décorée d’ailleurs. Elle ne dormirait donc pas ici, mais n’eut pas le temps de se poser la question de son propre hébergement, interrompue dans ses rêveries dorées par une intervention du seigneur Æthil.

C’est alors qu’elle contemplait la richesse des lieux, pensive et un peu jalouse sur les bords, bien qu’elle ne l’aurait jamais avouée, que Nahël présenta à Ori son « cadeau ». Il s’agissait d’un jeune elfe blond aux cheveux longs, plutôt frêle, vêtu d’atours simples et aux yeux d’un vert beaucoup plus clair que les siens. Il se nommait Godion et venait de la province d’Ellyrion. Mais ce n’était pas ce que retint Verteflèche dont le teint, successivement, pâlit, vira au verdâtre maladif, puis au rouge, tandis que ses yeux, d’abord choqués, lançaient des éclairs, et qu’elle serrait les dents, la mâchoire crispée, sa main droite se referma instinctivement sur la fusée de son épée, par-dessous sa cape, comme si elle s’apprêtait à dégainer. Son autre main se referma en un poing, lui visible de tous.

En réalité, elle avait ressentit d’abord un choc terrible en entendant le mot « esclave », puis s’était sentie mal, comme si elle avait été trahie par Nahël et Ori. Mais ce sentiment s’était vite transformé en ressentiment à l’égard des deux nobles, mais aussi, étrangement, de ce Godion, cet elfe si efféminé, si lâche, si faible ! Accepter le statut d’esclave, pour un membre de la race des elfes, cela la dégoûtait. C’était intolérable, presque autant que les salauds qui l’avaient réduit à cette condition. Telles étaient les pensées de l’archère pauvre.

Pendant un instant, elle avait même hésité à sortir son épée et à menacer ouvertement son seigneur et le maître des lieux en leur ordonnant de le libérer immédiatement. Ou de frapper le nommé Godion en lui disant de se lever et d’arrêter de se comporter comme un faible sans honneur qu’il était à ses yeux. Au final, aucune de ces solutions ne lui paraissant viable pour elle, Ætinis se contenta de foudroyer tout le monde avec des regards assassins. Elle désapprouvait clairement ce qu’elle voyait, et se permit même de le signaler à tous par une toux artificielle qui sonnait faux, avant de se mordre la lèvre inférieure, comme elle le faisait souvent lorsqu’elle était gênée, pour se retenir d’intervenir.

Après quoi, avec l’autorisation de Nahël et Ori, elle ne se fit pas prier et quitta la pièce sans accorder plus d’attention à ce spectacle qui la répugnait, laissant les deux nobles et l’esclave entre eux. Elle n’avait plus aucune envie, pour l’instant, de rester une seule seconde avec lui. En sortant de la pièce, elle tomba sur un serviteur, comme promis. Encore très énervée, Verteflèche salua celui qui serait son guide pour aujourd’hui, et lui demanda d’un ton abrupt qui ne lui ressemblait pas de lui montrer là où elle dormirait.

Le serviteur s’exécuta et la mena dans une pièce adjacente à la chambre d’Ori. Il s’agissait d’une pièce relativement petite comparée à celle de son seigneur, mais relativement spacieuse comparée à la minuscule chambre de la maisonnette familiale où elle avait vécu presque toute sa vie. Aménagée non pas richement, mais pas non plus inconfortable, la pièce comportait une autre issue, une petite porte sur le côté. Son guide lui précisa qu’il s’agissait d’une porte qui communiquait directement avec la chambre d’Ori. Ainsi, si le seigneur avait besoin d’elle, elle pourrait intervenir rapidement et arriver s’il le demandait. Sa petite chambre comportait d’ailleurs un second lit. Levant un sourcil interrogateur, elle demanda à qui le lit pouvait bien être. Ses craintes furent confirmées quand on l’avertit que ce serait là le lit de Godion, l’esclave de son seigneur. Résignée à ce fait, mais énervée de plus belle par le fait qu’elle allait devoir partager sa chambre avec une telle mauviette, elle quitta vite l’endroit.

En ressortant, et alors que le serviteur lui demandait où elle souhaitait aller maintenant, la fille de bûcheron répondit d’un ton toujours aussi désagréable et marqué par son accent difficilement compréhensible que dans sa colère elle ne faisait aucun effort pour réprimer :


-Menez-moi à l’infirmerie. J’aimerai rendre visite à un collègue blessé qui a dû être pris en charge maintenant. C’est un soldat des Æthil qui a été blessé, un nommé Nalthaël, pour être plus précise.

Elle avait donné toutes ces précisions dans le but d’être bien sûr que le serviteur l’emmène voir l’endroit où son camarade était soigné et non une infirmerie autre.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 08 mai 2016, 16:29, modifié 4 fois.
Raison : +6 xp (total 25). Wikifié.
Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ertefleche

Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.

Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

Keltharion ne put cacher bien longtemps l’intérêt qu'il porta au prisonnier lorsqu'il lui fut présenté. Mais rapidement, ce fut le capitaine Arthorias qui s'exprima, demandant à prendre en charge le prisonnier dans le but d'un futur interrogatoire. Bien que cela était obligatoire, Ori n'aimait guère l'idée de devoir confier le jeune homme à ce capitaine des plus énigmatique. Dans tout les cas, comme depuis un moment déjà, le "traître" était résigné à sa condition, ne bronchant plus, la fougue et l'audace qu'il possédait au moment de sa capture envers Nahël avait totalement disparu. Les soldats sur place l'entourèrent rapidement et le prirent en charge. La dernière chose que Ori put voir du prisonnier, ce fut le regard qu'il porta à son encontre et à celle de sa protectrice. Ori imperturbable, resta muré dans le silence.

Dans tout les cas, Nahël pensait qu'ils avaient tous deux déjà assez perdu de temps, relançant au passage cette histoire de cadeau à offrir que Ori avait totalement oublié tant les dernières heures avaient été intenses. D'un ton ferme, il fit rompre les soldats du commandeur Keltharion, qui ne broncha pas pour autant. Pour une raison inconnu, son regard était fixé sur Ori, qu'il dévisageait sans se cacher. Ori se confronta à son regard, et tout deux restèrent silencieux. Ce fut Nahël qui le tira de cette faire, l'invitant à le suivre.


"En effet, Seigneur Nahël, je vous suis."

Ils quittèrent donc la petit place, Ori marchant au même niveau que son camarade de même rang. Marchant tranquillement dans les couloirs, la richesse du palais, n'avait rien à envier aux plus belles demeures des Aen Elle. Tout comme la cité où il se trouvait, le bastion de la famille de Nahël était en tout point magnifique, une décoration et une architecture riche et bien pensé. Ils croisèrent sur la route de nombreux serviteurs, et quelque chose marqua l'esprit du jeune garçon, certains serviteurs les saluaient d'un simple révérence, d'autres tombaient carrément genou au sol, la tête baissé... Étrange...
Ils croisèrent aussi d'autres nobles, mais n'eurent pas le temps de leur parler, car on pouvait bien voir que Nahël ne voulait pas plus perdre de temps. Ori ajouta un compliment envers son hôte.


"Décidément seigneur Nahël, je viens juste d'arriver, et je suis déjà pleinement content de ce voyage, tant il est agréable pour mes yeux. On m'avait vanté la beauté de Tor Æthil et de son palais, je comprends dès lors pourquoi..."

Ils continuèrent donc de progresser dans les différents couloirs, tous plus beaux les uns que les autres. Puis ils s'arrêtèrent devant une porte d'orme, qui une fois ouverte par Nahël laissa entrevoir, une magnifique suite avec des murs où siégeaient d'immenses tapisseries représentant l'archipel d'Ulthuan. Au centre, se trouvait un immense lit, tout était parfait et meublé, et voyant au fond une autre porte, il su qu'il avait une salle de bain personnel. Voila qui était fort sympathique.
Nahël lui précisa que si il avait besoin de quelque chose, il n'aurait cas demander à ces serviteurs. Ce fut d'ailleurs en lançant ce sujet, que le fils de Valarion put enfin offrir son cadeau au jeune descendant de Azurö. Un personnage qui était resté immobile au sein de la pièce jusqu'à maintenant, arriva vers eux, posant genou à terre, la tête baissé. Nahël s'approcha de lui, soulevant son visage pour l'exposer à tous.
L'homme en question se nommait Godion... Un esclave obtenu lors d'un raid sur Ellyrion. C'était cela le cadeau de Nahël... De premier abord, Ori en fut étonné, il avait entendu dire que dans certaines cités du royaumes du roi sorcier, l'esclavage avait commencé à se développer, mais c'était la première fois que la situation lui sauta réellement au yeux. De prime abord gêné, le jeune Ori reprit ses esprits, ne pouvant refuser ce cadeau, car Nahël s'en serait sans doute retrouvé contrarié.


"Une nouvelle fois, vous m'honorez seigneur Nahël."

A la vue de la situation, sa protectrice, voulant attirer l'attention, ne cacha pas son mécontentement face à toute cette histoire, mais le jeune homme n'en tint pas compte, il fixa un moment le fameux Godion, c'était un jeune elfe, assez fin, disons même frêle, tellement que Ori se demandait si au moindre coup, telle un château de carte, il ne s'écroulerai pas. Il possédait une belle chevelure d'or, et des yeux d'un vert émeraude encore plus marquant que ceux de son archère. Même pour un elfe, la nature l'avait doté d'un physique des plus avantageux, surtout pour quelqu'un n'étant pas de haute lignée.
Nahël se retira donc, laissant le temps à son invité de se changer dans le but de parler politique plus tard, il n'aurait cas envoyer son esclave fraîchement acquis le chercher une fois prêt. Au passage il remarqua la présence de l'archère; qu'il semblait avoir totalement ignoré jusque là, aussi demanda il à Ori si celle ci pouvait avec son autorisation, prendre congé de son service dans le but de pouvoir visiter les lieux. D'un signe de tête, il accepta, remarquant au passage, le regard noir que lui fit Ætinis... Il reviendrait sur cette réaction plus tard.

Dès lors il se retrouva seul avec son serviteur. Dans l'immédiat, il ne lui dit rien, celui ci observant ces faits et gestes dans le but sans doute de répondre à la moindre de ces exigences, Ori trouva posé et plié sur le lit, de nouveaux vêtements, sûrement préparé à l'avance par Godion, il avait choisit pour lui, une belle et longue tunique en textile de couleur blanc, la tenu était simple, mais le choix de couleur était judicieux. Le blanc faisant en effet ressortir aisément les yeux violets du jeune homme. Il se changea, préférant ne pas perdre de tant dans l'immédiat avec un bain. Il n'avait du sang que sur les mains après tout, il ne prendrait le temps que de nettoyer cela avant de retrouver Nahël.


"Euh... Godion c'est bien ça ? Dit moi, combien y a t'il de personne comme toi ici ? J'ai vu certains servants s'agenouiller comme toi un peu plus tôt dans les couloirs, est ce là, la façon dont les esclaves saluent leur maître ?"

Il venait tout juste de faire le rapprochement en y repensant, cela confirmant donc que dans ce palais se trouvait bon nombre de prises de guerre. Il fallait avouer que Ori ne savait pas quoi penser de tout cela, mais en même temps, il ne désirai pas trop poser de questions à ce sujet à sa nouvelle acquisition, car en effet, il était peut être probable que ce cadeau offert par Nahël ne soit empoisonné... En effet, comment savoir si celui si n'avait pas reçu la mission de surveiller et d'espionner Ori...

"Tu viens de Ellyrion c'est bien ça ? Que faisais tu là bas avant... D'être comme maintenant..."

Attendant une réponse, il se dirigea vers la salle de bain pour se nettoyer les mains et se passer de l'eau sur le visage.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 08 mai 2016, 17:36, modifié 3 fois.
Raison : +6 xp (total 28). Wikifié.
Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
Profil: For 8 | End 8 | Hab 10 | Cha 14 | Int 11 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... i_aen_elle
Liste compétences :
• ACUITE VISUELLE (B)
• ALPHABETISATION
• CONNAISSANCE TACTIQUE (E)
• DIPLOMATIE (B)
• ELOQUENCE (E)
• ETIQUETTE (B)
• INTRIGUE DE COUR (B)
• SEDUCTION (B)
• VISION NOCTURNE (E)

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[MJ] Le Gob'
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Messages : 202
Profil : ERROR : Données altérées par les vapeurs bonnet-de-fou.
Autres comptes : Vladek [Chroniques]
Localisation : Grenoble/Lyon

Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par [MJ] Le Gob' »

Le serviteur avait peut-être éprouvé quelques difficultés à comprendre certains des mots d’Ætinis du fait de son accent prononcé, mais si tel était le cas, il n’en avait rien laissé paraître, autre qu’un léger haussement de sourcils de temps à autre. La pièce qu’il lui présenta jouxtait les appartements qui avaient été alloués à Ori pour son séjour à Tor Æthil, et quoique bien plus exiguë que la pièce principale présentée par le seigneur Nahël, cette chambre de serviteur n’en possédait pas moins une fenêtre en ogive, qui portait la lumière du soleil jusqu’aux deux couchettes. Une unique penderie occupait l’espace dans l’angle de la pièce, entre la porte donnant sur le couloir -par laquelle Ætinis et le serviteur étaient entrés- et celle donnant sur les appartements d’Ori. Dans l’œil de l’archère, cette dernière porte revêtait d’autant plus d’importance qu’elle permettait de se rendre rapidement au côté de celui qu’elle avait été chargée de protéger, en cas de besoin. Evidemment, il faudrait partager le local avec l’esclave Godion, mais elle saurait s’en accommoder, les conditions de logement dans cette magnifique demeure des Æthil s’annonçant supportable en ce qui la concernait.

Faisant suite à sa demande de la mener jusqu’à l’infirmerie où Nalthaël avait été pris en charge, le serviteur s’accorda un instant de réflexion, incertain quant à la destination demandée, du fait du manque de précision de la requête. Cette hésitation confirmait par ailleurs qu’il existait probablement plusieurs établissements du genre dans les alentours du palais seigneurial, d’où l’hésitation du domestique. Ce-dernier finit par se décider, et la mena à travers des couloirs qu’elle n’avait pas encore parcourus, empruntant d’étroites coursives pour la faire sortir du palais pour rejoindre un élégant baraquement, adjacent au rempart du premier niveau. Pénétrant dans le bâtiment, le domestique suivi de l’archère traversa plusieurs salles, certaines désertes, d’autres occupées par quelques lanciers ou archers, pour enfin aller emprunter un étroit escalier en colimaçon, en bout de coursive. Celui-ci les fit descendre à un niveau intermédiaire, entre le premier et le second niveau de la cité, où se trouvait l’infirmerie qui devait avoir accueilli Nalthaël. Considérant son devoir comme accompli, le serviteur prit congé, laissant Ætinis interroger les guérisseurs présents à l’entrée. Ceux-ci acceptèrent sans difficulté de la mener au chevet de Nal’, car c’était bien ici qu’il avait été pris en charge.

Le pauvre archer était étendu sur sa couche dans une pièce regroupant une poignée de lits de blessés. Inconscient, il était d’une pâleur maladive, mais ses plaies avaient déjà été pansées, et les bandages et garrots de fortune mis en place par Ori remplacés par des pansements dignes de ce nom. Toutefois, à en juger par l’expression indécise du guérisseur en charge de la salle, un elfe à la longue chevelure grise, le diagnostic n’était pas brillant, Nal’ ayant perdu beaucoup de sang. Même si aucun organe vital n’avait été touché, l’absence prolongée de réels soins durant le trajet l’avait considérablement affaibli, et une fièvre tenace l’habitait maintenant. Le guérisseur responsable déclara préférer ne pas se prononcer quant à ses chances de survie, car l’issue dépendait beaucoup de la robustesse naturelle du patient, duquel il ne savait rien. Tout cela n’était pas pour rassurer Ætinis, bien entendu.

Le guérisseur en chef allait s’en retourner vers ses autres patients lorsqu’un nouveau personnage fit son apparition. Le nouveau-venu était vêtu de riches atours, qui le désignaient comme un personnage d’importance. Son visage marqué par quelques rides et veines saillantes, et sa chevelure d’un blond presque translucide le désignaient comme d’un âge vénérable même pour un elfe. Il semblait néanmoins tout à fait alerte, l’œil vif alors qu’il évaluait l’état des blessés de la pièce, avant de s’approcher de la couche de Nal’. Le guérisseur en chef pâlit, et s’inclina profondément, manifestement impressionné.


« Bienvenue, messire Cythar l’Eclatant. Que nous vaut le plaisir de votre visite dans notre humble établissement ? »

Le vieil elfe eut une petite mimique amusée, et répliqua avec un sourire en coin, les yeux rieurs derrière son masque de solennité.
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« Humble, mais non sans importance, Aelyr.

J’ai simplement eu l’intuition de pouvoir me rendre utile ici aujourd’hui. »
Cythar, dit l'Eclatant

Archimage invité à la cour des Æthil


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Dévisageant Ætinis, qui lui faisait face de l’autre côté de la couche, l’étonnant personnage s’adressa à elle, d’une voix douce et rassurante.
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« Bien le bonjour, jeune demoiselle.

Je me nomme Cythar, archimage, invité de la maison Æthil.

S’agit-il de votre ami ?

Vous étiez probablement venue lui parler, mais il n’a pas l’air bien en point.

Peut-être puis-je aider d’une quelconque manière ? »

***


Le seigneur Nahël ayant pris congé, Ori avait donc commencé à prendre ses marques dans ce qui allait devenir sa nouvelle demeure. Le fils du seigneur Azurö trouva également les vêtements préparés à son intention par son nouveau serviteur, afin de remplacer certains de ses atours déchirés pour servir de bandages improvisés durant le trajet. Manifestement satisfait des vêtements proposés, composés notamment d’une tunique d’une blancheur immaculée, brodée en maints endroits de motifs élancés. Un tel vêtement n’était certainement pas une tenue de soirée, mais était également incomparable à une tenue de serviteur : si la couleur était la même, la qualité du vêtement différait complètement. Semblable tunique conviendrait tout à fait pour l’entrevue avec Nahël, ou quiconque d’autre, et la relative sobriété de l’habit convenait visiblement à Ori. S’étant prestement changé, le fils cadet des Aen Elle resta quelques instants de plus dans la salle de bains, afin de se laver une nouvelle fois les mains et le visage, vérifiant qu’aucune trace de sang séché ne maculait encore sa peau. Ce-faisant, il attendait la réponse de son « serviteur », qui était resté dans la pièce principale, prenant la liberté de se relever, attendant en retrait, près du lit à baldaquin, que son nouveau maître ait fini ses ablutions. Lorsqu’il répondit, sa voix était en relatif contraste avec sa chétive apparence, son timbre assez grave résonnant depuis la pièce voisine alors qu’il répondait à la première question dans un langage soigné.

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« Je pense que Tor Æthil compte environ trois cent esclaves, messire, mais je ne saurais le garantir.

Nous devons en effet nous agenouiller devant les personnes d'importance, contrairement aux domestiques qui peuvent saluer normalement. »
Il y eut une pause -ou était-ce une hésitation ?- suivie de la réponse à la deuxième question.
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« Je servais en tant que patrouilleur dans la garnison de Tor Elith, messire, en Ellyrion... avant d’être fait prisonnier par le seigneur Nahël. »
Etait-ce du ressentiment qu’Ori percevait dans sa voix ? L’elfe avait pourtant l’air d’avoir accepté sa nouvelle condition, et ne montrait aucun signe de défiance. Pourtant, au fond de son regard, était tapie l’expression de quelqu’un qui cachait quelque chose.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à la Caverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :


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"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :

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En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."

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Un gobelin douteux a écrit :

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Ætinis Verteflèche
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ætinis Verteflèche »

Le serviteur l’ayant menée à l’infirmerie comme demandée, Ætinis le laissa prendre congé et aller vaquer à ses occupations. De toute manière, son esprit était maintenant focalisé sur Nalthaël et sur lui uniquement. Son inquiétude avait repris le pas sur sa colère dès qu’elle avait franchi les portes de cet établissement dédié aux soins. Cet endroit imposait de lui-même le silence et le respect, car il était rempli de lits sur lesquels sommeillaient des patients qui attendaient d’être pris en charge ou qui l’avaient déjà été. Tous ces pauvres elfes en rétablissement avaient besoin de repos. D’autres y vivaient peut-être leurs dernières heures, en dépit des soins reçus. Dans tous les cas, l’endroit était d’un calme à la fois apaisant et oppressant, quand on connaissait la gravité des blessures traitées ici.

Et des blessures graves, le cocher en avait. En dépit de tout ce qu’elle et Ori avaient pu faire pour le sauver, il était encore loin d’être tiré d’affaire lorsqu’ils l’avaient apporté ici. Sa survie n’était pas certaine et angoissait beaucoup notre héroïne, à tel point qu’elle n’osa demander que d’une petite voix tremblante des nouvelles de lui aux médecins et infirmiers.

Le premier qu’elle croisa était trop occupé pour qu’elle le dérange : il avait sans doute mieux à faire. La deuxième lui répondit qu’elle ne savait pas de qui il s’agissait, mais que son chef, le guérisseur en chef Aelyr pourrait certainement la renseigner, puisqu’il était au courant de toutes les arrivées et les départs de patients de son hôpital, et qui s’occupait souvent des cas les plus graves. La remerciant en s’excusant platement de l’avoir dérangée, la jeune elfe se dirigea vers l’elfe qu’elle lui avait désigné, un grand elfe aux longs cheveux gris qui lui évoqua tout de suite l’expérience et la compétence.

Attendant que le docteur Aelyr ait terminé de lire un document qu’il tenait entre les mains, Ætinis se signala en s’éclaircissant la voix, avant d’exposer sa requête devant le praticien qui semblait avoir un peu de son temps à lui consacrer :


-Hum… Bonjour, vous êtes bien guérisseur en chef Aelyr ? Désolée de vous déranger dans votre travail, mais votre collègue m’a dit que vous sauriez peut-être où je pourrais trouver mon camarade Nalthaël, un soldat des Æthil blessé par deux flèches… Il a dû arriver il y a peu de temps.

-A, oui, je me souviens de lui, un cas typique de perforations profondes hémorragiques. Il n’a pas été facile d’extraire les deux corps étrangers. Surtout celle qui a traversé de part en part le biceps, entraînant un déchirement musculaire et une grande perte d’hémoglobine. L’autre, une plaie profonde infra-claviculaire gauche n’était pas brillante non plus.

Je l’aurais eu entre les mains un peu plus tôt, il s’en serait sorti, mais là, avec le déficit de plasma et la fièvre qu’il en a résulté… Sans compter le risque d’infection qui n’est pas négligeable compte tenu du délai pré-intervention… Le pronostic vital est encore engagé, je ne peux rien faire de plus, je suis désolé.


L’archère n’avait pas compris tout le charabia du médecin, mais pâlit en entendant certains mots et le ton avec lequel ils étaient prononcés. « Pronostic vital engagé ». « Je ne peux rien faire de plus, je suis désolé ». Ces paroles la frappèrent de plein fouet. Nalthaël était encore entre la vie et la mort, et les médecins y avaient déjà épuisé toute leur science. Claquant des dents, les larmes lui montèrent aux yeux et elle ne put les retenir, cette fois-ci. Pleurant à moitié, elle ajouta d’une voix hésitante au guérisseur en chef :

-Puis-je… Puis-je au moins le voir, monsieur ?

-Votre ami est ici, sur ce lit. Vous pouvez lui parler si vous voulez, mais pas sûr qu’il soit conscient et vous entende. Désolé.


Avec un pâle sourire qui ne cachait rien de sa tristesse et son angoisse, les gouttes d’eau salée s’écoulant toujours sur ses joues, Verteflèche réussit difficilement à remercier Aelyr qui lui avait montré du doigt un lit juste à côté d’eux.

-Mer… Merci monsieur. Vous… Vous n’avez pas à vous excuser, vous avez fait tout ce que vous pouviez.

Et elle s’approcha du lit où gisait son compagnon de route, toujours inanimé. Ses pansements, qui avaient été refaits, semblaient plus propres et plus professionnels. Sous les yeux habitués, mais néanmoins compatissants du chef médecin, Ætinis saisit délicatement la main du bras non blessé de Nal’ et la serra doucement, tandis que de son autre main, elle caressait le front brûlant et les cheveux du cocher. Pâle comme un linge, pleurant toujours sans retenue, l’archère chuchotait des encouragements à l’oreille de celui qu’elle aurait aimé pouvoir appeler son ami.

-Nal’, c’est moi, Ætinis Verteflèche… Accroche-toi, s’il te plaît… Tu peux le faire, je le sais… Il faut que tu t’en sortes... Tu es un battant, j’ai confiance en toi… J’ai besoin de toi…

Mais soudain, un nouveau personnage fit son apparition dans l’infirmerie. Un vieil elfe aux très longs cheveux presque blancs qui respirait la puissance et la sagesse. Il était richement vêtu et semblait respecté de tous, même de l’expérimenté chef des guérisseurs. Et cet homme, qui se disait là pour aider, s’approcha d’elle et lui adressa la parole, de l’autre côté du lit de Nalthaël. Il se présenta comme étant Cythar, un archimage invité chez les Æthil, et lui proposa rien de moins que son aide ! Aussitôt, les larmes de l’archère cessèrent de couler et elle se jeta les deux genoux au sol, respectueusement et profondément inclinée devant l’archimage, attendant que celui-ci lui permette de se relever.

-Seigneur !

Dit-elle précipitamment avec une pointe d’espoir qui perçait dans sa voix. C’était un honneur autant qu’une véritable aubaine qu’un personnage de cette qualité veuille bien s’adresser à elle et à Nalthaël. Et elle ne comptait surtout pas gâcher cette chance unique de sauver peut-être le cocher qu’elle avait juste eu le temps de commencer à connaître et à apprécier avant sa terrible blessure.

-Seigneur, répéta-t-elle une nouvelle fois avec respect et admiration. Je m’appelle Ætinis Verteflèche, simple archère au service de la famille Aen Elle. Cette personne compte effectivement beaucoup pour moi. Il s’appelle Nalthaël et est soldat de la maison Æthil. Nous escortions le prince Nahël et mon propre seigneur Ori Aen Elle sur la route, lorsque nous sommes tombés dans une embuscade tendue par des partisans de Calédor.

Je ne le connaissais que depuis quelques heures, et pourtant j’aimerai pouvoir me dire son amie. Hélas, le guérisseur en chef Aelyr m’a dit qu’il n’était pas certain qu’il s’en sorte. Si vous pouviez le sauver, je vous serais tellement reconnaissante, seigneur. Je vous en prie, seigneur faites quelque chose… Je ferrai tout pour le sauver.


La jeune elfe implorai littéralement le mage de faire quelque chose, en joignant les mains en forme de prière et de supplique. Cythar l'Eclatant avait fait renaître l'espoir en elle, et elle comptait bien s'y accrocher de tout son être.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 08 mai 2016, 21:29, modifié 1 fois.
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Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
Profil: For 8 | End 7 | Hab 11 | Cha 9 | Int 9 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 11 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... ertefleche

Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.

Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

Une fois dans la salle de bain, le jeune homme tenta tant bien que mal d'enlever le sang séché du malheureux cocher de ses mains. La chose fut difficile tant cette matière collait au main, il en profita aussi pour se passer un peu d'eau fraîche sur le visage, la chose lui faisant le plus grand bien. Son serviteur se trouvant dans la pièce principal, lui répondit avec un langage soigné, la chose prouva qu'il possédait donc une certain éducation, ce simple détail indiqua à Ori que le jeune homme était intelligent. De plus, la voix grave qu'il affichait était étrangement en total contradiction avec son physique chétif... Mais on avait toujours appris au jeune Aen Elle à ne jamais se fier aux premières apparences.

La réponse affiché par Godion à sa première question fut plus que surprenante, car selon ces dires, il y aurait pas moins de environ trois cents esclaves dans cette ville... Tant que ça... Pour Ori la chose était incompréhensible... Pourquoi prendre le risque de prendre des esclaves, qui à n'en pas douté avaient été dans le camps ennemi dans le passé. Que pouvait bien utilisé la famille de Nahël pour maintenir ces esclaves dans le droit chemin ? N'avaient ils pas des envies de liberté comme tous et chacun ?
Ayant hésité à répondre à sa deuxième question, il lui indiqua que avant, il était patrouilleur dans la garnison de Tor Elith en Ellyrion. Donc le jeune garçon malgré son apparence soigné, savait manier les armes, la chose ne fut pas à négliger, et ce point fut gardé en mémoire par le noble.
Sortant de la salle de bain, désormais vêtu de sa longue tenu blanche, orné de quelques motifs d'orée, son regard violet se porta sur son "présent". D'une voix grave, à la fois amical et en même temps ferme, il s'adressa à Godion.


"Bien... Tu dois le savoir, mais je suis Ori Aen Elle. Désormais tu seras donc sous mes ordres ainsi que celui de ma famille. De ce fait... Désormais tu ne t'agenouillera plus devant quiconque de cette façon, ni devant moi, ni devant personne d'autre, tu salueras les personnes de rang supérieur comme tout domestique et non plus comme esclave."

Avait il donné cette ordre en signe de défi face à cette mascarade concernant les esclaves auquel la famille de Nahël se livrait ? Peut être... Mais disons qu'il refusait à se voir humilier des hommes et des femmes qui s'étaient battu pour une cause, peut être mauvaise certes, mais une cause quand même...
De plus, il était inutile de s'attirer un ennemi à ces cotés, le mieux étant de bien montré qu'il ne considérait pas Godion comme une chose mais bien comme une personne à part entière.


"De plus, au vue de ton passé, tu as été un ennemi de mon roi, cela je ne peux te l'enlever. Mais sache que je ne juge pas une personne sur son passé, mais bien sur ces actes présents. Sert moi bien, gagne ma confiance, et je t'aiderai quand le besoin s'en fera sentir. Trahi moi... Et c'est au bout d'une corde que tu finiras Godion, ai je été clair ?

Ces directives furent données, comment allait il les recevoir ? Dans tout les cas, il avait été fait prisonnier par Nahël selon ces dires, et le fils de Azurö avait bien sentit un brun d'amertume à l'évocation du nom du noble. La rancœur aurait pu être quelque chose de totalement normal au vu de sa nouvelle situation... Mais Ori trouvait Godion trop... Docile pour autant... Nahël devait sûrement avoir un moyen de pression sur le jeune homme, il en était persuadé mais garda cela pour lui. Pour le moment...

"Désormais tu peux aller dire au seigneur Nahël que je suis prêt à être reçu par sa personne. Toi et moi, nous parlerons plus tard."
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 08 mai 2016, 22:21, modifié 1 fois.
Raison : +6 xp (total 34). Wikifié.
Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
Profil: For 8 | End 8 | Hab 10 | Cha 14 | Int 11 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... i_aen_elle
Liste compétences :
• ACUITE VISUELLE (B)
• ALPHABETISATION
• CONNAISSANCE TACTIQUE (E)
• DIPLOMATIE (B)
• ELOQUENCE (E)
• ETIQUETTE (B)
• INTRIGUE DE COUR (B)
• SEDUCTION (B)
• VISION NOCTURNE (E)

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[MJ] Le Gob'
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Profil : ERROR : Données altérées par les vapeurs bonnet-de-fou.
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par [MJ] Le Gob' »

L’archimage ouvrit de grands yeux étonnés devant la mine suppliante d’Ætinis, et resta un instant coi, désemparé devant tant de sincérité : il ne s’était pas attendu à un tel jaillissement d’émotion. Mais son visage recouvra bien vite une expression bienveillante, et, il sourit, un air malicieux flottant au fond de ses yeux bleus.
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« Allons allons, nul besoin de tant d’émoi.

Quitte à vous voir verser des larmes, j’aime autant qu’il s’agisse de larmes de joie.

Il ne sera pas dit que je serai resté insensible à la détresse d’une si jeune demoiselle. »
Le mage se tourna vers Nalthaël, toujours inconscient, et l’examina brièvement, songeur. Puis son sourire en coin réapparut, et il fit un bref clin d’œil à l’intention d’Ætinis.
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« Après tout, je savais que l’on aurait besoin de moi ici aujourd’hui. »

Autour de la couche du blessé s’étaient regroupés plusieurs guérisseurs des alentours, ayant tous convergés au chevet de Nal’ pour voir le dénommé Cythar opérer. Ce devait être un personnage d’une certaine renommée, et populaire, au moins dans les environs du palais. Le vieil elfe se concentrait maintenant, manifestement plongé dans quelque exercice ardu de manipulation de son art magique. Au bout de quelques secondes de lourd silence, l’assistance put l’entendre marmonner quelques paroles inintelligibles, un fil continu de borborygmes qui sonnaient comme une langue étrangère aux oreilles des elfes présents. Et pour cause, puisqu’il s’agissait bien d’un langage différent, propre aux utilisateurs de la très mystérieuse Haute Magie, un art raffiné que la plupart des mages d’Ulthuan ne savaient manipuler que tard dans leur carrière, s’ils arrivaient un jour à le maîtriser. Les mains aux longs doigts du magicien se mirent en mouvement, dans un mouvement rapide et complexe, remuant l’air sans que rien ne semble se produire. Puis un murmure d’étonnement s’éleva dans la pièce alors que de multiples fils de lumière blanche jaillissaient des paumes de l’archimage aux cheveux pâles, avant d’aller s’enrouler dans un curieux ballet autour de ses doigts fins. La magie produite émanait d’une aura qui réchauffa le cœur de toutes les personnes présentes, tant l’énergie positive dégagée était importante : c’était comme un petit soleil de bienveillance qui s’agitait maintenant entre les mains de l’archimage, la lumière d’une étoile arrachée au firmament, un orbe de vie, parcouru de filaments. Bientôt, le mage cessa de murmurer ses incantations, et l’assistance retint son souffle comme le spectacle approchait de son terme. Les doigts du vieil elfe cessèrent de s’agiter, et effleurèrent le torse du blessé alité. La lumière aussi s’en fut, disparue, comme absorbée par la peau glabre.

Joignant ses mains devant lui, Cythar l’Eclatant afficha un sourire bienveillant, la lueur malicieuse toujours clairement lisible dans ses yeux : il aimait le spectacle, cela se voyait. Un silence lourd de suspense s’installa, durant lequel tous les regards convergeaient vers le blessé. Au bout de quelques dizaines de secondes, la respiration de l’intéressée se fit plus audible, et bientôt, ses paupières s’ouvrirent.

Se redressant en position assise, Nalthaël prit appui contre le mur, et jeta un regard perdu autour de lui. Lorsque ses yeux tombèrent sur Ætinis, à son chevet immédiat, sa confusion et son expression de profonde surprise auraient valu tout l’or du monde alors qu’il se passait une main sur le front, pensant délirer.

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« Æ… Ætinis ?

Et… Pourquoi tout ce monde ? »

***


Une expression de profonde surprise passa sur les traits de Godion alors que son nouveau propriétaire était concrètement en train de lui faire don d’un statut de domestique, réellement supérieur à celui d’esclave en cette cité. Il s’agissait là d’une déclaration inattendue, pouvant susciter l’étonnement. Le seigneur Ori avait-il agi ainsi par simple bonté de cœur, ou avait-il une idée derrière la tête ? Etait-ce pour lui une façon de jauger son serviteur, voire de le piéger ? Toujours est-il que l’elfe blond accusa le coup, interloqué, restant silencieux pendant quelques instants sans répondre à l’injonction de son seigneur. Lorsqu’il reprit la parole, ce fut en bégayant un peu, peinant à retrouver son parler policé, encore sous le choc.
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« Je… Vous… Bien, Messire. »
Retrouvant peu à peu ses moyens, le serviteur s’inclina à la façon des domestiques, avant de se diriger vers la porte. Lorsque sa main se posa sur la poignée en argent, le jeune elfe hésita, avant de se retourner à demi vers Ori, resté au centre de la pièce.
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« Merci Messire. »
Le ton qu’avait employé le serviteur était le même que précédemment : sa voix était de nouveau ferme, assurée. Mais la reconnaissance était nettement perceptible dans ses paroles. Sur ces entrefaites, le serviteur s’en fut dans le couloir, laissant Ori méditer sur ce qu’il conviendrait de faire de ce « cadeau » qu’on lui avait fait. Aurait-il tous les avantages d’un domestique, y compris le droit de quitter son service ? Quelle relation Ori s’attendait-il à développer avec son serviteur, à supposer qu’il y en ait une ? Autant de questions encore non formulées, mais auxquelles il faudrait trouver des réponses.
[…]
Quelques minutes plus tard, la porte des appartements d’Ori s’ouvrit doucement, et une personne pénétra dans la pièce principale. Comme prévu, il s’agissait du seigneur Nahël, qu’Ori avait envoyé quérir. Mais il n’était pas seul, et lorsque Ori se retourna pour faire face à son homologue noble, le spectacle qui l’attendait était plus que curieux -même plutôt inquiétant. Le seigneur Nahël se tenait assez proche de Godion, les doigts de sa main gauche plongés dans sa chevelure blonde, insidieusement refermés sur la nuque du jeune serviteur. Ce-dernier se tenait droit comme un piquet, regardant loin devant lui, une expression de défiance à peine voilée sur le visage. Lorsque son regard croisa celui d’Ori, Godion détourna immédiatement les yeux, fixant maintenant le sol marbré, mais Ori avait eu le temps de déceler une colère sourde au fond de ces yeux verts. Autre indice alarmant, la main gauche du serviteur, dont les doigts serrés formaient maintenant un poing fermé, bouillant de rage à peine contenue. Et susurrant à son oreille, le seigneur Nahël, un air dangereux sur le visage, jouant sans vergogne aucune avec la chevelure de l’esclave Aen Elle. La scène était perturbante, dans la mesure où Godion semblait faire un effort considérable pour supporter l'attouchement, quand bien même le noble allait trop loin avec un esclave qui ne lui appartenait plus.
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« Tssss… Allons allons…

Est-ce vrai, ce qu’on raconte ? Ou mon précieux Godion a-t-il sous la langue plus de fiel qu’un serpent de mer ?

Seigneur Ori, veuillez excuser mon manque de jugement.

Il semble que le présent que je vous ai fait plus tôt soit en fin de compte un fieffé menteur.

Comment souhaitez-vous punir cet impudent pour avoir prétendu s'affranchir de sa condition ? »

La situation était épineuse pour Ori : pouvait-il donner raison au domestique contre le seigneur Nahël, en présence de ce-dernier, au risque de s'aliéner le noble, et contre toutes les règles de la bienséance ? Il n’avait par ailleurs aucune idée de ce qui avait pu se produire, mais à en juger par la mine affichée par Godion, ce n’était pas anodin.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à la Caverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :


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"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :

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En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."

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Un gobelin douteux a écrit :

Verrouillé

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