[Déchirure][Ori & Ætinis] La cour des Grands

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Depuis la Déchirure jusqu'à la création de l'Empire et de la Bretonnie, revivez ces âges passés de légendes.

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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

Alors que la situation battait toujours son plein à l'extérieur, Ori était en proie à la peur face à la situation qui lui faisait face, en effet, l'homme de Nahël blessé était agonisant entre ces mains, le visage blême et livide, le noble le savait, il ne lui resterai pas longtemps à vivre ainsi. Il s'était occupé de lui apposer des garrots de fortune, tentant en même temps d'éponger les quantité astronomique de sang perdu, s'efforçant à nettoyer les plaies avec des morceaux de tissu arrachés à sa propre tunique. La main tremblante, il tentait de bien faire, après tout c'était la première fois qu'il voyait un homme mourant entre ses bras, blessé et plein de sang. Le jeune Ori n'avait fini sa formation militaire que depuis peu, mais sa situation de la réalité du combat était nul.
Dans tout les cas, l'archère verteflèche le remercia de la gratitude dont il faisait preuve en tentant de prendre en charge le blesseé. D'ordinaire, beaucoup de noble n'aurait rien fait dans cette situation. Dehors, l'agitation laissa de plus en plus place à un calme pesant, concentré sur le cocher, Ori ne pouvait rien savoir de la situation dehors, mais voyant que le carrosse n'avait pas reprit sa route malgré les consignes du Aen Elle, il présuma que quelque chose clochait...
Soudain, une étrange sensation lui parcourra la peau, une sorte de souffle léger et pure, provenant de nul part et de partout à la fois, curieux et ayant fait son maximum, il laissa le blessé seul, et commença à vouloir sortir du carrosse. La surprise fut de taille, quand il sentit une étrange aura flotté autour du seigneur Nahël... Ainsi donc, le fils du grand Valarion possédait des facultés magiques... La chose était impressionnante, lui même n'ayant aucun don dans ce domaine si rare et difficile à la maîtrise. Dans tout les cas, cela expliqua le fait que Ori n'avait pu comprendre les mots de Nahël un peu plus tôt, celui ci devait être en pleine incantation, dans un langage que lui seul devait connaître. Il termina ce qu'il avait à faire, et porta un regard vers l'intérieur de son véhicule, ayant oublié le blessé, il porta sur lui un regard de dédain, qui n'échappa pas au jeune Ori...

Sortant définitivement dehors, le calme était retombé sur la zone suite à l'intervention du fils des Æthil . Ori porta un oeil au sol, sa curiosité à son apogée quand il vit Ætinis pâle et avec une mine affreuse fixé quelque chose devant ces pieds. Ori identifia la chose rapidement et sa mine s'assombri un court instant... Une tête gisait au pied de la jeune femme... Une ennemi morte, dans une extrême violence on aurait dit. Alors que le jeune homme allait dire quelque chose à sa protectrice qui semblait comme totalement absence à cet instant, un cri au loin le fit réagir, il semblait que les hommes de Nahël était parvenu à faire un prisonnier...

Il se dirigèrent donc tous vers le captif qui était à la merci du capitaine Arthorias, c'était un jeune garçon, sûrement plus jeune que Ori, une longue chevelure brune et des yeux verts égal à ceux de la jolie Ætinis. Les poings liés et à genoux, un poignard sous la gorge prêt à mettre fin à ces jours, il ne se démonta pas pour autant, observant les deux nobles avec défi, voulant montrer qu'il ne craignait pas la mort. On pouvait aussi y voir que si il était libre, il aurait un plaisir à tuer Ori et Nahël de ces propres mains. Enervé, il semblait leur reprocher la mort de l'une de leur camarade, sûrement celle dont la tête gisait au sol maintenant...
Ainsi donc voila quel était la jeunesse endoctriné à faire la guerre contre le roi sorcier, à la solde du roi phoenix... Le frère tuant son frère... L'archère de Ori s'exprima, montrant une certaine colère à l'égard de l'ennemi, et même si il pouvait la comprendre, la vengeance ne pouvait amener que plus de malheurs à notre peuple. Nahël, ayant reprit son calme et son éloquence d'ordinaire, il laissa la vie de cet homme entre les mains de son invité.

Ori dégaina sa lame et la pointa sur le torse du garçon, au niveau du coeur. Il pouvait tuer un ennemi, là tout de suite, son premier meurtre de sang froid, ainsi il pourrait connaître ce que son frère ressentait lors de ces nombreuses batailles... Mais malgré l'idée, il se ravisa, rangeant sa lame dans son fourreau. Cela n'était en rien un aveu de faiblesse, sachant très bien que les yeux de Nahël étaient posés sur lui à observer son choix.


"Comme vous l'avez dis seigneur Nahël, il semble que notre ennemi est décidé d'utiliser des enfants contre nous... Je ne me rabaisserai pas aux même mesures que le traître phœnix. Je refuse de passer pour un tueur de gamin. Tu vas vivre, mais ce sera derrière les barreaux d'une cage, dans une prison... Traître."

Ainsi donc, il avait fait son choix, l'épargner, pour en faire une prise de guerre. Etait ce un bon choix ? Moralement il le pensait tout du moins.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 23 avr. 2016, 00:04, modifié 1 fois.
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Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
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[MJ] Le Gob'
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par [MJ] Le Gob' »

Ori avait donc décidé d’épargner le prisonnier plutôt que de prendre sa vie, ce qui constituait déjà un autre choix opéré par le jeune politicien sous les yeux de son homologue Nahël Æthil. Ce que les elfes présents penseraient de son verdict, nul n’aurait pu le prédire, mais le principal intéressé, celui dont on discutait le destin, ne semblait pas particulièrement apprécier le sauvetage de sa propre vie. En effet, son visage fermé exprimait toujours la même expression haineuse, même si l’elfe faisait maintenant preuve d’un calme éloquent. A l’initiative du seigneur Nahël, les nobles avaient entrepris de le dénigrer sur le plan de sa jeunesse, le traitant comme un enfant alors même qu’ils avaient étaient sensiblement de la même classe d’âge. S’il avait pu retrouver un sang-froid de façade, il le perdit de nouveau, apostrophant sèchement les deux nobles.
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« Traître ? Nagarythe ne vous appartient pas. Nombreux sont ceux qui pensent différemment. »
Le seigneur Nahël répliqua promptement, d’un ton condescendant, se moquant du prisonnier, tout en prenant Ori à témoin.
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« Voyez, seigneur Ori, l’effet de la propagande de Caledor sur notre pauvre peuple.

Ce royaume a sérieusement besoin d’être repris en main. »

Ses paroles semblèrent passablement énerver le prisonnier, qui n’était visiblement pas du genre à se laisser prendre de haut.
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« Vous… salissez l’image de notre belle Nagarythe auprès des autres Royaumes.

Parce que vous rêvez d’une nouvelle ère du Défenseur sous l’égide de l’usurpateur Malékith. »
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« Silence, prisonnier.

Je ne saurai me laisser sermonner par un roturier de ton espèce.

Arthorias, faites cesser cette comédie. »

Le sinistre capitaine ne se fit pas prier, et, laissant le prisonnier à genoux dans l’herbe, non sans l'avoir frappé du pommeau de sa dague au passage, marcha lentement en direction d’Ætinis, qui ne put que le regarder approcher, silhouette de titan, mesurant bien une tête de plus qu’elle. Parvenu à son niveau, l’elfe au visage blême baissa les yeux sur elle, et leurs regards se croisèrent brièvement, mais Ætinis en fut pour ses frais. Vus de plus près, les iris d’un gris délavé n’exprimaient que froideur et insensibilité. Pire que cela, l’archère eut la terrible impression que quelque chose ne tournait pas rond avec le capitaine : maintenant qu’elle se trouvait près de lui, il lui semblait nettement ressentir quelque chose d’anormal émanant de cet elfe. C’était un peu comme une aura de malaise, qu’elle n’aurait su expliquer. Pourtant, le capitaine n’avait pas l’air d’être mage. La situation ne dura qu’une poignée de secondes, avant que l’elfe à la cape jaune ne se baisse pour saisir un objet aux pieds d’Ætinis, puis ne s’en retourne en direction du prisonnier. La jeune Ætinis mit quelques secondes à comprendre ce qu’il était venu chercher dans l’herbe si près d’elle, et un subit haut-le-cœur menaça de lui faire de nouveau perdre son sang-froid lorsqu’elle réalisa ce que c’était.

Pendant ce temps, Ilkar, le soldat misogyne dont Nal’ avait parlé, se vit réquisitionner sa monture par le seigneur Nahël, qui sauta lestement en selle avant de se retourner vers les autres. Lorsqu’il prit la parole, les traits de son visage dessinaient l’expression neutre que nos héros lui connaissaient, la seule différence étant une nuance soucieuse -ou était-ce de l’agacement ?-marquée à intervalles réguliers par une crispation de son sourire maniéré. Quelle qu’en fut la raison, cela n’impactait toutefois aucunement son aisance à distribuer les ordres autour de lui, et il ne lui fallut que quelques mots pour mettre de l’ordre dans la petite compagnie. Ce-faisant, il respecta malgré tout une forme d’étiquette, en dépit du caractère informel de la situation, en s’adressant aux elfes présents selon leur place dans la hiérarchie.

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« Il est temps de repartir. Si nos ennemis nous ont trouvé une fois, ils sont peut-être plus nombreux, et capables de nous tendre une autre embuscade. Nous prendrons une route détournée.

Seigneur Ori
Aen Elle, je suis navré de vous imposer une telle situation. J’aurais dû me déplacer avec une escorte digne de notre rang, ce qui nous aurait éviter d’être inquiétés par ces traîtres.

Capitaine Arthorias, je veux que vous nous guidiez en faisant un détour. Je chevaucherai à vos côtés, j’ai à vous parler.

Soldat -Ilkar je crois ? Peu importe- vous remplacerez votre camarade tombé au combat, et prendrez les rênes de l’attelage.

Quant à vous, archère, j’ai cru comprendre que vous étiez attachée à la sécurité du seigneur Ori. Vous êtes priée de prendre place avec lui à bord du véhicule. Je vous confie la surveillance du prisonnier ; il finira sa misérable existence derrière des barreaux sitôt que nous serons arrivés à Tor Æthil.

Exécution.

Nous partons. »

Plusieurs choses dans ces mots avaient de quoi faire réagir nos compagnons. D’abord, le changement de style du seigneur Nahël était frappant, et d’aucuns auraient pu se demander quelle raison justifiait cette différence de comportement. En effet, c’était un tout autre prince Æthil que nos amis découvraient maintenant, et cette nouvelle facette du personnage accentuait ses contradictions. Ainsi, en dépit de l’apparence policée et hiérarchisée de l’intervention, plusieurs détails étaient à noter. Pour commencer, le noble avait parlé plus sèchement que jamais, d’un ton habitué à donner des ordres sans être contesté : probablement celui qu’un prince héritier d’une éminente famille était habitué à utiliser avec ses subalternes, non pas le ton policé d’un politicien. Ensuite, il avait nommé Ori par son nom de famille, nuance subtile mais possiblement signifiante. Egalement, le prince avait donné des ordres à Ætinis, certes une subordonnée à ses yeux, mais aussi l’aide du seigneur Ori, ce qui revenait à contourner ce-dernier dans la hiérarchie, en supposant que celui-ci obtempérerait. Et pourquoi désirait-il soudainement s’entretenir avec l’elfe blafard ? S’il était une chose que semait cette intervention du seigneur Nahël, c’était bien le doute, mais elle lui avait permis d’imposer un certain respect et de propager un sentiment d’urgence qui poussa tous les elfes présents à agir.

Arthorias s’en fut, remontant sur son destrier, conservant son sinistre trophée en emboîtant le pas au prince Æthil. Ilkar, le soldat misogyne, força le prisonnier à pénétrer dans le carrosse, et le fit s’agenouiller entre les deux litières, à côté de la table basse. L’elfe aux yeux verts ne résista pas, semblant étrangement vidé de toute énergie combative. Ilkar ressortit bien vite, et s’en alla prendre place devant le carrosse, se saisissant des rênes.

Ne restaient plus qu’Ori et Ætinis. Allaient-ils suivre les instructions, ou les contester ? Peut-être avaient-ils des choses à se dire, car ils n’avaient pas eu le temps de faire connaissance depuis le début de la journée, et il semblait que l’occasion se présentait enfin.


Si vous faites ce qu’on vous dit, vous montez tous deux dans le carrosse. Sinon, dites-moi ce que vous faites. Il reste une litière entièrement disponible (probablement pour Ori ?) Nal’ est inconscient, allongé sur l’autre couche qui lui fait face. Le prisonnier est agenouillé, mains toujours liées dans le dos, d’un côté de la table basse.

Reste à voir comment vous souhaitez vous positionner, soit assis tous les deux sur la même litière, soit en poussant Nal’ en position assise, soit avec Ori sur la litière et Ætinis face au prisonnier de l’autre côté de la table basse… A vous de me dire, en admettant que vous montiez comme prévu par Nahël.

Si vous faites ce qui est « proposé » par le prince, vous pouvez décrire votre positionnement, et éventuellement engager la conversation pour faire connaissance. Interagir avec le prisonnier est aussi une possibilité.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à la Caverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :


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"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :

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En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."

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Un gobelin douteux a écrit :

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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

Je reprends la main pour le moment dans l'Ordre des postes, j'anticipe les actions de Aetinis, qui m'a envoyé un MP m'expliquant ce qu'elle comptait faire.
Ori avait donc décidé de sauver la vie de ce "traître", il ignorait vraiment ce que Nahël avait pu penser d'un tel choix, mais après tout, c'était lui même qui avait décidé de confier la vie du prisonnier au jeune Aen Elle. Dans tout les cas, le jeune homme brun resta de marbre, le visage toujours fermé et plein de haine et de rancœur. Voila donc à quoi ressemblait notre ennemi ? Se battant pour la même terre mais combattants pour les idéaux de rois différents.
Dans tout les cas, le prisonnier ne se laissa pas abattre, pensant sa cause juste, Nahël ironisa face à la situation, voulant montrer à tous et surtout à Ori, l'image de la propagande de Caledor le faux roi sur la jeunesse du peuple Asur. Nahël était le genre d'homme à penser que la force pouvait tout résoudre, et il était certain que sa famille ayant un grand pouvoir, avait pour ambition d'imposer ces idéaux sur l'ouest de la région...
Un débat s'en suivit, mais Nahël étant un homme sans patience, clôtura tout commentaire de la part du prisonnier, demandant à son homme de main de le faire taire. D'un coup de pommeau de sa dague, il le laissa genou à terre, totalement déboussolé sous la violence du choc. Ori suivit du regard le capitaine Arthonias, celui ci se dirigeant vers sa garde du corps. Et alors qu'il se tenait droit devant elle, la surpassant par sa taille de colosse, il ramassa quelque chose à ces pieds... Le noble comprit vite qu'il venait de prendre la tête de sa victime. Le regard de Ori s'assombrit quelques instants, se demandant au passage pourquoi il venait d'emporter cette... chose... Avec lui.
Mais l'heure n'était pas à ce genre de question, car déjà Nahël souhaitait reprendre la route, prenant la monture d'un de ces hommes. L'agacement pouvait se lire sur son visage, sûrement cette attaque lui avait fait perdre déjà assez de temps comme ça. Dans tout les cas, il distribua ces ordres telle un chef de guerre, et face à cela, Ori n'étant pas en position de force, n'avait d'autre choix que de s'y plier.


"Une situation regrettable Seigneur Nahël en effet... Mais je ne peux vous en tenir rigueur, nous sommes en guerre après tout."

Nahël avait changé de ton avec le noble, le nommant pour la première fois par son nom de famille. Peut être dans le but de montrer la supériorité de sa famille face à celle de son invité ? Il n'aurait pu le dire, mais Ori nota se virement de situation. Il distribua aussi un ordre à Ætinis, qu'elle ne pouvait refuser de par son rang de toute façon, Ori ne dit rien, la regardant s'exécuter, l'heure n'étant pas encore venu de se dresser contre Nahël. Ori analysant chaque situation.
L'heure était venu de reprendre la route, Nahël et son homme de main ouvrant la marche, en profitant pour discuter de chose que Ori ne pouvait deviner. Lui même et son archère montèrent donc dans le carrosse, l'une des couchettes étant prise par le blessé, il prit position sur la seconde, Verteflèche prenant place comme demandé, face au prisonnier se posant à même le sol.
Ori s'adressa au prisonnier et à sa protectrice au passage.


"Je te préviens, j'ai épargné ta vie, mais la clémence dont je peux faire preuve à des limites, si tu tentes quelque chose de fou... Ætinis si cela devait arriver, je veux que tu exécute cet homme sur le champs."

Il la regarda droit dans les yeux en lui ayant transmit cet ordre, Ori ayant pu voir la réaction qu'elle avait eut face à son ami blessé, ainsi que à la vision de la tête tranché de l'ennemi. Elle était encore novice dans l'art de la guerre, et le jeune homme devait savoir si il pouvait lui faire confiance pour toutes les tâches... Même celles impliquant la vie de quelqu'un...
Un silence pesant tomba rapidement au sein du carrosse. Il fallait dire qu'on ne pouvait pas tout dire quand on avait un prisonnier ennemi avec soi, ainsi que un homme blessé en pleine agonie. Mais le jeune Aen Elle voulait en savoir plus sur la jeune femme qui avait à charge sa sécurité.


"Et bien... Pour un premier voyage, celui ci n'est guère de tout repos..."Dit il en essayant d'afficher un sourire réconfortant et sincère. "Il semble donc que mon père t'est confié à moi... Et bien Verteflèche, d'où viens tu ? As tu une famille ? Et comment une femme d'un âge aussi peu avancé que le tien à t'elle pu se retrouver au service des armées de mon père ?"

Il avait posé de nombreuses questions, et c'était avec sincérité qu'il voulait vraiment en savoir plus sur la jeune femme dont il ne savait rien. Serait elle réceptive à ces questions ?
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 29 avr. 2016, 00:29, modifié 1 fois.
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Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
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Ætinis Verteflèche
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ætinis Verteflèche »

En dépit de sa colère, Ætinis retint son souffle quand elle vit son seigneur dégainer son épée et la pointer sur la poitrine de leur prisonnier, au niveau du cœur. Elle n’en menait pas large et n’aurait certainement pas aimé voir une exécution se produire devant elle. Elle estimait avoir vu bien assez de sang pour aujourd’hui. D’ailleurs, le visage de la jeune elfe femme qui s’était faite décapitée, Ælynn, lui revenait. Elle était morte par sa faute, parce qu’elle l’avait blessée d’une de ses flèches, ce qui l’avait ralentie et laissée à la merci du capitaine Arthorias, qui bien entendu n’en avait eu aucune.

Laisserait-elle maintenant ce jeune homme mourir devant elle alors que cela n’était pas nécessaire ? Elle en était presque malade, très mal à l’aise, mais ne pouvait rien faire. C’était son devoir, un mauvais moment à passer, mais il fallait encaisser en serrant les dents. C’était peut-être là le lourd prix à payer pour un monde meilleur. Elle pensa qu’elle devait se faire violence pour un plus grand bien.

Résolue à regarder un meurtre de sang froid sans bouger ni rien tenter pour le dissuader ou l’en empêcher, Verteflèche se montra plus qu’étonnée du choix de son seigneur de finalement épargner l’archer. Elle ne l’aurait jamais avoué, mais elle se sentait vraiment soulagée, comme si un grand poids lui était ôté de la poitrine. La magnanimité de son maître lui avait épargné un nouveau cas de conscience qui l’aurait assurément tourmentée.

En revanche, les paroles qu’Ori prononça au moment de délivrer sa sentence vexèrent un peu la fierté de notre jeune engagée. Tout le monde semblait se moquer de la jeunesse de cet elfe, mais elle était beaucoup plus jeune encore, à peine adulte. Sans doute les nobles avaient-il un apprentissage qui prenait plus longtemps, mais chez les roturiers, on devenait adulte autour des 40 ans en moyenne, en tout cas au niveau physiologique et psychologique.
*Hum, « enfant », « gamin »… Ce type doit pourtant avoir au moins une ou deux décennies de plus que moi, au bas mot, soit à peu près autant que leurs propres âges, à vu de nez. Et moi alors je suis quoi à leurs yeux ? Un bébé ? Enfin bon, au moins, le seigneur Aen Elle a décidé de mettre ce traître en prison, c’est déjà ça !*

Verteflèche fronça légèrement les sourcils. Le cours de ses pensées fut interrompu par la suite de la discussion entre le prisonnier et le seigneur Nahël Æthil. Là encore, les paroles du prisonnier eurent le don de raviver et de recentrer la colère de la jeune elfe uniquement sur lui. Elle n’aurait pu être plus en accord avec les réponses que le noble consentait à lui accorder. *Non mais pour qui se prend cet insolent ? Est-il à ce point aveugle et endoctriné qu’il ne voit pas qu’il est manipulé par la propagande des pro-Calédor ? Pourquoi n’entend-il pas ce que lui dit le valeureux petit-fils de Valarion, qui prend quand même la peine de lui expliquer son erreur avec une justesse qui sied à sa noblesse ! A mon avis, mieux vaudrait ne pas parler à cet elfe, il m’a tout l’air d’être un idiot buté pour refuser à ce point d’accepter la vérité qui crève les yeux. Accuser Malékith d’usurpateur, de traître, non mais vraiment, c’est le monde à l’envers !* Suivant la discussion avec intérêt, Ætinis acquiesçait à chaque parole de Nahël, et à l’inverse hochait la tête négativement à chaque mot du prisonnier, pour clairement signifier son accord, encore qu’il était probable que nul ne lui prête la moindre attention.

Quand soudain, sur l’ordre de son chef, et non sans avoir au passage frappé l’impertinent pour le faire taire, Arthorias se dirigea droit vers elle. Brusquement, Ætinis se raidit et serra les dents, très tendue. Elle avait peur d’avoir fait quelque chose de mal, que le capitaine si sévère ne vienne pour s’occuper d’elle. Anxieuse, elle passa la main droite sous sa cape et la posa sur la fusée de l’épée de son père, maintenant la sienne, et s’apprêta à reculer en bafouillant des excuses, lorsque le tueur s’arrêta juste devant elle et se pencha pour ramasser la tête qu’il avait tranchée un peu plus tôt, celle d’Ælynn. Rien qu’en y repensant, notre héroïne se sentit de nouveau mal. Cela était doublement dû à la proximité d’Arthorias et à son sinistre trophée. En effet, Ætinis prit conscience que le capitaine lui faisait peur, tout simplement, presque autant que la tête tranchée en elle-même. Elle espérait de tout son cœur ne jamais devenir son ennemie ou tomber entre ses griffes, et si possible le revoir le moins souvent possible, et éviter son commandement.

Puis il y eut une réorganisation de la troupe, le seigneur Nahël, peut-être indisposé par la vue de tout ce sang dans son luxueux véhicule, choisit de prendre la monture d’Ilkar, qui de son côté prendrait les rennes du carrosse. Quand à elle, elle se vit confier la mission d’entrer avec son maître et le prisonnier pour garder celui-ci, dont elle serait responsable. Incapable d’imaginer refuser ou ne serait-ce que discuter les ordres de quelqu’un de si supérieur, qu’en plus elle admirait et respectait autant, et surtout en présence d’un officier qui la terrifiait, notre archère n’eut d’autre choix que de prendre son courage à deux mains et d’accepter en essayant de se donner un air plus méchant et plus assuré qu’en réalité. Car l’idée de devoir garder un prisonnier, protéger Ori et voyager auprès du corps blessé de Nal’ lui inspirait surtout une terrible appréhension. Elle n’était pas du tout sûre d’être à la hauteur, mais n’avait pas le droit de refuser ni d’échouer, car Arthorias ne supportait pas la faiblesse et qu’elle n’avait aucune envie de goûter à ses punitions.

C’était donc avec une mine méchante et sûre d’elle-même de façade, complètement factices, qu’elle s’assit en tailleur par terre dans le véhicule, poussant le prisonnier devant elle. La couchette restante était réservée pour Ori Aen Elle, bien sûr. Eux deux se contenteraient de se placer d’un côté et de l’autre de la table, à même le sol. Par chance, le prisonnier était attaché et désarmé, il ne serait donc sûrement pas dangereux. Qui plus était, il semblait vouloir se murer dans le silence, maintenant. C’est alors que son maître s’adressa à elle et au prisonnier, conseillant à ce dernier de rester tranquille et à elle de le tuer s’il tentait une folie.

Ætinis savait que cet ordre était logique, elle s’y était attendue autant qu’elle l’avait craint. Car elle n’avait jamais pris une vie, encore moins de sang froid et sur un prisonnier sans défense et désarmé. Elle ignorait réellement si elle pourrait le faire, mais bien évidemment ne devait absolument rien laisser paraître devant son maître et le prisonnier. Faire montre de faiblesse inciterait le premier à ne pas lui faire confiance, et le second à tenter justement quelque chose de fou. C’est pourquoi, elle se mordit nerveusement la lèvre inférieure en soutenant un moment le regard inquisiteur d’Ori, avant de détourner le regard en répondant d’un ton qu’elle voulait le plus assuré possible, comme si elle l’avait déjà fait de nombreuses fois et était une vétérane :


-Comme vous voudrez, seigneur Aen Elle.

Intérieurement, Verteflèche se maudit pour sa propre hésitation. Elle se dit que de toute façon, si cela arrivait, elle devrait le faire. Sans quoi ce serait elle qui serait en grand danger. Une soldate qui n’exécutait pas les ordres, par lâcheté ou par faiblesse, et qui pour préserver sa conscience pure mettait en danger la patrie toute entière en laissant s’échapper un ennemi, cela pouvait être assimilé à de l’insubordination, voire de la trahison, et elle n’avait aucune envie de jeter la honte ainsi sur elle et sa famille, et d’être sévèrement punie, peut-être même torturée ou exécutée. Non, si l’elfe face à elle faisait le fou, elle n’aurait pas le choix, ce serait lui ou elle, même si ça ne lui plaisait pas du tout. Pour éviter tout problème, elle s’adressa au prisonnier. Elle essaya –vainement-, de modérer son accent, et parla de manière distincte et lente pour que l’homme en face d’elle comprenne chacun de ses mots :

-Ecoute, salopard de tueur, vois ce que tu as fait à Nal’. On voulait pas que ça arrive, c’est vous qui avez attaqué. Tout ça c’est ta faute, Nalthaël, Ælynn…

Sa voix s’étrangla un peu sur ce dernier nom, puisqu’elle s’estimait elle aussi responsable de sa mort, à vrai dire beaucoup plus que leur prisonnier, mais elle espérait que son accusation qu’elle savait mensongère paraîtrait « vraie », parce que c’était ce qu’elle aurait dû se dire en toute logique, elle le savait, même si elle n’arrivait pas à le penser. Dans son esprit, c’était elle la coupable, elle revoyait sans cesse sa flèche empennée de vert fichée dans sa poitrine et la tête tranchée. Non, ce n’était pas la faute de cet homme à ses yeux, c’était la sienne propre, elle avait tué Ælynn et cette simple pensée la torturait comme jamais, lui tournait la tête et lui donnait envie de vomir. Elle reprit néanmoins, en en révélant sans le faire exprès un peu plus sur elle-même qu’elle ne l’aurait souhaité, presque en suppliant le prisonnier de ne rien tenter :

-En tout cas j’ai aucune envie de faire du mal à quiconque, mais si tu m’y obliges, je n’aurais pas le choix, tu comprends ? Ce sera ta faute, encore une fois, moi, je n’aurais pas le choix…


Ætinis essayait vainement de s’en convaincre, mais en réalité, elle savait bien que si, elle l’aurait, le choix. On l’avait toujours. Ce serait à elle de décider de tuer ou non. A elle de frapper ou non. Et à elle d’en assumer les conséquences.

Heureusement, après un moment de silence gênant pendant lequel elle rumina ses pensées, son seigneur s’adressa à elle pour lui poser des questions personnelles avec un sourire réconfortant. Il n’aurait pu faire plus de bien à sa protectrice en ce moment. Car il lui permit d’arrêter de penser au négatif, de se distraire en repensant à son enfance certes très modeste, mais heureuse, et en plus, il le faisait avec un sourire encourageant qui lui remonta le moral. Y répondant par un sourire égal, la jeune elfe accepta volontiers de se confier :


-Je viens d’un petit village forestier nommé Ilmaltir, à l’extrême Nord-Est de Naggarythe, à la frontière avec Chrace, qui n’est située qu’à quelques centaines de mètres de chez moi. Un peu à l’Est, nous voyons les monts Annulii, qui ne sont pas loin non plus.

C’est une petite communauté de bûcherons et de travailleurs du bois. Nous vivons exclusivement de la forêt, et fabriquons à peu près tout nous-mêmes, puisque nous sommes relativement isolés. Vêtements, maisons, armes, outils… Mes propres habits ont été cousus par ma mère, Antarielle, et j’ai moi-même taillé mon arc et mes flèches.

Oh, bien sûr, pour vous seigneur, je doute que cela soit une vie agréable. Il faut se lever tôt le matin et se coucher tard le soir en travaillant bien pour arriver à survivre, on doit souvent se débrouiller seuls. Mais cette vie me plaisait. J’ai appris avec ma mère à fabriquer toute sorte d’objets en bois, et j’aidais aussi mon père, Oflirïn, au travail de bûcheronnage. Avec mon grand frère Kelrelion et les autres enfants, j’allais souvent jouer dans la forêt. C’est là que j’ai appris à tirer à l’arc, avec le premier que j’avais fabriqué, qui était tout petit. J’avais seulement quinze ans à l’époque…

Même si nous vivions relativement à l’écart de la société, nous sommes tous de bons nagarythiens, fidèles serviteurs du roi Malékith, fiers d’appartenir à sa province, et de nos ancêtres qui ont combattu à ses côtés et à celui de son père. L’épée que j’ai me vient d’ailleurs de mon père qui l’avait servi. Enfin bref, quand cette histoire a éclaté, que Calédor a massacré les princes au Temple d’Asuryan et tenté d’usurper le trône d’Ulthuan, nous nous sommes immédiatement rangés du côté des bons. Mon frère et la plupart des jeunes sont partis s’engager défendre notre roi légitime et bien aimé. Ils étaient tous si courageux…

Je rêvais de faire comme eux, de moi aussi me battre pour le bien et la justice. Mais j’étais encore petite fille à l’époque. J’ai donc attendu d’avoir l’âge requis, quarante deux ans, pour aller tout de suite à la caserne la plus proche. C’était un camp d’approvisionnement pour la campagne de votre père, en Charce. Là, on m’a fait tirer à l’arc, on m’a posé quelques questions et on m’a demandé de rejoindre votre château pour ma première mission. Moi qui n’avais jamais quitté mon village natal avant, j’avoue que j’ai été très impressionnée et que je le suis encore. Je n’imaginais pas le monde comme ça, seigneur Aen Elle.

Mais votre famille et votre vie me paraissent être infiniment plus intéressante que la mienne. Vous avez du vivre tant de choses, vous êtes si nobles, si… Parfaits ? A vrai dire, j’avoue que j’ai honte, je ne connais que très peu votre histoire et celle de votre famille, seigneur Ori. Mais de ce que j’ai pu en voir jusqu’à présent, je suis honorée de servir les Aen Elle, véritablement. J’ai peur de ne pas être à la hauteur, je vois bien que je ne vous arrive pas à la cheville, ni de vous, ni de votre famille, ni même de Nal’ et des autres soldats. Je vous fais honte, seigneur. Pourtant, j’essaye de faire de mon mieux, je vous le jure...


Son discours révélait clairement sa manière de penser assez manichéenne. Elle restait persuadée qu’il y avait deux camps, celui des bons, de Malékith, et celui des mauvais, de Calédor. Elle lança un regard au prisonnier, comme pour le mettre au défi d’essayer de la contredire. Dans le même temps, elle ignorait pourquoi, sans doute sous le coup du trop plein d’émotion, elle s’était confiée à son protégé, et à peine eut-elle fermé la bouche qu’elle regretta ce qu’elle venait de lui dire. Peut-être la prendrait-il pour une faible et ne la mépriserait-il que d’avantage.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 30 avr. 2016, 15:01, modifié 1 fois.
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Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
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Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.

Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
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[MJ] Le Gob'
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par [MJ] Le Gob' »

Le voyage se poursuivit sans encombre, le petit cortège filant à bonne allure sur les routes de Nagarythe. Nahël avait dit que quelques heures suffiraient pour rejoindre Tor Æthil, aussi nos compagnons pouvaient-ils espérer être arrivés à destination avant la fin de matinée. Comme prévu, ils empruntaient maintenant un itinéraire dérivé, afin d’éviter de réitérer l’expérience d’une mauvaise rencontre. A l’intérieur du carrosse, Ori et Ætinis avaient commencé à discuter, cherchant à se connaître mutuellement un peu mieux puisqu’ils allaient être amenés à passer le plus clair de leur temps en compagnie l’un de l’autre, tel qu’exigé par le père d’Ori.

L’atmosphère à l’intérieur de l’habitacle était calme depuis qu’ils étaient repartis. On n’entendait plus Nalthaël respirer, mais un examen rapide pouvait révéler que son pouls demeurait perceptible, quoique lent et faible. Quant à l’autre occupant de la pièce, le prisonnier, lui n’avait pas bougé de la place qu’on lui avait attribué, et avait écouté la conversation, gardant le silence, la tête baissée. Toutefois, le discours tenu par Ætinis le fit réagir, et une moue attristée se dessina sur son visage juvénile, de sorte que lorsqu’il prit la parole, sans y être invité, sa mine grave lui donnait l’air plus âgé qu’il ne devait l’être en vérité.

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« Combattre pour le bien et la justice…

C'est aussi ma conviction. »
Il chercha le regard de l’archère, comme s’il pouvait la convaincre de sa sincérité. Ainsi agenouillé, de l’autre côté de la table basse aux multiples ornements, il ne semblait pas préparer un mauvais coup : tout se passait comme s’il pensait simplement à voix haute. En l’observant de plus près, Ætinis aurait la conviction profonde que leurs âges respectifs n’étaient pas si éloignés qu’elle avait pu le penser au premier abord, pour autant qu’elle puisse en juger. Lorsqu’il releva la tête, ses yeux verts luisaient d’amertume, derrière de longues mèches de cheveux bruns :
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« Les nobles, parfaits ? Regarde dans quel état leurs semblables ont mis notre pays, et Ulthuan. Ce sont de beaux parleurs, ni plus ni moins.

Et ne t’inquiète pas, tu es bien à la hauteur. Toi, l’archère du groupe. Tu n’as pas manqué ton coup avec Ælynn tout à l’heure. »

Le prisonnier osa ensuite s’adresser à Ori, sans pour autant lever les yeux vers le visage du noble qui le dominait. Prudence de sa part, ou déférence envers quelqu’un qu’il respectait davantage que le seigneur Nahël, dont il n’avait pas hésité à soutenir le regard un peu plus tôt ?

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« Quant à vous, vous êtes manifestement différent, mais pour combien de temps encore ?

Nahël Æthil et ses semblables ne souhaitent que la ruine de cette nation. Ils n’ont que faire du destin de leur peuple, et ne poursuivent que leur propre gloire.

Ce sont ces individus qui divisent notre pays, allant jusqu’à menacer même les plus modérées des familles de Nagarythe afin de les adjoindre à leurs alliés. »
Je vous laisse interagir entre vous, et avec le prisonnier. N'hésitez pas si vous avez envie de faire davantage connaissance tous les deux, c'est l'occasion, on a le temps.
Un gobelin inspiré a écrit :Pour toute réclamation ou problème, traversez la forêt et rendez-vous à la Caverne aux Champignons. Mais prenez garde aux vapeurs de bonnet-de-fou...
A l'entrée de la grotte se tient le gobelin : ses vêtements sont crasseux, et ses yeux vitreux. Plusieurs champignons d'une taille impressionnante pendent en grappes à sa ceinture. Dans l'une de ses mains, il tient une feuille d'arbre roulée en cylindre, dont l'extrémité fumante dégage les même fumerolles que celles qui planent lourdement au-dessus de sa tête. Il tire une bouffée de son étrange et longue cigarette, expire ensuite tranquillement par le nez, tout en dévisageant son interlocuteur d'un air rêveur. Puis, il prend la parole, d'une voix cassée, grave et enrouée, comme s'il avait quelque chose de très important à vous chuchoter :


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"Pourquoi cet air si sérieux ?
Écoute-moi bien, voyageur égaré.
Il y a quelque chose dont je voudrai te parler.
En tout temps, en tout lieu, tu dois bien être conscient que :

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En cas de non-respect de ces quelques règles,
Tu serais confronté à cet étrange animal,
Qui du forum régit le Bien et le Mal :
Le Modo, en vérité, créature fort espiègle."

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Un gobelin douteux a écrit :

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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

Les instructions du noble semblaient avoir été prit en compte par son archère, même si dans ces yeux pouvaient se lire une once de doute et de crainte, l'idée de tuer semblant être assez tabou pour elle. Elle tenta de mettre en garde le prisonnier contre toute action de sa part, ou disons plutôt qu'elle semblait trouver un moyen de se justifier quand à la position dans lequel il se trouvait. Le jeune femme semblait être d'une gentillesse des plus touchante, et même si cela arrivait à arracher un sourire au jeune noble, il savait aussi que si elle restait au service des Aen Elle, elle allait devoir apprendre à s'endurcir.
Le prisonnier ne broncha pas pour autant, semblant s'être enfin résigné à son destin, désormais la prison allait être son avenir. Dans tout les cas, le carrosse roulant à une allure tranquille, le jeune Ori se mit à son aise et écouta le discours de la jeune Ætinis quand à son passé. Elle venait d'un village nommé Ilmaltir, bien que le jeune homme n'y soit jamais allé, il était capable de situer le village sur une carte, la cartographie étant l'un des domaines dans lequel il avait été plutôt bon durant sa formation militaire. La jeune femme était une personne simple issu d'une famille simple, vivant du bois et de la terre.
Avec maladresse, elle insinua que la vie qu'elle avait vécu ne pourrait jamais convenir à un grand seigneur comme lui. Et bien... Elle ne pouvait le savoir bien sûre, mais la vie de noble était loin d'être aussi brillante qu'elle voulait le croire, on n'était toujours surveillé, et le noble n'avait jamais pu vraiment voyager à sa guise, tous et en particulier les membres de sa famille, attendaient de lui qu'il soit irréprochable, qu'il fasse la fierté du clan... De lourdes responsabilités dès le plus jeune âge.
Elle expliqua aussi que son père avait été un fidèle servant du roi Malékith, et qu'il avait prit les armes en son nom. Arme d'ailleurs qu'il avait remit à sa fille et que la jeune archère se vanta de montrer, fière de son héritage.
Elle s'était engagé une fois l'âge minimum requis, ayant vu ces frères prendre les armes, l'idée de vivre pour son pays lui avait paru une évidence, le jeune Ori pouvait respecter cela, elle s'était retrouvé au service des hommes de son père par un simple hasard, et doué avec un arc, elle s'était retrouvé là où elle était aujourd'hui, au service du jeune fils de Azurö Aen Elle.
Elle montra aussi qu'elle avait très peu confiance en elle, s'insurgeant de ne rien savoir de la famille qu'elle servait, et s'excusant de faire honte à son maître. Ori la regarda de ces yeux violet, un regard simple et affectueux, bien qu'il ne pouvait comprendre cette réaction, elle n'avait rien fait de mal pour le moment, s'étant toujours tenu à sa place.

Alors qu'il allait lui répondre, le prisonnier à la langue bien pendu, s'exprima de nouveau. Sous entendant qu'il partageait une cause commune avec Verteflèche : celle de se battre pour le bien et la justice... Si Nahël avait été ici, il aurait été certain qu'il se serait moqué ouvertement du jeune homme. Ori lui... N'en fit rien et le laissa s'exprimer. La noblesse le répugnant, il semblait croire que les nobles avaient causé la ruine du pays... Etait ce vrai ? Il n'aurait pu l'affirmer, mais il aurait été idiot de croire que cela venait seulement de ça, le conflit en cours était bien plus compliqué qu'on ne pouvait le croire.
Il s'adressa dès lors directement à lui, n'osant le regarder dans les yeux, ayant peur de représailles ? Ou par respect ? Il n'en savait rien. Dans tout les cas, il lui fit une sorte de mise en garde contre Nahël et ces alliés, bien que le conseil pouvait sembler judicieux, Ori n'était pas idiot, et il se doutait bien que le jeune Æthil était aussi rusé qu'une renard. Ori respectait un certain protocole, mais il restait méfiant à l'égard de l'autre noble, attendant que celui ci dévoile ces cartes. Dans tout les cas, une chose était sûre, il avait besoin du soutient de Ori et en même temps des Aen Elle.


"Le bien et la justice... Chacun d'entre nous à sa propre définition de ces notions. Et même si nous clamons haut et fort nous battre pour ces mots, cela ne dit en rien que nous nous battons pour les même raisons."

Il porta son regard sur le prisonnier. Un regard sévère, pour montrer que même si il tolérait l'idée qu'il puisse s'exprimer, il devait surveiller ces mots.

"Tu me penses différents car j'ai épargné ta vie ? Ne me juge pas sur cette simple action prisonnier. Quand au seigneur Nahël... Il est vrai qu'il se bat pour son ambition, mais n'est ce pas le cas de tout les Asur ? De ton roi ou du mien ? Mais malgré cette ambition, je peux t'assurer que le jeune Æthil porte notre nation et son bien dans son coeur."

Il avait dit cela devant le prisonnier, mais savait bien au fond de lui qu'une soif de pouvoir certaine rongeait le coeur de Nahël, la chose crevait les yeux, et lui et sa famille semblaient prête à tout pour s'attirer les faveurs des nombreux clans. Il porta de nouveau ses yeux sur sa protectrice.

"Quand à toi, maintenant que tu es sous mes ordres, tu combats et parle en mon nom. Cesse de te rabaisser, pour le moment tu tiens ton rôle à la perfection, je ne t'en demande pas plus... Pour le moment... Ma famille s'est fait connaître quand le conflit à commencé. Tu as déjà rencontré mon père, mon frère et mon oncle, tous sont des hommes d'honneur et de renommé, en particulier dans le milieu de la guerre et de la politique. Je possède une soeur aussi, servant au sein de la cours du roi... Autant te le dire, si tu pense l'homme de main du seigneur Nahël terrifiant... Alors ma soeur est le pire des cauchemars qui soit, si tu la rencontre un jour, surveille bien tes mots. Je possède aussi un petit frère, trop jeune pour comprendre les enjeux du conflits en cours. Je tiens à lui plus que tout..." Il étira ces bras"Et quand à cette perfection que tu sembles voir en moi, sache que celle ci n'est qu'illusoire, je suis jeune dans le monde politique, et je n'ai que peu voyagé, subissant une formation longue et rigoureuse dans l'art, le combat, la littérature, la technologie... Je te passe tout les détails. Je ne suis en rien exempt de défauts"

Puis une idée lui vint, comme si celle ci venait de lui tomber du ciel.

"Mais dis moi Verteflèche, toi qui dit connaître peu de chose. Dit moi ce que tu penses de ce conflits qui ronge notre peuple ? Je suis curieux d'entendre l'avis de quelqu'un ayant vécu au sein même du peuple, et qui à pu peut être connaître certains malaises apparus avec ce conflit."
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 01 mai 2016, 08:46, modifié 1 fois.
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Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
Profil: For 8 | End 8 | Hab 10 | Cha 14 | Int 11 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 55/55
Lien Fiche personnage: http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... i_aen_elle
Liste compétences :
• ACUITE VISUELLE (B)
• ALPHABETISATION
• CONNAISSANCE TACTIQUE (E)
• DIPLOMATIE (B)
• ELOQUENCE (E)
• ETIQUETTE (B)
• INTRIGUE DE COUR (B)
• SEDUCTION (B)
• VISION NOCTURNE (E)

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Ætinis Verteflèche
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ætinis Verteflèche »

Ætinis se sentit troublée par l’intervention du prisonnier. Les yeux dans les yeux, il lui affirma avec une sincérité désarmante que lui aussi se battait pour les mêmes raisons qu’elle. Et finalement, il ne semblait vraiment pas beaucoup plus vieux qu’elle. Si déjà, quelques décennies était relativement peu à l’échelle d’une vie d’elfe, lui ne devait en fait guère avoir dix ans de plus qu’elle, soit à peu près rien. A vrai dire, même la différence d’âge entre elle et Ori Aen Elle était minime. Pour l’instant, elle se voyait beaucoup, car ils étaient tous deux encore extrêmement jeune, et que son seigneur devait facilement avoir le double de son âge actuel. Mais d’ici quelques siècles, s’ils vivaient jusque là, la différence d’âge serait totalement insignifiante.

Pendant un moment, elle fut prise de pitié pour ce si jeune homme qui avait tout perdu, parce qu’il avait choisi de suivre le mauvais roi, sans-doute abusé par les mensonges d’elfes en lesquels il avait confiance. Se pouvait-il qu’un elfe aussi jeune qu’elle finisse sa vie derrière les barreaux ? Qu’il vive les siècles qu’il lui restait enfermé dans une cage, tout ça pour une faute ? Non, cela ne paraissait pas juste, mais d’un autre côté, si Nalthaël mourrait par sa faute, rien ne pourrait le ramener à sa vie. Non, dans de bonnes intentions ou pas, il n’en restait pas moins qu’il avait commis une trahison ignoble qui avait amené un elfe entre la vie et la mort.
Et elle, pensa-t-elle ? N’avait-elle pas fait exactement la même chose ave Ælynn ? Si c’était elle qui se trouvait attachée dans ce carrosse à la merci de partisans de Calédor, ne dirait-elle pas exactement la même chose ? Comment pouvait-elle être à ce point sûre de ne pas se tromper ? Parce que des gens en qui elle avait confiance lui avait dit qu’elle se battait dans le camp du bien ? Oui, elle leur faisait confiance, exactement comme le prisonnier avait fait confiance à ceux qui l’avait trompé, manipulé. Sauf qu’Ætinis se refusait catégoriquement à remettre en cause la bonne foi de ce qu’on lui avait toujours dit. Elle ne pouvait pas se tromper, elle était dans le vrai, c’était certain. Malékith était le camp du bien, et Calédor celui du mal, un point c’était tout. Il fallait être aveugle et fou pour le nier.

En revanche, si l’esprit peu éduqué et encore très jeune de Verteflèche trouva une pirouette confortable pour éviter de remettre en question son point de vue en niant en bloc les insinuations du prisonnier, elle fut frappée par la justesse de son propos suivant. Les larmes lui montèrent presque aux yeux lorsqu’il lui rappela encore et encore ce qu’elle avait fait, d’un ton qu’elle jugea ironique. Incapable de soutenir son regard plus longtemps à l’évocation du nom d’Ælynn, notre héroïne baissa les yeux en rougissant, honteuse. Elle reconnut qu’il venait de marquer un point. A ce propos, elle se jura intérieurement de ne pas le laisser seul là-bas, en prison, mais de lui rendre visite de temps à autre. Peut-être qu’il pourrait lui en dire plus sur ce visage qui la hantait. Rien ne pourrait plus rendre la vie à Ælynn, mais si elle pouvait mettre des mots, une vie sur ce visage, essayer de comprendre ce qu’elle avait fait en la blessant et en permettant à Arthorias de la tuer… Alors elle rendrait hommage à cette victime d’une guère fratricide, et peut-être sa conscience serait-elle un peu soulagée. Ou alors n’en serait-elle que plus hantée.

Pourtant, l’archère se dit qu’elle n’avait que son devoir. Elle ne souhaitait pas la guerre. Elle n’avait aucune envie de faire du mal à quiconque, et ignorait s’il serait capable d’ôter la vie, ce qu’elle craignait par-dessus tout. Elle avait peur, en vérité, peur de tellement de choses. Mais elle avait la conviction que ce qu’elle faisait, aussi déplaisant que cela soit, était juste et devait être fait. Oui, elle ne voulait pas la guerre, elle était une simple menuisière, après tout, le bois, la nature et le tir à l’arc lui aurait suffit pour être heureuse. Mais elle n’aurait pas supporté de rester à rien faire comme une lâche pendant que d’autres mourraient. Elle n’aurait pas accepté que par son inaction, un tyran s’installe sur Ulthuan et impose sa volonté à tous, elle et sa famille y compris, et exécute ou réduise en esclavage ceux qui osaient s’opposer à lui. Car elle savait très bien que ce serait l’étape suivante si Calédor triomphait. Non, il était clair qu’elle se dressait contre le mal, car l’inaction des gens de bien comme elle et son frère, mais aussi Nalthaël, les seigneurs Aen Elle et Æthil, et bien sûr le grand roi Malékith aurait suffit à faire triompher le mal. Elle faisait son devoir.

L’intérêt supérieur, le bien, à ses yeux, justifiait le mal qu’elle avait dû commettre. Mais jusqu’à quel point ? La fin pouvait-elle lui pardonner tous les moyens ? Elle ne le savait pas encore, mais cette question serait au centre de son engagement. Et en fonction des expériences qu’elle vivrait, des choix qu’elle ferrait, des gens qu’elle rencontrerait, elle pourrait basculer soit d’un côté, soit de l’autre. Deviendrait-elle une guerrière endurcie, froide et sans cœur, prête à sacrifier tous ses principes au nom d’un intérêt lointain qu’elle abandonnerait petit à petit en comprenant qu’il était en fait inaccessible ? S’élèverait-elle finalement contre la guerre, refusant de commettre le moindre mal, quitte à sacrifier sa vie, celles de ses proches et tout son pays pour ses principes ? Suivrait-elle une voie intermédiaire ? Nul n’aurait pu le dire, et elle-même ne se posait pas ces questions, au contraire, elle était très loin d’imaginer pouvoir changer d’avis, ce qui serait pourtant inexorable, dans un sens ou dans l’autre. Mais pour l’instant, elle était encore jeune et bercée dans ses douces illusions enfantines.

En revanche, elle ne goûta pas du tout au discours sur la noblesse du prisonnier. Un tel anarchiste qui osait ainsi dénigrer les nobles méritait le fouet pour le corriger. Après tout, il était clair, quoi qu’en puisse dire le seigneur Ori, qu’il était de loin supérieur à tous ceux qu’elle connaissait. Il parlait bien, avec éloquence et avec un si joli accent, comme ceux de son rang qu’elle avait rencontré jusqu’ici. Assurément, son seigneur était trop modeste. Il maîtrisait tant de choses qu’elle-même ne pouvait qu’espérer effleurer un jour. L’art, la littérature, la guerre, la politique, la technologie… Même son physique sublimé par ses magnifiques yeux violets semblait exempt de défauts. Non, s’il y avait bien des gens qui méritaient de gouverner, c’était les nobles. Les Aen Elle et les Æthil en étaient la preuve vivante.

Même si parfois, elle ne saisissait pas tout ce qu’Ori disait. Notamment sur le bien et la justice. Pour elle, tout cela n’était pas du tout flou et elle avait eu du mal à comprendre ce que voulait dire Ori là dessus. Mais il fallait dire qu’elle ne connaissait encore rien au monde et que bien vite sa vision changerait.

Par ailleurs, les compliments de ce dernier la touchèrent. Elle avait vraiment cru être nulle, mais finalement, elle ne s’était pas trop mal débrouillée, apparemment. Il faudrait qu’elle prenne plus confiance en elle, pensa-t-elle en souriant. La description de la famille Aen Elle fut pour elle d’un grand intérêt, surtout cette sœur qu’elle n’avait pas connue, mais qui d’après son propre frère serait effrayante pour elle. Et Ætinis le crut sur parole.

Puis Ori la questionna, lui demandant ce qu’elle pensait du conflit en cours. Ce n’était pas une question simple, d’autant qu’elle n’était pas très bien renseignée. Mais elle prit quelques instants pour rassembler ses idées, et elle répondit d’un ton pensif, tout en réfléchissant, toujours avec son fort accent bûcheron de Chrace :


-Et bien, seigneur, je dirais que c’est sans doute la pire catastrophe que notre peuple ait jamais connu. Oui, pire même que les attaques de démons de l’âge du Défenseur. Dans mon village, tout le monde a toujours été très fier d’être des Nagarythiens fidèles à Malékith, lorsqu’il n’était encore que prince. Je l’étais également, fière descendante du peuple d’AEnarion et humble servante de son fils qui ont tous deux fait honneur à notre province plus qu’à toute autre. On nous a conté ses exploits de l’autre côté de l’Océan, et avec quelle justice, quelle abnégation il a gouverné, n’hésitant pas à débusquer le mal partout où il se trouvait, y compris chez sa propre mère. Nous étions et sommes toujours fiers de servir un si grand homme qui ne peut être qu’un exemple à suivre.

J’étais encore une enfant quand, il y a une quinzaine d’années, les évènements du temple d’Asuryan se sont produits. Je ne me souviens donc pas trop de tout cela dans le détail. Mais je me souviens que mon père, ma mère et mon grand frère m’ont dit que l’infâme traître Imrik de Calédor, le petit fils du mage Calédor l’ami d’Ænarion et le prince de la province de Calédor, n’a pas supporté que Malékith soit devenu le nouveau roi en franchissant les flammes sacrées. Lui et ses hommes ont massacré les princes d’Ulthuan présent dans le temple et a gravement blessé notre roi.

Ce tyran s’est ensuite autoproclamé roi Phénix et a essayé d’imposer sa domination au reste du monde. On racontait, et j’ai pu constater de mes yeux il y a quelques minutes que ce n’était que la vérité, que ses partisans s’en prennent à des innocents, simplement parce qu’ils refusent de reconnaître ce despote. Oui, ils sont prêts à nous tuer, nous autres qui combattons pour protéger nos familles, nos amis, nos terres, et le légitime souverain. Et comme ma famille et les autres au village le disaient, où est-ce qu’il va s’arrêter ?

On raconte des histoires sur les partisans de l’ambitieux prince de Calédor, car il est réellement ambitieux, orgueilleux et avide de pouvoir, comme presque tous ceux de sa province. Il n’a pas hésité à déclencher une guerre civile pour assouvir sa soif de pouvoir sans partage. Comme disait mon père, il ne faut pas qu’il gagne, sans quoi il n’hésitera pas à réduire en esclavage ses semblables qui contesteraient son pouvoir. Oui, des elfes réduits à l’état d’esclaves. On dit que certains le font déjà.

Ce mal partout, sa source, c’est ce Calédor. Dans l’ordre établi par le plus grand d’entre nous, Ænarion le Défenseur, il ne peut y avoir qu’un roi. Mais avec les revendications mégalomaniaques de ce fou qui n’hésite pas à mettre des milliers de vies dans la balance pour satisfaire sa soif de pouvoir, l’anarchie guette, puisque nous avons deux rois. Pour la première en Ulthuan, l’ordre établi vacille, il y a des hors-la-loi, des bandits, des crimes, des pilleurs, des viols, des meurtres, des esclavagistes et toutes ces choses horribles…

Je… Je n’aime pas me battre, seigneur. Je déteste avoir à faire du mal à quelqu’un, fut-il méchant jusqu’à la moelle. Mais, comme mon frère, je ne suis pas une lâche. J’ai peur. Peur de mourir, peur de tuer, peur de mal faire, à vrai dire peur de presque tout, mais je sais qu’il faut que je me dresse contre ce tyran, parce que sinon, il sera trop tard. Je dois agir parce que si je ne le fais pas, le mal triomphera, et tout Ulthuan en souffrira. Alors j’agis, par devoir. Pour mon roi, pour ma patrie, pour ma famille, pour l’honneur, pour la justice et pour le bien.

Ce qui se passe en ce moment, tous ces morts, tous ces bandits, tout ce qu’on raconte sur l’esclavage. Si on ne fait rien, si on n’empêche pas Calédor de prendre le pouvoir, alors il n’y aura plus nulle part où aller. Nous vivrons comme des esclaves de ce despote ou mourrons. Dans mon village, il n’y avait que des gens biens, de fidèles patriotes, des défenseurs de l’ordre, et des gens bien plus courageux que je ne le serais jamais. Mais malgré ma peur, j’essaye de me montrer à la hauteur de mes amis et de mon frère en vous servant aujourd’hui, seigneur. Je sais que ce que je défends, l’ordre, l’autorité des nobles, l’honneur, la probité, la justice, tout cela est le bien. C’est pourquoi je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour Malékith et donc pour vous. Tout ce que j’ai vu jusqu’à présent n’a fait que confirmer ce que je pensais, j’ai pu constater, pas plus tard que lors de l’attaque, que j’étais dans le vrai.

Ordonnez, et j’obéirai, seigneur Ori, je suis votre humble servante.

Ætinis s’inclina après cette longue tirade en signe de soumission. Elle avait beaucoup parlé, mais c’était courant chez elle, car bien qu’elle manque cruellement d’éducation et de sagesse, elle n’en était pas moins relativement intelligente pour une roturière de très basse extraction. Elle accorda un sourire à Ori, comme pour s’excuser de la passion avec laquelle elle avait répondu, très consciente que son long discours devait être assez indigeste et peut-être même un peu à côté de la plaque. Mais ainsi était-elle, relativement bavarde, l'archère n'avait pas sa langue dans sa poche.

Passant à un sujet beaucoup moins politique, mais qui l’avait toujours intriguée, Ætinis Verteflèche se risqua à oser poser une question à son maître, mettant directement en application la remarque qu’elle s’était faite intérieurement, à savoir avoir plus confiance en elle. D’un ton extrêmement curieux, elle demanda :


-Seigneur Aen Elle, si je peux vous poser une question que je me suis toujours posée sur les nobles. Qu’est-ce que vous pouvez souhaiter ? Enfin, je veux dire… Vous avez déjà tant de choses, seigneur Ori, mais quel est votre rêve, ce que vous aimeriez faire ou avoir par-dessus tout ?
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Ætinis Verteflèche, voie de l'archère elfe
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Equipement et compétences de combat:
Equipement de combat:
-Lame en or marin : 14+1D8 dégâts, 15 parade
-Arc elfique : 30+1D8 dégâts Malus de -2 TIR tous les 36 mètres, précise : (quand vous utilisez une telle arme lors d'une attaque localisée, vous gagnez un bonus de +2 ATT/TIR. Vous pouvez combiner ce bonus avec celui qui est associé au talent Coups précis/Tir précis...)
-Coutelas : 12+1D6 dégâts, 6 parade.

Compétences de combat :
-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
-Tir à déclenchement rapide : Sur un test d'HAB réussi, permet de tirer deux projectiles par round au lieu d'un seul (maximum 2), avec un malus de -1 à chaque tir dans ce cas.
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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

Suite au MP de Rhamlet, je continue à poster pour continuer la discussion entre nos deux persos. Le voyage restant tranquille pour le moment.
Ori écouta avec attention la jeune femme, il avait rapidement compris que celle ci était une bavarde, et cela ne le dérangea en rien, au contraire, il se laissa bercer par le son de sa voix. La jeune femme était une patriotique, ayant foi corps et âme dans le roi sorcier, cela était sûrement le cas de tout le peuple d'ailleurs, noblesse compris. Elle assimila le conflit à une sorte de fléau frappant notre magnifique nation, elle n'avait pas tort, le frère affrontant le frère, cela pourrait mener à l'extinction des Asur, l'équilibre avait été rompu, et désormais le chaos commençait à pervertir tout le monde.
Depuis le début des hostilités, les cas de meurtre, viol, pillage avaient été recensé en pleine extension. Preuve que toute cette histoire de roi et de guerre, laisserai à jamais des traces. La jeune archère n'aimait pas l'idée de se battre, elle le clama haut et fort, il était vrai que l'idée de tuer son prochain était tout sauf réjouissante, hélas le jeune homme savait bien que un jour, la jeune femme serait confrontée à de terribles choix...
Après un monologue long et poignant, elle s'inclina devant lui par respect, montrant par la même occasion qu'elle lui était dévoué corps et âme et en tout lieu. La réaction du jeune homme fut un sourire conciliant, il pouvait se permettre cela étant en privé avec la jeune femme. Dans tout les cas, elle confirma que malgré son rang social, elle disposait d'un savoir supérieur à celui du bas peuple, une bonne chose, car dans la guerre, l'entretien de l'esprit était aussi important que celui du corps.

Dès lors, lancer dans la conversation, elle enchaîna sur une question des plus étrange, et en même temps qui mit dans l'embarra le jeune homme. Que pouvait il désirer de plus que tout au monde ? Cela poussait à réflexion. Il leva les yeux au ciel, perdu dans ses pensées. Avant de lui répondre personnellement il fit une précision sur la noblesse.


"Ætinis... Si je devais te répondre il faut que tu saches que ce n'est pas parce que l'on possède tout, qu'il faut croire qu'on peut s'en contenter. En effet, celui qui à tout veut toujours plus... Et c'est ce genre d'idée qui nous ont amené à la guerre actuel."

Il resta ensuite silencieux, plongée dans les limbes de ses souvenirs, puis une idée lui vint, un rêve qu'il souhaitait pouvoir réaliser, même si celui ci était hors d'atteinte à jamais. Le ton légèrement mélancolique, il fixa l'un des mur du carrosse, parlant à voix haute, comme récitant les pensées qui lui traversaient la tête.

"Si je ne devais désirer qu'une chose... Ce serait de retourner au temps où ma mère était encore en vie... Où mon père souriait encore, où mon frère Eredin n'affichait pas toujours cette mine triste... Où ma soeur douce et belle, s'occupait de moi quand j'en avais besoin. Quand mon oncle n'était pas en constante dispute avec mon père. Quand mon plus jeune frère n'était qu'un nourrisson... Oui j'aimerai retrouver tout ça, l'espace d'un instant. Revoir ma mère me sourire et m'embrasser..."

Il laissa un long silence, les yeux perdu dans le vide, puis secoua la tête remarquant qu'il en avait trop dit déjà. Après tout, même si la jeune femme lui était amical, elle n'avait pas à connaître ses histoires de famille, cela était privée. Dans tout les cas, parler de sa mère avait refroidit ses ardeurs, en effet, plus le temps passait, et plus il avait l'impression que un peu plus chaque jour, il oubliait le visage et le sourire de sa mère, se souvenir s'effaçant comme l'encre sur le papier mouillé.
Le carrosse avançait toujours à une allure constante, Ori pensa que le groupe ne devait plus être très loin de leur destination maintenant. Il porta un œil au blessé, voyant bien que celui ci était en piteuse état, rien ne présageait qu'il survivrait jusqu'au bout de ce voyage.

Puis le fils des Aen Elle reporta son attention sur Verteflèche, observant sa tenu des plus rudimentaire, et au passage regardant la sienne maculée de sang et déchiré, il pensa qu'il faudrait changer cela au plus vite.


"Il faudra que tu changes ta tenu... Je t'en ferais confectionner une à mes couleurs et à celle des Aen Elle dès que possible. Après tout tu es ma protectrice. Mais dis moi archère, as tu une requête à me faire ? Quelque elle soit. Je ne dis pas que je pourrais l'exaucer, mais j'aimerais connaître qu'elles sont tes désirs et tes envies pour l'avenir. Parle avec franchise."
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 01 mai 2016, 21:18, modifié 1 fois.
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Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
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• ALPHABETISATION
• CONNAISSANCE TACTIQUE (E)
• DIPLOMATIE (B)
• ELOQUENCE (E)
• ETIQUETTE (B)
• INTRIGUE DE COUR (B)
• SEDUCTION (B)
• VISION NOCTURNE (E)

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Ætinis Verteflèche
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ætinis Verteflèche »

La jeune elfe fut très surprise par la réponse que lui donna son seigneur. Elle s’était attendue, bien sûr, à ce que même ceux qui avaient beaucoup de biens ne s’en contentent pas. Il était naturel, après tout, d’avoir un but, un objectif, un espoir que l’on poursuivait. En revanche, elle n’aurait jamais cru entendre une telle réponse de la part de celui qu’elle protégeait. C’était tellement personnel, tellement fort qu’elle avait l’impression d’avoir presque violé son intimité en demandant. Mais après tout, c’était lui qui avait choisi de lui répondre. Il aurait pu mentir ou tout simplement ne pas répondre, car étant sa subordonnée, c’était à elle d’obéir et non à lui. S’il lui avait ordonné de se taire ou de simplement dit qu’il n’avait pas envie de répondre, elle n’aurait pas insisté.

Pourtant, malgré tout il s’était confié à elle, et cela, c’était à ses yeux une preuve de confiance qui la toucha. D’autant plus qu’elle devait mener une mission à moitié dans son dos. Le protéger, y compris de lui-même, le surveiller. Elle se sentit soudain mal à l’aise à l’idée qu’Ori soit aussi honnête avec elle alors qu’elle lui cachait sciemment des choses. Mais c’était sa mission et elle se devait de l’accomplir coûte que coûte. C’était pour le bien de la famille Aen Elle qu’elle œuvrait, de tous les Aen Elle y compris le seigneur Ori lui-même. Et si son père et son grand frère avaient jugé que cette surveillance étai nécessaire, alors elle l’accomplirait. Ils étaient sa famille et ne voulaient que son bien, de même qu’elle. Le seigneur était très jeune, et malgré son intelligence, on pourrait vouloir le menacer, le manipuler, le contrôler ou pire encore, le tromper pour tenter de le rallier aux partisans de l’infâme Calédor. Cela, il était de sa responsabilité que ça n’arrive jamais, dans l’intérêt commun.

Un petit silence s’installa, chacun ruminant ses pensées. Verteflèche remarqua qu’au bout d’un moment, le regard de son seigneur, qui s’était perdu dans le vague pendant un instant, se posa sur Nalthaël, le cocher grièvement blessé. Au contraire de Nahël Æthil qui n’avait manifesté que dégoût et répugnance à la vue de son homme blessé, Ori Aen Elle, lui, n’avait pas hésité à le soigner, sacrifiant pour cela une riche tunique qui devait coûter à elle seule plus que tout ce qu’Ætinis avait sur elle. Et maintenant il lui prêtait attention, tel un chef attentionné, qui prenait soin de ses subordonnés, un peu comme un grand frère. Un sourire fugace passa sur le visage de la jeune elfe forestière à cette pensée.

Elle restait très inquiète pour son camarade qui était toujours entre la vie et la mort, mais le carrosse devait s’approcher de Tor Æthil, et s’ils y arrivaient vite, Nal aurait ses chances, elle en était convaincue. Ou plutôt elle essayait de s’en convaincre pour ne pas sombrer au désespoir. Car rien n’était plus frustrant que de voir un frère d’armes mourir sous ses yeux sans rien pouvoir faire. Mais non, elle chassa cette idée de sa tête, se refusant même à l’évoquer. Nal’ s’en sortirait, grâce à elle et surtout grâce à Ori Aen Elle, l’héroïque noble qu’elle avait la chance de servir.

Ce dernier reprit d’ailleurs la parole, en lui parlant de ses pauvres vêtements qu’elle devrait changer, et surtout lui demandant si elle avait une requête, ses désirs et ses envies pour l’avenir, selon ses propres mots. Il était incroyable de voir qu’un noble d’aussi haut rang s’intéressait à ce qu’elle, une pauvre roturière sans la moindre importance comme il en existait des dizaines de milliers voire plus encore en Ulthuan, pouvait bien penser et vouloir. Aux yeux de Nahël Æthil, par exemple, c’était à peine si elle existait. Elle avait eu beaucoup de chance de tomber sur un noble aussi soucieux de ses sujets, trop, même, peut-être.

Quoi qu’il en fût, elle se creusa les méninges pour trouver une réponse appropriée à lui faire. Comme souvent lorsqu’elle réfléchissait ou qu’elle était gênée, elle se mordit la lèvre inférieure sans y prêter attention, par habitude.
Concernant ses vêtements, Ætinis Verteflèche fit une demi-moue. Aussi rustiques et grossiers qu’ils paraissent, ses habits avaient tous été fabriqués en fibres végétales par sa tendre mère, Antarielle. Elle ne voudrait s’en séparer pour rien au monde. D’autant qu’ils avaient également un rôle très pratique : sur le terrain, il n’y avait pas mieux pour se camoufler efficacement dans un environnement rural, campagnard, montagneux ou forestier, voire même dans le parc d’un château, bref, partout où il y avait de la verdure. Pour toutes ces raisons, elle ne désirait pas s’en séparer. Mais d’un autre côté, elle comprenait l’impératif de son maître de paraître bien accompagné en société. Là où ils allaient, il y aurait des tas de nobles tous plus importants les uns que les autres, et si elle venait habillée ainsi, elle ferrait tâche et sa mauvaise tenue rejaillirait sur son protégé, ce qui ferrait mauvaise impression, certains interlocuteurs importants pourraient se sentir insultés. Il était donc nécessaire qu’elle ait au moins une tenue « de cérémonie ». Et puis, à y réfléchir, un uniforme seyant ne lui déplairait pas. Elle n’était pas coquette, mais aimait l’ordre et donc ses représentant, et porter un bel uniforme impeccable serait pour elle une grande fierté. Elle s’imagina un moment le regard impressionné des gens sur elle, les petites filles et les petits garçons qui la montrerait du doigt dans la rue en disant à leurs parents que plus tard ils voudraient être comme elle, les gens qui la remercieraient pour ce qu’elle faisait. Et plus tard, la poitrine bardée de décorations, récompensée par Malékith en personne pour avoir ramené la paix et l’ordre dans le royaume, son surnom, devenu le nom de sa famille, connu dans tout Ulthuan et ses colonies. Ætinis Verteflèche, la meilleure archère du monde, Ætinis Verteflèche, la sauveuse d’Ulthuan.

Mais ses yeux retombèrent vite sur le lit où était allongé Nalthaël et la rappelèrent vite à la réalité, éteignant les étoiles qui étaient nées dans ses iris verts. Non, elle était loin d’accomplir ce vieux rêve de gloire. La guerre, c’était Nal’ et Ælynn, c’était l’horreur, la douleur, la souffrance, les remords, la honte, la culpabilité. Elle l’avait vite découvert de la plus brutale des manières. Mais justement, pour les missions où elle n’aurait pas besoin de se camoufler, porter une armure –pas une lourde, mais quelque chose de léger et pratique, qui ne l’encombre pas trop-, ne serait pas de trop. Sans leurs kheitans, qui sait ce qui serait arrivé à Nal’ et Arthorias ? Elle n’osait penser à ce qui se serait produit si elle avait encaissé les deux flèches, sans aucune protection. C’est pourquoi elle se résigna à accepter, de toute façon, elle n’avait pas d’autre choix.

Quant à son désir, sa requête. Elle repensa d’abord, dans la lignée de ses pensées, à ses rêves de gamine, qu’elle était encore un peu. C’était son premier vrai combat, et elle n’avait pas encore perdu toutes ses illusions, loin, très loin de là. Elle, couverte de gloire, aimée de tous, ayant apporté le bonheur à tous en rétablissant la paix et la justice. Mais elle écarta vite ses pensées. Oui, elle avait rêvé de cela depuis que son grand frère était parti à l’armée, et hier encore, et encore il y a quelques instants.
Mais finalement, était-ce là l’essentiel ? A l’instar de ce que lui avait dit Ori Aen Elle lui-même, qui avait déjà la gloire, la puissance et le respect de tous, ne souhaitait-elle pas surtout vivre heureuse ? Et comme lui, elle repensa à sa famille. Sa maman, son papa qui étaient encore en vie et travaillaient maintenant dans le village d’Ilmaltir, ce petit village si modeste et dont presque toute la jeunesse était partie se battre, mais sans doute le seul endroit où elle se sentait chez elle. Elle se revoyait, jouant avec ses amis et son frère, insouciante, gamine, fière d’avoir fabriqué son premier arc à quinze ans peine, sans l’aide de sa mère ni de son père –ou presque- aller explorer les bois entre les bûcherons, riant dans les fougères. Puis Kelrelion était parti, et avec lui une bonne partie des jeunes de sa génération, et plus rien n’avait été comme avant. Le village s’était vidé de sa jeunesse, partie s’engager en prévision d’une guerre. Elle, tout comme ses parents, partagée entre l’inquiétude de ne jamais le revoir et l’immense fierté de le savoir engagé pour une cause juste. Finalement, oui, c’était ça, qu’elle voulait, offrir un avenir aux petites filles et aux petits garçons comme elle l’était il n’y avait pas si longtemps encore, un avenir meilleur, fait de paix, de rires et de joie, un avenir radieux de bonheur.
Elle l’expliqua tant bien que mal à Ori :


-Au début, j’ai pensé à moi, couverte de gloire, connue, aimée et respectée de tous, récompensée par le roi Malékith en personne pour avoir ramené la paix. Puis j’ai réfléchis et je me suis rendue compte que ce qui comptait le plus, c’était comme vous, seigneur Ori. Ma famille. Je voudrais tant qu’on soit réunis et heureux comme avant. Mais pour ça, je sais qu’il faudra d’abord gagner cette guerre. Et puis, il y a tous les autres. Si on arrête ça, si on détruit Calédor, alors non seulement moi et vous, seigneur, mais aussi tous les autres enfants elfes auront un avenir meilleur.
Vous savez, si j’ai une requête, ce serait recevoir des nouvelles de mon frère. Depuis qu’il s’est engagé, il y a quinze ans maintenant nous n’avons plus aucune nouvelle de lui. Je ne sais même pas où il est, ce qu’il fait, ni s’il est en vie. J’ai vu mes parents mourir d’inquiétude quand il est parti, moi aussi, j’ai peur pour lui. Et maintenant que leur petite dernière, leur petite fille est également partie,…


Sa voix s’étrangla. Elle ne savait pas écrire, et ne pourrait pas leur donner de nouvelles non plus. Elle termina néanmoins.

-Ils doivent être à la fois remplis de fiertés et morts de peur que nous ne revenions jamais. Je suis prête à mourir pour mes idéaux et mon pays, mais eux,… Voir ses enfants mourir, ou ne pas savoir s’ils sont morts, il ne doit pas y avoir pire torture pour des parents. Oui, si j’ai une requête, ce serait donner des nouvelles de moi à mes parents et à mon frère régulièrement.

Sinon, concernant mes habits, c'est très généreux de votre part, seigneur, mais pourrais-je au moins garder mes vêtements actuels ? Ils ont beaucoup de valeur à mes yeux, et sont bien meilleurs que n'importe quel uniforme si je dois me camoufler. Je ne les porterai évidemment que lorsque la mission le permettra, bien entendu, seigneur, sinon, ce sera un honneur de porter fièrement vos couleurs.
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 06 mai 2016, 15:20, modifié 1 fois.
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-Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR quand utilise un arc.
-Tir en mouvement : annule le malus pour les tirs en mouvement.
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Ori Aen Elle
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Re: [Ori & Ætinis] La cour des Grands

Message par Ori Aen Elle »

Désolé petit poste, mais là je savais pas quoi relancer.
Il écouta de nouveau la jeune femme avec attention, celle ci acceptant de répondre à toutes ces questions. Bien que comme chaque être vivant, l'idée de gloire et de renommé était dans sa tête, elle se ravisa vite sur son choix concernant les désirs et envie de son avenir, car bien sûre même si elle semblait accepté l'idée de mourir pour son roi, pour sa patrie, ce qui comptait le plus pour elle était quelque chose de simple : la famille. Ainsi les deux êtres pourtant de milieu social différent partageait l'idée commune que les liens du sang étaient plus fort que tout. Le père de Ori : Azurö Aen Elle lui avait toujours dit que quoiqu'il arrive, on ne devait jamais se retourner contre sa famille. Car même dans le plus profond des désespoirs, la famille restait la seul raison à laquel on pouvait toujours se raccrocher.
Ætinis lui parla de son frère, dont elle même, ni ces parents n'avaient de nouvelles depuis longtemps déjà, celui ci s'était engagé dans l'armée il y avait quinze années de cela.


"Quel est le nom de ton frère ? Et quel famille sert il ? Je peux peut être essayer de savoir où il est affecté en faisant jouer les relations de ma famille."

Il ne savait pas vraiment pourquoi il proposait à sa protectrice son aide ainsi, mais l'idée de savoir que la jeune femme ne savait même pas si son frère était en vie où non, devait être un sentiment des plus atroce. Ori n'aurait jamais souhaité savoir que son frère Eredin, puisse être supposé mort lors d'un conflit sans que personne ne puisse confirmer où non la valeur de cette information.
Elle précisa une phrase : Que les parents ne devaient jamais voir mourir leur enfants. Ori baissa les yeux instants, parlant encore pour lui même à voix basse.


"Les enfants non plus ne devrait pas voir leurs parents mourir trop tôt..."

Il fit une nouvelle allusion à sa mère, dont la beauté, la tendresse et le sourire lui manquait terriblement, de nature solide et fière, cela lui faisait toujours un pincement au coeur de ressasser cette partie de sa vie.
Dans tout les cas, une nouvelle fois, il retrouva son sourire, posant toujours ces yeux violets qui donnait l'impression qu'il possédait un regard à la fois sombre et mélancolique, cela lui donnant un certain charme, la gente féminine le lui avait dit à plusieurs reprises. Verteflèche semblait honoré de l'idée de porter des vêtements fourni par son seigneur, en gage tout d'abord de la confiance qu'il portait en elle, et aussi en signe d'appartenance à la famille des Aen Elle.
Mais malgré l'idée, elle semblait vouloir garder en même temps ces vêtements de fortune, y attachant déjà une valeur sentimental, mais aussi pour une idée tactique, l'archère étant doué dans le milieu forestier. Bien évidement, le jeune noble ne voyait aucun souci à cela.


"Bien sûre, je n'y vois aucune objection, en fonction de la situation tu pourras basculer d'une tenue à l'autre."

Ainsi donc, il garda ensuite le silence, voyant en même temps que le prisonnier plongée dans ces pensées, ne parlait plus maintenant. Mais l'heure n'était plus à s'occuper de lui car la fin du voyage approchait, la ville était en vue...
Modifié en dernier par [MJ] Le Gob' le 06 mai 2016, 15:20, modifié 1 fois.
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Ori Aen Elle, Voie de l'aristocrate
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