Nuln, le joyau de l’Empire, de l’école impériale d’artillerie aux puissantes forges, un esprit dédié à l’industrie et à la science. Des inventeurs à moitié fous aux vieux sages pleins de poncifs. Une ville au carrefour des influences du Sud et de l’Est et au cœur de la vie intellectuelle et culturelle impériale. Un emblème de pouvoir pour l’un des êtres les plus importants de la nation de Sigmar. Depuis son palais dans l’ancienne capitale, la Comtesse se dresse et joue de sa réputation, renforçant tant son emprise et son prestige sur les nobles de la cité et du Wissenland qu’étendant son influence parmi les bourgeois et les puissants au-delà de ses terres.Nuln et ses rues boueuses, ses eaux polluées et ses pauvres hères qui errent dans les quartiers les plus pauvres, mendiant pour vivre lorsqu’ils sont trop faibles pour travailler. Empoisonnés par les réjections et portant sur eux le véritable symbole de la cité : la suie, noire, collante, imprégnant des murs des masures aux cheveux gras et ternes des mutants se cachant dans les taudis. Et pourtant même au cœur de ces artères tortueuses, un pouvoir se maintient, non pas celui des nobles, des guildes marchandes ou des puissants bourgeois, bien loin des cultes ce sont les familles qui y règnent, tantôt alliées, tantôt ennemies, luttant pour la mainmise sur ces quartiers ne payant pas de mine mais qui en étaient pour les renseignements et autres trafics qu’il valait mieux éloigner du jour.
Et pourtant, c’est en dessous de cette ville de touts les excès que se trouve la véritable menace, plus loin que les bandes de mutants se réunissant en secret, plus profondément que les contrebandiers introduisant marchandises illicites et dangereuses au nez et à la barbe de la garde, dans les boyaux de terre tortueux qui rejoignaient parfois les égouts de la ville. Là, la vermine pullulait, des hommes-rats à taille humaine, complotant la fin des humains autant que celle de leurs rivaux. Les tunnels skavens où se reformait une communauté après le sanglant échec de leur tentative d’invasion de la cité. L’approche directe n’avait su marcher, alors peut être qu’une infiltration plus longue, plus lente saurait faire ses preuves. Et sinon, ce serait l’opportunité de se débarrasser des traîtres et des subordonnés gênants.
Quel qu’en soient les résultats, l’assassin Kishrit s’en tirerait vainqueur, preuve absolue de son génie et de la bénédiction du Rat Cornu. Ce n’était pas de la malchance si il avait été surpris la dague encore plantée dans le dos de son frère de portée et envoyé ici mais bien un plan divin pour lui. Restait juste à se débarrasser de la concurrence et de tout risque de trahison parmi les coureurs nocturne qu’Eshin lui avait fourni. Il pouvait sentir leur déloyauté et leur envie devant son talent naturel.
-« Ecoutez, bande de minables-poltrons ! Les maîtres vous ont envoyé-largué ici pour servir le Rat Cornu et nous aider à conquérir-raser le nid-ville des choses-hommes. Mais d’abord vous devrez faire vos preuves en tuant-plantant un vivant chacun. Les meilleurs seront récompensés-félicités. Bonne chasse-traque ! »
Ils étaient une douzaine, venus avec Vilmikch par les longs tunnels serpentants sous le monde, une douzaine de coureurs nocturne, certains depuis le lointain Cathay comme le pâle skaven, d’autres de plus loin au nord ou au sud, mais tous étaient unis par un même sentiment : ils étaient le meilleur et tous les autres n’étaient que des arrivistes jaloux qu’il faudrait mater ou éliminer discrètement avant de prendre leur place légitime à la tête du contingent d’Eshin.
Mais pour l’heure, Vilmikch devait se mettre en chasse, ramener la preuve de la mort d’un humain et faire taire par ses actes ce qui commençaient déjà à se moquer de son pelage...
