Tandis que la barge de transport de passagers s'avançait vers les docks nord de la ville impériale de Nuln à travers les eaux nauséabondes du Reik, polluées par les industries de la ville, Raël pouvait se remémorer son voyage long et ennuyeux sur le grand fleuve. Le seul moment intéressant du voyage avait été l'escale à Altdorf, qu'il n'avait malheureusement pas eu le temps de visiter. Il savait que sa quête le mènerait par là un jour, pour récupérer les reliques volées et conservées dans les Collèges de Magie selon les rumeurs. Mais pour l'instant, l'aléa des évènements le menaient à Nuln. Il devait y avoir parmi les Dieux un, honni de tous, qui s'amusait aux dépens des hommes en trafiquant leur existence et en bousculant leur existence selon son humeur changeante. Ce sombre gardien des destins n'avait pas épargné Raël ces derniers temps.Suite de cette aventure : http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... =96&t=4597
Nuln. Ancienne capitale impériale. D'après les conversations qu'il avait eu avec les matelots ou qu'il avait entendu au cour du trajet, la ville était reconnue pour ses industries et notamment son collège d'artificiers. Ce que venait y faire Romain d'Albon, il ne pouvait le deviner, mais on disait que l'aristocratie de la ville était débauchée et que les pires exactions n'étaient pas commises par les gangs de dockers, comme c'était habituellement le cas, mais par les jeunes nobles en maraude qui descendaient de temps à autres dans les quartiers pauvres pour s'encanailler. Bien sûr, plus d'un de ces jeunes voyous avait disparu « mystérieusement » mais cela n'empêchait pas les autres de revenir inlassablement.
Tandis qu'il observait la ville, le second du capitaine, avec qui il avait un peu fraterniser durant le trajet, vint se porter à côté de lui et observa la ville à son tour. Lorsqu'il parlait, il avalait la moitié des mots, ce qui rendait la conversation un peu difficile.
« Ah Nuln. 'cune ville lui r'semble. Vu qu'v'z avez pas l'air d'avoir b'coup d'sous, j'vous c'seille deux choses. Y a t'jours les 'goutiers qui r'crutent, et c'pas s'mal payé. S'non, z'avez la t'verne du G'ret Aveugle où trainent t'jours des tires-laines, des spad'ssins et autre joy'setés. Une bonne persp.. sperc... perspective de b'lot, c'moi qui vous l'dit. Même qu'des fois y a des gars d'la haute qui viennent r'cruter des gardes d'corps parmi la r'caille. »
Sur ces bonnes paroles, il serra la main de Raël et repartit aider les autres matelots à la manœuvre. Quand enfin le bateau toucha quai, le Scythien en sauta et faillit tomber devant l'absence de mouvement du sol auquel il avait fini par s'habituer après des jours sur le fleuve.
Devant lui s'étendaient les Taudis, le quartier pauvre de Nuln, avec derrière la ville et ses classes moyennes, puis encore derrière les quartiers riches et la citadelle où logeait la comtesse. Le Goret Aveugle, la taverne dont le second avait parlé, se trouvait dans les Taudis. La pitance et le logement n'était pas cher. Et puis, il y avait toujours moyen de se dégotter un employeur, plus ou moins recommandable. Pour un boulot plus honnête, il se trouvait des postes du guet un peu partout. Et ici, on recrutait toujours des hommes assez braves – ou assez fous – pour patrouiller dans le réseau d'égouts.


