[Reinhard Faul] Sous quarantaine
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
C'est très impressionnant quand Mémé fait de la magie. Elle fout le bordel dans la trame de l'univers comme personne. Les fioles me font de l'effet aussi, c'est comme regarder directement le soleil. Je reconnais la mienne, mais ce n'est plus les vulgaires bouts de peaux que j'ai abandonné à l'intérieur. Maintenant, ils rayonnent. Ils attirent les mouches, les vraies mouches. Accroupi par terre, je me mets à me balancer d'avant en arrière en chantonnant pour supporter de sentir le monde s'écrouler autour de moi. Mon sac à dos est abandonné dans un coin.
Et puis ça s'arrête. Mémé commence à s'écrouler. Je bondis pour la rattraper et l'empêcher de tomber par terre. Je la porte jusqu'à son fauteuil. Elle me dit de construire une icône des mouches. C'est beaucoup mieux qu'une corde et un grappin ça ! Beaucoup mieux !
L'icône des mouches ça sert à faire... à faire un point chaud pour Grand Père. C'est compliqué. Je sens que Nuln peut être tellement plus que ce qu'elle est déjà. C'est la seule grande ville que je connais et j'arpente sa crasse et son manque de santé publique depuis de nombreuses années. C'est comme si j'étais synchronisé avec les maladies et les dépressions de ses habitants, parce que je les ai ressenties moi même. Avoir le typhus, et mourir dans une mare de merde. C'est aussi définitif que triste. Et nous sommes des milliers. Au cœur de l'Empire. Je voudrais juste que ce qui se cache à l'intérieur soit à la vue de tous. Les habitants des taudis refusent Grand Père parce qu'ils s'accrochent à un espoir de guérison, et les autres croient secrètement que la mort et le désespoir ne les concernent pas. J'aimerais pouvoir leur expliquer ce que j'ai vu, leur faire ressentir. Ils sont tous en train de mourir et ils ne le savent pas. L'icône des mouches va leur montrer.
« Oh putain Mémé t'as encore tout pété niveau magie. Je reviens. Je te laisse un verre d'eau à coté, repose-toi. »
Je sors dehors, sans mon sac à dos. La façon de procéder me semble bizarrement évidente. Il y a de nombreuses façon de construire un autel. Le mien doit être fondé sur un enfant très malade. C'est comme ça.
Je marche au hasard dans les ruelles sales de Nuln. La magie souffle moins sur moi maintenant que je m'éloigne de la cabane de Mémé, mais comment ne pas être un peu ému à la vue d'un clochard en train de chier derrière un puits, ou d'une décharge sauvage en train de croître tranquillement ? C'est un peu du Jardin de Grand Père qui est parmi nous. Il faut vraiment que je montre ça à tout le monde.
J'erre au rythme qui m'est propre, en faisant mes activités habituelles (pisser sur ce qui me semble intéressant, parler à une hallucination de ma mère...). Où est ce que je vais trouver un enfant très malade ? Il m'en faut un qui manquera à personne. C'est très puissant un enfant que rien ne rattache à cette Terre, c'est une âme foutue d'avance. Les Dieux adorent ça.
Je décide d'aller au premier hospice qui passe – j'ai déjà mis le nez dans ce genre d'endroit dans ma vie d'avant. C'est un bon endroit pour trouver des pauvres en train de mourir. Au pire il y en a bien un qui acceptera de me vendre son gosse, surtout si il est en train de crever. Trop de bouches à nourrir, si peu d'argent.
Et puis ça s'arrête. Mémé commence à s'écrouler. Je bondis pour la rattraper et l'empêcher de tomber par terre. Je la porte jusqu'à son fauteuil. Elle me dit de construire une icône des mouches. C'est beaucoup mieux qu'une corde et un grappin ça ! Beaucoup mieux !
L'icône des mouches ça sert à faire... à faire un point chaud pour Grand Père. C'est compliqué. Je sens que Nuln peut être tellement plus que ce qu'elle est déjà. C'est la seule grande ville que je connais et j'arpente sa crasse et son manque de santé publique depuis de nombreuses années. C'est comme si j'étais synchronisé avec les maladies et les dépressions de ses habitants, parce que je les ai ressenties moi même. Avoir le typhus, et mourir dans une mare de merde. C'est aussi définitif que triste. Et nous sommes des milliers. Au cœur de l'Empire. Je voudrais juste que ce qui se cache à l'intérieur soit à la vue de tous. Les habitants des taudis refusent Grand Père parce qu'ils s'accrochent à un espoir de guérison, et les autres croient secrètement que la mort et le désespoir ne les concernent pas. J'aimerais pouvoir leur expliquer ce que j'ai vu, leur faire ressentir. Ils sont tous en train de mourir et ils ne le savent pas. L'icône des mouches va leur montrer.
« Oh putain Mémé t'as encore tout pété niveau magie. Je reviens. Je te laisse un verre d'eau à coté, repose-toi. »
Je sors dehors, sans mon sac à dos. La façon de procéder me semble bizarrement évidente. Il y a de nombreuses façon de construire un autel. Le mien doit être fondé sur un enfant très malade. C'est comme ça.
Je marche au hasard dans les ruelles sales de Nuln. La magie souffle moins sur moi maintenant que je m'éloigne de la cabane de Mémé, mais comment ne pas être un peu ému à la vue d'un clochard en train de chier derrière un puits, ou d'une décharge sauvage en train de croître tranquillement ? C'est un peu du Jardin de Grand Père qui est parmi nous. Il faut vraiment que je montre ça à tout le monde.
J'erre au rythme qui m'est propre, en faisant mes activités habituelles (pisser sur ce qui me semble intéressant, parler à une hallucination de ma mère...). Où est ce que je vais trouver un enfant très malade ? Il m'en faut un qui manquera à personne. C'est très puissant un enfant que rien ne rattache à cette Terre, c'est une âme foutue d'avance. Les Dieux adorent ça.
Je décide d'aller au premier hospice qui passe – j'ai déjà mis le nez dans ce genre d'endroit dans ma vie d'avant. C'est un bon endroit pour trouver des pauvres en train de mourir. Au pire il y en a bien un qui acceptera de me vendre son gosse, surtout si il est en train de crever. Trop de bouches à nourrir, si peu d'argent.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
Et pourtant, même ici, il y avait encore des gens pour résister au cadeau du Grand-Père. Passant devant un puits derrière lequel un homme était en train de déféquer, notre bon Reinhard découvrit une grande maison aussi sale et mal construite que les autres, qu’il aurait confondu avec un squat à ouvriers et dockers, si seulement il ne reconnu pas sur la façade un signe immonde : Une jolie petite colombe de pierre sale et lézardée. Reinhard ne savait pas lire, aussi il ne comprit pas ce que signifiaient les jolies lettrines gravées sur la façade, mais le piaf lui indiquait très clairement que Shallya avait décidé d’installer ses fesses ici. Shallya et Nurgle, les deux ne pouvaient jamais se quitter, quand bien même la première haïssait le second.
Sur le muret à côté de la maison, Reinhard fut étonné de voir gravé dans la pierre un alphabet. Toutes les lettres avaient été reproduites, en majuscule et en minuscule. Le mage devait bien se douter qu’on utilisait ce muret pour y apprendre à lire, mais lui-même n’avait jamais eu vraiment la chance de faire sens de tous ces mélanges savants de cursive qui parvenaient, magiquement, à donner des phrases et des expressions. Il entendit quelques rires d’enfants. De l’autre côté de la maison, dans une cour fermée à son regard, bien qu’il n’aurait peut-être pas besoin de beaucoup d’adresser pour bondir au-dessus de la clôture.
Il avait atterrit devant un hospice. Un lieu de refuge où les sans-abris qui n’avaient pas d’endroit où dormir pouvaient trouver un lit d’urgence, où les pèlerins pouvaient s’arrêter, et où les femmes désespérées pouvaient abandonner leurs enfants.
Sur ce dernier point, Reinhard nota d’ailleurs que se trouvait un cylindre en métal fermé. C’était un de ces endroits où une jeune fille ayant mit au monde un bébé dont elle ne pouvait pas pouvait anonymement le déposer au chaud et s’enfuir, évitant ainsi d’avoir recours à un infanticide qui lui vaudrait d’être exécutée par les agents de la loi. Dommage pour Reinhard, cette boîte était vide : l’ouvrir et s’échapper avec un bébé dodu dans ses bras aurait pourtant été tellement facile !
Habitué des hospices où il avait souvent passé plusieurs nuits, Reinhard devait bien se douter de ce qu’il trouverait à l’intérieur après avoir ouvert la porte. Une secrétaire à l’entrée plutôt désagréable, beaucoup de malades qu’on réparti de force dans des chambres à plusieurs, en général non-mixtes, et des prêtresses de Shallya qui étaient fort douces mais qui pouvaient appeler leurs collègues masculins, souvent des prêtres itinérants de passage, pour renvoyer les individus trop bruyants ou dangereux. Reinhard nota aussi que derrière lui se trouvait une sale auberge très moche, devant laquelle un type faisait la manche.
À lui maintenant de voir comment obtenir un beau sacrifice pour Papy. Et surtout comment partir avec.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
La dame de l'accueil ne me regarde même pas. Quelques épaves de sexe indéfini rôdent aux alentours, ou sont recroquevillés sur des fauteuils ou au sol. Il y a un veinard qui a la chance de mourir sur un brancard. Des chariots plein de bandages souillés et d'objets coupants traînent ci et là. Une femme en vêtements religieux passe brièvement par un couloir, en enjambant une flaque d'urine sans même la regarder. Le lieu sent fort les produits chimiques et la crasse, comme pour témoigner des deux tendances qui y règnent. La chaleur de Grand Père, et les jérémiades de Shallya.
Je m'avance vers le comptoir de l'accueil, en faisant attention à ne pas toucher les colombes sculptées dessus en bas relief. J'essaye de me rappeler ce que ça fait d'avoir le typhus et de ne pas en vouloir. Mes souvenirs sont flous. C'était affreux, ça j'en suis sûr. J'ai brûlé de fièvre et j'ai eu des diarrhées sanglantes pendant plusieurs jours, et puis tout est petit à petit mort en moi jusqu'à ce que Grand Père vienne me chercher. Maintenant je me demande si je peux chier du sang sur commande. Ça serait pas improbable. Entre l'alimentation, les mauvaises fréquentation et les crises psychotique qui me rende atteint de pica, j'ai traversé des mauvaises passes à ce niveau là. Ça ferait son petit effet à la dame de l'accueil. Néanmoins on peut tenter sans. A mon souvenir les gens ne se précipitent pas pour enlever mon pantalon quand je suis à l'hospice.
Je prends mon air le plus clochard malade (je n'ai pas trop à forcer pour rentrer dans le rôle c'est sûr). Il faut avoir l'air épuisé et confus (pas dur). Je me tiens le ventre :
« M'dame, je chie du sang. Au secours. »
Je m'avance vers le comptoir de l'accueil, en faisant attention à ne pas toucher les colombes sculptées dessus en bas relief. J'essaye de me rappeler ce que ça fait d'avoir le typhus et de ne pas en vouloir. Mes souvenirs sont flous. C'était affreux, ça j'en suis sûr. J'ai brûlé de fièvre et j'ai eu des diarrhées sanglantes pendant plusieurs jours, et puis tout est petit à petit mort en moi jusqu'à ce que Grand Père vienne me chercher. Maintenant je me demande si je peux chier du sang sur commande. Ça serait pas improbable. Entre l'alimentation, les mauvaises fréquentation et les crises psychotique qui me rende atteint de pica, j'ai traversé des mauvaises passes à ce niveau là. Ça ferait son petit effet à la dame de l'accueil. Néanmoins on peut tenter sans. A mon souvenir les gens ne se précipitent pas pour enlever mon pantalon quand je suis à l'hospice.
Je prends mon air le plus clochard malade (je n'ai pas trop à forcer pour rentrer dans le rôle c'est sûr). Il faut avoir l'air épuisé et confus (pas dur). Je me tiens le ventre :
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
« Mon pauvre garçon ! Vous n’avez pas l’air bien… Je vais vous aider, suivez-moi, pitié, ne vous débattez pas. »
Elle ne prit même pas la peine d’inscrire son identité, ou de lui poser des questions gênantes qui auraient forcé le mage illégal à inventer des mensonges ou à trouver des alibis quelconques. Non. Elle se dépêchait de le faire entrer plus loin dans l’hospice, dépassant ainsi un prêtre homme en jolie tenue qui était en train de boire une tisane assis dans un coin, et dont la stature et la corpulence auraient probablement suffits à forcer Reinhard à débarrasser le plancher aussitôt.
L’hospice, une fois passé l’accueil, était constitué de plusieurs petites pièces fermées par une unique porte. La plupart étaient ouvertes, et vides ; il y avait dans chacune de ces pièces quatre paillasses très propres, un pot-de-chambre sous chacune d’entre elles, et toujours, des saletés de bocaux remplis de pots-pourris et d’encens censés masquer la puanteur, et, sur un mur, une effigie religieuse en bois représentant un cœur dégoulinant d’une goutte, qui pouvait être du sang ou une larme. Le genre d’endroits où on enferme les mendiants à clé, et où on n’ouvre que lorsque l’un d’eux fait une crise qui le conduit à hurler ou à menacer ses compagnons de chambrée.
Tout au bout de cette rangée de quelques pièces se trouvait une autre, beaucoup plus grande, bien que « grand » n’était pas le mot le plus équivoque. C’était une cantine, un réfectoire où des bancs étroits étaient installés autour de tables minuscules et abîmées, même si elles avaient été soigneusement poncées pour éviter qu’on ne trouve des échardes. Probablement des meubles de récupération, ou des dons de guildes n’en ayant plus besoin. Il y avait plus loin une « cuisine », en réalité juste un gros foyer sur lequel on pouvait poser des marmites pour préparer une solide soupe qui va bien avec le pain rassis. Derrière la salle à manger se trouvait un jardin de terre battues et de jolies marguerites, où trois enfants étaient en train de jouer à taper dans un ballon. Reinhard ne les aperçus pas très longtemps, car on le forçait dans l’une des pièces.
« Ici n’est pas un temple, mais je vais quand même voir ce qu’on peut faire pour vous… Je suis sœur Anaïs, comment vous appelez-vous ? »
Elle installa le cultiste sur un lit propre et bien bordé, puis se leva en lui offrant un sourire bienveillant.
« Dites-moi tout, de quoi souffrez-vous ? Depuis combien de temps ? Vous avez de la famille, ou vous dormez dehors ? Il faudrait que je fasse venir quelqu’un pour vous amener à l’hôpital, mais si vous êtes trop faible pour marcher je peux peut-être appeler directement un prêtre pour vous aider... »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
N'ayant pas envie que mon nom soit associé à un voleur d'enfant, je réponds :
« Bernhard Fromm. »
Je m'assois sur le lit en prenant mon air le plus misérable. La pièce est délicieusement chauffé, et le matelas semble moelleux. Il y a quelques années j'aurais pu tuer dans certaines circonstances pour avoir accès à un luxe pareil.
Mais à peine installé la dame me parle d'hôpital. Comment ça hôpital ?! Oh putain j'y suis allé trop fort. Je vais avoir un mal de chien à récupérer un enfant à l'hôpital. J'en ai entendu ici, juste à coté ! Merde merde merde. Faut rattraper le coup. Je dois avoir l'air moins malade, ou d'une autre sorte de maladie. Ça tombe bien, j'ai dans ma besace la carte « gros cinglé ». D'une part, j'ai eu l'occasion au cours de ma vie de voir un paquet de gens trop abîmés pour s'occuper d'eux mêmes. D'autres part les vents magiques me soufflent sur le cerveau depuis ma naissance. Je ne me vois pas de l'extérieur, mais à la longue j'ai une petite idée du type de discours qui affole mes interlocuteurs.
Je me mets à me balancer d'avant en arrière sans regarder la dame dans les yeux (très important d'être dérangeant coté contact visuel), et je dis :
« Pas le prêtre m'dame s'il vous plaît, s'il vous plaît. Il va me voler mes organes. Le prêtre de mon village il m'a déjà volé les organes par le cul, j'arrête pas de les perdre. Ils s'écoulent hors de moi madame. Les laissez pas me trifouiller le cul. »
Il ne faut pas hésiter à se baver un peu sur la barbe ou à faire des trucs bizarres avec ses mains. J'ai jamais vu une bonne femme continuer à me parler normalement après que je me sois craché des glaires dessus.
Maintenant c'est le grand final. Je me tiens le ventre en me recroquevillant sur moi même comme un petit animal en train de mourir, et j'implore :
« M'dame je veux juste dormir. Dehors on me laisse pas faire, et j'arrête pas de chier mes organes, mais ça va aller mieux si je dors. Je veux juste dormir s'il vous plaît, je veux pas mourir en me vidant. Ça fait trois jours qu'ils me laisse pas rentrer parce que j'ai pas le fric. S'il vous plaît s'il vous plaît. »
« Bernhard Fromm. »
Je m'assois sur le lit en prenant mon air le plus misérable. La pièce est délicieusement chauffé, et le matelas semble moelleux. Il y a quelques années j'aurais pu tuer dans certaines circonstances pour avoir accès à un luxe pareil.
Mais à peine installé la dame me parle d'hôpital. Comment ça hôpital ?! Oh putain j'y suis allé trop fort. Je vais avoir un mal de chien à récupérer un enfant à l'hôpital. J'en ai entendu ici, juste à coté ! Merde merde merde. Faut rattraper le coup. Je dois avoir l'air moins malade, ou d'une autre sorte de maladie. Ça tombe bien, j'ai dans ma besace la carte « gros cinglé ». D'une part, j'ai eu l'occasion au cours de ma vie de voir un paquet de gens trop abîmés pour s'occuper d'eux mêmes. D'autres part les vents magiques me soufflent sur le cerveau depuis ma naissance. Je ne me vois pas de l'extérieur, mais à la longue j'ai une petite idée du type de discours qui affole mes interlocuteurs.
Je me mets à me balancer d'avant en arrière sans regarder la dame dans les yeux (très important d'être dérangeant coté contact visuel), et je dis :
« Pas le prêtre m'dame s'il vous plaît, s'il vous plaît. Il va me voler mes organes. Le prêtre de mon village il m'a déjà volé les organes par le cul, j'arrête pas de les perdre. Ils s'écoulent hors de moi madame. Les laissez pas me trifouiller le cul. »
Il ne faut pas hésiter à se baver un peu sur la barbe ou à faire des trucs bizarres avec ses mains. J'ai jamais vu une bonne femme continuer à me parler normalement après que je me sois craché des glaires dessus.
Maintenant c'est le grand final. Je me tiens le ventre en me recroquevillant sur moi même comme un petit animal en train de mourir, et j'implore :
« M'dame je veux juste dormir. Dehors on me laisse pas faire, et j'arrête pas de chier mes organes, mais ça va aller mieux si je dors. Je veux juste dormir s'il vous plaît, je veux pas mourir en me vidant. Ça fait trois jours qu'ils me laisse pas rentrer parce que j'ai pas le fric. S'il vous plaît s'il vous plaît. »
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
« Du calme Bernhard, ça va aller, tes organes… Tes organes ne vont pas descendre. Tu es en sécurité ici, nous allons te nourrir et te donner à manger. »
Il était bien sûr très probable que si Reinhard s’éternisait trop dans cet hospice, il serait embarqué pour être cloîtré dans un temple de Shallya, comme de nombreux fous qu’on droguait à la mandragore pour faire taire les magnifiques chuchotements dans leurs têtes. Mais en attendant, sœur Anaïs ne semblait pas être pressée d’appeler à l’aide des messieurs avec des gros bras pour embarquer le Nurglite. Elle se contenta de le rassurer d’un sourire gentil, même si elle n’osait ni le toucher ni trop s’approcher de lui. Elle ne semblait pas être une prêtresse élevée dans la hiérarchie de l’ordre ; probablement une simple novice peu débrouillarde.
« Essaye de te calmer, et de ne pas trop attirer l’attention sur toi. Il y a beaucoup de gens qui viennent ici pour dormir le soir ! Nous ne sommes que l’après-midi, et il y a déjà quelques personnes sans refuge qui sont arrivées pour avoir un lit et une soupe chaude. Tu as faim ? Tu désires que j’aille te préparer quelque chose à manger ? »
À l’étroit dans cette pièce rendue pestilentielle par l’encens et les huiles essentielles dont on badigeonnait cette pièce, le pauvre Reinhard ne sentait plus la confortable puanteur répugnante à laquelle il était habitué.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
Je réponds :
« O-oui m'dame, je reste calme je reste calme. Je veux bien à manger. »
Je continue à me balancer d'avant en arrière pour assurer de ma condition de gros cinglé, mais la petite pointe de panique dans ma voix, elle, n'est pas simulée. Je n'ai aucune envie d'être enfermé quelque part. Collège de sorcellerie, asile d'aliénés, même combat.
La dame de l'accueil sort et me laisse tranquille.
Je glisse hors du lit. Mes pieds nus ne font pas beaucoup de bruit sur le carrelage. L'odeur répugnante des encens me donne presque les larmes aux yeux. Il y a des bocaux de pot-pourri plein de machins religieux sur le rebord de la fenêtre (fenêtre qu'on ne peut bien sûr pas ouvrir, je le sais déjà). C'est comme ça qu'on sait qu'on est en terrain ennemi.
La marque de Grand Père autour de mon nombril me brûle. D'habitude elle brûle aussi, mais de la douleur lancinante et chaude de l'infection. Là j'ai l'impression qu'on m'enfonce quelque chose d'extrêmement froid. Je me touche le ventre en passant sous mes vêtements. Il n'y a rien, que des croûtes et du pus. C'est leur saloperie d'encens, c'est là pour me faire craquer. Je les emmerde. J'aurais mon enfant malade, que Shallya le veuille où non. Si c'est non je l'encule.
Je me faufile hors de la chambre. Les couloirs d'un hospice, ce n'est pas la vision la plus réjouissante qu'on puisse avoir dans sa vie. J'avance doucement entre des portes qui ont des verrous à l'extérieur. Je ne sais pas ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. J'ai toujours vu des types bizarres rôder dans les couloirs des hospices, mais leur géographie exacte n'est connue que des religieux qui y travaillent.
Je décide d'aller à l'étage. Les enfants qui jouent dans la cour me rendent méfiant. Ils vont être trop vigoureux. Ce qu'il me faudrait, c'est un nourrisson en train de nous quitter lentement, ou un petit comateux. En plus je n'aimerais pas faire un sacrifice avec un être qui peut me parler et me regarder. Je ne me fais pas une fête de tuer un petit enfant (en plus il risque de se débattre vraiment fort et de me faire mal).
Bon le problème c'est que je ne fais pas parti des humains qui accouchent. Ça serait beaucoup plus simple de circuler dans la partie enfant/obstétrique si j'avais un utérus. Pour ce que j'en ai vu au cours de ma vie, assurer un avenir à un gosse (que ce soit un infanticide où l'amener jusqu'à l'âge de se marier), c'est plutôt le boulot de celui qui l'a dans le bide pendant 9 mois. Les autres ont l'option de prendre le large. C'est d'autant plus vrai avec la grande pauvreté. On a quelques petits couples mignons, mais je pense que je ne vais pas pouvoir passer pour un jeune père enthousiaste en kidnappant un petit mourant. Les gens vont avoir du mal à y croire.
Donc je me suis dit que l'étage, c'était un bon endroit pour mettre des dames drogués et aliénées en suite de couches, pas trop près des monsieur drogués et aliénés.
« O-oui m'dame, je reste calme je reste calme. Je veux bien à manger. »
Je continue à me balancer d'avant en arrière pour assurer de ma condition de gros cinglé, mais la petite pointe de panique dans ma voix, elle, n'est pas simulée. Je n'ai aucune envie d'être enfermé quelque part. Collège de sorcellerie, asile d'aliénés, même combat.
La dame de l'accueil sort et me laisse tranquille.
Je glisse hors du lit. Mes pieds nus ne font pas beaucoup de bruit sur le carrelage. L'odeur répugnante des encens me donne presque les larmes aux yeux. Il y a des bocaux de pot-pourri plein de machins religieux sur le rebord de la fenêtre (fenêtre qu'on ne peut bien sûr pas ouvrir, je le sais déjà). C'est comme ça qu'on sait qu'on est en terrain ennemi.
La marque de Grand Père autour de mon nombril me brûle. D'habitude elle brûle aussi, mais de la douleur lancinante et chaude de l'infection. Là j'ai l'impression qu'on m'enfonce quelque chose d'extrêmement froid. Je me touche le ventre en passant sous mes vêtements. Il n'y a rien, que des croûtes et du pus. C'est leur saloperie d'encens, c'est là pour me faire craquer. Je les emmerde. J'aurais mon enfant malade, que Shallya le veuille où non. Si c'est non je l'encule.
Je me faufile hors de la chambre. Les couloirs d'un hospice, ce n'est pas la vision la plus réjouissante qu'on puisse avoir dans sa vie. J'avance doucement entre des portes qui ont des verrous à l'extérieur. Je ne sais pas ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. J'ai toujours vu des types bizarres rôder dans les couloirs des hospices, mais leur géographie exacte n'est connue que des religieux qui y travaillent.
Je décide d'aller à l'étage. Les enfants qui jouent dans la cour me rendent méfiant. Ils vont être trop vigoureux. Ce qu'il me faudrait, c'est un nourrisson en train de nous quitter lentement, ou un petit comateux. En plus je n'aimerais pas faire un sacrifice avec un être qui peut me parler et me regarder. Je ne me fais pas une fête de tuer un petit enfant (en plus il risque de se débattre vraiment fort et de me faire mal).
Bon le problème c'est que je ne fais pas parti des humains qui accouchent. Ça serait beaucoup plus simple de circuler dans la partie enfant/obstétrique si j'avais un utérus. Pour ce que j'en ai vu au cours de ma vie, assurer un avenir à un gosse (que ce soit un infanticide où l'amener jusqu'à l'âge de se marier), c'est plutôt le boulot de celui qui l'a dans le bide pendant 9 mois. Les autres ont l'option de prendre le large. C'est d'autant plus vrai avec la grande pauvreté. On a quelques petits couples mignons, mais je pense que je ne vais pas pouvoir passer pour un jeune père enthousiaste en kidnappant un petit mourant. Les gens vont avoir du mal à y croire.
Donc je me suis dit que l'étage, c'était un bon endroit pour mettre des dames drogués et aliénées en suite de couches, pas trop près des monsieur drogués et aliénés.
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Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140
Mutations/marques :
Grimoire :
Compétences :
Équipement de combat :
Équipement divers :
Divers divers :
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Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
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Mutations/marques :
- [MJ] Le Grand Duc
- Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP

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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
Il arriva au bout du couloir. Dans la cuisine, la petite grosse était penchée devant le foyer en pierre pour frapper avec son briquet d’amadou, perchée au-dessus de quelques bûches mélangées avec du petit bois. Préparer la soupe allait lui demander un petit moment, peut-être assez pour parvenir à subtiliser un enfant ?
Il se dirigea à sa gauche et grimpa doucement sur les marches grinçantes du vieil escalier du petit hospice. Légèrement voûté, il parvint à grimper jusqu’à l’étage, en contrôlant sa respiration et en tentant de se fier à ses sens, quand bien même ils étaient parasités par la pollution des encens et par la piété consacrée du lieu ; Comme Anaïs l’avait dit, l’endroit n’était pas un temple, et c’était probablement très heureux, Reinhard aillant saigné du nez et failli subir une crise d’apoplexie lorsqu’il était passé devant un sanctuaire de Shallya sur l’Halbinsel.
L’étage ne ressemblait pas au rez-de-chaussée. C’était une très très grande pièce unique, avec de jolies fenêtres qui étaient toutes fermées par un petit loquet à clé. L’agencement de la salle était arrangé grâce à de grands rideaux en toile verte, tous tirés. Il entendait quelques bruits, et des chuchotements. Un instant, l’un de ces rideaux fut tiré, alors Reinhard eut le réflexe de se cacher et de ne se montrer à nouveau que lorsqu’il entendit des bruits de pas s’éloigner.
L’intuition de Reinhard avait été correcte : C’était ici qu’on mettait les patients plus « sensibles », ceux qu’on ne pouvait pas enfermer à clé par quatre la nuit avec les risques de bagarres et de crises névrotiques de certains mendiants, ceux que les pieuses sœurs de Shallya ne pouvaient calmer qu’en demandant à leurs coreligionnaires masculins de leur prêter main-forte ; Une « tranquillisation » fort virile qui consistait à se ruer sur eux pour les maîtriser solidement.
Reinhard ferma les yeux. C’était tellement dur de se concentrer avec les parfums et les huiles qu’on faisait brûler et qui étaient omniprésentes dans le bâtiment à colombages. Tellement difficile d’en appeler au cadeau de Grand-Père, surtout avec ces satanés fenêtres fermées à clé pour empêcher les patients de s’enfuir. Le cadeau de Nurgle infestait ce quartier, et pourtant, il semblait incapable de pénétrer à l’intérieur de ces murs.
Le rideau dévoila un lit. Une jeune fille était allongée sur une paillasse, une couverture remontée jusqu’à son torse. Elle devait pas avoir plus de seize ans, à moins que ce ne soit sa minceur anorexique et ses yeux bruns entourés de cernes qui la faisaient paraître plus jeune. Elle était blonde, mais sa chevelure était en pagaille et semblait partir petit à petit. Elle avait la bouche bée, un petit sursaut l’ayant tout juste prit en voyant apparaître soudainement Faul. Mais c’était pas elle qui était intéressante, ce qui était intéressant, c’était le petit objet qu’elle tenait entre ses bras tous fins contre elle.
Un enfant. Un petit machin potelé, aux joues grasses et avec très peu de poils sur le caillou. Une petite chose aux yeux fermées, dont le nez ressemblant à un groin de cochon était dégoulinant de morve. Et il toussait, il n’arrêtait pas de tousser depuis tout à l’heure, avec ses petits bruits pulmonaires de nouveau-né : il ne devait pas avoir plus de quelques semaines. Ce qui était le plus inquiétant – ou le plus magnifique – était que sa peau, loin d’avoir adopté le beige pâle de sa mère semblait avoir obtenu une teinte bleutée. Il continuait, continuellement, de tousser des excrétions qui l’étouffaient au fond de son gosier.
La maman attrapa plus fortement son enfant et le colla à elle. Elle leva son regard vers Reinhard, épouvantée, et avec une petite voix tremblante, elle lui dit simplement :
« Qui… Qui êtes vous ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.
- Reinhard Faul
- Monster Vieux Monde 2021

- Messages : 295
- Profil : FOR / END / HAB / CHAR / INT / INI / ATT / PAR / TIR / NA / PV (bonus inclus)
Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
La gamine est trop maigre pour avoir été enceinte récemment. Pourtant, une créature gît au creux de son bras. Petit être squelettique et cyanosé. Il ne vivra pas très longtemps. Les dégâts sont déjà trop important. Il fait déjà beaucoup d'efforts pour respirer, on le voit pousser avec tous les muscles de son thorax. Ça fait un bruit d'enfer. Une symphonie pour Grand Père. Je cligne bêtement des yeux, un peu abruti par l'encens. La très jeune maman me fixe d'un air affolé. Je lui souris et lui dit :
« Bonjour. »
Je tire le rideau derrière moi pour nous faire un peu d'intimité. J'aimerais qu'elle ne hurle pas.
« Je ne vous veux pas de mal. Je m'ennuie, c'est tout. J'aime bien les enfants. Il est meugnon tout plein ce bébé. Il a de tout petits peutons. »
Et c'est sincère. Moi, je le trouve très beau. Si plein... de vie. Pas la sienne, évidemment. La sienne est en train de filer un peu plus à chaque fois qu'il force sur ses muscles pour prendre un filet d'air. Un si jeune cœur ne peut pas continuer de battre après un épuisement pareil. J'espère qu'il va tenir le coup jusqu'à ce que je le ramène chez Mémé.
Je n'ai pas une grosse expérience en obstétrique – si je suis à proximité d'une femme en plein travail, c'est que c'est vraiment en train de mal se passer -, mais elle doit bien dormir à un moment non ? Surtout si maigre. La petit chose en train de suffoquer a dû la dévorer de l'intérieur. Les os, les dents, les muscles. Grand Père en a plein sa musette pour un duo pareil.
« Ça va sinon ? »
« Bonjour. »
Je tire le rideau derrière moi pour nous faire un peu d'intimité. J'aimerais qu'elle ne hurle pas.
« Je ne vous veux pas de mal. Je m'ennuie, c'est tout. J'aime bien les enfants. Il est meugnon tout plein ce bébé. Il a de tout petits peutons. »
Et c'est sincère. Moi, je le trouve très beau. Si plein... de vie. Pas la sienne, évidemment. La sienne est en train de filer un peu plus à chaque fois qu'il force sur ses muscles pour prendre un filet d'air. Un si jeune cœur ne peut pas continuer de battre après un épuisement pareil. J'espère qu'il va tenir le coup jusqu'à ce que je le ramène chez Mémé.
Je n'ai pas une grosse expérience en obstétrique – si je suis à proximité d'une femme en plein travail, c'est que c'est vraiment en train de mal se passer -, mais elle doit bien dormir à un moment non ? Surtout si maigre. La petit chose en train de suffoquer a dû la dévorer de l'intérieur. Les os, les dents, les muscles. Grand Père en a plein sa musette pour un duo pareil.
« Ça va sinon ? »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine
La mère cria, avec au moins autant de peur que de colère, à en croire sa voix cassante.
« N’approchez pas ! » répéta-t-elle, en se dépatouillant pour tenter de coller le bébé contre son sein tout en évitant qu’il ne s’étouffe, ses pupilles entourées de cernes alternant entre un regard vers le clochard qui était entré par effraction, et sa progéniture. « Qui êtes-vous ?! » répéta-t-elle avec beaucoup moins de patience. « N’approchez pas, n’approchez pas ou j’appelle la prêt…
Sœur Natalaïs ! » commença-t-elle déjà à prévenir par anticipation, d’une voix un peu plus forte, mais heureusement encore affaiblie.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

