[Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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[MJ] Bugman
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[Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Message par [MJ] Bugman »

*En prenant Edmund avec lui, Helmut planta sur place sœur Faragonda qui n’eut pas le réflexe de protester devant ce manque flagrant d’obéissance. Mais l’obéissance ne lui était pas due justement, le guet n’aidant les prêtresses de Shallya que par respect et selon leur bon vouloir. Et à trop tirer sur l’un, sœur Faragonda avait visiblement épuisé l’autre. Elle se retrouva donc seule, avec les deux gardes restants qui ne savaient plus sur quel pied danser, sous le regard interloqué des malades. Helmut n’eut pas le moindre regard en arrière, marchant d’un bon pas vers son point de départ pour y retrouver sœur Clementia.

*La scène avait peut changé même si il y avait moins de corps, tant morts que vifs, qui s’agitaient ça et là. Étrangement toutefois, l’odeur de suie et de fumée était plus marquée qu’avant son départ et il pouvait déceler une autre odeur dans l’air, plus marquée que celles des effets brûlés, une odeur que le garde avait déjà senti dans les ruines, celle de la chair calcinée. Et il était sûr de pouvoir suivre son nez et d’affirmer que ça brûlait sec et bien trop pour venir d’une simple pièce à rôtir. Mais cela ne l’empêcha pas d’aller faire son rapport à la vieille dame qui dirigeait toujours d’une main de fer ce royaume d’oreilles rougies.

-« Je crains que ce ne soit moi sœur Clementia, mon petit. Hum, les morriens ne sont pas encore arrivés alors il nous reste un peu de temps. Le petit Georgio va nous prêter main forte, n’est-ce pas ? »

L’intéressé hocha rapidement de la tête, portant inconsciemment sa main à l’oreille avant de donner des ordres en ce sens. Si sœur Faragonda avait eu du mal à se faire obéir d’Helmut et de ses hommes, la quinquagénaire ne voyait visiblement aucune difficulté dans le commandement du guet. Sœur Adela, une jeune femme encore essoufflée de sa course, finit par les rejoindre en portant une définitivement fort lourde trousse de cuir noir qui arrivait par Sigmar savait quel miracle à cliqueter plus fort qu’un ingénieur venant de vendre un nouveau prototype de canon.

-« Vous avez pris votre temps ma sœur, nous n’avons pas toute la journée non plus, et si le corbeau a été retardé, vous savez pourtant qu’ils sont plus inéluctables que les sermons de la révérende mère, alors activez-vous jeune fille. »

À vrai dire, la petite vague de reproches ne fit rien pour faire accélérer sœur Adela qui peinait à la charge et ce n’est que lorsqu’un des hommes de Georgio prit sur lui et la sacoche que la shalléenne put enfin marcher d’un bon pas. Helmut et Edmund étaient déjà passés au second plan pour la petite équipée et étaient effectivement libres de faire ce que bon leur semblait, c’est à dire aller se saouler si l’on en croyait l’acrimonieuse sœur Faragonda, encore dans les quartiers...
*Jet de réaction de sœur Faragonda : 15, elle est tellement abasourdie par le fait que tu la laisses sur place avec les malades qu’elle n’a pas le temps de protester. Fallait être plus polie ma sœur x)

Jet d’intelligence : 9 comme quoi ça sert d’y mettre des points ^^ Pour fêter ça, un autre jet de perception à -4 : 2 Joli, très joli.

Tu peux librement choisir de rester ou de repartir avec le groupe ou de faire quelque chose d’autre si tu le souhaites. Edmund restera avec toi sauf si tu lui donnes l’ordre contraire. Si tu as des questions, n’hésite pas ^^

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Helmut Markus Heldenhame
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Re: [Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Message par Helmut Markus Heldenhame »

Malgré l’idée tentante d’oublier le carnage par le biais d’une ou plusieurs chopes dans l’établissement plus ou moins bien famé le plus proche, Helmut se sentait un peu coupable d’avoir abandonné Sœur Faragonda, même s’il avouait qu’elle l’avait bien mérité, par ses médisances nombreuses et que tout membre respectable du Guet de Nuln nieraient – par sens de l’honneur, mais pas forcément de la vérité -.

Blâmant en son for intérieur sa droiture naturelle, qui ne lui a pas été d’un grand secours dans sa carrière, Heldenhame fit signe à Edmund de se rapprocher, et se redirigea en soupirant vers les sœurs de Shallya. L’odeur dégagée par les victimes manqua de le convaincre que ce n’était pas une bonne idée, mais sa résolution tint bon.

La recrudescence de l’odeur l’intriguait, cependant. Si l’incendie avait repris, les religieuses avaient d’autant plus besoin de lui. Sinon, qu’est-ce donc ? Un bûcher funéraire ? Si c’est le cas, il y’a fort à parier qu’une épidémie sévit, peut-être non sans lien avec les malheureux rencontrés. Il fallait en avoir le cœur net, et son sens du devoir pourrait bien être remarqué par le sergent Franz-Walter, dont le nom semble valoir quelque chose.

Se présentant donc devant le groupe qui semble commander les opérations de rescousse et de soins, Helmut effectua un rapide salut militaire. Sa tenue peu uniforme était heureusement foncée, ce qui laissait moins facilement distinguer les auréoles que la chaleur presque moins que l’angoisse avaient dessiné sous ses aisselles. Le choix du pantalon, au contraire, se faisait moins judicieux à mesure que la suie et le manque de propreté générale des rues de Nuln lui faisaient perdre le semblant de solennité qui vient d’une tenue immaculée.






- « Ma sœur, Edmund et moi connaissons le chemin vers sœur Faragonda. De ce fait, je pense que nous serions utiles pour guider sœur Adela. Sergent, avez-vous d’autres hommes disponibles comme renfort ? Les malades que nous avons trouvés ne disent rien qui vaille, ils semblaient dissimuler leur peau autant que faire se peut et cela ne semblait pas être une maladie bénigne, même si j’avoue être un ignorant en matière de médecine. Avez-vous des instructions à me transmettre une fois que ces gens seront pris en charge ? »
Helmut Markus Heldenhame, Soldat Impérial
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[MJ] Bugman
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Re: [Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Message par [MJ] Bugman »

-”Vous pouvez nous guider? Fort bien mon grand, mais le petit Georgio ne va pas avoir le temps de nous trouver plus de bras que les trois gaillards derrière lui, les autres sont déjà occupés à surveiller le bâtiment où nous brûlons tout ce qui est potentiellement contaminé et à s’assurer que les morriens s’occupent juste du second bâtiment où nous traitons les mourants et il va même rester là pour s’en occuper personnellement, n’est-ce pas mon petit? En attendant, avançons, le temps nous est compté.”

Et ils marchèrent à nouveau, la tension suivant l’incendie toujours dans l’air, le malaise d’Helmut quant à la reprise de l’incendie se dissipant progressivement à mesure qu’ils s’éloignaient du camp de soin pour rejoindre les rues anciennement malfamées et désormais calcinées. Ici l’odeur n’évoquait plus que la cendre humide et la chair déjà brûlée. Mais contrairement à la première fois où ils s’assuraient de ne pas être menacés, le plus fort équipage et ses deux shalléennes permettaient une avance beaucoup plus franche, aucune bande de mendiants même la plus désespérée ne voulant se risquer à un tel groupe.

Ils retrouvèrent bien vite soeur Faragonda, qui s’était visiblement, et malheureusement, remise de son choc après le départ éclair d’Helmut et d’Edmund. Elle commença même à les sermonner sur le fait que ses ordres n’aient pas été respectés, impliquant une sordide histoire d’enfants bercés trop près d’un mur, et qu’ils soient partis sans même emporter les étranges malades.

-“Du calme ma soeur, n’oubliez pas que ces gentils garçons ne sont pas à nos ordres, même si nous sommes les plus aptes à gérer la situation. Et plutôt que ces déplorables remarques sur la proximité familiale entre le petit Helmut et un âne, si vous nous indiquiez plutôt où sont les fameux contaminés?”

“Ils ont filé à l’estalienne ma soeur, et comme ce brave membre du guet était parti en balade, je n’avais pas de quoi les retenir, c’est à peine si j’ai eu le temps d’apprendre qu’ils étaient tout un petit groupe de malade depuis quelques jours, deux semaines au plus. Enfin, maintenant que vous êtes là avec les renforts, nous allons peut-être pouvoir fouiller ce ramassis de taudis pour pouvoir les retrouver. Si cette comtesse mettait un peu plus d’argent dans la ville et un peu moins dans ses bals, nous n’aurions pas à gérer ce début d’épidémie et…”

Le ton de soeur Clementia se fit plus sec, tranchant avec son caractère jusque là jovial:
“Ma soeur, du calme. Vous avez exprimé vos griefs, mais il est temps de se mettre à l’ouvrage. Nous sommes trois shalléennes mais c’est le petit Helmut qui connaît le mieux ces ruelles, donc nous allons l’écouter pour retrouver ce foyer, n’est-ce pas ma sœur?

N’est-ce pas ma soeur?”


La seconde itération de la question fit finalement fléchir la redoutable Faragonda qui accepta en grommelant, à condition qu’il décide vite de comment organiser les recherches avec les présents.

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Helmut Markus Heldenhame
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Re: [Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Message par Helmut Markus Heldenhame »

Le vétéran du guet se renfrogna imperceptiblement lors du torrent d’insultes proférées par Faragonda, et de manière plus évidente lorsque la disparition des mendiants si suspects fut évoquée. Le choix des mots n’était en effet pas rassurant, compte tenu du fait qu’Helmut n’avait pas franchement meilleure estime d’un estalien logeant au Westen que d’une de ces crapules qui encombrent les Taudis et, de l’avis du soldat, ont bien fait quelque chose pour mériter leur sort.

La pire alternative concernant la bande rencontrée serait des mutants, ou du moins Helmut préfère ne pas penser à pire. Tentant plutôt de rester dans la limite des quartiers encore fréquentables, le nulner n’en avait entendu que des histoires, mais il savait que l’allégeance de gens aussi suspects, marqués par des horribles déformations ou simplement des épidémies répugnantes mais peu étonnantes dans les environs, ne saurait être compatible avec la droiture des défenseurs de la ville et de leurs précieux alliés religieux, tels qu’ici les Sœurs de Shallya.

Le sérieux et le zèle de Sœur Clémentia étaient au moins un réconfort, ainsi que le renfort de trois hommes de la garde de Georgio. Si des mendiants leur voulaient du mal, ils avaient intérêt à être bien armés, et Helmut priait en silence les dieux les plus familiers à sa culture de ne pas compliquer davantage une affaire qui n’était déjà pas simple.

La confiance de la vénérable sœur de Shallya l’honorait évidemment, mais la pression d’être estimé comme un expert de ces lieux si labyrinthiques qu’on pourrait, par confusion des quartiers de la ville, penser se trouver face au Dédale, ne valait pas pour lui l’honneur. Heureusement pour Helmut, ce n’était que les Taudis, certes sales mais encore navigables par des gens représentant ce que les gens comme ceux qu’il cherchait maintenant haïssent probablement le plus, c’est-à-dire l’ordre et la loyauté vis-à-vis de la Comtesse.


-« Eh bien, si je ne m’abuse, nous sommes en tout et pour tout neuf. Je connais mal cette partie-là de la ville, mais notre nez nous guidera bien là où la mémoire se trompe, j’en suis sûr, quand on voit l’état des malheureux que nous recherchons. Que pensez-vous, Madame – il s’adressait en premier lieu à Sœur Clémentia, qui semblait hiérarchiquement la plus importante dans ce petit groupe – d’une séparation en trois groupes égaux ? Ainsi, nous pourrons explorer plus rapidement les environs. Je propose, mais si vous avez une idée plus juste ne vous privez pas, que deux groupes soient menés par des sœurs de Shallya, un par vous et l’autre par Sœur Faragonda donc, et le dernier par moi-même. Le seul bémol serait l’absence de moyen de communication rapide entre les groupes. Je propose donc de revenir au point de départ, ici, à un intervalle de temps régulier, disons une demi-heure. Si un groupe n’est pas présent, nous pourrons ainsi déduire qu’il a soit trouvé quelque chose d’intéressant, soit qu’il est en danger, et tenter de remonter sa trace. Dans tous les cas, la prudence est de mise, même si je suis conscient de votre mission morale de sauvetage des infortunés. Qui sait ce que nous trouverons dans le repère que nous cherchons ? »
Helmut Markus Heldenhame, Soldat Impérial
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Re: [Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Message par [MJ] Bugman »

Malgré les, nombreux et soutenus, grommellements de soeur Faragonda, le contingent fut effectivement scindé en trois petites équipes, préférant couvrir un maximum de terrain le plus vite possible, les malades infectés étant peut être le début d’une épidémie, ou pire comme il le soupçonnait, d’un quelconque culte étrange. Alors ils s’avancèrent, chacun prenant une allée différente accompagné de deux gardes.

Edmund continuait de suivre Helmut, n’ayant visiblement aucunement envie de retrouver l’irascible sœur et craignant manifestement pour le bien être de ses oreilles avec la sœur Clementia. Non, la solution du guet était la plus sûre, la plus connue. Et celle qui contenait le plus d’armes accessoirement, Nuln n’étant pas cité de la poudre pour rien. Karl quant à lui, était plus venu dans ce groupe par hasard que par réelle volonté, Faragonda ayant presque traîné avec elle les deux gardes les plus proches tandis que son aînée se laissait guider sans grand élan d’énergie. En somme, il suivait juste le courant.

Courant qui commençait déjà à se manifester dans le dédale du Taudis. Si sur le Reik les flots guident et réunissent les différents objets abandonnés ensemble, qu’ils soient déchets, cadavres ou paisibles poissons, dans les méandres des quartiers pauvres c’était là l’effet tout inverse. Un flux invisible semblait guider les gens à l’opposé de leurs semblables, évitant comme la peste tout ceux pouvant s’apparenter à une menace, ou pire. Et dans cette étendue de bois et de pierre, la présence de trois gardes armés provoquait le même effet qu’une roche jetée dans le Reik: une onde qui déplaçait les rares démunis encore présents, les poussant à se réfugier toujours plus en profondeur dans le labyrinthe.

Et pourtant. Et pourtant ce calme apparent ne trompait pas Heldenhame, derrière le silence, il entendait le bruissement des pieds nus sur le pavé inégal, la désagréable sensation d’être constamment observé, les bruits sourds des gens qui trébuchaient. Dans les Taudis, se baser uniquement sur sa vue revenait à entrer aveugle dans un coupe-gorge. Alors ils avançaient prudemment, s’assurant de ne courir le moindre risque, mais suivant une piste, une course devant eux, peinant à maintenir le rythme, essoufflée et surtout régulièrement prise de quinte de toux. Pas de doute, au moins l’un des malades était proche, à quelques pas, sans doute réfugié dans l’une des maisons de bric et de broc bordant la ruelle tortueuse.

Et au loin, un cri outré et coléreux. La voix de sœur Faragonda.

Je ne révèle que le jet de ton groupe, 9, c’est acceptable ^^
Post tranquille, la suite le sera moins selon tes choix ^^

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Helmut Markus Heldenhame
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Re: [Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Message par Helmut Markus Heldenhame »

- « Par le sang de Sigmar ! »

Le juron blasphématoire sortit avec une aisance que des membres des clergés impériaux trouveraient assurément scandaleux. Formant une réplique au cri lointain, c’était autant un aveu de consternation vis-à-vis des évènements nombreux des derniers temps qu’une indication de l’inquiétude d’Helmut.

S’assurant d’avoir toutes ses armes à portée de main, le chef d’équipe ne sut d’abord que faire, restant figé pendant quelques secondes, peut-être trop longtemps, le temps en tout cas qu’un dialogue muet puisse s’effectuer dans son esprit. Il s’agissait en effet de garder la tête froide – chose bien difficile au milieu de la fournaise – et de peser le pour et le contre. D’un côté, il y va de l’abandon de sa mission de ne pas donner suite à la poursuite du pestiféré. De l’autre, il ne serait guère plus noble d’abandonner sœur Faragonda. Il serait évidemment puéril de lui reprocher dans cette situation ses mots blessants, mais la nature du cri n’était pas des plus prodigues en information quant à la cause.

La nécessité d’attraper les mendiants n’était pas forcément fondée non plus. Helmut devait porter la responsabilité d’une double erreur : il avait rechigné à amener les malades devant sœur Clementia, peut-être par peur d’une maladie contagieuse et par excès de confiance dans les capacités de gestion de ceux-ci par sœur Faragonda laissée presque seule. Il avait ensuite décrété, inspiré par une idée qui ne tenait peut-être pas de la sagesse, une telle séparation en trois groupes. Il semble donc devoir porter le blâme, au moins en son for intérieur, de cette situation.

Sa raison était parvenue, après un cheminement où les affects et les arguments dialectiques se succédaient à l’influence de sa décision, à un jugement. Si sœur Faragonda méritait un retour de bâton pour son peu de respect envers les agents de la comtesse, la désobéissance d’Helmut ne semblait pas un châtiment disproportionné, et il fallait maintenant, selon l’avis du garde, la considérer sans rancune. Et cette considération, associée à un sens du devoir dont Helmut souhaitait se glorifier jusqu’à ses vieux jours, remporta le débat intérieur.

Faragonda n’était pas seulement la source d’injures. Il s’agissait également d’un autre individu humain. Et plus que cela, d’un individu humain qui adore les dieux, les tient en respect, ne semble pas nuire à la bonne marche de la vie civile à Nuln. C’était même, tout au contraire, quelqu’un qui, selon les standards sigmarites, pouvait tout à fait se qualifier comme vertueux, bien plus en tout cas que les membres du guet. La bonne volonté excusait alors, et ce de beaucoup, le mauvais caractère.

La conscience morale d’Helmut lui dictait alors qu’entre potentiellement sauver une vie vertueuse, et poursuivre un individu qui allait probablement connaître sa perte dans quelques jours, dans un feu ou couvert de bubons, le choix n’était guère l’issue d’un grand et terrible dilemme.

C’est convaincu par ces arguments, et aussi sûr de lui-même qu’il pouvait être, tout en tremblant intérieurement face au danger qui l’attend peut-être au tournant, qu’Helmut, le faciès assez tendu, fit part de sa décision à ceux qu’il avait présentement sous ses ordres, tout en tentant d’adresser un regard qui se veut rassurant à Edmund, probablement le benjamin du petit groupe.


- « Les gars, je pense que vous avez entendu comme moi ce bruit. Ça m’dis rien qui vaille, mais ce serait mal de ne pas assister une prêtresse, qu’est-ce que vous pensez ? Tant pis pour les mendiants, on n’est pas des shalléennes. A moins qu’vous ayez un soudain éclair de génie, suivez-moi. On rebrousse chemin, et ouvrez aussi bien vos yeux qu’vos oreilles. J’ai un mauvais pressentiment. »
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Re: [Helmut Heldenhame] Mépris de la haute, haine de la plèbe

Message par [MJ] Bugman »

Avancer dans un sens, revenir dans l’autre, des atermoiements quant à la direction à suivre pour finalement revenir sur leurs pas du fait des hurlements outragés de la shalléennes mal lunée. Cette décision, dûment motivée par un sens inné du devoir, un instinct moral certain et une volonté inflexible face aux récriminations probablement à venir soeur Faragonda suite à son malencontreux oubli en arrière des groupes de recherche. Toujours est-il que ce pan des quartiers pauvres ne serait pas fouillé dans l’immédiat, quelles qu'en soient les conséquences, la sauvegarde de la religieuse passant devant toute considération matérielle.

Sur le trajet, les bruits de pas s’intensifièrent sur le trajet, tantôt brefs et se rapprochant pour observer discrètement les deux gardes courant vers le cris, tantôt s’en éloignant pour ne pas se trouver mêlés à ce qu’il s’y passait. Plus inquiétant, quelques bruits de course semblaient se déplacer parallèlement à Edmund et Helmut mais impossible d’en repérer les responsables. Malgré les feux qui avaient ravagé l’endroit, les habitants des Taudis restaient sur leur domaine, pour le meilleur comme pour le pire.

Et le pire semblait justement en train de se produire. Là, au détour d’une bâtisse, plus un ensemble de planches branlantes et à demi-effondré à vrai dire, la sœur de Shallya semblait aux prises avec ce qui semblait être des… Puis une vague de lumière blanche balaya la scène, aveuglant les deux gardes qui n’eurent même pas le temps de se protéger les yeux pendant quelques dizaines de battements de cœur. Mais si ils ne pouvaient se fier à leurs yeux, au moins leurs oreilles étaient toujours en état et ce qu’elles pouvaient percevoir était pour le moins étrange. Tout d’abord pendant un bref instant des cris de douleur, rauques et asséchés et un autre, plus nasillard puis un court silence, silence suivi par des propos frôlant systématiquement le juron venant de la parfaitement reconnaissable Faragonda.

Lorsque les deux gardes purent recouvrer l’usage de leur vision, soeur Faragonda était déjà au chevet de ses deux agresseurs, tranchant d’une main ferme et à l’aide d’une dague des bandages qu’elle appliquait par la suite sur des plaies qu’elle désinfectait au préalable à l’aide d’une petite fiole sentant particulièrement fort. Avec un Edmund encore titubant, Helmut s’approcha pour rejoindre la shalléenne visiblement épuisée mais quelque chose ne collait pas. Déjà, les deux mendiants qui l'avaient agressée se laissaient désormais soigner sans résistance, mais surtout avant d’être aveuglé, le garde aurait pu jurer que Faragonda n’était pas assailli par deux personnes mais trois, deux adultes et ce qui ressemblait à un enfant.

Il n’y avait aucune trace de ce dernier.
Désolé du temps de réponse, irl particulièrement complexe à cause du boulot
Mais passons à la partie intéressante:
Beaucoup d’échecs divers et variés mais une réussite de ta part en observation. Tu es sûr qu’il y avait un autre agresseur, tu l’as vu et entendu. Par contre, aucun des deux autres groupes ne vous a visiblement entendu. Petite mention spéciale à Faragonda qui a réussi un très beau critique. Félicitations tu rentres dans la partie où ça peut vite mal tourner ^^

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