Le petit discours de Vladimir semblait avoir eu beaucoup plus d'impact que les mensonges qu'il avait proféré précédemment, au fur et à mesure que les paroles sortaient de sa bouche, le regard de ses interlocuteurs changeait, se faisant moins haineux à son égard. La vieille femme fronça les yeux, creusant les plis de ses joues usé par le poids des âges. Elle s'avança ensuite lentement vers le Vampire, faisant le chemin en sens inverse pour s'arrêter à quelques mètres de lui. Ce qu'elle dit fit jubiler intérieurement le Von Carstein qui entendait là ce qu'il avait rêvé d'entendre malgré la mine à la fois accablée et révoltée qu'il affichait sur son visage d'une pâleur inquiétante.
Le quotidien de ces gens était rude et l'espoir les avait abandonné depuis longtemps en même temps que leurs faibles divinités. Des gens bannis, méprisés et haïs par leurs semblables, forcés de vivre en reclus, les graines de la colère et de la révolte germeraient avec une facilité déconcertante tant les circonstances jouaient en la faveur du Vampire. Le seul obstacle demeurait l'Ovate, cette dernière paraissait extrêmement pacifique et n'approuverait certainement pas les dires de Vladimir. Hanna frappa dans ses mains en appelant les autres habitants du village, qui sortirent quelques secondes plus tard de leurs huttes. Des femmes sortirent de leurs habitations de fortune en compagnie de leurs enfants, vêtus de couvertures et de châles pour cacher la majeure partie de leurs corps.
Malgré cela, les yeux du Nobliau se posèrent sur les protubérances et les tentacules qu'affichaient certains enfants, les femmes affichaient des marques sur leurs visages et leurs traits étaient déformés, les rendant à peine humaine. L'un des enfants observait le Vampire avec des yeux globuleux qui auraient pu effrayer n'importe quel être humain, intérieurement, Vladimir comprenait parfaitement pourquoi les Humains repoussaient ces êtres difformes, des parjures de la vie qui ne méritaient pas de vivre sur cette terre. Affichant un regard compatissant et bienveillant à l'égard des enfants, Kergan sentit avec satisfaction que l'on était entrain de lui délier les mains, une fois ces dernières libres, le Vampire se massa quelque peu les poignets et vit le chef des rodeurs tendre ses affaires à l'Ovate.
Cette dernière lui fit signe de le suivre dans sa hutte et en adressant un dernier regard aux personnes qui se trouvaient à ses côtés, Vladimir emboita le pas à la vieille femme, en tout environs une vingtaine d'hommes, trois femmes et le même nombre d'enfants. C'était là un bon début, il ne savait pas s'il pourrait tous les rallier à sa cause mais le Vampire espérait qu'il y ai d'autres villages aux alentours pour se constituer une troupe conséquente avant de se rendre dans la plaine et soumettre des tribus dolgans.
L'habitat de l'Ovate ne paraissait pas plus confortable que celle des autres habitants, quelques braises brûlaient encore au centre de la hutte et ce à même le sol, l'Ovate alla s'asseoir sur une natte et Vladimir en fit de même face à elle, soutenant fermement le regard de son interlocutrice et croisant ses mains sur sa poitrine, le visage du Fils de la Nuit était dans l'ombre, seuls ses yeux bleus éclairés par la faible lueur des braises étaient visibles.
Avant toute chose, je tiens à vous remercier pour mon cheval, il ne s'en serait pas sorti sans votre intervention et je vous en suis reconnaissant. Tout ces pauvres gens... Depuis combien de temps vivent-ils ici ? Depuis combien de temps sont-ils obligés de vivre comme des parasites pour une différence qu'ils n'ont pas souhaités ? Ces femmes, ces enfants... Ils méritent une meilleure existence que celle qu'ils subissent actuellement. J'éprouve beaucoup de mépris moi aussi, mais pas pour les personnes sur lesquelles vous veillez, mais plutôt pour celles qui les ont contraintes à vivre dans un environnement aussi précaire.
Une pointe de colère perlait dans la voix glaciale du Mort Vivant, une colère simulée qu'il voulait juste et sincère pour l'Ovate. Même si elle ne semblait guère portée sur la violence, elle ne pourrait pas contredire le Vampire sur les termes qu'il avait employé, emplis d'une humanité et d'une bienveillance totalement étrangères au cœur du Noble de Sylvanie. Kergan détailla avec un peu plus d'attention son interlocutrice du regard et s'aperçut que cette dernière ne possédait aucune mutation, elle paraissait épargnée par ce fléau, peut-être était-ce du à sa sensibilité à la magie bien que cela demeurait tout de même surprenant... Aussi se permit-il de poser la question.
Tous les habitants de ce village semble souffrir de ce terrible mal, tous sauf vous... Comment cela se fait-il ? Jetant un coup d'oeil à ses affaires que l'Ovate avait déposée à côté d'elle il lui posa une dernière question.
Me permettriez-vous de récupérer les affaires que vos habitants m'ont subtilisés lorsqu'ils m'ont rencontré ?
Si tu juges cela necessaire de faire un test, fait intervenir ma compétence Charisme niveau 3 ^^