[Éloi] Reproduction

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Voulant mettre fin à ces bêtises, Éloi tira sa jument et s’interposa devant le conflit, en essayant de raisonner tout le monde. Le chevalier à la matraque, qui était le chien fou de la bande, se mit à darder ses yeux directement sur le prêtre, dans une pure expression de haine. Être mis à l’amende par un roturier devait sérieusement titiller son ego, et l’on pouvait voir ses phalanges serrer fort son arme. Heureusement que ses mains étaient gantées, autrement, on aurait pu les voir blanchir…

Bizarrement, l’appel à une damoiselle du Graal ne sembla pas plus rassurer les soldats roturiers. Au contraire d’ailleurs : ils devinrent tous pâles, même ceux qui ne se révoltaient pas. Et là, une chose absolument incongrue se produisit — Éloi parvint à ses fins. Le sergent menant la rébellion leva ses mains en l’air, sauta sur place, et se mit à enchaîner ses paroles à toute vitesse :

« Oulà ! Non non m’sieur, ‘fin, frère, ‘fin, père ! On voulait pô vexer des dam’zelles du Graal ! Non non non ! On va marcher mon père ! On va obéir, mon père ! »

Et là-dessus, voilà qu’il regagna sa monture, en houspillant ses camarades, en frappant même un fort dans le dos. Et voilà qu’il retrouva sa selle, et qu’il commença à reprendre les chemins.
Les damoiselles terrifiaient. Le paysan standard avait une sorte de peur absolument viscérale d’elles. Leur réputation d’ensorceleuses les suivaient. Elles séduisaient les nobles autant qu’elles donnaient envie de fuir aux paysans — surtout ceux qui confectionnaient des poupées pour garder les lits de leurs enfants.

Et voilà que, même si Éloi n’était pas du tout satisfait de son intervention, il se fit féliciter. Le sire Lucain vint à ses côtés, et alors qu’il faisait la moue, le chevalier fit semblant d’être agréable :

« Merci pour votre intervention, mon frère. »

C’était un « merci » très agressif. Ça lui en avait coûté de le sortir. Mais enfin, voilà que la marche reprit de plus belle, comme s’il ne s’était rien passé. Mais Hannes, lui, tordait ses lèvres en jetant un petit regard à Éloi, l’air de signifier, t’as vu ce que je veux dire ?

Jet de charisme : 19, échec auto, aïe aïe aïe
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Frère Éloi
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par Frère Éloi »

La réaction apeurée du sergent me surprend : je ne m'attendais pas à ce que la seule mention des damoiselles du Graal lui fasse reconsidérer le respect des interdits de ses ancêtres. Son appréhension des protectrices de Bretonnie frisant la terreur, il se confond aussitôt en excuses et s'attelle à mobiliser ses comparses pour reprendre la progression. Interloqué, je ne pipe mot, sans rétorquer au remerciement teinté d'acidité de sire Lucain ; une certaine agressivité sous-tend sa remarque, que je décide de ne pas relever, habitué à subir la condescendance des nobles. Ni leur antipathie ni leur détestation ne m'atteignent : je me sais protégé par la Colombe, son clergé, et le Secret du Roy. En revanche, le regard en coin de Hannes, l'air de dire "tu vois, c'est tout comme je te le disais", me laisse pensif : et si son avis sur les damoiselles était plus largement partagé que je ne le pensais ?

Comme la soldatesque de l'avant-garde reforme son rang pour poursuivre sa progression en colonne, j'approche quant à moi du Nemeton jusqu'à pouvoir poser la paume de ma main contre la pierre du monolithe central. Je ne sais pas trop ce que je cherche par ce contact avec la roche ancestrale : ce geste me vient spontanément, comme j'ai toujours aimé le faire auprès de la statue de Sainte Gontheuc, à Orléac. A son contact froid, je ferme les yeux, et j'écoute. Qui sait, peut-être que la mystérieuse aura qui épaissit l'air alentours trouve son origine dans la pierre de l'antique édifice ?

Puis, contournant le monolithe, je retourne prendre place dans la colonne, comme celle-ci quitte le cercle de pierres levées. Non plus cette fois au côté d'Hannes -il m'a devancé à la suite du peloton de tête- mais à proximité des damoiselles du Graal, qui chevauchent à deux de front. Poussant ma jument à pour réintégrer le rang à leur niveau, je me place prudemment du côté d'Isarn, le souvenir de la morsure d'Harathoi -la licorne de Rosaline- encore vivace au bout de mes doigts. J'attends ensuite, patiemment, sans mot dire, car Isarn a l'air absorbée par ses pensées.

Une nouvelle question, un peu étrange, me brûle les lèvres, que je formule dès que son attention se tourne vers moi, faisant mine de penser à haute voix pour excuser en partie mon culot :

« Singulière aura que celle de ce tertre. Au risque de sembler à nouveau maladroit, elle semble assimilée à votre propre pouvoir, à certains égards. Pourtant, votre Grâce, ces Nemeton ne sont-ils pas plus anciens que le culte du Graal sur notre terre ? »

Finalement, j'en viens à la question qui m'intéresse plus intimement, reprenant à dessein le vocabulaire suggéré plus tôt ce matin :

« Si la magie de servantes du Graal peut trouver écho en certains lieux de nature... Peut-il arriver que leurs esprits errent eux aussi ? Autour de lieux... ou d'objets ? »

L'audace de cette dernière interrogation frisant l'irrévérence, je m'attends à m'entendre répliquer vertement, et à devoir passer mon chemin, penaud. A défaut de réponse explicite à ma question, peut-être sa réaction peut-elle me donner des bribes de réponses quant à l'espoir incongru, fou même, qui me passe par l'esprit.
Frère Éloi Voie du Prêtre Mystique
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États temporaires
Une vie de Paix : +1 à tout jet visant à guérir un patient blessé, malade ou empoisonné.
La vie avant tout : doit tenter d'interrompre les affrontements auquel il assiste, à moins que le combat ne soit mené contre des ennemis.

Compétences :
- Maîtrise de l'Aethyr (1)
- Coriace : -1D3 dégâts subis.
- Réflexes éclairs : +1 aux tests d'initiative en situation de surprise.
- Résistance accrue : +1 aux tests d'endurance.
- Sang froid : +1 aux tests de caractéristiques effectués en situation de stress ou tension.
- Volonté de fer : +1 aux tests de volonté.
- Traumatologie : Sait administrer les premiers soins ou favoriser une guérison plus rapide.

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien.
- Langage secret (Classique) : Capable d'écrire et de lire le Classique.
- Législation : Sait manipuler le droit à son avantage.
- Doctrine du Culte (Shallya)

- Cuisine : Se débrouille en cuisine. +1 pour détecter des substances nocives dans la nourriture.
- Empathie
- Affûtage mental
- Incantation - Shallya
- Sens de la magie
Équipement porté sur soi :
8 sous d'argent 8 deniers
- Bâton de marche
- Robe de bure jaunie / Tenue en lin / Ceinture / Sandales
- Grande sacoche contenant couverts, rations diverses
- Livre de prière de Shallya
- Amulette de Shallya
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

La simple curiosité attirerait n’importe qui vers ce nemeton — à condition de ne pas avoir les superstitions qui assaillent la conscience, comme pour les militaires qui repartaient hagards vers la forêt. Si une espèce de petite crainte nouait légèrement l’estomac d’Éloi, sans qu’il sache trop pourquoi (Peut-être que l’inquiétude sur les visages des sergents l’invitait à la prudence, ou peut-être que les balivernes se transmettaient comme un atavisme…), l’envie de découvrir ce lieu la dépassa.

C’était une sorte de cercle. En rond, disposé autour de la pierre centrale, il y avait des blocs de pierre qui n’étaient pas taillés — mais on avait gravé dessus des marques, peut-être des dessins ou des mots, on n’arrivait pas à le déceler tant la nature était passée par là. En revanche, la pierre centrale, elle, avait bien eu des mains humaines pour la travailler — comment autrement du minéral aurait vu ses cornes pousser ? Ça devait être un autel, on imaginait bien un druïde, prêtre antique, parler à ses coreligionnaires ici.
Éloi posa sa main dessus, et frotta ainsi d’anciennes griffures sur le rocher. Il crut alors déceler une image : une sorte d’arbre, peut-être ? Le cerveau d’Éloi se mettait à imaginer que c’était un symbole, comme Shallya aimait bien être représentée par des colombes et des clés. Mais ça semblait bizarrement un peu plus profond que ça, aussi…
En retirant sa main, il vit que ses doigts étaient couverts d’une poussière brillante, comme des paillettes. Le vent les souffla, et alors, la pierre centrale sembla s’illuminer, rien qu’un instant. Des fleurs dorées poussaient au sol, mais après un battement de paupière, elles disparaissaient. Les yeux du prêtre se levèrent vers la canopée des arbres, et il comprit :
Le nemeton n’était pas que la pierre, ni que le cercle autour. Le nemeton, c’était tout ce qu’il y avait autour : c’était les feuillages, les troncs des arbres, les buissons, les baies qui poussaient. Ils étaient comme dans une cathédrale ordonnée par la nature, et de la même manière que l’autel de l’abbaye Sainte-Gontheuc n’était pas la seule chose sacrée, tout ce sous-bois semblait être imprégné de quelque chose de… D’apaisant, et de calme.
En fait, contrairement aux sergents terrifiés, Éloi avait l’instinct d’être ici parfaitement à sa place, comme il avait rarement ressenti dans son existence.

Alors qu’il allait repartir, il croisa une autre personne du groupe qui s’était détaché de la colonne : Maître Battistina Matraini, la prêtresse de Véréna, s’avançait. Quelle étrange personne que cette Tiléenne au titre masculin — elle était toute vêtue de noire, même son fard et le maquillage sur ses lèvres, qui tranchait avec sa peau totalement diaphane. Toujours élégamment vêtue, avec une grande robe qui dévoilait ses épaules et les bijoux sur son cou, on aurait dit qu’elle allait au bal. Pourtant, elle restait souvent dans son coin, ou avec sa chouette. Contrairement aux damoiselles, elle était toujours ouverte à la discussion, et lorsqu’Éloi parlait avec elle, elle était toujours sympathique et prête à donner mille anecdotes qu’elle avait lues dans des livres, comme si elle était un puits de connaissances infini.
S’arrêtant devant le nemeton, elle se mit à sortir un petit calepin et un crayon à fusain. Elle se mit à reproduire tout ce qui l’entourait, peut-être car elle se posait les mêmes questions que son camarade Shalléen.


Remontant sur sa jument, Éloi fit quelque chose de très brave : il décida d’aller déranger les servantes du Graal. Peu de personnes du groupe se permettaient souvent cette impertinence, car c’était risquer gros si on les prenait de mauvaise humeur, et on ne devinait jamais vraiment les humeurs des fidèles de la Dame. Certains érudits donneraient cher pour pouvoir avoir une discussion avec une d’entre elles, car elles semblaient posséder des réponses aux grands mystères de la vie — mais ils regrettaient universellement quand ils obtenaient cette chance.

Gênant le cheval d’Isarn afin de se faire une place, Éloi put voir la grande et noble prophétesse le foudroyer du regard, ce qui l’incita instinctivement à ralentir sa cadence pour passer derrière. Et alors, le menton bien relevé, sans le regarder, Isarn répondit à sa question avec un fort ton de persiflage :

« Eh bien, frère, crois-tu que le Graal ne date que de l’époque de Gilles ? Que la Dame est venue uniquement pour les beaux yeux des chevaliers ? Bientôt, tu me diras que Shallya est plus ancienne que la Dame ! »

Le cœur d’Éloi s’emballa, alors qu’il se préparait déjà à immédiatement s’excuser pour avoir professé telle hérésie. Déjà, il ne savait pas pourquoi, mais il avait l’impression que la robe d’Isarn se hérissait : les plumes attachées sur son vêtement semblaient faire comme le paon qui se préparait à la bataille, ou la parade.
Mais il y avait également quelque chose de taquin dans sa voix, comme si elle ne se moquait que gentiment des propos du jeune prêtre. Est-ce qu’elle était en train de jouer avec lui, ou cherchait-elle à le tester pour trouver l’excuse de le punir ?

« Cet endroit est sacré pour la Dame. Mais avant d’être priée comme elle est priée de nos jours, il y avait d’autres femmes pieuses qui la voyaient autrement. Nos prédécesseures.
Je n’aime pas que nous passions par là. C’est violer une terre sacrée de la Dame, même si on ne trouvera pas ici de chapelles du Graal. Enfin, nous avons une bonne raison, et notre simple passage est moins grave offense qu’une invertie œuvrant aux volontés de Nurgle. »


Même en faisant partie d’une Task-Force contre les forces du mal, ça faisait toujours quelque chose à Éloi d’entendre le nom du vrai Dieu contre lequel il luttait. Il préférait toujours qu’on parle de Papa Pestilent, Seigneur des Mouches, Archi-Ver, le genre de surnoms que les gens du peuple employaient pour désigner ensemble toutes les épidémies, de la varicelle jusqu’à la peste noire.

La deuxième question d’Éloi alla plus loin encore. Pourtant, Isarn ne se retourna toujours pas pour montrer sa réaction : elle restait la tête haute, visage dirigé vers la route, tandis que son interlocuteur était derrière elle. Elle commença par un bref rire moqueur, et jugeant, avant de rétorquer méchamment :

« Être beau garçon ne t’autorise pas à demander ce genre d’inconvenances ! Moi qui croyais qu’être élevé par des femmes vaccinait contre l’irrespect…
Comme je devine ta curiosité insatiable, je te confirme bien que nos âmes sont humaines, quand bien même nous ne sommes pas vouées au Faucheur comme tous les autres le sont. Pense ce que tu veux de cela. »


Là-dessus, Rosaline pencha la tête en arrière, alors qu’elle était aveugle et ne pouvait donc pas vraiment voir celle à qui elle parlait. Elle ajouta quelque chose d’une petite voix douce :

« La Bretonnie est la Dame, mais la Bretonnie va plus loin que simplement le ban du roi Louen Cœur de Lion. Quand je marche ici, je vois derrière mon reflet dans l’Avalon. Tous ceux qui ont bu le Graal y sont voués, comme tu es voué aux Jardins. Et malheureusement, il arrive qu’Avalon soit brumeuse, et que nous la perdions de vue. »

Avalon… L’autre-monde. Là où vivent les damoiselles. C’était un endroit légendaire, qu’on ne situait sur aucunes cartes. Beaucoup de légendes de Bretonnie semblaient parfois avoir une topographie fort étrange. On disait qu’alors qu’il était agonisant, Gilles avait été emporté sur un lac dans une barque dirigée par la Dame : il était alors à l’intérieur des terres de Bretonnie, il ne serait donc théoriquement pas difficile de prendre une péniche pour aller voir où on l’avait donc amené. De même, personne n’avait jamais situé le premier lac où Gilles, Thierry et Landouin avaient pu voir la première apparition de leur Déesse (Le fameux Lacrimora).
Il devait exister un second monde, parallèle à la Bretonnie, invisible à l’œil nu, camouflé pour la Dame du Lac. Ou alors, on utilisait des ensorcellements pour perdre ceux qui pouvaient s’aventurer dans les lieux sacrés.

En parlant de se perdre… Les yeux d’Éloi se mirent à regarder autour de lui. Il lui semblait reconnaître les arbres autour : il était déjà passé devant il y a cinq minutes. Si le nemeton était tout le bois, on dirait qu’il était beaucoup plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur : ce qui n’aurait dû prendre que deux minutes de pas de cheval en prit bien vingt. Quelque chose de surnaturel œuvrait à ralentir les militaires, et pourtant, les damoiselles ne semblaient pas paniquer. Rosaline devait être télépathe, car alors que le prêtre n’avait rien dit, elle décida de le rassurer :

« Nous sommes sur le bon chemin, ne t’en fais pas.
Ce ne sont pas les sergents qui nous guident, ce sont nos chevaux. Caresse ta jument, elle est trop jeune pour comprendre où elle est — mais les montures des yeomen tout devant sont de vieilles carnes du coin, elles connaissent la région par cœur. »

Jet de magie : 2, réussite
Jet de perception visuelle : 18, pas de détails supplémentaires débloqués
Deux jets de charisme : 10 et 16, une réussite et un échec.
Jet d’intelligence : 6, réussite
Jet de perception auditive : 17, échec
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par Frère Éloi »

Silencieux, je médite sur l'explication de Rosaline. Ça avait l'air clair pour elle, mais je me débats maintenant avec davantage de questionnements qu’avant. Si je comprends bien, toutes les Damoiselles du Graal ont la faculté de rejoindre le mystérieux Avalon mentionné par les légendes de Bretonnie. D’après elle, ce monde inaccessible leur serait visible au gré de leurs voyages en Bretonnie. La description qu’en fait la jeune aveugle m’évoque le cours tranquille d’une rivière dont les méandres se déploieraient sous les pas des servantes du Graal, les guidant en chemin, et leur révélant divers secrets en reflet. Cette représentation mentale d’une sorte de miroir éthéré sous nos pieds me donne le tournis, et je recentre mon attention sur notre environnement pour éviter d’avoir le vertige.

Quittant la clairière à la suite du peloton de tête, nous nous retrouvons à nouveau sur un sinueux sentier forestier. Les troncs couverts de mousse défilent sous mon regard absent, et je m’égare en considérations. Je repense aux dires d’Hannes et à la crainte ressentie par les sergents à l’évocation des damoiselles du Graal ; à la méfiance de Sébire de Malicorne à leur endroit ; aux pernicieuses confidences du démon devant la cascade de Brionne, lorsqu’une intuition me tire de mes pensées. Un sentiment de déjà-vu. La fugace impression d’être déjà passé par là. Comme j’observe mieux autour de nous, Rosaline se retourne et me murmure de ne pas prêter attention à mes doutes, de faire confiance à nos montures. Songeur, j’obtempère, caressant lentement l’encolure de Bastille. La répétition de ce geste m’apaise étonnamment rapidement, et je finis par fermer les yeux.

A l’abri de mes paupières closes, je me concentre à nouveau pour tenter de projeter mes sens au-devant de notre route, Pour l’heure, je ne perçois que l’omniprésente aura du Nemeton, dont l’écho emplit le sous-bois tout autour de nous. Conscient que notre ennemi cherche nécessairement à se cacher, je tâche de demeurer concentré, m’efforçant de déceler trace de sa détestable magie.
Modifié en dernier par Frère Éloi le 20 août 2023, 20:12, modifié 1 fois.
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Quelque chose flottait dans l’air — une odeur métallique prenait les narines, surpassant la fragrance de sous-bois, une odeur de sang. Quelque chose de terrible serrait le cœur comme le ventre, alors que les yeux n’offraient encore que ce cadre idyllique mais inquiétant d’un lieu laissé à l’abandon par les hommes, et où la nature possédait tout.

La réflexion de l’aveugle devait être vraie, car au milieu de ce labyrinthe de verdure, les chevaux parvinrent à quitter le Nemeton pour trouver leur objectif initial : au milieu de ces lieux abandonnés par l’humanité, on découvrait, pourtant, un ancien ouvrage bien humain.

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Un donjon de pierre et de terre — un tertre creusé et renforcé, un tumulus comme construisaient les anciens Bretonni, les ancêtres des chevaliers qui possédaient tout ce pays. Fut un temps, ils enterraient leurs guerriers loin des hameaux humains, dans de grandes caves, avec leurs chevaux et leurs biens. C’était l’époque où Mórr n’était pas vénéré par ces barbares sortis des lointaines steppes nordiques, et aujourd’hui, ces vieux sanctuaires étaient entièrement à l’abandon. On trouvait l’entrée de ce tumulus au bout d’un sentier sauvage, couvert d’arbres aux troncs étranges, qui avaient poussé par une force bien peu naturelle. Éloi sentait, sans trop savoir comment l’expliquer, qu’on était ici à la frontière entre deux mondes, celui réel, et celui merveilleux, peu importe comment on l’appelait : le paradis, l’enfer, l’au-delà, ou Avalon.

Au-dessus du tertre, il y avait une fumée noire qui s’élevait au-dessus de la canopée. Personne n’eut besoin de dire ce que ça signifiait : ou bien quelqu’un était à l’intérieur, ou bien il venait de récemment passer ici. Sire Vallorbe s’approcha de sire Vingtiennes, et donna ses ordres d’une voix au volume maîtrisé :

« Prenez vos hommes et faites le tour de la structure, au cas où il y aurait des chemins pour s’échapper — ma propre compagnie va entrer à l’intérieur.
– Bien compris ; sergent, avec moi ! »

Lucain fit quelques signes de la main, et alors, chevaliers et sergents de Parravon s’éloignèrent à droite et à gauche, pour encercler l’endroit.
Pendant ce temps, Vallorbe se retourna et s’exprima par quelques gestes de la main, que tous reconnurent : les cavaliers, Éloi compris, mirent le pied-à-terre, et commencèrent à s’équiper pour une entrée en force.

Le Shalléen était à présent un habitué de ce genre de situations, il n’était plus depuis un moment maintenant le jeune oblat inquiet par la violence des ribauds de Brionne. S’il n’aimait pas la mort, il savait que parfois, pour servir la Colombe, il fallait un peu se salir les mains — de préférence sans faire rencontrer à personne le sombre père de sa Déesse. Éloi se revêtit de son épaisse tenue de protection qui l’avait tant aidée, il défendit ses membres et son abdomen sous d’épaisses couches de tissus gambisonnés et de cuir bouilli, renforcé depuis ses derniers combats. Puis, il déploya son « arme » principale quand il se retrouvait mêlé au reste des combattants :
C’était un immense pavois, qui, lorsqu’il était posé à terre, arrivait à sa bouche. En l’agrippant en main et en le soulevant, il dépassait aisément sa tête, et une simple fente renforcée de verre lui permettait de voir derrière. Ce bouclier métallique était couvert d’éraflures et de traces d’impact, car il avait beaucoup servi, et lorsqu’on se trouvait en face, on pouvait voir comment le métal avait été tout peint en noir, avec une inscription blanche pour ceux qui savaient lire : « GENDARMERIE » — la fleur-de-lys sous le mot servant à identifier celui qui possédait le bouclier comme un homme du roi pour quiconque serait analphabète.
Derrière ce gros bouclier, Éloi ne se sentait jamais en sécurité : un coup chanceux par la fente qui lui servait à voir le monde suffirait à le tuer. Mais lorsqu’il le portait, son but n’était pas d’être protégé lui, son but était de protéger les autres derrière — tant qu’il entrait dans un couloir, toute la colonne qui se collait en file un par un était à couvert, sauvegardé des balles et des traits qui pouvaient aisément voler. Lorsqu’il le devait, Éloi pouvait poser le bouclier, libérer ses mains, et utiliser son bourdon et quelques prières pour soutenir son équipe — ou alors il pouvait charger en avant contre un adversaire, et lui charger dedans avec la force de son poids, remerciant alors les frères de l’ordre du Glaive Brisé pour leurs exercices de culturisme — plus le temps passait, et plus le maigre prêtre se musclait, ce qui commençait à devenir fort utile dans sa nouvelle profession.

Alors qu’il se retournait, Éloi vit que le reste de sa bande l’avait imité. Les chevaliers et les agents du roi s’étaient revêtus de maille et de plate, avec les masques anti-miasmes sur leurs visages. Seuls les deux damoiselles, les Shalléennes, et les agents civils restaient dans leurs tenues habituelles, car ils devraient rester à l’écart pour la suite. Vallorbe offrit quelques consignes laconiques à ses hommes :

« Colonne resserrée, faites gaffe aux pièges — notre ennemie est armée et dangereuse.
En avant. »


Éloi passa tout devant. Il sentit une tape sur l’épaule : Aénor, ouvreuse par excellence. Derrière viendraient Neville, puis Vallorbe, Beuves, Lanfranc, Hannes, Guido pour clôturer et surveiller les arrières, et puis, un passager bizarrement intrus dans cette colonne toute vêtue de noir et d’arbalètes — dame Isarn, en robe, un bras nu, un bâton de magie à la main. La damoiselle avait pris pour habitude de suivre le groupe, même si elle restait toujours une pièce en arrière : non-armée, non-protégée, elle était une cible parfaite, mais ses sortilèges et ses contre-sortilèges étaient une assurance non-négligeable pour les gendarmes, encore plus quand ils affrontaient un adversaire faisant l’utilisation de nombreux maléfices.
Éloi avait customisé l’intérieur de son bouclier : il y avait, accroché avec des lanières, un kit de premiers soins, un papier avec quelques prières rédigées par sœur Clémence d’Orléac (Un pense-bête pour réciter des litanies qui aideraient son groupe), et son bâton de marche, glissé dans une sorte de petit étui pour un accès rapide. Il attrapa la grosse poignée et souleva le pavois, et voilà qu’il s’élança en avant, avec le pas inimitable d’un soldat : plus lent qu’un trot, plus rapide qu’une marche, afin que tout le monde puisse suivre.

Tout droit, courageusement, en essayant de bien plisser des yeux pour porter son regard le plus loin possible, il alla tout droit vers le tumulus. Il passa sous la grande arche, où il vit, griffée dans la pierre, un dessin d’un guerrier à cheval fort primitif. Il fit attention où il mettait ses pieds, ne pressant jamais trop fort ses talons sur les dalles de pierre — il avait déjà vu un gendarme se faire prendre ainsi au dépourvu par un piège, en perdre sa jambe jusqu’au genou par telle mégarde. Tout au bout du tumulus, on vit un couloir sombre. Éloi s’arrêta juste à l’entrée, et ainsi, Aénor lui donna un petit coup sur le biceps.

La semi-Norse bondit en avant juste en face de l’ouverture. Elle se pencha pour voir devant, en un coup d’œil, puis, elle dit quelques choses avec des gestes de la main et en tapant sur sa tempe : Dégagé, pas de contact, deux pièces à gauche, une pièce tout droit. Tout le monde sut quoi faire sans même avoir à développer de plan.

Éloi sentit une autre tape sur son épaule : Neville, donc, puisqu’il savait pertinemment qui venait ensuite dans la colonne. Alors, Éloi passa tout droit. Il faisait extrêmement noir, si bien que ses yeux ne purent que difficilement découvrir l’architecture du tumulus — c’est après que sa focale se soit réhabituée qu’il découvrit bien les lignes et les contours de ce que la Norse avait pu déceler. Dans de nombreuses opérations, à commencer par celle d’hier, les gendarmes avaient pris l’habitude de consommer du feyeyès afin de pouvoir voir dans la nuit ; tous étaient devenus addicts sans se l’avouer. Il y en aurait à nouveau besoin ici. Éloi fixa son bouclier au sol, releva un peu son masque, ouvrit le pochon à la gauche de son uniforme, à côté de syrettes contenant un anti-douleur, pour en tirer une sorte de gourde miniature : il fallait remercier Nathanaèle pour ses talents de pharmacienne ambulante, car le groupe était plus stocké en came qu’un entrepôt de Nuln. Éloi prit sa gorgée, pas en la buvant (Nathanaèle avait expliqué que ça atteindrait trop lentement le métabolisme) mais en la laissant fondre sous sa langue, un quart de dose, avant de le passer à celui de derrière, et ainsi de suite, jusqu’à Guido. Il ne fallut pas longtemps pour que ça fasse effet : le monde devint plus gris, et aussi plus visible.

Alors, le Shalléen reprit sa marche. Il entra dans la fraîcheur extrêmen du tumulus, et vit la première ouverture à sa gauche. Il l’ignora complètement, et avança tout droit en ne lançant même pas un regard à côté de lui, quand bien même il pouvait y avoir un grand danger : il avait en fait une confiance extrême en Neville, qui tourna tout de suite avec son arbalète pour couvrir l’ouverture, et ainsi de suite avec la seconde, où Vallorbe s’engouffra en couvrant tous les angles. C’était ainsi qu’ils pénétraient toujours dans un lieu dangereux, en sachant pertinemment ce que chacun devait faire, avec une totale confiance dans les camarades, surtout grâce à leur rigoureux entraînement qui leur avaient donné à tous des réflexes.

Derrière son masque, Éloi ne pouvait plus trop compter sur ses sens : son nez, évidemment, c’était hors de question. Son ouïe était assourdie par le cuir du masque. Ses yeux, même avec la drogue qui faisait effet, ne voyaient que peu le monde. Mais il y avait un autre sens qui boulonnait en lui : le sens étrange, imperceptible, qu’il comprenait maintenant qu’il n’appartenait qu’à quelques personnes sur Terre. Et ce sens l’inquiétait, car il sentait quelque chose pulser au fond du tumulus. Une sorte de présence noire, une sorte de… Gouffre, venteux. C’était comme… Une fenêtre ouverte dans une maison en pleine tempête, avec les volets qui claquent et toute la pluie et le vent qui entrent par là. Quelqu’un ici avait crevé le monde, et laissé échapper ce qu’il y avait derrière.

Le tumulus inquiétait. Partout autour de lui, Éloi voyait le passage de gens vieux de millénaires ici : des tombes où les gisants avaient été réduits à néant par le temps, des vieux artefacts comme des bijoux couverts de toiles d’araignées, des boucliers en train de pourrir, car le bois était putrescible. Le froid et l’obscurité avaient bien conservé cet endroit, mais deux mille ans de repos avaient bien fini par gratter la patte de l’humain. Et on ne sentait pas ici la quiétude ou la protection d’une église. Mórr était désespérément nécessaire par ici.

Un escalier descendait vers une partie plus profonde encore du tumulus. Aénor s’arrêta devant. Elle dégoupilla quelque chose à sa ceinture : une grenade aveuglante. Elle attendit un signe de main de Vallorbe pour la jeter. On entendit résonner sur les marches le pot de cuivre, puis, il y eut une explosion et un flash de lumière. Et alors, Éloi chargea comme un fou les marches, vite suivi par tout le monde, tandis que Vallorbe hurlait à pleins poumons pour se faire entendre :

« GENDARMERIE ROYALE ! »

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Tout ici empestait le mal, Éloi en était persuadé. Et alors qu’ils entraient dans la salle principale du tumulus, il comprenait ce qui s’était passé :

Les tombes ici avaient été éventrées de force, au burin ou à l’explosif. Si le Grand Coësre était passée ici, elle avait décidé de déranger le repos des braves en cet endroit, et utilisé ses sombres sortilèges pour laisser une surprise aux poursuivants. Et pourtant, alors qu’Éloi n’avait jamais affronté tel ennemi, son instinct autant que son sens magique lui hurla ce qu’il se préparait à combattre.
Le jeune moine s’arrêta ferme, et hurla à ses camarades de s’arrêter. Car ses yeux virent une étrange main minérale et végétale se lever d’une des tombes.
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Les anciens guerriers Bretonnis étaient en train de se relever, en os et en armes, délabrés, un par un. Les yeux d’Éloi comptèrent à toute vitesse les tombes présentes dans la pièce : 20. S’ils se relevaient tous, ils risqueraient d’être submergés…

Mais tous ces squelettes étaient liés entre eux, avec la statue au centre de la pièce, que maintenant, Éloi identifiait un peu mieux.
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Quelle étrange statue que celle-là… trois femmes, deux ailées comme des anges, se couvrant là les yeux, là la bouche. Éloi n’avait aucune idée d’à quoi elles pouvaient bien faire référence. Mais pas le temps d’être critique d’art, ce qui intéressait plutôt le prêtre, c’est ce qui flottait derrière la statue. Une immense ombre flottante, désincarnée, et pourtant bien présente.
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Les pensées d’Éloi se remplissaient des légendes de chevalerie, des chansons de geste et des contes héroïques — tous étaient vrais. Une ancienne âme errante continuant de s’accrocher à la vie, des carcasses bougées comme des pantins. Le malin envahissait cette pièce. Et tout ça venait de se produire en à peine quelques secondes.

Éloi avait l’honneur d’être rentré en premier et d’être le seul à avoir tout vu et tout comprit. Dans une dizaine de secondes, le reste de son équipe sera forcé d’être également mise au parfum — au Shalléen d’avoir l’honneur d’agir et de parler avant tout le monde.
Ta tenue de protection Shalléenne est améliorée et passe de 4 à 7 points.
Tu débloques un nouvel équipement : « Pavois d’ouverture », ajouté sur ta fiche.
Tu débloques un nouvel équipement : « Matraque », un gourdin inférieur

Jet de sens magique : 2, réussite
Jet de perception : 8, réussite
Jet d’intelligence : 8, réussite
Jet de VOL : 4, réussite, zéro peur
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Frère Éloi
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par Frère Éloi »

Le signal donné, nous quittons nos montures pour nous préparer à l’assaut. Mettant prestement pied à terre, je commence sans tarder à m’équiper, répétant machinalement des gestes désormais bien maîtrisés. De l’eau a coulé sous les ponts depuis mon premier assaut à Brionne : à présent, je connais par cœur l’agencement des différentes pièces de protection ; l’emplacement de la moindre sangle ; le tintement de chaque boucle. Ma cuirasse de cuir bouilli endossée, je revêts soigneusement mes gants, puis mon masque, avant de me tourner vers mon pavois. A tâtons, du bout de mes doigts gantés, je vérifie rapidement mais consciencieusement la présence de mes kits, outils et parchemins sur la face intérieure avant de saisir la poignée. Ce petit rituel, à force de le répéter à l’identique, m’aide à faire le vide dans mon esprit, pour finir pleinement focalisé sur l’instant présent. Soulevant le pavois, je fléchis un peu les jambes, et me rapproche tout entier du bouclier, comme pour ne faire qu’un avec lui ; posture contraignante mais nécessaire pour éviter tout déséquilibre, ou d’user mon dos à compenser le poids conséquent de l’équipement. Alerte, aux aguets, je prends la tête de la colonne, avançant jusque sous l’arche de l’entrée du tumulus. Laissant Aénor repérer les abords, je pose le pavois et relève mon masque quelques secondes, le temps de prendre une petite dose de feyeyès et de faire passer la gourde par-dessus mon épaule. Alors seulement, nous pénétrons dans l’édifice.

Le couloir est très sombre, même si l’effet de la drogue aide progressivement à y voir quelque chose. Tâchant de faire abstraction de la douleur lancinante aux tempes et aux yeux, j’avance prudemment, en regardant loin devant moi. Neville me l’a expliqué très tôt : la tête de colonne doit être stable ; progresser à une allure mesurée, ni trop vite, ni trop lentement ; surtout, ne pas trébucher, ni s’arrêter dans des espaces confinés. Outre ces priorités, je dois aussi me tenir à l’affût, afin de signaler d’éventuels dangers que les autres n’auraient pas décelés -mais seulement au-devant de nous, car Neville veille nos flancs. C’est pourquoi je franchis sans m’arrêter les deux ouvertures sur notre gauche, confiant en notre synergie collective.

Les dalles de pierre s’enchaînent sous mes pas, et je sens désormais jusque dans mes os la fraîcheur de ces couloirs millénaires. Et malgré mon masque empli d’épices, mon ouïe assourdie, mon champ de vision restreint, je commence à percevoir comme un battement au loin. D’abord sourd et distant, le bruit se fait rapidement plus sensible lorsque nous approchons d’un escalier s’enfonçant davantage dans les profondeurs de la terre : c’est comme un pouls dans l’obscurité, un souffle dans les couloirs charriant une « odeur » nauséabonde - enfin, façon de parler. Il en résulte surtout un sentiment latent que quelque chose ne tourne pas rond : il y a quelque chose de cassé en ce lieu. Quelque chose d’anormal, et qui n’augure rien de bon. Un peu comme une fenêtre de scriptorium brisée lorsque vient l’orage.

Ce n’est qu’au moment de la charge dans le souterrain, lorsque je débouche sur une salle relativement vaste aux allures d’ancien caveau, que je comprends subitement de quoi il retourne, le temps de l’éclair de la grenade aveuglante. Ici, là, partout, des sépultures ouvertes, abîmées, bâillant dans l’obscurité. De leurs entrailles béantes suinte un vent noir, invisible à l’œil nu, mais bien réel, et dangereux. Et de l’une d’elles s’élève une main squelettique, décharnée, recouverte de lierre. Sans attendre, je crie pour alerter la colonne, et ralentis, estimant le nombre de tombes du regard. Dans l’urgence de l’instant, je nomme le danger du premier nom qui me vient à l’esprit, celui des légendes chuchotées par les troubadours au sujet des terres au nord de la Grismerie.

« REVENANTS ! »

Le vent nauséabond tournoie autour de la statue centrale, tel quelque sinistre fanal rayonnant de noirceur. L’ombre de la statue semble s’animer, flottant derrière le trio de pierre. La silhouette désincarnée d’un spectre s’élève, lévitant dans la pièce. Une part de moi, saisie de stupeur, se remémore les légendes d’âmes en peine se dérobant au règne du Veilleur, errant en des lieux reculés, maudissant, stupéfiant, immolant d’un cri assourdissant les malheureux de passage. Cet Éloi ci serait tenté de flancher, de se couvrir les oreilles et de chercher une issue en rebroussant chemin, au risque de se faire piétiner par sa propre compagnie. Mais une autre part de moi, le cœur saisi d’une colère froide, s’insurge de cette offense faite au vieux Morr, et, posant le pavois au sol alors que l’éclat de l’explosion s’estompe, implore Shallya de faire descendre sa lumière jusque dans ce sépulcre. Cet Éloi là, déterminé, se veut un fanal de lumière pour ses amis, et refuse de craindre les terreurs de la nuit.

« Iam lucis orto sidere
Puro refulgens lumine,
Shallya, in adiutorium meum intende.
Columba, ad adiuvandum me festina. »

Puis, reprenant le pavois en main, je me prépare à manœuvrer en cohérence avec la compagnie, attentif à aux ordres de sire Vallorbe. Cherchant du regard parmi les squelettes réanimés d’éventuels tireurs, je projette toute la conviction des cantiques que je déclame en direction du spectre, cherchant à le déstabiliser, guettant quelque maléfice qu’il me revient d’essayer de contrer, espérant l’intervention des damoiselles du Graal.
Je me positionne de façon à ne pas gêner l’entrée dans le caveau si la colonne veut charger.

Focalisation (action mineure) ; incantation de Blancheur éblouissante (prière moyenne – augmentation de la durée via maîtrise de l’aethyr en cas de succès).

Reprise de pavois, et mouvement en cohérence avec l’action de la compagnie (à préciser par MP peut-être)  :
- s’ils restent à distance, pour jeter des explosifs par exemple, je conforte la ligne de front.
- s’ils font irruption dans la salle et chargent, j’accompagne avec la manœuvre offensive du pavois.
Ce-faisant, je tente de dissiper ou de déstabiliser le spectre si c’est possible, en procédant comme je le fais avec un sorcier adverse, et en voyant ce que ça fait.
Frère Éloi Voie du Prêtre Mystique
Profil : For 9 | End 9 | Hab 8 | Cha 11 | Int 11 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 14 | NA 1 | PV 75/75

États temporaires
Une vie de Paix : +1 à tout jet visant à guérir un patient blessé, malade ou empoisonné.
La vie avant tout : doit tenter d'interrompre les affrontements auquel il assiste, à moins que le combat ne soit mené contre des ennemis.

Compétences :
- Maîtrise de l'Aethyr (1)
- Coriace : -1D3 dégâts subis.
- Réflexes éclairs : +1 aux tests d'initiative en situation de surprise.
- Résistance accrue : +1 aux tests d'endurance.
- Sang froid : +1 aux tests de caractéristiques effectués en situation de stress ou tension.
- Volonté de fer : +1 aux tests de volonté.
- Traumatologie : Sait administrer les premiers soins ou favoriser une guérison plus rapide.

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien.
- Langage secret (Classique) : Capable d'écrire et de lire le Classique.
- Législation : Sait manipuler le droit à son avantage.
- Doctrine du Culte (Shallya)

- Cuisine : Se débrouille en cuisine. +1 pour détecter des substances nocives dans la nourriture.
- Empathie
- Affûtage mental
- Incantation - Shallya
- Sens de la magie
Équipement porté sur soi :
8 sous d'argent 8 deniers
- Bâton de marche
- Robe de bure jaunie / Tenue en lin / Ceinture / Sandales
- Grande sacoche contenant couverts, rations diverses
- Livre de prière de Shallya
- Amulette de Shallya
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Il ne fallut pas longtemps pour que tous les gendarmes se retrouvent dans le caveau, en armes et en se répandant partout dans la pièce. Arbalètes en joue, épées dégainées, les voilà qui se préparaient à affronter un terrifiant ennemi, fortement en nombre. L’adrénaline les portait tous autant que la foi envers la Dame…

L’ennemi en face était en train de se mobiliser avec la même vivacité. Des monstres d’os et de lierre, armés de lames antiques rouillées, mais toujours autant acérées, commençaient à se mettre en formation — ils préparaient une ligne de défense, au pas, comme si leurs automatismes guerriers les dirigeaient. C’étaient eux, les ancêtres de ceux qu’ils allaient affronter. C’étaient eux, les grands guerriers Bretonnis qui s’étaient taillés une nation contre l’Orque et la Bête, et qui avaient vaincu toutes les armées sur leur passage.
Et au milieu de ce dispositif d’acier et de calcium, il semblait y avoir un meneur.
Image


L’ossature d’un être humain, vêtue d’une étrange cuirasse antique, et d’une terrible couronne de fer forgé. Probablement le roi de ce tertre. Même sans sa charogne, il n’émanait de lui que de l’autorité et de la vantardise — car voilà que cet étrange monstre venu du passé joua avec son épée, moulinant dans le vent avec sa longue lame pour prouver son adresse.
Il allait être un combattant terrible à abattre, tout le monde pouvait le sentir.



La damoiselle, plus vive que tous, et alors qu’elle était la dernière à être entrée, fut la première à agir. Elle frappa le bâton qu’elle tenait d’une main au sol, pointa du doigt Vallorbe, et cria fort d’une voix éthérée, qui résonna dans tous les catacombes, comme si quelque chose portait son écho — momentanément, Éloi avait l’impression qu’elle parlait non pas avec ses cordes vocales, mais avec les sons de mille autres femmes donnant le même ordre :

« Sire Hardouin de Vallorbe ! Héros de Middenheim ! Ce vieux Roi de notre nation retrouvera le repos grâce à toi !
Pour l’amour de la Dame, et l’honneur de ton sang : Tu le vaincras maintenant ! »


Vallorbe sembla entrer comme en transe. Dégainant son épée, prenant une grande inspiration, il avait les yeux totalement fixés vers sa cible. Il abattit la visière de son casque sur son visage, et hurla le cri de sa maison :

« PAS D’OR ! SEULEMENT DU CUIVRE ! »

Et voilà qu’il chargea à toute vitesse, avalant toute la distance entre lui et le monstre. Et démarra alors entre eux une escrime faite de coups, de feintes, de parades et de contre-attaques dignes des romans de chevalerie.

Hélas, le groupe avait bien mieux à faire qu’apprécier le duel. Tout le monde se déplaça un peu partout dans leur moitié du caveau, utilisant leurs arbalètes pour lutter à distance, en laissant l’ennemi progressivement avancer. Avec cette tactique, Éloi eut tout loisir de fixer son pavois et de servir de protecteur à la damoiselle : tandis qu’Isarn implorait la Dame et utilisait ses bénédictions pour frapper ses ennemis et soutenir ses alliés, le Shalléen put rester spectateur, regardant rapidement à gauche ou à droite comment le combat se déroulait. Il fut loin d’être distrait, car par deux fois, le Shalléen parvint à se glisser juste devant une Isarn folle furieuse, trop occupée sur ses paroles criées et ses litanies récitées à voix haute pour se rendre compte que deux des horribles squelettes n’arrêtaient pas de lancer des javelots dans sa direction…

Le spectre volant au ciel semblait être l’ennemi le plus important. Pourtant, l’étrange silhouette de cette « femme » décrépie ne prenait pas tant part au combat — elle semblait surtout ouvrir une à une les tombes qu’elle pointait du doigt, obligeant de nouveaux guerriers à sortir de terre pour aller remplacer les effectifs perdus au front. Combien en possédait-elle ? Ses réserves ne pouvaient pas être infinies…

Le combat tourna rapidement à la faveur des Bretonniens, à l’exception d’Aénor et de Beuves sur les angles. Si le second parvint à se débrouiller tout seul, notamment en dégainant contre un squelette une étrange épée courte dont la forme faisait bien dire qu’elle n’était pas du tout forgée sur ce continent, la première eut du fil à retordre : une mauvaise lance d’un des monstres lui taillada la cuisse, et la voilà qui tomba à terre. Éloi dut tirer sur la robe d’Isarn pour lui crier dessus de sauver la jeune femme.

La prêtresse s’exécuta : un genou à terre, elle prononça quelques paroles à bout de souffle, et voilà qu’un jet de lumière brûla les corps de ses adversaires. Pendant ce temps, Éloi vit le Spectre en l’air canaliser des voiles noirs terribles entre ses doigts, et c’est par miracle que le jeune homme utilisa toute sa piété pour les chasser et l’empêcher de faire du mal aux chevaliers sous elle.

Lanfranc, Neville, et surtout Vallorbe combattirent comme des lions. Très aidé par les éclairs que la damoiselle ne cessait de faire pleuvoir, le commandant de l’unité put finalement détruire son adversaire, et le crâne à la couronne roula à terre. Mais les effectifs ennemis semblaient être inépuisables, et encore, de derrière la statue, revenaient des monstres de plus en plus nombreux…

Beuves avait passé les trente dernières secondes à fouiller dans son sac. Il en dégaina quelque chose : Une petite sphère en plomb, comme un ballon, recouverte d’écritures rouges scintillantes. Beuves fit un long lancer, comme un joueur de soule, et voilà que la sphère rebondit contre la statue et cracha un voile de lumière.

Puis, la chose la plus terrible qu’Éloi ait jamais vu de sa vie se profila sous ses yeux : dans le vide, il y eut une blessure, une large coupure béante, une estafilade dans la réalité, qui laissait passer derrière un ciel violet parsemé d’étoiles. Un immense souffle attira tout le monde vers la faille, et Éloi dut s’accrocher à son pavois tandis que ses pieds glissaient sur la pierre au sol.
Il lui semblait que, derrière cette faille, quelque chose d’horrible semblait résider…

Mais ce trou ne resta présent que deux secondes à peine : il se clôt aussi vite qu’il était apparut, avec un violent contre-coup qui fit exploser et voler en morceau les deux revenants armés de javelines qui avaient sérieusement gratté le pavois d’Éloi. Isarn avait le visage livide, et les yeux écarquillés. Le jeune prêtre entendit une phrase qu’elle prononça toute seule :

« Il est fou à lier ! Ne se rend-il pas compte de ce qu’il a failli faire ?! »

Le Spectre semblait avoir fuit, mais les monstres continuaient d’arriver. Vallorbe leva sa main et cria :

« Équipe ! Regroupement sur Orléac ! »

Tout le monde fuit pour retourner derrière le pavois d’Éloi. Neville, Hannes, Guido et Beuves pointèrent leurs arbalètes dans toutes les directions, tandis qu’Aénor revenait en titubant, du sang dégoulinant de la cuisse, de la poitrine et même de la bouche : elle s’écrasa à genoux derrière. Neville et Beuves semblaient aussi bien atteints, et ne cessaient de grimacer en grognant.

« Comptez-vous ! Tout le monde en vie ?! »

Chacun des gendarmes prononça un « Ok ! » vif pour approuver, excepté Isarn, qui ne cessait de regarder l’arrière de la tête de Beuves, tout droit, en grinçant des dents et en serrant son poing libre. La sphère qu’il avait utilisée avait terrifié tout le monde, mais personne n’osa poser de questions étant donné l’urgence de la situation.

« Il en arrive de plus en plus ! On va tenir cette position, mais si ça continue, il faudra songer à battre en retraite ! »

Et en effet, de nouveaux squelettes et revenants commençaient à arriver en marchant, tandis que les arbalétriers fichaient des carreaux dans leurs ossatures.

« Le spectre est notre priorité ! Préparez des explosifs, il va falloir qu’on se débarrasse de ce monstre ! »

Comment vaincre leur adversaire ? Éloi n’en avait aucune idée, et pourtant, quelque chose naquit dans son esprit…

Il se souvenait d’une petite phrase dans un vieux récit, un épisode dans la saga d’un ancien guerrier Bretonni, l’un de ceux qu’on enterrait dans de tels tertres avec chevaux et bijoux — il se souvenait qu’au cours d’un minuscule paragraphe, on décrivait la manière avec laquelle on plaçait dans sa tombe du pain, du vin, qu’on lui laissait des armes, des bourses pleines d’or, des bagues, des robes fines en soie, et qu’on égorgeait son cheval avant de le mettre sous sa tombe afin qu’il ait une monture dans l’au-delà… Ainsi qu’une jeune fille. Une servante qui pourrait tromper son ennui avant de rejoindre l’immense forêt de Taal.
Ce spectre devait forcément être une de ces pauvres paysannes esclaves, tuée lâchement pour servir ses désirs. Son corps devait probablement être enterré dans la tombe ouverte, à ses pieds, avec le reste de ses effets personnels.
Préparation avant combat :

— Tout le monde est drogué au Feyeyés, il n’y a donc aucun malus d’obscurité.
— Tout le monde sauf Éloi s’équipe d’arbalètes automatiques entièrement chargées. Après le combat d’hier, tout le monde est full PV (Leurs blessures n’étaient pas sérieuses et j’ai en fait perdu leur profil après la résolution :troll: )
— Isarn lance sur elle-même le sortilège du Domaine de la Dame, « Égide de la Foi » : 10, réussite
La Damoiselle du Graal s’entoure de prières qui forment une aura autour d’elle, la protégeant de toute attaque. Toute attaque non-magique réalisée contre la Damoiselle ignore le dégât de l’arme (On ne compte que le bonus de force et le jet randomisé). De plus, si la Damoiselle est la cible d’un sortilège, elle peut tenter une dissipation comme une action gratuite. En revanche, si la damoiselle est témoin d’un chevalier Bretonnien commettant n’importe quel acte déshonorable, le sort est immédiatement annulé et ne peut pas être ré-incanté avant 24h.
Note, comptent comme chevaliers Bretonniens Vallorbe, Lanfranc, Neville et Beuves.

On reprend où l’on s’était arrêtés.

C’est l’heure du co-co-co-combat !

Sont actuellement présents dans la pièce :
La Team-Bretonnie
(Isarn, Vallorbe, Lanfranc, Neville, Aénor, Beuves, Guido, Hannes, Éloi).
VS
La Team Morts-Vivants
(Pour l’instant : 1 Spectre, 4 Revenants, 1 Roi-Revenant, 4 simples squelettes)

Ordre des initiatives :


Isarn (B) > Vallorbe (B) > Neville (B) > Spectre (M) > Guido (B) > Aénor (B) > Hannes (B) > Roi-Revenant (M) > Beuves (B) > Éloi (B) > Lanfranc (B) > Revenants (M) > Squelettes (M)

Par commodité et parce que ça me casse royalement les couilles, il n’y aura pas de NA interposés : tout le monde joue et liquide ses NA durant son tour ou quand il est concerné et peut pas s’amuser à changer de tactique en plein round.

Isarn :
Cast « Condamnation de Dol » sur Vallorbe contre le Roi-Revenant : 7, réussite
La Damoiselle bénit un chevalier de son choix et nomme l’adversaire qu’elle souhaite voir mourir par sa lame. Elle doit le prononcer à voix haute au moment du sortilège, par exemple : « Sire Jean Maldemer ! Le Roi-Nain périra par ta lame ! ». Pendant toute la durée du sortilège, le-dit chevalier compte comme ayant 20 en FOR lorsqu’il doit rouler des dégâts contre cet ennemi. Un seul chevalier à la fois peut être béni par une damoiselle.
Avec son action restante, elle cast « Miséricorde de la Dame », toujours sur son boyo préféré : 12, réussite
La Damoiselle donne sa faveur au chevalier, causant les coups et les flèches qui devraient le toucher de l’ignorer à la dernière seconde. Toutes les tentatives de tir ou de coup contre le chevalier souffrent d’un -2 pendant la durée du sort.


Vallorbe : Charge le Roi-Revenant, qui choisit de parer.
7 et 9, les deux réussissent.
39 dégâts dans les dents, il passe à 66. Noice.
Maintenant engagé en mêlée, Vallorbe choisit de garder sa NA restante pour préparer une esquive ou parade (Il a gâché sa mineure en chargeant).


Neville : S’avance au combat avec une arbalète.
Il tire : 9, un Revenant est touché.
Avec sa NA restante, il fait tomber son arme (Retenue par bandoulière) et dégaine sa masse d’arme (Une main, comp « Dégainer l’épée », je considère que c’est gratuit), et passe son tour pour garder une action pour se battre au cas où il est engagé.


Spectre : Lance « Esprit d’Os » sur Isarn: 15, niet
Le Spectre réanime un squelette (Action gratuite — artefact spécial) et décide de l’Asservir : 20, échec critique. Bien bien bien. Ça commence bien pour la team méchants.
Aura Surnaturelle : Tous les animaux dans un rayon de 10 mètres de vous sont apeurés et fuient les lieux.
Il n’y a pas d’animaux dans le coin, donc fiasco inutile.


Guido : Se déplace et tire avec l’arbalète : 11, touché

Aénor : Se déplace et tire avec l’arbalète : 4, touché

Hannes : Se déplace et tire avec l’arbalète : 5, touché

Target rich environment !


Roi-Revenant : Au contact avec Vallorbe, il décide d’attaquer comme un bœuf :
20 (Putain de merde.), Vallorbe gagne une attaque d’opportunité : 18, mais il n’en fera rien du tout.
13 : Grâce au malus imposé par Isarn, c’est niet.
Évidemment, Vallorbe ne retrouve pas sa NA utilisée pour préparer une esquive, faut pas pousser mémé dans les orties — elle est gâchée.

Beuves : Se déplace et tire avec l’arbalète : 1, réussite critique. Confirmation : 13, non, pas de dégâts supplémentaires.

Éloi :
Foca + Cast :
18, foca échouée.
Blancheur Éblouissante : 1, réussite critique. Confirmation : 18, pas confirmé.
Je suis dans un pickle — la description du sort me fait bien penser à une flashbang, mais tu affrontes des morts-vivants, il est donc un peu idiot de filer des malus à des êtres animés de magie qui n’ont pas réellement les mêmes sens et les mêmes nerfs optiques que nous qui peuvent être aveuglés.
En revanche, les dégâts du sort ne mentionnent que les Nurglites — mais ce sont bien des créatures du mal que tu affrontes.
Donc je modifie un peu le sort : Les morts-vivants ne subissent pas de malus, mais ils subissent totalement les dégâts.
La totalité des méchants présents dans la pièce me prennent donc 5+1d10 dégâts directs, que pour me faciliter la vie je vais traduire par 5+5.
C’est pas énorme, mais vu la quantité d’ennemis que vous affrontez, Éloi réalise quand même un high score de 90 dégâts cumulés.


Lanfranc : Charge un Revenant.
Le Revenant choisit de parer.
1 vs 17 ! Lanfranc tente de confirmer : 7, doubles dégâts non-parés !
Le Revenant est insta-kill ! Un de moins !


Alors, c’était beau, maintenant, aux Morts-Vivants de passer à la curée…

Revenant 1 : mort

Revenant 2 : Charge Vallorbe : 6. Ah ! En fait la NA en réserve du chevalier va servir !
Vallorbe décide d’esquiver plutôt que de parer : 3, ça passe. Zéro dégât.

Revenant 3 : Charge Neville : 16.
Maintenant à portée, Neville joue de sa masse : 15, mais il n’en fera rien.

Revenant 4 : Arme une javeline, qu’il lance en direction d’Isarn : 8.
Éloi me fait un jet de réactivité : 5. Le pavois se mange la javeline au lieu de la damoiselle ! Ton bouclier tombe à 174 PV.

Squelette 1 : va faire chier Aénor : 15, échec

Squelette 2 : va faire chier Lanfranc : 11, échec

Squelette 3 : va faire chier Beuves : 7, ah, lui ça passe ! Beuves tente une esquive : 15, hé bah non, il se prend des dégâts et est blessé.

Squelette 4 : Bah tiens, va faire chier Neville : 7, ça passe et Neville n’a pas de quoi contrer. Neville est bien éraflé.

Squelette 5 (Invoqué) : Se déplace au hasard sans aggro personne.

Tour plutôt bon pour les Bretonniens. Au suivant.
Isarn :
Cast « Colère Juste » : 13, ça passe.
La Damoiselle invoque la colère de la Dame, et des éclairs prenant la forme de lances volent hors de sa main pour aller toucher sa cible.
La lance est un projectile magique infligeant 30+2d10 dégâts ignorant l’armure. Toute cible touchée doit rouler un jet de VOL-4, en cas d’échec, la cible subit de la « Terreur » (Si c’est une créature consciente).
Chaque point de maîtrise de l’aethyr permet soit de viser une créature supplémentaire différente à la portée du lanceur, soit augmente la portée de 12m.

Isarn vise le Roi-Revenant, un Revenant et le Spectre, qui subissent donc les dégâts appropriés.

Cast « Miséricorde de la Dame » sur Neville : 1, réussite critique. Confirmation : 8.
Toutes les attaques contre Neville subissent un -4 pour la durée du sortilège !


Vallorbe : Engage le Roi-Revenant dans deux attaques : 11 et 5, elles passent toutes deux. Le Roi-Revenant tente d’en parer une : 9, ça passe.
Le Roi-Revenant est aux portes de la mort !


Neville : Tente deux attaques, d’abord sur le Revenant, puis sur le Squelette : 6 et 1, toutes passent, attaque supplémentaire déclenchée sur le squelette : 15, pas confirmée.
Les deux créatures parent : 5 et 4, elles se protègent tant bien que mal, même si elles subissent de jolis coups de massue en pleine gueule.


Spectre : Tente un « Regard de Nagash » : 20. Mais putain c’est une blague.
Albinisme — pas applicable sur un mort-vivant. Un fiasco pour rien.
Le Spectre utilise sa NA restante pour relever un squelette (Gratuit) et Asservir : 15, putain.


Guido : Tire avec l’arbalète : 3, touché

Aénor : Se bat contre un spooky skeleton : 14, pas touché.

Hannes : Tire avec l’arbalète : 7, touché


Roi-Revenant : Encore en vie, tente de tuer Vallorbe.
Jet : 6.
Vallorbe tente d’esquiver : 5
Grâce à la magie d’Isarn et donc le malus que subit le Roi-Revenant, ça passe !


Beuves : Blessé, tente de combattre en dégainant une étrange machette : 3, réussite. Effet secret. Le squelette tombe en morceaux.


Éloi : Chant de dissipation. Déjà que la Spectre ne réussit pas trop, à toi de jouer.


Lanfranc : Se bat un squelette. Attaque : 14, échouée.

Revenant 2 : Sur Vallorbe : 19, zéro.

Revenant 3 : Sur Neville : 17, zéro.

Revenant 4 : Arme une javeline, qu’il lance en direction d’Isarn : 12, zéro.

Squelette 1 : Sur Aénor : 1, réussite critique ! Confirmation : 6 !
Aénor tente d’en esquiver une : 20, échec critique. La pauvre tombe à terre et est salement entaillée par une ignoble lance.

Squelette 2 : Sur Lanfranc : 15, échec

Squelette 3 : Mort.

Squelette 4 : Sur Neville : 1, c’est ce qu’il fallait faire ! 16 : pas confirmée.
Neville tente de parer : 4, il limite les dégâts.

Squelette 5 (Invoqué) : Il n’est pas asservi et commence à se désagréger. Néanmoins, il décide quand même d’aller faire chier Aénor pour ce tour, mais n’est pas à portée de combat.

Squelette 6 (Invoqué) : Pas asservi, déstabilisé, mais marche en direction de Beuves.


Ça pue pour la Team famille Adams.
Isarn :
Cast « Colère Juste » : 9. Elle vise le Spectre et les cibles qui font chier Neville.
Cast « Miséricorde de la Dame » sur Lanfranc : 4, réussite.

Vallorbe : Engage le Roi-Revenant et le Revenant sur lui : 5 et 19, ça passe pour le premier et pas pour le second.
Le Roi-Revenant est mort !

Neville : Engage le Squelette et le Revenant sur lui : 15 et 16, nul à chier.

Spectre : Tente un regard de Nagash : 10, cette fois c’est la BONNE !
Jet de dissipation d’Éloi : 3, réussite, ça ne fera rien !
Le Spectre invoque un Revenant (Gratuit) et tente de l’asservir : 5, réussite.
Le Spectre utilise sa mineure pour passer derrière la statue, et fuir.
Le Spectre regagne des PV…


Guido : Tire avec l’arbalète : 10, touché

Aénor : Se bat contre un spooky skeleton : 17, pas touché.

Hannes : Tire avec l’arbalète : 3, pas touché


Beuves : Reprends son arbalète en main et tire : 17, que dalle
Il utilise ensuite sa mineure pour chercher quelque chose dans son sac.

Éloi : Majeure utilisée. Demande à Isarn de bien vouloir aider Aénor qui galère.

Lanfranc : 9, attaque réussie. 17, pas parée → Un squelette tué.



Revenant 2 : Sur Vallorbe : 7, réussie. Vallorbe esquive : 8, réussite.

Revenant 3 : Sur Neville : 13, échec.

Revenant 4 : Arme une javeline, qu’il lance en direction d’Isarn : 3, réussite. Jet de mouvement d’Éloi : 2, réussite. Le pavois prend à sa place, et tombe à 146.

Revenant 5 : Arme une javeline, qu’il lance aussi en direction d’Isarn : 12, échec.

Squelette 1 : Sur Aénor : 3, réussite. Aénor tente de parer : 2, elle limite les dégâts.

Squelette 2 : Sur Lanfranc : Mort.

Squelette 4 : Sur Neville : 10, échec.

Squelette 5 (Se désagrège) : Sur Aénor : 11, échec, même avec le +2 parce qu’elle est à terre.

Squelette 6 (Se désagrège) : Sur Beuves : 17, échec.
Isarn : Écoute Éloi et décide de caster « Lumière Divine » sur les deux squelettes qui embêtent Aénor.
La Damoiselle s’agenouille et prie la Dame pour faire scintiller une zone de Sa présence. Une zone de 12 mètres est illuminée par une lueur blanche et éblouissante. Toutes les cibles dont le regard croise la lumière sont éblouis et souffrent d’un -2 en ATT, TIR, INI et tests de perception visuelle. Les morts vivants, les démons et les fantômes ne sont pas éblouis par ce sort mais subissent automatiquement 4d6 dégâts directs.
Chaque point de maîtrise de l’Aethyr augmente de 1 le malus ou rajoute 1d6 aux dégâts.

Les deux squelettes me roulent 6d6 : 23 et 16, assez pour tuer l’un et blesser grièvement un autre.

Vallorbe : Engage le Revenant sur lui, par deux attaques : 16 et 6, la dernière est la bonne, ça fait zizir, un Revenant de moins.

Neville, deux attaques : 18 et 12, un squelette en moins, on souffle.

Spectre : Introuvable, invoque quelque chose : 4, réussite
Tentative de dissipation d’Éloi : 20, échec critique, sans effets.
Invoque quelque chose d’autre : 16, échec.
Un Revenant et un Squelette asservis rejoignent le combat !
Le Spectre regagne des PV…

Guido : Tire avec l’arbalète : 5, touché, un squelette en moins.

Aénor : Se bat contre un spooky skeleton : manœuvre pour se relever : 8vs16, gagné. Jet d’attaque : 10, gagné. Un squelette en moins.

Hannes : Tire avec l’arbalète : 18, pas touché.


Beuves : Lance une étrange sphère.
Jet : 9, réussite.

Un flash lumineux, puis la réalité est déchirée. Une faille avec l’Outre-Monde est béante et commence à attirer tout ce qu’il y a autour !
Les deux revenants qui jouent de la javeline sont attirés et volent vers la faille !
Jet aléatoire : Pas de désastre.
La faille se referme violemment dans un contre-choc. Les deux revenants sont broyés et éparpillés aux quatre coins du tertre, complètement détruits.

Éloi : Majeure utilisée.
Jet d’intelligence fait en direct sur le discord : Réussite, petit texte supplémentaire débloqué.

Lanfranc : Plus de cible à portée.

L’opposition ennemie est momentanément détruite. Vallorbe sonne le rassemblement.

État des troupes :

Isarn : OK
Vallorbe : OK
Neville : Blessé.
Lanfranc : OK
Guido : OK
Hannes : OK
Beuves : Blessé.
Aénor : Grièvement blessée.
Éloi : OK


Opposition ennemie restante inconnue.
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Frère Éloi
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par Frère Éloi »

Comme le fracas du combat emplit le caveau, je me laisse dépasser par la compagnie, sire Hardouin en tête, chargeant le revenant à la couronne. Les autres prennent position en arc de cercle, de part et d’autre de notre commandant, en une formation mouvante mais cohérente, chacun couvrant le flanc de son voisin. Entendant Dame Isarn incanter, je me replace de quelques pas, déplaçant mon pavois, pour faire écran entre elle et les revenants.

S’ensuivent quelques instants d’intense affrontement, durant lesquels je m’efforce de couvrir la prophétesse contre les attaques et les maléfices de nos assaillants. Le spectre constituant la menace la plus sérieuse, je focalise mes efforts pour gêner l’apparition dans l’incantation de ses maléfices : j’entonne donc un cantique apaisant, invitant l’air chargé de magie noire à observer la paix de la Colombe et à retourner au silence serein du Veilleur. Au milieu de son tourbillon de noirceur, le spectre semble d’abord hésiter, éveillant néanmoins d’autres guerriers squelettiques sans que je puisse l’en empêcher. Dans un coin de mon esprit, je m’interroge quant à ce calme apparent : ce n’est pas tout à fait le même ressenti que de lutter contre un lanceur de sort – est-ce dû à la nature particulière de cet adversaire, ou s’agit-il d’une manœuvre de sa part ?

Un peu plus loin, je remarque qu’Aénor est mal en point. J’adresse à Isarn un premier signe pour lui demander de porter secours à ma camarade, mais elle semble absorbée par le déluge de traits mystiques qu’elle fait pleuvoir sur les rangs adverses. Tirant un peu sur sa robe faute d’autre moyen pour capter son attention, je lui réitère ma demande, insistant, criant pour couvrir le fracas ambiant.

« ISARN ! Aidez-la ! »

Attiré par mon cri peut-être, l’un des guerriers squelettiques porte son attention sur la prophétesse, avant de jeter une javeline poussiéreuse, puis une autre, dans sa direction. Réagissant à temps, je parviens in extremis à placer le pavois sur la trajectoire du projectile, interceptant l’attaque. L’épaisseur de l’épais bouclier absorbe aisément le coup, ainsi que le suivant. Dans le même temps, je perçois un frémissement aux frontières de mon esprit : le spectre est en train de modeler sa magie nauséabonde en un maléfice aux allures de voile. Affermissant ma voix, je redouble de concentration, dirigeant ma propre volonté contre cet assaut, opposant mon cantique d’apaisement au noir sortilège : par la grâce de Shallya, le voile noir se délite heureusement avant de pouvoir blesser mes compagnons. Dans le même temps, je vois un faisceau de lumière éclatante descendre du plafond noyé dans l’obscurité, baignant Aénor et terrassant ses assaillants. La semi-Norse sortie de sa périlleuse situation, j’éprouve un frémissement de soulagement, presque imperceptible dans le torrent d’adrénaline du moment.

Loin sur ma droite, en périphérie de mon champ de vision, Beuves lance quelque chose de rond, comme un petit ballon de plomb, en direction des squelettes aux javelines. Le caractère incongru du projectile ne me frappe pas immédiatement, du moins pas avant que la sphère n’explose en un voile de lumière. Un craquement retentissant résonne sous la voûte du caveau, emplissant la pièce, tandis que l’éclat de l’explosion se dissipe. A l’emplacement de l’épicentre de l’explosion, se trouve désormais une ouverture, suspendue dans les airs. Un frisson naît dans mon échine, incontrôlable, tandis qu’une intuition s’impose à moi avec la force assommante d’une certitude : ce n’est pas une illusion, mais bien une fissure, une brèche dans la trame de la réalité. Là, au-delà des lèvres de lumière de cette plaie béante, s’étend un ciel violacé constellé d’étoiles, au sein duquel quelque chose attend. Peur, curiosité et sidération se mêlent en moi en cet instant, tandis qu’une force croissante attire tout vers la faille, me forçant à m’arc-bouter contre mon pavois, m’en servant comme appui sur le sol, pour résister à l’attraction. Heureusement, la brèche se résorbe presque aussitôt, dans un second craquement crissant, comme si le tissu de la réalité se contractait pour la refermer.

Durant les quelques instants d’apaisement qui suivent, notre compagnie se regroupe autour de moi selon l’ordre de sire Hardouin, avant de se compter. Voyant dans ce regroupement l’opportunité d’atteindre Aénor visiblement mal en point, je tire une fiole du revers de mon pavois, et m’agenouille prestement auprès d’elle pour lui administrer une dose de potion préparée par sœur Nathanaèle.

Tout en exécutant machinalement ce geste relativement simple, je m’interroge : comment mettre un terme à la furie du spectre ? Une petite phrase me revient en mémoire, tirée d’un vieux récit, probablement lu dans l’un des manuscrits des archives de l’abbaye d’Orléac. Je me souviens de descriptions, par une plume assez crue, des modalités d’enterrement d’un ancien seigneur Bretonni, typiquement de ceux que l’on aurait inhumé dans un tel tertre. Le récit décrivait les offrandes honorant le défunt seigneur, afin de l’accompagner dans son voyage dans l’au-delà : vêtements, or, vivres et monture, mais aussi une jeune esclave, en guise de divertissement au cours de son périple. Comme je me remémore ce sordide détail, mon regard tombe sur le crâne squelettique du roi revenant terrassé par sire Vallorbe, à mes pieds. Révolté par les usages évoqués par le récit, je donne un coup de botte sec, dégoûté, au crâne couronné, l’esquintant et l’envoyant rouler dans un tintement métallique en direction du reste des squelettes qui déjà se regroupent.

Une idée me vient alors, suggestion que je soumets à mes compagnons qui déjà s’apprêtent à retourner à l’assaut : son tortionnaire terrassé, peut-être le spectre de la servante maltraitée pourrait-il trouver le repos, pourvu que sa tombe, juste devant nous, soit à nouveau scellée ?

« Laissez-moi tenter quelque chose. Guido, Hannès, aidez-moi à refermer la tombe du roi, là-bas. Avec un peu de chance, ça apaisera le spectre.
Couvrez-nous un instant. »

-1 potion de soin à destination d’Aénor.

Avant d’opter pour le plan frontal de Hardouin, j’essaie de refermer la tombe du seigneur Bretonni, aidé (s’ils le veulent bien) par quelques compagnons.
Frère Éloi Voie du Prêtre Mystique
Profil : For 9 | End 9 | Hab 8 | Cha 11 | Int 11 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 14 | NA 1 | PV 75/75

États temporaires
Une vie de Paix : +1 à tout jet visant à guérir un patient blessé, malade ou empoisonné.
La vie avant tout : doit tenter d'interrompre les affrontements auquel il assiste, à moins que le combat ne soit mené contre des ennemis.

Compétences :
- Maîtrise de l'Aethyr (1)
- Coriace : -1D3 dégâts subis.
- Réflexes éclairs : +1 aux tests d'initiative en situation de surprise.
- Résistance accrue : +1 aux tests d'endurance.
- Sang froid : +1 aux tests de caractéristiques effectués en situation de stress ou tension.
- Volonté de fer : +1 aux tests de volonté.
- Traumatologie : Sait administrer les premiers soins ou favoriser une guérison plus rapide.

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien.
- Langage secret (Classique) : Capable d'écrire et de lire le Classique.
- Législation : Sait manipuler le droit à son avantage.
- Doctrine du Culte (Shallya)

- Cuisine : Se débrouille en cuisine. +1 pour détecter des substances nocives dans la nourriture.
- Empathie
- Affûtage mental
- Incantation - Shallya
- Sens de la magie
Équipement porté sur soi :
8 sous d'argent 8 deniers
- Bâton de marche
- Robe de bure jaunie / Tenue en lin / Ceinture / Sandales
- Grande sacoche contenant couverts, rations diverses
- Livre de prière de Shallya
- Amulette de Shallya
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Quoi ?! Pourquoi ?! »

C’était la seule réaction immédiate de Vallorbe. Une bien légitime dans cette situation. Le capitaine n’aimait pas que l’on discute de ses plans dans le feu de l’action — c’était une recette à désastre. Mais il était un homme assez intelligent pour reconnaître qu’il avait souvent besoin des conseils de ses subalternes ; si son « pourquoi » agressif semblait rhétorique, il n’en était rien, et c’est en regardant tout droit Éloi qu’il demanda une précision :

« Tu as la certitude que ça puisse faire quelque chose ?! Ou c’est juste un sentiment ?!
– Boss, faut qu’on bouge ! »

En même temps que la troupe se préparait, en rechargeant les arbalètes, en buvant des potions de soin, en vérifiant son équipement, en utilisant de la magie vitale pour Isarn, le spectre en face en faisait de même, à sa manière : on entendait des dalles de pierre bouger, des bruits de craquements d’os en train de bouger, et puis un cri, lointain, mais perçant, celui d’une banshee en train de faire connaître à chacun sa peine et sa colère.
Quoi que Vallorbe souhaitait faire, il fallait se décider vite avant de laisser l’initiative à l’adversaire. Le rôle de commandant n’était pas aisé…

« Je ne risquerai pas nos vies sur un simple sentiment, Éloi !
Hannes, préparez la poudre, nous allons-

– Non, il a raison ! »

Isarn s’était réveillée de sa torpeur. Pendant tout ce temps, elle était en train de murmurer en prenant Neville dans ses bras, afin d’apaiser ses plaies. Mais à présent, elle s’était dressée, et retrouvait le jeune Shalléen qui couvrait tout le groupe en face.

« L’ennemi que nous affrontons est une âme humaine — torturée et abandonnée depuis probablement plus d’un millénaire, mais une âme humaine quand même ! Nous avons le choix entre détruire son esprit, la manière forte — mais qui va être coûteuse car elle se bat chez elle, ou bien, on peut essayer de l’apaiser avant de la bannir au vent !
– Et vous sauriez comment faire ?!
– Au moins pour nous laisser terminer notre travail ici — même s’il faudra contacter le culte de Mórr qui devra revenir ici dans la semaine ! »

Vallorbe grinça des dents. Un regard au-dessus du pavois lui permit de voir la compagnie de squelettes et de revenants, nouvellement formés et rééquipés d’armes rouillées et de javelines faites de morceaux de fémurs, fondant sur eux à la vitesse d’escargots. Un assaut lent, mais inévitable, comme un glacier.

« Fait chier…
Vous pensez vraiment que le spectre est dans la tombe du roi ?! »


Oui, à en croire les horribles mythes Bretonniens.

« Ok ! Section, sur moi — la tombe du roi de ce tumulus est très certainement celle au milieu, juste derrière la statue ! Nous allons charger en force ensemble, former un périmètre autour, et protéger Isarn pendant son œuvre !
Assaut central, je veux une charge coordonnée, rapide, et violente en plein milieu ! »


Et Neville répéta les ordres dans un langage plus succinct.

« Formation rapprochée, sur Orléac ! »

Éloi sentit une main ferme sur son épaule : Neville, épée dégainée,, se collait à lui. Juste derrière, on pointait des arbalètes. Une sorte de colonne se forma naturellement, comme à l’entraînement qu’ils avaient répété des dizaines de fois dans des combats simulés.

« Tiens bon petit… C’est toi qui vas mener tout le monde, alors ne merde pas. »

Neville avait le chic pour retirer le trac à quelqu’un. On rêvait de l’avoir en coach de Middenball.
Surtout que juste en face, l’armée des morts-vivants semblait beaucoup plus terrifiante.

On entendait Isarn prier. Probablement qu’elle était à genoux. Elle invoqua fort la Dame du Lac, si bien que tout le monde pouvait l’entendre :

« Nimuë ! Vient nous trouver dans les profondeurs de ta Terre ! Jaillis par la pierre et le sol ! Ramène au repos tes enfants réveillés ! Eldoir-gaaalri hanor kenui ! Lalinoi a be quyl-isha tavlu ! »

Un éclair sembla provenir du plafond, illuminant toute la pièce pendant deux bonnes secondes. L’objectif, la sépulture principale, bien au centre, apparut clairement, alors que de la poussière volait comme des blessures des monstres autour.
Éloi savait parfaitement où aller.

« ASSAUT ! GO ! »

Tenant fermement son bouclier entre les mains, Éloi se mit à charger comme un diable. Passant à toute vitesse à travers les catacombes, suivi de derrière par tout le monde, il évita les obstacles, prit le chemin le plus court qui évitait tous les ennemis, et se retrouva vite au contact tout proche de la tombe, son épais bouclier faisant face aux javelines adverses, certaines volant à travers le groupe sans faire de dégâts.


La suite fut un carnage, un déchaînement de violence millimétrée. Glissant juste devant la tombe, fièrement, paré à encaisser les javelines, le jeune prêtre put voir autour de lui ses camarades se déployer avec une précision chirurgicale. Les trois chevaliers chargèrent chacun un cruel revenant d’os et de métal, pour lâcher des dizaines de coups vifs, bruts et violents. Les quatre arbalétriers posèrent un genou à terre tout autour, et décochèrent leurs carreaux dans tous les sens — seule celle de Beuves ne parvint pas à décocher, ce qui ne manqua pas de le faire hurler un juron dans une langue bizarrement étrangère :

« Robaccia ! »

Isarn, elle, sauta derrière Éloi, et tenta à nouveau de mélanger prières à la Dame et étranges mots dans une langue de Fées. Mais rien ne se passa, et avec une immense inquiétude qui s’empara de lui, Éloi vit tout droit au-dessus de leurs têtes le spectre qui désignait la damoiselle du doigt.
Mais la représentante de la Dame attrapa violemment le menton d’Éloi, le força à tourner la tête, et la regarda droit dans les yeux de ses perçants yeux verts :

« Protège-moi Éloi ! Je vais nous sortir de là ! »

Et là-dessus, elle tourna à 180°, et fonça vers la tombe ouverte pour se jeter dedans.

Protège-moi. La voix d’Isarn avait dit ça de façon claire, mais bizarrement tremblante aussi. L’adrénaline ? Ou la peur ? Jamais Éloi ne s’était senti investi d’une mission aussi… Personnellement. Elle avait bien dit protège-moi, pas protège-nous. L’effet n’était pas le même. Le cœur du prêtre se mit à s’endurcir, alors qu’il levait les yeux et regardait un monstre incorporel, métaphysique, de l’au-delà, une menace à des lustres de sa force.

Et pourtant, c’est avec une fermeté impeccable, et une volonté absolue, qu’il enfonça son bouclier dans le sol, attrapa son amulette de Shallya qu’il farfouilla sous son plastron de cuir, et qu’il se mit à hurler des psaumes du Livre des Larmes.


La magie noire vola, et un éclair tenta de frapper tout le groupe de combattants engagés en bas.

Mais sous les yeux d’Éloi, des colombes brillantes et transparentes se mirent à jaillir et voler dans le ciel, et elles se sacrifièrent, se jetant sur l’éclair formé pour le faire disparaître au vent.

Le combat continuait tout autour. Ça tirait des traits d’arbalètes dans un sens, des javelines qui éclataient en se brisant au sol de l’autre. On voyait des éclats de lames entre les chevaliers et les revenants, tandis que les squelettes continuaient d’approcher, inlassables, pas du tout choqués par les pertes dans leurs rangs alors que nombre d’entre eux tombaient en poussière, leur architecture disloquée par les assauts des Bretonniens.

Mais que foutait Isarn ?!

Le spectre, momentanément groggy dans le ciel, se remit à voler, à lever son doigt, et à désigner la damoiselle. Elle fit un énorme cri qui perça les tympans, alors qu’un autre éclair tout aussi dangereux que le précédent se forma.

Et à nouveau, la simple voix d’Éloi sembla conjurer toute la force de Shallya. Il lui semblait que la Déesse était là, quelque part, car à nouveau, des colombes volèrent — venaient-elles de sa bouche ?! Et l’éclair éclata, sauvant tout le monde !


Alors, derrière lui, Éloi sentit un souffle, comme une tornade. Il tourna la tête telle une chouette, et vit Isarn qui tenait contre son cœur un vieux crâne poussiéreux et couvert de toiles d’araignées. Les yeux fermés, la damoiselle parlait avec un ton serein et doux à ce morceau de restes humains.

« Chhhhhh… Chhhhhhuuuut…
Cesse de te battre… Tu es en sécurité…
Ces guerriers ne te feront plus de mal…
Je t’amène à Mórr. Tu dormiras seule dans la poussière. Viens avec moi. Je te protégerai. La Dame garde les femmes des mauvais hommes. »



Dans le ciel, le spectre se mit à crier plus fort. Mais sa forme vaguement humaine se mit à bouger dans tous les sens, à se tordre, à disparaître puis réapparaître un mètre plus loin. Elle se tenait la tête, les genoux, levait les mains vers le plafond, tout en criant, en s’agitant frénétiquement. On aurait dit que Isarn lui faisait du mal, mais… Mais non, pas du tout. Éloi avait déjà vu ça, dans l’hospice des fous de Brionne — comment parfois, certaines personnes voulaient se faire du mal à elles-mêmes, et qu’il fallait solidement les retenir au sol jusqu’à ce que la crise passe, afin de les protéger. C’était si similaire.

Le doux visage d’Isarn semblait rassurant. Elle continuait ses caresses et ses mots tendres, alors que tout autour, il y avait toujours une horrible violence de coups échangés, de cris, de blessures, et de morts-vivants tombant en poussière…


Mais c’est alors que Beuves approcha. Et, il tira de sa poche une sorte de grand cylindre en métal bien gris et brillant, frappé d’une fleur-de-lys de cire sur lequel était attaché un bout de papier. Beuves utilisa ses deux mains pour ouvrir le cylindre, qui était apparemment très solidement fermé car il lui fallut pousser un cri tout en le déverrouillant.
Sitôt que le cylindre se sépara en deux, il le leva, et alors, quelque chose d’horrible sembla se produire.

Du spectre flottant au-dessus d’eux émanait de la brume. Eh bien, à toute vitesse, cette brume se dirigea droit dans le cylindre, comme s’il était naturellement dirigé pour se stocker à l’intérieur. En le regardant faire, Isarn se leva de la tombe, les yeux écarquillés, et cria, d’un air terrifié :

« Qu’est-ce que vous faites ?!
– À votre avis ?! Cria Beuves tout en serrant les dents, son bras solidement levé pour retenir le flux d’énergie. Je la capture !
– Arrêtez ! Ne faites pas ça, vous nous mettez tous en danger !
– Je suis en train de tous nous sauver !
– J’ai la situation en main ! Vous empirez les choses !
– Vous avez fait votre… aaaargh ! Votre travail ! Laissez-moi faire le mien !
– Qui vous a donné le droit de faire ça ?! Laissez-la tranquille, monstre !
– Le Roy Louen m’en a donné… le… GRRRR ! LE DROIT ! Ce spectre… Il faut… Le SÉCURISER, pour l’ÉTUDIER ! Dans l’intérêt… DE TOUS !
– Non ! Je… Elle… Elle souffre depuis mille cinq cent ans ! Elle doit trouver la paix ! Et si vous échouez, nous sommes tous morts !
– C’est un putain de spectre, Isarn !
LÂCHEZ-LA ! »


Éloi était le seul assez proche, et pas actuellement engagé par un adversaire, qui pouvait intervenir.

Il sentait que chacun d’entre eux essayait de voler le spectre pour lui : Isarn le ramenait dans son crâne, tandis que Beuves le kidnappait dans son cylindre. Mais en tentant chacun de le déchirer en deux, ils risquaient simplement de faire virer la situation au désastre.

Il suffisait pour le prêtre de faire deux pas, et de retenir le bras de l’un d’entre eux pour que l’autre puisse terminer ce qu’il était en train de faire.

Mais valait-il mieux aider Isarn à sauver le spectre ? Ou Beuves à le capturer ?
Fallait-il sauver ce monstre ? Ou le capturer pour l’utiliser pour avoir un avantage dans d’autres combats ?
Notre Norse résidente reprends 15+(8) PV, de quoi soulager !
Isarn en profite de même pour lancer le sort de la Dame « Mains Guérissantes », qui n’est qu’une copie conforme du sort de Shallya.
(Jet de MAG d’Éloi : 20, échec critique. D’ailleurs non, ton personnage est très con et ne s’en rend pas compte, le sort d’Isarn est vraiment totalement unique et 100 % Damesque, franchement rien à voir avec Shallya :orque: )
Jet de MAG d’Isarn : 6
Elle se décide à toucher Neville et lui refiler 20+(10) PV ! Notre vieux boyo est en pleine forme !


Jet d’intelligence d’Éloi : 11, réussite.
Son plan a l’approbation d’Isarn, qui donne son autorité en plus.
Jet de CHA d’Éloi (Bonus : +5, soutien d’Isarn) : 12, VS précaution de Métabief : 17
→ Éloi gagne, allons faire le plan d’Éloi then.


Les renforts ennemis arrivent. Un grand nombre de squelettes et de revenants tout autour pour vous accueillir. Et c’est toi qui va mener la cavalcade.

Jet de résistance à la peur (Bonus : +3. Soutien psychologique de la colonne) : Réussite de justesse grâce au bonus. Tu trembles dans tes chausses, mais tu parviens à bannir la peur pour faire ton travail.

Isarn nous incante rapidement un p’tit « Lumière Divine » : 13, pschiiiiiout la tombe est illuminée et inflige des dégâts à tous les méchants autour. Mieux qu’une grenade !

Jet de charge (Bonus : +3. Appui d’une colonne d’assaut) : 1, réussite critique ! Tu parviens à passer à travers tout le camp ennemi avant qu’ils ne puissent faire la moindre chose et atteint en un temps record la tombe !
Toute la colonne agit en premier et peut faire une charge gratuite (Qui ne coûte pas une action mineure) !

Jet d’intelligence d’Éloi : 10, tu sais parfaitement où est l’ennemi et passe à travers le meilleur chemin.

Six jets de tirs de javelines des squelettes (-4 : Charge irrésistible et précise d’Éloi) : 10, 3, 19, 9, 6, 7 → grâce à toi, seule une parvient à passer.
C’est Beuves qui se mange le coup. Heureusement il avait pas pris de dégâts juste ici et il est solide.



Tout le monde attaque en même temps :
Charge de Vallorbe : 18, moche, puis 10, qui passe (Parée: 2)
Charge de Neville : 14, ça passe grâce au bonus de l’attaque (Parée : 7), puis 10 (11, pas parée), passe encore, tue son adversaire et se libère
Charge de Lanfranc : 10 beau

Tir d’arbalète de Guido : 17, nul à chier
Tir d’arbalète de Hannes : 13, tir réussi
Tir d’arbalète d’Aénor : 11, tir réussi
Tir d’arbalète de Beuves : 20, échec critique, son chargeur s’enraye, aïe aïe aïe

Isarn me balance un petit « Colère Juste » : 15, ouch, ça ne passe pas : (
Elle se dirige vers la tombe et commence à faire… Quelque chose : 13, mouais.



Au tour des méchants :

Le Spectre balance un p’tit Regard de Nagash : 3, OH SHIT.
Éloi me dissipe ça, mais ça peu de chances de passer : 1, dissipation irrésistible !


Contre attaque de trois ennemis engagés :
2 (Esquivée: 4), 16, 20 (Lanfranc rate son attaque d’opportunité : 15)

Assaut de squelettes, pas encore sur place.

On balance des javelines sur votre groupe dispersé (Attaques à -2) : 15, 18, 17, 13, 7, 10 → aucune ne passe, pas génial pour la Skeleton Team.



Nouveau round.

Vallorbe : 11, passe (Pas parée : 17), 14, passe, ennemi tué quoi qu’il fasse.
Neville : Passe au suivant : 6, hit (20 de l’adversaire : 2, Neville tue direct un squelette). Passe au suivant : 19, pas de killstreak.
Lanfranc : 5, passe (Pas parée : 12)

Trois tirs : 8, 9, 4, ça passe partout, pur massacre.
Beuves, répare son arbalète : 7, done, il retirera au tour suivant.

Isarn continue de traficoter dans la tombe : 1, réussite critique ! 9, réussite !
Au prochain round, le spectre va commencer à disparaître, mais il faut tenir !

Ça lui laisse le temps de réagir.

Regard de Nagash : 12, réussite de justesse.
Dissipation d’Éloi : 1, réussite critique d’Éloi !!!


Jets de combats et de tirs des squelettes, flemme de tout retranscrire, mais en gros il y a que des blessures légères dans le camp des Bretos.


Nouveau round.

Isarn : 18, mais 8 ensuite.

C’est bon, elle a réussi !


Il y a un énorme jet de lumière autour de la tombe, qui commence à disparaître.

Sauf que Beuves décide de venir s’en mêler…
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Frère Éloi
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Re: [Éloi] Reproduction

Message par Frère Éloi »

Je ne m’attendais pas à ce que sire Hardouin conteste mon idée : dans le feu de l’action, l’idée ne m’a pas traversé l’esprit. Mais voilà que notre commandant se tourne vers moi, en quête d’explications, cherchant à déterminer si la pertinence de mon plan vaut le coup d’amender son plan d’action. J’ai beau savoir que la brusquerie de sa question n’est pas dirigée contre moi -sire Vallorbe s’est toujours montré à l’écoute de nos suggestions- je le sens particulièrement tendu par notre situation. N’ayant toutefois aucune certitude, l’esprit accaparé par la reprise imminente de l’affrontement, je ne parviens pas à formuler dans l’instant mon intuition en une explication concise et cohérente. En effet, je ne suis pas certain de mon plan – une simple hypothèse vaut elle le risque d’exposer la compagnie aux conséquences d’une organisation tactique moins robuste ?

Interprétant mon air décontenancé comme une réponse négative, poussé par l’urgence de donner des directives, Hardouin écarte bientôt mon idée, et s’apprête à donner son dernier mot. C’est alors que Dame Isarn, émergeant de sa torpeur, vient à l’appui de mon idée, parvenant en quelques mots à le convaincre. Un curieux sentiment m’envahit à l’écoute de ses arguments – une sorte de soulagement d’être compris, qu’elle en soit venue à la même conclusion.

Toujours est-il que sire Vallorbe, finalement convaincu, ordonne une charge ciblée afin de pénétrer la ligne adverse, puis de former un périmètre de protection autour de la tombe centrale. Mon pavois devant moi, je me place donc machinalement en tête de notre petite formation. La main de Neville se pose sur mon épaule, et un murmure de sa voix familière émane de derrière mon oreille.

« Tiens bon petit… C’est toi qui vas mener tout le monde, alors ne merde pas. »

Pour lui, ça doit sûrement sonner comme un encouragement – quant à moi, je sens plutôt un tremblement naître autour de mes rotules, et un soupçon d’appréhension se lover au creux de mon estomac noué. Fléchissant les genoux, je tâche de noyer dans le mouvement ce frémissement naissant, de me réfugier dans la routine de gestes maîtrisés. Comme l’ordre de l’assaut se fait imminent, je ferme un instant les yeux, me répétant pour moi-même les conseils de Neville : charger rapidement mais à vitesse constante pour éviter de distancer le reste de la colonne, trouver l’ouverture la plus favorable dans la ligne adverse, s’y engouffrer, et une fois dans la mêlée... ne pas dévier.

Par la grâce de Shallya, la charge est un franc succès : décelant une ouverture favorable entre deux guerriers squelettes, je parviens à m’y engouffrer, mon pavois ouvrant la voie au reste de la colonne. Les javelines des revenants ne semblent pas nous ralentir, et nous nous déployons sans trop de mal autour de la tombe royale, l’air retentissant aussitôt du fracas des combats. Là, à la faveur d’un pas de recul pour réintégrer la ligne après avoir repoussé un squelette d’un coup de pavois frontal, une main nue aux doigts fins me saisit le menton, m’amenant sans ménagement à tourner la tête : c’est Isarn, qui me crie quelque chose avant de faire volte-face et de se jeter dans la tombe ouverte.

Protège-moi. Pas protège-nous – protège-moi. Elle a dit ça d’un ton bizarre, que je ne lui connais pas, avec un tremblement dans la voix qui ne lui est pas coutumier. Un étrange émoi m’étreint, que je ne m’explique pas : je me sens investi d’une mission particulière, d’une responsabilité personnelle de veiller sur la prophétesse. Levant les yeux vers le spectre ombreux, je me sens serein, résolu, déterminé : cette menace d’outre-tombe, qui excède mon entendement et mes capacités physiques, je ne la crains pas. Farfouillant du bout des doigts sous mon plastron jusqu’à trouver la petite colombe de bois au bout de sa cordelette, je la brandis bien haut, et entonne bien fort un cantique du Livre des Larmes, suppliant Shallya de poser son regard en ce tréfonds et de nous accorder sa protection.

« Terra tremuit, et oravi.
Cedant tenebrae lumini et nox diurno sideri,
Vidi impium elevatum et transivi.
Terra tremuit, et quievit. »


Ma voix vibre avec une étonnante force dans l’obscurité, et un vol de colombes surgi de nulle part s’interpose entre nous et les traits de lumière noire conjurés par le spectre – une fois, puis une autre, tandis que le spectre faiblit progressivement. Je verse des larmes de félicité devant cette manifestation de la Colombe, profondément ému de me faire le relais de sa lumière. C’est un sentiment ineffable, indescriptible, alors même que l’on se sait aimé, que d’en vivre ainsi la manifestation sensible.


De grands cris, tout près de moi, me tirent de ma bienheureuse contemplation, et je reprends mes esprits. Au-dessus de moi, le spectre paraît attiré, absorbé, d’un côté par un crâne entre les mains d’Isarn, de l’autre par un grand cylindre métallique brandi par Beuves de Malicorne. Le flux semble à la faveur de ce-dernier, et j’entends la prophétesse le disputer, d’un ton alarmé. Mais tout cela, relayé par mes sens, semble se produire au second plan de ma perception, rapidement supplanté par une impression inexplicable et pourtant nettement sensible, presque physique : l’intuition claire, distincte, qu’un désastre est sur le point de se produire si mes deux compagnons continuent de neutraliser leurs actions respectives. Les secondes me semblent s’allonger, et je jette un regard à l’un et à l’autre – ici, Beuves, le visage fermé, les dents serrées, concentré sur le maintien en l’air du cylindre, tentant d’emprisonner le spectre – là, Isarn, les yeux écarquillés, un air catastrophé sur le visage, s’efforçant d’apaiser l’apparition pour qu’elle puisse trouver le repos du Veilleur.

Saisissant l’impossibilité de les raisonner à temps, animé par l’urgence de faire cesser le statu quo, j’agis en accord avec mes convictions, quoique à contrecœur : me tournant vers Beuves, je le ceinture, m’efforçant sinon de le maîtriser, au moins de lui faire refermer le cylindre, ou de le lui ôter. Ce-faisant, le souffle court, la voix hachée, je l’apostrophe, tâchant malgré tout de lui faire entendre raison.

« Arrêtez, Beuves ! Laissez Isarn faire… Suivez le plan... ce n’est pas le moment ! »
Frère Éloi Voie du Prêtre Mystique
Profil : For 9 | End 9 | Hab 8 | Cha 11 | Int 11 | Ini 8 | Att 9 | Par 8 | Tir 8 | Mag 14 | NA 1 | PV 75/75

États temporaires
Une vie de Paix : +1 à tout jet visant à guérir un patient blessé, malade ou empoisonné.
La vie avant tout : doit tenter d'interrompre les affrontements auquel il assiste, à moins que le combat ne soit mené contre des ennemis.

Compétences :
- Maîtrise de l'Aethyr (1)
- Coriace : -1D3 dégâts subis.
- Réflexes éclairs : +1 aux tests d'initiative en situation de surprise.
- Résistance accrue : +1 aux tests d'endurance.
- Sang froid : +1 aux tests de caractéristiques effectués en situation de stress ou tension.
- Volonté de fer : +1 aux tests de volonté.
- Traumatologie : Sait administrer les premiers soins ou favoriser une guérison plus rapide.

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien.
- Langage secret (Classique) : Capable d'écrire et de lire le Classique.
- Législation : Sait manipuler le droit à son avantage.
- Doctrine du Culte (Shallya)

- Cuisine : Se débrouille en cuisine. +1 pour détecter des substances nocives dans la nourriture.
- Empathie
- Affûtage mental
- Incantation - Shallya
- Sens de la magie
Équipement porté sur soi :
8 sous d'argent 8 deniers
- Bâton de marche
- Robe de bure jaunie / Tenue en lin / Ceinture / Sandales
- Grande sacoche contenant couverts, rations diverses
- Livre de prière de Shallya
- Amulette de Shallya
Fiche wiki[Annexe] Brionne et Orléac

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