[Caleb Wolfgang] Bien que ces vaches de bourgeois...

Marienburg est le plus grand de tous les ports du Vieux Monde. Située à l’embouchure du fleuve, la ville est un énorme centre de commerce. Le Reik est ici un fleuve énorme, mesurant plus d’un kilomètre et demi d’une berge à l’autre. Marienburg est une cité indépendante (sans lien avec l’Empire), située au sein des Wastelands. c’est aussi le centre de l’activité religieuse du Culte de Manaan, le Dieu de la Mer.

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[Caleb Wolfgang] Bien que ces vaches de bourgeois...

Message par [MJ] Loec » 16 mars 2015, 20:42

La pluie rebondissait en gouttes légères sur les vitres du manoir Vermerrand, coulant comme des larmes le long des parois de verre. Dehors, la nuit était claire de la lumière bienveillante de Mannslieb, qui projetait des jeux d'ombres dans les rues et les canaux de Marienburg. Malgré l'heure tardive, il résonnait au loin le miaulement sans fin d'un félin agacé par le temps. Plus proche, un groupe de fêtards tentait de revenir à son logis, renversant tout ce qui pouvait se trouver sur son chemin, cela commenté de rires et de cris. Juste en face de la demeure, sous un auvent percé, tentait de se tenir au sec l'un de ces mendiants qui profitaient de la pluie pour ne pas se faire pourchasser par la garde. La demeure grinçait sous l'humidité, rappelant à tous les insomniaques présents l'âge du manoir.
Caleb était bien l'un des seuls à être encore éveillé. Il regardait d'un air absent le ciel gris, satisfait, au moins, d'être au sec et au chaud. Contre lui se serrait Magda, sa peau de lait disparaissant sous les couvertures, et ses boucles noires formant une auréole autour de sa tête. Elle dormait, semble-t-il, d'un sommeil paisible. Elle était encore jeune et inexpérimentée. Ce visage ingénu disparaîtrait bientôt. Ce n'était qu'une affaire de jours.

Ils n'avaient échangés que quelques caresses, ce soir là. Un comble, pour un homme comme Caleb! Il était fatigué. Du moins c'est qu'il avait prétendu. Mais le voilà là, encore éveillé à attendre que la pluie cesse. Il avait fait cirer les escaliers, aujourd'hui. Avec un peu de chance, le vieux Aelbert se lèverait cette nuit, dans l'une de ses irrégulières crises de folie et chercherai le chien Bragart, qui ne devait exister que dans son très vieil esprit. La demeure s'était bien dépeuplée depuis l'arrivée du proxénète. Un empalement malheureux sur l'une des grilles du manoir, une chute accidentelle dans le canal au revenir d'une soirée à la taverne, des départs à la campagne pour “changer” d'air. Il ne restait là que quelques vieillards et des serviteurs effacés, tant ils craignaient les colères de leur nouveau propriétaire. L'existence corrompue de Caleb avait vicié l'ordre de la famille Vermerran, qui redoutait encore de lui offrir l'une de ses filles afin de 'sanctifier l'adoption'. Bien que personne n'oserais jamais en parler, sa réputation était faîte, et il ne cherchait pas à l'améliorer...

Il y eu soudain du bruit en dessous de sa fenêtre. Le son d'une course effrénée, puis une respiration haletante, et soudain, des coups frénétiques portés à la porte. Magda s'agita dans son sommeil, mais ne s'éveilla pas. Encore l'un de ses badauds trop alcoolisé pour se rendre compte de ce qu'il faisait. Ou pire, un clochard cherchant asile sous son toit ! Il grogna. Qu'on le jette dehors! Et il eut des cris, quelqu'un appelait son nom :

“Caleb ! Caleb ! Par les chausses de Sigmar, laisse-moi passer, bougre d'abruti”. Le nouveau-Vermerran reconnut la voix traînante et désagréable de celui qui était, par défaut, son bras droit dans son activité. Au vu de son nouveau statut de noble, Caleb avait préféré délégué la gestion des tâches sur place à quelqu'un d'autre. Il était d'ailleurs visiblement en train de se frayer un chemin contre le portier qui, d'après les sons qui parvenaient à l'étage, avait été débordé par un coup de poing. Ce fût encore la cavalcade. Le voilà qui montait les escaliers. Caleb serra les dents en sentant ce qui allait arriver. Bien sûr, le visiteur venait de s'étaler sur les marches dans un bruit sourd et un grognement de douleur difficilement retenu. L'étage s'agitait. D'autre servants avaient été réveillé et s'activaient sur le pallier, allant au secours des ancêtres gémissants, ranimés par le tumulte qui résonnait dans le château. A peine quelques minutes plus tard apparaissait l'intrus, le nez et la mâchoire en sang, se massant le coude gauche. Le claquement sec de la porte fit sursauter Magda, qui dans un cri serra plus fort encore Caleb contre elle, perçant de ses ongles la peau de son amant.

“Bonsoir, ma dame” prit le temps de dire le nouveau-venu. Il aimait à se donner ce faux air de gentilhomme. Ironique, pour un homme avec une telle profession.

Il reporta son attention sur Caleb, tentant de reprendre son souffle.

“Caleb. Caleb. On a une urgence une bordel. Je... je peux pas te dire. Faut qu'tu vois par toi-même. On l'a enfermé pour le moment, mais je sais pas si ça va t'nir. Je t'attends en bas!”

Caleb le savait. On ne serait jamais venu le déranger pour quelque chose de peu d'importance. Certainement pas la nuit, ni chez lui. Quelque chose de vraiment grave semblait s'être produit. Mais s'il s'agissait de quelque chose de vraiment grave, que pourrait-il y faire? Se pourrait-il que ces sales gosses, Aîné et Puîné, soient venus pour se venger? Son cœur se mit à battre plus vigoureusement. Il aurait du les tuer il y a longtemps, dès qu'il le pouvait... Un dernier coup d'œil à l'extérieur.

Dehors, la pluie semblait vouloir se calmer...
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Re: [Caleb Wolfgang] Bien que ces vaches de bourgeois...

Message par Caleb Wolfgang » 17 mars 2015, 11:40

La reine de sceptre vint se poser sur le roi d’épée, et le prince d’écu sur la reine de sceptre. Puis le dix de calice sur le prince, suivi d’une série de petites cartes d’écu. Rien qu’il pût utiliser, et il ne restait que peu de cartes face cachée. Le jeu était bloqué ; les rouges et les noires s’annulaient mutuellement, mais semblaient satisfaites de la situation.

La pénombre rendait difficile la lecture des cartes. Dehors, derrière les fenêtres du manoir Vermerrand, la nuit était orageuse et la chambre de Caleb était baignée de la lumière argentée et verdâtre de la pleine lune, mais seule une infime partie de la lueur parvenait jusqu’aux cartes devant lesquelles le proxénète était assis en tailleur, un verre d’alcool fort à ses côtés. Il savourait le silence vespéral de son manoir.

Contre le jeune homme, Magda, une de ses nouvelles favorites, s’agita dans son sommeil et Caleb attendit qu’elle se calme, puis abattit l’une des cartes du jeu qu’il tenait en main. Il fronça les sourcils. L’Idiot Savant : l’atout qui pouvait s’accorder avec n’importe laquelle des quatre couleurs. Du moins en temps normal, dans le cadre d’une partie avec des adversaires en chair et en os. Mais ce n’était pas le cas, et l’Idiot n’avait rien à faire là. Il aurait dû être retiré du paquet avant le début de la partie. Caleb le mit de côté près de son verre, tira une autre carte et s’immobilisa. Il entendait des bruits de course en dessous de sa fenêtre.

Le nobliau demeura parfaitement immobile, écoutant l’abruti tambouriner sur sa porte d’entrée. Il était plus de deux heures du matin, et c’était sûrement Karl qui devait être en train de garder la porte. Soudain la voix de Schulze, son bras droit, perça dans la nuit.
Caleb posa sa main de cartes et prit une gorgée d’alcool. Il s’arrêta pour regarder la carte qui se trouvait sous l’Idiot Savant. Il grimaça. Le deux de calice, une carte insignifiante qui n’avait d’utilité qu’en début de partie. Il n’y vit aucun présage, bon ou mauvais. Le proxénète mit quelques instants avant de saisir les paroles de son homme de confiance, comme si son esprit peinait à assembler les mots.

A peine quelques minutes plus tard, Schulze fit son apparition dans la chambre de son employeur. Caleb eut un bref sourire ; Schulze avait toujours prétendu n’être qu’un simple fermier avant de rejoindre l’Empire du commerce de la chair, mais il avait l’instinct et le savoir d’un tueur à gages accompli. C’était d’ailleurs en partie pour cela qu’il l’avait choisi comme bras droit.

  • “Caleb. Caleb. On a une urgence au bordel. Je... je peux pas te dire. Faut qu'tu vois par toi-même. On l'a enfermé pour le moment, mais je sais pas si ça va t'nir. Je t'attends en bas!”
Avec une hâte toute relative, il descendit de son lit, laissant Magda seule, tout en grommelant contre ces “incompétents” qui venaient le déranger en pleine nuit. Le souteneur alla prendre son épée courte près de son lit et marcha jusqu’à l’ouverture de son manoir avant de jeter un coup d’œil dehors. A l’ouest, les écuries s’étalaient directement sous la pleine lune. Les nuages filaient dans le ciel d’ouest en est, et avec eux, la pluie semblait vouloir se calmer.
  • « Bon... voyons ce que me vaut ce réveil en pleine nuit. »
Caleb avait glissé dans ses paroles un mépris si profond qu’un roi n’aurait pas osé en user en parlant d’un mendiant. Pourtant un rictus découvrait déjà un sourire immonde. Il planta enfin son regard dans celui de Schulze :
  • « C’est quoi cette putain d’urgence, Schulze ? »
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Re: [Caleb Wolfgang] Bien que ces vaches de bourgeois...

Message par [MJ] Loec » 24 mars 2015, 22:32

Schulze était pantelant. De grosses gouttes de pluie coulaient encore de ses cheveux jusqu'à son menton et son cou. Il tenait encore d'une main la porte ouverte. De l'autre, il serrait son chapeau à larges bords, qui dégoulinait encore d'eau. L'ensemble commençait déjà à créer une large flaque à l'entrée de la chambre. Il jetait des regards à chaque coin de la pièce, comme si un monstre allait sortir d'un recoin sombre pour le dévorer. Cette peur semblait néanmoins authentique. Schulze n'était pas un tendre, et il avait vu et fait de nombreuses choses qu'un homme du commun ne pourrait pas même imaginer. Qui avait donc bien pu effrayer un homme de cette trempe. Il connaissait Caleb depuis quelques temps, son fonctionnement et ses légendaires colères noires. Il passait d'ailleurs pas mal de temps avec les filles et en avait apprit beaucoup sur le passé de Caleb... Bien qu'il ne s'en vantait guère.
Toujours cramponné à la poignée de la porte, il reprit contenance, à défaut de quelques couleurs, et dit :
ImageJe... Je peux pas vraiment te décrire. Tout ce que je sais, c'est que c'est arrivé entre le Jeune Oldenbarnevijn et Misha... Et j'ai pas été capable de rentrer là d'dans. J'ai à peine ouvert la porte que... Bref, c'est une fichue histoire, c'est la panique là-bas. Un vrai merdier. Ca discute sec là-bas. Je leur ai pas dit... j'ai juste eu le temps de prendre Misha...
Puis j'suis v'nu t'voir, parce que... on a besoin du chef sur le coup. J'ai peur que l'vacarme attire la garde. Et moi y m'connaissent, j'veux dire! Et ça s'raconte pas, c'que j'ai vu, ça se montre ! Ah par les roustons de Ranald, ces bouches...
Le discours de Schulze était erratique. Il semblait revivre en direct ce qu'il avait vu quelques minutes auparavant. Il faisait régulièrement des pauses, scannait de nouveau la pièce du regard, avant de s'abandonner dans de longues fixations d'un point imprécis... Il évitait de regarder Caleb dans les yeux, et semblait simplement pressé de s'en aller...

Quant à ce dernier, il essayait de se souvenir d'où venait ce nom d'Oldenbarnevijn... Ah ! Cela lui revenait. Les Oldenbarnevijn étaient la famille à la tête de la Guilde des Bateliers de Marienburg. Actuellement, le dirigeant en était Arnolt Olbenbarnevijn, un homme qui devait être âgé d'au moins quatre fois vingt ans, et dont le grand âge témoignait de sa maîtrise du jeu des ombres de Marienburg. Néanmoins, il était clair pour tous que le vieil Arnolt n'était plus qu'une figure, et que ses affaires étaient désormais prises en main par son fils Tim. Du moins jusqu'à ce que le vieux meure et qu'une nouvelle élection soit faîte au sein de la Guilde. Quant à savoir pourquoi Tim « Le Jeune Oldenbarnevijn » avait finit dans le bordel de Caleb et ce qui lui était arrivé, c'était une autre histoire...

Grommelant, le proxénète descendit à pas précautionneux les escaliers. Une silhouette était affalée contre le mur, un filet de liquide brillant sous la froide lumière de Mannslieb glissant jusque sur son torse. C'était Karl, bien entendu, dont la livrée recevrait une nouvelle tâche. Caleb attrapa l'un de ces manteaux de fourrure mité qui trainaient près de la porte. Schulze était déjà dehors, remontant son col pour se protéger des éléments. Dehors, il y avait toujours cet horrible félin qui miaulait à la lune, ne semblant pas vouloir s'arrêter. Dehors, les hauts hôtels particulier, bardés de gargouilles renvoyaient des ombres malsaines sur le sol. Même ici, les rues étaient sales et boueuses, sentaient l'urine. De petits ruisseaux de pluie et d'immondices ricochaient entre les pavés, rejoignant les nombreux canaux qui perçaient la cité-état. Plus loin, un bateau grinçait comme un cercueil, luttant contre les éléments et son arrimage. Le duo de proxénètes traversèrent rapidement le quartier, tout au plus quelques manoirs avachis sur leur fondations, avant de traverser un pont de pierre fissurée, dont les rebords accusaient le passage du temps, des éléments et du peu d'intérêt du pouvoir pour l'entretien des biens publics. Ils arrivèrent bientôt en vue de la large bâtisse, éclairée de quelques torches sur ses murs. Le silence qui l'entourait sembler coller à ses murs tel un ichor noir, et n'était absolument pas de bon augure. Tout comme la foule de badauds, ignorant des éléments qui formait un cortège de prières et de bougies autour du bordel.

Fendant la foule, Schulze et Caleb firent le tour de la maison de passe pour entrer par la petite porte, qui se trouvait plus loin, sur la façade est, sous un porche muet, trop étroit pour que quiconque y trouve un plaisant abri. Après avoir tourné les clés dans la serrure, Caleb poussa légèrement le battant. Cela faisait un certains temps qu'il n'était pas revenu dans son berceau, mais d'aussi loin que lui remontaient ses souvenirs, il n'avait jamais vu le bordel dans une atmosphère aussi tragique. Les lanternes avaient été éteintes, et la seule source de lumière provenait de quelques bougies dans le coin opposé de la pièce, le même endroit où s'étaient rassemblées les filles, dans divers états de dénudement, des couvertures passées sur les épaules, serrées les unes contre les autres comme une colonie de cafards. Certaines tenaient d'une main mal assurée des armes de fortune : chandelier, couteaux, morceaux de bois. En détaillant le groupe, Caleb se rendait compte à quel point il s'était éloigné de son activité en si peu de temps. Le champs de bataille de la politique lui était devenu bien plus excitant... S'il reconnaissait ça et là quelques filles, un grand nombre de visages lui restaient inconnus, faces anonymes pour des corps anonymes...

Son entrée fut remarquée. Le petit groupe de femme se resserra encore, si c'était possible, tandis que les plus courageuses cherchaient du regard qui pouvait être le nouvel arrivant. La pluie rebondissait en chocs irréguliers sur la toiture tordue, distordant les sons. Depuis l'intérieur du bâtiment, on pouvait entendre le murmure des prières venues de l'extérieure. Et, plus indistinctement, dans le lointain, une sorte de râle, tantôt un grognement, tantôt des gémissements, qui venait de l'étage. Posant son index sur ses lèvres, Schulze précéda Caleb dans l'escalier, prenant garde à faire le moins de bruit possible. Ce dernier le suivit à pas de loups, mais ne put s'empêcher un éternuement lorsqu'un nuage de poussière vint le frapper dans les narines. Cela eu pour seul effet apparent de désacraliser le silence pesant de la bâtisse. Arrivés sur le pallier, Schulze glissa furtivement jusqu'à l'unique pièce dont la porte était fermée. Sur le passage, Caleb pu voir l'était d'affolement apparent dans lequel ses filles avaient quitté l'étage. Ça et là, des vêtements et accessoires étaient éparpillés, et ici, un client avait même été oublié. En arrivant devant la porte, le Vermerrand pu entendre avec plus de clarté qu'auparavant les râles. Mais pas de mouvement, rien. Seulement une respiration rauque qui semblait venir d'un milliard de bouches. Les paroles de Schulze lui revinrent un instant en tête. C'était le moment de l'action.

Tirant sa lame et poussant légèrement la porte, dans la lumière blanche de Mannslieb se découpait une silhouette filiforme. Poussée par un instinct surnaturel, la créature se tourna vers Caleb, lui offrant un spectacle sans précédent. Ses jambes apparaissaient comme deux bûches extraites d'un arbre malade. Des taches blanchâtres et suintantes formaient de larges auréoles sur ses membres, qui surmontaient de ridicules pieds aux doigts tordus et noirs, qui évoquaient sans l'ombre d'un doute une serre cruelle. La peau de son torse apparaissait comme retournée, et déchirée dans l'effort. De larges sillons sanguinolents barraient son ventre et sa poitrine. En dessous de cette panse distordue, là où aurait du se trouver un pénis, n'était visible qu'une large limace noire, baveuse et gigotante, rattachée au corps par nul ne sait quelle sombre magie. De longs bras flasques pendaient de chaque côté de la cage thoracique de la bête, l'un plus bas que l'autre traînant presque au sol. Ils étaient tous deux couverts d'une fine fourrure noire, percée de quelques trous où la chair à vif se couvrait de chancres noirs, gonflés, prêts à éclater. Quand à la face de la bête, elle était tout bonnement insoutenable. Le visage s'ouvrait en une corolle de chair à la couleur maladive, percée de croûtes sanglantes. Sur chacune de ces pétales s'ouvrait une large rangée de dents, sans lèvres, qui claquèrent à l'unisson dans l'air, alors que la bête s'approchait de Caleb, levant ses bras trop longs pour tenter d'attirer l'intrus vers ses multiples mâchoires...
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Message par Caleb Wolfgang » 28 mars 2015, 18:45

Caleb Wolfgang s’engouffra dans l’escalier où Schulze avait disparu un instant plus tôt. Il se décrocha le cou pour jeter un coup d’œil en arrière, observant le rassemblement de prostituées à l’étage inférieur. Cela faisait bien trop longtemps que l’escroc avait délaissé son établissement, s’encroûtant dans une pathétique représentation de la noblesse. Ce n’était pas de cette manière que son commerce allait s’étendre à tout l’Empire. Lui, le Prince des Plaisirs, qui en avait pour le moment que le surnom, se devait de reprendre le contrôle de son commerce.

Sa résolution raffermie, Caleb déboula au palier de l’étage, s’étant fait distancer par son fidèle bras-droit. Le nobliau fronça les sourcils en découvrant Schulze en train de lui montrer une chambre du bout du doigt. Dehors, l’orage redoublait d’intensité et lui instillait la sensation de se trouver dans le ventre de quelque bête géante. Les yeux du proxénète se portèrent sur la chambre d’où étaient provenus les gémissements.

L’abomination se tourna vers Caleb. Il aperçut des lèvres bleuâtres et vit que les yeux de la créature étaient fermés. Sa peau grisâtre avait un teint de cendres et Caleb pouvait voir le réseau de veines bleues en dessous. Les lèvres bleues de l’abomination se retroussèrent en une grimace écœurante.
Des flammes bleues étincelaient dans les orbites creuses du visage de cette chose. Caleb sentit son esprit vaciller. Poussée par son instinct, la créature se retourna vers le propriétaire des lieux et commença à s’avancer vers lui. Elle avait des mouvements raides et spasmodiques, comme une affreuse marionnette au bout d’un fil. Quelque peu décontenancé par cette découverte, Caleb referma la porte et se tourna vers son bras-droit :

  • - C'est quoi cette chose ? Où sont Misha et le jeune Oldenbarnevijn ?
Nimiel a écrit :Schulze baissa les yeux et se tordit les mains. Il se recroquevilla contre la porte, ses cheveux noirs retombant en mèches inélégantes sur ses épaules.

Je, je sais pas patron. J'ai juste entendu du bruit à l'étage. C'tait Misha qui criait et yavait toutes les filles dispos qui sont v'nues voir. Et avant que j'ai le temps de monter les escaliers, c'était la panique. Elles gueulaient de partout que y'avait un monstre, un monstre avec Misha. Ben sûr', ça a fait fuir les clients... Et les filles voulaient plus bosser, elles avaient peur.
Et là j'ai ouvert, et je suis tombé sur ce... truc. Mais promis patron, c'est jamais passé par en bas! Je sais pas comment ce truc est arrivé là!


Il semblait vouloir disparaître dans la porte derrière laquelle les étranges sifflements et grognements se faisaient toujours entendre.

J'suis v'nu voir après que le merdier se soit passé. Et y'avait la... chose, le truc là. Il cogna du doigt contre la porte Horrible...

J'avais mis un truc pour bloquer, mais ça a du tomber, ou quelqu'un l'a enlevé, je sais pas! Et puis, j'suis v'nu vous voir tout de suite. Et y'avait des gens déjà dehors qui priaient. La nouvelle est allée vite...
Et j'voulais pas forcément que la garde elle eum' trouve ici, vous voyez ?
Caleb pesta contre l’analphabétisme de Schulze et ouvrit de nouveau la porte, sa rapière bien en place dans sa main droite. Les traits de l’abomination étaient toujours figés en un rictus hideux, un masque de mort dément, et une flamme bleue et froide brillait dans ses yeux. Réconforté par la présence rassurante de sa rapière, le maquereau entra dans la pièce.
  • - Schulze avec moi, et ferme la porte derrière toi. J’espère au moins que ta maîtrise des combats n’est pas aussi brouillonne que tes explications. J’ai rien compris, illettré !
La chose avançait encore vers Caleb et exhibait toujours son sourire figé de cadavre en le fixant de ce regard habité d’une flamme glacée.
  • - Hé le p’tit Oldenbarnevijn ! Tu peux nous entendre ? Tu peux nous répondre ?
Malgré les explications incompréhensibles de son acolyte, Caleb Wolfgang avait l’intime conviction que cette horreur qui se trouvait devant lui n’était personne d’autre que Tim Oldenbarnevijn. Quant à savoir comment il était devenu cette créature indéfinissable…
Si la créature ne me répond pas et qu’elle continue son avancée, je lui mets un bon coup de rapière (avec l’aide de Schulze). :clindoeil:
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Re: [Caleb Wolfgang] Bien que ces vaches de bourgeois...

Message par [MJ] Loec » 03 avr. 2015, 22:42

La pluie lourde tombait toujours dehors, ses gouttes s'écrasant avec fracas au sol, affaissant les arbres et éteignant les bougies de la masse religieuse bêlante qui répétait ses prières dans la même cacophonie. Ils étaient des moutons, des moutons affolés par la pluie et l'inconnu, bêlant plus fort pour attirer le berger, des imprécations que Caleb et Schulze pouvaient entendre jusqu'en haut, dans la chambre où se passait les choses... Ils étaient tout deux entrés dans la pièce, rasant les murs chacun de leur côté, encerclant la créature. Celle-ci titubait prudemment, claudiquant vers l'une ou l'autre des entités qu'elle avait perçu, Manann seul savait comment. Elle était clairement maladroite et sa tête pivotait sur elle-même, une toupie désaxée de bouches et de chairs bouffies, pendantes et ensanglantées. Un éclair brilla au loin, illuminant la pièce d'une lumière malsaine.

A bonne distance de la créature, du moins, du plus que le permettait la petite chambre, Caleb lança le nom d'Oldenbarnevijn à la créature. Qui sembla effectivement réagir puisqu'elle se retourna vers lui, dans un craquement d'articulation qui fit se crisser les dents aux deux autres protagonistes présents. Elle avançait, mais avec quelle intention ? Etait-ce de la prédation ou la reconnaissance d'un nom disparut derrière les mutations physiques ? A l'autre bout de la pièce, Schulze se rapprochait, gourdin au poing, de la créature, suant à grosse gouttes – ou bien était-ce encore la pluie ? - tout en jetant de furtifs regards à Caleb, attendant le signal de son chef pour attaquer. La scène semblait irréaliste. Pendant un instant, le maquereau cru avoir eu la bonne intuition. Le temps s'écoulait comme au ralenti, alors qu'il reculait jusque dans le coin de la pièce, et que la monstruosité se rapprochait de lui à pas mesurés, suivie par Schulze, sur la pointe des pieds, serrant toujours sa matraque à deux mains...

Cet instant se brisa comme le verre d'un miroir. D'en bas, une voix impérieuse, résonna :

“Pour l'amour de tout ce qui est sain, laissez-moi passer ! Laissez-moi entrer et purifier le mal qui a frappé ce lieu de décadence ! Laissez-moi amener devant vous le responsable de cette corruption !”

Cette voix, grondante, marquée d'un léger accent, avait brisé la relative quiétude qui s'était établie dans la pièce. La créature, percevant le bruit, rejetta la tête en arrière dans un autre craquement d'articulation qui sembla ébranler les fondations même de la bâtisse. Sous la panique, Schulze se jetta dessus et la frappa d'un coup de gourdin... Le monstre touché à l'arrière de la tête fut repoussé sur Caleb, qui sous la surprise, manqua son coup de rapière. La créature, encore un peu groggy par le coup soudain qu'elle venait de recevoir, se jetta immédiatement sur Caleb pour tenter de le mordre. Fort heureusement, les réflexes du maquereaux, boostés par l'adrénaline, ne lui firent pas défaut, et il repoussa sans mal la chose qui tomba au sol, avant de recevoir un autre coup de Schulze au visage. Un ichor violassé jaillit du visage du monstre, mouchettant les murs et brûlant la chair de Schulze, qui lâcha son gourdin dans un gémissement de douleur...

Caleb était désormais au-dessus de la créature, rapière en avant, son autre main appuyée à l'endroit où les dents de la créature l'avait un instant coupé. Elle était à sa merci, gigotant sur le sol, éruptant de quelques gras liquide sombre qui s'écoulait en une vase noire autour de lui, faisant fumer le sol et le tapis. Une folle cavalcade résonna dans l'escalier et la porte s'ouvrit avec fracas quelques secondes après, laissant apparaître la silhouette d'un homme entièrement vêtu de rouge dans l'encadrement de la porte ; tout portait cette couleur cramoisie : ses chausses, la longue tunique qui lui serrait le torse ainsi que le capuchon rabattu sur sa tête, qui faisait disparaitre ses yeux dans l'ombre et lui donnait un air vraiment menaçant dans la semi-pénombre qui régnait dans la pièce. Dans la main droite, il tenait un pistolet en argent d'excellente facture, négligemment pointé vers Caleb.
Schulze était toujours en train de gémir silencieusement dans un coin, les mains posées sur le visage.
ImageAllez ! Faîtes-le ! Seule la mort attend cette abomination !
Et ensuite... il passa la langue sur ses lèvres vous devrez répondre de vos crimes...
Caleb était toujours debout au milieu de la pièce, le pied posé sur le monstre pour ne pas qu'il se relève. A peine quelques mètres plus loin, cet individu le menaçait d'une arme, et son accent n'était assurément pas Marienburger. Comme pour ajouter au chaos, les cris de la Garde, qui dispersait les passants, se firent entendre en contrebas...
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Re: [Caleb Wolfgang] Bien que ces vaches de bourgeois...

Message par Caleb Wolfgang » 05 avr. 2015, 18:26

La porte s'était ouverte comme sous le souffle d'un coup de tonnerre plus violent que les autres, qui déchira la nuit de toute sa lumière. Une silhouette se découpa aussitôt dans l'embrasure, une respiration seulement avant qu'elle ne la franchisse. Caleb battit des paupières pour chasser de ses yeux les étincelles qui y papillonnaient. Il put enfin discerner un homme entièrement vêtu de rouge, qui le fixait avec un regard où dansait une sombre vitalité. Un feu étrange, peut-être malsain, donnant l'impression qu'il emplissait toute la pièce, qu'il n'y avait que cela à voir. Ce prêtre lui jeta des ordres à la figure, dont la pointe railleuse fit hurler en Caleb jusqu'à son instinct de préservation !

Mais qui pouvait bien être cet homme qui se permettait de lui donner des ordres dans son établissement, au milieu de la nuit ? s'interrogea Caleb en les regardant se déplacer dans la pièce en laissant une coulée d'eau de pluie derrière lui. Pour grave qu'était l'accusation de pactiser avec le chaos, elle n'en restait pas moins soumise à procès, non à exécution. Ce type-là lui faisait davantage penser à un bourreau avenant qu'à un autoritaire représentant... Sans se démonter, il avait pénétré dans le bordel de Caleb en faisant fi de la politesse...

Et dans les yeux de cet homme, Caleb ne lisait rien. Rien qui puisse lui faire croire qu'il hésiterait à les tuer, lui et Schulze. Caleb avait eu l'occasion de croiser les froides prunelles de bien des tueurs patentés dans ce monde, mais ce type-là n'était pas simplement un tueur. C'était un exécuteur, un bourreau mondain. Sa parole était porteuse de toute l'autorité d'un comte fantomatique et pourtant disposant d'un tel pouvoir ! D'une telle influence ! Ces mots qu'il lâchait, narquois, coupaient comme de l'acier bien trempé. Son âme avait été vendue et depuis, il faisait commerce de violence ; telle semblait être l'histoire de cet inquiétant personnage.
Caleb s’était toujours dit que l'homme sans peur était certes un bon soldat, mais c'était aussi un mort qui marche. Pour peu qu'il accompagne son impavidité de plaisir, il devenait quelqu'un à craindre sans exception possible. Et ce passage de langue sur les lèvres dont cet émissaire s'était fendu, bien qu'il n'indiquait pas nécessairement un réel plaisir, dénotait trop de relaxation et de détente face à la situation. Ce n'est pas en riant qu'on s'en va affronter les forces corruptrices du chaos... A moins d'avoir de solides raisons de ne pas les redouter.

Le maquereau se secoua mentalement pour revenir à la situation présente, faisant fi des inquiétudes que cet individu avait soulevées en lui. Le nobliau prit le parti de river son regard dans celui de l’abomination. Il réprima le frissonnement de sa laideur intérieure... car ce qu’il put lire au fond de ces orbes de ténèbres, c'était davantage que de la faim. Il s'agissait d'une convoitise, une convoitise absolue, mesquine et cannibale. Caleb réalisa avec dégoût que la chose avait été humaine jadis, et qu'aujourd'hui elle avait régressé à ce stade anthropophage. Au nom de quoi ? Il savait que le chaos pouvait faire muter ses adeptes, les réduire à des pantins défigurés et pervertis, mais pour en arriver à ça !
Au cours de son existence, tout le monde pouvait gagner ou perdre en humanité. Mais là, il avait fallu y renoncer. Renoncer à ses droits sur la pitié et la compassion, renoncer à ses droits sur l'amour et le réconfort. L'être qui lui faisait face s'était destiné à l'oubli de l'instant présent. Elle n'avait plus rien sans doute comme conscience que celle de la seconde qu'elle vivait, dans une sorte d'éternel brouillard.

"Viens recouvrer ton humanité dans la mort" pensa Caleb, dans une prière muette adressée à son ennemi, avant de planter son épée dans le ventre de la créature.
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Caleb Wolfgang, voie du Pouvoir
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[MJ] Général Boum
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Re: [Caleb Wolfgang] Bien que ces vaches de bourgeois...

Message par [MJ] Général Boum » 05 avr. 2015, 20:00

L'abomination se fendit d'un dernier gargouillis alors que le fil acéré lui passait en travers de la gorge. Son sang épais s'écoula lentement sur le sol, créant des panaches de fumées alors qu'il brûlait le bois. L'odeur était bonnement infecte. Des remugles de nourriture moisie se mêlait à l'odeur nette d'excréments, irritait les yeux, piquait les narines et retournait l'estomac, laissant un goût acide dans la bouche.
La chambre serait assurément à changer. Cette pensée si prosaïque tranchait assurément avec la tension de l'actuelle situation.

Le regard de glace de l'étranger n'avait pas quitté Caleb, qui désormais débarrassé de la plus proche menace, pu détailler l'individu. Sa tenue, hormis l'originalité de sa couleur, restait remarquablement simple. Néanmoins, en s'y attardant un peu plus, on pouvait y percevoir de discrètes marques de richesse. Le tissu de lin était de très bonne facture, et la guimpe qui entourait son visage était assurément de soie. Un discret collier d'or pendait de son cou, arborant un pendentif en forme d'épée, incrusté de quelques petites pierres précieuses. Son visage était indéchiffrable. Il avait visiblement été marqué par son existence. Sa peau semblait aussi sèche qu'un parchemin et parcourue de fines cicatrices blanches. Son visage était bien trop maigre pour une personne de son apparente richesse, et les poils était résolument absents de ses joues, surmontées de pommette qui saillaient dans la semi-obscurité. Ses grands yeux noirs disparaissaient sous d'épais et broussailleux sourcils poivre et sel. Derrière lui, son ombre tressaillait et dansait en même temps que la foudre éclatait dehors.

"Bien... Qui que vous puissiez être, vous êtes accusé de sorcellerie et de la pratique de moeurs déviants... Sans compter que l'existence même de ce lieu est un danger moral pour la pieuse unité de cette ville"

Sans aucun doute, il n'était pas d'ici, sûrement du sud, peut-être de la lointaine contrée de Tilée ? Marienburg était une ville cosmopolite. Néanmoins, sa diction du Reikspiel était très bonne. Il y avait quelque chose dans cette voix, si étrangère et si confortable, qui mettait mal à l'aise.

"En conséquence, je mènerai votre procès et ce lieu de misère spirituel sera... détruit. Rasé. Effacé. On ne peut prendre le risque qu'un tel lieu pervertisse plus encore cette pieuse congrégation..."

Il n'avait toujours pas quitté Caleb du regard. Et son sourire prédateur s'était maintenant effacé, remplacé par une moue presque dégoûtée. Schulze avait arrêté de geindre et s'était relevé dans un coin de la pièce. Il jetait de furtives œillades à son employeur, prêt à agir dès que Caleb lui en donnerait l'ordre. Sa joue droite, jusqu'à la commissure de ses lèvres était rouge, et la peau gonflait déjà. Il n'était vraiment pas beau à voir, plus encore que d'habitude...

"Par l'autorité qui m'a été confiée par la très sainte Eglise de Véréna, moi, Agosto Pereñeda, obéissant au Très Haut Mandat de Justice vous met aux fers, en l'attente d'un procès."

Il n'y avait aucune éloquence, aucune fantaisie, dans cette voix. Simplement une récitation, froide et mesurée, d'un texte qui avait dû être répété des centaines de fois dans le passé. Son arme n'était plus tendue vers Caleb, pour lui, le maquereau devait le suivre. En bas, il semblait qu'une troupe beaucoup plus nombreuse était entrée. Étaient-ce là les hommes de main de cet Agosto...

Le suspens ne tint pas longtemps, car du bout du couloir on entendit :

"Sergent Geert ! Il y a quelqu'un par ici !"

Les escaliers résonnèrent encore du fracas de deux hommes qui montaient. Sergent Geert, hein? Sans être un client régulier, il passait parfois au bordel de Caleb, et fermait les yeux sur la fréquentation de l'établissement par ses hommes. C'était peut-être une chance?
Son visage d'habitude bonhomme était fermé, et l'on sentait qu'il était à deux doigts d'exploser de colère.
Arrivé à la hauteur de la chambre où se passait les événements, il demanda à grands cris :

"Quelqu'un peut-il bien m'expliquer ce qu'il se passe ici ?!"
Et pif, paf, pouf ! Et tara papa poum !
Je suis moi le Général Boum ! Boum !

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