Oscar était profondément endormi. Il rêvait...
Les courbes de la ravissante Edwige dansaient lentement devant lui. La banquette était moelleuse, l’alcool fort et le tabac caramélisé. La pièce était immense et des chats ailés se promenaient lentement alentour. La musique était suave et grave tout en parfumant la pièce d’épices rares. Un chat vint se poser en douceur à ses cotés et commença à lui caresser le visage. Dans son rêve Oscar sourit et adressa à son tour une caresse au chat. Mais le chat continua malgré les injonctions pressantes d’Oscar pour qu’il cesse. Il voulait profiter de la danse que la ravissante créature lui offrait mais le chat continuait encore. Quelque chose n’allait pas, les animaux et surtout les chats lui obéissaient toujours…
Le rêve se dissipa en un instant, la conscience d’Oscar reprenant pied fermement avec la réalité. Le contrebandier garda les yeux clos. Si Kében l’avait réveillé discrètement c’est que quelque chose se passait. Glissant lentement sa main, sous son oreiller gabardine, il mit ses sens en alerte.
Un bruit ? Des ronflements profonds… Durak.
Une Odeur ? Alcool et cataplasme… Son bandage.
Sous l’oreiller gabardine, sa Main Gauche était toujours là. Il s’en saisit et repoussa doucement Kében de son autre main. Il ouvrit lentement les yeux, prêt à toutes éventualités, et après avoir relevé son chapeau lentement, il balaya du regard les ombres alentours…
Kében satisfait, descendit doucement de la méridienne puis s’immobilisa. Comme s’il se mettait en chasse le chat sembla montrer une direction à Oscar. L'Escroc se leva sans bruit récupérant son épée. Torse nu, sa dague dans une main et son épée dans l'autre il resta un instant silencieux écoutant les bruits alentour. Kében était toujours immobile.
Oscar s'approcha alors de Durak avec précaution et posa sa lame froide dans le cou du nain avant de le pousser du bout du pied pour le réveiller. Il pensait que le nain, rompu au combat, n'esquisserait pas un mouvement ni un mot s'il se réveillait une lame sous la gorge. Ainsi ils resteraient silencieux et garderaient l'avantage s'il était nécessaire d'en avoir un...
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