Si l’aller s'était montré particulièrement déroutant, Heimlich retrouva sans problème le chemin du retour. Il atteint donc la place marchande en une trentaine de minute. Pourtant, certains commerçants commençaient déjà à fermer leur devantures et la dense population de ce matin s'étiolait progressivement, laissant ça et là des emplacements vides. Heimlich entreprit donc de chercher la jeune femme qui l'avait interpelé ce matin. Il se dirigea avec assurance vers l'endroit où elle était sensé se trouver mais il s'avéra qu'elle était déjà partie. Un regard un peu plus approfondi sur son étalage lui aurait appris qu'elle ne vendait que peu de produits. Il semblait donc évident qu'elle ne resterait pas longtemps...Jet d'orientation (sous l'INT) :
Tu mets 30 min + 1 heure tous les 2 degrés d'échec à retourner au marché.
Obtenu -> 3.
Dérouté, le noble se demandait ce qu'il allait faire désormais lorsqu'une passante le bouscula, renversant son panier d'achats aux pieds de celui-ci.
C'était encore une femme. D'un âge relativement jeune, elle était toutefois plus âgé que lui. A vu de nez dans les trente-cinq ans. Mais au contraire de la vendeuse trouvée plus tôt, son visage n'était pas particulièrement élégant et le capuchon blanc qu'elle portait signifiant son état de domestique n'arrangeait pas les choses. Manifestement, c'était une servante envoyée par son maître pour faire quelques courses. Au grand étonnement d'Heimlich, elle portait des vêtements de qualité. Son tablier d'un blanc immaculé était fait d'un lin solide et ne portait que des rares traces de raccommodage extrêmement discrètes. Par dessous, une robe brun mat typique mais qui convenait parfaitement à son teint rose et frais. Brune, les yeux marrons, une observation plus attentive lui donnait presque un certain charme que les quelques grains de beauté parsemant son visage au niveau de son nez et de ses joues finissaient de compléter.
Mais Heimlich n'eut pas plus loisir de la détailler que celle-ci se confondit immédiatement en pardon, allant même jusqu'à se prosterner devant lui. Si la chose ne le choqua guère, c'est le vocabulaire employé par la femme qui le surprit. Pour une personne de sa condition sociale, elle s'exprimait étonnement bien. On était loin du vulgaire charabia des bas-fonds. Les mots étaient choisis et respectueux malgré la lourdeur du flot d'excuses qui semblait intarissable.
Devant le silence notable du jeune noble, elle se tut enfin. Son regard passa rapidement sur les fruits et légumes éparpillés sur le sol mais elle savait qu'elle ne pourrait les ramasser que lorsqu'Heimlich lui autoriserait de se lever. Elle attendit donc patiemment que celui-ci ouvre la bouche et la punisse.