[Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
Modérateur : Equipe MJ
- [MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
Soir. Un Salon particulier du Palais...
Bien qu'il affichât chaque fois une mine de butor vexé, il n'y eut nulle réaction verbale de Jack aux quelques piques que lui contrelança Lucrétia... Et les jumeaux évitèrent bien de s'en mêler plus outre...
Ils avaient opiné, d'un air satisfait, aux derniers mots de la lahmiane:
-Sa Majesté sera enchanté de savoir que vous êtes intéressée par cette mission, baronne guerrière, dit l'un, tandis que l'autre demandait à ce qu'on leur apporte une carte des "Principautés du Dragon"...
Le temps que celle-ci arrive, le premier enchaîna:
- Votre requête, quant à des connaissances de la région proche, va être bientôt comblée... Mais sachez d'avance, tout de même, que si un nécromancien autre que notre ennemi des Ruines se trouvait dans la région, nous le saurions et l'aurions déjà recruté...
Suite de l'autre:
-De ce fait, un retour dans le Vieil Empire nous paraît le meilleur moyen pour s'en procurer un... voire le seul moyen?... La caravane marchande avec laquelle vous êtes venue y repartira justement sous peu: Pourquoi n'en profiteriez vous pas?...
La carte fut alors apportée, et ils la déplièrent sur une table du salon. Elle n'avait rien de luxueux, mais semblait néanmoins pratique et réalisée avec compétence.
Les jumeaux laissèrent à Lucrétia le temps de l'observer quelques instants, puis l'un d'eux la commenta un peu, désignant d'abord un point au Sud-Est de son long doigt ganté:
-Vous l'aurez vu, Madame, les Ruines en question se situe ici, sous Bédaine... Il s'agit d'un petit fort bretonien, dont les circonstances anciennes du saccage nous sont inconnues. Tout ce que nous pouvons supposer, c'est qu'il fut un temps un lieu de quarantaine pour les malades... puis un cimetière improvisé?
L'autre ajouta:
- La maladie est partout en Bédaine, issue des eaux maudites de la Treblecz et du Viciétang... Elle décompose lentement l'intérieur des corps, tuant celui qui ne s'en soigne pas en une à deux semaines... Rares et chers sont les remèdes, et aucun n'est définitivement curatif... pas même les prières magiques de prêtresses de Shallya, dit-on...
On montra ensuite d'autres lieux à la lahmiane:
-Ici, le NoirGouffre est le repaire du Dragon et ses dragonnets... Il serait bien dangereux de trop s'en approcher, mais de toute façon, pour vous rendre aux Ruines, cela sera plein Sud, le long de la Treblecz... dont les eaux sont empoisonnées, je vous le rappelle.
-Nous supposons qu'il sera possible de vous fournir une courte escorte pour vous y rendre: des rôdeurs aguerris qui sauront sûrement vous éviter quelques embûches et désagréments.
-Ici, à l'Ouest, Kazad Drung a été récemment reprise par des nains. Elle était avant cela aux mains du Tiléen fou de Bédaine... Ces nains nous considèrent bien mal, nous autres humains, et par extension tout ceux qui sont d'autres races qu'eux... Leur dirigeant est un être borné et dangereux, mais qui a son utilité...
-De fait, il se charge de repousser les hommes bêtes des Bois de Kharnos, en préservant relativement les terres intérieures... Et il attise aussi à notre place l'ire belliqueuse du Fol de Bédaine.
-Et ici, au Sud-Ouest, vous voyez donc Îlotesse, la principauté la plus stable et la plus ancienne de la région, tenue par un baron de Bretonnie... Ils ne faisaient guère affaire avec nous, préférant des voies commerciales par l'Ouest...
Fausse mine attristée de l'autre jumeau:
-Si Jovi parle au passé, Baronne, c'est que nous avons appris il y a peu que la Horde du Buveur, après avoir déjà massacré ledit Ouest, en fait actuellement le siège...
-Mais ne vous préoccupez donc point de cela, ou alors n'y voyez qu'une raison supplémentaire a mener diligemment votre mission:
De fait, si nous avions pour nous l'armée zombie, nous serions bien plus tranquille face à ce possible péril prochain...
Grands sourires polis:
-30 pièces d'or d'avance, pour vos frais, puis 500 une fois la mission remplie, cela vous conviendrait-il?
A cette promesse financière si importante, Jack fronça des sourcils.
Bien qu'il affichât chaque fois une mine de butor vexé, il n'y eut nulle réaction verbale de Jack aux quelques piques que lui contrelança Lucrétia... Et les jumeaux évitèrent bien de s'en mêler plus outre...
Ils avaient opiné, d'un air satisfait, aux derniers mots de la lahmiane:
-Sa Majesté sera enchanté de savoir que vous êtes intéressée par cette mission, baronne guerrière, dit l'un, tandis que l'autre demandait à ce qu'on leur apporte une carte des "Principautés du Dragon"...
Le temps que celle-ci arrive, le premier enchaîna:
- Votre requête, quant à des connaissances de la région proche, va être bientôt comblée... Mais sachez d'avance, tout de même, que si un nécromancien autre que notre ennemi des Ruines se trouvait dans la région, nous le saurions et l'aurions déjà recruté...
Suite de l'autre:
-De ce fait, un retour dans le Vieil Empire nous paraît le meilleur moyen pour s'en procurer un... voire le seul moyen?... La caravane marchande avec laquelle vous êtes venue y repartira justement sous peu: Pourquoi n'en profiteriez vous pas?...
La carte fut alors apportée, et ils la déplièrent sur une table du salon. Elle n'avait rien de luxueux, mais semblait néanmoins pratique et réalisée avec compétence.
Les jumeaux laissèrent à Lucrétia le temps de l'observer quelques instants, puis l'un d'eux la commenta un peu, désignant d'abord un point au Sud-Est de son long doigt ganté:
-Vous l'aurez vu, Madame, les Ruines en question se situe ici, sous Bédaine... Il s'agit d'un petit fort bretonien, dont les circonstances anciennes du saccage nous sont inconnues. Tout ce que nous pouvons supposer, c'est qu'il fut un temps un lieu de quarantaine pour les malades... puis un cimetière improvisé?
L'autre ajouta:
- La maladie est partout en Bédaine, issue des eaux maudites de la Treblecz et du Viciétang... Elle décompose lentement l'intérieur des corps, tuant celui qui ne s'en soigne pas en une à deux semaines... Rares et chers sont les remèdes, et aucun n'est définitivement curatif... pas même les prières magiques de prêtresses de Shallya, dit-on...
On montra ensuite d'autres lieux à la lahmiane:
-Ici, le NoirGouffre est le repaire du Dragon et ses dragonnets... Il serait bien dangereux de trop s'en approcher, mais de toute façon, pour vous rendre aux Ruines, cela sera plein Sud, le long de la Treblecz... dont les eaux sont empoisonnées, je vous le rappelle.
-Nous supposons qu'il sera possible de vous fournir une courte escorte pour vous y rendre: des rôdeurs aguerris qui sauront sûrement vous éviter quelques embûches et désagréments.
-Ici, à l'Ouest, Kazad Drung a été récemment reprise par des nains. Elle était avant cela aux mains du Tiléen fou de Bédaine... Ces nains nous considèrent bien mal, nous autres humains, et par extension tout ceux qui sont d'autres races qu'eux... Leur dirigeant est un être borné et dangereux, mais qui a son utilité...
-De fait, il se charge de repousser les hommes bêtes des Bois de Kharnos, en préservant relativement les terres intérieures... Et il attise aussi à notre place l'ire belliqueuse du Fol de Bédaine.
-Et ici, au Sud-Ouest, vous voyez donc Îlotesse, la principauté la plus stable et la plus ancienne de la région, tenue par un baron de Bretonnie... Ils ne faisaient guère affaire avec nous, préférant des voies commerciales par l'Ouest...
Fausse mine attristée de l'autre jumeau:
-Si Jovi parle au passé, Baronne, c'est que nous avons appris il y a peu que la Horde du Buveur, après avoir déjà massacré ledit Ouest, en fait actuellement le siège...
-Mais ne vous préoccupez donc point de cela, ou alors n'y voyez qu'une raison supplémentaire a mener diligemment votre mission:
De fait, si nous avions pour nous l'armée zombie, nous serions bien plus tranquille face à ce possible péril prochain...
Grands sourires polis:
-30 pièces d'or d'avance, pour vos frais, puis 500 une fois la mission remplie, cela vous conviendrait-il?
A cette promesse financière si importante, Jack fronça des sourcils.
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
- En dépit des brocards acerbes et ironiques que Lucretia lança à Jack, il n’y eut point d’autre réaction. La victime prit des airs outrés de bouledogue battu, fichée dans son amour propre et sa fierté, et les deux conseillers prirent bien garde à ne pas interférer dans ce petit conflit d’opposition et de répartie. Ils se composèrent une mine toute à fait neutre, comme si le moindre échange n’avait jamais eu lieu. Très diplomates, comme toujours. En revanche, ils firent tous deux davantage attention à ses interrogations concernant la région ; si la mission devait être menée correctement et à son terme, des connaissances sur les Principautés Frontalières ne seraient jamais de trop, comme Lucretia venait tout juste d’y mettre les pieds. Connaître la topographie et la géographie de la contrée, savoir plus en détail ses dangers et ses différents protagonistes clefs, les frontières des duchés qui y avaient été implémentés, les légendes, les on-dit ; tout autant d’éléments qui pourraient s’avérer vitaux dans un futur proche.
Concernant la géographie des lieux, justement, les jumeaux firent appel à l’un de leurs serviteurs. Quelques instants plus tard, et une carte de la région fut dévoilée, posée grande ouverte sur la table. Mais, entre deux, on lui confia que s’il existait effectivement bien un nécromancien dans les parages, personne n’avait jamais entendu parler de lui, si ce n’était celui qui subissait au sud de Daubaine. Si fait, l’hypothèse la plus probable résidait en le fait qu’il n’en existait tout simplement pas, et que s’il fallait en trouver un, mieux valait se retourner en direction de l’Empire.
«Etonnant, dans la mesure où la nécromancie est véritablement prohibée dans l’Empire. Il serait, à mon avis, bien plus facile d’opérer dans les Principautés Frontalières en tant que mage noir plutôt que de s’aventurer à faire de même au plus près des répurgateurs, des gens de peu de foi, et des prêtres de Morr. » De nouveau, reprendre la route en direction de WaldWache et de Meissen ne la tentait véritablement pas, ce schéma-là s’inscrivant dans un aroutinement qui ne lui plaisait guère. Mais Lucretia finit par hausser des épaules, agréant sans rien dire à leur proposition. Ils en revirent à la carte.
Lucretia la parcourut du regard, l’analysant et l’enregistrant dans ses moindres détails. Elle nota leur position même, Reissen ou, plutôt, Bundhofstadt, WaldWache qui se trouvait un peu plus au nord, et le reste. Elle repéra bien les menaces hommes-bêtes qui sévissaient à l’ouest, dans cette gigantesque forêt qui s’étendait bien sur quelques cinquante lieues, la forteresse nain qui défendait la contrée à l’orée des bois. Elle nota les différents fleuves, le cheminement du Treblecz qui louvoyait jusqu’à Daubaine et, un peu plus au sud, l’objet de sa mission. C’était là que se terrait le nécromancien, créant d’abominables créatures abjectes en usant de chair, d’os, et de tendons raccommodés par la Dhar. Là d’où provenaient toutes les maladies dont lui parlèrent les jumeaux, maladies qui ravageaient ce duché monté de toute pièce par la volonté d’un homme plus téméraire et entreprenant que les autres –Le Roi Jaune, si elle ne se trompait pas ?
«Si la maladie est partout en Bédaine, comment est-il possible que cette région puisse survivre, comment peut-il seulement y avoir ce Roi Jaune dont vous m’aviez parlé pour gouverner une population déjà morte, prématurément ? Je gage que le nécromancien est la seule menace de la région, si fait, car une terre rongée par les infections est aussi invivable qu’elle ne peut abriter de soldats humains… Et vivants. Quel est l’intérêt de ce même Roi Jaune, si le nécromancien officie pour lui ? »
Les deux jumeaux désignèrent également le NoirGouffre, repère du dragon. Cela ne l’inquiétait pas outre mesure ; l’endroit n’était ni dans ses plans, ni une étape obligatoire à la réussite de sa mission. Puis Kazad Drung, comme elle l’avait remarqué, et ses nains toujours aussi détestables, quand bien même n’avait-elle jamais eu l’occasion véritable de discuter avec l’un de ces minuscules et patauds protagonistes. Et la jeune femme n’en ressentait aucunement l’envie. Enfin, Ilotesse, au nom ô combien bretonnien, fondée et dirigée par ce qui pouvait possiblement être un expatrié de la Lyonesse, si l’on prêtait attention aux consonances. Mais cela n’était que pure supposition. Ce qui s’avérait plus important, et intéressant par la même occasion, était que cette principauté se trouvait menacée par la Horde du Buveur dont lui avaient déjà parlée les conseillers. L’ouest ayant été rasé, ladite horde tenait le siège de cette ville. Tout cela n’était que des ajouts annexes à sa principale mission, mais ces informations méritaient d’être consciencieusement enregistrées dans son esprit, ce qu’elle fit avec soin.
On l’informa également que, une fois revenue de l’Empire avec son nécromancien, une petite escorte de guerriers aguerris lui serait fournie pour se frayer un chemin le long du cours de la Treblecz, ce qui lui permettrait possiblement d’éviter les pièges et les embuches fatales à tout étranger des Principautés Frontalières. L’heure n’était pas encore à la résolution de cette question, et Lucretia y réfléchirait par la suite. Une escorte de la sorte ne serait pas de trop pour avancer rapidement et de façon plus sécurisée, effectivement, mais pourrait contrer certaines de ses intentions. Elle en faisait peu de cas, de toute façon ; au pire, elle serait toujours à même de s’en débarrasser si le besoin s’en faisait sentir.
Trente couronnes d’avance, et cinq-cents une fois la mission terminée.
«Une bien coquette somme, qui m’enjoint à accepter d’autant plus les termes de notre contrat. Bien, maintenant que tout cela est réglé, devrions-nous rejoindre votre Comte et le chef de la caravane qui repartira pour le Nord ? Par ailleurs, je gage que cette tâche est confidentielle ? »
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 21 juil. 2015, 21:08, modifié 1 fois.
Raison : 6xp/32xp
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- [MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
Soir. Un Salon particulier du Palais...
Aux premiers étonnements de Lucrétia - quant au fait qu'il n'y eût point de nécromancien dans la région proche - un des jumeaux se composa une moue embarrassée:
-De fait, votre raisonnement se tient... Peut être est-ce seulement un fruit malheureux du hasard? Ou alors y a t-il une explication qui nous échappe?...
L'autre renchérit:
-La région est tout de même bien moindrement peuplée que l'Empire, et de fait, la probabilité de trouver telle ou telle compétence est amoindrie, je crois que ceci pourrait aussi expliquer cela...
Son frère enchaîna, dubitatif:
-Mais un nécromancien se trouve peut-être dans le coin après tout? qui sait?... peut-être même ici, à Bundhofstadt, allez savoir?... La cité est grande, et nos agents l'ont peut-être manqué? Quoiqu'il en soit, nous allons de toute façon vous fournir un sauf-conduit pour pouvoir arpenter sans ennuis Bundhofstadt, vous pourrez toujours vous en servir pour mener ici vos propres enquêtes, si vous l'estimez plus judicieux...
A propos de Bédaine, ils répondirent:
-Détrompez vous, Baronne, la ville du Roitelet Jaune est tout de même bien pourvue en effectifs... Certes, cela n'approche nullement la population de notre Comté mais tout de même, il doit bien y avoir dans les 5000 âmes, en Bédaine.
-Dont près de 1000 soldats, renchérit l'autre jumeau: Le Fol Tiléen a une façon de gouverner très militaire, et ses officiers lui sont fidèles, régissant l'endroit d'une main de fer.
-Quant à la maladie du marais, il y a des remèdes pour la retarder, comme nous avons dit: Les paysans utilisent notamment du cuivre - d'une mine qu'ils ont là bas - pour traiter l'eau... certes, cela les rend aussi malade, mais moindrement et différemment... Quant aux puissants bédainiens, et bien... grand sourire: Ils achètent nos remèdes et notre eau saine à prix d'or!...
-Le Jaune ne tient de toute façon pas à s'attarder de trop en Bédaine, c'est juste une base temporaire pour lui: il lorgne sur Kazad Drung, il veut la reconquérir, ou alors il nous attaquera nous... S'il n'y avait point la menace de la Horde à l'Ouest, il aurait sans doute déjà tenté quelque chose...
Enfin, Lucrétia accepta la mission.
Lui répondant, les jumeaux lui donnèrent une bourse de 30 pièces d'or et rédigèrent ce fameux "sauf conduit": En le lisant vitement, la lahmiane put remarquer qu'il ne concernait pas seulement la capitale du "Comté", mais aussi les villages avoisinants - sauf celui nommé Fruchtbar, placé d'après la carte sur une vallée fertile, et qu'elle pouvait donc supposer fermement protégée par les autorités locales...
-Cette tâche est confidentielle en effet... bien entendu...
-Quant à maintenant rejoindre Sa Majesté, je ne crois pas que cela pourrait ce faire: Il convient mieux que l'on ne vous revoie plus à la Cour dans l'immédiat. Vous y avez pris congé sans que rien n'ait été vraiment décidé aux yeux des courtisans, et c'est bien ainsi. Si l'on vous y revoit, certains se poseront des questions, ou voudront vous entretenir de choses et d'autres: il sera mieux d'éviter cela...
Sourire mielleux:
-Concentrez vous donc seulement sur votre mission, présentement, et revenez vous faire couvrir d'or lorsque vous l'aurez remplie...
Il ne fallait pas être oracle pour deviner que les deux jumeaux ne croyaient pas vraiment à la réussite possible de ladite "mission"... bien que la démonstration de force et l'assurance de Lucrétia la leur faisaient peut-être espérer quand même un petit peu...
Ils proposèrent de la faire raccompagner hors du Palais, aux baraquements des marchands avec qui elle était arrivée...
-L"invitation" dont vous avait gratifiée Sa merveilleuse Seigneurie n'était que temporaire, de pure forme... Très rares sont ceux qui sont réellement "invité" à séjourner au Palais, n'en prenez pas ombrage.
Gageons que Lucrétia accepta ce départ.
Le même soir, la nuit tombée, froide et givreuse. Au hangar marchand:
C'était sommaire, mais un coin relativement confortable avait été réservé à Lucrétia et son chevalier. La garde intérieure était maigre, la plupart des mercenaires étant soit encore alités en fin de guérison, soit partis s'encanailler et point encore revenus. La garde extérieure était tenue par des soldats portant les tabards vignes et verts du "Comté"...
Mais Otto était là pour l’accueillir:
Il paraissait s'être encore un peu ragaillardi dans la soirée. Sûrement s'était-il trouvé un remède plus efficace... Il salua avec respect sa maîtresse vampire:
-Madame, je suis heureux de vous revoir ici. Je n'avais pas confiance en les gens de ce Palais, qui dirigent ainsi une ville peuplée de pendards...
Je me suis permis de nous trouver un vendeur de cartes. Il en possède une fort détaillée sur la région, nommée "principautés du Dragon", si cela vous intéresse. Hélas je n'avais point les moyens financiers de vous l'offrir...
Court silence:
-Pardonnez mon outrecuidance, mais, si mes services vous paraissent toujours nécessaires, je crains qu'il ne me faille vous demander quelques couronnes d'avance... Ainsi je pourrais toujours vaquer aux menus achats de notre périple tandis que vous êtes occupée à de plus grande chose, comme aujourd'hui...
Il regarda ses bottes:
-Et peut-être aussi acheter quelques remèdes d'avance?... Vous-même n'en avez possiblement point le besoin, mais je crois qu'en un pays si vil, il vaudrait mieux en prévoir, ne serait-ce déjà que pour moi, votre chevalier?
L'on sentait bien que son dénuement financier le gênait, presque autant que de quémander ainsi... et aussi que son récent empoisonnement le perturbait...
Plus tard. Nuit noire, crachin glacé:
Les marchands et le mage Feuer revinrent aux hangars... A voir les mines des marchands, cela devait s'être passé plutôt bien, mais sans plus...
Feuer vint saluer Lucrétia, avec bien moins de cérémonie qu'Otto. Il souriait sous capuche, sans doute encore épaté au souvenir de la démonstration de la lahmiane dans la salle du trône:
- Belle performance, impressionnante, Von Andell... ou plutôt devrais je dire baronne?... Et vous voilà hors du Palais...
Vous vous souvenez de ce dont nous avions parlé? Une éventualité d'association dans le cas où nos intérêts pourraient se rejoindre?... Et bien, avec ce que j'ai vu, j'aimerai vraiment qu'une telle éventualité advienne...
Quels sont vos projets, sans indiscrétion?
Sa main droite était toujours en train de s'étirer, lentement et irrégulièrement, son regard toujours nerveux, et le poil roux vif sous la teinture châtain de sa barbe se voyait de plus en plus... Mais plus Lucrétia le côtoyait, plus elle se disait qu'en effet ces attitudes étaient le fait d'un caractère perturbé par sa science de la magie, et non pas quelque chose dont il fallait se méfier réellement... Car nonobstant cela, il était toujours amical avec elle.
Aux premiers étonnements de Lucrétia - quant au fait qu'il n'y eût point de nécromancien dans la région proche - un des jumeaux se composa une moue embarrassée:
-De fait, votre raisonnement se tient... Peut être est-ce seulement un fruit malheureux du hasard? Ou alors y a t-il une explication qui nous échappe?...
L'autre renchérit:
-La région est tout de même bien moindrement peuplée que l'Empire, et de fait, la probabilité de trouver telle ou telle compétence est amoindrie, je crois que ceci pourrait aussi expliquer cela...
Son frère enchaîna, dubitatif:
-Mais un nécromancien se trouve peut-être dans le coin après tout? qui sait?... peut-être même ici, à Bundhofstadt, allez savoir?... La cité est grande, et nos agents l'ont peut-être manqué? Quoiqu'il en soit, nous allons de toute façon vous fournir un sauf-conduit pour pouvoir arpenter sans ennuis Bundhofstadt, vous pourrez toujours vous en servir pour mener ici vos propres enquêtes, si vous l'estimez plus judicieux...
A propos de Bédaine, ils répondirent:
-Détrompez vous, Baronne, la ville du Roitelet Jaune est tout de même bien pourvue en effectifs... Certes, cela n'approche nullement la population de notre Comté mais tout de même, il doit bien y avoir dans les 5000 âmes, en Bédaine.
-Dont près de 1000 soldats, renchérit l'autre jumeau: Le Fol Tiléen a une façon de gouverner très militaire, et ses officiers lui sont fidèles, régissant l'endroit d'une main de fer.
-Quant à la maladie du marais, il y a des remèdes pour la retarder, comme nous avons dit: Les paysans utilisent notamment du cuivre - d'une mine qu'ils ont là bas - pour traiter l'eau... certes, cela les rend aussi malade, mais moindrement et différemment... Quant aux puissants bédainiens, et bien... grand sourire: Ils achètent nos remèdes et notre eau saine à prix d'or!...
-Le Jaune ne tient de toute façon pas à s'attarder de trop en Bédaine, c'est juste une base temporaire pour lui: il lorgne sur Kazad Drung, il veut la reconquérir, ou alors il nous attaquera nous... S'il n'y avait point la menace de la Horde à l'Ouest, il aurait sans doute déjà tenté quelque chose...
Enfin, Lucrétia accepta la mission.
Lui répondant, les jumeaux lui donnèrent une bourse de 30 pièces d'or et rédigèrent ce fameux "sauf conduit": En le lisant vitement, la lahmiane put remarquer qu'il ne concernait pas seulement la capitale du "Comté", mais aussi les villages avoisinants - sauf celui nommé Fruchtbar, placé d'après la carte sur une vallée fertile, et qu'elle pouvait donc supposer fermement protégée par les autorités locales...
-Cette tâche est confidentielle en effet... bien entendu...
-Quant à maintenant rejoindre Sa Majesté, je ne crois pas que cela pourrait ce faire: Il convient mieux que l'on ne vous revoie plus à la Cour dans l'immédiat. Vous y avez pris congé sans que rien n'ait été vraiment décidé aux yeux des courtisans, et c'est bien ainsi. Si l'on vous y revoit, certains se poseront des questions, ou voudront vous entretenir de choses et d'autres: il sera mieux d'éviter cela...
Sourire mielleux:
-Concentrez vous donc seulement sur votre mission, présentement, et revenez vous faire couvrir d'or lorsque vous l'aurez remplie...
Il ne fallait pas être oracle pour deviner que les deux jumeaux ne croyaient pas vraiment à la réussite possible de ladite "mission"... bien que la démonstration de force et l'assurance de Lucrétia la leur faisaient peut-être espérer quand même un petit peu...
Ils proposèrent de la faire raccompagner hors du Palais, aux baraquements des marchands avec qui elle était arrivée...
-L"invitation" dont vous avait gratifiée Sa merveilleuse Seigneurie n'était que temporaire, de pure forme... Très rares sont ceux qui sont réellement "invité" à séjourner au Palais, n'en prenez pas ombrage.
Gageons que Lucrétia accepta ce départ.
C'était sommaire, mais un coin relativement confortable avait été réservé à Lucrétia et son chevalier. La garde intérieure était maigre, la plupart des mercenaires étant soit encore alités en fin de guérison, soit partis s'encanailler et point encore revenus. La garde extérieure était tenue par des soldats portant les tabards vignes et verts du "Comté"...
Mais Otto était là pour l’accueillir:
Il paraissait s'être encore un peu ragaillardi dans la soirée. Sûrement s'était-il trouvé un remède plus efficace... Il salua avec respect sa maîtresse vampire:
-Madame, je suis heureux de vous revoir ici. Je n'avais pas confiance en les gens de ce Palais, qui dirigent ainsi une ville peuplée de pendards...
Je me suis permis de nous trouver un vendeur de cartes. Il en possède une fort détaillée sur la région, nommée "principautés du Dragon", si cela vous intéresse. Hélas je n'avais point les moyens financiers de vous l'offrir...
Court silence:
-Pardonnez mon outrecuidance, mais, si mes services vous paraissent toujours nécessaires, je crains qu'il ne me faille vous demander quelques couronnes d'avance... Ainsi je pourrais toujours vaquer aux menus achats de notre périple tandis que vous êtes occupée à de plus grande chose, comme aujourd'hui...
Il regarda ses bottes:
-Et peut-être aussi acheter quelques remèdes d'avance?... Vous-même n'en avez possiblement point le besoin, mais je crois qu'en un pays si vil, il vaudrait mieux en prévoir, ne serait-ce déjà que pour moi, votre chevalier?
L'on sentait bien que son dénuement financier le gênait, presque autant que de quémander ainsi... et aussi que son récent empoisonnement le perturbait...
Plus tard. Nuit noire, crachin glacé:
Les marchands et le mage Feuer revinrent aux hangars... A voir les mines des marchands, cela devait s'être passé plutôt bien, mais sans plus...
Feuer vint saluer Lucrétia, avec bien moins de cérémonie qu'Otto. Il souriait sous capuche, sans doute encore épaté au souvenir de la démonstration de la lahmiane dans la salle du trône:
- Belle performance, impressionnante, Von Andell... ou plutôt devrais je dire baronne?... Et vous voilà hors du Palais...
Vous vous souvenez de ce dont nous avions parlé? Une éventualité d'association dans le cas où nos intérêts pourraient se rejoindre?... Et bien, avec ce que j'ai vu, j'aimerai vraiment qu'une telle éventualité advienne...
Quels sont vos projets, sans indiscrétion?
Sa main droite était toujours en train de s'étirer, lentement et irrégulièrement, son regard toujours nerveux, et le poil roux vif sous la teinture châtain de sa barbe se voyait de plus en plus... Mais plus Lucrétia le côtoyait, plus elle se disait qu'en effet ces attitudes étaient le fait d'un caractère perturbé par sa science de la magie, et non pas quelque chose dont il fallait se méfier réellement... Car nonobstant cela, il était toujours amical avec elle.
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
- Lucretia avait osé émettre quelques doutes quant à la possibilité de ne pas trouver de nécromancien autre que celui qui menaçait la ville dans la région, et son argumentation invita les jumeaux à revoir leur position sur le sujet ; ils avouaient ne pas être infaillibles, et la possibilité que leurs espions ou informateurs fissent étalage d’une certaine impéritie n’était pas à écarter également. Si fait, la jeune femme avait carte blanche pour explorer la ville et ses villages alentours afin d’y trouver son mage versé dans l’art occulte. Mieux encore, voilà qu’on lui annonçait qu’un papier certifierait ses disquisitions dans la région, ce qui lui octroyait un certain pouvoir, lequel provenait directement, à sa façon, du « Comte ». Dans pareil endroit, avec une pareille juridiction et une loi de cet acabit, nul doute que cela représentait beaucoup. Elle ferait en sorte de précieusement conserver ce petit bout de papier qui, en vérité, valait son pesant d’or.
Il y avait cette mission et ce départ en préparatif, et Lucretia ne savait pas si elle trouverait directement l’objet de ses recherches dans l’Empire. Si tel était le cas, s’aventurer dans Reissen ne se révélerait plus être une tâche primordiale à la bonne réalisation de sa quête, et il devenait dès lors possible de ne plus trouver l’occasion d’explorer ses ruelles sordides et ses bas-quartiers malfamés. Mais il était impossible de savoir ce que la vie vous réservait, et une utilité certaine se dégagerait de ce passe-droit accordé, Lucretia n’en doutait pas. Posant les yeux sur le parchemin, elle s’imaginait déjà se le voir être retiré sitôt qu’elle aurait trouvé le nécromancien, afin d’éviter au Comte qu’une étrangère de sa trempe n’aille fureter de-ci de-là dans ses affaires. Serait-il possible, à Lucretia, que d’en faire une contrefaçon, une copie, qu’elle garderait ainsi pour l’avenir ? Par ailleurs, elle nota bien l’accès libre pour tous les villages sauf un – Fruchtbar. Il y avait-il là quelque secret qu’il ne fallait en aucun cas révéler, des secrets plus importants encore qu’un putsch à l’encontre d’un des plus puissants nécromanciens à des milliers de lieues à la ronde, ou s’agissait-il simplement d’une compartimentation des affaires respectives de chacun, Lucretia n’ayant aucun intérêt à aller là-bas ? Etrangement, la Lahmiane ne croyait pas spécifiquement en la véracité de cette dernière théorie, et sa nature curieuse la poussait fortement à aller voir ce que l’on y fomentait. Si le passe-droit lui interdisait malgré tout l’accès, la jeune femme avait bien d’autres moyens pour s’y accéder librement et sans même être aperçue.
Au cours des dernières minutes qui précédèrent la fin de cette réunion plus ou moins secrète, elle en apprit davantage concernant Bedaine. Le Roi Jaune, un tiléen, disposait d’une grande armée à son service, quelque mille hommes capables de causer des ravages dans les campagnes environnantes. Si la ville même de Reissen ne s’en trouvait pas directement menacée, les villages avoisinants le demeuraient bel et bien, et la cité franche deviendrait si fait une victime collatérale des dommages engendrés par ce possible conflit.
Autrement, ce même roi lorgnait fortement du côté de la forteresse naine de Kazad Drung, et s’y serait déjà précipité s’il n’y avait pas eu la menace chaotique de la Horde, quelque peu à l’Ouest. Considérer l’information d’une forteresse naine sur le point d’être assiégée n’était pas sans remembrer, pour Lucretia, son départ de Meissen ; Otto y avait rencontré une poignée de nains désireux d’apporter de l’aide à leurs confrères des Principautés Frontalières. La Lahmiane l’eût juré ; il s’agissait de ces mêmes nains de Kazad Drung.
Lorsqu’elle émit le souhait de, peut-être, regagner la cour du Comte afin d’y retrouver ses compatriotes caravaniers, la réponse qu’elle obtint fut négative ; l’homme n’était pas connu pour accorder ce genre d’audience, et moins encore à accueillir des invités. Elle n’avait pas d’autre choix que de partir et de commencer à réfléchir à la résolution de la tâche qui lui avait été confiée. Elle s’y résigna sans faire d’histoire.
***
Lucretia revint au hangar, là où avait été arrêtée la caravane le temps de cette petite escale, avant de rebrousser chemin pour remonter en direction du Nord et de Meissen. La plus grande majorité des mercenaires présents à l’allée avaient pris leur paie et s’étaient évanouis dans la grande ville. S’il en demeurait encore quelques-uns, Lucretia avait surtout aperçu de nouvelles têtes. Une petite garde patrouillait autour du campement de fortune, petite garde à travers laquelle la Lahmiane passa. Si l’on vint l’interrompre, elle les informa rapidement de son statut. Mieux encore, une personne de leur attroupement vint la saluer, ce qui écarta tout doute ; Otto.
Son sigisbée semblait s’être ragaillardi depuis la dernière fois où elle l’avait laissé là. Si son visage arborait encore quelques cernes, il avait repris des couleurs, de bonnes couleurs, et, eu égard à leur statut et au rôle que jouait Lucretia, celle-ci l’accueillit d’une grande accolade, grand sourire.
«Contente de voir que tu vas mieux. Et ta méfiance n’était aucunement déplacée, crois-moi. Elle baissa le ton. Je te raconterai très prochainement. »
Elle avisa de sa demande ; l’homme avait souhaité lui offrir une carte des environs, afin de mieux appréhender la région dans laquelle ils allaient évoluer. Si Lucretia venait d’avoir une carte sous les yeux, et l’avait bien mémorisée, il n’était pas dit que tous pussent faire étalage d’une mémoire similaire à la sienne. Les hommes avaient pour eux ces faiblesses qui ne la touchaient aucunement. Il eût été effectivement utile que d’avoir une telle carte à disposition, aussi bien pour Otto que pour toute autre personne qui se joindrait par la suite, hypothétiquement, à leur petit groupe. Et, plus que cela encore, Otto demandait, à sa manière, si la jeune femme désirait encore et toujours de son service, en sus de quémander quelques piécettes pour pallier les dépenses utilitaires. Elle eut un petit sourire, avant de lui jeter négligemment la bourse de trente couronnes qu’elle venait de gagner.
«Oui, une carte ne serait pas de trop, et, plus que tout, des remèdes. Tu as raison, Otto ; l’on n’est jamais trop prudent. Tu devrais avoir assez avec cela, j’imagine ; j’éprouve le flegme de desserrer ses liens et d’y compter les pièces. Rapporte-moi le trop plein d’argent. »
Plus tard, ce furent le maître caravanier, Fred, et Feuer qui revinrent à bon port. Ce dernier s’en alla féliciter Lucretia de sa dernière performance, à laquelle il avait pu assister lors de cette étrange réception improvisée au palais.
«N’était-ce pas ? déclara-t-elle avec une certaine vanité amusée. Oui, baronne ; j’ai beau avoir abandonné mon ancienne vie, eh bien, comme l’on dit… chasser le naturel, et il revient au galop. Certaines appellations ont la vie dure, mais elles me conviennent parfaitement. »
Le mage roux fit mention de leur dernière discussion, et de la possibilité qu’ils cheminent encore quelque temps ensemble. Elle décida, pour le moment, d’en rester à de simples constatations.
«Je m’en remembre très bien, et j’y agrée, avec plaisir. Pour le moment, j’accompagne de nouveau la caravane en direction de Meissen, pour le plein de remèdes, j’imagine. J’aviserai par la suite. »
Elle avait veillé à se déplacer, au fur et à mesure de cet échange de paroles, jusqu’à se rapprocher du maître de la caravane, afin de mieux poser la question suivante.
«Et vous, lança-t-elle, aussi bien au mage qu’au caravanier, comment s’est terminée cette petite entrevue avec le Comte ? De nouveaux projets, de nouvelles missions… ? »
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 22 juil. 2015, 00:23, modifié 1 fois.
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- [MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
La nuit, le hangar marchand:
Otto fut bien aise de se voir traité avec tant de bonté et d'amitié par Lucrétia... Elle le connaissait, il ne savait jamais sur quel pied danser avec elle: Non pas qu'elle eût jamais été méchante avec lui, au contraire (et c'est peu dire!) mais le fait restait qu'il savait qu'elle était vampire, qu'il savait qu'elle était une exceptionnelle combattante (entre autres), et surtout qu'il l'aimait passionnément et ne voulait surtout jamais lui déplaire...
-Je ferai bon usage de cet or, répondit finalement le chevalier, visiblement heureux de l'accolade qui lui fut donnée, j'en profiterai aussi pour changer nos chevaux si nous devons repartir vite...
Mais hem... si vous le permettez, il serait peut-être mieux que je garde votre "monnaie" non pas? Ainsi je n'aurais plus à vous importuner pour des finances avant longtemps?
Il était vrai qu'il jouait les rôles d'intendant en plus de ceux de chevalier, depuis le départ de Beechafen... Mais quoiqu'il en fut, le lendemain aux aurores il partit s'acquitter de ses tâches...
N'allons point trop vite en besogne, toutefois.
Plus tard, à la réponse de Lucrétia, le mage Feuer cacha mal un air déçu:
-Oh? Un retour en Meissen?... Mhmm... C'est bien dommage. Car pour ma part je crois que j'en ai définitivement soupé, de l'Empire!... Rire: Je ne suis pas sûr de vous y suivre...C'est dans cette région sauvage, où le danger est certes partout, que réside selon moi la vraie liberté...
Quant au marchand en chef qu'apostropha Lucrétia, il prit simplement un air étonné:
-hem... non non Von And... enfin, "baronne"... Nous ne sommes pas gens à faire des "missions". Nos denrées destinées au Comte ont presque toutes été acceptés à des prix, comment dire, relatifs... et nous allons donc rester en Reissen vendre le reste pendant quelques jours. Ensuite nous repartirons...
Il regarda Lucrétia avec doute:
-Vous resterez des nôtres pour ce retour, et recruterez avant cela comme il était convenu?
A part cela, la nuit se passa sans heurts, à part ceux du crachin devenu pluie sur les toits...
Le matin, tôt: jour nuageux.
Otto ramena une carte telle que Lucrétia l'avait déjà vue la veille... mais aussi une autre, plutôt brouillonne, mais détaillant en même temps l'endroit de façon plus large, ou du moins l'axe qu'avait emprunté la caravane pour venir à Bundhofstadt...

-Je l'ai eu gratis, Madame, commenta t-il à propos de cette dernière. L'homme, un escroc ne voulant point baisser ses prix, me l'a fournie en contrepartie. Assurément elle est rudimentaire, mais au moins apporte t-elle une vision plus large...
De fait, y apparaissait le "Col des Crocs de l'hiver", voie usée par la caravane des marchands vers le Sud...
Otto avait aussi échangé leurs deux chevaux fatigués contre de nouveaux bien portants - et il s'y connaissait en chevaux! - et avait acheté une demi douzaine de remèdes différents.
Il ne lui restait que 7 couronnes sur la somme donnée par Lucrétia... ceci étant, la lahmiane le savait, les cartes c'était très très cher, comme tout ce qui était écrit de façon durable (un livre c'était 30-50 couronnes)... et les remèdes, dans cette ville de voleurs, cela devait aussi coûter...
Et maintenant?
Les marchands allaient rester quelques jours en ville: le chef marchand les avaient estimés à une petite semaine...
Otto fut bien aise de se voir traité avec tant de bonté et d'amitié par Lucrétia... Elle le connaissait, il ne savait jamais sur quel pied danser avec elle: Non pas qu'elle eût jamais été méchante avec lui, au contraire (et c'est peu dire!) mais le fait restait qu'il savait qu'elle était vampire, qu'il savait qu'elle était une exceptionnelle combattante (entre autres), et surtout qu'il l'aimait passionnément et ne voulait surtout jamais lui déplaire...
-Je ferai bon usage de cet or, répondit finalement le chevalier, visiblement heureux de l'accolade qui lui fut donnée, j'en profiterai aussi pour changer nos chevaux si nous devons repartir vite...
Mais hem... si vous le permettez, il serait peut-être mieux que je garde votre "monnaie" non pas? Ainsi je n'aurais plus à vous importuner pour des finances avant longtemps?
Il était vrai qu'il jouait les rôles d'intendant en plus de ceux de chevalier, depuis le départ de Beechafen... Mais quoiqu'il en fut, le lendemain aux aurores il partit s'acquitter de ses tâches...
N'allons point trop vite en besogne, toutefois.
Plus tard, à la réponse de Lucrétia, le mage Feuer cacha mal un air déçu:
-Oh? Un retour en Meissen?... Mhmm... C'est bien dommage. Car pour ma part je crois que j'en ai définitivement soupé, de l'Empire!... Rire: Je ne suis pas sûr de vous y suivre...C'est dans cette région sauvage, où le danger est certes partout, que réside selon moi la vraie liberté...
Quant au marchand en chef qu'apostropha Lucrétia, il prit simplement un air étonné:
-hem... non non Von And... enfin, "baronne"... Nous ne sommes pas gens à faire des "missions". Nos denrées destinées au Comte ont presque toutes été acceptés à des prix, comment dire, relatifs... et nous allons donc rester en Reissen vendre le reste pendant quelques jours. Ensuite nous repartirons...
Il regarda Lucrétia avec doute:
-Vous resterez des nôtres pour ce retour, et recruterez avant cela comme il était convenu?
A part cela, la nuit se passa sans heurts, à part ceux du crachin devenu pluie sur les toits...
Otto ramena une carte telle que Lucrétia l'avait déjà vue la veille... mais aussi une autre, plutôt brouillonne, mais détaillant en même temps l'endroit de façon plus large, ou du moins l'axe qu'avait emprunté la caravane pour venir à Bundhofstadt...

-Je l'ai eu gratis, Madame, commenta t-il à propos de cette dernière. L'homme, un escroc ne voulant point baisser ses prix, me l'a fournie en contrepartie. Assurément elle est rudimentaire, mais au moins apporte t-elle une vision plus large...
De fait, y apparaissait le "Col des Crocs de l'hiver", voie usée par la caravane des marchands vers le Sud...
Otto avait aussi échangé leurs deux chevaux fatigués contre de nouveaux bien portants - et il s'y connaissait en chevaux! - et avait acheté une demi douzaine de remèdes différents.
Il ne lui restait que 7 couronnes sur la somme donnée par Lucrétia... ceci étant, la lahmiane le savait, les cartes c'était très très cher, comme tout ce qui était écrit de façon durable (un livre c'était 30-50 couronnes)... et les remèdes, dans cette ville de voleurs, cela devait aussi coûter...
Et maintenant?
Les marchands allaient rester quelques jours en ville: le chef marchand les avaient estimés à une petite semaine...
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
- Le témoignage d’affection que fournit Lucretia à son chevalier servant, devenu garde de caravane, tout comme elle, sembla réveiller en lui comme un sentiment d’aise et de contentement. Heureux de l’estime que lui portait la Lahmiane, il s’évaltonna quelque peu, oubliant cette gêne qu’il avait ressentie en lui demandant un peu d’argent. Il mentionna la possibilité de changer de montures, par simple mesure de précaution, et soumit aussi l’idée de conserver la monnaie, afin de ne pas lui demander de nouveau des couronnes pour toute finance qu’il trouverait utile de faire. Là encore, elle haussa des épaules, quiètement. Trente couronnes pouvaient représenter une sacré somme pour les gens du commun, mais elle n’appartenait aucunement à cette catégorie de personne. Mieux encore, elle n’avait pas véritablement eu l’occasion de dépenser le contenu de son escarcelle, et, quand bien même l’eût-elle eue qu’elle n’aurait jamais su quoi acheter. Pour le moment, la balance de ses finances se trouvait sur un bel équilibre, et nul besoin se faisait ressentir.
«A ta guise ; tu peux donc tout garder, si le cœur t’en dit. »
Par la suite, si Otto s’était réjoui du retour de sa maîtresse et de la certaine affection qu’elle lui avait prodiguée, le mage rouge, quant à lui, afficha l’expression contraire. En entendant le discours de la jeune femme, ses traits trahirent une expression contrite, déçue ; retourner dans l’Empire ne l’enchantait pas vraiment, quand bien même accueillait-il cette nouvelle avec le sourire. S’il le fallait, il se détacherait du groupement de Lucretia et de la caravane. Pour lui, la liberté, la vraie, la véritable, n’était pas de servir une caravane et de la protéger des dangers en retournant dans l’Empire, si moribond, mais bien de s’aventurer dans les profondeurs inexplorées et ô combien dangereuses des Principautés Frontalières. Sur ce point, la Lahmiane ne pouvait qu’être d’accord avec Feuer. Elle pourpensa quelque peu sur la question.
Ne devait-elle pas, dans sa quête, trouver un nécromancien, quel qu’il fût ? Si Lucretia savait user de la magie, et, ainsi, manipuler l’Aethyr afin de tracer les vents de magie jusqu’à possiblement remonter la piste d’un sorcier noir, Feuer disposait des mêmes talents que la jeune femme. Traquer un nécromancien à deux se révélerait possiblement une chose bien plus aisée si l’on était deux que si l’on était tout seul. La mission devait demeurer secrète, mais peut-être trouverait-elle un certain avantage à la divulguer aux oreilles de Feuer. Après tout, Lucretia doutait de s’endiguer dans quelque problème que ce fût en procédant de la sorte, et pouvait toujours lâcher au compte-gouttes les informations qu’elle jugerait nécessaires et indispensables. Avec des airs d’intrigantes, elle se fendit d’un petit sourire cauteleux, avant de déclarer, à voix basse.
«Eh bien, il serait possible que je m’oriente effectivement dans les Principautés Frontalières plutôt que vers l’Empire. Je n’ai besoin que d’une seule et unique chose. Trouvez-moi un nécromancien. Oui, vous avez bien entendu ; je cherche un nécromancien. Voilà tout ce dont vous avez besoin de savoir… Pour le moment. »
Grand sourire charmeur, mêlé à cet éternel air chafouin de la personne qui avoue savoir quelque chose sans jamais la révéler. Ce genre de comportement s’avérait extrêmement frustrant pour certaines personnes, et l’on désirait plus que jamais connaître le mystère qui entourait le receleur de secrets. En ce qui concernait Lucretia, elle ne dérogeait pas à la règle ; elle en devenait tout à fait exaspérante, mais son air faussement ingénu et innocent vous faisait oublier momentanément cette frustration, avant de vous faire naître un petit sourire et un petit soupir dans un mouvement presque paternel. Pour certain. Restait à voir la réaction du mage rouge.
Réponse du marchand.
Baronne. Les gens avaient souvent coutume à affubler la jeune femme de cette appellation. A croire qu’ils aimaient cela. Et ladite jeune femme l’aimait tout autant, en retour. Voilà qui lui convenait le mieux du monde, et il lui arrivait souvent de se rengorger de ce titre, par pure vanité puérile. Lucretia prit bien note des paroles du maître caravanier, et hocha de la tête.
«En théorie, je devrais effectivement vous rejoindre dans votre retour en direction de Meissen, une fois que vous aurez vendu vos remèdes. Il se peut, toutefois, que ma route se sépare de la vôtre. Cela dépend des circonstances, que je garderai secrète. Vous comprendrez aisément pourquoi. »
L’homme n’était pas bête, et devinerait facilement que toute cette cabale et ces non-dits avaient un rapport évident avec l’abouchement qui avait réuni les frères jumeaux, conseillers du Comte, et Lucretia. La peur véhiculée par ce dernier devrait calmer la curiosité du caravanier, s’il en nourrissait véritablement.
«Il n’empêche pas que je vous trouverai vos gardes, comme convenu. »
La nuit tomba rapidement sur l’ancienne Reissen, et, avec elle, un lourd voile de nuage recouvrit le ciel clairsemé d’étoiles. Une fine pluie se mit à tomber, mouillant les ruelles de la ville, les murs des habitations et leurs toits d’ardoise. Fidèle à la mission qui lui avait été confiée, Lucretia s’engagea dans la cité franche, en compagnie d’Otto, afin de s’en aller enrôler quelques truands. Comme convenu, là encore, elle en profita, au détour de plusieurs embranchements et carrefours, pour lui décrire la situation, ainsi que la rencontre qui avait eu lieu au Palais. Elle lui expliqua l’enjeu somme toute politique qui se tramait derrière cette simple demande, et avoua, bien évidemment, qu’elle se devrait de trouver un nécromancien, que ce fût ici ou dans l’Empire. Mais, pour le moment, son objectif se résumer au recrutement de ruffians, ce qui ne l’empêcherait aucunement de tendre l’oreille et ses sens magiques pour tracer la moindre variation aethyrique.
Elle erra au gré des quartiers, rentrant dans les auberges et les tavernes, s’asseyant auprès d’hommes ou de femmes, sans détour, qui pouvaient cacher quelques dessous de mercenaire et une âme belliqueuse. Lucretia rechercha aussi quelques grandes places, là où l’on placardait de temps à autre un avis de recherche ou une offre d’emploi qu’un héraut ou crieur public venait lire pour la populace analphabète. Elle demanda à ces derniers, si elle en trouva, de faire son annonce à sa place ; une caravane à destination de Meissen, dans l’Empire, recherchait de valeureux guerriers ou guerrières afin de protéger le convoi. Temps d’escale à Reissen, une semaine.
C’était là tout l’occasion, également, de faire un repérage de la ville, de s’aventurer, si elle en avait le temps, dans les pires quartiers comme dans les plus opulents. Si son horizon, ou le fond de la ruelle dans laquelle elle se glissait, se couvrait de noir, annonciateur de quelques ennuis en la présence de gardes, ruffians, escrocs, ou autres bandits, elle affichait sereinement le laisser-passé octroyé « par le Comte en personne », et ce afin de dissuader pacifiquement les truands ou représentants de « l’ordre » qui appréhenderaient possiblement le mécontentement de leur roi tout puissant si l’un de ses agents officiels venait à disparaître. Sinon, si nulle entente ne pouvait être faite, elle dégainait prestement sa lame, et le sang commencerait à couler.
Même s’il advint que, au cours de cette nuitée, elle ne recruta pas grand-monde, il s’agissait toujours d’un premier repérage de la ville. D’après le caravanier, le convoi ne serait pas prêt avant une semaine, ce qui laissait une petite marge de manœuvre à Lucretia, aussi bien pour l’enrôlement de garde que pour le recrutement d’un mage noir. Aussi tenta-t-elle de repérer les zones d’ombre de la ville, les égouts, le cimetière, et tendit l’oreille, voire demanda même, si l’on n’avait pas eu vent de quelques rumeurs ou légendes urbaines parlant de douteux personnages, de gens qui disparaissaient, de mutants, ou même, pourquoi pas, de culte du chaos. Elle avait toute la nuit pour ce faire, et même davantage encore.
Otto avait suivi sa maîtresse, ou peut-être était-il, en fin de compte, resté au sec sous le toit du hangar. Peut-être était-il parti, au petit matin, en quête de la carte qu’il avait aperçue le jour précédent, peut-être que la virée vespérale de Lucretia s’était étendue jusqu’au petit jour, ce qui leur avait permis de faire un détour jusqu’au marchand de carte, ou peut-être même, encore, que Lucretia avait décidé de retourner au hangar tout en laissant quartier libre à son sigisbée, lequel s’était si fait mis en quête de son parchemin. Quoi qu’il en fût, Lucretia eu ses deux cartes, gratuitement. Elle en profita pour préciser à Otto les localisations des endroits dont elle avait parlé avec les jumeaux. Egalement, de nouvelles montures avaient fait leur apparition, ainsi qu’une demi-douzaine de remèdes. Ne demeuraient, dans l’escarcelle, qu’une poignée de couronnes. Qu’importait.
Maintenant, tout dépendait de ce qu’elle avait appris, découvert, recruté, durant sa nuit de garouage.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 23 juil. 2015, 21:58, modifié 2 fois.
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- [MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
Le soir, tard, au hangar des marchands:

A la mention du "nécromancien à trouver", Feuer s'était amusé d'un regard étonné sur Lucrétia:
-Un nécromancien? Avait-il répété, comme s'il cherchait où étais la blague... Hem... vous voulez dire... Un nécromancien "à part vous"?
Cet homme, à la nervosité latente, maîtrisait-il ce que certains appelaient "la lecture des auras"? C'était à dire la faculté de percer à jour les magies ambiantes, savoir qui était mage et qui ne l'était pas, et de quels magies... Lucrétia n'était guère douée en cela, mais, se dit-elle sûrement, un ex magister du feu (s'il le fût) devait avoir certains talents dans ce genre...
Feuer paraissait sacrément doué en tout cas.
Il regarda avec nervosité de droite et de gauche, puis s'attarda sur Otto, et enfin il revint sur Lucrétia: Il n'y avait nulles oreilles indiscrètes...
Il supposa:
- C'est donc le "Nécromancien", votre possible mission?... mhmm... Je m'en doutais... Mais je pensais que vous aviez vous même le pouvoir de prendre le contrôle de ces "armées zombies"... Je suis étonné... La Shyish et la Dhar sont tant entremêlées autour de vous...
Sourire... et haussement d'épaule:
- "voilà tout ce que dois savoir... pour le moment"... C'est cela que vous m'avez dit?... mhmm... intéressant... Ne craignez rien de moi en tout cas: "pour le moment" je vais tâcher de faire semblant de rester idiot... mais pourquoi chercher un nécromant alors que l'un d'eux me parle en cet instant même? C'est un jeu?
En bon mage bien mystérieux, il ne dit rien de plus, salua la baronne et le chevalier, et s'en repartit.
Otto fronça des sourcils, lorgnant le mage qui partait:
-Il est dangereux. Vous pensez qu'il sait que vous êtes une ...?
Le mot ne fut pas dit.
Du reste, le marchand ne fit nulles manières. Il avait en effet assisté à la démonstration de lucrétia en salle du trône, et se trouvait bien aise que, déjà, la belle voulut bien recruter... Il la remercia.
La nuit. Pluie, dans la ville.
Il était un peu tard, céans, pour recruter ou d'autres choses... D'autant que le sale temps et la froidure faisaient déserter les rues...
Otto, bien que visiblement fatigué, accompagna bien entendu sa maîtresse...
Toutefois, tout ce qu'obtint lucrétia en cette nuit noire ne fut qu'une connaissance un peu plus approfondies de l'actuelle Reissen... et la satisfaction que son "laisser passer" fonctionnait bien...
Que ce furent les gangs de gamins des rues, ou les mercenaires crasseux, les maquereaux, les escrocs, les commerçants, les assassins - chacun de ces groupes contrôlant un quartier - tous "laissèrent passer" la lahamiane et son sbire sans plus lui faire de tort, une fois le papier comtal vu...
Lorsqu'elle parla de "culte du chaos", de "gens qui disparaissaient", beaucoup rirent... non non bien sûr il n'y avait rien de cela en Bundhofstadt!! (mensonges... Lucrétia le pensa)
Et de nécromancien? Non pas.
De recrutement? non plus.
Il était trop tard pour de telles recherches...
gageons que Lucrétia remit donc cela au lendemain...
Le lendemain matin: jour nuageux.
Otto avait donc rapporté des cartes et des chevaux frais à sa maîtresse, et il possédait des "remèdes"...
La ville, hautes maisons aux toits d'ardoises mouillées, aux venelles étroites, s'éveillait lentement... Selon les quartiers, les dirigeants changeaient, Lucrétia l'avait compris... Dans un quartier dédié à cela, elle recruta sans problèmes assez de mercenaires pour un retour de caravane...
Mais de nécromancien? Toujours pas.
Au détour d'un ruelle, Otto - qui avait repris encore des couleurs, dans son armure lourde et fourrures - lui demanda naïvement, à voix basse:
-Madame, J'ai ouï ce que vous a dit le mage Feuer hier... Je n'ai guère apprécié ces allusions mais je dois avouer que je m'interroge aussi:
Votre nature, enfin... les vampires... L'on dit qu'ils sont capables d'ordonner aux morts vivants... C'est donc faux?
Un léger crachin froid se mit à tomber dans la ruelle...

A la mention du "nécromancien à trouver", Feuer s'était amusé d'un regard étonné sur Lucrétia:
-Un nécromancien? Avait-il répété, comme s'il cherchait où étais la blague... Hem... vous voulez dire... Un nécromancien "à part vous"?
Cet homme, à la nervosité latente, maîtrisait-il ce que certains appelaient "la lecture des auras"? C'était à dire la faculté de percer à jour les magies ambiantes, savoir qui était mage et qui ne l'était pas, et de quels magies... Lucrétia n'était guère douée en cela, mais, se dit-elle sûrement, un ex magister du feu (s'il le fût) devait avoir certains talents dans ce genre...
Feuer paraissait sacrément doué en tout cas.
Il regarda avec nervosité de droite et de gauche, puis s'attarda sur Otto, et enfin il revint sur Lucrétia: Il n'y avait nulles oreilles indiscrètes...
Il supposa:
- C'est donc le "Nécromancien", votre possible mission?... mhmm... Je m'en doutais... Mais je pensais que vous aviez vous même le pouvoir de prendre le contrôle de ces "armées zombies"... Je suis étonné... La Shyish et la Dhar sont tant entremêlées autour de vous...
Sourire... et haussement d'épaule:
- "voilà tout ce que dois savoir... pour le moment"... C'est cela que vous m'avez dit?... mhmm... intéressant... Ne craignez rien de moi en tout cas: "pour le moment" je vais tâcher de faire semblant de rester idiot... mais pourquoi chercher un nécromant alors que l'un d'eux me parle en cet instant même? C'est un jeu?
En bon mage bien mystérieux, il ne dit rien de plus, salua la baronne et le chevalier, et s'en repartit.
Otto fronça des sourcils, lorgnant le mage qui partait:
-Il est dangereux. Vous pensez qu'il sait que vous êtes une ...?
Le mot ne fut pas dit.
Du reste, le marchand ne fit nulles manières. Il avait en effet assisté à la démonstration de lucrétia en salle du trône, et se trouvait bien aise que, déjà, la belle voulut bien recruter... Il la remercia.
La nuit. Pluie, dans la ville.
Il était un peu tard, céans, pour recruter ou d'autres choses... D'autant que le sale temps et la froidure faisaient déserter les rues...
Otto, bien que visiblement fatigué, accompagna bien entendu sa maîtresse...
Toutefois, tout ce qu'obtint lucrétia en cette nuit noire ne fut qu'une connaissance un peu plus approfondies de l'actuelle Reissen... et la satisfaction que son "laisser passer" fonctionnait bien...
Que ce furent les gangs de gamins des rues, ou les mercenaires crasseux, les maquereaux, les escrocs, les commerçants, les assassins - chacun de ces groupes contrôlant un quartier - tous "laissèrent passer" la lahamiane et son sbire sans plus lui faire de tort, une fois le papier comtal vu...
Lorsqu'elle parla de "culte du chaos", de "gens qui disparaissaient", beaucoup rirent... non non bien sûr il n'y avait rien de cela en Bundhofstadt!! (mensonges... Lucrétia le pensa)
Et de nécromancien? Non pas.
De recrutement? non plus.
Il était trop tard pour de telles recherches...
gageons que Lucrétia remit donc cela au lendemain...
Le lendemain matin: jour nuageux.
Otto avait donc rapporté des cartes et des chevaux frais à sa maîtresse, et il possédait des "remèdes"...
La ville, hautes maisons aux toits d'ardoises mouillées, aux venelles étroites, s'éveillait lentement... Selon les quartiers, les dirigeants changeaient, Lucrétia l'avait compris... Dans un quartier dédié à cela, elle recruta sans problèmes assez de mercenaires pour un retour de caravane...
Mais de nécromancien? Toujours pas.
Au détour d'un ruelle, Otto - qui avait repris encore des couleurs, dans son armure lourde et fourrures - lui demanda naïvement, à voix basse:
-Madame, J'ai ouï ce que vous a dit le mage Feuer hier... Je n'ai guère apprécié ces allusions mais je dois avouer que je m'interroge aussi:
Votre nature, enfin... les vampires... L'on dit qu'ils sont capables d'ordonner aux morts vivants... C'est donc faux?
Un léger crachin froid se mit à tomber dans la ruelle...
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
- C’était une question qu’elle s’était toujours posée, sans jamais parvenir à connaître ou deviner la réponse, toutefois, jusqu’à ce moment précis où Feuer lui avait répondu. Les mages avaient pour eu cette connaissance de l’Aethyr et ce troisième œil qui leur permettaient de discerner les vents magiques au travers de la trame de la réalité ; certains les voyaient tant et si bien, par ailleurs, que ces courants magiques prenaient le pas sur le monde tangible. Ils vivaient dans un autre monde, un autre univers, tellement différent de celui au travers duquel avaient coutume de marcher les habitants du Vieux Monde, et ce que l’on considérait comme étant des fous ou des cinglés pouvaient se révéler comme étant de puissants magiciens, pour condition unique d’avoir reçu un enseignement magique. Feuer était justement l’un de ces mages, et, pour en être devenu un, l’homme avait appris à lire les signaux qu’envoyait d’ordinaire l’Aethyr. La Dhar coulait dans les veines de Lucretia, aussi plus présente encore, peut-être, que le sang qui l’habitait, et son être tout entier suintait de cette magie noire, pour qui savait observer. Il demeurait possible de le cacher, toutefois, mais il semblait que le mage rouge avait été bien plus doué qu’elle, pour ce trait-là.
Demeurait une seule question, question qu’Otto posa par la suite. Savait-il ce qu’elle était réellement ? Il paraissait savoir de longue date qu’elle était, à tout le moins, une nécromancienne, eu égard à ces deux vents de magie étroitement entremêlés autour d’elle. Et cela, même lorsqu’ils s’étaient rencontrés pour la toute première fois, ne l’avait jamais perturbé. Ou alors, possiblement, l’homme révélait des trésors de maîtrise de sa propre personne, le genre de mage qui aurait très bien pu avoir sa place dans quelque cour que ce fût pour aussi bien contrôler ses émotions et son paraître. Feuer voulait connaître le danger, elle en était certaine ; il venait de lui ressasser son envie de s’engouffrer que plus encore dans les Principautés Frontalières, plutôt que de pourrir d’ennui dans l’Empire ou ses alentours. Si fait, qu’elle fût un vampire ne le dérangeait peut-être pas tant que cela, s’il en avait conscience. Qu’importait, là n’était pas la question.
Amusée par les trouvailles pertinentes de l’homme, la Lahmiane se fendit d’un plus grand sourire encore, jouant –presque- cartes sur table.
«Bien sûr que si. Mais je ne vais tout de même pas leur donner une raison supplémentaire de me craindre davantage encore. »
Lorsque l’homme eût tourné les talons, Lucretia se tourna en direction de son sigisbée.
«Aucune idée. Mais je doute que cela l’effraie, si tel est le cas. Enfin quelqu’un de sensé. »***
Ce ne fut qu’une fois le lendemain venu que Lucretia put véritablement commencer son enrôlement. Aucune rencontre de la nuitée ne lui avait servi, quand bien même s’en était-elle trouvée légèrement peu étonnée ; il y avait toujours, même dans les heures les plus tardives ou matinales, cela dépendait des points de vue, quelques vagabonds, guerriers, mercenaires ou autre qui se tenaient prêts à être recrutés, et noyaient leur attente dans l’alcool d’un vieux bouge malfamé. Mais peut-être cela était-il pour le mieux, qu’elle n’en eût pas rencontré ; l’on ne pouvait jamais trop se fier à ces gens-là. Ce n’était que partie remise ; la matinée venait tout juste de transiter à l’après-midi qu’elle avait déjà rencontré assez de brutes épaisses pouvant servir de caravaniers. Le dirigeant de leur petite escapade serait ravi.
Quant au reste, personne ne lui conta la réalité sur ce qu’il se tramait véritablement dans l’ancienne Reissen, mais Lucretia le comprit aisément. Ses questions n’avaient pas été assez précises –bien entendu, dans une ville pareille, les disparitions et meurtres devaient être légions- mais elle ne pouvait décemment pas leur expliquer le fondement de son raisonnement, tout en avouant rechercher un nécromancien. Trouver un être de cet acabit n’était pas une tâche des plus aisées, même lorsqu’il s’avérait que vous étiez vous-même habité d’Aethyr. Où qu’elle se trouvât, Lucretia doutait même de savoir précisément où chercher, comment mener ses recherches ; les mages noirs étaient connus pour s’abriter et se terrer dans des caveaux ou des grottes, en des lieux bien éloignés de la populace locale, et ce afin de pouvoir mener leur expérience en toute discrétion. Ici, à Reissen, elle avait posé quelques questions à propos de pareils endroits, mais n’avait pu recueillir de témoignages sur l’existence même de caveaux dans la ville. Il n’existait peut-être même pas de cimetière. Mais, même si Lucretia ne parvenait pas à en trouver, elle avait pensé à une parade, en acceptant sa mission. Il lui était toujours possible de trouver quelque charlatan que ce fût, faire croire au Comte et à ses jumeaux, lesquels ne semblaient pas s’y connaître en magie, que son pantin était à même que d’effectuer la tâche recherchée, et de concevoir elle-même les sortilèges néoromantiques, discrètement, et cela afin de ne pas trahir sa véritable identité. Cela demeurait plausible, quoique risqué, si d’ordinaire son acolyte et elle-même devaient être séparés dans le futur. Autrement, restait toujours Feuer. L’homme était assurément plus capable qu’elle pour mener ses disquisitions magiques. Elle se demandait s’il se plierait à sa requête, et mènerait son enquête de son côté avant de lui faire part de ses possibles trouvailles. Mieux valait lui laisser un peu de temps.
Sans même regarder Otto, la Lahmiane répondit à sa question.
«Non, c’est vrai. » Le plus simplement du monde. Après tout, son chevalier avait sûrement déjà dû deviner la réponse, eu égard à ce qu’elle avait répondu la veille au mage rouge.
«Après tous ces recrutements, c’est que j’en viens presque à avoir soif. Et j’ai envie de me changer les idées. » Ses économies étaient pleines de quelque cent quinze couronnes d’or, une belle somme, très belle, même, en vérité, et il n’était pas forcément nécessaire que d’en avoir davantage.
Lucretia rentra dans la première taverne qu’elle rencontra.
La jeune femme s’assit confortablement, commanda une simple boisson. Puis se leva, criant à qui voulait bien l’entendre :
«Cinq couronnes d’or pour qui me bat au bras de fer ! Participation, une couronne ! »
Elle avait une mission de la plus haute importance, dans les Principautés Frontalières. Mais, tant pis, ça attendrait bien un peu.Au cas où, j’ai la compétence Force Accrue.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 28 juil. 2015, 13:53, modifié 1 fois.
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- [MJ] Bonnepierre
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
Après midi froidureuse, une taverne de Bundhofstadt:
Sis dans d'inquiétants quartiers - mais lesquels ne l'étaient pas en cette cité de gredins? - quartiers manifestement régentés par d'osbcurs mercenaires sans tabards, l'établissement où avait échoué Lucrétia fleurait "bon" le tabac, le mauvais alcool et le vomi... Il était néanmoins d'une taille correcte, par rapport à d'autres tavernes du coin, et donnait sur une avenue relativement large.
La clientèle, comme l'on pouvait s'y attendre, était très majoritairement constituée de soudards, reîtres et autres aventuriers mal dégrossis... A une table, six elfes sylvains encapuchonnés de gris - dont quatre femmes - sirotaient néanmoins du vin coupé à l'eau, et le fait que nul tire-sabre enivré ne les ennuyait, malgré ces féminines présences, témoignait possiblement de certaines compétences... Ils se parlaient peu, et alors à voix basse:
-Cette nuit... après on part
-Difficile... faisable...
-Mur Est...
Cela tenait à peu près à cela... quel intérêt hein?!
De toute façon, même si Lucrétia avait voulu s'y intéresser plus outre, maintenant qu'elle avait lancé haut et fort son défi de bras de fer dans la salle, trop de gens s'approchaient d'elle et en parlaient pour qu'elle put poursuivre correctement d'éventuelles "écoutes"...
De fait, "cinq couronnes d'or", cela attirait son pesant de bourrins! Nombreux furent les baroudeurs intéressés par cette offre... Bien que la plupart se demandaient sans doute où était l'arnaque:
Battre une femme au bras de fer, ça semblait si facile! D'autant que Lucrétia n'était pas non plus taillée comme une ogresse, et bien plutôt comme une fine et élégante spadassine... Etait-ce Otto, ce chevalier en harnois aux airs sombres, l'arnaque? Il provoquerait au combat celui qui oserait gagner contre la donzelle?... Ou alors, peut-être était-ce juste une forme originale de recrutement de la part de la dame?...
Tiens, parlons vitement d'Otto au détour de cela: Le chevalier restait debout près de sa maîtresse, sans un mot, scrutant durement quiconque s'approchait de trop. Ses fers épais, bien qu'ayant de ci de là commencés un peu à rouiller, étaient impressionnants pour la plèbe de rustauds, et son maintien droit et fier plus encore... ça! il avait vraiment des airs de garde du corps malcommode!
Néanmoins, la possibilité d'une arnaque et les regards intenses d'Otto ne parvinrent bien sûr pas à faire reculer tous les concurrents potentiels: 5 pièces d'or, c'était 5 pièces d'or!... Une somme qu'il était bien difficile de gagner aussi vite!
Un costaud, visiblement accointé avec trois autres, s'approcha en premier et posa une pièce dorée sur la table de l'ex baronne:

-C'toi qu'y faut battre, ma beauté? Pas ton cerbère en fer?... arf arf! Comme tu veux, mais pour 5 ors j'y aurait cassé son bras sans remords si tu préfères... arf! arf! Mais à toi j'te l'casserai pas, promis!
La table en trembla...
-Ha ha ha ha ha! éructa le vainqueur, aboule les 5 ors poulette! C'était le marché!...
Son oeil alerte se posait souvent dans celui d'Otto, méfiant, et ses trois comparses s'étaient aussi approchés de lui, au cas où...
Lucrétia paya t-elle?
D'autres prétendants se pressaient déjà pour prendre la relève, du coup:
-A moi à moi!
-on peut encore jouer, princesse?
-Allez, t'as juste pas eu de pot, la belle, affronte moi maintenant, pour la même somme!
Dans leurs yeux se voyaient clairement leurs pensées:
*ça c'était une idiote qu'il fallait plumer avant qu'elle se ravise!*
Sis dans d'inquiétants quartiers - mais lesquels ne l'étaient pas en cette cité de gredins? - quartiers manifestement régentés par d'osbcurs mercenaires sans tabards, l'établissement où avait échoué Lucrétia fleurait "bon" le tabac, le mauvais alcool et le vomi... Il était néanmoins d'une taille correcte, par rapport à d'autres tavernes du coin, et donnait sur une avenue relativement large.
La clientèle, comme l'on pouvait s'y attendre, était très majoritairement constituée de soudards, reîtres et autres aventuriers mal dégrossis... A une table, six elfes sylvains encapuchonnés de gris - dont quatre femmes - sirotaient néanmoins du vin coupé à l'eau, et le fait que nul tire-sabre enivré ne les ennuyait, malgré ces féminines présences, témoignait possiblement de certaines compétences... Ils se parlaient peu, et alors à voix basse:
Malgré le brouhaha, les cris stupides, et tout le ram-dam de la taverne, l'ouïe fine de la lahmaine perçut distraitement quelques bribes de ces échanges:Test de perception de Lucré (-8 vu le boucan): possible seulement grâce à des sens accrus: moyenne INt et INI: 18, réussi de peu.
-Cette nuit... après on part
-Difficile... faisable...
-Mur Est...
Cela tenait à peu près à cela... quel intérêt hein?!
De toute façon, même si Lucrétia avait voulu s'y intéresser plus outre, maintenant qu'elle avait lancé haut et fort son défi de bras de fer dans la salle, trop de gens s'approchaient d'elle et en parlaient pour qu'elle put poursuivre correctement d'éventuelles "écoutes"...
De fait, "cinq couronnes d'or", cela attirait son pesant de bourrins! Nombreux furent les baroudeurs intéressés par cette offre... Bien que la plupart se demandaient sans doute où était l'arnaque:
Battre une femme au bras de fer, ça semblait si facile! D'autant que Lucrétia n'était pas non plus taillée comme une ogresse, et bien plutôt comme une fine et élégante spadassine... Etait-ce Otto, ce chevalier en harnois aux airs sombres, l'arnaque? Il provoquerait au combat celui qui oserait gagner contre la donzelle?... Ou alors, peut-être était-ce juste une forme originale de recrutement de la part de la dame?...
Tiens, parlons vitement d'Otto au détour de cela: Le chevalier restait debout près de sa maîtresse, sans un mot, scrutant durement quiconque s'approchait de trop. Ses fers épais, bien qu'ayant de ci de là commencés un peu à rouiller, étaient impressionnants pour la plèbe de rustauds, et son maintien droit et fier plus encore... ça! il avait vraiment des airs de garde du corps malcommode!
Néanmoins, la possibilité d'une arnaque et les regards intenses d'Otto ne parvinrent bien sûr pas à faire reculer tous les concurrents potentiels: 5 pièces d'or, c'était 5 pièces d'or!... Une somme qu'il était bien difficile de gagner aussi vite!
Un costaud, visiblement accointé avec trois autres, s'approcha en premier et posa une pièce dorée sur la table de l'ex baronne:

-C'toi qu'y faut battre, ma beauté? Pas ton cerbère en fer?... arf arf! Comme tu veux, mais pour 5 ors j'y aurait cassé son bras sans remords si tu préfères... arf! arf! Mais à toi j'te l'casserai pas, promis!
Héé!!?! Quelle énergie ce soudard mit dans son bras!... lucrétia, peut-être trop sûr d'elle, et aussi forte fût-elle, ne put la contenir... Et perdit!Lucrétia : FOR +1 (accrue): 16, réussi de 1
Lui: FOR +1 (accrue): 4, réussi de mieux... (et ouais, ça arrive, désolé)
La table en trembla...
-Ha ha ha ha ha! éructa le vainqueur, aboule les 5 ors poulette! C'était le marché!...
Son oeil alerte se posait souvent dans celui d'Otto, méfiant, et ses trois comparses s'étaient aussi approchés de lui, au cas où...
Lucrétia paya t-elle?
D'autres prétendants se pressaient déjà pour prendre la relève, du coup:
-A moi à moi!
-on peut encore jouer, princesse?
-Allez, t'as juste pas eu de pot, la belle, affronte moi maintenant, pour la même somme!
Dans leurs yeux se voyaient clairement leurs pensées:
*ça c'était une idiote qu'il fallait plumer avant qu'elle se ravise!*
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Lucrétia] Longue route vers le Sud... en hiver..
- Lucretia avait le bon goût de choisir ses établissements selon des critères de sélectivités dont la pertinence eût échappé aux autres nobles qu’elle avait fréquentés dans son ancienne vie. Là où ces derniers se logeaient dans les auberges hors de prix, voire quelques hôtels particuliers ou résidence privée, la Lahmiane errait toujours dans des bouges malfamés. Même si, en vérité, seule la chance –ou la malchance- influait ses choix, elle n’en disconvenait pas ; cela lui allait aussi bien, et c’était peut-être au sein de ces estaminets crasseux qu’elle se sentait parfois la plus libre.
Là, un autre repaire de voleurs et de truands, et ça se frittait dans tous les coins, bien que sur un ton amical, et ça s’invectivait virilement et se bourrait l’épaule de coups de poing et de tapes pataudes. L’on claquait les culs de chope dans des restes mal essuyés du vomi de la veille, et renversait de nombreuses gouttes de pisse d’âne dans des relents gluants d’une sauce qui, elle, pourrissait dans les sillons du bois des tables depuis bien plus longtemps que l’avant-veille.
Toutefois, se distinguait de cette plèbe six spécimens, et un rapide coup d’œil permit à Lucretia de les identifier. De leur capuchon, peut-être pas toujours rabattu, émergeaient des oreilles pointues, et la finesse de leurs traits ne pouvait que trahir l’appartenance à une race certaine ; les elfes. En la présence de femmes, il était intriguant de constater qu’aucune d’entre elles ne se faisait importuner par quelques lourdauds dont regorgeaient d’ordinaire les bouges de cet acabit. Au contraire, même, ceux-là se tenaient à grande distance du petit groupe, les laissant en toute tranquillité. Deux hommes jouaient les gardes du corps à leur manière, aussi bien que le faisait Otto à l’égard de sa maîtresse, et c’était probablement la raison pour laquelle elle ne s’était pas encore faite enquiquiner.
Comme à son accoutumée, Lucretia laissa errer ses oreilles, écoutant les principales conversations audibles, triant le bon grain de l’ivraie. Pas grand-chose de fort intéressant lorsqu’elle s’attardait du côté des soudards, quels qu’ils fussent, mais, lorsqu’elle capta les échos des paroles des elfes, elle sut qu’ils fomentaient une certaine cabale. Ce soir, au niveau du mur est. La curiosité maladive et morbide de la Lahmiane la poussa bien évidemment à voir ce qu’il s’y passerait, ne serait-ce que pour être simple spectatrice. Une fois sur place, et, comme toujours, elle aviserait du choix de ses futures actions.
Mais, entre-temps, la belle s’était lancé dans un jeu de bras de fer, et venait d’en faire l’annonce. Si cela intriguait bien entendu son lot de gros bourrins, ces derniers s’avérèrent plus malicieux que d’ordinaire pour fleurer l’embûche. A croire que, dans certaines circonstances, lesquelles impliquaient généralement des concours de beuveries ou de force, ces grands costauds savaient faire usage de leur cervelle. On la reluqua, l’observa, tentant d’apercevoir la magouille, et Otto ne fut pas exempté de toute auscultation. En fin de compte, il fallut attendre un petit moment de flottement pour que l’un des truands s’y essayât.
« Bien entendu, que c’est contre moi, chéri. Intéressé ? »
L’homme le fut bel et bien. Le combat s’engagea, chacun étant fermement campé sur ses positions, coude prêt à former une petite cavité dans le bois de la table à force de pression. Lucretia avait mal positionnée son bras, à n’en pas douter ; qui pouvait se targuer de rivaliser en force avec quelque vampire que ce fût ? La crasse et le gras accumulé par les années sur la table la mirent en porte-à-faux, et son bras dérapa quelque peu. Profitant là de l’occasion, le bougre appuya de toutes ses forces, et la défense de la jeune femme se rompit. Elle venait de perdre, et l’homme lui réclamait à présent ses cinq couronnes d’or.
Grande duchesse, et bonne joueuse, Lucretia les lui donna, avec son plus beau sourire. Et c’était assurément ce qu’il fallait faire. Ravis de voir que cette femme, en plus d’être idiote, possédait bien le pactole promis, d’autres voulurent à leur tour tenter leur chance, et dépouiller la Lahmiane de son argent. La jeune femme n’y avait jamais trop pensé, trop fière et trop vaniteuse pour se livrer volontairement à pareille défaite, mais il s’agissait là d’une technique imparable pour attirer le chaland.
Ô, à n’en pas douter, elle réitéra sa proposition dans de grands sourires candides, à renfort de jolis yeux émeraudes, et concourut au bras de fer avec qui le voulait bien.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 28 juil. 2015, 19:31, modifié 1 fois.
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