Tout n’était plus qu’obscurité, Asulf venait de sombrer dans l’inconscient face à son oncle, pour ouvrir les yeux sur le néant. Était-ce cela la mort ?! Étrange… Il ne ressentait plus rien, ni le chaud ni le froid, ni la douleur ni le plaisir, le loup se sentait vide. Mais où était-il ?! Autour de lui, aussi loin que ses yeux portaient, il ne voyait absolument rien, tout n'était qu’obscurité. Plus étrange encore, il semblait qu’il marchait à la surface de l’eau, ou en tout cas à la surface d’un liquide suffisamment clair pour refléter nettement son apparence.
*Bon et bien, il ne me reste plus qu’à marcher, je finirais bien par avoir des réponses… Enfin, je l’espère…*
Il partait alors dans une direction, sans savoir vers où et vers quoi, ni même pour combien de temps, car le temps n’avait pas vraiment d’emprise sur ce « lieu ». Cela faisait des minutes, des heures, peut être des jours voir mêmes des mois qu’il marchait, qui pouvait bien le dire, qui pouvait être témoin ?! Asulf ne ressentait pas la faim, ni même la fatigue, ces pensées étaient embrumées, comme occultées…
À un certain moment de sa marche, alors que le vide infini se faisait lassant, là-bas au loin, il semblait s’y trouver quelque chose, comme une forme... Il marcha et marcha, encore et encore, l’objectif semblait inatteignable, jusqu’à ce que d’un seul coup la distance se réduise à la vitesse d’un éclair frappant la cime des montagnes. Le guerrier tomba alors face à une personne que ses yeux ne connaissaient pas, mais dont le cœur avait bonne mémoire…
Elle était assise là sur un bloc de pierre entouré de se vide perpétuel, seul, comme attendant quelqu’un… Sa beauté n’avait pas d’égale, richement vêtue, une peau de loup en guise de cape. Elle avait les cheveux longs, blanc pelage de loup qui lui tombait sur les épaules, le visage élancé, pâle, des yeux grisâtres, le regard profond, le nez effilé, la bouche fine. Le tout parcourue de quelques tatouages symétriques couleur noir de jais.

Le loup était subjugué par sa présence…
*Mais qui est-elle, que fait elle ici ?!*
-Qu’il est beau le loup pour qui j’ai versé le prix du sang ! Assis toi avec moi Asulf. Elle avait la voix à la fois suave et puissante
-Qui… Quoi… Je veux dire… Vous êtes ma… Ma mère ?!
-Oui mon fils, je suis bien Sigrid l’Indomptable, femme de feu le Jarl Ragnar Hakonson… Maintenant assied toi près de moi et discutons ensemble de toi et de ce dont tu adviendra tu veux bien ?
Asulf comme déboussolé, s’exécuta sans broncher au près elle, les questions se bousculaient dans son crâne.
-L’Oracle ne m’avait pas menti à ton sujet, tu beau et fort mon fils, j’ai donnée ma vie pour que tu puisses accomplir le destin qui sous les étoiles doit être accompli. Mais malheureusement si tu es là, c’est que tu t’es sur le point de faillir dans le chemin qui t'est tracé…
Il là pris dans ses bras et la sera fort contre lui, l'émotion était bien trop forte, même pour un guerrier de la trempe du berserker, il avait la chance de voir sa mère qu'il n'avait jamais connu. Son cœur battait la chamade, ses yeux était aux bords des larmes... Elle le sera à son tour dans ses bras.
-Mère, je ne comprends pas ! Où sommes-nous et m'a destiné…
-Calme toi, si je suis ici maintenant, c’est pour te guider, nous n'avons pas beaucoup de temps. Tu es à la fois partout et nulle part, à la fois dans le monde des vivant et celui des morts. Nous avons été réunis à ce moment précis pour que je te conseille, pour que je te guide, sang de mon sang. Écoute moi bien attentivement maintenant, ton heure n’est pas encore venue, les dieux ont pour toi la destiné d’un roi, mais pour cela, tu dois payer le prix nécessaire à ton ascension. J’ai moi-même il y à de ça bien longtemps accepter ma mort afin de te mettre au monde pour que tu puisses accomplir ce qui t’es demandé.
Mon enfant, Brygnolf n’est qu’une partie du prix à payer, mais pour l’instant, il est trop fort pour toi, tu dois fuir ! Tu m’entends fuis et ne reviens que le jour où les hommes te suivront pour ta valeur... à partir de ce jour-là les dieux te reconnaîtront comme le Loup qu’ils ont relâché sur le monde.
Si tu ne m’écoutes pas et continue le combat alors mon sacrifice et le tiens auront été vain et nous serons voué à la damnation…
-Mais mère je suis déjà un parjure pour notre clan et maintenant il faut je devienne un lâche ?! Je ne comprends pas… c’est là le dessein des dieux pour moi ?
-Crois en moi comme j’ai toujours cru en toi mon amour !
Elle désigna alors de la main face à eux au loin une tache blanche qui venait d’apparaître, à peine discernable dans ces ténèbres elle était brillante comme une étoile solitaire, guidant les égarés dans les moments décisifs.
-Le temps presse tu dois y aller. Va Asulf, la tempête gronde au loin, bientôt tous te suivront et la terre rougeoiera du sang de tes ennemis…
Il l’embrassa de nouveau, une larme coula le long de sa joue gauche. Il ne savait pas quand il la reverrait précisément, la mort les réunirait tôt ou tard mais dans quel conditions, cela était du ressort d'Asulf à présent...
-Je t’aime mère…
Il s'en allait sans s'en retourner, à vive allure, Loup de Tempête se dirigeait vers ce voile blanc.