[Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Le Grand Duc
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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


La prêtresse fronça méchamment des sourcils lorsque la jeune femme lui avoua son nom de famille complet, et même le domaine dont elle venait. Sitôt qu’Isolde ait fini de s’expliquer, elle reprit le ton caquetant et désagréable qu’elle avait employé avec le bailli pour gronder la damoiselle :

« Tu n’aurais pas dû me dire ton nom ; C’est t’incriminer. Tu as de la chance ; comme je te l’ai dis, je n’ai cure des ordonnances de ce pays, mais à l’avenir fait très attention à qui tu avoues ton nom. Même des gens qui te paraissent de confiance. De leur gré ou par ruse, ou même par force, ils pourraient être amenés à témoigner contre toi dans quelque circonstance que ce soit. »

Elle se releva et approcha de l’autel, sur lequel elle posa le récipient en bois.

« Je trouve que tu es bien insensée, Isolde de Bérétis. Mais ce n’est pas à moi de te dire si tu es dans l’erreur ou dans la vérité. La religion de Taal et Rhya est… Un peu particulière. Nous ne passons pas notre existence à vouloir changer les gens ou le monde. Nous préférons l’observer pour ce qu’il est, sans artifices, sans conventions, sans… Sans des règles et des lois bien compliquées.
Nous vivons bien. Au jour le jour. En ne tuant point et en ne prenant que le strict nécessaire pour nous nourrir et nous réchauffer. Tu n’entendras pas des leçons de morale de ma part pour te dire ce qui est bien ou mal. Il ne revient qu’à toi d’assumer les conséquences de tes actes. »


Elle disait cela en plongeant son regard, deux beaux yeux d’ambre, directement dans les mirettes de la chevaleresse. Elle parlait avec un ton acerbe, sévère, et pourtant il ne semblait pas tellement qu’elle grondait Isolde ; Elle parlait plutôt comme une vieille dame impatiente, qui disait tout cela comme si c’était d’une évidence, et qu’elle fatiguait de devoir le répéter.

« Les gens de Brossac ne sont pas de mauvaises gens. Ils travaillent honnêtement, au jour le jour, en priant humblement Taal et Rhya de rendre l’herbe bien grasse, de rendre la laine des moutons bien saine, de faire naître leurs enfants au monde, et, de temps à autre, de les protéger des gobelins qui menaceraient leurs troupeaux. Mais le problème des petits villages où tout le monde se connaît, c’est que les rancœurs durent longtemps, comme les commérages des voisinages. La guerre a changé beaucoup de choses. Elle n’a pas beaucoup touché la Bretonnie, encore moins les montagnes de Parravon, mais cela serait mentir que de dire qu’elle ne nous a pas impactés.
Brossac n’est pas grande. C’est un village de vieux et d’enfants. La menace des peaux-vertes avait déjà emporté six jeunes homme il y a sept ans, une bête infection après une blessure au travail en a amené un à voyager avec Morr, et un autre a été cruellement blessé d’une façon similaire, le laissant infirme. Alors, lorsque trois garçons en pleine force de l’âge sont partis dans l’ost de sire Chlodéric, cela s’est fait sentir ici. La guerre a laissé des séquelles, surtout chez ceux qui ont été directement souffert de ces séquelles.
Comme Francine, qui a perdu son mari. Ou Régis, qui a perdu son fils, mort de ses blessures il y a deux ans maintenant. »


Elle haussa les épaules et pinça ses lèvres. Une soudaine tristesse, bien contrôlée, était apparue sur son visage si monotone et inexpressif.

« Tu les pardonneras donc. Ce n’est pas tant que tu les aies froissés qui importe. C’est qu’ils ont l’impression d’être ignorés. De ne pas être écoutés. Ce n’est pas totalement faux d’ailleurs. Messire Chlodéric n’a jamais mis les pieds à Brossac de sa vie, cela ne l’empêche pas de réclamer de la laine et de la viande de mouton comme taxes, et de braves garçons en pleine forme lorsqu’il part à l’aventure de l’autre côté des montagnes.
Bien sûr, pour me faire l’avocate du diable, les gens de Brossac sont trop fermés sur eux-même. Ils ne se rendent peut-être pas compte que si Chlodéric est allé dans les terres de l’Empire, ce n’est pas simplement pour se faire mousser ; Je ne le connais pas personnellement, j’ignore si les exploits qu’on lui attribue sont pure vérité ou simple racontar, mais enfin, on le surnomme « Tueur-de-Trolls ».
Tu comprends mieux leur réaction, à voir un chevalier errant débarquer ici ? Et s’occuper d’une affaire dont Chlodéric avait au départ formellement interdit de leur en parler ? »


Elle se rassit aux côtés de la chevaleresse.

« Tu ne trouveras pas beaucoup d’informations ici, j’en suis désolée. »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Message par Isolde Tristan de Bérétis »

"Mère ...."
Elle ressemble à Mère.
Enfin elle ressemble à ce que ma Mère aurait pu être, une femme qui me gronde quand sa fille commet des bêtises.

A ce moment là je pourrai presque sourire à l'écoute de ce sermon venant de cette inconnue que je suis du regard alors que telle une poule elle va de gauche à droite en caquetant. Je garde que des images de sa folie et une profonde mélancolie de celle qui fut ma génitrice. Les auto-mutilations qu'elle infligeait à sa chaire alors qu'elle découpait sa peau lors de ses périodes de crises sous mon regard d'enfant, ses errements sans queue ni tête dans les couloirs de la demeure, ses cris quand père l'enfermait à double tour dans ses appartements et ses échappées en bordure de forêt afin de hurler ses malédictions à la face des fées qu'elle rendait responsable de son chagrin inconsolable. Au jour d'aujourd'hui le manque de cette figure maternelle laisse un vide en moi, ce ci explique en parie ce drôle de sentiment qui naît en moi, j'en suis presque à savourer la chose.

"Oui Mère ..."
"Veuillez me pardonner."
Soupire, je ne tente pas de justifier mes actes mais de les expliquer.
"Je ... Malgré la honte que j'éprouve à mentir je le fais depuis des années maintenant et cela me pèse. Après réflexion je l'ai fait autant par gratitude que par besoin. Je suis ... Isolde de Béréitis ... "
A cet instant je pourrai hurler mon nom à la face du monde, je réalise toute cette souffrance à devoir ainsi ce cacher, cacher qui et ce que l'on est.
Une femme, une mère, une chevaleresse.
"Et maintenant quelqu'un le sait."

Enfin je me relève, il faut bien avouer que de m'imaginer à parler le fondement dans la paille à cette servante de Taal et Rhya dans sa propre chapelle me paraît soudainement inapproprié. De quelques gestes de la main je me débarrasse des fétus avant de m'en retourner à mon interlocutrice qui entre temps m'a brossé l'histoire de Brossac.

Encore une fois je me suis trompée. Plutôt encline à dénigrer la noblesse de notre pays et ses règles pour me placer en défenseur du peuple, le point de vu était biaisé par ma crasse ignorance et mon refus de voir les choses dans leur globalité, ce qui soit dit en passant prendra le temps d'une vie tant et si bien que j'arrive à tirer des leçons de ces expériences. Il n'est cependant pas l'heure de revoir les aspects Histo-socio-politco de la Bretonnie qui nous ont conduit jusqu'à aujourd'hui mais je prends bonne note de réfléchir à tout ça le moment venu.

"Je vois. Qu'on me pardonne mon pêché d'orgueil. J'ai sincèrement cru qu'ils seraient heureux de voir une personne s'intéresser à leur problème sans prendre en compte le reste. Je ... pensais que ma seule présence suffirait. Je ne vaux pas mieux que beaucoup."


Bordel, ça c'est vraiment douloureux. Oui, je ne vaux pas mieux que tous ces petits fanfarons qui se pavanent dans leur maille rutilante montés sur leur destrier. Je suis non seulement aussi arrogante mais en plus crotteuse ! BIM prend toi ça, autre chose ? Euh ... plus tard non ?

"Je suis ..."
J'allais encore dire désolée, je crois que l'on aura compris alors je me ravise pour revenir au sujet principal.
"Pas beaucoup d’informations ne veut pas dire aucune ? Je me mets en route demain, je me suis engagée à retrouver ses enfants et je le ferai."
Rien de plus, cette fois je vais droit au but, pas de violons à faire pleurer dans les chaumières.

Mon regard croise celui de la servante puis les représentations de Taal et Rhya avec l'étrange sensation que là debout dans cette chapelle je viens de conforter un peu plus ma parole donnée.

"Oui... je le ferai ou j'en périrai."

Mon poing se serre signe d'une volonté retrouver, mes yeux s'illuminent un court instant de cette flamme qui parfois brûle en nous.
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Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Message par [MJ] Le Grand Duc »

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La prêtresse eut un petit sourire, et un pouffement de rire lorsque Isolde se dénigra elle-même. Maintenant debout, la chevaleresse était certes plus grande, et plus imposante que le bout de femme mûre maigrelette dans ses haillons, mais elle ne paraissait nullement l’intimider ou imposer le moindre respect envers elle. Elle continua de la gronder ; Et pourtant, elle grondait à présent avec un ton plus rigolard, plus doux, bien plus sympathique.

« Cesse donc de t’insulter toi-même. « Péché d’orgueil »… Francine aussi est orgueilleuse, elle l’a toujours été. Tu n’as pas de reproches à devoir te faire à toi-même. Bien que, en effet, crier sur elle n’était peut-être pas la meilleur des idées. »

La femme souleva un pan de son mantel en laine, et d’une poche légèrement trouée, elle tendit à Isolde les pièces d’argent que la chevaleresse lui avait offert.

« Refuser l’argent d’autrui c’est de l’orgueil. Mais l’orgueil n’est pas forcément une mauvaise chose. L’amour-propre, pouvoir regarder son reflet dans l’eau tous les matins, ça ne se monnaye pas facilement. Enfin ! Tu me dis que tu ne vaux pas plus que beaucoup d’autres ; Qu’est-ce que j’en sais ? Qu’est-ce que j’ai à savoir ?
Es-tu une meurtrière ? Une voleuse ? Une criminelle ? As-tu violé des femmes, agressé autrui pour le dérober ? Il y a quantité de gens assez horribles sur ces terres. Si tu souhaites faire le bien, fais-le, et honore les Dieux pour qu’ils t’aident et te soutiennent. Si tu souhaites faire le mal, eh bien, je vais te le dire : fais-le. La nature trouve toujours un moyen pour te punir de tes mauvaises actions, voilà tout. Mais ne vis pas tous les jours de ta vie avec la tête courbée. »


Elle haussa les épaules.

« Ce que je dis est très bête, mais c’est là toute la leçon que j’ai à te donner, malheureusement. Tu dois comprendre, je suis une bien mauvaise prêtresse. Si tu veux avoir de beaux sermons inspirants, va à la Maisontaal où mes éminents et érudits coreligionnaires pourront mieux t’aider. Moi, mes jours, je les passes plutôt à aider les moutons à mettre à bas, à surveiller les vents et le climat, et, lorsque Rhya est très clémente, j’ai la chance d’aller aider une femme à mettre un petit au monde. »

Son visage se fit néanmoins plus grave lorsqu’il fallut à nouveau parler des enfants. Elle opina du chef, ses sourcils bien arqués au milieu de son front, et sa voix légèrement plus grave.

« Chlodéric pense que les Fées ont volé Bruno. J’ignore ce qui le pousse tant dans cette théorie, mais il est évident qu’il a tort. Bruno n’a jamais manifesté le moindre signe de magie, il n’a jamais eu de comportement… Anormal, trébucha-t-elle sur ce mot en particulier, comme si dans sa bouche « anormal » désignait quelque chose de bien particulier.
Je n’ai pas grand-chose à te dire, Isolde. Bruno était un enfant perturbé, maltraité par le bailli et par les habitants de Brossac. Peut-être s’est-il enfuit, cela lui arrivait souvent. Peut-être la nature l’a-t-elle emporté. Peut-être quelqu’un. Mais si d’autres enfants dans d’autres villages se sont volatilisés dans des conditions similaires…
Si tu le retrouves, les gens de Brossac te seront à jamais reconnaissants. Mais bien des choses peuvent arriver. Peut-être qu’il est heureux là où il est, et n’a aucune volonté de revenir chez sa mère. Peut-être est-il décédé dans la nature, et alors son corps devrait être confié au soin des frères de Morr. C’est certainement cruel à entendre, mais ne fonde pas trop d’espoirs de réussir dans cette mission.
N’y va pas à corps perdu pour exorciser tes propres démons. »


-1 Pa
+1 PdC « Taal & Rhya »

-1 Pa
+5 rations de nourriture pour un jour (Médiocre)
Le reste de la journée fut bien peu événementielle. Retournant au relais de poste, Tristan put être oisif à souhait ; Toute l’après-midi, les bergers de Brossac repartirent faire paître leurs bêtes non loin du village, et ce ne furent que les enfants et les viocs qui demeuraient dans le bâtiment pour partager quelques godets de vin, pour les adultes, ou du lait de chèvre, pour les plus jeunes. Plutôt que de parler de choses fâcheuses, comme Bruno ou le souvenir de la guerre, Jacques, Jacquot et Jacquie, fidèles au poste, préférèrent discuter de choses bien plus inconséquentes mais autrement plus sympathiques, comme de la pluie et du mauvais temps, de la santé des bestiaux, ou de la prochaine foire au village qu’ils avaient prévus d’organiser à Brossac. Ils se chargèrent néanmoins tellement, qu’à peine le soleil était en train de se coucher, ils étaient déjà tous très ivres et incapables de continuer le rythme ; Et malheureusement, les gens de Brossac, qui rentraient du travail en sueur et exténués, n’offrirent pas une meilleure compagnie de beuverie. Le chevalier put donc aller se coucher avec les poules, dans une chambre de l’auberge qu’on lui offrit bien gracieusement : De toute manière, Brossac ne semblait pas habituée à accueillir des voyageurs, et ses prix n’auraient pas été bien élevés.

Le lendemain, aux aurores, Tristan paya un bien sobre petit-déjeuner constitué d’un grumeau d’orge et de sarrasin, et prévu quelques céréales broyées et des fèves qu’elle n’aurait qu’à simplement faire cuire dans un peau d’eau afin d’avoir quelque chose qui tiendrait au ventre. On nourrit son chien avec des os de mouton, restes d’un pot-au-feu de la veille, et enfin, maître et toutou furent prêts à partir.

Avant de quitter Brossac, Tristan repassa juste à la tour de garde. Le bailli, bien matinal, l’attendait déjà derrière son bureau.

« Ha ! Parée à partir ? »

Il se leva en attrapant une feuille de brouillon sur laquelle il avait gribouillé des pattes de mouche.

« Comme promis : Un plan pour atteindre la cabane du Dogue. Gardez votre épée près de vous tout de même, on ne sait jamais. Et tâchez de rester en vie, je veux pas avoir à rapporter à sire Chlodéric qu’on a encore une prime de recherche de personne disparue à rajouter ! »

Il avait dit cette dernière phrase avec un grand sourire et sur le ton de la blague ; Après, chacun libre de juger si cette plaisanterie était appropriée ou non.

« Je pars demain avec quelques volontaires pour Suris, le tout dernier village, à la frontière impériale. Si vous avez besoin de me faire un rapport, c’est plutôt là-bas que vous pourrez me rejoindre.
Allez avec les Dieux, sire. »


C’était la première fois depuis qu’ils s’étaient vus que le bailli s’adressa enfin au chevalier avec le titre ordinairement d’usage. Il tendit sa main pour serrer celle de Tristan, s’il l’acceptait, et enfin le chevalier put partir en errance.


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La route cassait les jambes, encore plus qu’hier. Suivant tranquillement le sentier balisé et sécurisé qui devait relier les trois villages montagnards, Tristan suivit sans se presser le croquis que lui avait offert le bailli. Les choses furent bien plus compliquées lorsque vint, un peu avant midi, le moment de bifurquer et de dévier sur des coteaux et des chemins qui n’étaient pas indiqués autrement que par des points environnementaux : Telle chute d’eau, tel gros chêne, telle toute petite rivière qu’il fallait suivre jusqu’à telle roche… Peu habituée à cet environnement, avec les soucis d’orientation et la fatigue, Tristan sembla se perdre plus d’une fois au milieu des montagnes grises.
Au moins, elle avait la chance d’effectuer ce périple en plein été : Le soleil tapait fort, mais c’était mieux que de devoir pratiquer cette sortie dans le froid, à l’ère de la neige qui habitait encore les sommets. Un moment, Tristan fut même récompensé par la vue magnifique de la forteresse Naine de Karak Skrati. De là où elle se tenait, le bastion n’était qu’un minuscule rectangle très éloigné, qui lui prendrait sans doute quelques jours entiers à marcher pour l’atteindre ; Mais enfin, le Karak apparaissait très clairement, sa pierre maçonnée tranchant avec la sédimentation naturelle des montagnes grises.

Lorsqu’elle eut faim, elle put s’arrêter un instant pour se préparer un petit feu sur lequel elle réchauffa de quoi se faire une maigre collation à manger. Mais enfin, elle repartait, toujours tout droit, malgré la fatigue qui commençait à l’assaillir et les courbatures qui la gangrenait.

Elle commença à atteindre une côte montante alors que le soleil se couchait. Et si jusqu’ici elle marchait sans se faire trop de soucis, quelque chose l’alerta soudainement : Sur le sol se trouvaient deux corps de gobelins, raides morts, transpercés de flèches : 2 dans le poitrail pour l’un, une dans l’œil pour l’autre. Les deux peaux-vertes étaient maigrement équipées, juste de vieilles peaux faciles à perforer et des couteaux rouillés en guise d’armes. Mais c’étaient des combattants. Tirant la lame de son fourreau, la chevaleresse put grimper la côte en faisant plus attention à ce qui l’entourait, jusqu’à ce qu’elle atteigne la cabane du Dogue.
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Une maigre chaumière solitaire, tout au fond. Un grand terrain de près et d’herbe fraîche. Et malheureusement, des assaillants qui l’encerclaient. Se cachant derrière le petit muret qui marquait l’entrée de la propriété, Tristan put rapidement reconnaître l’opposition.
Il y avait, dans un coin à gauche, quatre gobelins armés de lances qui couraient dans tous les sens ; Ils essayaient d’attraper des moutons qui fuyaient à leur approche. Dans le coin à droite, deux autres gobelins, eux armés d’arcs, étaient légèrement plus intelligents : Ils tentaient de tuer les bestioles fuyantes avec leurs arcs, mais malheureusement, leur manque de précision faisait qu’ils rataient tous leurs tirs, ce qui les encourageait à tous deux se couvrir mutuellement d’insultes. Enfin, juste devant la maison, deux gobelins avec des lames escortaient un gros orque qui tambourinait à la porte. L’orque semblait le mieux équipé de la bande. Il donnait des gros coups de poings puis de pieds à la chaumière, tout en se mettant à se plaindre en criant :

« Hé ! Le zom ! Sors d’la ! J’veu juste t’parler !
AVEC MES POINGS ! J’vé t’maraver la gueule !
Nan, allé, j’rigol’… Steuplé, sors, j’vé pô t’faire d’mal… Piti piti zom !
J’VÉ M’FÔCHER SI TU SORS PÔ ! »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Concernant les enfants je n'apprendrai rien de plus. Tout comme les précédents témoignages la servante de ce lieu Saint me raconte peu ou prou la même histoire déjà entendue précédemment. Un seigneur qui se méfie des fées, un enfant perturbé visiblement victime du baillis, une famille marquée par les conséquences de la guerre, je pense avoir fait le tour de ce que je pouvais recueillir si ce n'était le manque de discernement dans mes approches. Sur le plan personnel c'est tout autre chose. Trois années, à un bras de troll prêt, que je me ballade sur les routes et je crois, non je suis certaine que cette journée passée dans ce petit village des montagnes grises est la plus enrichissante que j'ai vécu. Impossible de m'expliquer pourquoi et je ne pense pas que cela soit nécessaire de le faire, pourquoi vouloir poser une explication rationnelle sur quelque chose de plus ... grand. Je viens de tourner une page de mon existence et c'est cette petite communauté qui m'a aidé à le faire. Mon esprit est plus claire, ma résolution plus grande, ma compréhension de certaines choses plus éclairée bien que pour ce dernier point cela reste à prouver.

Un sourire étire mes lèvres, je rayonne littéralement devant cette femme, si je ne me retenais pas je pourrai l'enlacer et lui coller une bise sonore sur les joues. Sans pour autant me laisser aller à le faire je lui prends tout de même les mains, les serres brièvement entre les miennes.

"Merci ... Je manque de mots mais vous comprenez j'en suis certaine. Merci pour tout du fond du coeur. Que les Dieux veille sur vous !"

Je réalise sur je ne connais même pas son nom, j'hésite à le lui demander avant de décider que cela me donne une raison de plus pour revenir la voir. Un dernier regard et je finis par prendre congé non sans laisser une petite pièce dans celles que j'ai récupéré.

La journée se termine sur une note de bonne humeur, je ne cesse de me remémorer ses dernières paroles tellement pleine de bon sens tout en m'interrogeant sur l'humain et ses secrets, oui ... vaste sujet. Je réalise que nous avons une certaine capacité à nier les problèmes, à cacher les blessures les plus intimes, à les mettre sous le tapis, ainsi s'accumulent-ils pour peser sur les digues que nous édifions afin de préserver les apparences si précieuses pour nous autres. Jusqu'au jour où cette belle maçonnerie se fissure comme ce fut le cas pour moi aujourd'hui alors que rien ne laissait le présager d'autant qu'il me semblait pas être particulièrement vulnérable. Arrive alors une oreille attentive, une personne qui sans même vous connaître sait exactement trouver les bons mots, la bonne attitude, le bon ton pour vous débarrasser de ce putain de poids. Alors bien entendu ce n'est qu'une "pommade" cicatrisante mais pour l'heure j'ai envie de sautiller en sifflotant l'air de la "Comtesse derrière le buisson". Que la Dame excuse cet excès de légèreté même si je me garde d'en chanter les grivoises paroles afin de préserver de potentielles chastes oreilles.

Les heures s'écoulent au rythme des godets de vin que la Sainte trinité du village s'enfilent alors que nous devisons de plus pluie et du beau temps dans "la maison de voyage" que j'ai regagné peu avant. Pour ma part l'alcool du cru est très largement coupé, la leçon apprise et retenue pour me contenter de participer sobrement mais non sans entrain à leurs commérages, chose qui m'arrache souvent un sourire conséquence de leur capacité à caqueter telles les poules d'une basse cours tout en se chamaillant. A l'évocation de ces gallinacées je gagne ma chambre aussitôt le soleil couché ou presque, le temps que ma tête touche l'oreiller que me voilà entrain de dormir à poing fermé et c'est presque le tour du cadran que je m'octroie.

La faible lueur de l'aube naissante filtre à travers les volets disjoints. Je me réveille en pleine forme, pleine de vie et d'énergie. Dans l'intimité de cette petite pièce je me saisis du broc d'eau pour remplir la bassine que je pose ensuite sur sur un linge avant de m'agenouiller devant. Ne me demandez pas pourquoi je préfère prier devant une surface aqueuse, cela me donne un sentiment de .... sérénité et de communion.


" O Dame du Lac,
Déesse de l'honneur et la vertus
Bénis ceux qui se dressent contre le mal
Éclaire le chemin des égarés
Que ma lame pourfende l'ennemi
Et mon bouclier protège l'innocent.
Protège nous de la corruption
Que le doute et la peur disparaissent
Pour que la bravoure guide nos coeurs.

A jamais ton humble servante
A la guerre comme dans la paix."


Suit ce moment de recueillement une toilette rapide avant un solide petit déjeuner qui à défaut d'être goûtu devrait me tenir au ventre puis l'achat de quelques provisions afin de remplir quelque peu ma besace. Derniers mots échangés, vérification faite je traverse le village qui commence doucement à s'animer, quelques hochements de tête en direction des personnes croisées je m'arrête à la tour du baillis que je retrouve avec une légère surprise au vu de l'heure bien matinale derrière son bureau.

"Bonjour André, u es un lève tôt..."

Dis-je d'une voix enjoué sans prendre la peine de m'asseoir, mes doigts s'emparent du papier qu'il me tend que je glisse dans une poche après un rapide coup d’œil.

"Je ne comte pas trépasser ni aujourd'hui ni demain, ce qui devrait t'éviter quelques tracas."
Visiblement je préfère goûter sa blague que prendre ombrage de ses propos.

"Je te retourne cette prudence que tu me conseilles. Prend garde à toi, que la Dame guide tes choix et ton bras."
Un dernier regard, une bonne poignée de main que j'accepte avant de quitter les lieux pour rejoindre un Fitz qui m’accueille avec quelques joyeux jappements, sa queue fouettant l'air.

*****
Lentement mais sûrement Brossac rapetisse à ma vue pour n'être plus qu'une vague tâche qui je distingue à peine, le chemin serpente à flanc de montagne à travers éboulis rocheux et sous bois dont les feuillus laissent peu à peu la place à leurs cousins conifères bien plus adapté à l'altitude. L'environnement est tout bonnement majestueux bien que je sois obligée de réguler mes efforts plus habitué au moutonnement des collines et prairies de nos contrées moins encaissées. Et ceci sans même parler de le sente que je finis par trouver.

A plusieurs reprises je me dois de consulter les indications, de revenir sur mes pas, impossible que je me perde !
"Hummmm c'est là à ton avis ?"
Devant moi un tout petit chemin de terre qui bifurque, envahit d'herbes folles qui le cache à la vue des voyageurs. Mon regard se lève pour aviser ce qui m'attend et comme on dit cela ne va pas être de la sucrette et la suite me donne raison.

Une heure plus tard je souffle comme une forge, la respiration courte, les poumons en feu, mes pauses deviennent de plus en plus fréquente alors que je m'élève cette fois à une vitesse folle. Mon pourpoint délassé, ma chemise ouverte, mes manches retroussées je finis par atteindre un col dont la vue se passe de mots, les superlatifs de mon vocabulaire ne pourraient la dépeindre. Au loin Karak Skrati si mes souvenirs ne me trompaient pas, forteresse Naine de cette région des montagnes grises. Je n'avais jamais eu encore l'occasion d'en admirer une aussi près bien que la distance soit encore grande. Nombre d'écrits leurs rendent hommage mais ce n'est en rien comparable de ce qui m'est donné d'observer. Si les fées d'Athel Loren ont toujours eu une place privilégié dans mon imaginaire ceci révise quelque peu mon jugement.

Un repas frugale avalé il est temps de repartir si je souhaite arriver avant la nuit à destination. Je passerai rapidement sur toutes les douleurs qui naissent peu à peu au fil du temps qui s'écoule pour ne retenir que celle des cuisses, comment un muscle peut-il faire aussi mal ? Pourtant point de destrier pour moi même pas un âne, je suis habituée à marcher mais là ... bordel de merde, chaque pierre à franchir devient une montagne à gravir. Mais sérieux il font comment ces Nains ?!

Finalement j'arrive à destination, enfin pour précise j'arrive à deux cadavres de gobelins !
Autant dire que mes cuisses sont soudainement reléguées au second plan, mon arme glisse hors de son fourreau tout les sens en alerte.
Une fouille rapide de ces ignobles peaux vertes ne m'apporte rien en même temps je ne m'attendais pas à grand chose. D'un signe j'intime à Fitz de m'attendre ici, bien entendu qu'il va obéir j'ai une telle autorité sur lui ...

Au sommet de la dernière pente (OUI LA DERNIÈRE !!) s'étend un petit plateau véritablement encastré entre les sommets. Une masure à l'opposé de ma position sûrement celle du Dogue. Mais ... bien entendu que nous avons un mais sinon ça serait bien moins intéressant, celle-ci semble être la cible d'une bande de gobelins et d'un Orc.

"2 .... 4 .... 6 ... 8 .... et le gros ! Merde !"

Je veux bien être courageuse mais pas stupide, là c'est beaucoup trop. Beaucoup, beaucoup trop pour que je me précipite lame au clair, en beuglant comme une démente "Mort aux peaux vertes ..." et pourtant j'en ai grave envie mais un peu de jugeote. Il me faut les séparer pour les combattre à moins d'attendre mais là j'aurai vraiment l'impression d'être pleutre cachée dans mon buisson. Dès que le combat sera engagé tous vont entendre, il me faut donc non seulement les séparer mais bénéficier d'une position stratégique et d'un replis possible, un goulet d'étranglement serait idéal chose que le lieu doit offrir si la chance me sourit.

C'est donc vers le torrent sur ma droite qu je me dirige, je le traverse ce qui le positionnera déjà entre moi et ces créatures, avec leur taille ils devraient être gêner par ce premier obstacle voir plus si il atteint une certaine profondeur. Puis au bénéfice de la maigre végétation et des rochers je me dirige vers la masure en restant toujours sur cette rive sans pour le moment la franchir à la recherche d'un emplacement favorable d'où je pourrai surgir afin de tuer les gobelins les plus éloignés aussi rapidement que possible.
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Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Isolde choisit la prudence plutôt que l’affrontement direct. Il est vrai que les peaux-vertes étaient réputées particulièrement faibles et couardes. Mais ils étaient nombreux. Même un preux chevalier de Bretonnie devait craindre leur nombre et leur sournoiserie. Laissant son chien derrière, le guerrier se décida à s’approcher discrètement pour les attaquer par surprise.

Suivant le petit cours d’eau, Tristan se retrouvait donc à glisser le long d’un tas de haie et d’arbustes, de ronces peu entretenues, et de galets qui reposaient au fond de l’eau. Lentement, elle s’approchait des archers gobelins qui tentaient encore et toujours de tirer sur des moutons fuyards. Puis, lorsque enfin elle était proche de leur position, elle put se préparer à charger.

Mais la situation devant avait évolué. Les quatre gobelins imbéciles qui couraient après les bestioles avaient réussis à en attraper une. Tirant chacun sur une patte d’un mouton, ils bondissaient dessus, la ceinturaient, et tentaient de toute leur force de retenir l’animal qui bougeait dans tous les sens. Ils se mirent à rire et à caqueter de leurs voix nasillardes, l’un d’eux appelant déjà leur chef.

« Hé ! Hé kosto’ ! V’né vouar c’kon a prit ! »

L’orque donna un gros coup de poing qui déforma la porte de la chaumière. Il se retourna et, poussant les deux gobos qui l’escortaient, il marcha à toute vitesse vers les quatre petites peaux-vertes qui parvenaient à faire tomber le mouton à terre, ses minuscules gardes du corps trottant pour le rattraper, l'un d'eux commençait même déjà à poignarder le ventre du mouton pour lui arracher la peau.

« Bêêêêêh !
– Koi ?! Kesjenai à foutre d’ce machin lô ?! J’vou jure qu’j’vé vous kassé en piti morc-
– BÊÊÊÊÊÊÊÊH !!! »

L’orque n’eut pas le temps de finir sa phrase. Par on ne sait quelle sorcellerie, une chose incroyable se produisit : Le mouton explosa. Il détona, dans un souffle incendiaire qui emporta net les quatre gobelins qui l’avaient ceinturé. Un jet terrifiant de gore se souleva, un mélange d’os broyés, de chair hachée et de morceaux d'organes qui douchèrent toute l’aire autour du mouton. L’orque fut propulsé en arrière, tout comme ses gobos. Ils se retrouvaient à terre, complètement sonnés.
Les deux archers gobelins s’étaient retournés, les yeux écarquillés, les bouches grandes ouvertes. Ils étaient devenus soudainement catatoniques et incapables de bouger.

Peut-être que le chevalier n’aurait jamais deux fois la même occasion de profiter d’une telle opportunité. Lame au clair, elle décida de charger dans le dos des deux archers retournés et secoués, afin de les occire sur place.

Se jetant dans le dos du premier archer, sa lame fendit l’air. Le gobo eut tout juste le temps de se retourner en criant et en dégainant un petit poignard pour tenter de se protéger ; Une précaution bien inutile. La lame lui transperça net le crâne, et son petit bonnet dessus, et une gerbe de sang se répandit sur son copain. Celui-ci agita également un couteau bien pourri en avant, mais, peut-être trop agité par la surprise, il ne parvint pas à blesser la chevaleresse qui leur fit face.
Grièvement blessé, son camarade se remit en position en affichant toutes ses dents, bien déterminé à tuer Tristan malgré le fait que son œil gauche était en train de pendre hors de son orbite, retenu uniquement par un petit morceau de tissus oculaire.

En tout cas, plus près de la chaumière, l’orque s’était relevé. Dégoulinant lui aussi d’hémoglobine, sonné, il regarda dans tous les sens. Apercevant au loin Tristan, il la pointa du doigt et se mit à hurler dans un terrifiant écho à travers la montagne :

« TOA ! J’VÉ TRO T’TUER !
WAAAAAAAGH ! »

Résolution de combat :

Mouton explosif : 50+1d10 dégâts. -25 dégâts par deux mètres.
Gobelin 1 est pulvérisé.
Gobelin 2 est pulvérisé.
Gobelin 3 est pulvérisé.
Gobelin 4 est pulvérisé.
Gobelin 5 subit [50+(2)-25-(END:6)-(Armure :3)] 18 dégâts, il lui en reste 22.
Gobelin 6 subit [50+(6)-25-6-3)] 22 dégâts, il lui en reste 18.
Orque subit [50+(9)-25-(END:9)-(Armure:8)-(Coriace, 1d3:2)] 15 dégâts, il lui en reste 55.

Tristan consulté sur son choix en privé ; Il décide de charger plutôt que d’attendre.

ATT Tristan : 9
Bonus : +5 (Surprise)
Jet : 9, réussite.
PAR Archer gobelin 1 : 6
Jet : 15, échec ; Il se prend les dégâts de plein fouet.

Zone : (2 : tête)
Tristan inflige [(FOR:8x12:16)+(Coups puissants : 1d3:3)+16+(1d8:5) – (Capuchon sur la tête du gobo : 1) – (END : 6)] 33 dégâts, il lui reste 7 PV.

ATT Archer gobelin 2 : 7
Jet : 11, échec.

Deux gobelins font face à Tristan. L’orque et ses deux gobelins gardes-du-corps restants ne seront sur la position de Tristan que dans deux rounds.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Euhhhh ... Quelqu'un peut-il me dire ce qu'il vient de se passer ?
N'avais-je pas mentionner que je devais faire preuve de prudence ? N'avais-je pas hésité à rester cacher ? N'avais-je pas mentionné une progression discrète sur la rive du torrent ?
Alors pourquoi suis-je entrain de charger comme une possédée qui plus est à découvert ?

Début de réponse, la faute d'un mouton.
Mouhahahahha .... non plus sérieusement ? Si si je le jure et en plus d'un mouton explosif !
Élève Isolde veuillez gagner le coin et réfléchir aux lamentables mensonges que vous proférez.

Foi de chevalier errant, accordez donc ou pas de l'importance à mes dires mais alors que je progressai lentement à la recherche de mon fameux lieu stratégique tel le cochon truffier en plus discret, voilà que ces satanés gob's finissent par se saisir de l'un des moutons qu'ils pourchassaient avec grande assiduité. Jusque là pas vraiment de quoi fouetter un chat mais suffisant pour attirer mon regard sur la suite. Leurs misérables dialectes et autres cris de satisfactions finissent par attirer le gros et à quelques mètres de l'ovin qui n'en finit plus de hurler voilà qu'il explose !!

Oui, oui .... il explose !
Je n'ai jamais vu ça, quelle est donc cette magie de nos bergers ?!
Autant dire que nos campagnes deviennent carrément périlleuses si la chose devient courante. Vous imaginez une troupeau de cinquante têtes qui vous charge, laissant des cratères fumants derrière lui et de la tripaille à en repeindre le paysage, c'est exactement l'image qui me vient en tête.

Et c'est à ce moment que la bêtise prend le pas sur la raison.
J'ai choisi ce moment pour charger les deux zigotos à quelques mètres de ma position. En même temps un certain nombre se trouvaient encore à erre dans un état que je n'avais pas le temps de juger, le gros semblait sonner alors je me suis dit pourquoi pas.

Ouais pourquoi pas, j'ai tout de même compter un brin de trop sur la chance. Qu'ils seraient morts ou sonnés un long laps de temps, que je trancherai d'un seul coup d'épée mes premiers adversaires, que le Dogue serait dans sa cabane armés d'un canon de 12 ou qu'une troupe de griffons descendraient en piquée du ciel, j'exagère mais à peine.

Bien entendu rien de tout ça même pas la joie de pourfendre net et sans bavure le petit truc qui sa'gite devant moi.
Pourtant j'ai le temps de quelques mètres pour bien l'ajuster, je tire même un peu la langue pour m'aider. Dans un bel arc de cercle ma lame fend l'air, s'abat sur le crâne du misérable, tranche une oreille qui s'en va voltiger sur son pote et continue son chemin.

Et bien cela ne suffit même pas !!
Me voilà dans une sacrée merde. Dans les histoires les gobelins sont terrassés par paquets de dix, je m'en plaindrai aux auteurs si j'en ai l'occasion car franchement ce n'est pas le cas pour ma part. Ils arrivent à se battre avec les yeux qui leurs pendent des orbites !

Non seulement j'ai donc ces deux adversaires sur le râble mais bien entendu l'autre gros tas de muscle n'est pas du tout, du tout content. Je sais pas ce qu'il baragouine, je m'en fous comme de ma première lange, le problème n'est pas son manque de vocabulaire.
De tout façon c'est du syle "Moi vois, moi tue ..." faut pas que je me fasse des illusions sur ses intentions.

Bon je m'active, quelques coups de taille bien placés devraient déjà faire passer de vie à trépas le gravement blessé puis son pote préférant diminuer le nombre plutôt que d'en estropier plusieurs.
Tout en jouant de ma lame et de ma targe je recule peu à peu, non ce n'est pas de la fuite c'est un replis stratégique pour une position avantageuse qui pourrait m'éviter un encerclement, arbres ou rochers feront l'affaire.
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Même aux portes de la mort, ou bien peut-être justement parce qu’il était terrifié à l’idée de son trépas, le gobelin à l’œil arraché continua de lutter. Et ce qui lui manquait de valeur, de taille ou de force, il compensait par sa folie. Hurlant, probablement autant de fureur que de douleur, il agita son poignard dans tous les sens ; Et, par un mauvais coup du sort, il parvint à dépasser la garde de son adversaire et de lui planter un coup dans le ventre. La douleur qu’il infligea à la chevaleresse n’eut malheureusement pour lui pas grand effet : Par un adroit et léger coup de taille, elle termina de l’occire, et le gobelin pulvérisé se roula à terre raide mort.

Son camarade hurla de plus belle. Se ruant avec zèle sur son adversaire, il parvint lui aussi à donner un adroit coup d’estoc, déterminé qu’il était à la foudroyer de son poignard. Cette fois-ci en revanche, Isolde agit bien mieux, rondache bien devant, et elle dévia le couteau d’un solide coup de poing, si bien qu’elle ne reçut pas la moindre morsure sur son corps.

Mais ça n’allait pas durer. Car, ayant chargé le terrain de la ferme, l’Orque et ses deux gardes du corps chargeaient tout droit sur la petite rivière malgré leurs blessures. L’un des gobelins leva un sabre rouillé. Sa course s’arrêta net lorsqu’une flèche lui traversa le crâne, perforant net sa peau et ses os pour se loger dans son minuscule cerveau. Le gob roula à terre et avala la poussière.

On entendit un sifflement depuis les fourrées. Et alors, un chien bondit de sous un arbuste. Il ressemblait un peu à Fitz, mais en plus adroit, plus solide et plus racé ; Un gros chien de berger Bleu-Bretonnien, de nobles et étranges canidés dont les racontars paysans leur attribuait le mérite de pouvoir renifler les fantômes et les esprits errants. En tout cas, le Bleu se rua sur la main de l’orque en un bond, et, enserrant fortement ses crocs dans les doigts de la gigantesque peau-verte, il parvint à le tirer et le forcer à se baisser au sol, lui tirant de sa gueule d’atroces cris de douleurs nasillards.

Seul un dernier gobelin se tenait encore paré au combat face à Isolde. Il bondit adroitement de gauche à droite, sûr de ses petits pas de peau-verte. La mort de son camarade ne semblait pas l’avoir particulièrement troublé. Mais il ne parvint pas à vaincre le garde de la chevaleresse.
ATT Archer Gob 1 : 7
Jet : 7, réussite.
PAR Isolde : 9
Malus : -2 (Poignard du Gob « Rapide »)
Jet : 12, échec.
Relance grâce à la rondache.
Jet : 11, échec. Isolde prend les dégâts de plein fouet.

Zone : (15 :Tronc)
L’archer inflige [(6x2=12)+12+(1d6:6)-(Veste : 5) – (END : 8)] 17 dégâts, reste 43 PV à Isolde.

Isolde tente d’achever le Gobelin le plus blessé.

ATT : 9
Jet : 9, réussite.
PAR Gob : 6
Jet : 7, échec.

Zone : (Bras:6)
[(FOR:16)+(Coups puissants : 1d3:1)+16+(1d8:3) – (Tunique:3) – (END : 6)] -27 PV, l’archer Gobo 1 est tué.

ATT Archer Gob 2 : 7
Jet : 7, réussite.
PAR Isolde : 7
Jet : 1, réussite critique. La parade de Jeanne double sa protection.

Zone : (14 : Tronc)
L’archer inflige [(6x2:12)+12+(1d6:2) – (Parade : 14x2 : 28) – (Tenue : 5) – (END : 8)] 0 dégât.

NOUVEAU TOUR

L’Orque, Gobelin 5 et 6 sont à portée de Tristan.

HAB ???? : 12
Déplacement silencieux (Forêts) : +1
Jet : 9, réussite. ??? parvient à se mettre en embuscade.

Compétence TIR ??? : 14
Bonus : +1 (Adresse au tir)
Bonus : +2 (En position d’embuscade)
??? vise précisément la tête de Gobelin 5
Malus : -4
Bonus : +2 (Tir précis (2))
Bonus : +2 (Arme bénéficiant de « Précise »)
Tir : 11, réussite.

??? inflige [(28)+(1d8:8)-(Bonnet : 1)] 35 dégâts. Gobelin 5 meurt.

Gobelin 6 et Archer Gobelin 2 roulent un jet de courage.
(END+INT)/2 : 7
Jet : 2, réussite.
Jet : 4, réussite.

Mais les deux trouvent le courage de rester au combat.
Un chien de garde bondit hors des fourrées. Il charge immédiatement l’Orque.

ATT du Chien : 12
Jet : 5, réussite.
Le chien n’inflige aucun dégât ; Néanmoins, il force l’Orque à sauter son tour.

ATT Gob 6 : 7
Jet : 9, échec.
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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Ma pensée se confirme dans la vie il existe la théorie et la pratique, deux choses bien différentes.

En théorie le gobelin n'est guère compétent, couard et surtout dangereux en groupe. En pratique j'en ai pour le moment plus que deux sur le dos dont l'un à la moitié de sa tête en vrac, et ils me touchent !! Le premier a même la bonne idée d'enfoncer la pointe de son arme dégueulasse dans mes chaires ce qui me fait douloureusement grimacer, heureusement que le deuxième ne fait que rencontrer le bois de ma rondache habilement placée. Mais me voilà déjà blessée alors que le combat ne fait que commencer. Je sens déjà le tissu de ma chemise collé à mon ventre, mauvaise nouvelle ce n'est pas de la sueur. C'est chaud, poisseux et avec certitude de couleur carmin, une idée ?

Le temps d'aviser le gros dont la distance qui nous sépare s'amenuise dangereusement conséquence d'une envie de mouiller mes braies. Un trait vient se ficher dans la gorge de l'une des petites créatures l'accompagnant avant qu'une massive forme ne bondisse des fourrés tous crocs en avant et stoppe nette leur avancée me laissant ainsi un sursis. Je ne sais à qui je dois cette providentielle intervention mais j'espère bien avoir l'occasion de l'en remercier alors je redouble d'effort.

La suite n'est peut être pas honorable si on se réfère au code de la chevalerie mais faut-il dans ce cas respecter ce vil adversaire, nous ne sommes pas dans un combat entre personne de qualité après tout. D'autant que je préfère user d'un léger stratagème et ainsi survivre afin de poursuivre un but que je juge bien plus noble à savoir retrouver ces enfants. Bénéficiant d'un été guère pluvieux ce qui rend la terre sèche et friable, je balaye de ma botte la surface de celle-ci afin de projeter ainsi un nuage de poussière sur mon adversaire accompagnant le geste d'un arc de cercle de mon arme pour le fendre telle une bûche !

Si le geste porte ses fruits comme je l'espère je me porterai au secours du chien qui sous l'ordre de son maître risque sa vie.
Isolde l'amie des bêtes !
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Roi maudit
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par [MJ] Le Roi maudit »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Isolde tenta maladroitement d’aveugler le premier gobelin qui la menaçait. Une bien curieuse technique, qui n’eut aucun effet : Elle se contenta de jeter quelques gravillons qui eurent le mérite de faire écarquiller les yeux de son adversaire, interloqué par la stupidité de son ennemi.
Mais il n’eut pas tellement le temps de rire de son rire cruel et nasillard de Gobelin. Parce que sitôt qu’un sourire s’était dessiné sur sa sale trogne, la chevaleresse se jeta sur lui avec un magnifique moulinet de son épée, qui lui déchiqueta d’une estafilade le poitrail, avant de lui écraser la tête. En une action éclair parfaitement exercée, elle était parvenue à terrasser son adversaire. Elle se mit en position pour attaquer le suivant, mais là aussi, la précaution fut inutile : Le tout dernier gobelin qui se tenait debout fut lui aussi atteint par un trait tiré depuis les buissons, une flèche qui se logea net dans sa tempe et qui mit fin à ses jours sur le coup.

L’archer salvateur n’eut néanmoins pas le temps d’encocher une nouvelle flèche pour sauver la chevaleresse. Et le pire restait à venir. L’énorme orque balança le chien qui le retenait sur le sol, puis se retourna pour s’avancer vers Isolde. Bien qu’il paraissait foutrement en colère, il ne se laissa pas aller à la rage. Tout à l’inverse, il avança prudemment, bouclier en avant, une gigantesque arme certes primitive mais dangereusement affûtée dans son autre poing.

Isolde parvient à le faire reculer. Tout aussi adroite, surprenamment à l’aise dans cette rixe pour sa vie, elle parvint à passer outre sa défense et à le faire crier de rage. Mais la riposte fut tout aussi violente. Par un gros coup de taille, l’orque envoya Tristan bondir en arrière, incapable de dévier ou d’encaisser le choc. Une blessure extrêmement grave venait maintenant de l’endolorir.

Le bleu-berger s’était relevé sur ses petites pattes. Malgré sa truffe ensanglantée, malgré ses pattes qui titubaient, il obéissait à un sifflement qui provenait des buissons, du bosquet d’où avait été tirée la flèche. Le chien se jeta cette fois-ci sur le mollet de l’Orque qu’il boulotta violemment, forçant l’Orque à hurler de rage et à donner des coups de kikoup’ en l’air, s’exposant ainsi complètement.
Isolde sacrifie sa demi-action pour tenter d’aveugler l’archer gobo 2.
HAB Isolde : 9
Jet : 13.

Ce n’est pas très efficace.

ATT Isolde : 9
Jet : 1, réussite critique. Isolde obtient une nouvelle opportunité d’attaque.
Jet : 4, réussie également.
PAR Archer Gobo 2 : 6
Jet : 16, échec
Jet : 6, réussite.

Première attaque :
Zone : (18 : Tronc)
Isolde inflige [(FOR:16)+16+(1d8:2)+(Coups puissants : 1d3:2) – (Tunique : 3) – (END : 6)] 27 dégâts
Deuxième attaque :
Zone : (2 : Tête)
Isolde inflige [(FOR:16)+16+(1d8:7)+(Coups puissants : 1d3:1) – (Bonnet : 1) – (END : 6)] 33 dégâts. L’archer Gobo 2 meurt.

NOUVEAU TOUR

???? Tente de tuer Gobelin 5 en lui visant la tête.
Compétence TIR : 14
Bonus : +3 (Embuscade + Adresse au tir)
Malus partie précise annulé par « Précise » (Arc long) et (Tir Précis (2))
Jet : 3.

Il inflige [(28)+(1d8:5)-(Bonnet : 1)] 32 dégâts. Gobelin 5 meurt.

L’Orque tente de dégager sa main.
(FOR+HAB)/2 : 8
Jet : 2
ATT du Chien : 12
Jet : 19, très largement échoué.

L’orque envoie le chien dans le décor. Isolde, prépare toi à affronter un ennemi à ton niveau.

INI Isolde : 9
INI Orque : 7-1(Casque)
Isolde commence ce duel

ATT Isolde : 9
Jet : 1, réussite critique. Décidément.
Jet : 15, ça ne marchera pas deux fois.
PAR Orque : 9
Malus : -1 (Armure)
Jet : 12
Grâce à son bouclier « Blok’tout », il peut relancer.
Jet : 18, échec. Pas de chance pour lui.

Zone : (20 : Le corps)
Isolde inflige [(16)+16+(1d8:2)+(1d3:1)-(END : 9) – (Armure de Kosto : 8)-(Coriace : 1d3:3)] 15 dégâts. Il lui reste 40 PV.

ATT Orque : 8
Malus : -1 (Armure)
Jet : 6, réussite.
PAR Isolde : 9
Bonus : +2 (Kikoup’ « Lent »)
Jet : 17.
Relance possible grâce au bouclier.
Jet : 15. Quand ça veut pas…

Zone : (20 : Le corps)
L’Orque inflige : [(FOR : 10x2 : 20)+20+(1d8:3)+(Coups puissants, 1d3 :3) – (END : 8) – (Veste : 5)] 33 dégâts. Il en reste 10 à Isolde.

END Chien Bleu-Berger : 9
Jet : 9, réussite. Le chien, sonné, parvient à se relever !

ATT Chien : 12
Jet : 9, réussite.
FOR+HAB/2 Orque : 8
Jet : 13, échoué.

L’Orque est à nouveau mis à terre par les crocs du chien. Il sautera son prochain tour !
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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Mon mouvement de botte ne provoque que la surprise et surtout l'amusement de mon adversaire comme quoi nous autres chevaliers devons nous en tenir à des actions de gens honorables et ne point usés de stratagèmes dignes d'une bagarre d'auberge entre simples. Ce qui rentre parfaitement dans la catégorie de mon mouvement suivant qui efface définitivement tout rictus du gobelin qui s'en va rejoindre ces camarades déjà tombés. Une autre flèche tempère les ardeurs du suivant pour ne me laisser que le gros qui entre temps s'est débarrassé du chien d'un coup qui pourrait assommer un bœuf.

Campée sur mes jambes afin de recevoir une charge, l'orc me surprend. Il s'avance prudemment bouclier et arme levé, peut être me jauge t-il ? Peut être prend-t-il en compte l'archer resté en retrait ? Quoiqu'il en soit il est réfléchi dans sa façon de se battre, j'aurai préféré une brute sans cervelle d'autant qu'il est certain qu'en terme de puissance je me place très largement en dessous. Une poignée de secondes s'écoulent, quelques pas chassés, nos regards se croisent, dans une à deux minutes l'un de nous servira d'engrais terrassé par l'autre, nous le savons.

Finalement je cède la première engage le premier échange espérant ainsi profiter de ma vitesse. D'ailleurs ma stratégie paye, une feinte en direction du genoux son bouclier s'abaisse alors que ma lame se redresse pour venir frapper son bras opposé mis à nu. Je touche, je souris un très très court instant. Ma lame est trop lourde pour mon escrime, pas le temps de me retirer un revers de la sienne vient cueillir ma hanche ce qui m'arrache un cri de douleur, l'impact me force à reculer.

"Rhhhhhhaaaaaaa ....."

Bordel que j'ai mal, mais vraiment vraiment très mal. Non seulement il m'a certainement emporté un bout de bidoche mais j'ai l'impression qu'il a autant broyé que tailler. Mon corps m'envoient des signaux d'alarme dans tous les sens, des points noirs viennent picter mon champ de vision, je peine à m'appuyer sur la jambe côté blessure. C'est à son tour de sourire, un rictus carnassier, il a pris l'avantage. Je relève mes bras prête à défendre ma vie, targe en avant afin de parer le coup suivant mais il ne vient pas ! La massive boule de poil me sauve à ce moment très certainement la vie, sa mâchoire refermée sur le large poignet restreignant ainsi les possibilités de mon adversaire.

Je peux fuir, je peux reculer vers l'archer ou je peux charger afin de profiter de ce moment, une toute petite fenêtre.
Et bien je choisis cette dernière solution, fuir est hors de question, reculer serait exposé mon sauveur et oui je parle bien du chien à ce moment là, alors avec l'énergie du désespoir je m'avance, ignorant toute douleur qui hurle dans mon corps.

Les flèches tirées précédemment m'indique une vague position de mon allié, je prends donc garde de ne pas être dans sa ligne de tire. Ma lame vise les jambes, je ressemble à un bûcheron qui manie sa cognée pour abattre un arbre.

"MAIS TU VA TOMBER BORDEL !! HAAAAAAAA"

Je hurle, lui ou moi, moi ou lui mais ça sera lui ... lui ... LUI !!
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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