[Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Les troupes régulières d'Ostland sont parmi les plus robustes et les plus coriaces de l'Empire, d'où la tête de taureau qu'elles ont adoptée pour emblême. Depuis Wolfenburg, le Comte Valmir von Raukov tient les rennes de cette province du nord.

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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 31 juil. 2019, 21:52

Les coups de phalanges d'Hadler sur la porte firent l'effet d'une explosion aux alentours. Le son était comme amplifié, il résonnait puissamment et perça l'air ambiant. Rapidement de petits pas retentirent de l'intérieur et une main fatiguée ouvrit l'entrée de la demeure. La sorcière, toujours aussi laide et ridée, apparut alors. Le chat qui accompagnait Friedrich lui sauta dessus, la couvrant de ronronnement et de caresses. La vieille le pris dans ses bras, ravie.

-"Chester, je me demandais où tu avais filé! Tu étais parti embêter le soldat, petit sacripant! Allez va jouer à l'intérieur… Et bienvenue à vous soldat, entre je vous attendais."

Par un prodige quelconque elle était parvenue à reproduire dans cette maison nouvelle le même fatras que dans l'ancienne. On y retrouvait toujours ces effigies maléfiques vantant la puissance du Chaos qui copulaient avec des amulettes, grigris et autres chapelets en faveur de Sigmar, Ulric, Shallya et d'autres dieux du Bien. Elle offrit au sergent une chaise défoncée avant d'attraper un livre et de s'asseoir en face, se séparant de son invité par une table en bois gravée de symboles cabalistiques qui semblaient onduler en permanence. Le grimoire lui même n'était pas bien plus rassurant rien qu'à son apparence. Une couverture noire décorée d'un crâne rouge, des pages jaunes et sales couvertes d'inscriptions bizarres marquées à un encre brun pourri, peut-être même au sang...

-"Je désirais vous voir, soldat, à propos de ce dont nous discutions l'autre jour. Seriez-vous prêt à maudire votre lame pour vaincre votre ennemi?"

Un silence se fit. La mégère se rengorgea, sourit et relança:

-"Comme je le disais à Arianna, je peux poser sur votre arme une rune maudite, magique, volée par un serviteur des Ténèbres aux nains il y a des générations. Avec cette rune votre petite quincaillerie s'enflammera et vous brûlerez tous les ennemis que vous frapperez, plutôt pratique non?"

Elle haussa les épaules dans une fausse impuissance.

-"Je vous le ferai gratuitement, je vous redevable après tout, mais chaque chose a un prix, en dur ou en intangible. Ces runes sont totalement interdites dans l'Empire et le simple fait de la montrer peut vous amener à être dépossédé de votre arme et dans les pires cas de votre vie, même si vous concernant je ne m'inquiète nullement, on ne vous pensera pas coupable."

Elle tendit sa main à Hadler, un faible sourire aux lèvres.

-"C'est un lourd prix à payer mais cette arme vous offrirait de nouvelles perspectives. Alors, marché conclu?"
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 03 août 2019, 12:52

La porte s’ouvrit, révélant un capharnaüm digne de celui de l’ancienne masure de la jeteuse de sorts. La vieille femme en elle-même paraissait fatiguée, ce qui n’était guère étonnant suite à la démonstration qu’elle avait produite deux nuits plus tôt. Cela dit, Friedrich avait appris à ne pas se fier uniquement aux apparentes, surtout en matière de magie. Si elle semblait faible, rien ne prouvait que la sorcière l’était réellement. Et même si c’était le cas, elle restait sans doute beaucoup plus forte que lui.

Dès que le panneau de bois fut ouvert, le chat noir qui suivait Friedrich depuis la nuit bondit et alla se blottir dans les bras de la vieille femme, sous le regard médusé de notre héros. Ainsi donc le chat se nommait Chester et appartenait à la sorcière ! Cette dernière invita le sergent à pénétrer dans son antre, ce qu’il fit non sans réticence. Le malaise du militaire ne fit que s’accroitre lorsqu’il vit la table et le livre utilisées par son hôtesse. Tout dans cet endroit suintait la magie. C’était effrayant. Il écouta malgré tout ce qu’elle avait à lui dire, à moitié pensif, à moitié tétanisé et sur le qui-vive.

Hadler était gêné. Il lui semblait qu’il devait prendre une décision sans avoir toutes les cartes en main. S’il avait été debout, il aurait dansé sur un pied puis sur l’autre, comme ces filles qui avaient envie d’aller se soulager mais ne le pouvaient pas. Après réflexion, il répondit d’une voix mal assurée :


–Je mourrais sans hésiter pour sauver n’importe lequel de ces gens que je protège. Dans les rares cas où la poursuite d’une cause Juste implique de commettre un acte illégal, l’acte illégal en lui-même ne me paraît pas blâmable, du moins moralement.

Il eut un sourire amer, et continua, sombre :

–Cependant, ma position ne me permet pas de foncer tête baissée. Je ne suis pas un justicier, mais un militaire. Je dois réfléchir en m’excluant de l’équation : mes préférences, les risques pour moi après le combat et mon avis personnel ne comptent pas. J’ai des responsabilités, et il est de mon devoir de les considérer, parce qu’elles représentent une chance d’accomplir quelque chose de bien plus grand que je ne pourrais jamais le faire seul.

Le revers de la médaille, c’est que cela implique un certain nombre de décisions difficiles. Comme envoyer d’autres personnes à la mort et survivre, ou encore réfléchir aux gains et risques qu’entraînerait pour nous tous la forge d’une rune interdite sur mon arme.


Dans sa tête, le problème était clair. Si cela ne concernait que lui, s’il avait été un justicier solitaire, il n’aurait pas hésité une seconde à prendre ce risque. Mais ici, plusieurs paramètres entraient en ligne de compte. Qu’arriverait-il si les nains voyaient l’arme avant ou pendant la bataille, à laquelle ils voudraient sûrement participer ? La puissance de frappe supplémentaire octroyée par la rune valait-elle plus que le risque de s’aliéner des alliés valeureux et réputés pour leur courage et leur efficacité ? Friedrich n’en était plus si sûr. Lui-même ne ferait pas la différence seul, quelle que soit son arme. D’un autre côté, il était mieux placé que quiconque pour savoir qu’une bataille pouvait parfois basculer sur des petits riens, et que cette rune serait peut-être ce petit rien. Tout était une histoire de pesée, d’estimation, de choix. Malheureusement, il connaissait mal ses ennemis, et n’était pas devin : il devrait donc choisir à l’aveuglette, sans savoir ce qui serait le mieux.

D’un côté, il y avait la certitude de gagner un petit avantage, petit car à échelle individuelle. De l’autre, il y avait la potentialité de perdre un soutien très précieux et important, celui des nains de la ville. Même en se désintéressant totalement de son propre sort ou celui de ses biens, c’est-à-dire en ignorant complètement les risques liés à lui-même ou à la perte de son arme, la décision n’était pas si facile à prendre.

Mais dans tous les cas, il y avait un autre paramètre que la sorcière semblait ne pas avoir pris en compte et qui réglait au moins provisoirement le dilemme. Le sergent s’accorda un sursis en mettant le doigt dessus :


–Cela dit, et dans tous les cas, le moment me semble on ne peut plus mal choisi pour forger une rune interdite. Demain, nous recevrons la visite de notre dirigeant en personne. Il est possible qu’il demande à voir mon épée, ou que j’aie à la lui présenter en signe d’allégeance. Je ne peux pas décemment forger cette rune aujourd’hui, c’est hors de question. Il y aurait beaucoup trop à perdre et rien à y gagner.

Mais, si vous comptiez la forger ultérieurement, alors je vous demanderai s’il est possible d’enchanter temporairement l’épée seulement. De manière à pouvoir effacer toute trace de la rune une fois la bataille finie, par exemple ? Et par ailleurs, quand vous dites que les humains seront trompés, mais que les nains pourront identifier la rune comme étant de facture humaine, pourriez-vous me préciser comment ? Directement même en la voyant de loin, ou bien s'ils sont à quelques mètres dans la mêlée d'un combat, ou s'ils l'examinent de près au calme seulement ? Tous les nains seront-ils capables de déterminer la contrefaçon, ou seulement les spécialistes, et si oui, lesquels ?


Ces questions pouvaient sembler anodines ou superfétatoires, mais elles étaient en réalité déterminantes. Les réponses qu'il aurait détermineraient son choix. Car s'il ne pouvait refuser un avantage même minime, il n'avait pas le droit de risquer trop gros pour l'obtenir. Il en allait non pas de lui seul, mais de la survie du village entier, et il ne jouerait pas le sort de Col-de-Ferlangen sur un coup de dé.
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Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

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• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

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Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 05 août 2019, 20:48

La sorcière se pinça l'arête du nez et hocha négativement de la tête en fronçant les sourcils. Les remarques de Friedrich sur sa capacité à se sacrifier pour n'importe qui qu'il serait chargé de protéger, même la sotte des femmes ou le plus corniaud des hommes.

-"Jeune soldat, cessez donc de vous parer du suicide protecteur comme si vous réclamiez votre propre mort. Votre vie vaut infiniment plus que celle de n'importe quel pécore que vous croiseriez en sortant d'ici! Les âmes, comme les vies, ne sont pas égales en elle, petit soldat, oh que non elle ne le sont pas, pas même pour les dieux, même les Sombres..."

Comme pour appuyer son propos elle se leva pour décrocher un collier coincé entre deux crochets de fer rouillé pendouillant du plafond. Elle l'amena devant elle et le laissa tomber devant ses yeux tout en tenant l'extrémité de lin entre ses vieux doigts griffus. Le pendentif affichait une forme que l'Hadler n'avait jamais vu. Il prenait la forme d'un X aux pointes partant en courts virage, de plus une barre horizontale fine était plantée au centre de la lettre et une autre, plus élevée, la soutenait. La vieille ricana méchamment en agitant le petit collier.

-"Par exemple, prenez ce dieu des guerriers et de la violence... Il appelle parfois la nuit, ils parlent à ses fidèles hommes-bêtes qui se rassemblent dans la forêt, il commande à son champion Bogoslav Tamas de marcher sur l'Ostland et de le détruire... Et il murmure à l'oreille des soldats sur les champs de bataille qu'il est le seul à pouvoir étancher leur soif de sang… Mais il ne parle pas à tous de la même façon. Je vous l'ai déjà dit petit soldat, les Dieux Noirs vous cherchent et parmi les cents guerriers présents ici vous êtes le seul dans lequel il voit un futur champion…""

Elle pointa un chaudron dont le liquide violacé affichait des volutes de couleurs changeants. Rien n'était stoïque et Friedrich aurait été incapable de dire quand le breuvage était liquide, gazeux ou solide, quand il bouillait ou se refroidissait...

-"Une vieille recette de grand-mère mais elle fonctionne… Très efficace pour entendre des voix démoniaques. Mais passons."

Pour finir elle attrapa un autre petit livret pour l'ouvrir à une page au hasard, semblait-il du moins.

-"Oh et ne me prenez pas pour une non-renseignée, j'étais au courant pour la venue du nobliau demain, je ne comptais pas prendre votre épée dès maintenant! Et je doute que les nains d'ici sachent la reconnaître, je fais du bon travail moi, on ne repère pas mes runes si aisément... Evitez tout de même de la mettre sous leur nez. Par contre impossible d'enchanter temporairement l'arme avec une rune, les deux se briseraient à l'unisson. Je pourrais l'enchanter, ce qui serait temporaire, mais votre esprit ne survivrait pas à son effet je le crains..."

Un sourire carnassier s'afficha sur ses lèvres défraichies et elle sortit d'horribles gencives dans son dernier sourire.

-"Vous vous pouvez bien des questions, bien trop pour votre propre bien. Mais maintenant vous savez tout."
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 07 août 2019, 14:55

La sorcière n’avait visiblement pas la même conception que Friedrich de la valeur de la vie et par-dessus le marché, d’une âme. Pourtant, le militaire n’était pas convaincu par ce que la vieille femme lui disait. Qu’importait l’avis des dieux sombres sur la question ? Au contraire, tout être sain d’esprit devrait plutôt s’inscrire en faux de ces monstres. Tenter de les écouter et de les comprendre ne pouvait mener qu’à la corruption, car au petit jeu de la manipulation, ces divinités persifleuses, séduisantes par leurs mensonges et leurs promesses, étaient toujours les plus malines à la fin. Et il n’était de plus guère étonnant qu’un dieu de violence pure préfère le chef d’un groupe armé, combattant souvent de front contre ses ennemis, plutôt qu’un artisan potier par exemple. Par contre, cela était plutôt inquiétant de savoir qu’il avait le regard d’un des dieux sombres sur lui.

Quant à l’avis Hadler, pour sa part, la question ne se posait pas. En quoi, parce qu’il serait un soldat, sa vie vaudrait-elle plus que celle d’une ménagère élevant ses trois enfants, par exemple ? Ou d’un médecin travaillant à sauver des vies ? Ou d’un agriculteur ? Il avait certes un rôle plus mis en valeur, moins ingrat et plus dangereux que ces derniers, mais il avait la conviction de ne pas valoir fondamentalement plus qu’eux. C’était d’ailleurs l’une des raisons de son engagement en tant que soldat : protéger les faibles et les sans défenses contre le mal, et non pas les sacrifier en bouclier humain pour sauver sa propre vie. Actant ce désaccord, le sergent ne relança pas et se contenta de sourire.

Concernant la rune magique, les informations que lui transmit la sorcière étaient plutôt rassurantes. Ce qui était une bonne chose. Si les nains avaient été capables de reconnaître l’arme de l’autre bout du champ de bataille, il aurait sûrement refusé. Là, la magicienne semblait confiante en ses capacités de camouflage de la chose. A vrai dire, sur le fond, l’idée de rendre illégale « Devoir » ne plaisait pas à Friedrich. Mais comme il l’avait déjà dit, il était prêt à prendre des risques pour sauver des gens. Ce n’était peut-être pas légal, mais si ça pouvait l’aider à sauver des innocents et à remplir sa mission, c’était Juste, et la bonne chose à faire. Sinon, comment aurait-il fait, dans le cas contraire, pour se regarder dans une glace s’il perdait la bataille pour avoir négligé un petit détail comme celui-ci ? Du point de vue de n’importe quel habitant ou personne sensée dans le village, leur vie valait mille fois mieux que l’application stricte de la loi.

La dernière phrase de la propriétaire de Chester lui arracha un sourire. Ce n’était pas la première fois qu’on le lui disait, et c’était probablement vrai, mais qu’y pouvait-il ? Chassez le naturel, il revient au galop. C’est pourquoi le sergent répondit :


–Sans doute, mais que voulez-vous, je préfère essayer de comprendre ce qui m’entoure plutôt que d’en subir les conséquences sans savoir pourquoi elles surviennent.

Puis il reprit, après une courte pause durant laquelle il rassembla ses esprits et se prépara à prendre une dure décision :

–Je préfère porter sur mes épaules la responsabilité d’avoir fait forger une rune illégale, plutôt que celle de n’avoir pas été capable de faire le nécessaire pour sauver une ville entière. Vous forgerez cette rune.

Et, sur ces mots, le soldat remercia la sorcière, la salua et sortit.
On peut passer au J15 si tu veux. Je donnerai les instructions pour le début du J15 au prochain post.
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 13 août 2019, 21:31

Début du jour 15.
Le soleil se levait comme chaque jour, laissant ses rayons bienfaisants sur les tentes des soldats et les cabanes délabrées de Col-de-Ferlangen. Quelques nuages blancs coupaient parfois cette sourcer de chaleur et laissaient un froid glacial planer sur les humains et les nains présents. Chacun se couvrait alors d'une couverture de fortune, trop bien conscients que la caresse du froid était annonciatrice de bien pire encore. Pourtant au premier regard de Friedrich, passé le petit déjeuner, rien d'étrange ne se déroulait. Les soldats comme les paysans commençaient les travaux de la journée et la garde de nuit partait se coucher.

C'est vers neuf heures du matin qu'un cavalier solitaire se présenta. Son cheval, droit, fin et fier ne l'était pourtant pas autant que son cavalier. L'homme, d'un âge respectable, était habillé à la mode la plus impériale qui soit: la culotte bouffante, le veston en cuir et en laine serré, bardé de ceintures, sacoches et autres anicroches, sans parler de son chapeau plat aux plumes colorées vissé sur son crâne. Seul détail insolite: en guise d'armes il avait deux pistolets ainsi qu'une hache à une main, arme peu courante parmi la noblesse de l'Empire. Il descendit de cheval le plus adroitement du monde, s'épousseta le corps avec les paumes et lança à la volée:


-"Qui est le chef de compagnie ici?"

Après avoir retrouvé et salué Friedrich d'une poignée de mains virile, le noble daigna se présenter, avec ce ton doucereux mêlé d'une pointe de supériorité que savaient manipuler les nobliaux de Sigmar.

-"Ravi, sergent Hadler. Un sergent en guise de dirigeant de campement? Les temps doivent être bien sombres pour en arriver là. Mais je vois que vous vous en tirez bien, c'est une grande nouvelle.

Trève de mondanités. Je suis le second chambellan de sa Majesté Valmir von Raukov et je viens vous avertir du protocole à suivre pour son arrivée, en début d'après-midi. Quand les premiers cavaliers arriveront, vous et vos hommes vous mettrez en rang face à la colline, là au Nord. Les armes devront être au clair et les rangs bien larges car Sa Majesté souhaite inspecter vos hommes. Il se présentera face à vous, sur son cheval. Vous mettrez genoux à terre et lui présenterez votre épée, qu'il jugera. Ensuite il mettra pied à terre et vous pourrez embrasser son anneau, après quoi il vous donnera solennellement . A partir de là vous pourrez ordonner à vos hommes de reprendre leurs activités. La troupe de Sa Majesté s'installera ensuite pour la nuit."


Et il resta ainsi, en attente d'éventuelles questions, trépignant d'impatience de remonter sur son cheval pour repartir vers son seigneur. Friedrich était maintenant au courant: il ne couperait pas à l'inspection!
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par Friedrich Hadler » 17 août 2019, 16:05

Le grand jour était arrivé. Dans quelques heures maintenant, le comte électeur Valmir von Raukov allait passer inspecter les défenses de Col-de-Ferlangen. Cette perspective était à la fois grisante et stressante pour Friedrich Hadler. En tant que commandant de la place, avec Poigno Ertezi qui n’était apparemment toujours pas rentré, il lui incombait de s’assurer que tout se passe pour le mieux cette journée.

Soit-dit en passant, Hadler trouvait que l’absence de son ami et compagnon d’arme sergent commençait à être longue. Il ignorait si cela était un bon signe ou non, même s’il y avait forcément une forme d’inquiétude dans cette incertitude totale. En tous cas, cette absence impliquait qu’il devrait s’occuper seul de la venue de leur hôte de marque, de la construction des infrastructures, du recrutement et des défenses de la ville. De bien lourdes tâches que notre héros se faisait un devoir d’assumer.

Concernant les tâches habituelles, autrement dit la supervision des constructions et recrutements du jour, Friedrich utilisa ses ressources pour obtenir un maximum de bois. Il fallait garnir de pieux la première moitié des fossés creusés les jours précédents, ce dont se chargeraient les ouvriers précédemment affectés aux ouvrages défensifs. Dans le même temps, la zone de formation des soldats serait agrandie de manière conséquente, en doublant l’espace dédié à l’entraînement des soldats de front et des arquebusiers. Ces aménagements permettraient prochainement de former un maximum de nouvelles recrues dans les meilleures conditions. Dans ce contexte de grands travaux, les trente nouveaux ouvriers ne seraient pas de trop. Quinze d’entre eux iraient au nouveau moulin flambant neuf, le sixième. Les quinze autres s’occuperaient d’aménager les deux nouveaux terrains d’entraînement des soldats et le nouveau pas de tir pour l’entraînement des arquebusiers.

Quinze jours écoulés depuis son arrivée ici, c’était aussi la mi-parcours avant la date fatidique de la nuit des bêtes, où tout se jouerait. En regardant derrière lui, Friedrich put constater qu’il y avait eu beaucoup de chemin parcouru ! Parti de rien ou presque, il se retrouvait avec une production importante, des infrastructures nombreuses et capables de soutenir un recrutement massif. Ne manquaient plus que des soldats supplémentaires ainsi que quelques défenses en plus, et tout serait prêt pour accueillir les assaillants.

Outre sa symbolique de mi-chemin et la gestion courante, c’était surtout la visite de Valmir von Raukov qui rendait remarquable et exceptionnel ce quinzième jour. A ce propos, Friedrich Hadler était heureux de ne pas avoir été dérangé par le chat de la sorcière, Chester, cette nuit là. Il aurait besoin de toute sa fraîcheur pour apparaître sous son meilleur jour. Et il n’eut pas beaucoup à attendre pour entrer dans le vif du sujet… L’arrivée d’un unique cavalier, tôt le matin, annonça le début des choses sérieuses.

Le personnage était un noble impérial, probablement un membre de la suite du Comte Electeur. Vêtu à la mode mondaine et non d’une armure, l’homme était pourtant lourdement armé. Deux redoutables pistolets et une hache de guerre constituaient son attirail offensif. Les présentations furent brèves. Le visiteur, mené directement vers le sergent qui l’accueillit sobrement, s’annonça comme étant le second chambellan de Valmir von Raukov. C’était donc bien un homme de cour, comme l’avait supposé Hadler au premier regard. Evidemment, le Comte Electeur étant un combattant dans une province en guerre, même ses nobles les moins guerriers se devaient probablement de savoir se défendre. Celui-ci, en tout cas, paraissait capable.

C’est avec un profond respect teinté d’une pointe d’appréhension que notre héros répondit à son interlocuteur :


–Bien, merci, c’est très clair. J’ignorais que sa majesté le Comte Electeur allait passer une nuit ici, mais je ferai le nécessaire pour qu’il dispose des meilleurs quartiers disponibles dans cette modeste bourgade.

J’aurais une seule question, concernant l’arrivée du Comte et le passage en revue : puis-je laisser au moins quelques hommes en sentinelle pour éviter que la ville soit totalement sans défense à ce moment, ou dois-je réunir la totalité de mes effectifs pour l’accueillir ?


Sur le plan militaire, Friedrich pensait à inspecter lui-même ses hommes durant la matinée, pour s’assurer que leur présentation soit convenable, leurs uniformes corrects et leurs armes et armures lustrées. Mais il ne négligeait pas pour autant les défenses du lieu. Les hommes-bêtes pouvaient attaquer à tout moment, et il n’était pas question qu’ils puissent profiter de l’arrivée du dirigeant de la Province pour lancer un assaut, d’où la question au chambellan.


Récapitulatif affectations, constructions et recrutements au jour 15.

Au jour 15 :
Affectation des nouveaux travailleurs :
=>15 nouveaux travailleurs pour faire tourner le nouveau moulin
=>5 nouveaux travailleurs à la construction d’un nouveau terrain d’arquebusiers (20 bois)
=>5 nouveaux travailleurs à la construction d’un nouveau terrain de soldats (10 bois)
=>5 nouveaux travailleurs à la construction d’un nouveau terrain de soldats (10 bois)

Constructions lancées avec les anciens travailleurs :
=>80 travailleurs pour garnir la première moitié des fossés d’épieux (160 bois)

Recrutements lancés (ils seront donc disponibles dans 3 jours) :
=>2 arquebusiers.
=>2 soldats épée bouclier.

Soit au total :
+ Dépenses construction :
200 bois soit 950 ravitaillements et 10 bois.
+ Dépenses recrutement :
60 PO soit 6 ravitaillements.
40 PO soit 4 ravitaillements.
=> soit en tout 960 ravitaillements utilisés.

Reste à la fin du jour 15 (avant récoltes du jour) :
0 bois.
79 ravitaillements.
25 pièces d’or.
Au matin du J16, en comptant comme toujours les consommations, j’aurai donc normalement :
10 bois,
739 ravitaillements,
25 pièces d’or.
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Profil : FOR 10 / END 11 / HAB 10 (9*) / CHAR 10 / INT 10 / INI 10 / ATT 13 (12*) / PAR 13 (12*) / TIR 11 / NA 2 / PV 80/80
*: profil avec armure (bonus des compétences non inclus)

Compétences :
• Sang-froid : Votre personnage a ce qu'on appelle des «nerfs d'acier». Il sait rester maître de lui-même dans les situations les plus dangereuses. Bonus de +1 sur n'importe laquelle de ses caractéristiques lors de la réalisation d'une action dans un climat de stress et de tension mentale.

• Coups puissants : augmente les dégâts occasionnés à ses adversaires de + 1D3 pts de dégâts.

• Autorité : bonus de +1 lorsque, confronté à des militaires, il essaye de faire prévaloir son autorité, ses ordres etc.,

• Arme de prédilection : épées à une main : Bonus de +1 en ATT lorsqu'il en utilise en combat. Par contre, lorsqu'il utilise une autre arme que son arme de prédilection, il reçoit un malus de -1 en ATT et en PAR pendant les 1D3 premiers combats qu'il livrera avec cette arme, le temps qu'il s'y adapte.

• Alphabétisation : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde s'il comprend ce langage.

• Langage secret : jargon de bataille : Votre personnage sait parler le jargon des batailles.

• Anticipation : Votre personnage, au combat, arrive à prévoir les réactions d'un ennemi. Pour analyser le style de combat de son adversaire direct, il lui faudra 2 rounds entiers. A partir du 3ème round, cette compétence lui permet d'avoir un bonus de +1 en ATT et en PAR contre ce seul adversaire. (Pour bénéficier de ce bonus contre un autre adversaire, il lui faudra l'avoir combattu pendant au moins 2 rounds)

• Adresse au tir (arcs) : +1 en TIR avec un arc.

• Volonté de Fer : Votre personnage se révèle être particulièrement très résistants à la peur, aux attaques mentales et à tout ce qui pourrait tenter de briser sa volonté. Il obtient +1 aux tests pour résister à un contrôle mental, à la peur etc…

• Parade : Double les points de parade de l'arme ou du bouclier utilisé.


Equipement de combat : • Devoir (épée à une main) (18 +1D10, 12 Parade) Les morts-vivants, les démons etc… Que la lame touche subissent 1d6 dégâts de plus
• Bouclier d'acier (6+1d6 dégâts, 16 parade)
• Epée à une main (16 +1D8, 12 Parade)
• Cotte de mailles (9 protection, tout sauf tête -1 HAB, ATT et PAR)
• Arc court (26+1D8, -2 TIR/16 m)

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Friedrich] Le Phare dans la Forêt

Message par [MJ] Le Djinn » 24 août 2019, 15:05

L'atmosphère était étrange cette mâtinée là. Les paysans bêchaient avec plus d'ardeur, les bûcherons frappaient avec davantage d'entrain, les moulins tournaient plus vite et les soldats essayaient de se rendre à peu près beau via toutes les méthodes possibles. Même les prostituées avaient fermées leurs portes pour faire une journée lessive avec les lavandières. La venue du Come-Electeur était connue et sa terrible réputation de meneur d'hommes impitoyable l'accompagnait, aussi personne ne voulait être pris en flagrant délit de manquement, réel ou injustifié, sous son regard. Les meules des forges naines tournaient à plein régime pour aiguiser les lames émoussées des soldats, des artisans au talent incertain recousaient ou retapaient les bottines et tenues militaires afin de donner une cohérence à leur livrée initialement noire et blanche mais devenue un mélange de gris et de brun avec les affrontements et la vie nomade.

Le chambellan, qui se nommait Heleim von Saltaken, comme il l'expliqua ensuite, valida la mise en place de sentinelles pendant l'inspection, même s'il se doutait qu'elles seraient inutiles grâce à l'escorte armée du dirigeant. L'inspection du matin se déroula en bon ordre cependant: les hommes étaient rasés pour la plupart, avaient fait leur possible pour être propres, pour laver leurs habits et somme toute être présentable.

Bien sûr comme dans chaque troupe il y avait des éléments perturbateurs. Michel et Thomas, inséparables têtes de pioches, étaient mal vêtus et faisaient les pitres durant le rassemblement, il fallut les calmer à grands coups de gueule sous le regarde inquisiteur du noble chambellan. Mis à part les handicapés lourds et cinq soldats en patrouille, tous étaient présents: La grande quinzaine de soldats réguliers, une vingtaine de miliciens et une dizaine d'arquebusiers, pisteurs et piquiers. Une petite force de frappe digne d'une unité et qui était en progression d'effectifs constante.

Les éclaireurs de la garde pointèrent vers midi. Bientôt ce fût une véritable armée qui descendit de la colline: des rangs de nobles chevaliers en armures grises bosselées, des chasseurs légers sur des étalons fins, arcs en bandouillères, des escadrons de soldats d'élites armées des fameuses lames à deux mains ainsi que de puissantes haches de guerre. Derrière eux une floppée semi-organisée de miliciens, de mercenaires et de soldats formaient une arrière-garde importante. Et en dernier un nombre conséquent de caravanes et de chariots fermaient la marche, protégés par des traqueurs à cheval, armés de lance et d'épées. A vrai dire ils avaient probablement plus que doublé le nombre d'habitants de Col-De-Ferlangen en y venant. Un peu après la première venait le Comte-Electeur et son escorte personnelle. Le soleil tenait son corps dans l'ombre. Il était grand, puissant et était juché sur un énorme destrier à l'allure redoutable et quasiment nordique.

Il s'arrêta à vingt mètres du sergent au garde-à-vous avec ses hommes. Il donna quelques ordres à la volées et toujours sur sa monture, avança vers notre héros. L'homme était immense, redoutable, vêtu d'une armure aux influences autant nordiste qu'impériales, faites de plaques lourdes et bien agencées aux robustes détails d'acier doré. De larges épaules complétaient l'armure corporelles, représentant des visages de taureaux rouges et noirs. Le plus intéressant cependant était son visage dont on voyait bien qu'il ne correspondait pas à l'ostlandais typique. Il était légèrement jaune, les yeux doucement dessinés en amande, des moustaches longues et tombantes telles que les occidentaux n'en avaient jamais, un nez aquilin et des petites oreilles cachées par un casque aux influences inconnues de Friedrich, tout en pointe et en fourrure, un crâne au-dessus du front indiquant la dimension impériale de son propriétaire.
A son flanc, fier et puissant, battait son épée légendaire: Fendeur de Cervelles, le Croc Runique, qui lui permettait mille miracles si on en croyait les légendes. Des pistolets de grande qualité paraient sa ceinture et un arc de qualité incroyable était accroché dans son dos, complétant l'arsenal du guerrier parfait.

Oui, noble, fier et puissant, tel était Valmir von Raukov, Comte-Electeur de l'Ostland.

Du pas lourd de son destrier, laissant sa garde personnelle observer de loin les événements, il s'approcha de Friedrich, le fixant d'un air aussi curieux qu'inquisiteur. Conformément au protocole, Hadler posa genou à terre et lui présenta son épée encore au fourreau. Le noble se pencha pour la récupérer, la sortit de sa prison de cuir et l'observa sous tous les angles avant de la rengainer et de la rendre à son légitime propriétaire. Sans aucun autre commentaire, il descendit de selle et présenta une bague d'or surmontée d'un rubis taillé au sergent, qui l'embrassa comme le voulait la tradition. Laconique et austère, la voix grave de Valmir ordonna:


-"Lève-toi, fils de l'Ostland."

Devant tous les hommes en rang et l'armée qui attendait derrière, von Raukov retira son gant droit et serra virilement le poignée d'Hadler. Le temps que l'ensemble dure des ouvriers avaient déjà installés une grande tente semblable à une yourte aux couleurs noire et blanche.

-"Venez, sergent d'armes, nous avons à parler."

Il donna quelques ordres brefs pour qu'on s'occupe de sa monture mais l'organisation militaire de son armée semblait tenir autant à la discipline qu'à l'habitude. Quelques secondes plus tard ils arrivèrent au centre de la tente royale où l'entrevue se tiendrait. Une simple chaise était posée car les serviteurs et soldats étaient encore en train d'apporter le mobilier, du vin et des vivres. Le Comte s'assit confortablement, laissant son vassal debout.

-"Je demande un rapport complet de la situation, vos estimations quant au nombre de vos hommes, de vos ennemis et les grands événements qui ont eu lieu depuis que vous êtes en poste. N'épargnez aucun détail."
Enfermé dans une lampe pendant des siècles, cloisonné dans une pièce de métal par une malédiction... Puis un jour un naïf est venu, me libérant dans sa sottise... Tant pis pour lui... Et pour tous les autres.

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