Tandis que la lumière diurne agonisait pour laisser place à l'étrange duo que forment Mannslieb et morrlieb, une petite ombre vacillante heurta un portique de bois avant de s'effondrer sur le sol. Au fin fond de la ruelle, le bruit écœurant d'un pied s'extrayant de la vase se fit entendre. Sproouutch... sprroutch... spoouuutch. Un corps difforme venait de sortir de la pénombre. Le visage moitié à arraché, moitié couvert de pustules, cette chose dans laquelle on ne pouvait reconnaître qu'un humain déplia un bras d'une longueur impossible vers la minuscule silhouette qui gisait sur le sol. Cependant, cette dernière sembla reprendre ses esprit car elle tenta de se relever, mais elle était trop faible et ses pieds ne parvinrent qu'à glisser inutilement sur le sol. Mais subitement le regard des deux créatures se croisèrent et le rapport de force s'inversa: la chose au visage immonde stoppa son avancée: elle hésitait, elle tremblait, elle reculait même ! Elle avait peur. Alors, celle qui semblait jusqu'à présent être, la victime toute désignée abaissa sa capuche pour laisser entrevoir les traits d'une jeune fille que les affres de la faim ne tarderaient pas à rendre malingres.
Le regard dur, elle déclara d'un ton sévère:
- Je te connais.
La chose-homme hoqueta et fit un bond en arrière, comme s'il eut été brûlé par le feu. Devant sa panique, la jeune fille fut prit d'un rire nerveux, ce qui terrassa le peu de courage à la créature qui détala sans demander son reste. Un demi sourire pendu aux lèvres, notre demoiselle maugréa une vague malédiction à propos des lépreux avant de se relever. Cette petite distraction lui avait fait reprendre tous ses esprits. Toquant doucement à la porte, une trappe s'ouvrit, laissant entrapercevoir un oeil rongé par le pus. La femme rabattit sa capuche sur son visage avant de se pencher vers la trappe pour murmurer quelque chose. Sept battements de coeur plus tard, le bruit de la clenche se fit entendre tandis que les gongs rouillés rechignaient à jouer leur rôle.
Se faufilant à l'intérieur, un homme au visage putréfié accueilli la jeune femme en ces termes:
- Bienvenue au nid, jeune Malédictor Klarentza. Ta maîtresse t'attend.
Déjà ? Le coeur de la jeune fille s'emballa. Que devait-elle dire, déjà ? Elle avait mémoriser les points clefs de son rapport mais quels étaient-ils ? Prenant une grande inspiration elle emplit ses poumons de cet air au goût si particulier qu'on ne trouvait qu'au sein de la loge et cela lui donna du courage. Devant elle se tenait une vieille femme dénommée Olga Mande-Peste qui semblait attendre son compte rendu avec une certaine curiosité. Il est vrai que Klarentza avait été plus longue que prévue et surtout qu'elle revenait seule, sans ce prêtre qu'on lui avait imposé. Elle décida donc de prendre son temps pour n'aborder ce point délicat que plus tard, faute de quoi elle aurait l'air sur la défensive.
- Je me suis rendue au Parc, comme vous l'avez ordonné, maîtresse. Là bas, les gueux et les mendiants étaient nombreux, peut être un bon millier.(Un ! Un millier d'hommes, tout qui grouille, tout qui grouille)
La jeune fille tenta de réprimer une quinte de toux, mais ne parvint qu'à tacher un peu plus sa cape.
- Il n'y a strictement aucun garde, aucun soldat, aucun objet précieux là bas. Même les prêtresses des autres dieux semblent avoir abandonné l'endroit - à l'exception peut-être de la guérisseuse dont les rares représentants sont largement débordés. (Deux?! qu'est ce qui venait avec deux ?!)
La jeune fille s'essuya la bouche afin de se ménager un peu de temps qui lui permettrait de retrouver le point suivant de son rapport. (ha oui, deux... Comme deux sources d'eau.)
- Deux sources d'eau se trouvent là bas: lac et puits, toutes deux libres d'accès. (Trois ! trois grains d'blé bien plantés mais pas germés! Ahhh ! J'allais oublier ça ! ) Certains ont tenté de planter du blé, mais sans grand succès, la culture ne prend pas là bas et rien n'a germé. Il est possible que si nous prétendons que le champignon de la vision est comestible ou a des vertus quelconques, les gens nous aideront dans notre tache. Ils sont désespérés. (la suite est facile) En fin de compte je pense que le grand père nous envoie la bas car l'endroit n'est pas gardé et qu'il est propice à répandre sa doctrine. Voilà, c'est à peu près tout... Après avoir fait le tour du parc, nous nous sommes séparés avec Vallac et j'en ai profité pour placer un espion là bas - espérons qu'il sera efficace.
Bon, c't'un peu naze comme mise en forme mais là j'ai pas trop l'temps. On va dire que les images et tout le reste, ce sera pour la prochaine fois - j'édite si j'ai le courage