Informations générales sur le personnage :
| Nom et Prénom: | Astrid Torasdottir | |
| Age: | 18 ans | |
| Sexe: | Féminin | |
| Race: | Humaine | |
| Carrière: | Voie du Sorcier des Collèges de Magie | |
| Lieu/ville de départ: | Skeggi ou tout autre ville du Nouveau Monde | |
| Fréquence de jeu: | 1 fois par semaine environ | |
| MJ: | Assistant-MJ Rovk |
| Nom de la ligne | FOR | END | HAB | CHA | INT | INI | ATT | PAR | TIR | MAG | NA | PV |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Profil de départ (+4 PC initiaux) | 8 | 8 | 8 | 8 | 8 | 10 | 10 | 8 | 8 | 7 | 1 | 60/60 |
| Profil actuel | 8 | 8 | 8 | 8 | 8 | 10 | 10 | 8 | 8 | 7 | 1 | 60/60 |
| Améliorations restantes à acquérir pour level up (déjà acquis/à acquérir) | - | - | - | 0/1 | 0/2 | - | - | - | - | 0/2 | - | 0/5 |
| XP disponible: | 0 |
| PC dépensés: | 4 |
Description physique :
Du haut de ses dix-huit ans, Astrid n'est pas un grand gabarit : elle mesure presque un mètre soixante pour environ cinquante cinq kilos. Elle est d'une corpulence moyenne à tous points de vue, ni maigre, ni grosse, bien qu'elle soit plutôt fine, certains diraient même frêle. Pour autant, elle est habituée aux rigueurs de la vie dans le Nord, et est plus coriace qu'il n'y paraît.
Son visage est agréable, de forme vaguement ovale avec un grand front, un petit nez, une bouche de taille moyenne et un menton pointu. Son teint est typique de sa région natale, elle arbore ainsi une peau très pâle.
Les yeux d'Astrid sont d'un marron clair aux reflets verts. Ses cils sont longs et un peu broussailleux, lui donnant un côté sauvage (d'aucun disent que cet effet est voulu), ses sourcils formant eux deux traits assez nets et presque droits, lui donnant un air vif et déterminé. Elle aime souligner le contour de ses yeux d'un trait laissé volontairement flou de khôl artisanal de bois brûlé.
Lorsqu'elle était en Norsca, Astrid protégeait quotidiennement ses lèvres du froid en les enduisant d'une préparation à base de miel, ce qui avait également pour effet de les mettre en valeur. En Lustrie, elle a presque cessé cette pratique, ne reproduisant ce rituel que lorsqu'elle souhaite impressionner ou séduire en accentuant les reflets et la teinte rouge de ses lèvres.
Ses cheveux sont châtain foncé tirant vers le noir, mais avec des reflets aubrun au soleil. Ils sont entre longs et mi-longs, c'est-à-dire qu'ils descendent à peu près jusqu'en bas de ses omoplates. Elle les porte le plus souvent vers l'arrière, généralement en queue de cheval, parfois en tresse ou simplement relâchés. Lorsqu'elle en a le temps, elle aime se faire de petites tresses à la mode norse sur les côtés, et laisse une ou deux fines mèches encadrer son visage à l'avant pour se donner un air rebelle qu'elle apprécie. Afin d'éviter que ses cheveux ne la gênent, mais aussi parce qu'elle trouve cela très esthétique, elle aime maintenir sa coiffure en portant un simple bandeau semblable à une couronne. N'étant pas riche, il s'agit simplement d'une fine bande de tissu, d'une cordelette ou d'une mince lanière de cuir nouée autour de sa tête, le nœud vers l'arrière, bien entendu. Mais elle espère bien un jour pouvoir porter un cercle d'or ou d'argent à la place. De temps en temps, selon son envie, elle attache des colifichets ou un porte-bonheur à ce bandeau, en prenant toujours bien garde à conserver la symétrie dans ce cas.
Vous l'aurez compris, Astrid est une jeune femme très coquette qui attache beaucoup d'importance à son apparence, quoi qu'elle aime se donner un style faussement négligé. Skaeling de naissance, de culture et au moins à moitié de sang, elle ne goûte guère aux parures des femmes du Vieux Monde, les trouvant un peu ridicules et leur préférant de loin la beauté pratique et simple des tenues norses, qu'il s'agisse des robes skaelings, des tenues de combat ou d'habits de tous les jours. Rien de telle qu'une bonne cape en fourrure de loup ou d'ours pour impressionner.
Dans un environnement plus chaud, comme celui du Nouveau-Monde, elle arborera comme tout le monde des tenues adaptées au climat local. Au lieu de porter des vêtements complets de fourrure, elle utilisera des tenues à la coupe plus respirante. Une jupe courte et une tunique à manches courtes, le plus souvent, simple et pratique. Le style, lui, reste typiquement norse : de la fourrure et du tissu grossier de couleur neutre : grise, noire, marron ou bleu-gris.
Astrid a rapporté de son village natal une particularité somme toute assez commune : un goût prononcé pour les peintures de visage, dont elle trouve qu'elles lui donnent un air plus féroce, plus dangereux, bref, moins enfantin et plus crédible dans son métier. Le plus souvent, ces peintures sont noires ou grises, réalisées à base de charbon de bois car elle n'a pas les moyens de s'offrir plus, mais lorsqu'elle peut se procurer des teintes différentes, Astrid n'hésite pas à en changer selon son humeur et ce qu'elle souhaite exprimer.
Description psychologique :
Une jeune femme vive au tempérament fougueux serait une bonne description d'Astrid Torasdottir, si l'on souhaitait la résumer en quelques mots.
A la croisée de deux cultures radicalement différentes et que tout opposait depuis son enfance, Astrid s'est construite en hésitant sans cesse entre deux modèles, deux chemins de vie. Finalement, aucun ne lui a réellement convenu, et elle souhaite aujourd'hui tracer sa propre voie, intermédiaire.
De sa mère, Astrid a hérité de l'éducation et de ses valeurs morales, sans parler de son pouvoir.
De son père, Astrid a hérité de sa volonté farouche d'indépendance et de sa soif d'aventures.
Loin de renier ses origines, notre héroïne est fière d'être une Skaeling, tout en rejetant leurs croyances et leurs pratiques barbares. Elle est en quelque sorte devenue une norse « civilisée » qui a renoncé aux aspects les plus extrémistes de son peuple et les rejette désormais, un peu à la manière des mercenaires ou marchands qui se sont établis pour de bon à Marienburg, ceux qui ont renoncé définitivement à Norsca et à ses pratiques pour devenir peu à peu, au fil des ans, puis des décennies, des citoyens du Sud de plus en plus normaux, même si la première génération garderait toujours son côté « nordique ». La fille de Tora, à leur instar, n'envisage pas de revenir un jour en Norsca, terre de son enfance, certes, mais qui l'a chassée et dont les valeurs heurtent désormais trop frontalement les siennes.
Concernant la religion, Astrid pense que les dieux existent (et qu'il faudrait être aveugle ou fou pour le nier vu leur influence directe), mais ne souhaite pas les prier. Elle pense que les dieux de son peuple sont mauvais, ils ne correspondent pas à ses valeurs et y sont même souvent opposés. Quant aux autres dieux, par exemple ceux de sa mère, ils ne sont pas les siens, elle ne les connaît pas et ne s'y reconnaîtrait pas de toute façon. Plus généralement, dans une pensée très norse sur le fond, elle est persuadée que son destin est entre ses mains, si elle est assez courageuse et forte pour s'en saisir, et pense qu'il faut être faible ou idiot pour s'en remettre à un dieu plutôt qu'à soi-même, et encore plus pour les servir aveuglément. Elle veut être libre avant tout.
Comme toutes les jeunes filles, Astrid a des rêves, des ambitions, et les siennes sont très différentes de celles des gamines impériales ou bretonniennes rêvant du prince charmant. Comme les garçons de son village (et beaucoup de filles même si elles ne l'avouaient pas toujours ou se résignaient finalement souvent à leur place dans une société très patriarcale comme celle des norses) Astrid s'imagine en guerrière victorieuse, auréolée de gloire et de richesses. Mais pas comme n'importe quelle soldate ou zélote, non ! Elle se voit en guerrière libre, se battant quand elle le voudrait, pour les causes qu'elle choisirait, avec les personnes qu'elle aimerait, et en tirant des bénéfices conséquents par la même occasion pour lui permettre de vivre confortablement comme elle le souhaiterait. Bref, en mercenaire.
Courageuse et ambitieuse, mais consciente des limites de son corps et de n'être pas douée d'un exceptionnel talent martial (quel que soit son entraînement, elle ne pourrait jamais gagner en force brute contre un guerrier costaud), elle sait que sa chance réside dans ce que lui a légué sa mère. Avec sa magie et son éducation, elle croit dur comme fer qu'elle peut faire la différence et devenir qui elle veut, à condition de beaucoup travailler.
Car bien qu'elle sache lire et écrire, Astrid n'a pas eu accès à beaucoup de connaissances. Elle reste donc comme un livre encore presque vierge, attendant qu'on le remplisse de savoir. Si elle part d'un niveau comparable à celui d'un impérial moyen, sa marge de progression est énorme, intellectuellement parlant. Il en va de même pour sa magie, qui en est encore à ses balbutiements.
Mais pour développer ses talents, pour cesser d'être une simple norse instruite, ou une simple impériale n'ayant pas peur de se battre, elle doit d'abord trouver son maître ou sa maîtresse, la personne qui l'instruira des choses du monde et qui la guidera en magie. Elle recherche l'écrivain qui remplira ses pages blanches, pour lui permettre ensuite de voler de ses propres ailes.
Alignement : Plutôt bon
Historique du personnage :
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je ne suis pas née dans la misère. A vrai dire, je ne suis même pas née sur ce continent. Ma mère, Tora fille de Hilda Wronsbeck, était une magicienne accomplie, formée dans les collèges de magie d'Altdorf. Accomplie et formée, oui, mais pas si puissante apparemment, puisqu'elle n'a pas pu empêcher ce qui est arrivé. Elle m'a raconté qu'elle vivait autrefois à Marienburg, où elle avait mis son art au service des intérêts de puissants personnages, accumulant une certaine richesse par la même occasion. Elle n'y était pas née, cependant, étant originaire du Nordland, province impériale où elle n'était jamais retournée depuis ses études au sein du Collège Flamboyant.
Mon père, ce connard d'Erik, était son garde du corps skaeling. Il paraît que c'était très à la mode chez les riches de cette ville d'engager des norses comme gorilles. Je suis née lors d'une expédition commerciale dans sa tribu. Sauf que ça ne s'est pas vraiment passé comme prévu. Mon père m'a dit que le commerçant qui avait engagé ma mère avait essayé de tromper son jarl et que celui-ci a réagi. Ma mère avait une autre version, moins glorieuse, dans laquelle ledit jarl a tout simplement trouvé qu'il serait plus simple de s'emparer de la marchandise – et des marchands – sans débourser le moindre sou ni troquer la moindre peau.
Toujours est-il que les gardes norses se sont immédiatement retournés contre leurs employeurs. Les autres, des mercenaires marienburgeois, n'ont pas tardé à mourir, à se rendre ou à être faits prisonniers. Ma mère aussi a tenté de résister, mais elle n'a pas pu faire grand chose, Erik s'était chargé de l’assommer en premier. Quelques marchands contre un village skaeling complet, les jeux furent vite faits…
En tant que femme d'Erik, ma mère eu le droit à un traitement spécial. Comme les autres, elle devint une esclave, mais mon père connaissait sa valeur. Il la garda soigneusement sous sa coupe, la dissimulant au monde extérieur, mais l'utilisant pour asseoir petit à petit sa domination sur le village, par le poison dont elle pouvait le préserver, par ses stratagèmes et par le feu. Les autres savaient qu'il avait une esclave, mais pensaient qu'il s'agissait juste d'un joli morceau qu'il gardait jalousement pour lui, empêchant quiconque sauf moi de la voir.
C'est là que j'ai grandi, passant mes premières années entre la chambre où ma mère était enfermée et l'extérieur où je jouais avec les autres enfants. Je n'avais pas le droit de parler aux autres de maman, mais j'étais sinon libre en dépit de la condition de ma mère.
Tant bien que mal, j'ai vécu une enfance plutôt heureuse comparé aux autres fils et filles d’esclaves. Mon père me considérait comme son avenir, alors aux yeux de tous, je n'étais pas vue comme la fille de ma mère, mais celle de mon père. Je m'appelais d'ailleurs Astrid Eriksdottir à ce moment. Je jouais avec les autres enfants du village, j'apprenais avec les autres filles à me servir de l'épée et de la hache au cas où il y ait une attaque sur le village en l'absence des hommes. Mon père devenant peu à peu quelqu'un d'important, j'avais même de jolis vêtements, des bijoux, des poupées… J'étais une vraie petite skaeling.
Mais je passais aussi beaucoup de temps avec ma mère. Je crois que c'est ce qui m'a empêché de devenir complètement comme eux, de vénérer leurs dieux, d'accepter leur barbarie. Ma mère était la seule qui s'intéressait vraiment à moi, à mon bien être, qui prenait soin de moi, me réconfortait quand j'étais triste, écoutait toutes mes confidences avec la bienveillance dont seule une maman est capable. Elle était toujours au petits soins pour moi, j'étais son trésor. Je pense aussi que le fait qu'elle ne voyait personne d'autre que moi et mon père devait encore accroître ce sentiment. D'une certaine manière, elle vivait par procuration à travers moi, mes enfantillages l'aidant à sortir quelques instants de sa condition et des horribles besognes qu'elle devait accomplir en secret pour mon père. Erik la ménageait suffisamment pour ne pas l'abîmer, mais ne lui accordait aucun autre confort à part mes visites. Elle était sa chose, son esclave, son outil de destruction, son atout secret pour monter dans la hiérarchie. Et moi, sans m'en rendre compte, j'étais ce qui forçait ma mère à lui obéir.
Aujourd'hui encore, je me demande parfois pourquoi ma mère n'a pas utilisé son pouvoir pour faire cesser tout cela. Elle n'aurait pas pu vaincre tout le village, mais elle aurait tout de même pu se venger d'Erik et mettre fin à ses jours pour éviter les représailles et mettre fin à une vie d'esclavage faite de souffrance. Je crois que c'est sans doute à cause de moi qu'elle ne l'a pas fait. Mais il n'empêche que son sacrifice n'aura pas été vain.
En choisissant de continuer à vivre pour moi, ma mère m'a permis d'être celle que je suis aujourd'hui. C'est ma mère qui m'a appris à lire et écrire, c'est elle qui m'a dit de faire semblant, de ne pas vénérer ni écouter leurs dieux mauvais aux pactes sombres et dangereux. C'est elle encore qui a mis le doigt sur la cruauté des actions de mon peuple : quand on est fille d'esclave et qu'on aime sa mère, on a du mal à accepter de voir des gens dont on se dit qu'ils pourraient être elle sacrifiés aux dieux sanglants, ou encore massacrés par tradition, tués, torturés et violés pour le plaisir. C'est maman toujours qui a détecté la magie de feu qui brûle en moi, qui m'a mis en garde contre ce pouvoir, qui m'a appris à la maîtriser dans une certaine mesure, et qui finalement m'a incité à la cacher pour ne pas être utilisée comme elle l'avait été. Par chance, il n'y avait aucun autre sorcier dans le village, le secret put donc être gardé, y compris vis-à-vis de mon père.
Cette double vie dura jusqu'à mes 15 ans environ. Puis, lorsque le jarl mourut par « accident », apparemment brûlé de l'intérieur après avoir consommé un aliment préparé par ma mère, mon père épousa sa fille Berit et devint jarl à son tour. Nos tribus skaelings ne sont pas comme les barbares du Nord, chez nous, il y a une légitimité du chef qui dépasse la simple confrontation brutale.
A partir de ce moment, les choses changèrent pour moi et ma mère. De la fille unique d'Erik le guerrier, je devins l'embarrassante, la bâtarde, la fille qu'il avait eue avec son esclave. La fille du jarl, la nouvelle épouse – libre – de mon père, porterait quant à elle ses vrais héritiers. Je n'étais donc plus nécessaire, voire même gênante puisque je rappelais l'existence d'une autre femme de mon père, plus ancienne bien qu'esclave, ce qui n'était pas bien vu, les premières épouses étant censées être les plus importantes.
De plus, si l'on découvrait la vérité sur les manœuvres vicieuses d'Erik pour se hisser au rang de jarl, le village ne l'aurait jamais toléré. Nous autres skaelings avons beau être relativement civilisés pour des norses, nous respectons quand même avant tout la force. Mon père ne voulant pas pour autant renoncer à son atout, il décida d'enfermer, ma mère dans une pièce de sa nouvelle longère de jarl, auquel lui seul avait accès. Quant à moi, je tombais peu à peu en disgrâce, me rapprochant de plus en plus du statut de ma mère à mesure que mon père me délaissait pour Berit. Mes amies me tournèrent le dos, une à une, et bientôt je fus seule. Le seul réconfort que je trouvais était celui que m'apportait ma mère, dont la lucidité et la véracité des propos m'apparaissaient de plus en plus clairement à mesure que le peuple de mon père, mon peuple, me rejetait.
Là où eux ne respectaient que la force, ma mère m'aimait telle que j'étais, inconditionnellement. Environ un an plus tard et après une énième dispute avec ma belle-mère, ce fut à mon tour d'être finalement enfermée par mon père, qui finit par trancher contre moi. Il était vrai qu'entre-temps, Berit lui avait donné un héritier mâle, mon demi-frère Lars. Ce soir là, après la violente altercation avec ma belle-mère, mon père vint me trouver à l'insu de tous, y compris de sa nouvelle femme. Il m'expliqua que ça ne pouvait pas continuer ainsi, que désormais aux yeux de tous, j'allais disparaître, mais qu'il me garderait enfermée avec ma mère, pour continuer à l'utiliser à sa guise en me menaçant.
Je compris alors ce que j'étais devenue à ses yeux. Je n'étais plus Astrid Eriksdottir, mais Astrid Torasdottir. Erik se fichait de ce que je pouvais bien ressentir. Il se fichait de me condamner à une vie en cage, enfermée seule avec ma mère dans une petite pièce qui serait mon univers. Pour lui, j'étais simplement l'outil qui lui donnait le contrôle absolu sur une magicienne. Se faire rejeter par son village, son peuple, ses amis, c'est difficile, mais ce n'est rien comparé au fait d'être reniée par son propre père.
Cet enfermement me parut très long, il dura plusieurs années, au cours desquelles ma mère m'apprit à mieux maîtriser mon don, dans le plus grand secret. Il était indispensable pour elle qu'Erik ne sache rien de mes capacités, sans quoi je serai condamnée à devenir une arme entre ses mains, comme elle. Pour m'occuper et éviter que je désespère, maman me montra des choses merveilleuses avec sa magie. Ce que je préférais, c'était les flammes colorées qu'elle faisait danser dans ses mains pour illustrer les histoires qu'elle me racontait pour passer le temps. J'adorais la voir utiliser ce pouvoir dont elle me disait qu'il était maudit, qu'il ne fallait pas l'utiliser. Elle me racontait d'horribles histoires sur ce qui arrivait à ceux qui abusaient de ce pouvoir, ou qui l'utilisaient sans le comprendre et en mesurer les conséquences. Pourtant, quand j'étais triste ou effrayée, c'était ce même pouvoir qui me permettait de trouver un sommeil paisible, il n'avait donc pas que du mauvais.
Peu à peu, ma mère comprit que l'utilisation de ce pouvoir était ma destinée, peut-être même ma seule chance de m'en sortir. Elle me proposa de me guider, établissant des règles strictes que je ne devrais jamais enfreindre. Elle m'expliqua ce qu'était la magie, son origine et ses risques. Pour une skaeling comme moi, c'était très concret, des mutations, des démons, des dieux sombres, tout cela était ancré dans notre culture. Je lui accordais donc la plus grande attention, écoutant religieusement ses avertissements et frissonnant à l'idée de ce qui pourrait m'arriver si je ne le faisais pas.
Finalement, je compris que la magie est un peu comme le feu : puissante, imprévisible, chaotique, destructrice, mais aussi belle, chaleureuse et pleine de potentiel. Tout comme les hommes ont su dompter le feu, j'appris qu'il était possible, avec un bon guide, de l'entraînement et beaucoup de prudence, de maîtriser la magie. La règle la plus importante était de ne jamais oublier la dangerosité intrinsèque de ce pouvoir et de ne jamais le sous-estimer. Croire qu'on maîtrisait parfaitement ce pouvoir, c'était commettre une grave erreur, cela poussait dans un excès de confiance à utiliser plus de magie. Et comme pour un feu, plus il y a de magie, plus c'est dangereux et difficile à contrôler.
Avec le temps, elle m'apprit des sortilèges simples, comme créer une petite flamme à partir de rien, lui donner la forme que l'on souhaite, et la faire danser comme je l'aime tant. Elle me montra comment se réchauffer dans le froid, ou se rafraîchir dans le chaud. Elle me montra comment résister au poisons qu'elle continuait à préparer de temps en temps pour Erik, et comment s'assurer d'avoir un sommeil calme quel que soit les tourments ou les douleurs de la vie. Mais elle n'a hélas pas eu le temps de me montrer comment changer la couleur du feu.
Car un jour, ma belle-mère, suspicieuse et jalouse, finit par découvrit le secret de mon père : l'existence de ma mère et la vérité sur ses pouvoirs. Elle ne pouvait pas révéler au grand jour la condition de ma mère, sans quoi son mari perdrait la face et elle, par conséquent, sa position de femme de jarl. Elle ne pouvait pas non plus tolérer notre présence, ni nous tuer sans risquer sa peau, sachant que ma mère était une dangereuse magicienne. Berit trouva la solution pour se débarrasser de nous en organisant notre vente sous le manteau, en tant qu'esclaves, auprès d'un drakkar norse en partance pour le Nouveau-Monde et plus précisément la ville de Skeggi.
Ma mère savait qu'une fois à destination, nous serions vendues et il serait trop tard pour s'enfuir, elle décida donc d'agir sur le drakkar. Afin d'éviter de se retrouver perdues en mer au milieu de nulle part, cette tentative ne pouvait avoir lieu qu'en vue des côtes, mais suffisamment loin pour éviter que nos « maîtres » ne puisse atteindre la terre ferme.
Ce qui fut difficile à supporter, ce fut la traversée. La vie d'esclave est dure : brimades, humiliations, insultes, coups… Mais le pire fut sans le moindre doute quand ces salauds nous ont ravagées encore et encore. Deux femmes sur un bateau rempli d'hommes, pour une traversée longue de plusieurs semaines. J'ai crié, pleuré et supplié les trois premières fois. Puis je me suis tue, je savais que ça ne changerait rien. Si j'avais encore des doutes sur la voie à suivre, ils venaient de me les ôter sans la moindre équivoque. Jamais je ne serai comme eux. Ma mère avait raison depuis le début.
Alors j'ai enduré en silence attendant que le moment d'agir vienne. Et enfin, après une éternité de souffrance, le moment est venu. J'ai été témoin du pouvoir qui habitait ma mère. Elle a commencé par littéralement réduire en cendres le morceau de coque où étaient attachées nos chaînes simplement en posant sa main à cet endroit, et en un instant, sans même produire une flamme ni chauffer nos chaînes en fer ! Ensuite, libérant le feu qui brûlait en nous, nous les avons surpris, enfin, surtout ma mère, car moi, elle ne m'avait appris que quelques sorts simples et peu voyants, que l'on pouvait pratiquer dans le secret de quatre murs. Tandis que ma mère déchaînait ses pouvoirs dans un torrent de flammes, j'ai ramassé une épée et l'ai plantée dans le premier connard venu. C'était la première fois que je tuais, mais je n'ai ressenti aucun remord, pas après ce qu'ils nous avaient fait.
La suite est plus confuse. Le combat a été bref, mais violent. En quelques secondes, le bateau entier s'est transformé en brasier, et ma mère était au milieu, près du mât, dirigeant les flammes sur nos ennemis comme s'il s'agissait de geysers qui jaillissaient de ses mains. Il y avait des gens en feu qui hurlaient partout. Ces porcs grillaient, c'était eux qui nous suppliaient, maintenant. Mais de la même manière qu'ils n'ont eu aucune pitié pour nous, nous n'en eûmes aucune pour eux. Ceux qui se jetèrent à l'eau, je les achevais avec un javelot ou un coup de hache dans le dos. Œil pour œil, dent pour dent.
Rapidement, il ne resta plus que nous deux, mère et fille. Je poussais un cri de victoire, brandissant vers le ciel le poignard et la hache que j'avais en mains, comme un défi aux dieux de mon père. Je me penchais ensuite pour ramasser un ceinturon auquel pendait une bourse, un fourreau pour mon couteau et une attache en boucle pour ma hache, que je nouais rapidement sur mes haillons et j'attendis que ma mère éteigne ou écarte les flammes pour me jeter dans ses bras. Mais je ne pus jamais rejoindre maman. Au contraire, l'intense chaleur me força à m'éloigner de sa source, à reculer jusqu'au bastingage. Je compris alors ce qui se passait. Dans mes cauchemars, je revois encore les yeux déterminés de maman qui savait qu'elle ne s'en tirerait pas. Ses avertissements me revirent à l'esprit : trop de magie comme trop de feu est incontrôlable et meurtrier. Et là, elle avait sciemment utilisé beaucoup trop des deux pour vaincre nos « propriétaires ». Pourtant, calme et heureuse, elle me sourit et me fit le signe que nous partagions pour me dire qu'elle m'aimait, plaçant sa main sur son cœur puis la levant paume vers le mien, une seconde avant de s'embraser comme une torche et de disparaître dans les flammes qu'elle avait elle-même invoquées.
Acculée à la poupe, le dernier coin du navire encore épargné, je hurlais ma douleur en voyant tomber en cendres la personne que j'aimais le plus au monde, la personne qui avait vécu pour moi les dix-huit dernières années et qui avait fini par mourir pour moi dans un ultime sacrifice. Lorsque tout fut fini, j'ai sauté dans l'eau et me suis accrochée à un bout de bois flottant, tandis que le drakkar coulait. J'ai dérivé longtemps, mais perdue dans ma peine, je ne m'en souviens presque pas. L'inéluctable vérité s'imposait à moi. Elle était morte et je ne la reverrai plus jamais. J'ai tellement pleuré, accrochée à cette poutre, que la mer entière fut remplie par mes larmes salées, et que le soleil lui-même disparût pour laisser place à la nuit, respectant le deuil pour Tora Wronsbeck, fille de Hilda. Le monde n'était plus que souffrance et noirceur.
Lorsque j'ai atteint la côte, tout ce qu'avaient vu les habitants, c'était un bateau qui avait pris feu à l'horizon. Comme « mes maîtres » comptaient me vendre une fois arrivée, je n'étais pas encore marquée comme esclave. Pour les villageois, je n'étais donc pas une esclave évadée, mais simplement une passagère chanceuse qui avait survécu à l'incendie de son navire.
Au loin, le soleil se levait.
J'étais libre, et c'était le premier jour de ma nouvelle vie, une vie que je comptais bien vivre à fond, pour honorer le sacrifice de celle qui me l'avait offerte à deux reprises déjà, par le sang et le feu, au prix de la sienne.
Compétences :
• Sens de la magie (E) : Votre personnage est capable de ressentir certaines altérations faites aux vents de magie dans son environnement immédiat : sans précision aucune, il sait que quelque chose ou quelqu'un concentre ou manie de la magie dans un périmètre proche. Ce “sixième sens” se manifeste de différentes manières selon le type de magie et la race du personnage ; certains la sentent -littéralement-, d'autres la perçoivent dans leur esprit, l'associent à un frisson bizarre ou ont l'intime conviction de sa présence, d'autres encore voient leur comportement s'altérer, en lien avec le vent sollicité. C'est au MJ de décider de la manière dont cette présence magique se révèle au personnage. Pour posséder cette compétence, le PJ doit avoir eu dans son passé des éléments solides qui lui permettent de faire le lien entre ses intuitions et l'usage de la magie proprement dit ; faute de quoi, malgré son ultra-sensibilité, il ne prêtera aucune attention à ce “sixième sens” magique et à ses manifestations. De plus, votre personnage peut dorénavant gagner des “Xpm” selon les différentes méthodes de gain d’expérience magique décrites dans la section Magie des règles.
• Incantation - Domaine du Feu (E) : Votre personnage sait utiliser et plier la magie selon sa forme particulière relative au domaine choisit. En terme de règles, il :
- Gagne 7 points dans la caractéristique Magie si il n'en a pas déjà
- Peut effectuer les actions “Incanter” et “Dissiper” sous cette caractéristique Magie
- Peut dépenser des xpM ou des PdC (selon qu'il soit sorcier ou prêtre) pour apprendre des sorts du domaine choisit (et du Domaine Primaire si sa race a accès à ce dernier).
• Réflexes éclairs (B) : Votre personnage est très réactif, il possède des réflexes développés. Il bénéficie d'un bonus de +1 à ses tests d'INI en réaction aux situations de surprise.
• Langue étrangère - Reikspiel (E) : Votre personnage a appris une langue étrangère, lors d'un voyage, etc., (Si c'est à la création de votre personne, la circonstance de son apprentissage doit être développée dans son background). Votre personnage a donc le droit de choisir une seconde langue qu'il sait parler couramment (L'apprentissage de plusieurs langues demande autant de fois l'acquisition de cette compétence). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais certaines fois, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.
• Alphabétisation (E) : Votre personnage est capable de lire et d'écrire les langages utilisant l'alphabet du vieux monde (Bretonnien, Tiléen, Estalien, etc.,) si bien entendu il comprend ce langage (pour cela, il devra posséder la compétence «langue étrangère» pour ce langage. A l'inverse, s'il ne possède que la compétence «langue étrangère» il le comprendra, le parlera mais ne sera ni capable de le lire ni de l'écrire). Dans le RP, pour des raisons purement pratiques on considère que l'occidental est le langage partagé par toutes les races, mais dans certaines situations, le MJ pourra tenir compte de ces différences de langage.
• Esquive (A) : Votre personnage, particulièrement vif et agile, est spécialement entraîné à éviter les coups en combat au corps à corps. Pour faire une esquive, vous devez spécifier, avant la résolution du round, que votre personnage va tenter une esquive. Référez-vous aux règles d’esquive pour connaitre les effets de cette compétence.
Inventaires et biens du personnage:
| Bourse: | 60 sceattas d'argent |
| Inventaire | |||
|---|---|---|---|
| Hache | 1 main ; 16+1D8 dégâts, 9 de parade ; Percutante | Une hache est une arme formée d'une lame de métal attachée à un manche de bois. Elle sert à la fois d'outil et d'arme. |
| | Poignard | 1 main ; 12+1D6 dégâts, 6 de parade ; Rapide. Peut être utilisé comme une arme à distance. | Très discret, idéal comme arme à porter sur soi pour se sentir en sécurité ou pour des actions plus mystérieuses… |
| Haillons | ||
| | Sandales | ||
| | Ceinturon | ||
| | Bourse | ||
| Grimoire | |
|---|---|
| Domaine Primaire | |
| Sorts Mineurs | |
| | Portée : Soi-même ou Contact Durée : 1 heure Effet : Ce sort permet de stopper 1 heure durant la propagation et les effets d'un poison ou d'un venin par apposition des mains sur le corps de l’empoisonné. Le sorcier peut user de ce sort sur sa propre personne. Contrepoison ne peut cependant pas être utilisé sur des morts-vivants ou des démons. |
| | Portée : Contact Durée : 1 heure Effet : Le sorcier, en se concentrant, crée une poche d’air d'un mètre de diamètre autour de lui, et s’isole ainsi du froid comme du chaud. Quelle que soit la température extérieure, il fait toujours 18°C dans sa bulle d’air. Le sort n’est cependant pas efficace face à un froid, une chaleur, ou plus généralement un changement de température d'origine magique. |
| | Portée : Contact Durée : 1 minute Effet : Par un claquement de doigts rapide, le sorcier génère une petite flamme au creux de sa main capable d’allumer une bougie ou d’enflammer un morceau de parchemin, voire même de faire exploser de la poudre noire. Cependant, la chaleur dégagée n’est pas suffisante pour permettre de mettre le feu à des objets plus difficilement inflammables, même constitués de bois, et la flamme n'offre certainement pas assez de lumière pour s'éclairer efficacement. |
| | Portée : Soi-même ou Contact Durée : Jusqu'au réveil Effet : Le sorcier garantit à lui-même ou à une personne de son entourage un sommeil reposant et sans cauchemars. Il faut pour cela lancer le sort sur la personne ciblée juste avant qu'elle s'endorme. Cela garantit un sommeil reposant et réparateur à cette dernière, sans cauchemar ni insomnie. Notez néanmoins que ce n’est pas un sort de sommeil : il est impossible d’endormir une personne contre son gré à l'aide de Repos, et des actions bruyantes ou agitées (cris, alarmes,…) réveillent le dormeur de la même façon qu’une personne non ciblée par le sort. Le sort termine son effet dès que la personne s’éveille (quelle que soit la raison de l’éveil). Repos peut également offrir une protection contre les insomnies ou cauchemars d’origines magiques ou démoniaques en confrontant les degrés de réussite des sorts opposés. |
| Domaine du Feu | |
| Sorts Mineurs | |
| | Portée : 12 mètres Durée : Jusqu'à dissipation où que le sorcier décide d'y mettre fin Effet : Le sorcier sculpte les flammes et leur donne la forme qu'il désire. Cette sculpture doit être de la même taille que la flamme qui en est à l'origine. Un sort susceptible d'impressionner ! Ce sort peut-être combiné avec coloration et tout autre sort de ce domaine pour une personnalisation visuelle impressionnante. Ajoutez simplement le temps d'incantation de Sculpture à celui du sort avec lequel vous le combinez, sans jeter de dés. Evidement vous ne gagner pas non plus d'expérience magique supplémentaire. |
Parcours
Quêtes accomplies
Nom + lien + récompenses obtenues
Classes acquises
Carrière et classe en cours d'apprentissage
Carrière : Voie du Sorcier des Collèges de Magie
Classe actuelle : Apprentie sorcière
Dévotion religieuse
| Dieu | Points de dévotions disponibles | Points de dévotions dépensés |
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