Gordon naquit quelques temps après le couronnement de Karl Franz, dans la ville de Nuln. Il était le fils de Bawern Blysor, alchimiste impérial à Nuln. Son père travaillait dans la confection de nouvelles poudres à canon pour l'arsenal d'artillerie prestigieux que la ville présentait au reste de l'Empire. Sa mère travaillait à la taverne « Alchimistes et fabricants d'Horloges » située sur Lubenstrasse dans le Scwarzerauch District ce qui était plutôt loin de leur demeure au Kaufmann District. Autant son mari, bien vu par les autres ingénieurs, avait pu avoir une promotion et s'acheter un cheval, autant elle devait faire le trajet à pied. La Altgate fermait au crépuscule, et puisqu'elle pouvait travailler tard, elle devait emprunter la Highgate ce qui lui faisait un détour considérable. Elle arrivait très fatiguée de la taverne. Cependant, avoir un travail était pour elle un moyen de ne pas dépendre exclusivement de son mari et ce dernier respectait cette décision. Gordon était fils unique, mais les parents ne le couvraient pas de cadeaux inutiles. Ils n'étaient pas de ces familles à chérir leur enfant et à obéir à ses moindres caprices. Les deux parents avaient des métiers très durs et exigeants, ils voulaient que leur fils soit fort. Avec son précepteur, il étudia les langues et dialectes morts, les mathématiques. IL étudia également l'histoire de l'Empire avec un membre de l'église sigmaritique. Quand il n'étudiait pas, il était avec un de ses parents car les deux adultes travaillaient : son père l'emmenait à la guilde des alchimistes et sa mère à la taverne.
Une des guildes de Nuln était située près de l'université sur Diederstrasse dans le Neuestadt. C'était là que le père emmenait son fils. Gordon avait pu constater que le changement de comportement de la maison était du même ordre que passer de la Serpentine à l'Obsidienne. Bawern ne voulait pas que son fils casse du précieux matériels ou ne touche aux rares matériaux. Gordon comprit que dans son laboratoire, il était dur mais juste. Il n'avait aucun droit dans l'atelier de son père, sauf celui de regarder. Il maniait les doses de produits qu'il disait dangereux. Gordon restait assis sur un tabouret toutes les après-midis pendant que son père parcourait de long en large son laboratoire. Il abaissait des leviers pour faire passer des liquides de différentes couleurs dans une sorte de labyrinthe. Il le laissait regarder les livres de chimie à cause des images des différentes pierres qui y étaient dessinées. Entre une forge et un laboratoire, la salle était clairement divisée en deux avec d'un côté de nombreuses tables avec dessus des sacs, des fioles et des tubes plus ou moins remplis et d'autres accessoires ; de l'autre côté, il y avait des fours en brique, en métal. Il s'équipait de protections en cuir avant faire la moindre chose de ce côté là de la salle. Il observait son père manipuler des produits avec de très longues pinces dans une grande marmite. Dans ces moments là, plusieurs autres ingénieurs l'assistaient. Gordon avait compris que c'était le moment où ils expérimentaient une nouvelle poudre à canon, de nouveaux produits explosifs ou chimiques.
Quand sa mère l'amenait, elle veillait bien à ce qu'il soit près d'elle sur le chemin, en particulier quand ils devaient passer la Altgate en même temps que tous les commerçants, fermiers, habitants et autres citoyens de Nuln. Des mendiants et voleur rôdaient dans les alentours et on ne pouvait être en sécurité qu'au passage de la porte quand les gardes sont au plus grand nombre. Arrivés au lieu dit, sa mère le plaçait derrière le comptoir, car elle ne voulait pas le mêler aux consommateurs, là encore, trop jeune pour se rendre utile. La clientèle était agréable et correcte, mais n'était point à l'abri de gens peu scrupuleux. Il restait face à la salle dans laquelle les clients allaient et venaient. Il demeurait à côté de Ruffus Lavemonpoing, un nain, anciennement ingénieur qui s'était reconverti en tant que tavernier, espérant toujours croiser un autre ingénieur qui lui permettrait de retravailler dans la mécanique. Gordon imitait son père avec les différentes bouteilles et substances qu'il mélangeait avec un semblant de professionnalisme, sous l'oeil avisé de Rufus qui surveillait les liquides qu'il entamait. Il avait payé très cher pour certains alcools, il ne voulait pas qu'ils soient gaspillés dans les mains d'un enfant. Gordon passait le plus clair de sa journée à observer en silence les personnes de la taverne. Il était sage et observateur. Il regardait les manies gestuelles de certaines et les tics de langage des autres. A la fin de la journée, il aidait à ranger les chaises et à nettoyer les tables.
Il grandit dans de bonnes conditions de vie. Il ne manquait de rien puisque les deux parents travaillaient. Bawern faisait bien comprendre à son fils qu'ils étaient dans une situation de privilégiés. La position politique de la famille était sans appel, le père devait tout à l'armée et était fier du système politique actuel. Bien que la vie ait comblé cette famille de tous ses bienfaits, ils ne devaient en aucun cas penser qu'ils étaient supérieurs ou inférieurs aux autres. Le principe de l'alchimie était le cœur névralgique du mode de pensée du père et le fils commençait à comprendre sa logique. « La politique, c'est comme l'alchimie fils, tout état comme tout Etat se transforme sans perdre quoi que ce soit. C'est l'art du compromis ». La famille n'était pas trop religieuse, elle vénérait Sigmar, mais Bawern croyait d'avantage en la science. Gordon quant à lui vouait un petit culte à son paternel.
Ce dernier était parti à Altdorf pour un congrès durant un été, un séminaire d'alchimistes et d'ingénieurs. Il revint quelque temps après la tête pleine de récits et d'idées. Il avait vu Balthasar Gelt. Le récit de cette expérience enchanta Gordon. La mère ne comprenait pas trop tout cet engouement, mais les deux hommes savaient qui il était, le Patriarche suprême des collèges de magie, mais surtout, un grand alchimiste. « Il avait fait une brève introduction pour ouvrir le congrès, il avait son masque doré et tout le monde s'est tu quand il est entré. » L'enfant écoutait son histoire avec attention car il savait que en dehors des murs de la maison, tous ces dires auraient eu autant d'impact qu'un tir de tromblon dans le sable. L'alchimie était ce qui l'attirait le plus. Son père le savait. Il espérait au fond de lui que Gordon choisisse un métier autre que celui d'alchimiste pour de pas bénéficier de facilité dû à son statut, qu'il construise lui même son avenir. En même temps une grande fièreté le parcourut lorsque son fils lui annonça qu'il voudrait être alchimiste.
Quelques temps après et Sigmar sait qu'il en avait, à force de rester tout seul dans son coin pendant que ses parents travaillaient, il annonça à ses parents qu'il souhaiterait entrer au collège doré. Son père l'encouragea à entrer dans la bibliothèque de l'université pour y lire les essais sur l'alchimie et les livres sur les minéraux, ce qu'il fit rapidement, organisant ses journées, suivant les cours à l'université s'il le fallait. « Le zinc est un métal qui se combine avec l'oxygène et qui réagit avec des acides dilués en dégageant de l'hydrogène.» ; « L’or est fait de Mercure et de Soufre combinés sous l’influence du Soleil. » ; « La roche prend des couleurs différentes en fonction de la présence d'oxyde de fer. » ; « La fluorine colore la flamme d'un orange-rouge » ; « La marcassite est composée de sulfure de fer » ; « Antozonite, Pyrite, Dolomite, Jaspe, Orthose, Quartz ». Sa tête allait exploser. Il travailla d'arrache-pied et commença à se faire quelques contacts pour être repéré par un ou deux magiciens de l'ordre doré qui rodaient autour des bâtiments. Il acquis beaucoup de connaissances en peu de temps et son père l'exerça aux travaux pratiques de l'alchimie. Il semblait livrer une course contre le temps, cependant, il comprit plus tard, que cette année, l'entrée dans le collège serait différente du fait qu'il y ait beaucoup d'apprentis potentiels.
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » lui répéta son père. « C'est la base de l'alchimie mon fils, le ABC de cette science, ne l'oublie pas. Beaucoup d'alchimistes pensent qu'ils ont le niveau pour entrer dans l'école parce que l'alchimie n'est pas forcément de la magie. Au cours des deux derniers siècles, l'Ordre Doré en est arrivé à posséder la majorité des écoles et guildes respectées d'alchimie de l'Empire. Ces établissements font office de centres de formation pour les mages en herbe qui ont l'intention de rentrer au Collège. Les apprentis les moins expérimentés y apprennent à extraire des matières premières et purifier les substances chimiques et les corps composés, ainsi qu'à préparer les produits de base comme les colorants, les teintures, les encres, le savon et les colles. Les plus talentueux et accomplis de ces alchimistes ordinaires, ceux qui ne tarderont pas a être acceptes à l'Ordre Doré en tant qu'apprentis, produisent de grandes quantités d'antidotes, de remèdes, et de vins et autres alcools fins, en dehors de leurs études au caractère plus occultes. Toutes ces marchandises, des colorants aux alcools, sont vendues en gros aux commerçants, aux maisons aristocratiques et aux autres organisations importantes qui savent que l'on peut se fier à la qualité de production de l'Ordre Doré.
- Tu penses que j'ai mes chances ?
- Tu ne connais pas la magie, mais tu connais l'alchimie, de son étape primaire qu'est l'identification du minerais à la préparation des éléments. Tu dois travailler ce domaine et les impressionner en t'entrainant dans ce domaine précis. En principe, les sorciers du collège doré choisissent, et recrutent les jeunes apprentis dans les universités et les collèges. Mais au vu du nombre impressionnant de personnes désirant entrer dans ce collège, les sorciers ont préféré tenter cette année l'expérience des examens théoriques et pratiques qui se dérouleraient à Aldorf. Tu devras te tenir prêt car la concurrence sera rude. »
L'examen commençait en Nachgeheim. A cette époque de l'année, les routes étaient très utilisées car les transports de vendanges et des foins en retard se faisaient à ce moment. Ils devaient également penser à la vie sur place car ils n'avaient pas de famille là-bas. Le père pensait qu'il pourrait loger chez un de ses confrères alchimistes, mais l'idée de confier son fils unique à un étranger n'enchanta pas la mère. Gordon convainquit sa famille de le laisser partir seul. A son âge il saurait se débrouiller pour trouver un travail le temps des travaux.
Il partit avec un convoi religieux de Sigmar qui allait vers les abbayes qui entouraient Altdorf. Le voyage se passait bien passé et il en apprit d'avantage sur son dieu dieu tutélaire qu'avec son précepteur en écoutant les histoires de ces hommes. Il n'avait emporté aucun livre, il devait être le plus mobile possible quand il arriverait à Altdorf. Plus il s'approchait de la capitale, plus les hameaux étaient resserrés. Il arriva dans la capitale par l'entrée Sud qui donnait sur un grand boulevard rempli de petits commerces. Au bout de ce boulevard, le temple de Sigmar, un grand bâtiment entouré par des gardes, des prêtres des flagellants et des miséreux. Gordon remonta vers le Nord pour se trouver une place le plus près possible de l'université. Il espérait trouver du temps pour lire avant l'examen, mais en vain. Il dut se battre comme un animal pour trouver une place dans une auberge dans la partie Nord de la ville. Fort heureusement, de par son expérience d'observation au « Alchimistes et fabricants d'Horloges », il prit un travail dans une taverne et put commencer à payer son loyer. Gordon prenait petit à petit ses repères dans Altdorf. Son travail l'empêchait pas mal de réviser alors que la date approchait.
Il arriva à l'université, mais s'orienta assez mal et prit la direction de la bibliothèque. Un garde lui indiqua que la guilde tenue par les alchimistes et magiciens était derrière le bâtiment. Il entra dans la salle, très rougeoyante et fortement éclairée. Il y avait beaucoup de personnes dans la salle, pour la plupart, plus âgés que Gordon. Du fait de son détour, la salle s'était bien remplie et il n'y avait plus beaucoup de places. Il se mit à la droite d'un barbu. Un autre candidat se mit à sa gauche. Il compris son erreur quand les deux personnes ont commencé à écrire, presque simultanément, leur nom sur la feuille : il était entre un droitier et un gaucher. L'épreuve s'annonçait épique pour lui.
Les sujets furent déclarés par un homme au crâne rasé de près, un autre les écrivit lisiblement sur un grand tableau. Gordon les renota sur sa feuille : le premier sujet était : « Commentez la phrase suivante : Sciant artifices alchemiae species metallorum transmutari. ». Gordon connaissait cette phrase, il l'avait lu dans un grand tome sur les limites de l'alchimie. S'il le traduisait correctement, il comprenait « Que les alchimistes sachent qu’ils ne peuvent transmuter les espèces métalliques. ». Sujet plus vaste qu'il en avait l'air, mais qui nécessitait des connaissances dans les autres domaines, pour prouver notamment qu'on pouvait transmuter les plantes ou même les êtres vivants. Le deuxième sujet était tout aussi compliqué « En quoi la transmutation du plomb en or serait-elle ou non irréalisable aussi bien éthiquement que techniquement ? ». Cela incluait des connaissances en économie qu'il n'avait pas non plus. Il espérait que troisième sujet serait plus à sa portée : « Qu'est ce qui différencie un alchimiste d'un magicien du collège doré ? ». Il choisit finalement le deuxième sujet et commença a rédiger son brouillon. Il tenta de structurer son argumentaire sous la forme d'une transmutation dans son écrit. Il y développerait des arguments qui transformerait par la suite pour leur faire dire le contraire.
Après cette épreuve, il profita des jours qui séparaient les deux épreuves pour parcourir la ville. Il visita le Zoo avec sa célèbre volière, les marchés, il passa également devant certains collèges de magie. Il passa également devant un temple de Mórr. Il eut un frisson dans le dos. Il se recueillit un bref instant devant un petit autel pour penser à ses grands parents décédés avant qu'il ne puisse les connaître. L'ambiance était silencieuse et le lieu humide. Il sympathisa avec quelques commerçants et des clients de la taverne dans laquelle il travaillait. Il attendait l'épreuve pratique d'alchimie, son point fort. Il avait besoin de se concentrer. Il revint souvent au temple de Mórr, non pas pour se recueillir, mais pour réfléchir sur les mélanges des éléments et les conseils pratique que lui avait donné son père. Le silence lui permettait de mieux se concentrer sur les démarches à suivre et les mélanger à effectuer. Il revoyait son père mélanger les substances multicolores dans son atelier, il se revoyait, lui, en train de mélanger différents liquides dans la taverne de sa mère.
Là, il ne s'agissait plus de faire le zouave avec les alcools de Ruffus. Il ne mangea rien le matin pour éviter des désagréments pendant l'épreuve. Il savait qu'elle était longue et donc il n'avait pas à quitter la salle au beau milieu d'un processus de transformation. Cette fois-ci il entra dans une grande salle vitrée avec des tables sur lesquels étaient posés divers sacs en vrac. Il pouvait sentir le souffre du seuil de la porte. Chaque candidat se plaça devant une table. Il y avait des bassines, des fioles, des cuillères de différentes tailles, de quoi faire du feu. Une autre table était placée devant toutes celles des candidats. Trois hommes en robes respectivement rouges, grises et noires entrèrent. Le dernier s'adressa aux candidats : « Vous avez huit heures au maximum pour nous fabriquer huit livres de poudre. Vous avez quatre livres de salpètre, un de souffre et un de charbon de bois, vous n'aurez pas de ressources supplémentaire, donc gérez bien vos ingrédients et votre temps. » Gordon connaissait bien la création de la poudre à canon puisqu'il s'agissait du métier de son père. Il ne perdit pas son temps et commença le processus. Plusieurs fois, les maîtres passaient dans les rangs pour inspecter les candidats et se rendre compte des méthodes de chacun. Il faisait chaud dans la salle du fait qu'elle était exposée plein Sud. Gordon suspectait l'homme en rouge d'être un sorcier du collège flamboyant, amené exprès pour augmenter progressivement la température de la pièce, peut être pour habituer les candidats au climat à l'intérieur du collège doré. Gordon travailla avec zèle, ne se souciant pas de l'avancement des autres candidats. Il mit six heures et cinquante minutes pour terminer la fabrication, s'aidant de la lumière du soleil qui traversait la vitre pour faciliter la transformation de certains éléments. Il avait pris un sacré avantage sur les autres prétendants. Il remit le résultat de son travail à l'homme en gris et sortit de la salle. A peine les portes de la salle refermées, il prit sa gourde et but tout ce qu'elle contenait.
Il zigzaguait entre les passants à l'allure d'un ivrogne du fait de sa soif et de sa faim. Il acheta des vol-au-vents pour se rassasier puis reprit le chemin de l'auberge. Dans quelques jours il devrait être fixé sur son sort. Il n'eut pas à attendre autant : le lendemain, il remarqua qu'une enveloppe avait été glissée sous sa porte. Il l'ouvra et eut entre les mains une plaque métallique très fine avec son nom gravé dessus. Au dos figuraient une date et un lieu. Le rendez-vous était fixé. Il revint donc à l'université au crépuscule. Il ne connaissait pas l'objectif de cette épreuve. Il rentra dans une autre salle vitrée. Devant lui, trois hommes étaient assis. Ils semblaient être des sorciers. Le rendez-vous ressemblait en tout point à une sorte d'oral. Ils commencèrent par dresser un bilan de l'expérience pratique. Les trois sorciers étaient satisfaits du résultat de la poudre, mais encore plus satisfaits du temps que Gordon avait pris pour la fabriquer. Le temps moyen de création de huit livres de poudre avoisine au bas mots huit heures et il l'avait réalisé en moins de sept heures. L'entretien continua sur la connaissance de l'alchimie.
« Que pensez-vous qu'il faille comme compétences pour entrer dans le Collège Doré ?
- Je pense qu'il faut connaître l'alchimie, non seulement techniquement, mais aussi dans son principe fondamental et dans son éthique ainsi qu'il en est dans la magie.
- Comme c'est le cas dans tous les Collèges de Magie, chaque apprenti doit étudier et comprendre la théorie de la magie et les lois avant d'être autorisé à apprendre quoi que ce soit sur les sorts et leur incantation. »
Un autre sorcier rajouta :« Vous êtes également dans l'Ordre pour passer de longues heures à comprendre les nombreux dangers de l'occulte et l'histoire de l'Ordre qui accueille l'apprenti. En êtes vous capable ?
- Oui bien sûr.
- Il ne s'agit plus de suivre les expériences de votre père, jeune homme, mais d'alchimie, la véritable alchimie. L'Ordre Doré n'accepte que des apprentis ayant déjà versés dans l'alchimie, la métallurgie ou l'herboristerie, ou les individus qui présentent une affinité exceptionnelle, avec le Vent jaune de magie. Vous n'avez pas d'affinité exceptionnelle avec le Vent jaune. Si vous n'avez pas eu d'expérience avec depuis tout ce temps, vous ne l'apprendrez jamais, jamais. » Gordon paniqua pendant un bref instant.
« Mais on vient aussi dans cette école pour apprendre ce que l'on ne sait pas.
- Oui assurément. Le but d'un apprenti est d'apprendre, mais aussi de comprendre ce que vous récoltez en terme de connaissances. »
Gordon ressortit sonné de la salle. Son esprit était vidé. Il ne pensait à rien. Ce n'est que lorsque la porte se referma qu'il se remit à réfléchir. Il était abasourdi par la phrase du sorcier. La phrase « Vous ne l'apprendrez jamais, jamais » le travaillait. Pourquoi cela ? Pour déstabiliser ? Il se posa la question dans les couloirs.
*Pourquoi a-t-il dit ça ? Sûrement pour me déstabiliser, c'est une technique classique. Non !*
*Ne te fais pas d'illusions, il s'agissait du refus de ton entrée dans le collège doré Gordon.*
*Non ! J'en ai l'étoffe ! Mon père qui me l'a dit, je sais que je peux y arriver tout seul.*
*Il t'a dit ça seulement pour te faire plaisir, en fait il ne souhaitait pas que tu le sois.*
*Où est-ce que j'ai pu me tromper, j'ai dû me tromper quelque part, où ? Où ?*
*Tu t'es trompé dès le début. Rends toi à l'évidence, c'est fini pour toi.*
*Alors je retenterai, encore et encore, je veux être alchimiste, je … *
*Tu crois vraiment qu'il referont ça dans les prochains temps? *
*Non…*
Gordon fut coupé dans ses pensées par le brouhaha de la populace de la rue. Comment savait-il s'il était pris ou non ? Pendant un instant, il pensa ne plus revenir à Nuln car s'il avait échoué, il aurait tellement honte qu'il ne supporterai pas l'idée d'annoncer cela à ses parents. Cependant, étant donné que la première enveloppe lui était arrivé sans qu'il ait donné son adresse à qui que ce soit, il en déduisit que le Collège Doré saurait où le trouver même s'il revenait sur Nuln. Il traversa Altdorf pour l'entrée Sud. Il repartis avec un convois militaire vers sa ville natale. Erntezeit devait être le mois des résultats selon lui. Il rumina son éventuelle défaite jusqu'à ce qu'un coursier dépassa le convoi. Quelques minutes, les troupes commençèrent à accélérer le pas de façon anormale. La nouvelle traversa le cortège comme une trainée de poudre allumée : l'Empire est entré en guerre.
Le voyage se termina très rapidement et Gordon courut chez lui alors que la ville était en pleine effervescence. Il y trouva sa mère, très surprise de le voir revenir si tôt d'Altdorf. Elle lui dit que le chaos était aux portes de l'Empire, mais que cette fois-ci, la menace n'était pas légère. Son père en savait d'avantage de par son statut. On lui avait dit que le gros de la menace venait du Nord et que même les nains des montagnes, des chevaliers de Bretonnie viendraient pour faire front face au Chaos. Son père rentra quelques heures plus tard également surpris de voir Gordon. Il ne lui demanda pas comment s'étaient passé les examens et alla directement au fait. Il disait qu'il devait aller sur le front au fort d'Airain, une forteresse dans les montagnes pour aider les autres ingénieurs sur le terrain.
« Il est temps pour moi de remplir pleinement mon devoir, pour l'Empire, pour vous tous.
- Donc si je comprends bien, tu voulais partir d'ici avant de me revoir ? J'ai l’impression que tu t'enfuis parce que tu as peur que j'ai pu rater mon concours.
- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dis mon fils. Ne commence pas à semer la zizanie ici dès ton retour. Si ça ne tenait qu'à moi, je resterais auprès de vous. Mon absence te permettra de faire tes preuves en tant qu'alchimiste.
- Pardon ?
- J'ai parlé de toi aux ingénieurs qui restent sur Nuln. Notre ville va fournir à tout l'Empire la poudre et les canons qu'il faut. Ils ont besoin de main d'oeuvre pour fabriquer de la poudre en grande quantité.
- Et si je te disais que je ne voulais plus être alchimiste ?
« Ne dis pas de bêtises, tu ne te rends pas compte mon fils de la chance que tu as.
- Pourquoi ?
- Les recruteurs sillonnent les rues mon fils, ils prennent tous les jeunes susceptibles de tenir une épée pour les envoyer vers le Nord de notre Empire. Si tu es volontaire, ce travail te permettrait de ne pas aller te battre car tu seras plus utile dans les guildes que sur le front de toute façon. Que tu ais réussi ton entrée au collège ou non importe peu dans ces circonstances, je ne peux rien y faire. Je suis désolé. »
Gordon bouillonnait intérieurement. Cela importait peu ? Cette entrée était peut être sa seule chance d'être un grand alchimiste. En remerciement, on le mettrait devant un four et une table à faire de la poudre toute la journée. D'un côté, son désir de faire ses preuves l'amenait à accepter la situation actuelle, de l'autre son orgueil et sa fièreté brisée par l'entretien avec les sorciers lui faisaient refuser les circonstances. Bawern lui apporterait un message signe qu'il devra montrer aux équipes de recruteurs pour ne pas être enrôlé dans l'armée car il avait entendu que certains groupes enrôlaient les jeunes par la force, ceux qui n'avait pas un fort caractère ou une bonne répartie. Il partit quelques jours plus tard avec une cohorte de soldats et un ingénieur ami de son père vint le chercher à la maison. Il lui parlait, mais Gordon n'écoutait pas. Pour lui, il s'agissait d'une trahison. Il regardait les recruteurs inspecter les rues à la recherche du moindre jeune à envoyer au front. Ils virent Gordon, mais en remarquant un ingénieur à côté de lui, ils n'osèrent pas s'avancer. Il arriva à la guilde. Les gens s'affairaient dans tous les sens. L'ingénieur l'amena dans le laboratoire de son père.
« Vous serez livré en matières premières pour la poudre tout les matins et toutes les après-midis. A la fin de la journée, tout doit être préparé et prêt à être emballé pour partir. »
Gordon appréciait que l’ingénieur ne se permette pas des familiarités avec lui et qu'il le traite comme un égal. Le vouvoiement lui semblait plus professionnel, plus agréable pour sa personne. On le considérait comme un adulte. Dès la première journée, il comprit la dureté du travail. Il devait produire en grande quantité et en qualité. Il modifia le laboratoire pour que ça soit plus commode, pour qu'il réponde mieux à ses besoins. Les fours et forges tournaient sans répit. Le soir, une autre personne prenait le relais et utilisait le laboratoire pour développer des acides et toute sorte de potions qui puissent par la suite être développés en grandes quantités.
Le matin Gordon devait se lever tôt, en même temps que sa mère. Cette dernière devait se couvrir de la tête au pied depuis l'annonce de la guerre car en général, les rues de Der Halbinsel étaient plutôt larges et propres, mais les cendres des fonderies de l'Industrielplatz qui travaillaient sans cesse avaient tendance à retomber sur ce secteur plus que partout ailleurs, ce qui leur donnaient la couleur des uniformes de Nuln : le noir. La cadence était rude, mais il tenait le coup. Il en avait la volonté. Il se surprit en plein travail à penser au collège doré. Il avait déjà perdu l'assurance d'entrer à l'intérieur. A quoi servait la magie quand la science pouvait faire la même chose ?
*Notre Empire baigne dans la magie, la superstition et est dominée par la science et la politique.*
*Si j'avais le pouvoir, aucune cohabitation entre la science et la religion ne serait envisageable.*
*Tout recommencer à zéro, un nouvel ordre ? Supprimer ces superstitions de l'esprit.*
*La science n'explique pas tous les phénomènes qui nous entourent tel le chaos.*
*Science et religion sont tous deux de l'ordre de la croyance, c'est tout.*
*C'est une affaire de camp à choisir, mais il n'y a pas d'entre-deux.*
Gordon faillit rater sa formule quand le livreur de salpêtre entra dans un grand fracas, il chamboula le travail et l'esprit du jeune homme. Gordon vociféra contre le livreur, plus âgé que lui. L'homme lui fit la remarque qu'il ne devrait pas parler comme ça et Gordon lui rétorqua qu'il était nécessaire pour une personne travaillant la poudre de travailler dans le calme et si il n'était pas à même de lui fournir ce silence qu'il cherchait, Gordon s'arrangerait pour trouver quelqu'un d'autre en vue de lui livrer les marchandises. Il travaillait avec son père, mais avec Gordon, il allait changer d'attitude. Bawern s'était habitué à son attitude grossière, mais Gordon très pris par son travail compliqué ne tolérait pas la moindre bavure. Bien qu'il ait accepté le travail en trainant des pieds au départ, il voulait faire bonne impression pour s'intégrer au sein de la guilde. Gordon supposa qu'il gagnait moins que son père puisqu'il faisait uniquement de la poudre à canon, cependant, il était dans une branche qui n'allait pas subir de crises. Nuln ne semblait pas être la cible des attaques chaotiques, mais plus les mois de guerre passaient, plus la ville s'affirmait comme le poumon qui fournissait le front de toute la poudre et armement disponible.
Avant de revenir à la maison, même s'il rentrait plus tard, Gordon allait régulièrement au temple de Mórr situé au Nord du Neuestadt. Il voulait le faire parce que bien qu'il ne soit pas concerné directement par la guerre, son père était sur le front. Il traversa le porche de pierre, toujours ouvert. Cette ouverture était toujours encadrée de deux piliers, un noir et un blanc, qui reflétaient la double nature de la divinité. Les temples moriens sont souvent souterrains : ce sont des endroits très calmes, d'une remarquable fraîcheur et dotés d'une excellente ventilation ce qui détendait Gordon, après avoir passé toute la journée dans un laboratoire étouffant remplie d'odeurs désagréables. Il se déplaça vers le jardin, rempli de roses noires. Il croisa plusieurs prêtres qui entretenaient ces plantes. Il alla ensuite dans le temple des Augures non loin de là. Celui-ci était rond et coiffé d'un dôme au sommet duquel s'ouvrait un oculus. Gordon circula au milieu du nuage d’encens. Il s’assit en tailleur et leva les yeux vers le plafond.
Il pria pour l'âme des personnes sur le front, qu'elles ne soient pas refusées par Mórr. Il pria aussi pour son père. Cela pouvait sembler étrange de prier pour un vivant dans un lieu pareil, mais Gordon raisonnait autrement. Il priait que le vent de Shyish ne s'en prenne pas à son père. Dans ces temps de crises, même un homme de science devait croire. C'était pour rompre avec les habitudes, mais finalement, la confrontation avec le spiritisme était plus violente qu'il l'avait imaginé. Il s'agissait d'une sorte de purification avant de rentrer chez lui. Son travail occupait tellement son esprit qu'il avait vraiment besoin de ce moment pour se retrouver. L'odeur de souffre et de poudre détruisait son odorat. Les volutes de fumée des forges étaient si fortes qu'il avait cette impression désagréable de ne plus pouvoir sentir quoi que ce soit à la sortie ; tandis que l'encens, même un fort nuage, le reconstruisait. Le travail l'aliénait et ces séances au temple lui faisait rappeler qui il était, il en remercia Mórr pour cela.
Depuis qu'il était venu au temple des Augures, il faisait des rêves étranges la nuit. Un corbeau venait lui picorer l'oeil tandis qu'il faisait des expériences dans le laboratoire de son père. Il ne semblait pas faire attention ni à l'oiseau, ni à la douleur que l'animal lui infligeait. Dans un autre, il imbriquait de petites pièces pour fabriquer au final un crâne humain. Enfin, il restait débout au milieu d'une foule vacante et il s'arrachait la peau du visage, mais dernière son visage apparaissait une autre figure, puis une autre, et une autre. Il s'arrachait plusieurs fois la peau jusqu'à ce qu'il reste plus qu'un crâne. Personne faisait attention à lui, il était comme invisible. Était-ce des visions à soumettre à une quelconque interprétation ? Il ne préféra n'en parler à personne de peur d'y voir de mauvais présages pour son avenir. Il était devenu une personne très renfermée et ne passait aucun temps avec des jeunes de son âge. Il n'a jamais eu de petite amie. L’amour n'entrait pas de son champ de vision, encore moins en ce moment. Les jeunes femmes qu'il voyait étaient les femmes publiques lorsqu'il allaient vers le temple des Augures et le jardin de Mórr. Sa mère avait peur qu'il devienne si aigri qu'il ne soit plus en mesure de communiquer avec personne d'autre.
Au fil des années, son travail le rendit très rude, sérieux, anormalement pour son âge. Il n'avait pas ce recul qu'avait son père lorsqu'il sortait de la guilde et qu'il rejoignait sa famille, il était un autre homme. Gordon était incapable de changer de comportement et le passage par le temple de Mórr s'était presque rendu nécessaire. Il avait tissé un lien particulier entre son travail et son passage au temple, entre l'alchimie et la mort. Il commença à écrire sur les conseils d'un prêtre morien ce qu'il ressentait dans l'alchimie et dans les lieux dédiés à Mórr. Pourquoi s'était-il plus tourné vers Mórr que vers Sigmar ? En regardant ses mains, il voyait déjà celles d'un homme âgé alors qu'il n'était qu'un adolescent. Le travail a miné son physique alors qu'il ne s'y était pas préparé. Mórr avait malgré lui fait prendre conscience à Gordon que son corps vieillissait plus vite qu'il l'aurait imaginé. La vieillesse, cette effet du temps commença à faire travailler Gordon sur une solution pour stopper le processus. Il contacta d'autres chimistes, des spécialistes de la peau. Ces spécialistes ne voyaient pas où il voulait en venir avec ses théories. Il commença à écrire sur un carnet divers pistes à explorer. Le carnet devint un livret et le livret devint un livre relié.
Gordon revint à la maison un soir comme un autre et trouva son père à la table. Il était revenu du fort d'Airain. Il était amputé du bras gauche. Il raconta brièvement l'ambiance et les combats qui s'étaient déroulés dans le Nord, très violents. En fait, il effectuait plus des missions en tant qu'ingénieur qu'en tant que véritable alchimiste. Ils n'avaient pas de laboratoires et il passait son temps derrière l'artillerie à calibrer les machines et à doser les poudres et liquides les plus instables dans les machines. Son fils imaginait tout de suite la cause de la perte de son bras. Il comprenait tout à fait qu'il ne veuille pas s'appesantir dessus. Il regardait Gordon, mais ce dernier partit dans sa chambre pour se coucher. A cause de son père, il n'eut que l'alchimie comme centre d’intérêt. Bawern ne fit pas l'erreur de vouloir dès son retour dénouer le dialogue avec son fils. Cela n'aurait fait qu’aggraver les choses. Le lendemain, le fils partit comme d'habitude vers la guilde. La guerre était loin d'être terminée. Sur les lieux il fut rejoint peu de temps après par son père qui insista pour continuer à travailler. Gordon avait tellement changé le laboratoire qu'il se sentit comme offusqué lorsque son père commença à déplacer des fioles. Il fit tomber un peu de poudre qui restait du soir précédent. Il n'avait plus l'habileté d'antan car son bras gauche lui manquait, l'équilibre de son corps était changé. Gordon surveillait son père du coin de l'oeil. Il travaillait à l'autre bout de la pièce. Son père remarqua la rapidité qu'avait son fils à fabriquer de la poudre, il agissait presque comme un mécanisme d'horlogerie. Dehors, il commençait à chauffer, la journée s'annonçait étouffante.
« Alors Gordon, que s'est-il passé en mon absence ? Tu es distant. » lança le père. Gordon ne s'était pas rendu compte que son père s'était approché. Il ne détourna pas son regard de la mesure de soufre.
« Il ne s'est rien passé, j'ai fait ce qu'il y avait faire, voilà tout. Nous sommes en guerre, il n'y a rien à dire.
- Ta mère et moi, nous nous faisons du soucis. Tu ne vois personne d'autre.
- Je dois travailler, tu ne sais pas combien de kilos de poudre je dois produire par jour, j'ai pas le temps d'aller voleter ailleurs.
- C'est important pour toi mon fils, tu es encore jeune.
- Je ne suis pas jeune ! Regarde moi ! »
Gordon fit volte-face à son père il retroussa pleinement sa manche droite pour laisser entrevoir une peau qui était pas celle d'un jeune homme. Son père se contenta de regarder. Il se rendit compte que Gordon n'était pas prêt pour l'alchimie : son bras était tout à fait normal.
« Regarde mes mains, on dirait les tiennes alors que j'ai moins de la moitié de ton âge. Est-ce qu'un jeune irait travailler dans une guilde pendant des heures pour fabriquer de la poudre ? Non ! Parce que tous les jeunes comme moi sont en train de mourir pour un Empire en train de pourrir ! Des fois j'en viens à penser que j'aurais mieux fait d'agir comme eux et de m'enrôler.
- Ne dis pas ça, ta mère ne l'aurais pas supporté. Tu n'as rien du tout.
- Tu es aveugle, le chaos a dû altérer ton esprit. »
Son père gifla son fils avec la seule main qu'il possédait. Son fils s'empêcha d'émettre la moindre émotion, mais ses poings étaient serrés. L'autorité paternelle lui interdisait de riposter. Il se retourna et continua à travailler.
« Que je ne t'entende plus jamais prononcer ce mot. »
Bawern revint à sa table. Il ne comprenait pas pourquoi son fils réagissait comme ça, avec une telle agressivité. Gordon esquissa un sourire. Il se retourna une nouvelle fois.
« De toute façon, j'ai trouvé un autre guide que Sigmar pour mener ma vie. »
Bawern lâcha la fiole de vitriole. Bawern tourna la tête, les yeux grand ouvert. Gordon afficha un sourire malicieux. Le père eut le temps d'ouvrir la bouche quand la table explosa envoyant des gerbes de feu dans le laboratoire. Bawern fut projeté contre une armoire. Gordon réagit aussitôt en poussant le plus loin possible les ingrédients de la poudre qui étaient à proximité du feu grandissant. Il ne pouvait rien faire pour son père. Il alla dans la bibliothèque pour chercher son précieux livre de recherche qu'il était en train d'écrire. Il poussa une étagère sur laquelle il marcha pour atteindre la sortie. Des soldats et un ingénieur arrivèrent sur les lieux. Et descendirent chercher le l'eau. Son cœur battait à tout rompre. Il regarda encore la pièce et l'endroit où son père résidait, entouré par les flammes, une dernière fois. Il descendait les escalier à la hâte, son livre sous la bras, les larmes aux yeux. Il ne pensait à rien, mais les larmes lui venaient. Il arriva dans la cour. Les gens s'affairaient dans tous les sens tandis que de la fumée sortait de la tour. Il se dépêcha de quitter les lieux. Il courra dans la rue, le soleil au zénith tapait sur sur sa tête et sa nuque dégagée. Il se réfugia chez lui et s'allongea sur la table. Le soir, il annonça la nouvelle à sa mère, mais il évita soigneusement de dire qu'il était mort. Il dit à sa mère qu'il avait été zélé dans son travail alors que la pièce renfermait beaucoup de produit dangereux. Elle n'aurait pas dû le laisser partir de la maison. Gordon passa plusieurs jours isolé pour comprendre ce qu'il s'était passé. L'alchimie lui a fait rencontrer que des malheurs et Mórr lui a montré les faiblesse de son propre corps.
Il était dans un moment de détresse. Il ne savait pas quoi faire ni vers qui se tourner. Que s'était-il passé. Dans un moment de panique, Gordon préféra se sauver, lui et ses recherche plutôt que sauver son paternel. Il s’essuya le front. Il revint prier au temple de Mórr plus souvent encore. Son père lui avait volé une partie de ses plus belles années. Il devait les récupérer, mais l'heure était au recueillement. Il pria pour l'âme de son père, un bruit vint déranger sa concentration. Il voyait un homme, sans doute un paysan qui zézayer en s'adressant probablement à l'esprit de sa femme.
*Arrête de zozoter espèce de porc, où je t'arrache le cœur*
*Comment oses tu te comporter ainsi dans ce lieu*
*A qui la faute, si je ne l'avais pas distrait*
*Ton père serait sans doute encore là* *Il ne l'est plus, c'est ma faute*
*L'as tu dit à ta mère ?*
*Non, pas encore*
*Tu devrais*
*Je sais*
*Oui*
O Mórr, Toi qui règne sur le Royaume d'en bas
Sur les caveaux d'insondable mystère
Où l'horizon morne et plombé s'étire
O Mórr, Toi qui surveille l'esprit des défunts
Quand le temps s'arrête
Et que la pénombre se fait nuit
Seigneur de la Mort qui demeure en toute chose
Seigneur des Rêves
Roi du calme et du silence
Humblement, nous te mandons de recevoir et d'accueillir,
De conduire en ton Royaume, éternellement, Blysor Bawern
Vois venir à Toi ce défunt
Ouvres tes portes,
Qu'un rai de lumière jaillisse !
Nous entendons ton pas lourd et mesuré
Nous entendons ton pas pour l'accompagner !
O Mórr, nous t'adressons d'ici
Notre reconnaissance infinie
D'avoir recueilli en ton Royaume, à jamais,
Blysor Bawern
Qu'il en soit ainsi !
Une vague apaisante le traversa. Une personne encapuchonnée entra dans le bâtiment. Gordon ne le remarqua pas. Le vent de Shyish tournait autour du jeune homme. Ils ne devaient pas tenir un être humain trop longtemps sinon l'esprit risquerait de sombrer dans la dépression et le suicide. On disait que Shyish était engendré par la prise de conscience de l'éphémère de la vie, des réminiscences du temps passé, de la résignation des mortels à vivre le jour présent et à se languir des temps à venir. L'homme regarda Gordon, puis il prit un sablier qui pendant au niveau de sa jambe gauche. Il vit que le sable coulait de plus en plus rapidement. Gordon sentit des courants froids dans son corps. Il eut un léger vertige, mais il continua de prier.
*Que puis-je bien faire dans ma situation actuelle ? Je suis seul encore une fois.*
*Ta vie est réduite à de l'errance dans un monde incompris, tu as perdu.*
*Ma seule chance serait d'échapper à tout ceci, de m'ôter la vie*
*C'est la seule alternative et tu ne l'auras pas volé*
*J'ai tué mon père, je mérite de mourir*
*Tu dois le faire et tu vas le faire*
*Absolument, je vais le faire !*
*Il ne faut pas tenter Mórr et le vent de Shyish à l'âge que vous avez. Le suicide comme toute autre idée noir n'aidera pas l'Empire dans ce temps de crises.*
L'homme encapuchonné frappa un coup sur le sol de son sceptre ce qui réveilla Gordon de sa torpeur. Il se retourna et vit un homme au crâne rasé devant lui. Il tenait une faux dans sa main droite, apparemment extrêmement tranchante. L'homme le regardait droit dans les yeux et Gordon le regarda également par provocation mais finit par détourner légèrement le regard. Il entendit une voix dans sa tête, la même que celle qui avait interrompu ses pensées. Elle répétait son nom.
*Gordon Blysor*
« Vous savez comment je m'appelle ? Vous êtes un espèce de voyant ou quelque chose comme ça ? » Il enleva une partie de son drap pour dévoiler une toge violette. Avec son apparition partirent le paysan et les autres personne endeuillées. Gordon tint bon face à lui. Son visage creusé laissaient paraître la dureté des vœux prononcés du domaine d'où il venait. Il portait une protection de cuir tout autour du cou, des armatures sur les bras, il semblait revenir d'une bataille. Il fit un signe aux prêtres qui partirent. Ils étaient désormais seuls dans la salle. Gordon remarqua qu'à sa ceinture pendaient des os humains blanchis qui rappelaient à Gordon la nature passagère de la vie. L'humain est né des os mourants et de ses propres os renaitrons les suivants. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Il était face à un sorcier du domaine de la mort.
« Shyish est la plus mystérieuse et terrifiante de toutes les formes saines de magie, les projections et les craintes métaphysiques devant l'inconnu et l'effroi de tous les êtres conscients face à la mort. »
Son interlocuteur ne semblait pas comprendre, mais cela ne déstabilisa pas le sorcier. Il jeta un coup d'oeil sur son sablier qui avait repris son débit normal d'écoulement.
« Je suis Reinhold Whellmeyer, je suis là pour te parler. Je t'ai souvent observé quand tu étais ici. »
Gordon voulait intervenir, mais une voix dans sa tête le sommait de se taire. Il était presque sûr que c'était l'être devant lui qui était capable de parler en même temps par la voie orale, mais en communiquant également avec son esprit.
« Il m'est apparu une évidence, bien que tu ais échoué au collège doré, que tu ais perdu un proche, tu possèdes en toi des capacités qui ne te fermeront pas les portes de tous les collèges.
- Tout cela n'a plus d'importance, ma seule alternative est de mourir.
- Je connais quelqu'un qui a dit la mort nous sourit à tous, alors tout ce que nous pouvons faire, c'est sourire à la mort.
- Vous croyez que j'ai peur ?
- Je crois que tu as eu peur toute ta vie, jeune enfant. Tu es un être qui essaie de trouver son chemin, mais ton esprit est perdu.
- Pourquoi pensez vous que je suis perdu ?
- C'est par choix qu'un enfant tel que toi se trouve ici. Ton but est d'explorer les limites de la vie et de la mort mais quelle qu'est été ton intention initiale, cela n'a pu que t'amener à ta perte.
- Et quel voie votre … collège me propose t-il ?
- La voie du repos du mort et le deuil de la vie. »
Le jeune homme conversa un long moment avec le sorcier.
Ils se dirigèrent vers sa maison dans le quartier Kaufmann. Les habitants reculaient à la vu sorcier car les membres du collèges d’Améthyste étaient mal perçus, voire craints par le vent de la mort qu'ils côtoyaient. Ils entrèrent dans sa maison et de suite, le sorcier sentit la présence de l'esprit de son père. Gordon n'y prêta pas attention, tout e qu'il voulait c'était qu'il ne dérange pas sa mère déjà bien affectée par sa mort. Etant donné qu'ils étaient dans la ville de Nuln, et que le collège est à Aldorf, le magister conclut un pacte avec l'enfant. Ils allaient partir à pied de Nuln; s'il arrivait à tirer quelque chose de lui avant qu'ils n'arrivent à Aldorf, Reinhold ferait de lui son apprenti et il serait admis dans le Collège d'Amethyste. Gordon voulait quitter Nuln car elle renfermait la mort de son père. Il écrivit un message pour sa mère. Il ne souhaitait pas qu'elle s'inquiète de son absence. En même temps, elle serait d'accord avec lui s'il partait car il avait l'âge de faire ce qu'il voulait. Il laissa le mot sur la table, puis il partit avec le sorcier.
Ils premières heures de marche furent silencieuses, ils ne dirent pas un mot. Ce n'est que lors des exercices de concentrations ou près du feu le soir que le sorcier lâchait quelques mots. Les sorciers de la mort n'étaient à priori pas volubiles du tout. Reinhold marchait en premier, Gordon en second. Ils ne prirent pas les grands chemins de commerce, Reinhold aurait créé un malaise auprès des voyageurs s'il marchait à côté d'eux. Partout où passe un sorcier Amethyste, le vent Shyish n'est jamais très loin. Ils empruntèrent alors les petites routes à travers la forêt. Le voyage se passait bien. Les seules fois où ils eurent des problèmes avec des pilleurs ou des créatures du chaos, Reinhold les firent vite déguerpir. Un jour, ils surprirent des loups en train d'attaquer un chasseur. A la vue du sorcier, ils prirent peur et s'enfuirent, laissant le chasseur à l'agonie.
« Il peut encore être sauvé !
- Non c'est trop tard. Mets toi en face du corps. »
Reinhold se mit face à Gordon. Il se mit à genoux, et plaça sa faux perpendiculaire au corps, la lame au dessus de la blessure à l'abdomen. Il marmonna quelques mots mystique que Gordon ne comprenait pas et ferma les yeux. Il comprit qu'il devait essayer de sentir le vent de la mort sortir du corps du malheureux. Il se mit dans la même position et se concentra. Il ne sentit rien du tout. Tout au long du voyage, Reinhold constata que Gordon était particulièrement efficace pour la préparation de la moindre potion, du fait de son passé d'alchimiste, froid, méthodique, hygiénique. Au coin du feu un soir, Reinhold commença une conversation que Gordon trouvait complètement déplacé, à propos de son père. L'un insistait pour en savoir d'avantage et l'autre en fit de même pour arrêter la conversation.
« Tu te sens encore responsable de la mort de ton père ?
- C'est la colère qui me domine aujourd’hui.
- Tu as appris à exprimer ta colère et tes sentiments, je vais t'apprendre à la comprimer et à enfouir ta culpabilité sous un masque. Je connais la rage qui te pousse, cette insupportable colère qui te pousse, cette insupportable colère et étouffe le chagrin au pt que le souvenir de l'être aimé n'est plus qu'un poison dans tes veines et un jour tu te surprends à souhaiter que la personne aimée n'ait jamais existé … pour être libéré de ta peine. »
Gordon regarda son instructeur avec un brin de surprise.
« Je n'ai pas toujours vécu comme cela. J'ai été marié, l'amour de ma vie et … elle m'a été enlevée et comme toi j'ai été forcé d'apprendre que certains sont dénués de moralité, il faut les combattre, sans hésitation, sans pitié. Ta colère décuple ta puissance, mais si tu la laisses s'étendre, elle va te détruire. »
L'alchimiste commença à comprendre les enjeux de ce vent. Shyish était le plus souvent décrit comme la marionnette du passage du temps. Il souffle depuis le passé, puisqu'il est terminé et n'existe plus, par le présent, car la fin et l'attente de la mort font partie intégrante du cours de la vie, vers l'avenir, car le futur mène inévitablement vers la conclusion, vers la mort. Il a pu le constater quand Reinhold fut mobilisé pour prendre contact avec l'esprit d'un fils perdu chez une famille aisée. Le fils était mort il y a plusieurs mois, mais l'esprit encore dans le salon. Il crut même l'avoir aperçu et Reinhold lui expliqua que sa sensibilité commençait à peine à lui laisser entrevoir le monde des esprit et des morts. Le sorcier fut le réceptacle de l'esprit du fils perdu, puis il se volatilisa, et le vent se dissipa.
Ils commencèrent à travailler sur des sorts de bases. Etant donné que Gordon était un ancien alchimiste, Reinhold trouvait normal qu'il apprenne à faire du feu par la magie. Il savait pertinemment que même s'il se révélait être un apprentis attentif dans l'art de percevoir et de comprendre le vent de la mort, il resterait également un alchimiste. Tout était une affaire de concentration : d'abord une irritation, pour la démangeaison devient brulure, puis fumée, puis flamme. Il appris aussi à trouver un objet issu d'un métal marqué par ses soins n'importe où dans la nature, Reinhold commença pour la pièce de monnaie dans une des mains et termina par une lame dans un pré. Ils arrivèrent aux portes d'Altorf. Il y avait beaucoup d'agitations et de mouvements de troupes.
« Tu as beaucoup appris pour comprendre la mentalité de la mort, mais la mort n'est pas compliquée et ce qui te fait peur se cache en toi. Tu as fait beaucoup d'efforts et je pense que tu peux continuer à suivre la voie de Shyish. »
Ils passèrent devant le collège du domaine du feu, une véritable fournaise, un volcan pensa Gordon. Ils empruntèrent de petites rues étroites et désertes qui contrastaient avec les grandes artères peuplées et bruyantes. Ils traversèrent le grand cimetière d'Aldorf, le collège se situait juste derrière, position idéale pour ceux qui étudient le domaine de la mort. Ils arrivèrent devant un portail, devant eux une grande bâtisse, comparable à une vieille église, construite en pierre noire. Le portail était ouvert, mais qui aurait voulu entrer dans une bâtisse aussi angoissante. Le sorcier lui indiqua qu'il fallait d'abord attendre dehors pour entrer dans le collège. Si l'on entrait dans le collège sans prévenir, on risquerait de ne pas en sortir. Il fit sonne une cloche qui résonna comme une cloche funèbre. Une silhouette se dessina dans la brume du jardin environnent. C'était l'intendant du collège, habillé de la même façon que Reinhold. Reinhold le regarda et l'intendant repartit dans le sens opposé, Gordon en conclut qu'ils avaient échangé les informations. Ils attendaient. Peu de temps après, deux autres individus vinrent chercher Gordon et l'emmenèrent en laissant Reinhold au portail. De nombreuses gargouilles méditaient sous les avant-toits du collège. De nombreuses tours effilées se dressaient au-dessus de la base du bâtiment, se terminant chacune par une flèche très pointue. Gordon n'eut pas le temps d'admirer, il devait respecter le rythme de la marche des personnes qui l'escortait.
A l'intérieur, cette sensation d'église confirma la sensation de Gordon, l'air était sec, le lieu poussiéreux et inhabité. Il sentit comme une odeur de myrrhe. C'était comme la sensation que tout ce qui existait en dehors des murs n'existait plus. Pour ce qu'il voyait, les couloirs étaient sombres, chargés de rideaux noirs. Il ne vit presque personne, une ou deux silhouettes encapuchonnées. On lui ouvrit une pièce et on la referma derrière lui. La pièce n'était éclairée que par une seule bougie placée au milieu sur un tabouret. Grodon soupçonna un piège, une sorte d’épreuve pour savoir s'il avait envi de se mettre à la lumière de la bougie ou de rester dans l'ombre. Etant dans le collège il s'attendait à ce qu'un sorcier apparaisse. Si ça trouvait, il était déjà dans la pièce et lisait ses pensées. Dans un silence de mort, il longea la pièce en touchant les murs de pierre froids.
*Qu'attendez vous de moi ? Membres du collège Amethyste ?*
*Dites nous Gordon Blyzor, de quoi avez vous peur ?*
*Vous croyez que j'ai peur à cause de l'obscurité ?*
*La mort te fait-elle peur jeune apprenti ?*
*La vie vous fait-elle peur, sorcier ?*
A ces morts, la pièce devint totalement noir et Gordon ne sentit plus les murs autour de lui. L'air était froid. La pièce semblait plus grande. Il avança à tâton les mains devant lui. L'air était tellement froid qu'il était impossible de faire du feu avec ses mains. Il devait se concentrer pour trouver le vent Shyish à déjouer ce mystère. Il ferma les yeux ce qui revenait au même que s'il les avait ouvert. Il ne marchait plus il flottait. Peut être était-il toujours dans la pièce, seulement entouré par Shyish. De par l'enseignement de Reinhold Whellmeyer, il savait que ce vent réagissait quand la vie s'échappait d'un corps Il se mordit le bras assez fort pour que le sang puisse s'échapper. Le vent, réactif, enveloppa sous de vagues teintes violettes les gouttes. Devait-il se vider de son sang pour faire disparaître le vent ? Finalement il se dissipa. La pièce était de nouveau là, Gordon avait vu juste. Il était entouré par trois sorciers. Ils lui expliquèrent qu'il avait vu juste quant au raisonnement. Ceci constituait un des ombreux rites d'apprentissages du collège, celui-ci était appelé « La salle noire ». Il appris plus tard que chaque étudiant avait à affronter une épreuve spéciale.
Très vite, on le conduit dans une autre salle où on le rasa de près. Il n'avait plus un seul cheveux sur la tête. Gordon comprit la situation de privilégié dans laquelle il se trouvait car il n'y avait que peu d'apprenti désigné pour apprendre la magie pourpre. On lui dicta les règles de conduite. Qui était le patriarche du collège, les hiérarchies, les interdits. D'autres épreuves tout aussi compliquées attendaient le jeune homme. Le Collège s'efforçait d'instiller à ses apprentis l'idée que rejoindre l'Ordre était, comme la mort elle-même, un abandon de la vie telle qu'on la connaissait et que l'on devait l'oublier. Il devait se vouer à Mórr et à Shyish. On lui montra ses appartements car l’apprenti ne pouvait sortir du collège sans son maître. Il se devait d'avoir un pied-à-terre. Sa chambre avait un plafond haut, les meubles lourds et sombres étaient laissés à l'abandon, emballés par des toiles d’araignées absentes de leur œuvre. Il organisa sa chambre. Les nuits étaient froides et la vermine grouillait dans les couloirs et les escaliers de pierre. Les repas n'était pas pour rassasier mais forger un corps capable d'attirer Shyish par sa faiblesse pour canaliser son énergie plus vite.
Gordon eut du mal avec la magie, repérer le vent était moins dur qu'au départ, mais le canaliser pour créer quelque chose était plus dur. Reinhold le força à aller régulièrement dans les chambres de contemplation pour se concentrer et mieux déceler le vent de la Mort car le premier soucis d'un apprenti consistait à parfaire sa capacité de perception, puis d'appréhension, des Vents de Magie. Les méthodes d'enseignement étaient adaptées à chaque apprenti du fait de leur nombre réduit. Quand il ne suivait pas les cours, il servait directement son mentor ou se penchait avec lui sur quelque sort ou formule. Il étudiait dans une des immenses bibliothèque du Collège ou nettoyait et préparait des ingrédients. L'alchimie l'avait bien formé et ses épreuves lui étaient plus évidente que pour les autres apprentis. La discipline était absolue et la loyauté exigée était inculquée par les Ordres. Il s'essaya à toute sorte de sort de la magie commune et primaire. Le sort de détection et de télékinésie étaient ses préférés. Il ne s'agissait pas de préférer tel ou tel sort, mais de savoir l'utiliser au bon moment, et de façon utile. D'une simple feuille vierge, il finit, à faire s'élever une épée. Reinhold lui expliqua qu'il ne suffisdait pas de la faire flotter dans les air, mais de pouvoir s'en servir pour l'envoyer sur son adversaire, se battre avec ou désarçonner son ennemi.
Certaines fois, il ne voyais même pas son interlocuteur, il entendait une voix dans son esprit lui dictant où aller et que faire. Cela était assez troublant au départ car il ne pouvait pas avoir de moment intime avec lui-même. Le mutisme était une des lois à respecter dans le collège. Pour un ancien alchimiste, ça ne le dérangeait pas tant que ça, mais ne pas pouvoir regarder son interlocuteur en face tout en déambulant dans des couloirs vides lui donnait des frissons. Cela donnait l'impression que le Collège était abandonné depuis des siècles. La solitude était de coutume. Forcer la solitude rendait l'être humain plus amer, plus aigri, plus attentif car aucune distraction n'était visible. Il constata qu'il n'y avait pas beaucoup de sorciers, la plupart devaient être sur le front à combattre les troupes chaotiques. Durant ses études, il constata une sorte de creux concernant les maîtres enseignant la magie. Pour eux, aucun projet ou événement n'était à initier si ce n'était pour apporter une conclusion. Le dernier mot leur revenait en quelque sorte toujours. Ils n'attendaient rien de la vie et ne devaient donc être déçus par ce qu'elle leur réserve. Ces principes échappaient un peu à Gordon. Il sont totalement dénués d'ambitions alors que Gordon avaient un projet en tête. Sans doute n'était-il pas le premier apprenti à penser comme ce genre de choses.
Aussi, Gordon commença enfin son travail, il ouvrit son livre qu'il avait commencé en tant qu'alchimiste. Les heures où n'était pas avec son maître, il écrivait dans son livre ses découvertes. Dès qu'un homme arrivait à pleine maturité et qu'il avait dépassé sa phase de croissance pour rentrer dans celle du vieillissement, on racontait que les magisters de Shyish seraient capables de percevoir directement sa lente agonie et de la quantifier, tandis que la mort s'emparait de lui petit à petit, jour après jour, heure près heure, seconde après seconde. Ils seraient ainsi en mesure de voir la fin prochaine de tout ce qui vit. Il se souvint des paroles d'un masseur qu'il avait rencontré : « Ce qui succédait à l'âge mûr ne pouvait être que l'âge pourri. » Donc selon lui, lorsqu’on atteignait un certain âge, notre corps commencerait à se détériorer. Son but était de pourvoir inverser le processus, voire de le stopper. Il en parla à son maître. « On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années : on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l'âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort. Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille. Il demande, comme l'enfant insatiable : Et après ? Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie. Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous-même. Aussi jeune que l'espoir propre au sens. Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini. » Il ne répondait pas à ses interrogations, Reinhold se cachait derrières des formulations pompeuses et habiles, Gordon n'était pas dupe. Il avait appris dans un livre à la bibliothèque qu'il existait un sort capable de faire vieillir un être vivant, animal ou végétal. Le sorcier comprit que ce sort l'intéressait, et qu'il était impossible de le faire changer d'avis. Il appris donc le sort. Il se concentra, son maître l'observait, il fixait son bras et devint légèrement plus blanche, des rides de formait lentement. Il regarda son visage à travers un fragment de miroir, aucun changement. Il réessaya plusieurs fois, des fois avec, des fois sans son maître quand ce dernier jugea qu'il pouvait le faire sans sa présence.
Il continua de consulter des livres. Il retrouvait en général la description des même symptômes qu'il avait pu constater durant sa propre expérience, rides, cheveux blancs et perte des cheveux. A un âge avancé, les signes de faiblesse physiques tendaient à se développer. Entre ces deux âges apparaissent souvent l'arthrite, l'arthrose, les rhumatismes, qui faisaient perdre de leur grâce à la démarche et aux gestes et rendaient aussi la vie quotidienne moins commode. Il n'avait pas encore pu constater ces phénomène parce que le sort n'était pas encore assez puissant, mais il ne désespérait pas. Il avait déjà fait des progrès. Il avait également découvert que la vieillesse engendrait des troubles mentaux. Quand une personne devenait âgée, la zone temporelle où elle se projetait devenait plus centrée sur le présent, et elle devenait principalement préoccupée par sa sécurité et sa survie. On disait souvent maladroitement, qu'elle “retombait en enfance”. La part de vérité de cette formulation est qu'elle a plus que jamais depuis l'enfance besoin d'affection et de réconfort. Quand on n'arrive plus à accomplir certains actes de la vie courante, rien n'est plus réconfortant que la présence des êtres chers même si la personne malade ne semble pas reconnaître ses proches. Cette dégénérescence mentale était créée par un affaiblissement des fonction physiques dû à l'âge. S'il arrivait à court-circuiter le processus. Les gens resterait indéfiniment et en bonne santé. L'alchimie pourrait permettre cela au de-là des légendes sur la pierre philosophales auxquels Gordon ne croyait guère. Il devait trouver un lien entre l'alchimie et la mort. Ses premiers axes furent la régénération d'un corps blessé. Il observait des peaux de trolls et observa la régénération des cellules animales suite à la disparition de l'effet du sort de vieillissement. Rien ne s'ajoute, rien ne se perd, tout se transforme. Si nous partons de ce principe, et du fait qu'un corps vieillissant perd en qualité physiques et intellectuelles, alors qu'est ce qui est ajouté ? En quoi ce que l'on perd se transforme-t-il ? La question d'un échange équivalent travaillait l'esprit de Gordon. Il cntinua sur cette notion d’affaiblissement en commençant par le vampirisme. Il prit contact avec un chasseur sur Altdorf qui lui procurerait des chauve souris vivantes pour ses recherches. Il avait toute sorte d'animaux dans des vivariums. Il procéda à des vivisections d'animaux qui avaient subi le sort « Poids de l'âge » pour trouver des solutions. Il étudia le processus de régénération des plantes. Il commençait à être surveiller par des magisters.
En explorant la fameuse bibliothèque du collège, Gordon découvrit l'ouvrage de Théodore Wirheimer Macrotus. Ses connaissances en langues mortes furent mises à rude épreuve pour traduire ces écrits. Son auteur était ingénieur, alchimiste et sorcier. Il disparut en 1998 après avoir laissé ce livre comme une sorte de testament scientifique et magique. La théorie de Macrotus reposait sur l'unité du principe de la « matière », qui ne possède en elle-même aucune propriété physique spécifique, mais à laquelle peuvent être imprimées différentes formes, dont celles de la forme usée, ou vieillie. Il n'entendait pas seulement les concours concrets, mais toutes les propriétés physiques et chimiques caractéristiques d'un corps ou d'une substance ; propriétés qui peuvent se résumer à quatre caractères essentiels : l'humidité, la sécheresse, le chaud et le froid. Ces caractères primordiaux sont incarnés par les quatre éléments, le feu (qui est chaud et sec), l'air (qui est chaud et humide comme la vapeur), l'eau (froid et humide) et la terre (froide et sèche). A partir de cette conception du monde sensible, on arrive logiquement à l'idée que chaque substance spécifique résulte de la combinaison des quatre éléments de base, dans des proportions variables. Gordon demanda à son mentor pourquoi ce livre, relevant de l'alchimie se trouvait dans la bibliothèque du collège Améthyste. Il ne lui répondit pas. Gordon continua à lire le livre. Un sorcier, plus avancé que son mentor au vue de accoutrement qu'il portait referma le livre en pleine lecture.
« Ce livre n'est pas pour toi apprenti. Son auteur a tué beaucoup d'hommes et de femmes pour vérifier ses théories. N'emprunte pas le même chemin que lui. » Gordon continua à lire en cachette. Ces nouvelles pistes lui donnèrent de nouvelles idées. Il lut un soir l'exemple du corps au bucher : « Le corps humain placé dans le feu : sous l'effet de la chaleur, on voit tout d'abord se condenser à la surface de la peau de fines gouttelettes d'eau qui ne tardent pas à se transformer en vapeur. ? Puis la peau se consume, elle se consume en donnant donc apparemment naissance aux flammes, enfin à la fin de la combustion, il restera des cendres, c'est à dire de la « terre ». A partir de là, on peut donc aisément imaginer la transformation d'une substance en une autre : il suffit de modifier par addition ou soustraction les proportions des différents éléments »
Il devint très renfermé sur ses recherches tel un ermite. Personne n'allait à l'encontre de son projet. Plus il avançait dans le cycle, plus sa peau devenait blanchâtre. Un repas par jour lui suffisait désormais. Le phénomène de télépathie lui devenait familier. Son travail avançait, mais malgré les test sur des animaux et sur lui-même, il n'arrivait pas à changer quoique ce soit au processus. Sa chambre ressemblait plus à un laboratoire d'alchimiste qu'à une chambre d'un apprenti Amethyste. Un jour en début de soirée, il fut convoqué par un magister. Il entra dans une pièce tissée de toiles d’araignées. Il avait entendu parlé de cette pièce. Elle habitait un sorcier du collège extrêmement âgé, Alfucius Haulrecker. On disait qu'il ne se nourrissait que d'araignées depuis des dizaines d'années. Gordon eut le réflexe instantané de regarder au plafond pour voir s'il n'était pas collé sur une toiles comme ces arachnides. Un homme drapé se tenait à l'envers dans la pénombre. Il y eut un silence dans la salle avant que la conversation ne commença.
*Approche mon enfant*
*Pourquoi m'avez-vous fait demandé ?*
*La mort est comme un bateau qui charge des matelots, qui met les voiles vers une destination sans retour et sans jamais l’atteindre, il vogue et amasse de plus en plus de marins et ne revient jamais. Votre tentative désespérée pour inverser le cours du temps est vain.*
*Qu'est ce qui dérange avec mon projet.*
*Votre envie de découvrir la mort en est-elle au point de vous donner vous même à elle ?*
Il lui fit comprendre que la frontière entre son travail et la nécromancie s’amenuisait au fur et à mesure qu'il avait dans sa recherche. Les nécromanciens sont les ennemis jurés de Mórr: ils pillent son royaume, violent son domaine protégé pour leur propre profit et défient son autorité. Les Mórriens pensaient également que les morts-vivants n'étaient pas sous la protection de Mórr et qu'ils étaient donc vulnérables aux perversions des Dieux Sombres. Le jeune apprenti sortir de la pièce un peu déboussolé. On ne lui avait pas interdit de continuer, on lui avait laissé le choix de poursuivre ou de procéder à un virage. Reinhold Whellmeyer l'attendait à la sortie, le regard caché sous son capuchon. Il était du même avis que Haulrecker. Gordon ne pouvait continuer sans se frotter de près à la nécromancie, domaine haï par l'Ordre Amethyste. Devait-il abandonner toute sa recherche ? Sur ces mots, Gordon ne trouva le réconfort qu'auprès de Mórr. Un temple était à proximité. Il partit seul du collège pour s'y rendre. Il faisait nuit dehors, il n'avait plus l'habitude de respirer l'air extérieure, plus raffinée que dans le collège malgré les odeurs des usines et des rues.
Il arriva au temple, occupé comme à son habitude, par une ou deux familles. Il se plaça devant une statue et pria, son précieux livre de notes où toutes ses recherches et son étude de la mort étaient inscrits. Que devait-il faire ? Se conformer ? Se serait la marche à suivre la plus évidente, mais il refusait d'autre part de suivre aussi facilement le groupe. Les autres apprentis suivaient les conseils de leurs mentors parce qu'ils avaient plus peur qu'autre chose. Il suivait les conseils du sien parce que c'était bon pour lui. Il sentit une odeur putride fouetter son odorat. Une personne malodorantes était entrée dans le lieu. L'odeur devenait de plus en plus forte. Gordon, les yeux fermés, sentait la présence d'individu à côté de lui. Quand la personne commença à parler, Gordon fut presque mal à l'aise car il n'avait plus l'habitude de parler avec sa bouche, la télépathie était devenue son seul mode de communication. La voix était étouffée et faiblarde.
« Bonssssoir.
- Bonsoir.
- Un temps à sssséance hein ?
- Venez-en au fait et allez-vous en, je ne suis pas venu en ces lieux pour bavarder.
- Direct avec çççça, il va apprécccier. J'ai vent d'vos problème avec les choses-mages. Lui, il peut vous aider à aller là où vous voulez vite-vite » Sa façon de parler était singulière. Il se tourna vers lui et vit un petit être vouté, bien caché derrière des draps, un halfling ? Un goblin ? Gordon était intrigué. La main qui tenait le bâton était entouré d bandelettes sur lesquelles étaient inscrits des formules et des symboles cabalistiques. Etait-ce un sorcier du domaine de l'ombre ? Il en avait l'apparence.
« Mon mentor va me chercher si je ne rentre pas, il me trouvera, il sait toujours où je suis.
- Pas cette fois chose jeune, pas cette fois. »
Il l'invita à le suivre en lui ouvrant le chemin. Il s'éloignèrent du quartier pour aller d'avantage vers le Nord. Il passa dans des ruelles très pauvres, où des gens étaient vraisemblablement atteints de la zona, une maladie qui créait sur la peau des plaques rouges très douloureuse. Gordon avait vu pire les les recoins de son Collège. A son passages, quelques volets se fermèrent. Gordon n'était jamais allé dans cette zone-ci, mais tous les passants ne semblaient pas faire attention à lui. Le petit être lui fit signe de tourner à droite. La ruelle était déserte et non éclairée, en fait les seuls lumières étaient le lampadaire qui faisait l'angle et la lune. Gordon repéra deux ombres cachées dans l'obscurité. Plus ils s'approchaient d'elles, plus elles sentaient le bouc. Il vit des cornes dépasser d'un capuchon. Il ralentit d'avantage la cadence. Une autre ombre se mit derrière lui, bloquant le passage et l'apport de lumière, il était obligé d'avancer. Ils s'arrêtèrent tous devant une porte. On lui ouvrit la porte. Un petit escalier descendant se présentait à lui. Il le descendit pour arriver dans une salle qui semblait être une taverne. Il y avait des cadavres partout. Plus il avançait et plus il y avait des abats, des bouts de corps. D'autres êtres encapuchonnés sortirent de l'ombre, ils étaient au moins dix. Gordon n'osa pas se retourner, il était tombé dans un traquenard. Il y avait devant lui un homme au teint pâle et aux cheveux noirs. Il portait un costume à froufrous très élégant et de belles bagues au doigt. L'homme le regarder arriver. Il se dégageait de lui un fort magnétisme, un charisme auquel Gordon tentait de résister. Il lui fit signe de s'assoir mais le jeune homme ne bougea pas. Il sourit, montrant ses deux canines allongées. Deux grandes mains rougeâtres et griffues se posèrent sur les épaules de Gordon pour faire pression et le forcèrent à se poser sur une chaise en bois tâchée de sang. « Pour l'instant, tu dois te sentir un peu comme un agneau dans le repaire du loup. »
Gordon ne répondit pas. L'homme sourit à nouveau.
« Je sais que tu ne vas pas répondre, les sorciers de Mórr ne parlent pas. Alors écoute bien ce que je vais dire. » Il prit un corps encapuchonné pour y prendre un zeste de peau avant de laisser tomber le reste de peau comme un vieux chiffon. Gordon entraperçue le visage d'une jolie jeune femme, mais aussi le signe d'un collège de magie, un croissant de lune posé sur son front. C'était une magicienne du collège céleste.
« Je m'appelle Valonn, j'ai pris un certain risque à venir jusqu'ici pour te voir. Je peux te proposer un marché pour continuer tes travaux.
- Je n'ai rien à échanger avec une créature de la nuit.
- Tu te décide à parler ? C'est bien ça. »
Il prit un carnet sur le cadavre de la magicienne. Il était marqué « Tarots » sur la couverture et l'image d'une carte en dessous. Il le posa sur la table et l'ouvrit. »
« J'aime beaucoup ce jeu. Il y est très plaisant d'y jouer. Écoute donc ça : Il faut avoir le désir sincère d'être son propre guide, de résoudre ses problèmes en adultes car les tarots vont être un miroir. Petit à petit se développera un instinct très sûr, preuve de la progression faite dans la recherche de son moi intérieur, qui trouve son moi que rien ne peut tromper ou flétrir est son propre maitre, il est libre … de belles conneries. »
Le carnet contenait plusieurs pochettes. Il sortit les cartes. Gordon avait parlé une seule fois avec un magicien du Collège céleste lors d'une réunion à laquelle était conviée Reinhold. Voler et utiliser un objet divinatoire personnel d'un magicien céleste était la pire insulte qu'il pouvait lui faire. Il jeta le carnet qui fut repris par un de ses acolytes. Autour de lui, les silhouettes encapuchonné masquait les traces de sang sur les murs et les morceaux de membres disséminés dans la taverne. Personne avait survécu, alors pouvait-il en être autrement en ce qui le concernait ? Valonn plaça trois cartes parallèles face cachée et plaça une autre perpendiculaire à celle du milieu.
« En m'ayant rencontré, tu es désormais un hors la loi »
Gordon comprenait l'effort de déstabilisation de la part de la créature. Il devait faire attention à son discours, à ses serviteurs et monstres autour de lui et à ce que dise les cartes même si elles sont tirées par un être malfaisant. Il en plaça deux au dessus et une dernière au sommet. Il tendit le paquet de cartes à Gordon qui en piocha une carte et la retourna, Le bateleur, qu'il plaça au sommet. Le jeune apprenti, connaissait cette carte, c'était la même carte que le sorcier céleste avait tiré à son propos. C'était une carte pleine de bon signes. Elle représentait le printemps, le départ, l'intelligence et la vie spirituelle. En fonction des version des images peintes sur la carte, le Bateleur pouvait représenter les quatre éléments. Il annonçait un choix, un échec, un risque.
« Tu es un homme plein d'inspirations, de nobles inspirations, trop nobles pour ce monde. »
Il retourna la carte du milieu, le démon, la fuite devant les réalités.
« Ha ! ça s'est moi. » dit-il.
A sa droite, le Monde, la recherche extérieure ambitieuse, mais la recherche intérieure n'est pas terminée, à gauche, le chariot, une grande ambition peu réaliste. La carte sous le démon était la roue, un grand changement allait s'opérer. Les deux cartes du dessus étaient la Tour, qui pouvait être interprété comme le danger et à côté l'Ermite, qui préconisait de prendre une autre direction de recherche, de quête. Le bateleur que Gordon avait pioché et le démon étaient les deux forces en présence dans la structure arcanique. Ces inspirations de la carte du Bateleur doivent fuir une réalité qui n'accepte pas ses choix, d'où le chariot, qui selon lui pourrait représenter son travail de recherche sur la vieillesse. Il n'est pas réaliste et tant que le travail sur soi n'est pas fait, la recherche n'aboutirait nul part, d'où le changement majeur du Démon, confirmé par la roue juste en dessous. La Tour et l'Ermite me le mettaient en garde car elles étaient au dessus du démon. La Tour était à cheval entre le Démon et le Monde. Si les forces intérieurs ne sont pas maîtrisées, il est fort possible que Gordon soit blessé car il serait emporté par ses émotions. L'Ermite, placé du même côté que le Chariot insistait sur le changement à opéré. Il ne savait pas si ce changement était celui d'entrer dans le Collège ou celui qui s'offre à lui en ce moment. Il fut interrompu dans ses pensées.
*Très bien, tu as des aptitudes pour lire dans les cartes*
*Vous les vampires, vous êtes de vils créatures *
*Vous les humains, vous êtes xénopobes*
Gordon eut un moment de panique. Il était entouré de créatures qui voulait sa mort. Il n'avait pas intérêt à énerver leur chef. Il le laissa parler.
« Je travaille pour une personne qui souhaite changer un certain nombre de choses ici bas. Cela commence par un nettoyage à sec du monde des hommes.
- Vous allez détruire des millions de vies.
- Je réserverai à un homme cynique cette emploi du mot vie les concernant. Crime, désespoir, ce n'est pas ainsi que l'homme était destiné à vivre. Nous sommes un frein puissant à la corruption humain. Chaque fois que la civilisation a atteint l'apogée de sa décadence, nous venons rétablir l'ordre.
- L'empire n'est pas encore perdu. Il y a des gens biens ici.
-Tu défends une ville qui est à telle point corrompue que nous avons contrôlé tous les niveaux de son infrastructure. Tu moisissais dans cette prison qui te servait d'atelier d'alchimie. Tu as détruit ta peur et tu as ouvert la voie. Tu as de l'ambition. Tu devrais être à mes côté pour sauver le monde, au lieu de cela tu es enfermé dans ce Collège.
- Ma place je vais la prendre … entre vous … et les habitants d'Aldorf.
- Personne ne peut plus sauver Aldorf, quand une forêt devient trop sauvage, une purification par le feu me semble inévitable et naturelle. Dans peu de temps, le monde des hommes assistera avec horreur à l'auto-destruction d'une de ses plus grandes villes. »
Valonn tapota la tête du cadavre de la magicienne comme un maitre la tête tapotant sur le ventre de son chien. Il regarda Gordon désarçonné par le tirage des cartes et la situation dans laquelle il se trouvait.
« Je ne cherche pas à semer la discorde dans ton esprit, tu sembles la créer tout seul »
Le petit être courbé qui avait amené amené Gordon jusqu'ici fit un signe de la main à Valonn. Gordon vit un museau dépasser du capuchon. Le vampire se leva. Un autre homme encapuchonné monta pour ouvrir lentement la porte de la taverne. Il regarda dehors et fit signe de la tête à Valonn. Gordon sentit un frémissement. Tout le monde monta l'escalier pour se retrouver dans la rue. Il y avait personne, mais Gordon continua à sentir ses frémissements. Valonn se tourna vers Gordon et plissa les yeux. Des ombres traversèrent les murs et les ombres des bâtiments se transformèrent en gardes en armure arborant le corbeau. Deux sorciers de l'Odre d'Amethyste et quelques personnes de la milice brandissant des torches cernaient le côté Ouest de la rue tandis que les chevaliers du Corbeau et un autre sorcier bloquaient le côté Est. Leur casque était à moitié drapé de noir et leur épée lourde était tenue à la main avec fermeté.
« Tiens tiens, encore eux, j'ai l'impression que je n'en n'ai pas tué assez, il n'ont pas encore compris la leçon. »
Un chevalier du corbeau s'adressa à Valonn de façon très solennelle.
« Créature de la nuit, au nom de Mórr notre dieu et de Sigmar, nous, chevaliers de la couvée du Corbeau, allons t'abattre. » Gordon vit parmi les magiciens son mentor, Reinhold Whellmeyer. Le vampire se retourna et vit que Gordon regardait Reinhold. Il passa son bras autour de Gordon et le serra contre sa poitrine.
« Il est avec moi maintenant »
Reinhold ne bougea pas.
« Sachez que je suis très déçu de vous Gordon. »
Cependant, Gordon entendait dans sa tête un tout autre son de cloche :
*Ne t'inquiète pas, nous allons te sortir de là.*
Les yeux du vampire devinrent noirs. Les formes encapuchonnées se révélèrent et attaquèrent immédiatement les humains. Le petit être révéla son visage de rongeur et pointa son bâton sur les chevaliers du corbeau qui chargeaient. Une vague d'ombre déferla, mais elle disparut d'un revers de faux de Reinhold. Le milicien armé d'une trompette s'apprêtait à sonner l’alarme, mais une flèche traversa sa gorge. Un elfe au regard fou se dévoila. Un des sorcier s'écroula et l'homme à la trompette se releva pour sonner l'alarme, la flèche dans le cou. Le vampire chargea avec son épée en forme de chauve souris. Il coupa en deux un milicien qui voulait s'interposer entre lui et le sorcier Amethyste inconscient. Le deuxième sorcier tissa autour du corps un voile d'échardes noires et gelées et les projeta contre le vampire. Ce dernier pointa son épée vers les échardes. Des bouches s'ouvrir de l'épée et avalèrent toutes les échardes.
Gordon se déplaça vers le côté Est, vers Reinhold, mais il reçut un grand coup sur l'épaule droite qui le força à plier le genou. Une grand créature rougeoyante, celle qui l'avait forcé à s'assoir, chargea les chevaliers du corbeau. Reinhold pointa l'index vers la créature et un éclair noir la frappa à l'épaule droite. Un liquide vert jaillit et toucha l'armure d'un chevalier. Le métal fondait rapidement. Un serviteur de Valonn profita de l'ouverture causée par l'acide pour planter son épée avant de périr sous les coups de glaives. Un autre chevalier décocha une flèche de son arbalète sur le monstre, mais il continua à avancer. Un autre le chargea, mais l'elfe au regard fou donna un coup de genoux dans la main de l'humain et prit son épée. Il la logea dans la visière. Il se mit de côté pour éviter la charge d'un autre. Le monstre rouge pris un des soldat entre ses mains et enleva son casque. L'elfe tira une flèche sur sa poitrine pustuleuse et l'acide coula à nouveau, brûlant le visage du malheureux. Reinhold pointa le sol avec sa faux et une fissure engloutit le monstre jusqu'à la tête et se referma. Le sorcier décapita la créature d'un revers de son arme.
Valonn s'approcha du corps sans vie du sorcier, l'autre contra avec sa faux scintillante au contact de la lame du vampire. Le deuxième se réveilla et attaqua le vampire également. Leur faux brillante provoquait des étincelles à chaque contact avec le vampire. Leur arme leur procurait la rapidité nécessaire pour face face à la créature de la nuit. Reinhold disparut dans un nuage noire et apparut juste à côté de Gordon, il commença à disparaître avec lui quand le sort fut interrompu par le skaven. Il vomit un flot visqueux sur lui, mais Reinhold fit tourner sa faux pour renvoyer le liquide à son propriétaire. L'elfe tira une flèche dans le dos du sorcier, mais il sentait le vent s'agiter dès que la mort le guettait, et il se retourna pour réduire la flèche en poussière. Le skaven lui sauta au corps et mit son bâton en travers le la gorge pour l'étouffer. Reinhold gesticula pour se débarrasser de lui, son corps devint immatériel. Le skaven tomba au sol. Reinhold voulut en finir avec sa faux, mais le skaven disparut avec l'ombre du bâtiment et réapparut derrière lui. Il poussa un cri. Une bouche d'égout s'ouvrir et d'autres skaven arrivèrent pour prêter main forte aux servant de Valonn.
Valonn ne voyait pas d'issues au combat qu'il menait contre les deux sorciers Amethyste. Quand l'un était en difficulté, l'autre le couvrait avec une rapidité magique. Soudain le corps des miliciens tombés au combat se relevèrent et attaquèrent les sorciers. Ils se transformèrent tout deux en corbeaux pour voler du côté de Reinhold. L'elfe tenta de les viser, mais il fut dérangé par les chevaliers. Valonn profita de la pagaille et de l'arrivée des skavens pour pousser Gordon dans la bouche d'égout d'un coup de pied. Il envoya son épées dans les airs comme un boomerang. L'épée se dématérialisa en petites chauve souris qui attaquèrent un des corbeaux. Il se retransforma en homme et l'épée réagit tout de suite en redevenant solide et se logea dans sa poitrine. Le sorcier tomba sur un toit et dégringola le long de la corniche pour tomber sur le pavé. Les servants de Valonn enveloppèrent tout de suite son corps et sa faux dans les draps qui servaient à les couvrir et poussèrent le tout dans les égouts. Les troupes maléfiques battaient en retraite et s'échappaient par la bouche d'égout pour la plupart.
« Vite vite, il faut semer les choses vivantes ! »
Les skaven connaissaient bien les égouts d'Altdorf, des kilomètres de tunnels poisseux transformaient les lieux en un gigantesque labyrinthe. Les hommes rats ouvraient et fermaient la marche, pressant le pas des autres. Gordon était entre un homme-bête à tête de bouc et Valonn. Il aurait peut être une chance de s'en sortir puisqu'il n'avait pas encore été tué. Quelques temps plus tard, ils débouchèrent sur la forêt, éclairée par la lune. Un carrosse luxurieux les attendait. L'elfe prit les devant et rapporta un petit coffre. Il contenait surement de la Malpierre. Valonn s'excusa auprès du sorcier Skaven pour ces vicissitudes, et espéra qu'il pourrait à nouveau retravailler avec lui. Le skaven couina en acquiesçant. Valonn et Gordon entrèrent dans le carrosse. Il y eut un temps d'observation. Gordon avait l'esprit complètement vide. Le vampire avait beau sonder son esprit il n'en recueillit rien. Il semblait en état de choc. En effet, pour avoir passé du temps dans le Collège à méditer, à étudier et ne rien entendre du tout, l'expérience de cette nuit avait pu le choquer.
« Quand je suis dans ce carrosse, j'y suis en villégiature. C'est comme si plus rien d'autre n'existait pour moi.
- Pourquoi vous tenez à ce que je travaille avec vous.
- Je suis un visionnaire. Je fait des constats et je réagit en conséquence. Je sais que tu veux changer les choses, je sais que tu as une haine de la médiocrité, du désordre. Je te propose de rebâtir un nouvel Empire, plus juste, plus cohérent et surtout moins matérialiste.
- Vous êtes un vampire, vous incarnez le mal, tout ce contre quoi …
De grâce, assez des formules toutes faites de votre Sigmar ! La véritable farce de votre société, c'est que vous basez votre vie sur des croyances et des légendes qui n'ont jamais eut lieu. Je te parle de choses concret. Si votre dieu était moins coincé, il accepterait les aides de nous autre vampire pour repousser les interminables vagues barbares du Nord. Vos cimetières sont remplies de soldats prêt à se battre une deuxième fois ou même troisième fois, vous vivants, n'aurez plus besoin de partir au combat puisque les morts le feraient à votre place. Tout ce que nous demandons finalement, c'est la paix, et nos terres au passage que vous occupez. Nous ne sommes pas vos ennemis, c'est votre culte qui le veut ainsi. L'église sigmarite vous a enseigné que les vampires étaient des créatures sans âmes qui doivent être exterminées. J'ai vu l'âme d'un vampire et je peux t'affirmer qu'elle est bien plus pure que celle d'un humain.
- Que pensez-vous faire pour arrêter tout ça. Le culte est fort et vous ne pourrez pas l'arrêter comme ça avec vos monstres et vos aides extérieures.
- Absolument, c'est pour ça que je suis en train de mettre sur pied un plan. Connais-tu le bâtiment qui sert de Collège aux sorciers du domaine de la lumière ?
- Je ne l'ai javais vu.
- Le bâtiment se trouve à l'intérieur d'Aldorf, pourtant comme beaucoup de collèges de magie, son emplacement reste inconnu des habitants, grâce à sa localisation sur une convergence de lignes mystiques, il existe au sein d'un espace dimensionnel secret, une parcelle de terre parallèle mais séparée du monde ordinaire. Pour ceux qui parviennent à le découvrir, le bâtiment ne ressemble à aucun autre dans la ville, ni même dans tout le vieux monde, c'est une pyramide dont la forme contient et concentre la puissance du Vent d'Hysh. Dans les profondeurs de la pyramide, protégée par un labyrinthe de tunnels, de pièges et de barrières magiques, se trouve la plus grande salle au trésor existante dans le vieux monde. Artefact interdits, livres, sceptres, reliques, la puissance de ces objets et incommensurable. A cause du haut niveau d'énergie, aucun démon ni mort-vivant ne peut s'aventurer dans le bâtiment, mais il y a un moyen. As tu déjà entendu parlé d'un démon surnommé 'Le démon de la boîte' ?
- Il s'agit d'un démon très ancien, nommé An' Talius.
- Tu as des connaissances. C'est bien ça.
- An'Talius est un démon dans la catégorie des possesseurs. Aucun ouvrage ne témoigne réellement de son existence, mais j'ai pu lire un livre qui parle de la légende.
- Oui, la légende.
- La légende, c'est impossible.
- J'y étais une fois en Lustrie, mon petit. J'ai vu ces sorciers vénérés de mes yeux, alors il agit du plus puissant démon de possession qu'il existe.
- Vous voulez cambrioler le collège ? Avec ce démon ? »
Le vampire fit un large sourire.
« Avec ce démon, puissant et indétectable, il entrera dans la salle du trésor comme dans un moulin.
- Qu'est ce qui vous fait dire qu'il n'en fera pas qu'à sa tête ?
- Ça c'est mon office mon petit. En ce qui te concerne, je te propose qu'une chose. Je te laisse la vie sauve, mais tu seras mon émissaire à travers mes différents contacts dans tout le vieux monde, tu assureras la liaison et le suivis de mon entreprise à travers ses différents collaborateurs. Je ne te demande rien d'autre, ou peut être si finalement. »
Le carrosse s'arrêta et l'elfe leur ouvra la porte. L'air était plus frais. Deux servants arrivèrent et prirent le le corps du sorcier enroulé dans les draps, Valonn inspecta brièvement le cadavre en frôlant sa main dessus et ses serviteur l'emportèrent. Ils marchèrent dans la forêt jusqu'à un portail d'un vieux château. De prime à bord, il était délabré. Le jardin qu'ils traversèrent ressemblait à une jungle, Gordon crut voir une vipère sortir du sentier. La nature avait reprit son droit sur les construction de l'homme : le lierre commençait à grimper le long du mur du château. Le jeune homme toucha la pierre qui s'effritait au contact.
« Bienvenu dans le Talabecland Gordon Blysor.
- Le Talabecland ? Nous sommes à des centaines de kilomètres d'Altdorf !
- Grâce à mon carrosse. »
Ils entrèrent dans la demeure et le vampire se mit tout de suite à l'aise dans un grand fauteuil près de la cheminée éteinte Il faisait noir comme dans un four. Un autre servant descendit les escaliers et alluma quelques bougies. Valonn lui proposa ironiquement des rafraichissements, mais Gordon refusa. Après un instant d’assoupissement, Valonn amena le jeune apprenti devant une porte derrière le grand escalier. Ils descendirent dans une grotte aménagée en une sorte d'usine, pleine de rouages et de tables d'expérimentations. Il vit un petit homme s’affairer devant une grande machine qui avait une vague forme humaine. Le nain se retourna. Il avait une grande barbe noir et une toque rougeâtre. Son corps était barbé de pièces métalliques, de pinces et de leviers. Pour s'amuser, le vampire lança une clef à molette sur le nain. Celui-ci actionna un levier sur sa jambe et un bras métallique derrière le dos s'étira pour attrapa la clef à la volée.
« Bien joué Kendrik !
- Mouais, faut que j'huile encore les dos sur mon dos et que je revisse la jonction numéro quatre et ça devrait aller. »
Kendrik Balnazzhar était un ingénieur nain du chaos qui travaillait sur les formes robotiques et les automates. Il avait besoin constamment de pièces détachées et de nouvelles sources d'énergies pour faire fonctionner ses grosses machines maladroites. Il faisait régulièrement des va-et-vient entre Nuln et Averheim où il a son poste de maître ingénieur. Il n'était nain du chaos que d'origine et de nom, il a abandonné les dieux sombres il y a longtemps et se vendait désormais aux plus offrants. Valonn a su tirer profit de cette opération et le nain lui promit des machines opérationnels pour son usage exclusif s'il avait accès à tout le matériel nécessaire pour continuer ses expériences robotiques.
« C'est comme ça que ça marche ici. Tu fais quelque chose pour moi, et je t'offre une autre chose en retour. En échange, je te propose un objet. »
Les servant amenèrent le corps du sorcier améthyste et sa faux. Balnazzhar fit le constat de l'arme et pointa du doigt un grand four. Valonn retira son épée du corps du magister et en lécha le bout.
« Nous allons faire fondre ce corps avec la faux chargée de magie et créer un crâne d'Amethyste. C'est le troisième sorcier d'Amethyste que nous avons eu et l'Amethyste qui constitue sa faux est parfaite pour créer un nouvel objet. Le four a été construit par Balnazzhar lui même, et n'importe quel objet magique peut y fondre. Il nous faudrait encore quelques sorciers et il nous assure que le crâne sera terminé. Ce crâne terminé, te sera destiné si tu nous rejoint dans notre entreprise. »
Étrange parcours que le sien. Pour comprendre la mort, il devait travailler avec, y être réceptif. Un grand malaise le prit quand Valonn lui annonçait le nombre de contacts dans chaque ville prêts à sortir de l'ombre. L'empire est frappé par la corruption, une maladie contagieuse, autant que le vampirisme. L'aristocrate aux dents longues avait comprit que transformer les autres en vampires et se créer une descendance ne servirait à rien. La politique, le chantage, la négociation, le compromis étaient ses actuelles armes. Grâce à elle, il s'assurait un contrôle des informations, des transactions au marché noir, un poste de vigie sur toute la forêt du Sud Est. Grâce à ses aides, il connaissait les temps des chasses aux vampires et les mouvements de ses confrères et consoeurs. Pour l'instant, leurs recherches pour tenter de localiser An'Talius ont échoué, mais ils ne désespèrent pas. Il devait rencontrer une personne dans le Nord pour cela.
« Je te montrerai des endroits dans lesquels tu n'aurais jamais été, je te monterai des visages que tu n'aurais jamais du voir. »
Valonn allait le faire raccompagner jusqu'au alentours de Talabheim quant il pensa à quelque chose. Etant donné que pour les magisters du collège Amethyste, il semblait évident qu'il avait été capturé, s'ils sondaient son esprit, ils risqueraient de découvrir les plans du vampire. Aussi, il l'amena dans une pièce et l'installa dans un fauteuil. Il allait créer une zone de son cerveau sécurisée où les informations délivrées ce soir ne seraient plus accessibles aux autres mentalistes ou sorciers, une pièce noire où l'on pouvait cacher les secrets sans que quelqu'un les trouve. Il lui confia une sphere de bronze. En la tenant en main, il aurait accès à cette partie cachée et aux informations qu'elle contenait. C'était comme une sorte de clef. Elle lui permettrait également de prendre contact avec le vampire. Il ajouta que chaque membre ayant accepté de l'aidé avaient cette sphère sur eux. Chaque jour, Valonn donnait un mot de passe différent à l'ensemble de ses serviteurs pour qu'ils puissent prendre contact entre eux. Il l'avertit cependant que la liaison ne peut se faire que s'il tient cette sphère en main. S'il la perdait, cela rendrait les choses plus compliquées. Il fit rapidement un sort de détection sur l'objet pour que Gordon puisse toujours retrouver cet objet s'il le perdait ou si on le lui dérobait. En même temps, qui voudrait dérober une sphère de bronze sans valeur ?
Il fut déposé à l'entrée de Talabheim et le carrosse disparut dans le brouillard. Valonn ne l'avait pas tué. On lui laissait le choix. Soit il se joignais à lui, soit il continuait sa route. Avec cette boule de bronze, il avait l'impression d'être une sorte d'agent dormant, attendant son heure. Cela le mettait mal à l'aise, mais il pouvait s’estimer heureux d'en avoir réchappé. Il pouvait revenir à Altdorf, il pouvait aller à Nuln pour revoir sa mère ou effacer son ancienne vie et tout recommencer, qui sait ce que le vampire avait en tête le concernant. Il repensa au jeu de cartes de Tarots, la carte du Monde. Tant qu'il n'aura pas choisis son camp entre la science et la religion, il n'aura pas fait le vide intérieur, il n'aura pas la paix. Il serra la boule de bronze dans ses mains tandis qu'il s'enfonçait dans les brumes matinales du sous-bois.
*Qu'importe ce qu'ils pensent, qu'importe ce qu'ils savent ou ce qu'ils feront, rien d'autre m'importe*
*Tu as enlevé le masque des gens que tu côtoyais, tu as devant toi le vrai visage des hommes*
*Si loin et si près du but désormais, je suis en voie vers la purification de la race humaine*
*Les hommes sont des virus, le cancer de cette planète, et nous ? Qui sommes nous ?*
*Nous sommes l'antidote. Il manque encore une étincelle et tout partira en flammes*
*Rends toi au cœur du maux de ta société et mets enfin un terme à leurs exactions*
*Je crois uniquement en moi. Je pense à ce que je représente pour la société*
*Ne discutes pas seulement, agis ! Rien d'autre ne compte que les actions*
*J'ai cherché la vérité et je t'ai trouvé, le crâne sera bientôt complet*
*Ta vengeance sera complète et ta suprématie commencera*
*La découverte de ma vocation bouleverse ma raison*
*Secoue le conformisme les mœurs et les ordres*
*Je méprise la matière qui détruit autrui*
*Une seule chose leur rendra la raison*
*C'est une chose crainte de tous*
*Tu es son instrument là-bas*
*Nomme la fait ton office*
*Un seul mot la résume*
*Lequel est-ce ?*
*La mort *