[Annexe] Brionne et Orléac

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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[Annexe] Brionne et Orléac

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L’aristocratie de Brionne



Maison de Brionne



La famille ducale de Brionne prétend que ses origines remontent à l’ère des anciens Bretonni. Quantité de chroniques et de gestes commandées par les Ducs successifs ont permis de renforcer la légitimité des Ducs régnants, de sorte qu’on puisse trouver une magnifique chaîne généalogique presque jusqu’au moment où ces tribaux sortis des vieilles forêts impériales ont franchi les Montagnes Grises. Dans tous les cas, l’ancêtre véritablement légendaire est le petit-roi Baudouin, qui fut un des premiers chevaliers à boire le Graal et le tout premier Duc de Brionne, au moment où les Compagnons divisèrent le Royaume de Bretonnie et débutèrent leur calendrier.

Pour quelqu’un qui a vraiment eu l’occasion de lire l’Histoire du duché de Brionne, la vérité est beaucoup plus mouvementée. Le pays a connu son lot de désastres et de guerres civiles, avec ses extinctions de maison. L’actuelle branche prétendant remonter à Baudouin est parvenue au pouvoir à partir de l’épisode de la Variole Rouge, ce qui fait tout de même près de sept siècles de règne.

La maison ducale est puissante et étendue. Elle est de très loin le premier propriétaire terrien du duché – et en seconde place vient le Roy à travers le système de baronnies, ce qui donne une idée de la puissance et de la richesse de la maison. Cette lente accumulation de terres a souvent permis aux Ducs d’acheter la paix en offrant des vigueries et des fiefs-rentes à des petits nobles fidèles, au détriment des grandes maisons qui sont devenues jalouses et prédatrices. De plus, la maison de Brionne est divisée en plus d’une demi-douzaine de rameaux, qui sont autant de cousins germains qui peuvent très bien alimenter des tensions en fondant des factions politiques.
ImageLe Duc Théodoric de Brionne est l’actuel homme fort du pays. Il est adoré de sa chevalerie pour à peu près les mêmes raisons qui font que le Culte de Shallya l’exècre.

Le Duc est une force de la nature. Ses ennemis l’ont accusé d’avoir en lui le « démon de la guerre » ; Il a décidé de le prendre comme un compliment. Au combat, où il a déjà honorablement servi en secours aux ducs de Quenelles ou Gasconnie face aux Peaux-Vertes, il charge toujours en première ligne, en maniant une immense hache à deux mains, hurlant et riant alors qu’il tranche les ennemis sur son chemin. C’est un homme irascible, belliqueux, prompt à de violents accès de colères face à ceux qui le contredisent. Cyclothymique, il est capable de rire aux éclats avec quelqu’un un jour, pour soudainement le jeter en prison le lendemain. Il semble véritablement adorer la guerre, où il s’y rend avec enthousiasme.

C’est un homme pétri de vices. Il aime le vin, dont il abuse. Il aime la bonne chair, dont il se repaît. C’est un grand mécène, patron de tous les arts, surtout la poésie courtoise qu’il aime à composer lui-même. Il aime surtout les femmes, qu’il ne cesse de convoiter et de poursuivre, même s’il s’agit des filles – ou des femmes – de ses vassaux, ce qui n’aide pas à maintenir la paix et la concorde dans son pays. De toute manière, il n’y aspire pas.

Pour le servir, le Duc s’est entouré d’une cour de sycophantes composée à la fois de jeunes chevaliers errants aussi intrépides, ambitieux et dégénérés que lui, qu’on surnomme « les trouvères », ainsi que d’une foule de bourgeois roturiers flatteurs qui achètent des privilèges et des passe-droits en finançant ses expéditions militaires et ses parrainages de toiles et de sculptures.

Malgré ces défauts, Théodoric de Brionne reste un excellent poliorcète, un combattant exceptionnel, et un homme qui sait très bien quelles sont les coutumes de son pays. C’est peut-être ça qui le rend d’autant plus dangereux : Il n’est pas seulement un diable, il est un diable compétent.





Maison Carqueray d’Orléac



Le bourg d’Orléac est depuis presque toujours une épine dans le pied des Ducs. Directement au nord de la capitale, Orléac a su être le point de ralliement de puissantes maisons nobles lors de guerres privées cherchant à limiter l’influence ducale.

La maison de Carqueray est une ancienne famille de vassaux directs du Duc, petits nobles peu puissants qui ont fondé leur dynastie à partir du château éponyme de Carqueray, un bastion construit suite à des ravages causés par des Elfes Noirs. Si les Carqueray n’ont jamais été ni puissants, ni très prospères, ils ont grandement profité de leur lien-lige direct, ignorant les familles plus grandes et plus puissantes. Les Carqueray servaient en quelque sorte d’agents du Duc près d’Orléac, afin de les surveiller et dynamiter leur influence.
Ce pari s’est retourné contre Brionne au siècle dernier, lorsque Lucain de Carqueray est parvenu à hériter du bourg d’Orléac en épousant une sœur du seigneur décédé et en s’imposant avec le soutien de vassaux et de capitouls locaux. La branche principale fut ainsi renommée « Carqueray d’Orléac ».

La famille règne sur Orléac depuis maintenant quatre-vingt-treize ans. Malgré des débuts compliqués, la famille de Carqueray est finalement parvenue à rétablir des liens cordiaux avec le Duché. La ville a prospéré et profité d’une longue période de paix.

ImageSybille de Carqueray, Seigneuresse d’Orléac, est la fille du vieux seigneur Lothaire de Carqueray, et l’actuelle cause d’un imbroglio féodal qui met aux prises le Duc Théodoric avec les grandes familles de Brionne.

Lothaire ne fut pas chanceux avec les héritiers mâles. Son fils aîné est mort lors de la Tempête du Chaos aux pieds des murailles de Middenheim. Son puîné était un enfant gentil mais maladif, qui a finalement trouvé une mort de maladie durant sa préadolescence. Il ne s’entend ni avec ses neveux, ni avec ses cousins, au contraire de deux jeunes filles ayant atteint l’âge adulte envers lesquelles il a toujours eut une sincère affection.

De son vivant, Lothaire avait compris qu’il y aurait des ennuis pour liquider son grand héritage lorsque Morr l’appellerait. Il décide, alors que sa fille a quatorze ans, d’assurer des fiançailles entre elle et le jeune Valérien de Malicorne. En échange d’une énorme somme d’argent, il assure par traité qu’Orléac reviendrait aux Malicornes ; Le Duc Théodoric, lui-même, reçoit la promesse d’un relief d’un million de deniers, la famille ducale ayant le droit de se mêler des conditions de transmissions d’un fief qui relève de sa juridiction.

Personne n’a demandé l’opinion de Sybille. Petit à petit, la ville d’Orléac se peuple d’alliés des Malicornes, de vassaux qui se préparent déjà à changer leur allégeance et qui n’attendent que la mort du vieux Lothaire pour obtenir de bonnes places et de jolis privilèges.
Il y a un an et demi, Lothaire de Carqueray a finalement rendu son dernier souffle, alors que Sybille n’était âgée que de dix-sept ans. Virtuellement enfermée dans le donjon d’Orléac, on s’attend à ce qu’elle se retrouve à épouser de force le chevalier Valérien ; L’occasion n’arriva jamais. En toute clandestinité, aidée de quelques aristocrates qu’elle est parvenue à retourner, elle s’échappe du donjon, se rend dans le Temple de Shallya d’un village éloigné, et prend pour époux Drogo, un obscur chevalier errant issu d’une famille désargentée de la vallée de la Brienne.

Sybille est une jeune adolescente qui n’est pas encore tout à fait une adulte. Elle est pourtant bien plus maline et exercée aux intrigues qu’il n’y paraît. Si les ménestrels se plaisent à raconter que son mariage est dû à un coup de foudre et une histoire d’amour, cette alliance fort inconvenante lui a servi à reprendre le contrôle d’Orléac et renvoyer tous les sires et bourgeois un peu trop prompts à la marier contre son gré. Drogo, lui, est un parfait inconnu ; On sait que c’est un bellâtre séduisant, mais même dans un Duché pétri d’amour courtois et d’histoires romantiques comme Brionne, nombre d’aristocrates ne peuvent s’empêcher de grincer des dents en voyant comment un chevalier-péquenot venu de nulle part est parvenu à devenir seigneur d’un bourg comme Orléac.



Maison Malicorne de Lichy



On raconte qu’àprès l’âge des Compagnons, un cruel seigneur Vampire régnait au nord de Brionne. De nombreux aventuriers et preux chevaliers de la Quête tombèrent sous sa lame, aucun ne parvenait à mettre fin à sa non-vie et reprendre les terres qu’il souillait. En l’An 59 arriva un jeune chevalier qu’on nomme « Arnault le Rusé », qui vint s’agenouiller devant le Vampire pour lui prêter allégeance et lui offrir toute sa loyauté éternelle ; Pour le corrompre, il lui offrit tout le produit de la récolte annuelle de son village, mais pour s’assurer qu’il ne mente pas, proposa au Vampire de recompter chaque grain un à un. Le Vampire, paranoïaque, accepta, et se mit donc à déverser tous les sacs pour bien s’assurer qu’Arnault ne le trompait pas. Il resta ainsi, prostré, alors que la nuit laissait la place au jour, et que le soleil se mit à le brûler et le détruire.

C’est ainsi que, par la ruse et non par l’audace, la famille de Malicorne parvint à naître. Ce récit d’origine illustre bien les traits d’atavisme qu’on prête aux Malicornes, qui subissent une mauvaise réputation et traînent une longue légende noire, probablement très exagérée, mais qui n’est pas totalement usurpée non plus. On accuse les Malicornes d’être sournois, fourbes, et de ne parvenir à vaincre que par l’intrigue et des sales coups.

On ne peut nier que la jalousie doit jouer un grand rôle dans l’entretient de cette légende noire : La famille de Malicorne est le troisième propriétaire terrien de Brionne, et actuellement la seule famille assez puissante et prospère pour gêner le Duc et s’établir comme contre-pouvoir.


ImageValère « le Goupil » de Malicorne, patriarche de la famille, est toute l’incarnation des atavismes qu’on prête à son nom de famille : Avide, calculateur, cruel, sournois. On ne compte plus les procès qui ont été intentés contre lui pour de l’extorsion, de l’intimidation ou des enlèvements. Pourtant, il n’a jamais été sérieusement inquiété pour un seul de ses méfaits, car Valère est un homme malin, beaucoup trop malin pour s’impliquer personnellement ou laisser des preuves derrière lui. Tout le monde sait qu’il est impliqué dans des complots, mais jamais personne n’est en mesure de prouver quoi que ce soit.

En public, il est calme, courtois, et même assez agréable. Assez pour toujours arriver à faire sortir des témoins de nulle part qui le disculpent à chaque fois de ce dont on l’accuse. Il a subi un immense revers avec le mariage clandestin de Sybille de Carqueray qui était promise à son aîné ; payer la maison d’Orléac lui a énormément coûté, et il est clair pour absolument tout le monde qu’il cherchera à se rétribuer.

Sa faiblesse est sans doute son immense superstition : On dit qu’il aurait recours aux conseils de sorcières, rebouteuses et oracles de toutes sortes, en plus de faire des dons très généreux aux différents temples des différents Dieux pour racheter son âme qu’il sait en danger.

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