[Darmalion] Gladiature

Norsca est un royaume inhospitalier composé de collines rocailleuses et de sombres forêts, hantées par les hivers interminables qui recouvrent le territoire de glace. Les dangers pour lesquels ce territoire est connu sont malheureusement bien réels. Les tribus de barbares et les adeptes du Chaos sont en effet nombreux au nord de la région, et attaquent fréquemment les régions sud de Norsca. Le plus grand des dangers reste malgré tout la présence des forces du Chaos en ces terres. Au nord, les serviteurs des pouvoirs dévastateurs ont rassemblé leurs hordes, composées de bêtes, de démons et d'Hommes du Nord. Ces ignobles armées se sont ensuite mises en route vers le sud, anéantissant au passage toutes les civilisations rencontrées sur leur chemin.

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[MJ] Le Grand Duc
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[Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


« On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Oh ! comme il est doux d’arracher brutalement de son lit un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très-ouverts, de faire semblant de passer suavement la main sur son front, en inclinant en arrière ses beaux cheveux ! Puis, tout à coup, au moment où il s’y attend le moins, d’enfoncer les ongles longs dans sa poitrine molle, de façon qu’il ne meure pas ; car, s’il mourait, on n’aurait pas plus tard l’aspect de ses misères. Ensuite, on boit le sang en léchant les blessures ; et, pendant ce temps, qui devrait durer autant que l’éternité dure, l’enfant pleure. Rien n’est si bon que son sang, extrait comme je viens de le dire, et tout chaud encore, si ce ne sont ses larmes, amères comme le sel. Homme, n’as-tu jamais goûté de ton sang, quand par hasard tu t’es coupé le doigt ? Comme il est bon, n’est-ce pas ; car, il n’a aucun goût. En outre, ne te souviens-tu pas d’avoir un jour, dans tes réflexions lugubres, porté la main, creusée au fond, sur ta figure maladive mouillée par ce qui tombait des yeux ; laquelle main ensuite se dirigeait fatalement vers la bouche, qui puisait à longs traits, dans cette coupe, tremblante comme les dents de l’élève qui regarde obliquement celui qui est né pour l’oppresser, les larmes ? Comme elles sont bonnes, n’est-ce pas ; car, elles ont le goût du vinaigre. On dirait les larmes de celle qui aime le plus ; mais, les larmes de l’enfant sont meilleures au palais. Lui, ne trahit pas, ne connaissant pas encore le mal : celle qui aime le plus trahit tôt ou tard… »



– Le Comte de Lautréamont, « les Chants de Maldoror » ; Chevalier Bretonnien condamné pour sorcellerie.

Darmalion est maintenant à 34 PV.
Darmalion souffre de sepsis : Il écope d’un malus de -1 à toutes ses statistiques.
Huit jours.
Huit nuits.

Le calvaire de Darmalion recommençait, plus horrible encore que les quatre années de solitude passées dans son antre. Perdu dans les montagnes de la Norsca, il avait encore la possibilité de se déplacer aussi loin que ses chaînes lui permettaient, et lorsque son propriétaire le décidait, l’occasion lui était offerte de ravager, ravager de pauvres esclaves sur lesquels il s’élançait avec son fléau, semant le désordre et la violence sur des crânes et des corps dont il pouvait ensuite se repaître.
On lui avait retiré ce loisir. Perdu au fond d’un trou profond, peut-être de six bons mètres, les bras reliés par de longues menottes de fer contre son torse, ses sabots collés contre eux par des bracelets ferrés reliés par une chaîne bien courte, un alganon pendant le long de son cou l’empêchant de trop tourner la tête en haut, à droite ou à gauche. Le long de la paroi du trou qui lui servait d’habitation, une longue corde bien solide remontait vers un support en bois ; S’ils le souhaitaient, ses geôliers pouvaient avaler la corde avec un levier, afin de forcer Darmalion à tomber au sol, se racler le long du mur, et se retrouver ainsi pendu à l’envers, la tête en bas. Depuis sa rencontre avec le Jarl Baldr, la torture ne s'était pas reproduite. Il n’en était pas plus mobile pour autant : La corde lui laissait tout juste assez de lest pour rester couché au sol, les sabots collés contre la paroi. Il pouvait, au mieux, se replier sur lui-même pour se mettre à genoux. Mais sitôt qu’il tentait de se relever, et le voilà qui chutait, qui tombait le museau dans la terre, en s’écorchant les membres et en saignant des naseaux.

On le nourrissait. À intervalles réguliers, un maraudeur venait, et balançait, tantôt un seau d’eau, tantôt un seau de poissons : Tout tombait ou sur sa tête, ou au sol, et pour s’alimenter, Darmalion était contraint de ramper au sol, de lécher les flaques d’eaux mélangées à la terre, de gober le poisson cru en amenant sa bouche directement vers sa bouffe, sans pouvoir la saisir avec ses mains qui refusaient de s’écarter de son torse. Voir un minotaure se contorsionner ainsi provoquait les rires de ceux chargés de le surveiller. Quelques fois, il recevait un caillou balancé à la volée, et toutes ses réactions de colère et grognements de rage ne reçurent comme toute réponse que des sifflets et des langues tirées en guise de défi.

Il était seul. Humilié. Perdu. Sans aucun espoir.
Mais au moins, on le laissait tranquille. Lorsqu’il avait atterri dans ce trou, il était aux portes de la mort. Il saignait abondement. Huit jours et huit nuits ; Il était toujours blessé. Il était devenu fiévreux. Ses blessures s’étaient en fait infectées : Alors que son corps luttait contre des ennemis invisibles, voilà qu’il souffrait de la chaleur, et qu’en même temps, il frissonnait, tout son cuir traversé de chair de poule.
Un homme serait déjà depuis longtemps décédé.
Mais Darmalion était un minotaure. Une créature née pour la guerre. Forgée par Khorne lui-même dans les chairs ignobles de corps mutés. Tout ce qui lui fallait, c’était du temps. Du temps et de la bouffe – et visiblement, Baldr s’assurait bien à ce qu’il soit soigneusement nourrit tous les jours.

Si le Jarl était aussi généreux, c’était très certainement parce qu’il attendait quelque chose du monstre. Il lui serait tellement facile, à présent, de simplement le faire tuer. Il n’aurait même pas à trop se déranger : N’importe quel maraudeur pourrait approcher, viser avec un javelot, et transpercer le crâne de Darmalion sans qu’il ne puisse se défendre. Pour une raison ou pour une autre, ce n’était pas le choix qu’il avait pris.



Huit jours. Et une neuvième nuit.

Il était tard. Dans le ciel, la lune grise brillait avec une lune verte sous forme de croissant ; Elle n’était pas pleine, pas comme ces soirs où les Hardes se rassemblaient pour célébrer les Dieux dans une orgie de sang et de violence. Mais au moins, elle était là, avec sa teinte rassurante ; Peut-être que Khorne, lui, l'observait encore.
Peut-être que Darmalion essayait de dormir. Peut-être se contentait-il de rêvasser dans son coin. En tout cas, quelqu'un perturba le silence qu’il pouvait espérer. Au-dessus de sa tête, tout en haut du trou, deux gardes s’engueulaient dans leur insupportable langage d’humains. Une troisième personne s’était approchée, et, avec une voix très grave, les rouspétait. Visiblement, les trois ne semblaient pas trop d’accord sur quelque chose.
Il y eut alors un grognement qui mit fin à la dispute. Et un aboiement. Et Darmalion put entendre deux paires de pattes s’éloigner.

Au-dessus de lui, un homme qu’il ne reconnaissait pas se dressait.
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INT Darmalion : 4-1
Jet : 10, échec.

Il semblait gravement blessé. Sa jambe droite était recouverte d’une attelle de bois, et il se soutenait à l’aide d’une canne. Son œil gauche était manquant, recouvert par un cache-œil avec un étrange symbole dessus. Il avait autour du cou une grande écharpe, et sur ses épaules une épaisse peau de bête, alors que, pourtant, il était manifestement torse-nu dessous.

« Tu devrais être mort. »

Il semblait le connaître.

« T’es trop dangereux. T’as presque tué ma fille. Tu m’as presque tué moi.
Écoute-moi bien : T’as intérêt à te tenir à carreau. Si tu t’échappes à tes fers, si tu tentes de résister… Je te tuerai. Je te tuerai. »


Il serra bien fermement sa main gauche, en même temps que sa mâchoire. Et il menaçait Darmalion de son regard, droit dans les yeux.

« Ingjald ! »

Quelqu’un l’appelait. De nombreux bruits de pas : Une demi-douzaine d’humains. Le-dit Ingjald resta droit, tout droit. Au bout d’un moment, le Jarl Baldr Svensson se montrait. Il posa une main sur l’épaule d’Ingjald, et commença à lui parler en norse, un long moment. Ingjald pointa Darmalion du doigt, et dit quelque chose en foudroyant Baldr du regard. Regards en croix. Messes basses. Les deux hommes semblaient se regarder comme deux Bestigors qui vont se battre en duel pour prendre le contrôle de la Harde.
Au bout d’un moment, Ingjald cracha au sol, et s’éloigna. Qu’importe ce que Baldr avait dit, il semblait qu’il venait de vaincre.

Le Jarl s’approcha du bord du trou, afin de surveiller sa bête. Il lui offirt un petit sourire.

« Je suis un homme très occupé, mais t’inquiète pas, je t’oublie pas.
Tout va bien en bas ? On te traite bien, on te nourrit bien ? Personne ne t’embête trop j’espère ? »

Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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LA FERME DES ANIMAUX



De nouveau sa solitude fut un enfer, tant par l’ennui que par les conditions dans lesquelles il était retenu. Darmalion avait souffert de quatre ans de silence, de siècles passés à ne voir que le gris des murs qui l’entouraient, d’hivers glaçants pénétrant sa peau et mordant sa chair, de folies personnelles semant la discorde dans son esprit. Mais au moins avait-il pu se défouler, tirer sur les chaînes, gratter le sol de ses sabots et frapper les murs, faisant résonner la fureur de ses poings. Dans sa nouvelle geôle, tout cela n’était plus possible. Il avait, impuissant, poussé de longs brames. Les sanglots qui habillaient le timbre de sa voix grotesque et chaude s’étiraient encore tel des échos dans le soir lorsque les ténèbres, assombrissant les cieux, s’étaient mariés à la pénombre de son trou.

Il avait tenté d’écarter les bras, comme s’il voulait exploser, mais ce faisant ses cicatrices n’avaient fait que se rouvrir sous la contraction et suintant de son propre sang, avaient attiré la maladie. Son esprit s’était embrumé et ses muscles parcourus de convulsions et de raideurs donnaient des sens contraires à l’atmosphère qui remplissait sa geôle. Il pouvait avoir froid quand il faisait chaud, avoir chaud quand il faisait froid ; et après des toux grasses, il avait laissé une écume saliveuse dépasser de ses babines bovines. Parfois de ses nasaux avait coulé du sang, alors qu’il ressassait dans sa tête les derniers moments où il s’était débattu sous le poids des Norses. Si seulement…

L’apparition du borgne rompît la monotonie douloureuse de son calvaire. Son esprit mit un certain temps à ressurgir, affaibli par les infections et la fièvre qui l’avaient gagné. Il écouta les menaces sans comprendre, conscient de toute la haine qui pouvait lui être destinée à juste raison. Il était trop différent de ces vermines. Du reste les propos de cet homme ne tombèrent pas dans l’oreille d’un sourd, aussi vrai que cet olibrius sut, par sa simple présence, attirer la présence du Jarl. Une bonne chose. Cela voulait dire qu’il était quelqu’un et que chez eux régnait la discorde. S’il avait été plus intelligent, il aurait tenté de manipuler Baldr ; mais crétin comme une chèvre, il ne parvint pas à saisir l’opportunité de faire danser le Jarl. Il toussota deux fois en écoutant ce dernier, venu à son secours, avant de lui répondre.

« Kof kof ! Toi foutre ma gueule. Nourriture pas bonne. Dégueulasse poisson. Chaînes trop serrées. Trou petit. Kof kof ! Moi gros. Voir trop d’humains pas pouvoir manger. Toi pas quelqu’un moi manger ? Toi pas vouloir Darmalion libre ? »

Sa demande, parfaitement insensée, était lancée comme un hameçon au milieu de la mer, avec le faux espoir que quelque chose morde. Mais ce n’était là qu’une tentative maladroite, fruit de son absence de solutions. Il voulut, dès lors, s’intéresser à l’homme qui venait de le menacer.

« Qui être avant ? Entendre aboiements et homme pas content. Lui parler langue moi. Moi vouloir lui dans trou. Lui dire moi devoir être mort. Mais Minotaure pas mourir. »

Il remua mais ses cordages l’empêchaient de se redresser. Impitoyable. Inconfortable. Les menottes et les chaînes qui le retenaient le mettaient au plus mal.

« Pas mourir tant que pas bouffer toi et Ohrein. »
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Le Jarl laissa Darmalion se plaindre, avec son habituel sourire en coin. Il posa un genou à terre, au bord du trou, afin de pouvoir mieux communiquer avec le monstre avachi en dessous.

« Ce n’est pas ta langue, la vache. C’est l’Arcane des Dieux, la parole maléfique, celle qui permet de parler aux Élus, aux Démons, et à communiquer en comprenant des secrets qui peuvent corrompre une âme jusqu’à la folie.
Les paroles grognées et mâchées que tu sors de ta gueule ne sont qu’un abâtardissement d’un dialecte que les Dieux ont cru bon, dans une cruelle plaisanterie, de graver sur ta chair afin que les mots soient exhalés de tes poumons. J’ai passé six ans à m’écorcher la langue et à gratter ma cervelle de runes afin de pouvoir la manier. Crois-moi que j’aurais préféré avoir un autre interlocuteur que toi. »


Il y avait vraiment du fiel qui sortait de ses dents. Mais il se contenta bien vite de simplement sourire à pleines dents.

« Roh, je prends ça trop à cœur…
La personne que tu viens de croiser, tu la connais très bien. C’est le… L’homme-loup que t’as proprement massacré en débarquant de la colline.
J’aurais dû te remercier pour ça, d’ailleurs. Ingjald m’a toujours bien broyé les couilles depuis que je suis devenu Jarl. Il s’amuse à contester mon autorité, et étant donné qu’il sert à protéger mon domaine, il commençait à être véritablement angoissant.
Mais tu as prouvé à tout le monde qu’il n’était pas aussi puissant qu’il pensait. Ça a dû le rendre bien humble. Il souhaite que je te tue, et va chialer devant tous mes villageois pour leur dire que je mets en danger tout le monde en te gardant en vie.
Enfin, c’est encore moi qui décide. Et je trouve que ce serait un beau gâchis de te tuer. Tu peux toujours te rendre utile. »


Il marqua une petite pause, le temps de regarder sa bestiole des sabots jusqu’au museau. La menace de mort que Darmalion avait juré ne sembla pas le faire réagir autrement que par un grand sourire.

« C’est marrant que tu me parles d’Ohrein, d’ailleurs. J’ai des nouvelles d’elle. Ça peut peut-être t’intéresser. »

Il se taisait. Visiblement, il était très curieux d’observer la réaction de Darmalion.

« Elle s’est fait attaquer. Je t’avais pourtant dit que les maraudeurs de Norsca n’osaient pas s’en prendre à des prêtres comme elle lorsqu’ils se promènent sur les routes du royaume des Sarls, eh bien, il semblerait que j’avais tort !
Ce sont des serviteurs d’un monastère qui l’ont cueillie, des fidèles du Serpent-Assoiffé. Elle est parvenue à se réfugier dans un village dont le chef avait lié ses mains aux miennes et passé un serment d’obéissance il y a trois ans... Les serviteurs du Serpent-Assoiffé sont en train de l'assiéger. Le pauvre chef du village est bien embarrassé, comme tout bon Norse, il a peur tant de Khorne que de Slaanesh, et n'a pas envie de perdre sa tête en prenant parti pour l'un ou l'autre. Il m'appelle à l'aide.
C’est une situation merveilleuse. Les oracles de Dieux différents ont décidé de s’entre-tuer, cela montre véritablement le degré de désobéissance qui règne chez les Sarls. Il est vraiment temps que l’on désigne un Roi pour mettre fin à ce bordel. Heureusement que je suis un candidat tout trouvé. »


Il fit un clin d’œil à Darmalion.

« Ton offre tient toujours ? Si je t’amenais Ohrein, tu la dévorerais ? »

Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Re: [Darmalion] Gladiature

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LA FERME DES ANIMAUX



Il n’était pas difficile de lire dans l’œil du monstre colossal qui gesticulait au fond de son trou à quel point il pouvait haïr les Maraudeurs Norses, le Jarl Baldr n’étant pas exempt à cette antipathie notoire. Le minotaure en dépit de tout ce qui avait bousculé ses certitudes et son esprit au cours des dernières années, plus récemment des derniers jours, n’avait rien oublié de ce que ses kidnappeurs lui avaient infligé. Il n’était pas question de torture physique, mais d’un isolement qui tentait depuis longtemps de semer la confusion dans son esprit déjà fort déséquilibré. Mais il résistait. Fort, robuste, et toujours dévoué au Seigneur des Crânes, il était parvenu en dépit de toutes les contraintes à ne pas se flétrir, à conserver l’aura de puissance et de férocité qui faisait la réputation des bêtes à cornes.

Mais ici, étant l’otage des Sarls au sein même de leur cité, il sentait ses plaies devenir les failles par lesquelles la Pestilence tentait de s’infiltrer en lui, comme pour le détourner de sa Foi, comme pour l’emmener vers des horizons plus sournois et vils, pernicieux. Mais ce n’était pas sa façon d’être. Fier, fort, Darmalion avait depuis sa tendre enfance, dans sa façon de penser et d’agir, prouvé qu’il ne pouvait en rien défaillir à sa prime allégeance. Pour la première fois, le doute était semé, et néanmoins il refusait d'y croire. Fatalité.

Pour la première fois, il tentait de se convaincre lui-même qu'il était bien la créature de Khornes. Mais à ce tourment intérieur, Baldr n'était pas la solution. Le Norse le remettait à sa place, lui reprochait de s'approprier ce qu'il assimilait à la langue des Bêtes, et qui était en réalité bel et bien une langue sacrée. En réponse il se contenta d'un râle. Mais le Jarl poursuivit, évoqua le Loup-Ecorcheur, puis Ohrein, affichant à l'infâme bovidé un sourire machiavélique. En réponse Darmalion se mit à se débattre davantage, comme s'il s'impatientait. La colère en lui montait, attisée entre autres par les chaînes qui lui ceignaient les membres, camisole de fer et de chanvre qui, à un moment ou un autre, provoquerait son déchaînement.

« Ingjald hein ? Lui fort mais moi plus fort ! Moi souvenir Homme-Loup. Devenir Homelette face au gros Darmalion. Lui rapide, lui griffer moi beaucoup. Moi blessé, à cause avant. Mais quand arme moi toucher lui, lui plus danser ! Homelette partir queue entre jambes. Toi vouloir moi manger Ingjald ? Si toi libérer moi, moi pouvoir tuer lui. Pour Molosse. Molosse être Massacreur. Pas content quand ennemi survivre. Pouvoir manger Ohrein aussi, oui. Manger Ingjald, manger Ohrein ! Mais moi conditions. »

Il tentait laborieusement de lever la tête pour trouver les yeux du Jarl. Le défaut, en étant si sot, était qu'il n'avait pas conscience d'être aussi sot. Il n'était plus qu'une bête captive, et pour peu on pouvait tout aussi bien le faire rôtir. Mais il se croyait, malgré les circonstances, encore supérieur, comme s'il avait encore des choix qu'en réalité il ne possédait plus depuis longtemps.

« Moi pas vouloir Ohrein venir moi. Moi vouloir aller Ohrein. Vouloir elle voir moi libre. Elle promettre libérer moi. Mais pas revenir, laisser gros Darmalion seul. Muuuuuuuuuh ! Laisser Darmalion seul ! Darmalion colère ! Molosse plus protéger elle ! Elle abandonner Darmalion, alors Darmalion réclamer vengeance ! Elle devoir croire Molosse comprendre Darmalion pour punir elle ! MMMUUUUUAAAAARH ! »

Peut-être était-ce cela, la réalité. Peut-être devait-il faire d'Ohrein un exemple pour tous les autres shamans tel que la Soigneuse qui croyaient être dignes de servir le Molosse. Mais pour lui c'était un mensonge à présent. Khornes était un tueur, une engeance du chaos qui ne se reposait pas sur la magie, mais la force. Seuls les forts, tel que lui, pouvaient prétendre lutter en son honneur.

Il le pensait. Mais ce qu'il y avait dans sa tête était fluctuant, incertain, changeait au jour le jour. Qui pouvait garantir que, rencontrant Ohrein, ses évidences ne changeraient pas de berge ? C'était là le défaut d'une bête qui à défaut de raison préférait se reposer sur ses instincts. Son subconscient parlerait. Le Seigneur des Crânes guiderait sa main, ferait parler son coeur.

« Mais pas tout. Moi tomber malade. Moi pas vouloir donner manger Mouche. Préférer Molosse. Toi guérir moi. Toi nourrir moi bien. Ensuite moi combattre pour toi. Muuuuuh ! Toi avoir gros Darmalion tuer pour toi ! »
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Darmalion] Gladiature

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Jet d’INT de Baldr :
Caché.

Baldr tourna la tête de côté en entendent Darmalion cracher tout son fiel envers Ohrein et Ingjald. Toujours aussi énigmatique, le Jarl considéra sa victime, avec une expression que le minotaure ne parvenait absolument pas à déchiffrer.
Avait-il suscité son intérêt ? Sa pitié ? Est-ce que le Jarl prenait la Bête au mot, ou bien était-il amusé de découvrir une grossière tentative de manipulation ?
Alors même que Darmalion était incapable de comprendre ses propres pensées, celles de Baldr demeuraient un mystère. Mais avec une toute petite voix rauque, il tendit son doigt, qu’il agita rapidement en l’air.

« Est-ce que tu es en train…
Est-ce que tu es en train de prêter un serment ? »


Il lécha sa lèvre inférieure, tout en reposant son bras sur son genou.

« J’ai ce qu’on appelle des Housecarles. Ils me jurent, sur leur honneur et sous les auspices des Dieux, de tuer pour moi, moi et moi seul ; Et en échange, je leur donne des terres, et des armes, et exige leur premier-né en otage dans ma demeure afin de m’assurer de leur loyauté.
C’est ce que tu es en train de me demander de ma part, pas vrai ? Je te soigne, je te nourris, et en échange, tu tues pour moi, et moi seul. Il est dommage que je n’aie pas un veau à te réclamer.
À moins qu’Ohrein n’attende un heureux événement... »


Il rit tout seul de sa propre plaisanterie grivoise. Il semblait que Baldr était bien assez aliéné mentalement pour s’amuser tout seul à tergiverser des heures durant avec un homme-bœuf, ce qui devait certainement être très reposant pour son épouse.

« Mais tu vois, c’est compliqué mon gros, parce que…
Bah parce que c’est bien joli de me dire ça alors que t’es bien tout faible, et ferré, et au fond de ton trou. Je suis pas totalement suicidaire non plus, tu sais. Si je me fous de ta gueule tout le temps, c’est parce que tu n’as absolument aucun moyen de me faire payer.
Dès que tu seras nourri, en forme, et juste devant moi… Qu’est-ce qui t’empêchera de me prendre avec tes grosses paluches et de m’éclater le crâne ? Hm ? Tu peux me dire ? C’est que, je tiens à ma tête ! J’ai de très grands projets, moi, et je n’ai aucune envie que mon histoire s’arrête à cause d’une vache-homme qui grogne plus qu'elle ne parle la Langue Noire ! »


Il feint la réflexion, en grattant sa barbe et en prenant un ton parfaitement sarcastique.

« Ah là là… Pas facile comme situation… Vraiment, vraiment pas facile. »

Il leva son doigt, comme s’il était soudain pris d’une idée de génie.

« J’ai peut-être une idée ! Oh oui ! Mais… Mais je me demande si ça n’est pas du gâchis, pour toi. C’est que tu vois, ça me demanderait beaucoup de ressources, et, eh bien… Je ne suis pas tellement sûr que ça te plaise. »

Il claqua dans ses mains.

« Tu sais ce qui me fait pitié avec les Bêtes ? C’est comment vous êtes jamais véritablement maîtres de votre destin. Vivre selon ses pulsions c’est pas la liberté. Vous agissez seulement selon votre intérêt immédiat. T’as faim ? Tu bouffes. Tu sens la Lune Verte ? Tu accours. Tu vois une Pierre des Hardes ? T’es capable de passer dix piges de toute ton existence à chier autour pour la garder des intrus. T’as aucun moyen de saisir ton destin dans ta poigne.
Ce que je peux t’offrir, c’est… ça en fait. Un choix. On va appeler ça une… Une expérience. J’ai ton attention ? Ouvre grand, grand tes oreilles. C’est bon ? »


Il s’assura de l’attention de Darmalion, avant de continuer.

« Je peux te placer dans une cage de fer. Te vendre à la famille de Hugleik. Tu seras débarrassé de moi. La famille de Hugleik, ils vont te nourrir avec de la bonne viande. Mais ils vont bien te garder prisonnier. Ils ont des arènes, un truc magnifique… Tu serais un concurrent merveilleux, je suis sûr. Ils vont te faire affronter des tas de merdes. Des guerriers, des loups, peut-être une manticore ! J’en sais rien, tout ce qu’ils arrivent à obtenir. Et tu vas y trouver la mort, dans ces arènes. T’auras peut-être un infime espoir de t’échapper, à un moment, après tout le destin est fluide, il n’est jamais gravé nulle part, pas même dans les trames de l’Autre-Côté, et si t’as réussi à te casser miraculeusement de mon antre qui te dit que tu renouvelleras pas l’exploit ? Mais de façon plus réaliste, et au risque de te décevoir, je pense que tu vas juste crever là-bas. Sans aucune considération de la part de personne. Loin d’une Harde. Loin de tes frères. Tu hurleras à la Lune. Tu sentiras les Vents, sans jamais pouvoir être ennivré de la beauté du Dhar… Mais c’est peut-être ça que tu veux, au fond de toi. Tu es une montagne de haine et de hargne. Tu trouveras la mort en écrasant tout ce qui te passera sous la main. Ce n’est pas une mort que tu choisiras, mais c’est une mort qui honorera le Khorne en qui tu es autant dévoué. Une mort de dévot.
Peut-être que tu attireras son attention. Rien qu’une seconde. Une toute petite, dernière, ultime seconde, où il en aura enfin quelque chose à faire de toi... »


Il maintint cette dernière phrase avec un effet d’annonce, comme un vieux Shaman qui raconte des histoires aux enfants Brays autour du feu.
Mais il pouffa bien vite de rire avant de taper dans ses mains.

« Même si en vrai je crois qu’il t’ignorera bien vite. Khorne a des milliers de guerriers. Des milliers de minotaures comme toi partout à travers tous les continents de cette Terre qu’il souhaite dévorer avec ses frères. Tout comme les Dieux ont abandonné les Fimirs, ils ignorent les tiens. C’est nous, les hommes, qui avons toute leur attention. On doit plus les amuser. Désolé.
Mais j’ai peut-être un second destin à te proposer. Une… Alternative. Que tu n’apprécieras peut-être pas. Au moins, j’espère que tu reconnais mon honnêteté : Tu peux me haïr avec tout ton cœur, je suis peut-être la seule créature que tu verras jamais, au cours de la totalité de ton passage à travers cette terre, à te poser cette question ; Et toi, tout au fond de toi, qu’est-ce que tu veux ? »


Il claqua des doigts.

« Écoute-moi. Écoute-moi très bien, très clairement.
J’ai de grands rêves. De grandes ambitions. Tu peux les partager. Tu peux m’aider en écrasant ce qui se trouvera sur mon passage. Mais je ne ferai pas confiance à ton instinct – Il est trop traître. Et trop pur. Je souhaite faire trembler la Norsca – Si tu voulais la faire trembler avec moi, il faudrait que tu lies ton destin au mien. Et ce n’est pas une chose que l’on prend à la légère.
Je veux enserrer ton crâne avec une grille de fer. Une grille que je fermerai par une clé sous la forme d’un sortilège. Je te contrôlerai par la gueule. Je ne parviendrai jamais à te domestiquer, c’est certain – Mais à défaut de parvenir à tel résultat, je peux au moins décider sur qui tu iras te repaître, sur qui tu te déchaîneras.
Je te donnerai les meilleures proies. La meilleure nourriture. Je te ferai de grands cadeaux. Je te donnerai des armes. Tu seras soigné à mes frais. Et tu m’aideras à faire trembler la Norsca toute entière.
Tout ceci, en échange d’un prix terrible : Ta soumission. Entière et absolue. »


Il marqua un silence. Un bien long silence.

« Je n’ai aucune envie de te prendre au dépourvu. Tu vois, moi, je ne fais pas des promesses qu’on ne tient pas.
Qu’est-ce que tu choisis ? C’est ce soir que tu décides du reste de ta vie. Alors répond-moi. »


Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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