[Garil Jottunsfind] Sur la route

La province du Wissenland a changé de mains plus d'une fois au cours de sa longue histoire, du coup ses troupes régulières sont farouchement indépendantes. La Comtesse Emmanuelle von Liebwitz dirige cette terre depuis la ville de Nuln, mais officiellement, la capitale de la province est Wissenburg.

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Garil
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[Garil Jottunsfind] Sur la route

Message par Garil »

(Début de l'aventure à Nuln par ici)

Alors que le soleil était haut dans le ciel, la convoi parvint dans la petite bourgade de Maselhof. C'est au milieu de d'autres caravanes que les marchands s'arrêtèrent pour déjeuner. Garil sauta aussi sec du chariot, tout heureux de pouvoir se dégourdir les jambes. C'était la première fois qu'il faisait un aussi long voyage et le jeune nain n'avait pas l'habitude de rester aussi longtemps sans rien faire.
Pour ne pas perdre trop de temps sur leur voyage et leur provisions, Matthias avait décidé que les voyageurs ne prendraient qu'une heure pour manger le midi. Alors qu'il engoutissait son repas, Garil fut abordé par le mercenaire estalien :
<<
Señor Garil, nous avons était promptement présentés mais je tenais à le faire moi-même. Emilio di Molena, humble mercenaire. Dit-il en lui tendant la main.
Le jeune nain lui rendit les salutations avec une bonne poigne :
Garil Jotunnsfind. Je vais à Karak Norn pour faire fortune. Mais dites moi, que fais un estalien si loin de son pays ?
- La même chose que vous, Señor. Mon pays est beau mais il est aussi très pauvre. Dès que j'ai pu, j'ai quitté mes parents pour faire fortune. J'ai combattu à l'est et au sud, parfois avec les votres. J'ai guerroyé au nord pour l'emperador et me voici de retour.
- Vous avez combattu avec mon peuple ?
- Par trois fois, oui. Je me souviendrais toujours d'un ces guerriers aux cheveux rouges qui bondit comme un diable sur le chef des orcs pour le décapiter aussi sec. Nous combattions dans le collines au sud du grand col pour sauver notre peau. Ils s'abbatirent avec tant de force ce jour là que tous les peaux-vertes finirent déchiquetées sur la pierre chaude.
- Il m'a été conté beaucoup d'histoires à propos des miens mais je ne les ai jamais vu combattre. Et depuis combien de temps voyagez vous avec la caravane ?
- Depuis le début. J'ai rencontré le Señor Léonard alors alors que je traversais le Reikland. Il m'a proposé un bon salaire. >>

Les deux nouveaux compagnons de voyage continuèrent à discuter jusqu'à ce qu'ils soient appelé pour le départ. Il ne savait encore rien de ces gens mais son intuition poussait Garil à faire confiance à cet homme.
La caravane poursuivit sa route paisiblement mais Garil percevait une certaine tension chez les Umgis autant que chez les bêtes. Même dans les régions les plus civilisées de l'empire, le mal n'était jamais loin. Au soir, les chevaux fatigués firent une halte à Wissenburg. Par l'intermédiaire de Léonard, Matthias avait émis le souhait de les pousser encore sur quelques lieux pour dormir à proximité d'une bourgade. Le soir, Garil fut heureux de trouver une soupe bien chaude et son salaire du jour près du feu. Comme il ne connaissait pas encore grand monde, il s'assit à côté d'Emilio.
L'ambiance lui paraissait également moins morose qu'au matin : quelques blagues et histoires qu'il n'avait jamais entendu fusèrent, ce qui le mit en confiance. Le jeune remarqua néanmoins que tous les voyageurs du groupe n'étaient pas auprès du feu : dans la pénombre du soir, quelques silhouettes patrouillait. Il reconnu le cuisinier, arbalète au point.
Matthias se tenait immobile à côté d'un chariot, comme à l'affût d'une quelconque bête. Garil ne s'en préoccupa que peu, pensant qu'il était normal pour les hommes d'une caravane marchande de se tenir sur leurs gardes. Il tourna la tête vers le feu en entendant quelques accords de chauffe. Un luth était apparu dans les mains d'un serviteur, surement tiré des grands sac de la dernière carriole, tandis que Mila, la petite aide de camp s'apprêtait à taper sur un petit tambourin en peau de chèvre.
Une fois que les deux musiciens se furent mis d'accord, un rythme entraînant s'éleva dans le campement. Les chants ne tardèrent pas à suivre. Le jeune nain s'amusa de voir son nouvel ami se joindre aux autres avec son accent si particulier. Cela ne faisait que peu de temps qu'il était parti mais cela rappela au jeune nain les tavernes qu'il fréquentait à Nuln, les rencontres et les premières expériences de la boisson et de la musique, les histoires qu'il avait patiemment collecté au coin du feu sur le vaste monde et sur son peuple. Seul Léonard restait impassible à cette démonstration d’allégresse, ce qui étonna beaucoup Garil. Le jeune nain comprit lorsqu'il dit attention au sens de son regard. Pour une raison qui lui échappait, le marchand observait la jeune fille d'un oeil mauvais, comme si sa présence était indésirable.
Fatigué mais satisfait de sa première journée, Garil s'emmitoufla dans son sac de couchage. Les nuits étaient encore fraîches au printemps. Ses dernières pensées allèrent pour Grungni. S'il ne doutait pas que le dieu et ses ancêtres l'emmèneraient à Karak Norn, l'apprenti mineur semblait plus incertain sur sa capacité à s'intégrer parmi ceux de sa race. Il murmura une prière, les yeux tournés vers la voûte céleste.

Garil fut réveillé par le jeune palefrenier que les membres de la caravane surnommaient "L'araignée" à cause de ses membres longs et maigres. Émergeant lentement de son sommeil réparateur, le nain considéra le garçon. L'air béat sur sa figure l'agaçait car il n'aimait pas être dévisagé, que ce soit pour ses yeux ou le fait qu'il ne soit pas un humain. Garil congédia poliment mais froidement l'Araignée et se hâta de se préparer. Après Wissenburg, les chariots quittèrent la route qu'ils suivaient depuis Nuln pour se rapprocher de la rivière. Matthias et Léonard furent quelque peu décontenancés par l'absence de pont. Un grand bac permettait néanmoins de traverser la rivière. Celui ne pouvait faire traverser qu'un chariot à la fois, ce qui n'arrangeait pas les affaires des deux marchands, en plus de ce que cela allait coûter. Perché sur un léger surplomb, Garil vit donc le bac s'éloigner vers l'autre rive avec le cheval d'Emilio et un chariot de grain. En abaissant encore un peu son regard, le nain put s’enquérir des activités de chacun lors de cette période d'attente : comme à son habitude, Léonard inondait de paroles l'un des bateliers resté sur la berge nord, tandis que son frère Matthias se tenait un peu plus loin, surveillant le chemin déjà parcouru. Les autres membres de la caravane s'assuraient de l'état du matériel et des denrées transportées. Un peu à l'écart, une mince silhouette attira le regard de Garil.
Le dawi reconnu la jeune aide du cuisinier, Mila. Comme il n'avait rien de mieux à faire pour l'instant, il décida de venir à sa rencontre. A l'abri d'une ancienne haie bordant le chemin, quelques muriers sauvages avaient commencé à donner leurs fruits noirs et acides. La jeune fille les avait repéré et en faisait provision. C'est avec un extrême calme qu'elle écartait les feuilles et les tiges pour collecter ces fragiles fruits. Pour ne pas la surprendre trop brusquement, Garil s'assit sur une vieille souche d'arbre à quelques mètres de distance et fit mine de se râcler la gorge pour annoncer sa présence. La jeune fille se redressa pour faire face à l'intrus :
«
Belle journée, n'est-ce pas ? Fit Garil sur un air engageant.
-
Euh oui. Lui répondit-elle d'un air distrait avant de s'en retourner à son occupation. »
Exception faite de Léonard, les membres de cette caravane n'étaient pas de grands bavards. S'il voulait en apprendre plus sur eux, Garil allait devoir mettre à profit tous ses talents pour la conversation :
«
Vous aussi, vous avez fait tout ce long voyage depuis le Reikland ?
- Oui, mon oncle a des terres du côté de Carroburg. Il y élève des chevaux et fait pousser des céréales. Nous avons dû passer par Aldorf puis descendre plein sud.
- Vous êtes une parente de Mathias et Léonard ? J'ai cru comprendre que l'homme qui vous a envoyé faire commerce avec les nains était leur frère.
La jeune fille marqua un temps de pause comme interdite. Au bout de quelques instants, elle reprit la parole :
Hum, oui. Je suis la fille de Matthias.
- Je ne sais pour quelle raison mais j'ai le sentiment de vous avoir froissé. Je vous présente mes excuses.
- Je ne vous en veux pas, vous ne pouvez pas savoir. Matthias... Mon père est marié à une femme qui n'est pas ma mère. Fit-elle brusquement.
-
Ah, vous êtes...
- Ne dites pas le mot, c'est assez blessant.
- Ce n'était pas mon intention. Se rattrapa le nain en gardant tout son calme. Vous qui voyagez depuis le début avec ce groupe, vous pourrez peut-être répondre une question.
- Dites toujours.
- J'ai remarqué que vous possédiez des armes et que chacun avait l'air assez vigilant lors du trajet. Vous craignez quelque chose.
- La route est pleine de dangers, Sigmar nous protège. Mais il y aussi une bête qui nous suit.
- Une bête ?
- Oui, personne ne sait exactement ce que c'est. Elle nous suit depuis que nous sommes sortis d'Aldorf. Et elle a déjà tué deux hommes sur la route... Mais Léonard ne veut pas que l'on en parle car ce n'est pas bon pour le commerce. Ne lui dites pas que vous je vous en ai parlé, s'il vous plaît. Il serait capable de me frapper.
- Je le promets. »

Ils continuèrent de discuter jusqu'à l'arrivée du second voyage. Sur ce, la jeune fille monta dans le second bac. Finalement, cette longue période d'attente entre deux rives n'avait pas été une perte de temps. Garil avait pu collecter quelques informations qui donnaient tout leur sens au comportement de ses compagnons. L'antipathie qu'éprouvait Léonard à l'égard de Mila si celle-ci était née hors mariage. Pour lui, elle devait être un tâche d'encre sur le parchemin de leur histoire familiale.
Mais le jeune nain était plus inquiet encore pour cette histoire de bête. Ayant eu un aperçu du caractère ombrageux de Matthias, il comprenait pourquoi les Umgis n'avaient pas rebroussé chemin jusqu'à Carroburg. Tout ce qu'il savait de cette créature, c'est que celle-ci se trouvait à l'origine à Aldorf ou dans ses environs et quelque chose avait attiré sa colère sur la caravane. Comme il avait promis de ne rien dire à Mila, difficile à présent de demander des compléments d'information aux autres membres de la caravane.
La traversée du court d'eau avait pris tant de temps que les voyageurs ne purent repartir qu'en début d'après-midi. Il firent encore quelques milles en suivant la rivière mais se retrouvèrent forcés de bivouaquer en pleine campagne. Un paysan du cru accepta qu'ils s'installent dans un de ces champs.
La soirée se déroula comme la précédente. Lors de la distribution des salaires journaliers, Garil tenta de converser avec l'estalien mais celui-ci paraissait préoccupé par un élément extérieur et moins joyeux que le jour précédent. Le jeune nain n'insista pas.
Alors qu'il s'apprêtait que le jeune nain ingurgitait sa soupe auprès du feu, Léonard s'assit à côté de lui :
«
Mon bon monsieur Garil, j'espère que vous appréciez notre compagnie car nous apprécions la vôtre.
- Oui, bien sur. Le voyage se passe plutôt bien. Fit distraitement Garil
-
Très bien, très bien. Je venais vous voir car nous aurions besoin de votre art rhétorique d'ici demain.
- Dites m'en plus et je verrais ce que je peux faire.
- L'homme qui cultive ces terres m'a fait mention de la présence d'un village à quelques milles d'ici. Celui-ci a été entièrement détruit par les peaux-vertes mais une auberge a été rebâtie depuis. D'après notre honorable hôte, elle est tenue par l'un des vos gens, un vieux sage qui connaît bien les montagnes grises. Matthias et moi-même, aurions besoin d'informations sur la situation actuelle et nous avons pensé que...
- Le nain serait plus en confiance si c'est un autre nain qui lui parle.
- Oui, c'est pour ainsi dire cela. »

Cette manière qu'avait parfois le marchand de tourner autour du pot agaçait beaucoup Garil. Néanmoins, il se garda bien de le mentionner à son employeur. Après tout, le jeune nain allait rapidement pouvoir justifier son salaire. Il partit donc se coucher avec une certaine satisfaction.
Garil Jottunsfind,
Apprenti mineur

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