[Armand de Lyrie] Maman

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin » 16 janv. 2020, 15:45

Face au divin, comment ne pas s'agenouiller ? Les conflits et les doutes qui paraissaient si insurmontables semblaient tout à coup bien minuscules à l'échelle d'une force si puissante qu'elle dépassait la compréhension. Face à une manifestation de leur déesse, ils n'étaient plus la somme de leurs mésententes et défauts, mais cinq messagers de sa parole, unis dans leur foi commune. La vénération de la Dame du lac faisait ressortir ce qu'il y avait de plus noble chez chacun d'entre eux.

Alors que quelques minutes plus tôt, tous auraient été capables d'accepter la mort d'Armand comme solution de facilité dans la quête à venir, c'est désormais avec une émotion véritable qu'ils regardaient avec fierté le paria faire sienne la vertu de Saint Radémond. Plus qu'une promesse dévouée faite à la Dame, il s'agissait là d'un symbole : le fils de la corruption jurait devant ses camarades de ne jamais tomber dans les travers de ses parents, de ne jamais céder à la même faiblesse qui les avait consumé. Casin Baillet, Artur de Fluvia, Albert de Faviere et Rollet du Bois, toujours à genoux, avaient relevé la tête lorsqu'Armand avait été le premier à se saisir de son épée qui tournoyait lentement dans les airs, et avaient tous mis leur poing sur leur cœur, désormais témoins devant la déesse du serment tenu par le chevalier du royaume.

Bientôt, les autres lames rejoignirent leur propriétaire, flottant paresseusement vers eux tandis qu'elles irradiaient d'une lumière divine. Albert de Faviere s'en saisit fermement, l'observant plusieurs secondes avant de la rengainer. Rollet du Bois, ému aux larmes, pria la Dame pendant de longues minutes, la remerciant dans une interminable litanie tandis qu'il était bien incapable de trouver la force de se relever. Artur de Fluvia affichait un gigantesque sourire, comparable à celui d'un enfant recevant le jouet de ses rêves : il soupesa son arme et la fit se mouvoir respectueusement dans les airs, comme pour chercher une différence physique entre avant et après la bénédiction. Seul le visage de Casin Baillet fut difficile à déchiffrer : il semblait perdu, observant son arme comme s'il n'osait pas vraiment croire à l'honneur qui lui avait été fait.

Lentement, l’Épée des Géants perdit de son éclat mystique, puis redescendit lentement de sa lévitation pour retourner sur l'autel d'où elle venait. L'arme légendaire de Gilon d'Aquitanie avait partagé un peu de sa puissance et retournait désormais à son repos bien mérité. Dame Mélaine sembla elle aussi perdre son lien avec la Dame : les vents mystiques qui agitaient sa vêture semblaient avoir cessé de souffler, et sa chevelure retomba lentement derrière elle pour retourner cascader sur sa cape noire.

- Allez vous coucher messires, le cœur comblé par la présence de la Dame. Dans deux jours nous attend une terrible épreuve, et vous aurez besoin de toute votre énergie pour l'affronter, et faire honneur à notre déesse.

Alors que les cinq chevaliers se retournaient pour quitter l'enceinte de l'imposante chapelle, Dame Mélaine héla le seigneur de Derrevin :

- Pas vous, Armand. J'aimerais encore m'entretenir avec vous.

Quelques secondes passèrent, uniquement rythmées par le cliquètement des armures de ses frères d'armes quittant les lieux, avant que ne résonne le lourd bruit de la porte en bois de la chapelle se refermant derrière eux.

- La vertu de pureté... ce serment vous honore Armand. Par cette promesse, vous renforcez votre lien avec la Dame, un lien bien plus fort que ne le sera jamais la faible magie de votre mère. Brandissez votre foi avec autant d'ardeur que votre épée, et vous serez assurément victorieux.

A nouveau, Dame Mélaine offrit un tendre sourire à Armand, avant de s'approcher de lui. En quelques pas, elle s'était positionnée à moins d'un mètre de lui, une distance terriblement gênante face à quelqu'un de sa stature. Comme pour empirer la situation, elle tendit le bras pour se saisir de la main d'Armand, sa paume incroyablement douce enserrant désormais celle du jeune homme. Elle l'incita à lever sa main vers elle comme si elle s’apprêtait à embrasser sa chevalière... pour en fait rester immobile devant la bague au lion rugissant, l'observant pendant de longues secondes en silence, sa main tenant toujours celle d'Armand.

- D'où vous vient cet anneau sire Armand ? Tandis que la Dame m'utilisait comme vaisseau pour bénir vos épées, j'ai senti une énergie magique résiduelle transparaître de cette petite chevalière. La tête de lion est un héraldique que l'on retrouve à Couronne et à Lyonnesse, pas en Aquitanie - et la magie latente contenue dans cette bague n'est pas synchronisée avec votre être, rendant son pouvoir totalement inefficace. Ne bougez pas.

Comme pour rendre la situation encore plus embarrassante et avant même qu'il ne puisse répondre, elle leva sa deuxième main pour enfermer celle d'Armand dans les siennes, les réchauffant doucement. Elle le regardait les yeux dans les yeux, toujours avec ce même sourire déconcertant, semblant ne même pas remarquer le total manquement aux convenances qu'elle occasionnait.

Après une poignée d'interminables secondes, elle relâcha enfin le jeune chevalier, affichant un air satisfait.

- Voilà, le flux de magie de la chevalière résonne désormais en écho avec votre propre aura, sire Armand. C'est un enchantement mineur, une magie inoffensive primaire, qui réduit l'hostilité et la méfiance que les gens peuvent ressentir à votre égard lorsqu'ils vous observent. Curieuse coïncidence que vous ayez sur vous un artefact aussi adapté à votre situation, n'est-ce pas ?

Son sourire restait présent, mais désormais il était teinté de malice, comme si elle sous-entendait que peut-être, la Dame avait mis cette chevalière sur la route d'Armand pour l'aider dans ses épreuves. A moins que ce ne soit une suspicion à son égard, sur la possibilité qu'il ait volontairement acquis un objet à même de l'aider dans ses difficultés, cherchant le réconfort d'un grigri plutôt que de chercher dans sa foi la force de continuer à avancer ?
Curieusement, en cet instant, dame Mélaine semblait posséder la même roublardise que Félix - mais avec elle, il n'y aurait sans doutes pas de jeu de secrets à échanger - derrière la façade, son regard ne fléchissait pas : elle attendait vraisemblablement une réponse à sa précédente question.

Tu peux ici lui répondre, éventuellement discuter avec elle si ça te chante, et même poursuivre sur la journée de lendemain - considère que pour la deuxième journée de route, cette soirée dédiée à la Dame a clairement assaini l'ambiance, chacun se sentant désormais investi d'une mission divine - tout le monde est plus enclin à supporter son voisin, et tu pourras donc me dire si tu souhaites discuter avec l'un ou l'autre, ou si tu passes juste ta journée à caresser Ravel comme un couronnois.

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie » 16 janv. 2020, 18:02

C’est un homme qui est rentré dans cette chapelle du Graal. C’est un autre qui va en ressortir.

Je sais, c’est une chose facile à dire. Un canon artistique de tous les romans de chevalerie. Mais je vous jure que c'est vrai : je me suis rarement senti aussi fort, courageux et résolu qu’en cet instant. J’ai pu voir la Dame dans les yeux de Mélaine – la Prophétesse me terrifie, autant qu’elle m’éblouit. Je tremble de tout mon corps, comme une feuille. Je sens la chair de poule sous mon armure de plate, et la sueur refroidit ma peau égrainée. Mais alors que la transe retombe, que nous reprenons pleine possession de nos corps et que le divin s’éloigne, je deviens… Différent. Plus léger. Les paroles que j’ai prononcées, gaillard, l’épée contre l’autel, elles résonnent en moi, à la virgule près.
J’observe mes frères d’armes. Hier encore je me méfiais d’eux. Je les trouvais médiocres et méprisants.
Aujourd’hui je serai prêt à donner ma vie pour eux.

Je ferme mes yeux et prie silencieusement pour leurs âmes. Pour mon âme, également. L’arme que je tiens entre mes mains, je la soupèse et l’observe, quelques petits instant. Elle n’a aucune importance pour moi, cette arme. Il y a des chevaliers, ils aiment donner des noms à leurs épées ; Celle-ci, elle n’était à mes yeux qu’un morceau d’acier tranchant comme un autre, vulgaire et commun. À présent, je sens mon bras lourd de la porter, comme si on l’avait plaquée d’un nouvel alliage. Je la sens briller, alors que je ne l’aie pas lavée, tranchante alors que je ne l’aie pas aiguisée. Je la soulève et pose mes lèvres contre la lame, l’embrasse de toutes mes forces. J’ai envie de la baptiser. Je murmure donc un mot, un seul, tout doucement. Je souffle une expiration hors de mes lèvres, uniquement audible pour moi-même :

« Matricide. »

Putain, ça fait vantard et de mauvais goût comme nom, vous trouvez pas ? Au moins, cela renforce encore plus la volonté de ma mission. Encore plus que la Vertu sur laquelle j’ai prêté serment. Je vais suivre l’exemple d’un Compagnon. Il est temps que je change de vie. Je ne peux plus être le jouisseur braillard que j’étais, que mon père et son père avant lui étaient. Immodérés, violents, sanguins, passionnels… Je vais devenir calme, doux, et froid. Sobre, surtout.

Mélaine nous congédie. Comme les autres je la salue et tourne les talons pour rejoindre mes camarades. Il n’y aura nulle beuverie, ni verres qui s’entre-choquent, ni chants de poivrots pour renforcer les liens et instaurer une quelconque fraternité. J’ai déjà l’impression que mon cœur appartient à ces hommes.
Alors que je me dirige vers le perron, Mélaine m’arrête. Je me fige, mon sang se glace, et je me retourne en baissant ma tête, comme un serf devant son seigneur. Comme ses yeux sont difficiles à soutenir. Elle se place juste devant moi et me félicite. Le compliment peut vous paraître commun et galvaudé – si tel est le cas, je suis prêt à vous défier en duel. C’est une Prophétesse qui me complimente. Tout comme lorsque Armand, Duc et chevalier du Graal me félicitait, je ne peux pas m’empêcher d’être troublé, tiraillé entre l’envie de me sentir enorgueilli et l’humilité à laquelle ma stature chevaleresque me contraint. Je rougis même un tout petit peu, alors que je répond, avec la voix un peu étranglée, un demi-octave de plus que le ton que j’adopte normalement :

« Je le ferai, ma Dame. Je ne décevrai pas notre Déesse, j’en fais le serment. »

J’espère tout de même qu’elle dit vrai. Ce n’est pas seulement la magie de ma mère qui m’inquiète – c’est ma mère elle-même. Mais j’ai déjà demandé à Mélaine ce qu’il en était. Elle ne sait pas. Peut-être que l’ancre qu’elle a plongée en moi a bel et bien une réaction sur moi. Et même sans puissance éthérée, même sans manipuler les vents, c’est ma mère – même sous forme de fantôme, même décharnée, même avec uniquement son esprit et sa conscience… C’est ma mère. Elle me dégoûte autant que je l’aime. N’est-ce pas ce que j’avais avoué à Margot, dans la chapelle de Derrevin ? Vous vous souvenez encore de mes mots, non ? Même après tout ce qu’ils ont fait, je n’arrive pas à haïr mes parents. Ce sont mes parents. Je les aimes.
Mais à présent, la Dame marche à mes côtés. Et comme je le jure à Mélaine, je serai digne de ses récompenses.

Sans me prévenir, Mélaine se saisit de ma main et la lève vers elle. Là, je suis obligé de relever mon museau pour observer sa frimousse. Alors même que je suis remué par l’inattendu du geste, je n’ose pas réagir, mes doigts se laisse balader sans opposer la moindre résistance. C’est ma bague qui l’intéresse. Elle déclare que de la magie résiduelle en émane – le mot me fait paniquer, sursauter un petit instant. En bon Bretonnien bien superstitieux, la magie me terrifie. Elle est simple pour moi : Il y a la bonne magie merveilleuse des Damoiselles du Graal, et la mauvaise magie maléfique pratiquée par absolument tous les autres, que ce soient les sorciers impériaux, les rebouteuses de campagne, les nécromanciens d’outre-tombe, les vampires du Moussillon ou les shamanes Norses. Tous dans le même panier, tous des impies adaptes de sorcellerie et d’envoûtement pervers. Je me mets à imaginer les pires scénarios, tout seul dans ma tête, comme le fait que cette bague serait un ancien artefact qui va me transformer en goule ou en démon, ou même en crapaud (J’ai vraiment très peur de devenir un crapaud parce que pour redevenir un beau chevalier une jeune fille de la noblesse doit m’embrasser – or je suis pas sûr d’être capable de faire de la courtoisie avec un corps de crapaud, surtout que maintenant je dois imiter Saint-Radémond et que Saint-Radémond, il n’aurait peut-être pas accepté qu’une jeune fille de la noblesse lui fasse un bisou, il n’aurait pas osé lui demander).
La Prophétesse décide donc de recouvrir ma main. C’est étrangement tendre et affectueux. Je n’ose rien dire, rien penser, rien imaginer, mais cela n’empêche pas mon cœur de battre une chamade pulsatile. Pour si peu, j’ai ce qui s’approche de ces évanouissements que les damoiselles aux corsets serrés éprouvent lorsqu’elles voient un chevalier un peu trop preux et agréable sur une lice de tournoi.

Son étreinte ne dure pas très longtemps. Mais le temps c’est relatif. J’ai l’impression que plus de temps s’est écoulé durant l’instant où elle posait ses mains contre la mienne que de toute la journée que j’aie passée les fesses sur la selle de Ravel. Elle sourit, moi je baisse à nouveau la tête pour observer ses pieds.

« Ma Dame, je… J’ignorais que cette bague avait la moindre latence magique… Je… J’ai trouvé cette bague lors de mon errance en Cuilleux. L’héraldique ne me disait rien – D’ordinaire les lions Couronnois ou Lyonnessais n’ont pas cette allure.
J’ai pris cette bague par pure… Juste par coquetterie. »


Je baisse les yeux de honte, comme un gosse qu’on aurait prit sur le fait en train de voler dans les bonbons.
Chose que je faisais souvent avec Margot, d’ailleurs, mais c’est pas le sujet.
Il faut dire qu’en Bretonnie, on aime pas trop le pillage. Pour cela que j’avais laissé tranquille la dépouille du chevalier-fou qui avait essayé de m’abattre, et qui m’a marqué à vie sur mon corps – les cicatrices vont très bien d’ailleurs, merci de vous inquiéter. Alors prendre une bague au milieu de nul part… En même temps je n’ai pas vu de propriétaire, j’ai volé à un voleur, donc bon.

« Je, heu…
Je vous remercie beaucoup, de… De l’avoir, je ne sais pas trop… De l’avoir liée à moi ? »


Je lève mes yeux pour lui montrer mon petit sourire en coin. À priori elle a fait un truc magique, mais de bonne magie, donc ça m’inquiète beaucoup moins d’avoir ça au doigt. C’est limite une autorisation, quoi. Une permission, disons.

« Merci pour tout, ma Dame. Merci.
Passez une très bonne nuit. »


J’aimerais bien lui poser des questions. Des tas de questions. À quoi ça ressemble la forêt de Loren ? Il arrive quoi aux garçons que les Fées capturent ? Les Fées elles sont gentilles ? Est-ce qu’elle a une licorne ? Mais je suis bien assez intelligent pour comprendre que sa patience est fine, et que si une Damoiselle du Graal peut vous sourire une seconde, elle peut aussi vous oblitérer celle d’après, selon son humeur. Elle a l’air de me tolérer – peut-être même de m’apprécier. C’est déjà un honneur gigantesque, qui vaut plus que les éperons de chevalier du Royaume et le titre de seigneur. Alors je me contente de timidement lui sourire et de m’éloigner à petits pas pour souffler.




Herbert de Rivel nous a offert le logis. Il a la générosité chevaleresque habituelle – Tous les donjons du pays ont des chambres spécialement faites pour les chevaliers errants ou les riches voyageurs de passage, on appelle ça le droit d’albergue si vous voulez apprendre un nouveau mot marrant, c’est que c’est important le vocabulaire. Tout le monde a donc humblement accepté, sauf moi. Le seigneur a fait une tête bizarre, il a cru que je l’insultais en refusant ainsi son hospitalité : Je l’ai vite rassuré avec ma toute petite voix de garçon, en lui disant que c’est simplement que je souhaitais passer la nuit avec mon cheval. Cela l’a fait rigoler, sympathiquement – j’ai dû passer pour un original, ce qui est tout de même mieux que passer pour la progéniture du Serpent.
Je suis donc allé dans la grange, là où les trois écuyers qui nous accompagnaient étaient en train, dans un coin, de sniffer de la gnôle et de faire des blagues de cul. Ils se sont mis à se taire quand je suis arrivé, et tous les trois se sont soulevés et ont baissé la tête à mon passage. Je les ais rassurés en souriant, en leur disant qu’ils n’étaient pas mes gens, et qu’ils pouvaient bien faire ce qu’ils voulaient. Ils m’ont remercié mais ont quand même décidé de s’éloigner pour aller se rendre ivres tranquillement.
J’ai pu donc me déshabiller entièrement. Sans l’aide de Triboulet, mais en hélant un des petits pages au service de sieur Herbert, j’ai retiré mon armure. Très, très délicatement, terrifié à l’idée de souiller ma cape de plumes, le garçon l’a fait passer au-dessus de ma tête et l’a repliée dans une malle à laquelle il prêtait une grande attention. Pour ce qui est de la plate Montfortoise, par contre, moins besoin d’y aller avec des gants. J’ai retiré les canons de bras, les plastrons, tous les gros morceaux métalliques bien clinquants, pour me retrouver uniquement en chemise et en braies. On m’a fait venir une bassine, avec laquelle j’ai pu rapidement prendre un bain d’eau froide, le corps tremblant, afin de me décrasser des efforts de la journée. Je me suis ébouriffé les cheveux à l’eau, et brossé rapidement les dents avec des feuilles de sauge. Puis j’ai filé devant un feu pour aller me sécher, je me suis rhabillé, et j’ai saisi une paillasse fourrée que m’a donné un valet pour aller rejoindre le box de Ravel.

Grand Ravel est en train de dormir debout. J’approche de lui avec un grand sourire, alors que je le réveille. Je vérifie qu’il a bien tout mangé son avoine, et chipe une pierre à sel que je lie avec une bandelette près de lui, afin qu’il puisse la lécher. Je lui brosse un peu sa robe, mais ça sert pas à grand-chose parce que le palefrenier lui a déjà tout fait, il est frais, beau et propre. Je l’embrasse et lui donne des tapes sur son croupion.

Je déplie ma couverture dans un coin, sur la paille, et m’allonge dedans. Il fait assez froid, j’entends le vent souffler, c’est mal isolé – en même temps c’est logique, je dormirais bien mieux, au chaud et sur un matelas moelleux si j’avais accepté l’hospitalité du sire. Vous devez me prendre pour un gros con, à ainsi décider de dormir dans un box pour cheval, avec la puanteur du fumier, ayant accès au même confort que trois sergents de la roture qui eux se réchauffent à l’eau-de-vie, et dont j’entends les rires à travers les cloisons en chêne. Mais je ne sais pas. Je délire, peut-être, mais j’ai l’impression d’ainsi approcher d’une… Je ne sais pas. D’une pureté et d’une humilité très chevaleresque. De toute ma vie de noble, je n’ai que très peu dormi ailleurs que dans des hôtels particuliers ou de solides donjons. Dormir dans le froid, dans la terre, dans la paille, comme je le fais depuis ces dernières semaines, ça me coupe de l’homme que j’étais avant. Du petit con né avec une cuillère en argent dans la bouche. C’est pour ça d’ailleurs que la Bretonnie tient tant à la tradition de la chevalerie errante ; cela apprend l’humilité et le devoir, plus sincèrement qu’autre chose. Dites ce que vous voulez sur la noblesse Bretonnienne, elle est militante. Elle sait manger son pain noir et souffrir pour son pays. Les Compagnons du Graal, qu’on a enterré dans des cathédrales rococo de marbre blanc et de verreries fines, ils devaient certainement savoir ce que c’était, de coucher dans le purin et d’être mordus par le froid glacial.

Au bout d’un moment, Ravel a décidé qu’il en avait marre de dormir debout, alors il a couché sa grosse carcasse de cheval d’une demi-tonne par terre. Alors, je me suis approché de lui, afin de profiter de sa chaleur, et j’ai dormir près de son ventre. Il a beaucoup ronflé, mais je pouvais pas m’empêcher de sourire.

Seul. Frigorifié. Embêté par le bruits et les odeurs.

J’ai passé la meilleure nuit de toute ma vie.

J’ai fais une longue nuit sans rêves – du moins, sans rêves dont je me souvienne au réveil. J’ai eu du mal à ouvrir les yeux, et c’est surtout parce que j’entendais du bruit que je me suis extirpé de mon sommeil. Des valets qui devaient s’activer. J’entendais des chevaux hennir. J’ai baillé et serré Ravel contre moi comme une peluche. Il a éternué avec ses gros nasaux, et, pataud comme tout, il a tenté de se mettre debout. Je me suis éloigné de lui pour ne pas me manger un coup de sabot, ce qui m’aurait assommé à coup sûr, puis, la tête dans le cul, je me suis remis debout. Une nuit sans rêve – c’est bien, je n’ai plus ces cauchemars étranges et saisissants qui me réveillaient en sueur à Derrevin. Je me sens libéré. Résolu. Comme si la Dame était toujours avec moi.
Oui, c’est bel et bien un autre homme qui est sorti de cette chapelle du Graal.

Ravel a trépigné de la patte. Il semblait vouloir se défouler, ce qui m’a fait rire. Je suis sorti dehors après avoir enfilé mes bottes, et j’ai été très surpris d’apercevoir le temps dehors : Il y avait un grand soleil. Certes, ça caillait toujours, je voyais de la buée sortir clairement de ma bouche, le frais mordait sacrément, mais au moins, il faisait beau. Je me suis étiré le dos et j’ai rejoins le manoir de sire Herbert pour rejoindre mes camarades et le seigneur, afin de lui présenter mes hommages et le remercier, histoire de pas me barrer comme un voleur. Et également pour pouvoir chourer une orange d’Estalie et puis deux croissants au beurre, parce que j’avais faim. J’ai quand même eu le temps de m’installer et de croiser « mes » chevaliers. Ils m’ont tous demandé si j’ai bien dormi, je les ai assurés que oui avec une petite blague par dessus (Genre : « Mais mon cheval a ronflé », ça rend sympathique), avant de leur retourner la question. C’est bien, pas de puces de lit, pas de bruits étranges, ils se sont bien reposés, tout le monde est intact.
C’est parfait, ça veut dire qu’on va pouvoir cavaler.

On a pas passé beaucoup de temps à traîner. Mélaine n’avait pas envie que nous fassions la grasse matinée. On s’est donc bien dépêché d’aller remettre nos chevaux en état, les écuyers ont monté sur leurs roncins et ont galopé à toute vitesse pour éviter de croiser la Damoiselle et pour nous servir d’éclaireurs plus en amont (Des fois que le fantôme de maman a engagé une milice pour nous prendre en embuscade, on sait jamais), et en deux temps trois mouvements nous étions prêts à partir. On est tous passés une dernière fois devant la chapelle du Graal pour faire une petite prière rapide – mais pas la magnifique cérémonie que Mélaine a guidé hier non plus – puis, hop, les fesses sur la selle et on est repartis.

Ravel est fou furieux. Un destrier Bretonnien c’est endurant, quand je dis que c’est les meilleurs chevaux du Vieux Monde je dis pas ça seulement par chauvinisme – ce sont vraiment des bestiaux qui peuvent galoper avec un gros gugus et son armure sur le dos, et caparaçon qui le recouvre. Mais je sens que Ravel est plus vif encore que les autres. Je ne peux pas me retirer de la tête l’idée que mon cheval essaye encore de manifester sa rébellion, de montrer qu’il est un jeune coq qui n’aime pas le mors et les rênes. J’ignore pourquoi, pourtant, il m’aime. Pour quelle raison ? Je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir un véritable lien avec les animaux. Pourquoi Ravel m’accepte donc ainsi ? A-t-on un point commun, lui et moi ? Je suis autant amusé que j’en suis ému. À force de gambader avec lui, sous le soleil, alors qu’il écrase la neige sous ses sabots, j’oublie tout de mes peines et de mes appréhensions. J’oublie que je suis en marche pour aller tuer ma mère. J’ai vraiment l’impression d’être le chevalier errant que j’ai tout juste cessé d’être. Enfin, je deviens ce que mon pays souhaiterait que je sois.
Je vais aller tuer ma mère en chantant.
Shallya me pardonne. Le matricide est le crime le plus immonde et le plus abominable qui existe sur Terre. Et pourtant, c’est bien ça que l’on va me demander de faire, et me féliciter pour.

Je décide malgré tout d’aller rejoindre le convoi au bout d’un moment. Je rejoins mes frères d’armes, qui discutent ensemble. Je vois que Rollet a toujours du mal avec son cheval. Je l’approche en souriant, et en tapotant l’encolure de mon destrier.
Allez. Je me sens d’une humeur excellente.

« Elle est vénérable, votre monture. Plus toute jeune, ce bonhomme.
Il a dû en voir des vertes et des pas mûres, avec vous. C’est un cheval que vous avez sous vous depuis longtemps ? »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 20 janv. 2020, 14:48, modifié 1 fois.
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Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 7* (9) / CHAR 12** (11) / INT 8 / INI 8* (9) / ATT 10* (12) / PAR 8* (10) / TIR 8 / NA 1 / PV 65/65
*Malus à cause du port de Harnois et Heaume
**Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire


Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Épée bâtarde bénie : 2 mains / 24+1d10(+1d3)*+1d5 par PdC de la Dame dépensé/ 24** (12) parade
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / Pas de parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 15 protection (Heaume)
Reste du corps : 15 (Harnois)

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 8 / RAP 10 / INT 8 / DOC 10 / ATT 9
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin » 20 janv. 2020, 14:41

Du jour au lendemain, la compagnie de chevaliers semblait avoir changé du tout au tout. Bénis par la Dame, leur chemin éclairé par un astre solaire prédominant dans un ciel sans nuages, c'était comme si la destinée les encourageait personnellement à mener à bien leur quête. Sous l'influence divine, chacun était devenu une meilleure version de lui-même.

Dame Mélaine tout d'abord, se montra moins distante : si les écuyers n'avaient toujours pas la permission de l'approcher, elle s'était désormais mise à discuter un petit peu avec les chevaliers, évoquant quelques anecdotes des multiples récits épiques entendus à la cour de Castel-Aquitanie. Elle ne tarissait pas d'éloges sur le Duc, et le sourire qui lui venait naturellement dès qu'elle parlait de lui en disait long sur ses sentiments à son sujet. Pour la première fois, la prophétesse laissait transparaître un peu d'humanité derrière sa grandeur.

Albert de Favière était son interlocuteur favori : les deux là semblaient se connaitre de longue date, et souvent l'on sentait qu'à travers des échanges très bénins entre eux, se cachaient des double sens évoquant un passé commun. S'il restait peu loquace, il prit pourtant le temps lors d'une courte pause d'aller voir Armand, surtout pour s'intéresser à Ravel, et pour le lien magnifique qu'il semblait partager avec son maitre. Apprenant que cavalier et monture ne se connaissaient que depuis peu, il sembla tout particulièrement impressionné par la force de leur lien naissant, le félicitant pour cela.

Artur de Fluvia débordait d'un enthousiasme difficile à contenir - s'il n'y avait pas eu la capricieuse monture de Rollet, il aurait intimé à tous de cavaler à toute allure jusqu'à la demeure de Lyrie, afin de pouvoir utiliser sa nouvelle arme le plus vite possible. Ne pouvant que prendre son mal en patience, il tuait le temps en partant lui aussi en éclaireur avec les écuyers, espérant peut-être apercevoir un quelconque malandrin sur laquelle il pourrait se servir de son épée, qu'il ne pouvait s'empêcher de dégainer et observer toutes les heures.

Casin Baillet quant à lui s'était muré dans le silence - ce qui restait une amélioration par rapport aux moqueries qu'il pouvait partager avec Artur le jour précédent. Le regard toujours fixé sur le lointain, il semblait perdu dans des pensées qu'il ne souhaitait pas partager.

Quant à Rollet du Bois, il contenait toujours très mal toute l'émotion qui l'étreignait. A plusieurs moments, on pouvait l'apercevoir en train de pleurer sur sa monture, remerciant sans jamais se lasser la Dame pour l'immense honneur qu'elle lui avait fait, promettant au nom de tout ce qu'il était et possédait d'être digne de son cadeau. Ravi qu'Armand vienne discuter avec lui, il lui conta sans méfiance de nombreuses histoires sur son passé - et il fallait bien admettre qu'il y avait là de quoi écrire une comédie burlesque que les meilleurs dramaturges lui envieraient. Son actuelle monture par exemple, était la troisième qu'il possédait - alors qu'il avait rejoint les forces de la Bretonnie dans la guerre contre Archaon, son précédent cheval avait mis le pied dans un nid de poule lors de la toute première charge à laquelle il participait, se cassant net une jambe, faisant tomber son cavalier avant de s'écrouler sur lui pour le bloquer au sol. La bête paniquée avait tenté de se relever, et se faisant avait davantage encore écrasé le chevalier, lui brisant la jambe et l'obligeant à retourner au pays avec les blessés pour passer des mois au temple de Shallya. Sans le sou après une vie d'errance, il n'avait récupéré son actuel équidé que parce que le chevalier le possédant s'en débarrassait : il s'agissait d'un roncin tout gris à la triste mine, qui avait une santé si fragile qu'il tombait malade chaque hiver. Selon Rollet, cela restait mieux que sa première monture : tout jeune, assoiffé d'aventures et encore trop naïf, il s'était fait arnaquer par un groupe de stryganis lui ayant promis que leur monture était capable de prouesses supérieures encore aux destriers bretonniens, ayant davantage de sang de coursier elfique dans les veines. Peut-être était-ce la vérité, le problème n'avait pas été là : la bête était aussi hargneuse que rebelle, n'écoutant aucun ordre, ruant et mordant sans raison, et avait fait défection au chevalier une nuit en forêt, se libérant de sa corde pendant la nuit en la grignotant. Il avait du marcher tout seul six jours durant en armure complète dans la boue humide d'une forêt inondée par les intempéries, avant d'enfin retrouver la civilisation. Le cheval quant à lui ne fut jamais revu par quiconque.



Leur deuxième nuit se fit non pas dans un château, mais dans une chapelle du Graal abandonnée sur leur route. Bien plus modeste que celle de Rivel, et malgré l'absence de chevalier du Graal rattaché à sa structure, elle n'en restait pas moins majestueuse à sa manière : les vitraux, très nombreux et colorés, illuminaient par l'action du soleil toute la pièce d'un arc en ciel de couleurs. Les pèlerins du Graal s'occupaient régulièrement de l'entretien de pareils lieux, et même si la poussière n'avait fait que commencer à s'installer dans une fine couche, tous les chevaliers furent mis à contribution par Mélaine pour nettoyer les lieux. Humblement, nobles comme prophétesse mirent la main à l'ouvrage, changeant les bougies fondues, remplaçant les fleurs sur l'autel, nettoyant bancs et vitraux, tout cela jusqu'à ce que les lieux soient dignes de la Dame.

Les basses besognes effectuées, chaque chevalier fut encouragé à réciter quelques prières à haute voix, ainsi qu'à partager ses récits héroïques préférés afin qu'ils inspirent leurs camarades dans la tâche à venir. Plus d'une heure passa ainsi, à écouter les légendes des grands chevaliers d'antan, avant que chacun n'aille dormir sur un banc en bois sommairement aménagé.



Le lendemain, à cause du rythme claudiquant de la monture de Rollet qui ne faisait qu'empirer - la pauvre bête semblait apercevoir Morr à chaque pas - ils n'arrivèrent à la frontière Lyrienne que quelques heures avant le coucher du soleil. Sur la demande d'Armand, le petit groupe avait d'ailleurs fait un détour qui avait rallongé le trajet d'une bonne heure : plutôt que d'arriver par le sud-ouest, il avait souhaité longer son domaine par l'ouest afin de pouvoir retrouver Félix et Andry qui viendraient du nord.

Malheureusement, arrivé à la croisée des chemins, le jeune homme constata que ses deux amis n'étaient pas au point de rendez-vous.

A l'est, un panonceau présentant une illustration particulièrement évocatrice d'un homme décapité prévenait les voyageurs : par décret ducal, le domaine de Lyrie était formellement interdit d'accès pour tous. Pourtant, au-delà de ce petit bout de bois, presque rien ne laissait présager d'une quelconque malfaisance au-delà de la frontière : il y avait là les mêmes paysages hivernaux que partout ailleurs en Aquitanie, les mêmes champs abandonnés pour cette saison, les mêmes conifères résistant à la neige, les mêmes plaines aussi plates que calmes. La seule vraie différence résidait dans l'absence de vie aux alentours des maisonnettes de paysans longeant le chemin : aucun enfant ne jouait dehors, aucune odeur de soupe ne quittait les fenêtres des demeures, aucun mari ne coupait du petit bois pour alimenter son foyer.

Tous les regards se tournèrent vers Armand : le soleil avait entamé sa course descendante, et s'ils ne se mettaient pas en route dès maintenant, ils n'arriveraient sans doutes pas au château de Lyrie avant le crépuscule. La monture de Rollet était dans un état lamentable, et malgré la confiance qu'il lui portait, assurant que chaque année c'était ainsi mais qu'elle se remettait toujours, Armand avait vraiment l'impression qu'elle ne passerait pas la nuit. Si Artur et Casin ne prononçaient pas un mot, attendant la décision d'Armand car ils s'étaient mis à son service pour cette mission, il était évident qu'ils ne désiraient pas perdre du temps : la Dame les avait bénis pour cette tâche, ils n'avaient donc nul besoin d'un Maisne et d'un hors-la-loi pour les aider. L'existence du second fit d'ailleurs grandement tiquer sire Albert, qui signifia bien qu'il ne permettrait pas à pareil sous-individu de respirer le même air que la noble Dame Mélaine.

Quant à cette dernière, elle se garda bien de donner son opinion, gardant un visage neutre, et dévisageant Armand en attendant qu'il donne ses ordres...

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie » 20 janv. 2020, 15:52

Ma bonne volonté est éprouvée. Ma foi est étrillée. J’ai la boule au ventre, le regard bovin, et l’haleine morne.
Je suis rentré chez moi.

La compagnie a été plus agréable que je ne le pensais. Nous sommes tous dévoués. Forts. Résolus. Je me suis surpris à même sourire à Casin – il se tait, n’arrête pas de regarder dans le vide, il scotche en se mettant à se perdre dans ses propres pensées. Je me demande à quoi il songe. Il ne m’aime peut-être pas, moi je le trouve appréciable.
J’espère qu’aucun de ces hommes qui sont à présent mes camarades ne tomberont. Ce serait un sort cruel – ils mourraient pour moi. Est-ce que je mérite seulement un tel sacrifice ? Je me surprend à souvent soupeser la Miséricorde qui est retenue dans mon dos.
La noblesse d’Aquitanie a beau me haïr, c’est pour moi qu’ils sont ici. C’est pour moi qu’ils risquent leur peau. Pas par amour : Parce que c’est ce qui est juste, et notre pays aime faire ce qui est juste. Si nous étions dans l’Empire, un répurgateur n’aurait pas hésité à me tuer dans mon sommeil, sans douleur, et il serait allé dire à tout le monde qu’il a fait la chose la plus pragmatique, celle qui a épargné le plus de vie. En Bretonnie, nous n’aimons pas le pragmatisme. Le pragmatisme est fait pour les marchands, les boutiquiers, c’est une chose bonne pour les artisans et les banquiers, ceux qui vivent avec la lie de l’argent. Ils ne me tueraient pas dans mon sommeil car la loi de la chevalerie les interdit. Parce qu’il vaut mieux faire ce que les Dieux veulent, faire ce qui permet de ne pas s’entacher de déshonneur, plutôt que de faire ce qui est le plus simple et le plus économe.
C’est pour cela qu’on se raconte des exploits de chevaliers dans les chapelles du Graal. Les chevaliers Bretonniens ne sont pas vénérés – seulement – parce qu’ils sont forts, adroits, et pugnaces. Ils sont vénérés parce qu’ils savent ne jamais s’avilir. Ils sont à jamais généreux, doux, grégaires, proches de leurs amis, honnêtes envers leur seigneur, dédiés à leur pays et leur Dame.
L’Aquitanie est pleine d’intrigants et de manipulateurs, qui cherchent à s’accaparer le pouvoir là où il devrait être une récompense accordée par le mérite. Il nous faut donner l’exemple.

Et moi aussi je me dois de donner l’exemple. Si mes camarades sont en danger, il faudra que moi aussi je sois prêt à donner ma vie pour eux.
Peu importe le prix.



Je suis rentré chez moi. J’ai le cœur qui bat plus vite. Je me sens plus dur et plus solennel que jamais. Nous sommes juste à la frontière de mon ancienne seigneurie. Je reconnais ses champs quelconques qui ressemblent à tous les autres champs, ses masures qui sont totalement identiques à toutes les masures d’Aquitanie. En fait, je suis heureux de n’avoir jamais prêté grande attention aux manants de ma terre natale – cela aurait rendu le spectacle de ce vide bien plus lourd et bien plus saisissant.
Andry et Félix ne viendront pas. Cela m’énerve ; J’aurais aimé avoir leur soutien auprès de moi. S’ils ne sont pas de grands amis, au moins, ils étaient des gens avec qui je pouvais aisément rire et discuter de tout et de rien. Je regarde inutilement le chemin derrière moi, tandis que je comprends que ça va être à moi de prendre des décisions.
Logique. C’est moi le guide. C’est moi le meneur de conroi. C’est moi qui suit l’objet de cette quête, tout simplement.

« Ils devraient être déjà là. Mille choses a pu leur arriver en chemin. Peut-être qu’Andry de Maisne a refusé de suivre maître Félix. Peut-être que leur cheval s’est blessé. N’importe quoi, je l’ignore.
Puisqu’ils ne sont pas ici, inutile de les attendre plus longtemps. »

Je préfère atteindre le château de Lyrie dès maintenant, et en finir. Nous sommes si proches du but, le canasson de Rolet va bientôt canner… Autant profiter de notre avantage tant que nous le pouvons.

Il y a juste une chose qui me dérange. Je regarde le chemin, un peu au loin.

« Les écuyers devraient se rapprocher de nous, je pense. Je trouve qu’ils galopent trop en avant. Nous devrions être suffisamment proches d’eux afin que nous puissions mutuellement nous porter secours en cas d’embuscade. »

Là, je devine déjà ce que Albert va dire. C’est un bon guerrier bien héroïque, c’est certain, mais il semble véritablement répugner les roturiers. Je le regarde droit dans les yeux, et tente de le convaincre à mon opinion diplomatiquement :

« Je ne remets pas en cause notre élan et notre courage. Nous sommes bien assez forts pour vaincre quiconque nous attaquerait. Mais les écuyers sont une ressource utile, ils sont nos yeux et nos oreilles en amont, ils font aussi d’excellents appâts pour attirer les plus impies et les plus ridicules de nos possibles ennemis.
Je ne vous forcerai pas à accepter mon ordre, sieur Albert – vous êtes un chevalier de bien plus noble qualité que moi, avec bien plus d’expérience. Je suggère simplement que nous demandions aux écuyers de se rapprocher, qu’ils soient à portée de vue et de voix de nous. Cela serait plus commode pour le reste du chemin que nous avons à faire, non ? »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 23 janv. 2020, 21:20, modifié 1 fois.
Raison : 6 xps / Total d'xp : 43
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 7* (9) / CHAR 12** (11) / INT 8 / INI 8* (9) / ATT 10* (12) / PAR 8* (10) / TIR 8 / NA 1 / PV 65/65
*Malus à cause du port de Harnois et Heaume
**Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire


Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Épée bâtarde bénie : 2 mains / 24+1d10(+1d3)*+1d5 par PdC de la Dame dépensé/ 24** (12) parade
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / Pas de parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 15 protection (Heaume)
Reste du corps : 15 (Harnois)

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 8 / RAP 10 / INT 8 / DOC 10 / ATT 9
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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[MJ] Katarin
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin » 23 janv. 2020, 12:54

Le jeune homme de Lyrie avait sans doutes mal évalué l'appréciation d'Albert de Faviere à son égard, car il fut bien plus facile à convaincre qu'Armand l'avait supposé. Après un court moment de réflexion, sa voix grave résonna derrière son casque fermé pour formuler une phrase :

- C'est votre quête Armand : je suivrais vos décisions, toutes vos décisions, tant qu'elles ne mettent pas en danger direct Dame Mélaine.

Après tout, cela était-il si surprenant ? Le protecteur de la prophétesse n'avait jamais montré aucun grief envers Armand, bien au contraire : ils ne se connaissaient que depuis deux jours, et Armand avait non seulement vu sa quête de rédemption soutenue par la bénédiction de la Dame, mais en plus il montrait une relation d'empathie et de complicité rare avec sa monture, chose qu'un couronnois ne pouvait qu'admirer. La visière perpétuellement baissée, s'exprimant très peu et de manière très laconique, il était difficile de comprendre Albert sans jamais apercevoir les traits de son visage - pourtant, à cet instant, il était évident qu'il avait un certain respect pour l'homme qui les avait amené ici.

Écuyers, chevaliers et prophétesses entrèrent donc tous ensemble dans la seigneurie maudite de Lyrie.

Certes, les terres natales d'Armand n'avaient pas grandes différences topographiques avec le reste de l'Aquitanie - tout se ressemblait dans ce duché plat où les vergers se succédaient aux fermes, où les routes mal entretenues permettaient d'accéder à une flopée de petites maisonnées de fermiers. Et pourtant, tout y était si différent, car en ces lieux, le jeune chevalier pouvait ressasser mille et un souvenirs. Ce bosquet n'était pas n'importe quel bosquet : non, c'est ici qu'en compagnie de Margot ils collectaient les meilleures framboises d'Aquitanie, qu'ils dévoraient en s'installant confortablement sur la butte voisine. Cette grange, ce n'était pas juste une grange, non, c'est là qu'il avait forcé Triboulet à se rouler dans la boue pour qu'il imite un cochon sous les rires idiots et moqueurs de ses jeunes amis nobles.

La Lyrie était peut-être aussi banale que n'importe quelle autre seigneurie, mais pour le jeune Armand, elle était unique de par les vingt longues années qu'il y avait vécu.

Mais désormais, toute cette vie dont il se rappelait avait déserté les lieux. Obligés de fuir un territoire en quarantaine, les paysans avaient emporté leurs maigres possessions avec eux avant d'être replacés dans les domaines voisins, ne laissant derrière eux que ce qu'ils ne pouvaient pas emporter, comme les réserves de bois abandonnées sous des bâches, ou le gros mobilier parfois abandonné à l'extérieur lorsqu'ils s'étaient rendus compte qu'il ne tiendrait pas sur leur chariot. La fine pellicule de neige au sol était immaculée, et nul doute que cette route n'avait pas été empruntée depuis des semaines maintenant.

Un peu plus de deux heures plus tard, le contour du château de Lyrie se précisait dans le lointain... tout comme les doutes se levaient quant à l'étrange vision qu'il offrait depuis la distance.

- Messires, dites-moi que ma vue me joue des tours, bégaya le vieux chevalier. Le donjon que j'aperçois, il...

- Vos yeux ne vous trompent pas. Nous le voyons tous.

- Co... Comment ? Vous nous aviez conté qu'il s'était écroulé pendant les combats !

- Sorcellerie, conclut Casin.

L'ancien prétendant d'Anne de Ternant cracha au sol pour appuyer sa déclaration, avant de chercher des yeux le regard de Dame Mélaine, attendant que peut-être elle éclaircisse la situation : après tout, elle était la seule à comprendre la magie parmi eux. Mais la prophétesse ne répondit pas à ses attentes muettes, gardant pour elle ses théories sur la situation.

- Approchons-nous.

Une heure durant, la situation resta identique : le paysage restait aussi désert et silencieux, mais au loin, le château de Lyrie semblait se moquer d'eux. La tour à feu à son sommet allumée, il invitait les voyageurs à le rejoindre, n'affichant pas la moindre trace de dégradation.

Lorsqu'enfin les faubourgs de Lyrie précédant les murailles furent en vue, le malaise grandit davantage encore au sein des cavaliers. Et pour cause. Il y avait là des gens. Beaucoup de gens. Des centaines de paysans, qui vivaient leur vie le plus naturellement du monde. Là, un groupe d'enfants faisait une bataille de boules de neige. Là-bas, un boulanger vendait ses dernières miches à un couple. Ici, c'était un père qui engueulait son fils après lui avoir collé une gifle magistrale. Au loin, deux grands-pères étaient assis sur un muret, et pointaient du doigt les voyageurs. Un sergent allumait une par une les lanternes des maisons juxtaposant la rue, en prévision de la nuit du crépuscule qui approchait.

Les quartiers extérieurs de la ville de Lyrie respiraient la vie.

- La Dame soit louée... qu'est-ce-que...

- Déreliche, grommela Albert de Favières

- Vous plaisantez j'espère, répondit Artur avec condescendance. Il y a des centaines de personnes devant nous, aucune déreliche recensée n'a jamais été capable de simuler autant d'humains.

- Elles sont plusieurs. Regardez bien.

En observant vraiment la singularité de ces faubourgs qui auraient du être déserts et pourtant plein de vie, Armand comprit ce que Dame Mélaine avait repéré. Si l'on observait chaque habitant indépendamment, alors l'illusion de vie était parfaite, mais lorsqu'on observait l'ensemble... les incohérences se multipliaient. Certains portaient des vêtements qui n'étaient pas adaptés à la saison, voire à l'époque, trop légers pour un temps hivernal. De même, le vendeur de légumes proposait des tomates fraîches, un fruit qui ne poussait pas en cette saison. Et plus étrange encore, parfois deux habitants se percutaient en marchant, puis reprenaient leur route en changeant de direction comme si de rien n'était.
Les déréliches ne vivaient pas en groupe, Armand le savait, et c'est ce qui expliquait les anomalies de comportement des habitants qu'il voyait devant lui. les illusions de ces esprits n'arrivaient pas à se synchroniser avec les illusions des autres, créant des habitants incapables de voir leurs congénères. Quant à comprendre comment et pourquoi autant de ces monstres se retrouvaient ici entassées, et par quelle sinistre magie les édifices détruits étaient de nouveau intacts... c'était une question à laquelle il ne pouvait que supposer que sa mère seule ait les réponses.

Une habitante parmi la foule en particulier attira l'attention d'Armand. Une femme qu'il eut l'intime conviction de connaitre, quand bien même son visage semblait plus jeune, plus joyeux, plus épanoui, que ce mélange de peur et de colère qu'il lui connaissait si bien. Une jeune paysanne qui devait avoir dix-huit ans, aux longs cheveux blonds comme les blés, aux petits yeux céruléens, et au petit menton rebelle, qui portait ici une simple robe en lin, sans capuche, à la couleur rouge éclatante. Une femme qui ne devrait pas être là mais à Derrevin : la prêtresse de Shallya nommée Thecia.

- Doit-on vraiment les affronter ? demanda timidement Rollet du Bois, apparemment peu rassuré à l'idée d'affronter un ennemi en pareille supériorité numérique.

Derrière les faubourgs se tenaient les portes de la ville, aussi intactes que le donjon du château visible au loin. Et pourtant, parmi les histoires contées par la prophétesse du Graal pendant leur trajet jusqu'ici, il y avait eu celle détaillant comment elle avait fait tomber lesdites portes avec sa magie, permettant aux forces du Duc de s'engouffrer dans la cité de Lyrie.

Écuyers comme chevaliers se tournèrent vers Armand, tandis que seule Mélaine resta concentrée sur la ville, le visage sombre.


Jet de CHA d'Armand pour convaincre Albert de Faviere : 1.
Ah. T'as pas fini de faire des jets bizarres oui ? :mrgreen:

Jet de perception d'Armand : 1
Ah ouais. Ok ok.
Tu le prends comme ça, et bien deuxième pdc Ranald alors.
Non mais.

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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie » 23 janv. 2020, 17:28

Signe de tête approbateur à la réponse du paladin. Je sais pas si je me sens bien à l’aise avec l’idée qu'il obéira à chacun de mes ordres : c’est pas forcément une bonne nouvelle. Ça veut dire qu’il est sous ma responsabilité, et que lui aussi, je vais devoir tout faire pour le ramener en vie. Dur quand on est un gosse, le seul garçon plus jeune que moi ici c’est Artur – et il l’est pas beaucoup plus, d’ailleurs. On aurait l’âge pour aller participer aux mêmes conrois, ou faire une errance ensemble.
Un chevalier Bretonnien n’a pas peur de mourir, mais ils ne méritent pas de mourir pour ma personne. Artur, Casin, Rollet, Albert… Ils mériteraient de mourir plus utilement que pour m’épargner. J’ai dû mal à soutenir leurs regards, alors même que, petit à petit, je les sens plus empathiques et dévoués à mon égard, depuis cette cérémonie étrange qu’a mené la Damoiselle. Je crois presque que je préférais quand je sentais leur fugace envie de me découper ou de demander à leurs valets de me tirer un carreau d’arbalète dans le dos. Au moins je n’avais pas besoin d’éprouver de la compassion pour eux.

Suite à mes ordres, Casin porte ses doigts à sa bouche et siffle très fort, dédaigneusement. Les écuyers juchés sur leurs percherons se rapprochent donc. Albert ne souhaite même pas les regarder dans les yeux, on dirait qu’il est face à du fumier – non, en fait, c’est une mauvaise comparaison ; Comme moi, et comme tous les nobles de Couronne, Albert adore son cheval, enfant il devait passer tout son temps aux écuries, le fumier n’est donc pas quelque chose qui souille à ses yeux. Je suis sûr que c’est le genre d’homme qui se fiche de marcher dans du crottin de jument, mais qui se sentirait nauséeux si un roturier lui serrait la main.
Bien que les écuyers ne soient pas sous mes gages, c’est pourtant moi qui m’approche d’eux pour leur donner des directives.

« Bonhommes. Nous n’avons pas pu trop faire connaissance. Je vais avoir grand besoin de votre force et de votre obéissance. »

Notez les mots que j’emploie. À mes compagnons, je peux me permettre d’exiger « l’élan », du « courage », et de la « loyauté ». Avec les paysans, je demande de « l’obéissance », ce qui est pas tout à fait pareil, et de la « force », parce que leur but, c’est d’être des gros bourrins peu élégants au combat.
Comme des bœufs.

« Nous allons traverser un endroit dangereux où nous risquons d’affronter des ennemis plus fourbes et plus particuliers que de simples peaux-vertes.
Restez alertes, attentifs, et près de nous. Je sais que normalement un paysan n’a pas le droit d’interrompre un noble, mais n’hésitez pas à vous faire entendre si vous ressentez un danger, ou quelque chose que nous devrions remarquer.
Du reste, que Shallya vous gardes et vous protèges. Si vous faites ce que je dis, je ferai en sorte de vous ramener dans vos masures en vie. »


Je préfère invoquer Shallya avec les paysans plutôt que la Dame. La Dame est peu accessible aux paysans, excepté pour les pèlerins du Graal qui dédient toute leur vie au service des chevaliers ; Mais les pèlerins c’est un peu particulier, ce sont souvent des orphelins, des clochards, des marginaux, des gens qui n’ont plus rien pour eux et qui trouvent un refuge dans les chapelles dont ils récurent le carrelage et auprès des guerriers dont ils polissent les éperons. Le paysan commun, il tremble devant la Dame : Il l’implore quand il est en danger, il baisse les yeux devant une Damoiselle, il éprouve plus de crainte et de révérence que d'amour.
Au moins, Shallya, elle fait bien la passerelle entre le noble et le paysan. Ses temples sont bien le seul endroit où nous sommes côtes-à-côtes plutôt que face-à-face. Où nous pouvons sentir que nous sommes, tous deux, des êtres humains aussi vulnérables l’un que l’autre.

Ils approuvent en tout cas tous les trois, en baissant les yeux et en grommelant un « messire ». C’est compliqué pour moi de savoir si mes mots les ont atteints, et qu’ils me seront donc dévoués, ou si dans leurs cervelles ils se sont déjà convaincus que j’étais un crétin : « Hé beh, qui s’prend pas pour d’la merde c’lui-lô ». C’est ça la chose marrante avec les sergents d’armes, les écuyers, les soldats professionnels de la Bretonnie : Ils en ont vu d’autres, certains d’entre eux sont tout aussi, voire même plus expérimentés que les chevaliers à qui ils ont affaire. Ils savent respecter leurs maîtres, mais également avoir leurs propres opinions sur la conduite de la bataille dans leurs têtes.
Un bon noble Bretonnien aura un mélange de franc respect et de saine méfiance envers ses hommes d’armes.

« Bien. Dans ce cas…
Saint-Frédémond nous ouvre la route. »


En réalité, c’est plutôt moi. C’est logique. C’est ma quête, je suis le chef de conroi, Albert de Favière accepte de bien m’écouter, et puis, je connais la seigneurie mieux que quiconque. Qui d’autre que moi pour demander à tout le monde d’avancer ?

J’ai fais en sorte qu’on marche au petit trot. La faute à la jument de Rollet – comme toujours. D’un autre côté, l’heure n’était pas à galoper ventre à terre. Les écuyers se sont postés sur les côtés, leurs armes de traits entre leurs jambes, à observer les futaies et les sentiers. Au cas où il y ait des embusqués qui tentent de nous engager. C’est aussi ça l’avantage de se trimbaler des roturiers avec nous : Si un ennemi utilise un arc on pourra faire autre chose que juste le charger. On déteste vraiment les armes à distance, nous, la noblesse. L’ambiance est devenue soudain beaucoup plus pesante, et sérieuse, et tout le monde la bouclait. C’était comme entrer en territoire ennemi. Il fallait maintenant faire attention au moindre mouvement dans les buissons, au moindre son de craquement de neige un peu éloigné. Surtout que plus nous remontions les chemins, plus la luminosité baissait, au fur et à mesure que le jour laissait place à la nuit.
En fait, s’il y avait bien quelqu’un qui ne prenait pas très au sérieux notre danger, eh bien, c’était moi.

La première heure, je me foutais complètement du paysage que j’étais en train de traverser. C’était juste des putains de champs. Il n’y a que ça dans ce duché, des putains de champs.
Mais petit à petit, je me suis rendu compte que je ne faisais que me mentir à moi-même. Comme d’habitude. Vous savez à quel point j’adore me raconter des conneries pour me tranquilliser.
Oui, vous vous souvenez bien de ce que je vous avais raconté lorsque moi et Félix trottions dans le froid, à notre sortie de Derrevin ; Comment les arbres quelconques, les chemins quelconques, les ponts quelconques, sans aucune importance à l’œil commun, m’emplissaient d’une tristesse nostalgique au fur et à mesure que je me rendais compte que j’étais chez moi. C’est ça le patriotisme – se sentir chez soi.
Eh bien, la chose s’est révélée encore plus tragiquement alors que, petit à petit, je remontais jusqu’à mon château.

J’ai vingt-et-un-an. J’ai passé la quasi-totalité de ma vie ici, hormis quelques saisons éphémères dans des seigneuries amies de ma famille, ou bien des tournois où j’accompagnais le chevalier Quentin de Beauziac. Les souvenirs me reviennent petit à petit. Ils renforcent mon spleen, me forcent à grincer des molaires, et à faire craqueler mes gants en cuir alors que je serre silencieusement des poings.
Je ne peux pas repenser à un seul bon moment de mon passé sans que reviennent me hanter mes cauchemars. C’est ça le pire crime de ma famille, et que vous devez bien saisir. Ma famille ne me faisait pas de mal. Je n’étais pas un garçon battu, ou humilié, ou crevant la dalle. J’ai toujours eu le confort, l’amour, l’attention de mes proches. J’étais plus gâté que beaucoup de gosses, Andry de Maisne ou Artur de Fluvia, vu la sévérité et la discipline de leurs aînés, ils auraient été le genre à jalouser la manière dont on prenait toujours soin de moi. Ce qu’à fait ma famille envers moi est quelque chose de bien plus insidieux, et de bien plus odieux que de me faire du mal : Ils m’ont volé mon passé. Tout simplement. Ils ont ruiné la charpente de mon temple.

Je ne peux plus songer aux rires des bêtises que je faisais avec Margot sans me rappeler ce qu’elle est aujourd’hui, seule, enfermée dans un Temple de Shallya, avec une marque atroce dans le dos. Je ne peux plus me rappeler des rires narquois et mauvais lorsque je torturais Triboulet sans repenser à la manière dont il m’a quitté il y a quelques jours, m’implorant de lui rendre sa liberté. Je ne peux plus évoquer les passes d’armes exercées que je faisais avec mes cousins et mes amis, sous le regard sévère mais plein de fierté de mon père, sans savoir la décadence abominable des gens qui m’ont formé et tout appris.
Ma mère et ce qui reste de mon ancienne famille ont donc décidé de hurler au monde toute leur rage et refusent d’aller se reposer auprès de Morr. Qu’ils aillent se faire foutre. J’ai autant de colère en moi qu’eux tous réunis, et la mienne est plus légitime encore. Et pourtant… Pourtant, j’étais heureux ici. J’étais heureux dans ce sous-bois, sur ces labours, sous l’ombre de tel moulin ou de tel clocher. Je vivais une bonne vie insouciante, douce et paisible.

Et aujourd’hui il en reste plus rien.

Du moins, c’est ce que je croyais.

J’ai été obligé de m’arrêter quand j’ai vu, au loin, la tour de donjon intacte. J’ai pas été le seul à être choqué. Tous mes compagnons, derrière moi, avaient les yeux écarquillés. Discussion laconique entre eux. Je ne dis pas un mot. Je ne sais pas quoi dire. J’en sais pas plus qu’eux. J’ai aucune information de plus. Je suis juste… Rien. Je ne sais que dire.
Mais du coup, ma colère a disparut. Et à la place, c’est un autre sentiment bien horrible qui s’est saisi de moi.
La peur.
J’ai senti mon ventre se nouer. Ma vision se brouiller. Je me suis mis à redouter ce que je pouvais trouver là-haut, sur ces remparts, ces beaux remparts sur lesquels je pourrais vous raconter une centaine d’anecdotes, avec toutes les personnes que j’ai pu connaître.
J’ai posé ma main à mon cœur, contre la satanée broche à guivre de la maison de Lyrie. Je l’aie recouverte avec mon poing, comme si je souhaitais, soudainement, faire oublier aux autres que cet endroit vers lequel nous allons, c’était un jour chez moi.

Nous sommes donc repartis. Et à chaque enjambée de nos chevaux, nous découvrions comment la lumière de la tour à feu s’illuminait, et comment les murailles étaient parfaitement intactes, aussi imposantes et arrogantes que je les aies toujours connues. Jeune, je les prenais même pour imprenables : Tous les seigneurs d’Aquitanie sont persuadés que leurs châteaux flambants neufs et excessivement grands sont imprenables, mais on est le duché avec le plus de bastions abandonnés, donc cherchez l’erreur.

La vie est revenue à la seigneurie de Lyrie. Comme à Derrevin, comme à Castel-Aquitanie, un tas de gueux font leurs petites vies de gueux. Ils rient, grommellent, discutent, vendent, terminent le travail.
Je n’ai jamais vu de vision aussi terrifiante que celle-ci. J’aurais cru que, devant le bastion de Lyrie, j’aurais pour poser les yeux sur des cadavres déchiquetés, des monstres de chair mort-vivants animés par les pires sortilèges. Rien de tout ça. Tout comme mes camarades, je suis ébahi et terrifié par la simple vision d’une vie campagnarde commune.
Je n’ai même pas besoin de faire le moindre commentaire. Artur me hôte les mots de la bouche. Je m’attendais à ce qu’une Déréliche occupe le vieux château de Lyrie. C’était une possibilité. On pouvait s’en douter. Mais jamais une Déréliche n'a jamais été capable d’animer une centaine de personnes toutes ensembles. Mélaine pense qu’elles sont plusieurs ; il est vrai que les illusions entrent en conflit entre elles. S’ignorent plus qu’elles n’interagissent. Car ce sont bien des illusions. Des faux-semblants étonnamment réalistes, mais voir des bras nus comme si on était en été alors qu’il caille assez pour que je puisse voir la buée qui sort de mes lèvres, ça mettrait la puce à l’oreille de n’importe qui.
Surtout, en tant que chevaliers, nous savons que ces illusions peuvent se révéler hostiles. Mais là, il y en a beaucoup, beaucoup trop.
Je sens l’incompréhension de mes frères et des écuyers. Et surtout, je sens la colère de Mélaine. Elle est terrifiante. Son visage angélique s’est mué en un air de hargne, ses sourcils sont froncés, son regard déterminé. On dirait que dans la seconde, elle va nous ordonner de charger, lance couchée, pour aller exterminer les fantômes par la fureur, l’épée, et l’arbalète dans le cas de nos comparses roturiers. Je suis à deux doigts de réagir, ennuyé par le silence qui s’est emparé de notre troupe, lorsque, soudain, au milieu des tas de paysans imaginaires, je crois reconnaître une silhouette.

Elle ressemble à Margot. Elle a les mêmes magnifiques cheveux blonds : C’est ces beaux cheveux dorés qui ont attiré mon attention en premier lieu, qui m’ont forcé à l’observer ; la même couleur que Maussade, la même couleur qu’Oranne. Elle a le même air jovial, que je lui prêtais lorsque j’étais plus jeune – mais elle a bien grandit. Elle sourit, elle se ballade tranquillement. Elle est belle. Mais ce n’est pas ma tendre Margot. C’est cette sœur de Shallya énigmatique, que je terrifiais lorsque j’étais à Derrevin. Celle que, dans un moment de folie fiévreuse, d’hallucination maladive, j’ai découvert après avoir…

Elle porte une robe d’un rouge éclatant.

Ça a été le déclic. Le détail significatif. L’observation qui m’a fait ressentir une palpitation, et qui a coupé mon souffle.

Elle porte une robe d’un rouge éclatant.

La couleur est quelque chose de drôle. Vous pourriez croire qu’une couleur c’est une couleur, et qu’elle n’a pas plus d’importance que ça. Mais la couleur est liée, intuitivement, inconsciemment, à des choses. On les relies dans nos esprits. Le vert peut vous faire penser à la nature, ou aux gens malades, cela dépend de sa pâleur. Lorsque vous voyez des preux nobles Bretonniens, vous savez quel genre de couleur ils vont porter ; Si la robe de Mélaine est blanche, d’un blanc immaculé, il y a une raison. Les couleurs font notre superbe.
Et le rouge, en Bretonnie, ce n’est pas une couleur qu’on voit souvent. Surtout, c’est une couleur qui est absolument prohibée par les lois somptuaires de notre Royaume. Le rouge est trop significatif. Le rouge c’est le sang, c’est la guerre, mais c’est aussi la passion, l’amour, la couleur des roses et des lèvres qui s’embrassent. Les paysans ne portent pas de rouge. C’est un motif pour les faire fouetter. Les Déréliches ont beau se tromper dans leurs illusions, faire des frusques qui ne correspondent pas au temps qu'il fait, des fruits qui ne sont pas de saison, jamais aucune Déréliche ne se tromperait sur un détail aussi bête. Avec sa robe rouge, Thécia détonne au milieu de la foule.
Elle a le rouge du mantel de Smearghus.
Ce rouge que portait Gilles sur le tableau de Nicolas Naudin, avant que, sous mes yeux, la Dame voilée ne s’en empare, et lui vole sa couleur.

J’ai eu l’impression de délirer. De m’imaginer des choses. De fantasmer. Mais tout autour de moi est trop fou. Rien n’est à sa place, rien n’a de sens.
Non. Non je ne délire pas. Non je sais que je ne rêve pas. Ce n’est pas mon imagination. Ce n’est pas une création d’une des Déréliches qui vit dans ce faubourg :

C’est Thécia. C’est Thécia elle-même. Et ce manteau…

Le tableau revient dans mon crâne. Je suis obligé de poser une main sur ma tempe, et serrer les dents, parce qu’une sale migraine violente vient soudainement de naître, de se saisir de ma tête dans un étau. Je regarde, apeuré, vers Mélaine. Elle est trop occupée à regarder avec colère le donjon de Lyrie pour noter comment mon âme vient soudain d’être troublée.
J’avais chassé le tableau de mon crâne. Cela faisait des jours que je n’y avais plus pensé. Mais non. Non je ne l’ai pas oublié. Il est là. Il est toujours là. J’en revois le moindre détail. Je peux voir jusqu’aux stries sur les ongles de Gilles. J’ai envie de compter jusqu’au nombre de cils sur les paupières des Fées. J’ai envie de le revoir. J’ai envie de hurler pour qu'on me laisse le revoir. J’ai envie de passer des heures à m’assurer d’avoir compté toutes les fleurs-de-lys qui ont été peintes. Les connaître par cœur.
Et je repense à la voix sous l’escalier, dans ce… Ce putain de bâtiment de régisseur ! Qu’est-ce qu’elle fait là ? Pourquoi Thécia est ici ?! Derrevin est tombée sous les armées des Maisne, est-ce que c’est pour ça qu’Andry n’est pas là ?! Carlomax a-t-il trahit ?! J’ai des milliers de théories paranoïaques, de complots tous plus invraisemblables les uns que les autres qui commencent à jaillir. Et je sens mon cœur battre derrière mon œil, synchronisé avec la migraine.

J’inspire. Je me saisis du manche de mon épée bénie par la Dame.
J’expire. Elle marche avec moi. Elle m’a bénit. J’ai Sa protection sous mes doigts.

La Dame me fait confiance. Mélaine me fait confiance. Le Duc me fait confiance. J’ai la foi et la force. Mes frères d’armes comptent sur moi.
Il faut que je garde tout cela à l’esprit. Je ne faillirai pas. La Pureté est mienne.

« Ma Dame... »

Je parle d’une toute petite voix, douce et rassurante, et lève ma main vers Mélaine. Je n’ose pas aller jusqu’au bout, je n’ose pas la toucher – J’ai peur de la brusquer, je la sens à fleur de peau. Je force un doux sourire. J’essaye de feindre le calme et l’apaisement, alors qu’en réalité, je suis tout comme elle, tout comme mes camarades, au bord de la folie.

Je suis très fort pour mentir à moi-même.
Tout. Va. Bien.

« Laissez-moi partir en avant, en éclaireur. »

Petite pause. Je sais que tous vont me demander d’éclaircir ce que j’entends par là. La dernière fois que je suis parti en éclaireur, c'était avec le chevalier de Gasconnie, j'avais terminé au fond d'un trou plein de piques. Mauvais souvenirs. Je suis vraiment un crétin suicidaire.
Je reprends :

« C’est mon corps qui lie ma mère à ce monde. Elle ne peut pas me faire de mal. Si je meurs, ma mère perd tout. Si c’est bien elle qui contrôle les Déréliches ici, aucune n’osera m’assaillir. Si elles m’attaquent, en revanche, elles se découvrent, nous savons à quoi nous en tenir ; Et si elles me tuent, de toute façon, ce n’est pas grave, il suffira alors à n’importe quel chevalier errant de revenir plus tard pour achever le travail et occire ma mère pour de bon.
Les illusions sont censées faire comme si tout allait bien non, pour attaquer les gens qui ne s’y attendent pas ? La surprise est leur force. Retirons-leur donc cela. »


J’attrape mon épée, bien férocement.

« Ne perdez pas vos yeux de moi, et observez ; si je me saisis de mon arme, c'est qu'il y a un problème, et vous pourrez charger pour me secourir. Autrement, restez ici. Je tâcherai de revenir vers vous si j'estime que rien de mal ne nous attend.
Cela est-il un bon plan, ma dame ? Me permettez-vous d'agir ainsi ? Je souhaite faire ce qu'il faut pour protéger le groupe. »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 23 janv. 2020, 21:20, modifié 1 fois.
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Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 7* (9) / CHAR 12** (11) / INT 8 / INI 8* (9) / ATT 10* (12) / PAR 8* (10) / TIR 8 / NA 1 / PV 65/65
*Malus à cause du port de Harnois et Heaume
**Bonus grâce à la chevalière portée à l'auriculaire


Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
- Vœu de la Pureté : +2 dans la résistance aux tentations terrestres
Équipement de combat :
- Épée bâtarde bénie : 2 mains / 24+1d10(+1d3)*+1d5 par PdC de la Dame dépensé/ 24** (12) parade
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / Pas de parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 15 protection (Heaume)
Reste du corps : 15 (Harnois)

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 8 / RAP 10 / INT 8 / DOC 10 / ATT 9
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Bague affichant un lion - +1 CHAR

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux

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