[Armand de Lyrie] Maman

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Katarin
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[Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin » 27 nov. 2019, 13:28



Est-ce que cette nuit à partager un peu de tendresse et d'amour avait permis à Armand de faire fuir ses démons ? Difficile à dire, mais au moins n'avait-elle pas été agitée des mêmes sinistres cauchemars qu'à Derrevin, et au réveil, il eut la bonne surprise de voir que les effets secondaires de l'élixir de Perrin Melchine s'étaient totalement estompés. Si les épreuves à venir avaient de quoi affecter le mental du chevalier, sa forme physique était de nouveau au beau fixe.

Se présentant de bonne heure à Castel-Aquitanie, Armand fut immédiatement reçu par l'intendant qui lui confia le décret officiel attestant de son nouveau statut, rédigé par le Grand Justicier et signé par le Duc en personne. Après avoir fait signer un document retranscrivant son serment, le factotum l'accompagna jusqu'à l'armurerie du château où deux domestiques l'assaillirent de questions sur ses préférences en terme de poids et de style. Après avoir pris ses mesures en long et en large, Armand eut à subir l'essayage de plusieurs armures, chacune mettant plus d'un quart d'heure à être enfilée et ajustée, et tout autant à être retirée ensuite.
Il lui fallut choisir entre des harnois et des heaumes aux gravures stylisées de griffon pour montrer son allégeance au Duc d'Aquitanie, ou quelque chose de plus neutre, mettant en avant l'efficacité fonctionnelle aux dépends de toute notion ostentatoire. En effet, n'ayant pas le temps de se faire fabriquer une armure sur mesure, impossible pour Armand de s'équiper aux couleurs de la Lyrie ou de Derrevin pour le moment.

L'exercice terminé et l'équipement choisi, l'intendant accompagna Armand jusqu'aux écuries du château afin de lui présenter sa nouvelle monture : un magnifique destrier bretonnien à la robe alezan, mesurant un bon mètre soixante au garrot. Nommé Ravel, l'animal était tout bonnement superbe, sa carrure athlétique débordant de vigueur. Le garçon d'écurie confia à Armand qu'il avait rarement vu si bel animal, et que ce si ce dernier avait encore un caractère un peu rebelle dû à son jeune âge, il était déjà parfaitement formé au port d'une barde complète et au poids d'un chevalier.

Le nouveau chevalier du royaume ayant pu faire connaissance avec sa monture, il se fit ensuite guider par l'intendant vers la cour du chateau : là-bas, il avait rendez-vous avec tous ses potentiels compagnons pour sa future quête.

Avant même de parvenir à destination, venant de pénétrer dans le couloir qui menait au cloître, Armand eut la surprise de voir Triboulet débouler en courant droit vers lui, tout particulièrement ému de retrouver son sire - en armure clinquante de surcroît ! Alors qu'il enlaçait virilement le seigneur de Lyrie dans un fatras métallique, Félix s'approcha lui aussi, expliquant à Armand que son compagnon paysan l'avait cherché dans la moitié de la ville toute la soirée tant il était inquiet à son sujet après leur séparation un peu sèche de la veille. Tous deux se montrèrent bien évidemment très curieux du moral d'Armand, Triboulet inquiet des réprimandes qu'aurait pu lui faire le Duc, et Félix préoccupé par la réponse qu'il avait pu donner aux négociations concernant Derrevin.

L'intendant leur laissa un peu d'intimité pour discuter, prenant congé avant d'indiquer une dernière fois à Armand la porte menant au cloitre où l'attendaient les chevaliers errants volontaires pour se mettre au service de sa bannière. Armand put ainsi résumer son entrevue avec le Duc à ses deux compagnons, qui, s'ils ne furent sans doutes pas aussi estomaqués qu'Armand la veille, réagirent malgré tout avec une surprise non dissimulée.

Triboulet devint blanc comme un linge. Les mâchoires crispées, le regard fou, il sembla vouloir dire quelque chose avant de renoncer, et ce à de multiples reprises. Il était évident pour Armand que malgré tout l'amour que lui portait le paysan, l'idée de voyager aux côtés d'une prophétesse de la Dame pour se rendre dans un endroit qui n'avait jamais été qu'une source de souffrance et de malheurs dans son existence, où résidait désormais un mort-vivant qui n'était autre que la terrible mère de son compagnon, horrifiait totalement le pauvre homme dont l'instinct de survie lui hurlait de décamper sur le champ.

Félix quant à lui fut bien plus terre à terre tandis qu'il répondit à Armand avec une mine plus sérieuse qu'à l'accoutumée.

- Et bien, voilà des événements que je n'avais pas prévu, seigneur Armand.

Il n'avait même pas fait d'effort pour dissimuler son sarcasme, quand bien même ce dernier semblait davantage animé par un esprit taquin que par une vraie rancune.

- Je ne sais pas comment Carlomax va accueillir cette décision, et je ne suis pas sur de savoir moi-même si c'est une bonne chose ou non - ne m'en veuillez pas, je doute que vous le sachiez vous-même. Mais gérons un problème après l'autre : la Lyrie, donc. Une corruption qui refuse de disparaître, un spectre qui résiste à son combat contre une prophétesse... dire que je croyais que l'insurrection paysanne de Carlomax serait la chose la plus incroyable qui puisse se dérouler dans ce duché pendant mon voyage. Si vous le souhaitez, je peux vous prêter ma lame : je ne crains pas les vieilles légendes, et en ai déjà affronté quelques-unes. Et surtout... je ne prétends pas avoir la prestance de vos futurs compagnons de voyage, mais... êtes-vous certain de vouloir recruter des chevaliers errants d'Aquitanie ? Votre nom a été traîné dans la boue, vous devenez seigneur d'une baronnie de hors-la-lois dont l'ancien dirigeant était un chaotique ignoble - vous qui êtes l'enfant de chaotiques - et vous savez que des hommes comme Jourdain peuvent encore gangrener la capitale, cachés parmi la noblesse. Si vous vous doutez que mon amitié ne va pas sans une certaine curiosité des mystères cachés dans votre domaine, au moins puis-je vous promettre une loyauté qui sera sans doutes plus fiable que celle des nobles là-dehors, qui ne vous dévoileront pas avec la même sincérité que moi les vrais motifs de leur volonté à vous suivre...

Félix fit un regard en coin à la porte menant au cloître, avant de conclure :

- En revanche, vous m'aviez dit, lorsque nous avions quitté la demeure du seigneur Brandan, que le jeune Andry de Maisne souhaitait vous aider à reprendre la Lyrie lorsque le jour serait venu. Sans doutes ne pensait-il pas que ce moment viendrait si rapidement, mais en lui je pense que vous pouvez avoir confiance - rien ne lui ferait plus plaisir que de contrarier sa famille en aidant la Lyrie : encore mieux si c'est vous qui héritez de Derrevin. Ma monture est un coursier aussi fiable que rapide : si je pars tout de suite au triple galop, et que vous ne pressez pas trop le pas en compagnie de votre prophétesse, vous pourriez avoir un allié digne de confiance de plus dans votre entreprise. Qu'en dites-vous ?

Félix fit un étrange sourire à Armand, ses yeux pétillants de malice. Toujours rieur et agréable, parlant même des sujets les plus sérieux avec un air rieur, le ménestrel serviteur de Véréna était à l'image de son ordre et de ses intentions : mystérieuses et imprévisibles.

Lorsqu'Armand se décida à rejoindre la cour du château de Lyrie, il put arriver dans un grand espace à l'herbe parfaitement coupée, qui servait sans nul doute de terrain d'entrainement aux chevaliers. Pour l'heure, seuls trois d'entre eux étaient présents.

Le premier était un vieil homme auquel on pouvait attribuer une bonne soixantaine d'années, en train de faire les cent pas dans la cour. Le visage marqué par le temps, le crâne partiellement dégarni encore agrémenté de quelques longs cheveux fins et blancs tirés en arrière, il portait en bandoulière son épée bâtarde par dessus une armure constituée d'un gorgerin en plaque par-dessus une longue chemise de mailles.

Le second était à l'inverse, tout particulièrement jeune. Équipé d'une armure de plaques ajustée à sa petite taille, l'adolescent était en train de déchaîner toute sa fougue sur un mannequin d'entrainement. Ses mouvements étaient vifs et précis, et il maniait avec un talent évident une épée bâtarde adaptée à son gabarit.

Seul la troisième individu, adossé à un mur, était familier à Armand. Les cheveux bruns coupés courts, des oreilles décollées, un plastron portant l'emblème du Duc sous sa cape jaune, un regard mauvais à peine visible derrière ses yeux perpétuellement plissés, impossible de ne pas identifier le chevalier Casin. Un sire sans domaine, aristocrate au service du Duc, qui avait autrefois des vues sur Anne de Lanneray avant que son cœur ne soit conquis par Armand VII de Lyrie. Il détestait cordialement le père d'Armand qui lui avait ravi son amour de jeunesse et le domaine qu'il aurait pu obtenir en conséquent - et bien entendu, sa haine s'étendait aussi au fruit de leur union, qu'il semblait pourtant vouloir aujourd'hui accompagner en Lyrie...



Voilà donc la "longue" liste des volontaires souhaitant se mettre au service d'Armand de Lyrie, fils de serviteurs de la ruine, et seigneur d'une communauté de hors-la-lois...




Les trois chevaliers
Le vieux :
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Le jeune :
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Casin :
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Jet d'END : 3, les plaques d'eczéma ont disparu, Armand est totalement rétabli.

Jet d'empathie d'Armand sur Félix : 12. Mystère mystère, les intentions de Félix resteront compréhensibles de lui seul...

Jets d'int pour connaitre les chevaliers présents : 15, 19 et 5.

Pour ton armure et ton heaume, tu peux choisir entre deux styles : neutre, ou portant des gravures stylisées de griffon. Tu me dis - à toi de voir si tu veux chercher des fanarts pour donner une idée de la chose. Quoiqu'il en soit, ta fiche est à jour avec ton nouveau stuff, destrier compris.

A toi de décider comment tu t'entretiens avec les trois chevaliers - un bureau est à ta disposition si tu souhaites leur faire passer des entretiens privés (auquel cas on fera les trois en parallèle)

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie » 27 nov. 2019, 21:00

J’observe Oranne se rhabiller. Torse-nue, elle se brosse rapidement ses cheveux trop secs, laissant des tignasses entières sur la brosse. Épingle dans la bouche, elle se regarde dans un petit miroir, sans pour autant avoir quoi que ce soit à sa disposition pour faire disparaître ses cernes, ses débuts de rides ou ses boutons.

« Tu vas m’regarder longtemps, mon chat ? »

Je souris et me soulève du lit. Je ramasse un par un mes vêtements qui sont disposés sur le canapé, et me rhabille assez rapidement. Elle me propose un truc à bouffer, je prend une pomme plus très fraîche dans une corbeille, et du biscuit rance et moite qui doit avoir plusieurs jours. On discute d’un truc débile, vous allez pas le croire : ses plantes. Je lui demande c’est quoi qu’elle arrose le soir, et elle part dans une courte explication sur ses bleuets et coquelicots. On parle pour parler, voilà tout. On parle pour faire du remplissage, pour meubler entre les bruits salivaires et la mastication. On meuble en attendant que je parte.

« Hé, tiens. »

Elle retire la bague argentée qu’elle porte au bout de son auriculaire, et me la jette dans ma direction. Je m’en saisis à la volée, et la glisse à nouveau sur le doigt de la chevalière, en l’observant un petit peu.

« Va aller miauler ailleurs, maintenant, qu’elle m’ordonne avec un grand sourire.
– Au revoir, Oranne. »

Je quitte l’appartement en remettant ma ceinture et en jetant mon manteau sur les épaules. Je pars immédiatement, fait grincer les escaliers, tape un peu fort dans la vieille porte de l’entrée du bâtiment. Je redescends sur la sente de la ruelle, puis rejoins le pavé citadin.
Je me sens étrangement détendu. Calmé. Encore endormi, alors que j’ai les yeux grands ouverts. Je remonte lentement le quartier pour retourner jusqu’au palais du duc, avec la senteur de vin et de sueur de la tenancière qui survit encore dans mes narines.
C’est marrant, la vie. Elle vous jette toutes les merdes qu’elle veut à votre gueule, mais le monde, il s’en fout, lui, il continue de tourner. Il peut vous arriver les choses les plus terribles qu’il soit possible d’imaginer, le monde tourne toujours. Le soleil dans le ciel brille toujours. Le froid picote toujours. La neige plus très fraîche s’écrase sous vos pieds. Les pommes ont toujours leur saveur sucrée. Et il y a encore des gens pour rire, et du vin pour vous adoucir, et des femmes pour vous prendre dans leurs bras.
Je vais pas m’effondrer et céder à la panique. Parce que le monde ne s’arrêtera pas pour moi. Le monde n’est pas tourné autour de moi. Il va continuer de tourner encore et encore, tant qu’il y aura des gens pour faire leur devoir.

Je vais mettre ma mère en terre, et la vie continuera de tourner.

Je suis passé par la grande place. Y avait des gens qui faisaient leur petite vie, des marchands bien habillés, des petits boutiquiers qui s’activaient dans tous les sens pour faire tourner la forge, le four à pain, et les métiers à tisser. Sur une estrade au milieu, devant l’arbre où on clouait des papiers pour des recherches d’emploi ou des informations, il y avait un gros monsieur à la puissante voix, résonnante comme la nef d’une église, qui était entouré de deux solides écuyers, des soldats roturiers portant brigandine, cervelières, et longues vouges à leurs épaules.

« ...Les ordures ménagères, elles, ne seront collectées qu’aux Vêpres de Landouin et lors de la Parade des Cerises, et nous rappelons qu’une amende forfaitaire de cinq deniers sera subie par tous ceux qui jetteraient des déchets ne correspondant pas aux jours de collectes !
Oyez, Oyez !
Son Illustre Altesse Armand, Par la Grâce de la Dame, Duc d’Aquitanie, Saint Chevalier ayant bu le Graal, Proclame ceci :
Que le chevalier errant Armand, fils d’Armand, ignoble, indigne et déchu comte de Lyrie, et d’Anne, ignoble, indigne et déchue seigneuresse de Lanneray, ayant prouvé sa valeur, a accroché pennon à sa lance et a été élevé Chevalier du Royaume de Bretonnie ; Ayant prêté hommage-lige, lui sera confié le fief banal de Derrevin en ban absolu. La Dame veille sur lui !
Oyez, Oyez !
Le Temple de Shallya de Castel-Aquitanie organise une collecte de torchons, vêtements et linges anciens et rapiécés pour le bien des indigents, orphelins et estropiés de la ville ! Par la Grâce de Shallya, sont chaleureusement invités à participer toutes les personnes qui- »


Ignoble, indigne, et déchu. C’est une sacrée formule. Ça me suivra toute ma vie. Je suis fils de quelqu’un. C’est mes enfants, si j’en fais, qui auront la chance d’avoir un père honorable, dont on peut prononcer le nom sans être révulsé.
Je suis sur mon chemin. J’étais parti en Quenelles avec l’haleine suicidaire. Maintenant, j’ai envie de vivre. Dame soit avec moi – j’ai envie de vivre.




« Que dites-vous de cette armure ? »

Je me sens mal à l’aise dans le plastron de plate. L’armet m’étouffe. J’essaye de bouger dans des cliquetis métalliques.

« Je suis tellement peu habitué…
C’est normal qu’elle pèse vraiment lourd du côté droit ?

– C’est pour faciliter le combat à la lance, monseigneur.
– Je sais, mais ça se ressent vraiment pas mal, à pied… Si je pouvais la porter plusieurs mois, je dis pas, je m’habituerais, mais vous auriez pas quelque chose de plus équilibré ?
L’armet est sympa en revanche, très coquet. J’aime beaucoup.

– C’est une copie de style Tiléen, monseigneur. Toute l’aristocratie de Remas et Miragliano en porte.
– Ils ont bon goût. »

L’intendant et l’armurier sont aux petits soins avec moi. Des valets et des pages vont dans tous les sens, s’affairent pour sortir les spalières, les gorgerins, les gantelets et tous les autres morceaux de métal censés me garantir du trépas causé par la morsure d’une lame.
Mon cœur bat de fierté.
Je ressemble enfin à un vrai chevalier.

« Celle-ci devrait plus correspondre. Brigandine matelassée, maille sur tout le corps, les canons d’avant-bras ont été limés et allégés.
– Je suis très à l’aise dedans, en effet. Mais elle fait assez… Assez rustique, non ?
– Fonderie FitzDaniel, c’est l’équipement que portent les écuyers à pied de Son Altesse. On a simplement renforcé les aisselles, l'aine et la gorge avec des pièces de plates. Pour l’heure elle n’est certes pas majestueuse, mais croyez-moi, on ne vous confondra pas avec de simples fantassins, et vous pourrez plus tard rajouter des orfèvreries pour correspondre avec vos meubles héraldiques.
– Si vous le dites. »

À me regarder dans le miroir, je suis, pour dire vrai, moyennement convaincu par les assurances de l’armurier. Il continue de me proposer de nouveaux choix, des cubitières armoriées, des pièces pectorales reprenant l’héraldique du Duché d’Aquitanie : Beaucoup de becs et de pattes de cruels d’oiseaux.
Et puis, alors que les valets d’armes et les pages font passer des choix, mes yeux s’arrêtent soudain sur l’un des équipements.

« Attendez.
Je peux essayer ça ? »


L’armurier claque des doigts pour que ses apprentis se mettent au travail et se dépêchent d’à nouveau me déshabiller et me revêtir : ça doit faire maintenant deux heures que je fais des essayages.
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« Harnois plate-et-maille, camail en étoiles, surcot au-dessus aux couleurs de l’Aquitanie, spalières à bec. L’armure est sommes toutes plutôt traditionnelle, comme vous le demandez – Il vous faudra tout de même faire vos marques dans le harnois, mais ça viendra petit à petit. Le casque est une salade magnifiée : Nous nous sommes inspirés des heaumes qui sont à la mode dans l’Empire, mais nous lui avons ajouté une touche Bretonnienne de saveur bien accueillie. Les yeux sont bien au bon niveau ou il y a besoin d’un coup de vis ? »

Je suis bouche bée. Je baisse la visière du heaume au-dessus de mon visage, ne voyant à présent le monde qu’à travers les fines fentes de la salade. J’entends ma respiration. Je me sens lourd, et pourtant, étrangement vigoureux. Je refixe bien la ceinture, la serre autour de ma taille.

« Le manteau est… »

Je trouve même pas d’adjectif qui peut convenir, ça fait sourire l’armurier.

« C’est très fragile, il faut le laver de manière délicate, il vaut mieux l’entretenir avec des produits alcalins qu’on achète chez les apothicaires, plutôt qu’avec du savon.
– Merci pour tout, armurier.
Je vais prendre celle-là. »


J’ai les yeux rivés dans le miroir. Un énorme sourire derrière ma visière de métal.

Et si ça n’avait été que l’armure.

Me séparant de l’armurier, l’intendant m’a amené jusqu’aux écuries ducales. Un gigantesque bâtiment, de stature et de goût royal. Il m’a amené vers une magnifique bête, presque aussi grande que moi. Un destrier, un véritable, un de ces chevaux qui fait la fierté et la supériorité de la Bretonnie sur le reste du Vieux Monde – exporter un Destrier Bretonnien dans un autre pays est un des crimes les plus graves imaginables. Quand on m’a dit qu’il était à moi, je ne l’ai pas cru.
J’ai tendu une main gantelée de plate, que j’ai posé sur son museau. Il a soufflé très fort de ses nasaux.

« Ravel, c’est ça ? »

Je l’ai observé, de long en large. Les chevaux m’avaient manqué. Énormément. Mais lui est tellement… Il y a quelque chose dans son regard, je vous jure. Il pétille.

« Tu es tout beau, toi. Tu es magnifique.
Tu m’amèneras charger jusqu’au Bord-du-Monde, Ravel. »




Je suis sorti un peu plus loin. J’ai rencontré Triboulet et Félix. Triboulet a sauté dans mes bras, et j’ai répondu à son embrassade en le serrant de mes petits bras métalliques.

« Désolé pour hier soir, Triboulet, j’étais…
J’étais pas bien, mais ça va beaucoup mieux. »


Je lui frotte le haut du crâne, tandis que Félix me fait un signe du regard.
Et du coup je leur raconte tout ce que le Duc m’a raconté.
J’épargne aucun détail – à quoi bon ? Tout. Mon beau discours. La réponse sèche de la prophétesse. La solution du Duc. Et surtout, la survie de ma mère.
Triboulet en est devenu livide. Paniqué. À un moment, il est parti, à ma grande incompréhension.

« Hmpf.
Je lui parlerai plus tard. »


Du coup, je peux intriguer avec Félix. Il a l’air bien accorte. Je crois. C’est difficile de lire en lui. Il me propose son aide. Et je vous avoue que, j’hésite, franchement. J’hésite parce que c’est un homme… Étrange. Je ne sais pas trop quoi penser de lui. Et il a l’air attaché à l’honnêteté : Or, comme je lui ai dis, les secrets nous forment.
Est-ce vraiment une bonne idée de le laisser retourner sur mes terres ? De découvrir l’endroit où j’ai grandis ?

« Félix…
Bon sang. Tu parles bien. Beaucoup trop bien. Cela te joue pas des tours, des fois ? »


Je passe une main sur mes lèvres.
Qu’est-ce qu’il a bien pu raconter au Duc ?
Inutile de lui demander à lui. Peut-être que c’est le genre de questions que je pourrais poser à Dame Melaine...

« Très bien. Pars donc, le plus vite possible, et nous nous retrouverons aux portes de la Lyrie. Les routes soient clémentes avec toi. »

Je lui serre virilement la patte, et conclue donc ce marché.



J’ai trois volontaires. Je vous avoue que je suis déçu. D’un autre côté je sais pas combien j’en attendais. Je sais pas moi, vingt ? Ça me paraît un bon chiffre, vingt, ça fait un conroi. C’est un ordre du Duc quand même. Ok on part par en Croisade pour l’Arabie, mais… Mais quand même quoi, ça me laisse pantois.
En plus je reconnais un des types. Mais qu’est-ce qu’il fout là ce crétin ?

L’intendant m’a proposé tout à l’heure de les recevoir un par un. Pourquoi pas, après tout ? J’ai aucune idée de quoi dire, mais bon, on verra bien comment ça marche.



Mon casque est posé sur le bureau. Je suis assis sur mon siège, avec mon harnois flambant neuf et mon manteau de plume. Le premier chevalier entre, c’est le plus âgé de tous : crâne dégarni, cheveux blancs. Je me lève lorsqu’il entre, et lui désigne le siège.

« Venez, frère. Asseyez-vous.
Vous désirez boire quelque chose ? »


J’attends qu’il s’installe pour reposer mes fesses.

« Je n’ai jamais eu le plaisir de vous rencontrer. Comment vous appelez-vous donc, et d’où venez vous ? »

J’attends qu’il se présente.

« Pour quelle raison souhaitez-vous vous aventurer en Lyrie ? Savez-vous ce qui nous y attend ? »



Mon casque est posé sur le bureau. Je suis assis sur mon siège, avec mon harnois flambant neuf et mon manteau de plume. Le second chevalier entre, si seulement il peut mériter ce titre : Je sais que les chevaliers errants sont censés être jeunes, mais lui il l’est vraiment plus que tout. Je me lève lorsqu’il entre, et désigne le siège.

« Viens donc, mon frère. Assied-toi.
Tu veux boire quelque chose ? »

Je lui fais un sourire plus chaleureux que pour celui beaucoup plus âgé de tout à l’heure, et n’hésite même pas à le tutoyer.

« Je t’ai vu t’entraîner dans la cour. Félin, agile… Tu sais bien te déplacer. Qui donc t’as entraîné ? »

J’attends qu’il me réponde, avant de continuer.

« Pour quelle raison souhaites-tu t’aventurer en Lyrie ? Sais-tu ce qui t’y attends ? »



Mon casque est posé sur le bureau. Je suis assis sur mon siège, avec mon harnois flambant neuf et mon manteau de plume. Le troisième chevalier entre. Celui que me laisse le plus pantois. Je lui souris pourtant lorsqu'il entre, me lève du siège et l'invite à s'asseoir.

« Monseigneur. Installez-vous.
Désirez-vous boire quelque chose ? »


Je pose mes fesses sur la chaise seulement après que lui-même s’est assis.

« Je ne suis pas sûr d'avoir déjà fait votre connaissance. Pouvez-vous me parler un peu de vous ? En espérant que je ne mets pas en doute votre élan si vous vous êtes déjà illustré au service de notre pays. »


Bien sûr que si je sais qui il est. Sire Casin. Mon père adorait faire des jeux de mots sur lui, et le tourner en dérision. Moi-même n'ai pas la moindre idée de qui est ce larron : j'ai rien contre lui. Lui, en revanche, il est très, très possible qu'il ait quelque chose contre moi...
Et j'ai donc envie de voir : Est-ce qu'il va jouer cartes sur table avec moi ? Me dire la vérité ? Ou bien est-ce qu'il va m'inventer un grossier mensonge ? Si c'est cette dernière option, il faut vite que je l'écarte, de peur de me faire poignarder dans le dos à la première occasion.

« Qu’est-ce que vous attendez de la Lyrie ? Savez-vous ce qui nous y attend ? »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 27 nov. 2019, 21:30, modifié 2 fois.
Raison : 6 xps, +1 parce que j'aime tjrs autant le réalisme que tu donnes aux scènes avec tous ces petits détails ^^ / Total d'xp : 7
Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 7* (9) / CHAR 11 / INT 8 / INI 8* (9) / ATT 10* (12) / PAR 8* (10) / TIR 8 / PV 65/65
*Malus à cause du port de Harnois et Heaume

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
Équipement de combat :
- Épée bâtarde : 2 mains / 24+1d10(+1d3)*/ 24** (12) parade
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / Pas de parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 15 protection (Heaume)
Reste du corps : 15 (Harnois)

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 8 / RAP 10 / INT 8 / DOC 8 / ATT 9
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Bague affichant un lion
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par [MJ] Katarin » 09 déc. 2019, 10:57

- Un verre d'eau s'il vous plait, demanda le vieil homme en s'asseyant lentement et précautionneusement sur sa chaise.

Si ses gestes se faisaient lents, son regard restait vif, et sa voix assurée. Si l'âge avait assurément atteint sa vivacité de corps, son esprit semblait encore acéré.
Alors qu'Armand lui signale ne pas le connaitre, il semble un peu surpris, avant d'afficher une mine gênée.

- Oh. Chevalier Rolet du Bois, pour vous servir, sire Armand.

Si d'apparence, ce grand-père n'avait effectivement pas percuté les souvenirs d'Armand, son nom lui permit immédiatement de faire fonctionner sa mémoire. Le chevalier Rolet était presque légendaire en Aquitanie, et pas pour les bonnes raisons. Surnommé Rolet l'élu de Ranald, voire Rolet le Guignard, il était réputé pour être le plus vieux chevalier errant du duché, si ce n'était de toute la Bretonnie. C'était presque une légende vivante : il était en errance depuis presque quarante ans, et n'avait jamais réussi à terminer une seule des quêtes héroïques qu'il entreprenait - et pourtant, ce n'était pas faute d'y mettre de la bonne volonté. Il bat une déreliche ? Le lendemain une autre a pris sa place avant même qu'il ne puisse se vanter de son exploit. Il part affronter un griffon ? Un coup de griffe sur son casque l’assomme, et il se réveille seul survivant de son équipe. Il part chercher une relique sacrée dans une vieille crypte ? Après un mois de voyage, à peine ouvre t-il la lourde porte en pierre pour y entrer que tout l'intérieur s'écroule dans un gigantesque éboulement, rendant toute exploration impossible. Il y a des dizaines et des dizaines d'histoires de ce genre, et toutes se concluent de la même manière : toutes les quêtes de Rolet finissent invariablement par un échec, quand bien-même lui s'en tire toujours bien vivant. A force, il était devenu une blague entre chevaliers, voire même une menace que les parents faisaient à leurs enfants s'ils ne travaillaient pas assez : "sois plus assidu, ou tu finiras comme le chevalier Rolet !" - même si bien entendu, le respect entre nobles empêchait quiconque de se moquer de lui en sa présence...

Rolet du Bois sembla voir dans le visage d'Armand que son nom avait ravivé sa mémoire, car il réagit en conséquence.

- Ah, maintenant vous me remettez. Ecoutez, je sais que ma réputation est ce qu'elle est... mais je refuse de mourir sans avoir réussi à prouver à la Dame au moins une fois ma vaillance. J'essaierais encore et encore, tant que mes vieux os me permettront de lever mon épée. Je sais que votre vieille demeure était gangrenée par les agents du Corrupteur, que désormais c'est un spectre qui y vit, je veux vous aider à l'affronter, et suis prêt à mourir à vos côtés pour ce faire. Je comprendrais votre refus cependant, j'ai l'habitude...



***


- Non, merci, sire Armand, je ne souhaite ni m'asseoir ni me désaltérer.

Le jeune homme ne manquait pas d'assurance dans la voix, quand bien même celle-ci était encore fluette. Alors que, pendant l'entretien précédent, Rolet du Bois avait plutôt tendance à détourner le regard, celui-ci semblait naturellement inverser les rôles, comme si c'était lui qui jaugeait Armand pour voir s'il était digne de lui et non l'inverse.

- Je suis Artur de Fluvia, quatrième fils du comte de Fluvia - c'est lui et mes frères qui m'ont entraîné. Néanmoins, partir construire des châteaux ne m'intéresse pas, pas plus que la guerre futile de mon père avec la famille Desroches. Je ne veux qu'une chose : prouver ma valeur à la Dame au plus tôt, pour devenir chevalier de la quête et pouvoir la rencontrer. Le duc en personne est allé enquêter dans votre domaine, et a choisi non pas de tuer le spectre qui y résidait, mais de faire déménager tous ses habitants en laissant le mort-vivant sur place : un fantôme de cet acabit est donc un adversaire digne de forger ma légende, et d'attirer l'attention de notre déesse.

Clairement, s'il ne manquait apparemment ni d'assurance ni de courage, ce n'était pas la modestie qui étouffait ce chevalier-ci...




***


Le sire Casin ne s’embarrassa pas à cacher son animosité envers Armand : à peine arrivé dans le bureau, il ne répondit pas à la demande d'Armand quand à ce qu'il souhaitait boire, se contentant de saisir un pichet de vin pour s'en servir un gobelet qu'il sirota juste après, laissant le verre du chevalier de Lyrie vide.

- Alors votre père ne vous a jamais parlé de moi, sire Casin Baillet ? Quelle surprise : j'aurais cru qu'un chevalier corrompu comme lui, aussi sournois que perfide, aurait vanté chaque soir à sa progéniture comment il a dérobé une femme aussi pure que parfaite à son honorable rival, pour pouvoir la vicier dans son sinistre domaine.

Un regard de défi, comme celui que lui avait jeté Herbin de Maisne quelques jours plus tôt. Il était évident qu'il cherchait la confrontation... et pourtant il se calma rapidement, comme se ressaisissant de lui-même.

- Depuis que le roy l'a nommé duc d'Aquitanie, je n'ai eu de cesse que de mettre en garde notre seigneur Armand contre la perfidie de votre père. C'est donc bien naturellement que j'ai rejoint l'ost punitif du Duc lorsque vous êtes venu pleurer devant lui, et c'est avec la joie du devoir à accomplir que j'ai affronté la clique de chevaliers maudits que votre père a formé. La victoire des forces du bien a été écrasante, mais gardait un gout d'amertume dans ma bouche : si le cadavre de votre père avait été retrouvé, Anne avait réussi à s'enfuir de son duel avec notre prophétesse, pour disparaître dans les profondeurs du château de Lyrie...

Sa voix devient plus sinistre, mais aussi plus triste.

- Dame Anne de Lanneray était un joyau d'innocence, de pureté, de bonté. Ce qui lui est arrivé... c'est de ma faute. Parce que j'ai perdu en duel contre votre père. J'ai essayé de trouver sa trace après la purification de votre duché, en vain. Alors quand hier, j'ai appris de la bouche du Duc que le spectre qui hantait la Lyrie portait son visage, je... je...

Voyant qu'il se faisait hésitant, il finit son gobelet cul sec, avant de se resservir pour en descendre un second.

- Je n'ai pas pu la sauver de son vivant. Je veux au moins l'aider à trouver la paix maintenant. Dussé-je me mettre au service de... de... de vous.


Jet d'INT d'Armand, +2 pour réputation du vieux : 8, réussi
Pas besoin de jet pour le gamin : la famille de Fluvia et Desroches, le lore du duché en parle, tu connais ce que la BI en dit. Note qu'il ne porte aucun signe distinctif de sa famille sur lui - Fluvia c'est un griffon qui survole un fleuve, en toute logique :D

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Armand de Lyrie
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Re: [Armand de Lyrie] Maman

Message par Armand de Lyrie » 09 déc. 2019, 12:00

Oh putain. Y a Rolet du Bois qui est volontaire pour m’accompagner en Lyrie. J’y crois pas une seule seconde. Je suis obligé de réprimer l’envie de soupirer lorsque ça fait enfin « tilt » dans ma tête, et que je me rends compte de qui est assis devant moi. J’étais même pas sûr que ce gars existait réellement, pour tout vous dire : au bout d’un moment on lui a inventé tellement « d’exploits » que ça en est devenu ridicule. Mais si, si, il est là, le chevalier errant aux cheveux blancs ; Au bout d’un moment il aurait fallu raccrocher, moi à sa place j’aurais remis mon cheval aux écuries, j’aurais épousé une fille de marchand et j’aurais terminé le restant de mes jours à vivre comme un bourgeois à gérer des affaires d’argent extrêmement peu nobles. Mais non : Vieillissant, ridicule, il préfère s’acharner plutôt que de juste rentrer chez lui.
Et encore, ça, c’est si on donne du crédit à ses histoires. Car peut-être que s’il ne devient pas Chevalier du Royaume, c’est aussi par malveillance. Peut-être que la Déréliche qui aurait été remplacée dans la journée n’a en fait jamais été combattue. Peut-être que le Griffon ne l’a pas assommé, mais qu’il a fuit. On n’ose pas dire ce genre d’accusations à voix haute – diffamer un noble ça va très loin, ça se fini en duels singuliers. Mais on peut tout de même le penser.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de lui ? J’en ai un sourire pincé, affreusement gêné, alors qu’il répond à ma question en sirotant son verre d’eau que je lui ai servi.

« Savez-vous que je suis très superstitieux, damoiseau ? Cela me met très mal à l’aise d’avoir un poissard à mes côtés. Ça ne me met pas dans de bonnes dispositions pour retourner sur la terre maudite de mes parents. »

Je me lève de mon siège, et contourne le bureau, les mains dans le dos. Je viens me placer pas loin de lui, le jugeant malgré mon impiété familiale, malgré ma jeunesse et les rumeurs sur mon compte – après tout, je suis un chevalier du Royaume, et pas lui. Par les voies impénétrables de la Dame, je suis devenu son supérieur.

« Le Corrupteur tentera de s’immiscer par tes oreilles. Il te murmurera de grandes promesses. De gloire. De moqueries à effacer. De nobles qui se sont amusés en tournant ton nom en dérision qui se retrouveraient à s’agenouiller devant toi…
Si tu dois m’accompagner en Lyrie, ce ne doit pas être la gloire qui te motive. Ce ne peut pas être de réparer les insultes passées. Et ce n’est pas non plus pour te jeter avec hardiesse vers ta mort, dans la première embuscade que l’ennemi te tendra. Tu y vas pour la Dame, et la Bretonnie, qu’importe que cela se finisse en échec ou en victoire.
Ce que je dis peut te sembler évident, frère-chevalier, et pourtant, c’est extrêmement important. Ma mère est une femme charismatique, et forte pour entrer dans les consciences des gens, même des plus honnêtes chevaliers. »

Je le regarde droit, droit dans les yeux, et lui parle avec un ton volontairement bas et rauque. Très sérieux.

« Si tu m’accompagnes en Lyrie, j’ai besoin que tu me jures que tu obéiras à mes ordres. Que tu me confieras le moindre doute, la moindre hésitation que tu éprouverais. Je ne veux pas te voir t’enfuir, ou au contraire charger en avant sans que cela soit nécessaire. Je ne veux pas te voir ruminer des pensées qui ne seraient pas les tiennes au fond de ton for intérieur. Et je ne veux pas d’héroïsme – je veux de la pureté de cœur, et d’âme.
Si tu peux me jurer cela, alors ton épée se tiendra derrière mon pennon, Rolet. »




Le garçon me plaît. Irrévérencieux. Hautain. Y a quelque chose dans le fond de ses yeux, je peux pas m’empêcher de sourire. Et je sais qu’il est sûrement à la hauteur de ses paroles – il y avait qu’à voir sa façon de bouger dans la cour tout à l’heure. Il est jeune, mais il a un tel potentiel.
Je suis sûr que Quentin de Beauziac aurait adoré le rencontrer. Il l’aurait travaillé comme on travaille un diamant, pour le faire resplendir.

« Tes motifs sont preux, jeune Arthur. Nul doute que notre pays irait bien mieux si tous les chevaliers parlaient comme toi.
Mais as-tu déjà affronté des ennemis ? Ou pour l’heure, as-tu uniquement tes entraînements comme expérience ? »

Je me lève de ma chaise. Lui se tient bien debout, au garde-à-vous. Je suis pas beaucoup plus vieux que lui, pour tout dire. Ni plus épais. Ni plus barbu. Et j’ai une sale réputation à traîner. La seule chose qui me donne un peu plus de superbe par rapport à lui, c’est que j’ai un énorme manteau de plumes sur le dos. Je suis pas sûr que je l’impressionne beaucoup, tout au contraire.

« Je ne te ferai pas l’insulte de te dire que la vraie guerre ça ressemble pas aux joutes dans la sécurité de lices de tournois – ça je suis sûr que des tas de vieux, ton père, tes frères, ont dû te le répéter jusqu’à te rendre malade. Non. Je souhaite te mettre en garde contre autre chose.
Ma mère n’est pas une Déréliche. Ni un Bestigor que l’on tue en lui opposant uniquement son hardiesse militaire et son élan chevaleresque – Elle est… Charismatique, intelligente, manipulatrice. Elle sait faire tomber les plus preux et les plus intègres des enfants de la Dame. Elle saurait te faire miroiter beaucoup de choses – des titres, de la reconnaissance, du pouvoir… Ce que tu crois ne pas désirer aujourd’hui, elle saura te mettre à genoux pour l’implorer.
Si tu viens avec moi en Lyrie, je serais mal placé pour te donner des conseils de guerrier. Mais je souhaite que tu restes malgré tout à mon écoute. Que tu me confies le moindre doute, le moindre murmure que tu pourrais entendre. J’ai besoin que tu me confies absolument tout, et que tu m’obéisses, même si je ne suis pas ton suzerain, même si tu n’éprouves aucune obligation envers moi. Parce que je connais ce pays, et que je sais ce dont l’ennemi que nous affrontons est capable.
C’est uniquement si tu acceptes de me jurer ceci que tu pourras te battre derrière mon pennon. »




Bien sûr que oui mon père se vantait. Il a visé dans le mille. Au moins j’apprécie son honnêteté : S’il éprouvait une réelle malveillance, il aurait pu se faire passer pour quelqu’un d’autre, choisir de se forger une fausse identité, afin de pouvoir mieux me planter une dague au moment qu’il jugerait le plus propice. Mais non. Il ravive volontairement les souvenirs d’animosité qu’il a pu éprouver envers mon paternel.
Il est toujours amoureux de ma mère. Et ça, c’est un grave, grave problème.

« On a retrouvé le cadavre de mon père, oui. Mais d’après ce que l’on m’a dit, on ne l’a pas retrouvé au combat, et ce ne sont pas des guerriers de l’ost ducal qui l’ont occis.
D’après ce qu’on m’a dit, on l’a retrouvé… Profané. Torturé. Aucun des chevaliers qui est revenu de Lyrie n’a véritablement osé me regarder dans les yeux et décrire exactement ce qui est arrivé à mon père, mais je crois avoir bien assez d’imagination pour m’en rendre compte.
Vous avez beau haïr mon père, à la fin, il y avait bien encore pire que lui en Lyrie. N'est-ce pas ? »

J’affronte Casin en le regardant droit dans les yeux, à l’évocation de ce souvenir. J’essaye de retenir quelques larmes qui ont envie de s’enfuir. Pas le moment de chialer.

« Vous avez aimé ma mère. Personne ne peut vous en vouloir. Je suis son fils. Moi aussi je l’aie aimée, sire Casin. Sûrement plus fort que vous encore… Et même aujourd’hui, je ne peux me défaire de ces sentiments que j’ai éprouvé pour elle.
Je n’ai pas choisi ce qu’elle et mon père ont bien pu commettre comme fautes. Mais je veux que vous ayez ceci à l’esprit : Elle est impossible à sauver, à présent. Rien, absolument rien, ne peut la faire revenir à la raison, ou la purifier. Elle ne sera plus jamais votre. Ni mienne. Nous allons en Lyrie pour lui donner la paix, comme vous le dites, mais également parce qu’elle est un danger pour notre pays. »


Je ne me lève pas de mon siège – inutile de l’impressionner, lui. Je me surprends à le prendre en pitié, ce sieur Casin, quand bien même il me hait. Je le comprend. Je me mets à sa place. J’aimerais juste qu’il se mette à la mienne. Un instant.

« J’ai envie de vous entendre le dire, et le dire avec solennité – vous ne pouvez pas aller en Lyrie avec la moindre once... le plus infime soupçon que ma mère puisse être repentie, et trouve vos bras à enlacer. La femme pure et innocente que vous avez connue est morte. Et même si elle se manifeste à vous, tente de vous séduire, de pleurer, de vous implorer de l’aider, ce ne seront que des propos amenés à vous corrompre et vous entraîner dans la ruine.
Si vous aimez ma mère comme je l’aime, je souhaite que vous me juriez que vous la tuerez à vue. Et que rien de ce qu'elle dira ne saura vous faire hésiter.
C'est une chose difficile à jurer, mais vous et moi n'avons pas d'autres choix si nous désirons l'affronter, et enfin faire notre deuil d'elle. »
Modifié en dernier par [MJ] Katarin le 09 déc. 2019, 13:48, modifié 1 fois.
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Fiche : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_armand_de_lyrie
Image

Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules à la guivre de gueules halissante
Stats :
FOR 9 / END 9 / HAB 7* (9) / CHAR 11 / INT 8 / INI 8* (9) / ATT 10* (12) / PAR 8* (10) / TIR 8 / PV 65/65
*Malus à cause du port de Harnois et Heaume

Compétences :
- Anticipation : +1 en ATT et +1 en PAR à partir du 3e round face au même ennemi
- Coup précis (1) : Malus atténué de 1 lors de la visée d'une partie précise
- Coups puissants : +1d3 de dégâts
- Dégainer l'épée : +1 en INI lors du premier round
- Parade : Valeurs de parade doublées
- Sang-froid : +1 lors d'actions réalisées sous stress

- Alphabétisé : Capable d'écrire et de lire le Bretonnien
- Baratin : +1 pour embobiner quelqu'un à l'oral.
- Danse : Excellent danseur
- Étiquette : +1 lors des interactions avec la haute société
- Empathie : Capable, sur un test, de lire les émotions sur le visage de quelqu'un.
- Monte : Ne craint pas de chutes lors d'une montée normale
- Héraldique : Capable de reconnaître les blasons des familles nobles, et d'en savoir plus sur eux sur un test
Équipement de combat :
- Épée bâtarde : 2 mains / 24+1d10(+1d3)*/ 24** (12) parade
- Poignard "miséricorde" : 1 main / 12+1d6(+1d3)* / 12** (6) parade / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Peut être lancée
- Lance d'arçon : 1 main / uniquement à cheval / 20+1d10(+1d3)* / Pas de parade / "Long" (Malus de -2 ATT pour les adversaires) / "Épuisante" (Malus de -1 d'utilisation après END/2 tours, à chaque tour, max -4) / "Percutante" (Relance du jet de dégât, meilleur résultat gardé) / "Rapide" (Malus de -2 PAR et/ou -2 HAB pour toute esquive tentée par l'adversaire) / Se brise après 4/5 utilisations
*Avec la compétence Coups puissants
**Avec la compétence Parade


Tête : 15 protection (Heaume)
Reste du corps : 15 (Harnois)

- Destrier Bretonnien (Ravel) : FOR 10 / END 12 / SAU 8 / RAP 10 / INT 8 / DOC 8 / ATT 9
Équipement divers :
0 Co

- Un beau doublet
- Un grand manteau
- Des bottes neuves
- Une jolie écharpe

- Nourriture
- Hydromel

- Insigne argenté marqué du blason de Lyrie
- Pendentif monté en clou
- Feuilles de brouillon, stylet et encrier
- Bague affichant un lion
- Un flacon à l'odeur immonde
- 3 bouteilles de tonique miraculeux
Image

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