[Taille Tallgott]

Cette province désolée au climat inhospitalier est en partie couverte par la forêt de Drakwald. Les soldats de la région vénèrent davantage Ulric que Sigmar. La capitale du Graf Tobringer n'est autre que Middenheim, la Cité du Loup Blanc.

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[MJ] The Puppet Master
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[Taille Tallgott]

Message par [MJ] The Puppet Master » 21 oct. 2019, 17:55

Une dizaine de jours s'étaient écoulés depuis les derniers événements ayant provoqué l'émoi dans le village et Taille Tallgott avait toujours le cœur lourd ; déchiré entre son attachement au village, sa famille et ses amis, et son irrépressible attirance pour la vaste forêt, domaine de Taal, où le vieil ermite vivait en toute liberté. Malgré lui, les souvenirs de ces quelques jours passés aux côtés de l'anachorète refaisaient surface sans arrêt. Tout ce qu'il avait appris, tout ce qu'il avait vu, tout ce qu'il avait ressenti. Il n'arrivait pas à oublier les ballades, les fleurs, la chasse... Et puis, il y avait le grand chêne majestueux et ce que le vieil homme lui avait dit : Quand tu seras prêt, c'est ici que tu commenceras ton initiation...
Etait-il prêt ? Se devait-il de retrouver celui qui avait été Rudolf Brahms et achever, auprès de lui, sa formation ?

Le doute l'envahissait à chaque fois qu'il y pensait. Il fallait dire qu'il n'y avait pas eu d'au revoir entre les deux hommes et Taille redoutait que l'ermite ne lui en veuille de ne pas l'avoir secondait alors qu'il tentait de sauver Thilo Danneberg et de dédramatiser toute cette histoire de malédiction. Peut-être que, s'il l'avait fait, l'écrivain public serait toujours vivant et Hans n'aurait pas été banni ? Sa responsabilité dans le destin tragique de ces deux villageois qu'il connaissait depuis toujours ne cessait de l'empêcher de dormir en même temps qu'elle le retenait de partir dans la forêt sur le champ. La situation devenait de moins en moins tenable pour Taille Tallgott tiraillé entre ses doutes et ses envies, entre ses certitudes et ses obligations.

Alors qu'il était perdu dans ses pensées, assis sur le rocher qui était devenu son lieu de méditation ces derniers temps, une voix l'interrompit.


- Taille Tallgott ?

C'était Heilwig. Elle n'avait pas encore retrouvé ses attributs de beauté mais la plupart des stigmates de la malédiction avaient disparus et son regard avait cessé d'être accablé et embué. Pour cacher la chute de ses cheveux et le fait qu'elle n'avait plus que quelques mèches rousses disséminées ça et là sur le crâne, elle portait un foulard.

- Il faut que je te parle... Elle baissa les yeux lorsque le bâtisseur la regarda. Je... Je suis désolé de t'ennuyer encore. Je sais que, après tout ce que tu as fait pour moi, je ne devrais même pas oser te demander ça, mais je... Par tous les dieux, que c'est difficile ! Pesta-t-elle soudain. Pourtant, ça paraissait si simple dans ma tête... Soupir. Euh... En fait... Je... Rien t'oblige, tu sais et je comprendrais si tu veux pas alors ne me ménage pas, d'accord ? Bon. J'y vais. Tu sais, quand vous êtes venus avec l'ermite pour me sauver, j'ai pu parler un moment avec lui, j'ai... ressenti... des choses. Immédiatement, elle releva la tête et agita les mains devant elle avec un sourire gêné. Mais c'est pas c'que tu crois. Non, non, non, non, non. C'était... juste spirituel, tu vois ? J'ai senti... la présence de Taal et Rhya à mes côtés quand le vieux priait pour moi. C'était vraiment, vraiment fort et... j'ai su. J'ai su que c'était une foi réelle qui avait trouvé une résonance au plus profond de moi. Je crois que... je suis faite pour servir Taal et Rhya.

La lueur dans son regard ne mentait pas : la jeune femme était tout à fait sincère. Taille Tallgott le savait car il avait, lui aussi, éprouvé ce genre de sentiments. C'était même une des raisons pour lesquelles il avait délaissé Sigmar pour se tourner vers Taal.

- Mes parents ne comprennent pas et disent que c'est une lubie, un caprice ; que je suis encore choquée et que j'ai pas complètement retrouvé mes esprits. Ils m'ont envoyé parler au père Stamm qui m'a fait tout un sermon sur la seule vraie foi... La sienne, bien sûr. Il s'est même mis en colère quand j'ai parlé de toi et de l'ermite. Il m'a presque jetée dehors de son temple. Je sais pas ce qui s'est passé entre vous mais je crois qu'il t'en veut. Bref, si je suis venue, c'est pour que tu m'emmènes avec toi quand tu partiras rejoindre l'ermite. Ça y est... je l'ai dit. Heilwig paraissait surprise d'y être parvenue sans vraiment s'en rendre compte. Son visage retrouva des couleurs et ses yeux pétillèrent. Quel soulagement ! Et b'en, ça fait du bien de l'avoir dit. Elle soufflait d'aise et souriait. Bon, je te laisse. T'as sûrement tout un tas de trucs à faire et je voudrais pas trop interrompre tes méditations.

Après un petit geste de la main, Heilwig s'en retourna en gambadant. Elle avait plus de vingt ans maintenant mais la légèreté qu'elle ressentait après la libération de son fardeau la faisait se comporter, à présent, comme une enfant insouciante.

Le soir venu, lorsque Taille rentra retrouver ses frères et son père, il n'avait cessé de réfléchir plus intensément encore que les fois précédentes sur la conduite à tenir, désormais. Ses questionnements n'avaient toujours pas de réponses et l'intervention d'Heilwig n'avait rien fait pour arranger les choses. Devait-il accepter qu'elle l'accompagnât ? Devait-il tenter de la dissuader de se lancer, contre l'avis de ses parents et du père Stamm, dans une vie d'ascète, dure et austère ? D'ailleurs, lui-même avait-il fait son choix ?
Pendant le repas, remarquant son trouble, le père de Taille l'interrogea à ce sujet :


- Qu'est-ce que t'as, fils ? Il le regardait par dessus sa cuillère alors qu'il aspirer, à grand bruit, son potage. Voilà des jours que t'es bougon. Tu parles pas. T'es dans ton coin. Quand personne te regarde t'as l'air soucieux. Parle, fils. Je suis vieux et j'ai vécu pas mal de choses. Je peux t'aider, si tu veux. Il avala quelques cuillères de soupe puis, face au silence de Taille, reprit la parole. Tu sais, moi aussi j'ai eu des problèmes. Les responsabilités et tout, ça pèse. Je sais tout ça. D'ailleurs, maintenant que c'est moi qui remplace Wolfric depuis qu'il a disparu avec Albrecht, j'ai du travail par dessus la tête. Plus encore que quand j'étais dans le bâtiment, tu sais.
Pas facile d'être garde-champêtre. Pas plus tard que tout à l'heure, j'ai reçu un parchemin du Bürgermeister pour annoncer la mort du Duc. Dans deux jours, y aura les funérailles et il veut que les notables du village l'accompagnent au château pour représenter le village. Tu crois pas que j'ai autre chose à foutre ? Sûr que oui mais j'ai la responsabilité d'y aller. B'en je vais faire ce qu'on attend que je fasse et je vais y aller. C'est la meilleure solution plutôt que de rester à maugréer et à me tourner les sangs, comme que tu fais. Alors je sais pas ce que t'as, fils, mais si j'ai un bon conseil à te donner : fais ce qu'on attend de toi. Tu verras, tout ira sûrement mieux après.


Puis le vieux Tallgott conclut comme s'il s'adressait à un enfant :

- Maintenant, mange ta soupe avant qu'elle soit froide.

Que dire ? Que faire ? La nuit à venir s'annonçait longue...
Les Péjis sont là comme des marionnettes qui, dans l'atmosphère brûlante de leur Erpé,
oublient qu'elles n'ont que l'illusion de la liberté...

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Re: [Taille Tallgott]

Message par Taille Tallgott » 31 oct. 2019, 20:33

Les journées suivant l’affaire Danneberg avaient été redondantes.
Les vielles routines étaient revenues avec le travail du bâtisseur, à la chose prés que Taille avait pris pour habitude de passer son temps libre à méditer sur son rocher.
Là au bord du cours d’eau non loin de la meunerie.
En effet sur son perchoir il pouvait admirer et sentir les effluves forestières. Depuis cette estrade, Taille avait une vue imprenable sur le cours d’eau et les frais bocages tout en gardant dans son dos le village pittoresque de Kastof.
Le caillebotis de l’écume sur les cailloux effaçant les bruits agaçants venant du hameau.

Rien n’avait particulièrement changé après l’exécution du notaire. Tout du moins en apparence, la vie de la bourgade avait repris son cours tout comme moi, j’avais regagné ma place parmi les miens à quelques enjambées de la liberté qu’offraient les fourrés.
Au fond, il fallait bien avouer qu’après l’invocation, je n’avais pas ressenti Taal ni Rhya les jours postérieurs tout du moins pas aussi puissamment, et à vrai dire j’éprouvais un certain manque.
Au moins, pour apaiser mon cœur. Durant la plus grosse partie de la journée, les travaux m’occupaient l’esprit et il fallait le dire, j’aimais beaucoup ça. Construire était en soi mon divertissement préféré même si creuser la terre et élever des palissades n’était pas mon péché mignon.
Le soir venu, je descendais quelques chopes avec les autres à la maison commune puis j’allais méditer sur mon rocher. La plupart du temps j’y passais également la nuit sous la bienveillance de Rhya.

À l’exception de ce soir-ci, où je fus interrompu par Heilwig.
Elle n’avait pas encore complètement retrouvé ses attributs de charme, mais la plupart des vestiges de la malédiction avaient disparu et son regard avait cessé d’être consterné et embué. Pour cacher la chute de sa chevelure et le fait qu’elle n’avait plus que quelques touffes rousses répandues çà et là sur le crâne, elle portait désormais un châle.
Elle ne me céda pas vraiment la parole ce soir-là, mais je ne fus pas vraiment étonné par ses propos et sa demande je la laissais donc parler sans l’interrompre, acquiesçant lorsqu’il était nécessaire.
Il fallait bien avouer que l’idée était saugrenue, elle n’avait surement aucune notion de ce qui pouvait l’attendre dans les bois. Loin de la relative sécurité qui régnait dans la bourgade, en outre sa proposition ou du moins sa demande ne me passionnait pas. Car, si je quittai la vie de villageois ce n’était pas pour avoir une bouche à nourrir, à réchauffé et à défendre.

Après ces déclarations, je n’avais plus vraiment la tête à méditer, il était temps pour moi d’avancer ainsi je rentrais donc dans mon foyer partager le repas du crépuscule avec les miens.
Comme à l’accoutumée, nous étions installés à table autour de notre paternel. Il était assis au bout de cette admirable table de chêne fabriquée par nos aïeux, Taal seul savait le nombre de Tallgott qu’elle avait pu voir. Bref, je ne suivais pas vraiment les bavardages de mes paires, Olrik, Manfred et Rurik mes frères, étaient en pleine discussion au sujet de l’agrandissement de la palissade de Rosch, un village voisin.
Mon père Ulrik les écoutait d’une oreille éloignée. Pour ma part je maugréai dans ma barbe le fait que la plus belle fille du village désire l’abandonner pour venir avec moi. Il fallait avouer en fin de compte que cette histoire était assez burlesque et même invraisemblable.
C’est mon père qui me tira de mon trauma. Surtout les quelques mots provenant de mon fondateur qui me firent sortir de ma maugréation.

— Moi qui remplace Wolfric..... funérailles et il veut que les notables du village l’accompagnent au château......

Je soupirai un bon coup puis j’obéissais au conseil avisé du paternel en ingurgitant ma nourriture qui était somme toute excellente.
Quelle chance d’avoir un toit, une famille et une source de revenus honorables.
Par contre il y a un truc qui ne me plaisait pas trop et il était plus qu’urgent que j’aie une conversation avec le chef de clan après le dîner pour ne pas le gâcher évidemment.
Une fois le repas consommé j’attendis que mon père allume sa pipe et j’en profitai pour lui truander un peu de ce bon tabac que Manfred lui avait offert pour le dernier solstice.
Une fois en paix je raclais le fond de ma gorge pour capter l’attention. Je n’aimais pas discuter, mais cette fois il était temps. J’allais par conséquent essayer de ne pas passer par quatre chemins.

— Bon, il y a deux trois trucs qui me turlupine.

— Premièrement, tu sais que si Wolfric et Albrecht ont quitté le village, c’est parce que Albrecht était à un endroit ou il n’aurait pas dû se situer ? Non ? Bon bha maintenant vous le savez, pis le deuxième couillon qui était a s’t’endroit ou il n’aurait pas du se trouver c’était moi par les couilles de Taal.

— Ouais, on a assisté aux premières loges à l’assassinat de ce bon fils du Duc Lars Ricken. une sale affaire, assassiner par ses propres hommes, sûr de sûr.
— Je ne voulais pas trop trainer ma merde derrière moi, du coup je me suis planqué quelque temps dans les bois, histoire de ne pas en foutre plein la baraque tu vois le truc ?

— Mais bon les combines qui puent comme ça, ça ne part pas tout seul, et forcément à présent j’ai bien l’impression qu’on va tous être dedans. Alors quand tu iras chez les aristos, va falloir faire bien attention, car je ne sais pas où ils en sont. Ni s’ils ont trouvé d’autres boucs émissaires à foutre sous la dent des loyalistes qu’ils restent au comte. Bref un putain de sacré tas de vipères.
Taille laissa un court moment de battement en profitant pour raviver le brasier de sa pipe fallait bien annoncer que cette histoire empestait pour sa famille…

— Le deuxième truc c’est que pendant ma balade dans les bois j’ai rencontré un ermite, un prêtre de Taal et Rhya et que j’ai prochainement l’intention de commencer mon initiation.

— Vous savez tout ce remue-ménage au village. Les répurgateurs qui crament le notaire tout ça… Bha c’est un peu de ma faute. Avec l’ermite pas net et le père Stam on a mené notre petite enquête et on à trouvé des choses pas très Sigmarites chez l'gros Thilo, si tu vois ce que je veux dire.

— Bon au final avec l’aide de Rudolf et de Taal on est parvenu à stopper la malédiction qui traumatisait Heilwig. Ça c’est le bon côté, sauf que maintenant elle veut quitter le bourg pour me suivre vers mon initiation… Déjà que les deux vieux prêtres n'ont pas arrêté de se foutre sur la gueule, mais là si je vole à Stam sa grenouille de bénitier préférée je suis foutu. D’autant plus que le père Stam c’est lui qui nous a caché quand les hommes de main du duc étaient à Kastof pour nous conduire à la potence.

Voilà c’était fait, cette fois Taille était arrivé à ce moment où il n’avait plus le choix que de parler.

Par les cornes de Taal, il me faut un verre et pas un truc d’elfe.
Taille Tallgott, Voie de la foi guerrière.

FOR 9 / END 9 /HAB 9 / CHAR 9 / INT 10 / INI 9 /ATT 9 / PAR 9 / TIR 8 / NA 1 / 32/65 PV

Compétences :

-Sociales: Alphabétisation, Doctrine du culte ( Taal et Rhya ).
-Artisanales: Architecture, Travail de la pierre.
-Sylvestres: Camouflage, Orientation.
-Martiales: Coriace, Résistance accrue, Coups puissants.


lien fiche personnage : wiki-v2/doku.php?id=wiki:fiche_taille_tallgott

« Par la terre, l’arbre et les os. » : Serment courant chez les adeptes de Taal et Rhya.

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Re: [Taille Tallgott]

Message par [MJ] The Puppet Master » 19 nov. 2019, 19:55

Le vieux Tallgott écoutait son fils en hochant la tête. Il gardait une expression neutre et le regard braqué sur les flammes qui crépitaient dans l'âtre. De temps à autre, il prenait une longue inspiration nasale et soupirait lourdement mais ses lèvres restèrent scellées jusqu'à ce que Taille en eut terminé. Puis, seulement, il reprit la parole :

- Lourd de sous-entendus tout ça, fils, commença-t-il en tisonnant les braises. T'as vu que'que chose et t'as rien dit à ton père. C'est fâcheux... J'sais b'en qu'tu veux changer d'vie ; qu'le bâtiment ça t'attire p'us. T'es tout bizarre depuis qu't'es revenu... Mais j'croyais qu'la famille ça avait d'l'importance à tes yeux. Au moins assez pour qu'on s'parle quand y a problème. Nouveau soupir. J'ferai attention, fils. promit le vieil homme avec un léger sourire pour rassurer Taille. T'en fais pas pour moi. Mais j'vais tâcher voir d'en apprendre un peu plus ; histoire qu'on soye pas pris de court si jamais ça v'nait encor' par ici. Tu vois ? Pas fou l'vieux, hein ?

Le père étendit à nouveau ses membres et cligna plusieurs fois des paupières. Il semblait las. Las de la dureté de la vie. Las de devoir supporter son âge loin de ses belles années. Les commissures de ses lèvres et de ses yeux n'avaient jamais été aussi ridées que ce soir-là et Taille mesura, une fois de plus, à quel point son père avait vieilli ses derniers temps.

- Alors, tu pars ? C'est décidé ?
Les Péjis sont là comme des marionnettes qui, dans l'atmosphère brûlante de leur Erpé,
oublient qu'elles n'ont que l'illusion de la liberté...

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