[Wolvir] Le goût de la mort.

La province du Nordland est peu peuplée et ses régiments passent l'essentiel de leur temps à patrouiller le long des côtes pour les protéger des pillards du nord. Le Comte Electeur Theodric Gausser siège à Salzenmund.

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[Wolvir] Le goût de la mort.

Message par [MJ] The Puppet Master » 05 juin 2019, 20:42

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Martin [MJ Assistant]

Déjà quelques jours que Wolvir avait rencontré son contact avec "l'organisation". On lui faisait peu confiance, malgré ses années de bons et loyaux services dans l'armée. Aussi, il ignorait encore l'identité des autres membres du cercle, si ce n'est celui qui lui servait de contact local - et encore, celui-ci avait été clair : pas de contact direct à moins d'urgence absolue - et il ne pouvait contacter le réseau de manière régulière qu'en déposant des messages dans une "boite aux lettres" - une boite en bois dans une rue contiguë à la place du marché et contenant un fusain et du tissu - qu'on lui avait montré en ville. Même s'il avait été recommandé, sa loyauté et ses capacités se devaient d'être mises à l'épreuve proprement avant qu'il ne soit pleinement admis dans le premier cercle.
Son retour à la vie "civile" fut facilité par les quelques connaissances qu'il avait fait au cours de son service. De nombreux soldats avaient repris leurs champs, mais quelques-uns s'étaient reconvertis, après avoir été licenciés, dans le mercenariat, principalement, ou en tant qu'hommes d'armes dans le guet. Ainsi, avait-il quelques recommandations pour divers petits boulots.
Puisqu'il n'existait pas de guilde des mercenaires à Salzenmund, une sorte de "bourse du travail" - en réalité un taverne miteuse, mais dotée d'un hall important - où l'on trouve un grand panneau recouvrant l'intégralité d'un mur où sont affichées diverses requêtes, postées par le tout venant. Le propriétaire du lieu, un ancien marin borgne et unijambiste, tenait lieu de tenancier, secrétaire et liseur, pour ceux ne sachant pas lire. C'était un vieux bâtiment, mais au moins il y faisait chaud et l'ambiance était relativement agréable. Après, la clientèle était surtout composée de mercenaires, "aventuriers" ou petits bandits, contrebandiers, saltimbanques et autres malandrins. Un bon concentré de la partie la plus vile de la nation. Au moins le patron veillait à ce qu'il n'y ait pas de meurtres ou de vols dans son établissement, et ceux qui jouaient aux cons avec les poseurs de missives se retrouvaient vite fichés, et interdits de foutre à nouveau les pieds dans le coin.
Ça n'était pas la panacée, il y avait des quiproquos, des mauvaises surprises, une misère comparé au système tiléen mais toutes choses bien considérées, cela suffisait pour faire le travail et les clients étaient, en général, satisfaits. Après, la bière était insipide, les filles étaient grasses et le sol pas toujours très propre. Une bonne taverne quoi.

Que faisait donc Wolvir dans cet endroit où la lie de l'humanité et la partie légèrement supérieure de celle-ci se côtoyaient ? Simple. Il réfléchissait à ce qu'on lui avait ordonné de faire. Se fondre dans la masse et attendre. Il y avait bien eu ce petit boulot pour un bourgeois pas clair, ou bien jouer les gros bras au marché, mais ça n'avait jamais rien eu à voir avec l'organisation. Il ne faisait que jouer son rôle, celui d'un ancien de l'armée, désœuvré et cherchant à se reconvertir.

C'était tout à l'heure, alors qu'il buvait sa soupe chaude aux oignons qu'un étranger, impossible à identifier, dissimulé sous son chaperon, avait déposé un papier sur sa table, avant de repartir aussi rapidement, sans que Wolvir n'ait eu le temps de réagir.

La "missive" était tâchée d'huile, le vélin trahissait un recyclage du papier incessant, d'anciens caractères à moitié effacés selon des procédés ne pouvant qu'être qualifiés de rustres par les scribes les plus scrupuleux pouvaient encore, en plissant des yeux, être devinés sur le papier.
Le document en lui même ne révélait pas grand chose, non plus. L'écriture était sans style particulier, presque mécanique, si une telle chose était possible, trahissant un esprit froid et peu affecté par les choses. Quant au contenu...
Meurtres et disparitions dans le quartier des artisans. Enquêtez dessus. Gardez votre couverture. Détruisez cette note. Si imprévus, vous connaissez la boite aux lettres.

Qui vous savez.
C'était plutôt direct. Mais au moins laissait-on à l'apprenti répurgateur la liberté de choisir la manière dont il allait prendre les choses en main. Il pouvait très certainement se rendre directement sur place et chercher un travail là-bas. Après tout, on avait toujours besoin d'ouvriers solides dans le coin. Mais inspirait-il vraiment confiance avec son attirail ? A moins qu'il ne cherche sur le tableau d'affichage quelques requêtes qui puissent joindre l'utile à l'agréable ? Cela aurait l'avantage de lui fournir un "alibi", tout en lui faisant gagner des sous. Il était un peu court ces temps-ci. Mais un travail ne risquait-il pas de le faire avancer lentement ? A moins qu'il ne préfère effectuer les choses rapidement, menant son enquête dans le quartier, quitte à faire naître quelques suspicions sur sa personne ? Un inconnu armé et patibulaire qui posait des questions sur tout le monde, c'était louche. Surtout dans un quartier relativement aisé comme celui des artisans....

Après il pouvait toujours essayer quelque chose d'autre....
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Re: [Wolvir] Le goût de la mort.

Message par Erestor » 07 juin 2019, 16:04

Il fallait agir intelligemment. Wolvir savait qu’il n’aurait pas de seconde chance.

Il prit le temps de finir sa soupe aux oignons. L’épais breuvage collait à sa moustache. Il laissa dans le fond du bol les grumeaux et les morceaux peu ragoûtants de gras puis relit la « missive ».
Il agirait selon les ordres. La guerre lui avait appris pas mal de choses dont l’obéissance. Un soldat devait faire corps avec son unité, sa vie et celle de ses compagnons en dépendait. Là, il n’avait personne à protéger, il ne serait pas le bouclier de son voisin de gauche, mais il devait faire ses preuves ; il devait faire un coup parfait. Il lissa les commissures de ses moustaches et bourra sa pipe. À l’aide du message qu’il alluma avec la bougie trônant sur la table, il fit partir le tabac et tira quelques bouchées.

Au moins, le plus simple est fait, se dit-il. Le papier est détruit.

Il ne lui restait plus qu’à mener l’enquête. Et ce ne serait pas une mince affaire. La dernière qu’il avait menée remontait à la disparition de ses sœurs et n’avait rien donné en plusieurs mois de travail. L’enquête, ce n’était pas son fort…
Il ne s’inquiéta pas pour autant, il avait une vraie opportunité d’aider l’Empire et il serait à la hauteur. En prenant le temps de réfléchir, il trouverait forcément une idée. Il le savait. Une bataille bien réfléchie est une bataille gagnée. Très vite, il vit que deux possibilités s’offraient à lui :
Il pouvait se faire passer pour un charpentier, il avait les compétences. Il travaillerait la journée, interrogeant les ouvriers. Le travail déliait les langues, il obtiendrait forcément des confidences. Mais encore fallait-il que les ouvriers viennent du quartier artisan, et il en doutait. De simples tacherons viendraient sûrement des districts voisins les plus pauvres. De plus, Salzenmund n’étant pas réputé pour ses chantiers navals, mais plutôt pour le travail du minerai, il risquait de chercher longtemps.
Ou bien, il était possible de travailler comme mercenaire dans le quartier. Ainsi, il aurait plus de latitude et pourrait mener ses investigations en parallèle de la mission qu’il trouverait. Et avec un peu de chance, quelqu’un cherchait peut-être à retrouver un proche disparu.

La deuxième solution lui plaisait bien mieux. Il vida son godet de bière et se dirigea vers le tableau des primes. Comment trouver…
Le tableau, couvert de demandes, masquait la quasi-totalité du mur. Seuls les deux pans dans lesquels trônaient les fenêtres laissaient encore apparaître le torchis… entre les avis placardés à même le mur. Au pied de celui-ci, le sol aussi était jonché de papier.

- Hans, héla Wolvir à l’intention du tenancier, comment j’m’y retrouve dans tous ces papiers ? Ça t’est jamais venu à l’esprit de peindre une carte de la ville sur c’te maudit panneau ?
- Si, si répondit l’intéressé, mais comme y’avais déjà des demandes, j’ai pas pu ! J’décroche jamais rien, la règle est la même pour tout le monde, tu décroches celle que tu fais ou tu décroches rien.
- Ok, soit. Du coup, toi qui passes ton temps à les lire, tu aurais quelques affaires récentes du côté de chez les artisans à me proposer ?

Le vieil homme contourna son comptoir et s’approcha du mur. Malgré son handicap, il en imposait dans son bouge, les clients s’écartant de son chemin. Arrivé proche de son tableau, il se mit à passer en revue rapidement les affaires. Il soulevait son bandeau, comme pour mieux voir avec son orbite vide. Puis, après une minute, en montra trois à Wolvir. Rapidement, Wolvir en écarta deux, l’une traitait d’une histoire de vengeance d’un riche artisan dont la fille avait été souillée par un escroc et l’autre concernait une proposition d’emploi comme garde d’entrepôt. La troisième par contre attira son attention. Il était question d’un apprenti qui avait volé son maître avant de disparaître. Le butin composé de deux burins, un marteau et une boucle de ceinture à chape gravée, prête à être émaillée semblait dérisoire. C’était l’affaire qui s’approchait le plus d’une disparition, cela lui permettrait de poser des questions sans paraître trop suspect.
Il décrocha son papier, paya l’aubergiste et prit la route vers la piaule miteuse qu’il louait dans « l’hôtel », accolé à la taverne. À la béquille du borgne, ainsi se nommait le bâtiment. À son arrivée, Wolvir avait trouvé l’appellation sympathique, l’hôtel, étroit et haut, faisait effectivement penser à une béquille empêchant la taverne voisine, bancale de s’effondrer. Et il n’avait pu s’empêcher de rire lorsqu’il avait vu pour la première fois le vieux marin tenant ladite taverne. Il salua son logeur et monta à la petite chambre qu’il avait louée. Chambre était un bien grand mot, 3m² sous les combles. Au moins, il avait une serrure, de bois certes, et ne partageait pas la pièce avec deux ou trois autres voyageurs. Il tassa son matelas de paille, prononça une petite prière à Sigmar et fit une longue nuit de sommeil.

Peu avant l’aube, il se rendit au quartier artisan. Il tenait à arriver de bonne heure afin de faire bonne figure. À cet effet, il avait laissé son manteau et son grand chapeau dans sa cellule, prenant grand soin d’avertir son hébergeur de tous les malheurs qu’il aurait si ses affaires venaient à disparaître. Il portait fièrement son ancien uniforme, aux couleurs locales et avait couvert sa tête d’un feutre mou orné de deux vieilles plumes filiformes. Il passait ainsi pour un vieux soldat, voire même un ancien membre du guet ; parfait pour sa couverture.
L’endroit n’avait rien à voir avec les taudis qu’il venait de quitter. Installé dans le prolongement des entrepôts marchands, le quartier artisan s’étendait le long de la rive gauche du Salz jusqu’aux murs de la cité et venait mourir, pour les artisans les plus riches, sur l’enceinte du quartier bourgeois. Les demeures semblaient moins bancales, même si ciel n’était pas vraiment visible dans les rues les plus étroites. La totalité des rez-de-chaussée des maisons comportait soit une petite boutique soit un atelier. Il trouva l’atelier de Willem Horstmann très rapidement. Proche des murs de la ville et du quartier bourgeois, la bâtisse était bien entretenue. Le propriétaire devait être assez fortuné, l’une des fenêtres de l’étage, vraisemblablement la chambre, comportait un joli petit vitrail, chose rare.
Wolvir attendit quelques minutes, histoire d’entendre un peu de bruit dans la boutique, puis il frappa à la porte et entra.

- Bonjour, maître artisan, je viens enquêter sur le vol dont vous avez été victime, dit Wolvir, présentant le message récupéré à la taverne.

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- Herr Grierson, votre présence rend vos concitoyens nerveux, remarqua le juge
- Ma présence ne devrait effrayer que les coupables , répondit Wolvir

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Re: [Wolvir] Le goût de la mort.

Message par [MJ] The Puppet Master » 15 juin 2019, 15:33

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Martin [MJ Assistant]

S'engouffrant dans la foule d'inconnus qui se croisaient, se bousculaient et se marchaient dessus, pressés les uns sur les autres dans ces petites rues sales, malodorantes et insalubres, l'acolyte en herbe se dirigea vers le quartier des artisans, à quelques centaines de mètres de là à vol d'oiseau, mais bien plus loin à pieds, le marcheur devant faire la part des choses entre l'organisation bordélique urbaine de cette zone et les bons à rien qui le bousculaient dans la foule.

Eh oui, même si le quartier où était Wolvir n'était pas un véritable cloaque comme ceux de Nuln, Aldtorf, Erengrad ou Verrezzo qui étaient de véritables exemples en la matière, Salzenmund restait tout de même la ville la plus peuplée du Nordland et pouvait, à ce titre, revendiquer son lot d'éclopés, miséreux, mendiants et autres vermines méprisables tout juste bonnes à servir de chair à canon pour les glorieuses armées du Saint Empire de Sigmar... ou crever la bouche ouverte dans la rue et se faire bouffer par les rats et les chiens errants. C'était un choix comme un autre, même si, en cette ère barbare, on tendait à essayer d'atténuer les souffrances de cette chienlit qui empuantissait et encombrait les rues... Cela faisait peine à voir. A quoi bon sauver ces bouches inutiles ? Tout le monde savait que les miséreux étaient miséreux car ils le méritaient. C'était, là, la sélection naturelle ; un principe fondamental pour toute société civilisée mais encore combattu dans ces lointains territoires qu'étaient les provinces du Nord de l'Empire.

Finalement, après plusieurs dizaines de minutes de marche et de bousculade dans les couloirs d'étranglement, notre "héros" parvint au quartier des artisans. La partie basse, néanmoins. Il y avait "artisan" et artisan. Les malandrins qui se prétendaient capables et puis les vrais artisans, ceux à qui la noblesse et la bourgeoisie passaient commande. Le "tailleur" de Wolvir n'était pas le même que celui du comte électeur. Comparer le vulgaire escroc qu'était ce fripier avec cet homme à qui l'élite passait commande était malvenu.

D'ailleurs l'homme à qui rendait visite le vétéran tenait plus de la première race citée que de l'autre. Une maison en bois, qui avait vu de meilleurs jours, un toit en tuiles, trahissant une construction effectuée par des ouvriers ou un commanditaire du Sud des Appuccinis, des volets en bois au lieu de ce luxe raffiné qu'était le verre, quintessence de la marque de suprématie des "hauts" sur le "reste".... Au moins, la porte était-elle propre et d'aspect solide. Contrairement au propriétaire.
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Un vieil homme grincheux, voûté et râleur, qui accueillit son visiteur en lui crachant au visage un "Putain, je vous ai dit que je savais pas où il était, saligauds ! Foutez-moi l'camp !"

Il était, de toute évidence, un poil revêche. Peut-être était-ce dû au fait que la moitié du barda dans son dos était cassé ?

Quoi qu'il en soit, la missive que présenta Wolvir sembla calmer le vioc qui regarda l'épée louée avec de gros yeux.

- Ça fait deux semaines que j'attends et j'ai plus les moyens de vous payer. Dégagez de là, vous me faites perdre mon temps. Cette ordure peut bien crever que j'en ai rien à cirer !

Pourquoi tant de haine et de colère à l'égard d'un malheureux apprenti ? Alors, certes, la relation qu'entretenaient parfois les maîtres et leurs élèves étaient loin d'être au beau fixe mais de là à maudire quelqu'un pour un butin si faible... Et alors qu'en plus, étant donné l'âge avancé de l'homme qui engueulait sérieusement Wolvir, on se serait attendu à ce que son apprenti soit destiné à prendre soin de son vieux maître vers la fin de ses jours. C'était souvent comme ça que ça marchait dans les ateliers minables. Le maître sentait venir la mort et donnait la boutique au meilleur - parfois le seul - de ses apprentis, qui devait alors veiller sur lui jusqu'à la fin - quelques jours pour les plus chanceux (ou entreprenants), quelques années pour les plus malheureux. En tout cas, le vieil homme semblait peu coopératif. Et peu disposé à écouter au vu du fiel qu'il envoyait dans les oreilles de la bleusaille de l'organisation. Peut-être que le brusquer un peu était une solution pour le calmer ? Ou trouver les bons mots ?
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Re: [Wolvir] Le goût de la mort.

Message par Erestor » 18 juin 2019, 11:18

- Ça fait deux semaines que j'attends et j'ai plus les moyens de vous payer. Dégagez de là, vous me faites perdre mon temps. Cette ordure peut bien crever que j'en ai rien à cirer !

Cette phrase et le ton employé eurent le don de mettre Wolvir hors de lui.

Il s’était levé de bonne heure, traversé le quartier entre chien et loup, quand seuls les artisans empruntent les rues. Il s’était présenté à l’atelier Horstmann, enseigne réputée de bijouterie où l’on avait éconduit. Surement un homonyme lui avait-on dit, il y a un atelier de cordonnerie miteux près des entrepôts qui porte le nom d’Horstan. Wolvir avait dû retraverser tout le quartier pour rejoindre une échoppe à deux pas de sa chambre. À cette heure, tous les miséreux étaient de sortie et il avait été contraint d’en chasser plusieurs. Certains de ces va-nu-pieds, entreprenants, n’hésitez pas à s’agripper aux chausses des passants, se lamentant de leur misère pour obtenir quelques pistoles. Wolvir avait horreur de ces parasites, cette vermine qui vivotait au crochet des honnêtes citoyens. La traversée avait été pénible et lorsqu’il avait aperçu la masure délabrée, ça avait fini de le mettre hors de lui. Il avait la nette impression de s’être fait rouler par un commanditaire peu scrupuleux qui avait joué sur la renommée d’un confrère pour trouver son « épée à louer ».

Alors être traité comme une vulgaire merde…

Avec un sourire forcé, il entra dans l’atelier et ferma la porte derrière lui. Il saisit alors le vieillard par le col et le plaqua au mur.

- Écoutes moi vieillard, tu vas changer de ton et répondre à mes questions. T’as promis 50 pistoles pour qu’on retrouve ton apprenti, je vais le retrouver. Mais t’as intérêt à payer sinon, sa disparition sera le cadet de tes soucis. C’est compris ?
- O...O...Oui, pleurnicha le vieil homme.


Wolvir le lâcha et, d’un rapide coup de main, lui défroissa la chemise.

- Très bien, prends un siège, assieds-toi et écoute attentivement. J’ai un paquet de questions à poser et tu auras le même nombre de réponses à me fournir.

Wolvir jouait son rôle de mercenaire aussi bien qu’il le pouvait. Il avait le regard noir et ne quittait pas des yeux son commanditaire. Le rapport de force jouait en sa faveur, et c’était le meilleur moyen d’obtenir les réponses attendues. Il avait vu Jonas en user et, systématiquement, ses interrogatoires avaient porté leurs fruits.
En plus, il avait besoin de ces 50 pistoles, sa bourse ne pesait presque plus rien.

- Tout d’abord, tu me parleras de ton apprenti. Son âge, à quoi il ressemble, où il crèche, s’il a des amis, des ennemis… Ensuite, tu m’expliqueras pourquoi ton atelier est dans cet état. Et pour finir, tu me diras qui sont ces « saligauds » à qui tu as déjà dit qu’il n’était plus là. Ça ira ?
- Et au passage, une avance pour les frais serait la bienvenue. Il va falloir que je mange aujourd’hui…
Wolvir Grierson, Voie du Répurgateur
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Re: [Wolvir] Le goût de la mort.

Message par [MJ] The Puppet Master » 22 juin 2019, 13:58

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Martin [MJ Assistant]

Après cette entrée "fracassante" en la matière, assez pour que le vieux schnock se calme, Wolvir eut diverses nouvelles, bonnes et mauvaises, cela s'entend. Déjà, il semblait que cet impotent vieillard ne sache vraiment rien de rien ou vraiment pas grand chose d'utile. La dernière fois qu'il avait vu son apprenti, c'était il y a 15 jours environ, alors qu'il allait dehors. Puis il ne l'avait pas revu. Alors, bien sûr, ça arrivait qu'il disparaisse comme ça pour revenir quelques jours plus tard.... Sauf que, là, des gens s'étaient mis à pisser devant sa boutique ou à déposer des bestiaux crevés, ses clients étaient intimidés.... Puis ces enfants de salauds, dit-il en fixant salement le mercenaire, sont arrivés chez lui, comme ça, fit-il en claquant des doigts, l'ont cerné, bousculé, gueulés des trucs à la figure et se sont mis en même temps à tout chambouler chez lui et lui ont piqué sa caisse. Il avait eu du bol. La dernière fois que des gars du Sagace avaient eu à rendre "coopératif" un commerçant, ils avaient cassé sa charrette, crevé ses chevaux, détruit sa cargaison, tué le garçon d'écurie et la fille avec laquelle il couchait.... Alors non, il n'aurait pas son avance ! Déjà que le malfrat qu'était Wolvir avait une sale gueule à qui il faisait pas confiance, qu'il était désagréable au possible, et qu'en plus de ça, lui même était fauché et que les impôts étaient passés, hier, lui voler le peu qu'il avait pu se faire entre temps.... Alors oui, il pouvait aller se gratter.

Quant à son apprenti.... Pas grand chose à dire. Un miséreux qu'il a récupéré à l'orphelinat. Plutôt travailleur, qu'il avait pris sous son aile ; plutôt beau garçon, beau parleur, un poil rêveur, trop malin pour son propre bien ; blondinet virant sur le roux, yeux bleus, pas trop famélique et assez moyen en hauteur, et une cicatrice sur l'épaule gauche - un rat qui l'avait mordu alors que gamin paraît-il -.
La dernière fois qu'il avait entendu parler de lui, selon les voisins, il était allé dans le De Walletjes. Il avait son entrée dans un des "établissements". Lequel ça par contre.... Il avait plus l'âge pour ces conneries. Et c'était pas ses oignons. Sinon, il dormait à l'étage de la boutique la plupart du temps, sur le tapis de sol.
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Des ragots de taverne que Wolvir avait entendus ces derniers jours ainsi que des conversations de feu de camp du temps où il était à l'armée, puis dans la suite de l'inquisiteur pour qui il travaillait avant d'être en "poste", Wolvir eut une idée à peu près claire de ce à quoi il touchait. Le "Sagace" à qui faisait référence le vioc, était, en gros, le numéro 1 de la pègre de la ville ; dirigeant de la confrérie des loqueteux, trempant dans tous les sales coups, plus ou moins au courant de tout et, surtout, LE type par lequel il fallait passer si on voulait faire long feu dans le milieu criminel. Certains avaient essayé de faire sans lui ; on les avait retrouvés la gorge tranchée au petit matin ; quand c'était pas leurs restes dans les auges des cochons. Fallait pas rigoler avec lui. La concurrence ? Il la brisait si elle ne se couchait pas. Après, les resquilleurs qui jouaient petit pouvaient toujours passer entre les mailles du filet mais ils savaient qu'à tout moment, s'ils n'étaient pas assez "généreux" ou devenaient trop gourmands, on allait les planter...
Bref, fallait pas déconner avec lui. Surtout que personne ne savait qui il était en plus. Mais tant qu'il maintenait le crime à un niveau raisonnable, le guet ne se souciait jamais de ce qu'ils foutaient, lui et ses drôles. Peu de patrouilles dans le quartier chaud, peu de trop gros coups dans les quartiers riches et tout le monde était content.

Quand au De Walletjes, ça.... Les vétérans en régiment avec Wolvir, du temps de ses jeunes années, connaissaient parfaitement le coin... C'était souvent leur première visite lorsqu'en permission. Il y avait de tout : auberges de jeux, tavernes, herboristes plus ou moins empoisonneurs - surtout plus que moins -. Puis, il y avait les maisons de plaisir ; celles non loin du quartier riche, puis celles pour les bourses plus... "modestes". Les patrouilles y étaient souvent plus nombreuses qu'ailleurs, non pas que la sécurité y soit faible mais plutôt pour maintenir l'ambiance du lieu. On voulait éviter les scandales. Ça faisait mauvais genre un noble en état d'ivrognerie sur la voie publique en sortant d'un bordel. Le guet était là pour empêcher que ça ne se voit trop. Si Wolvir avait l'intention d'aller sur place, il risquait de marcher sur des œufs.... Son coup d'éclat avec le vieux risquait de lui valoir un séjour prolongé en cellule, au mieux, s'il s'essayait là-bas.
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