[Reinard Faul] Sous quarantaine

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

Modérateur : Equipe MJ

Avatar du membre
[MJ] Le Grand Duc
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Messages : 1263

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par [MJ] Le Grand Duc » 23 mai 2019, 10:28

Image
Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Mémé écouta très calmement Reinhard parler, en opinant du chef de son menton ridé, de bas en haut, à la moindre de ses ponctuations. Quand elle le vit bondir, elle eut un sourire involontairement carnassier, qui découvrait ses chicots pourris et enlaidissait encore plus son visage.

« Du calme mon poussin, mon petit ange. Tu parles trop vite et trop mal… Reprenons depuis le début, veux-tu bien ?
Mais attend, aide-moi à me lever, je veux retourner à ma marmite. »


Mémé Gateuse s’aida de Reinhard pour se remettre debout sur ses guibolles croûteuses, puis elle retourna vers la marmite macérée pour en retirer le couvercle et continuer à mélanger sa tambouille qui devenait de moins en moins visqueuse et de plus en plus marquée par une forte vapeur qui en émanait.

« Bernhard Steiner n’est pas le seul de mes poussins. Il n’y en a pas beaucoup, tout juste une demi-douzaine, toi compris. Avec moi, nous sommes sept, le chiffre préféré de Grand-Pépé.
Je suis bien précautionneuse à ne pas faire que vous vous rencontriez, pour votre sécurité à vous tous… Je me tuerais, si l’un d’entre vous finissais enfermé dans les cellules sombres du Donjon de Fer. J’ai déjà très peu pour ce petit Bernhard…
Mais si tu m’assures que Pépé a posé sa marque sur ce navire, alors je n’ai pas le choix. Il faut que je te mette au courant, que tu puisses collaborer avec eux. Il faut que tu récupères ce qu’il y a à l’intérieur de ce maudit rafiot.
Passe-moi un des bocaux sur le comptoir. Un vide. »

Elle avait bien fait de préciser « vide ». Car il y avait une quantité immense de pots, de tubes et de bouteilles en tout genre sur le comptoir, remplies de matières toutes plus étranges les unes que les autres. Du sang, des matières fécales, des yeux ou des pattes d’animaux, des viscères ou des tissus humidifiés par on-ne-sait quelle sécrétion. Reinhard étudiait les potions et les ingrédients auprès de Mémé depuis quelques temps, mais il n’avait pas encore développé les techniques et les compétences nécessaires pour l’égaler et reproduire les merveilleuses recettes de son mentor.
Elle remplit avec minutie le bocal d’un simple fond de sa mixture, puis en scella le couvercle. Elle reproduit la même action avec d’autres petits bocaux similaires qui étaient sur une étagère.

« L’argent achète beaucoup de choses. Des documents, des explosifs, des renseignements… Parfois, il permet d’acheter un passage, ou l’oubli d’un témoin un peu trop gênant. Et effectivement, il peut servir pour avoir l’aide d’autrui. Cependant, cette dernière option, tu dois y faire attention. Il est facile de demander à quelqu’un de te transporter, mais si tu fais trop de grabuge, il peut avoir peur, avoir des remords, ou être atteint par cette piété maladive qui conduit à rejeter Pépé.
Dis-moi tout, Reinhard. Tout ce que tu as vu. Et surtout : Quel est ton plan ? De quoi as-tu besoin, idéalement, pour parvenir à entrer sur le rafiot et à en extraire ce que tu cherches ? »


Après avoir rempli un quatrième pot, elle remit le couvercle sur son chaudron, s’approcha de Reinhard et posa une main rêche et osseuse sur son front.

« Tu as tellement de talent en toi, petit poussin… Oui, je peux te faire boire quelque chose et te guider durant ton sommeil. Mais tu dois apprendre à mieux diriger tes rêves, à les forcer et à les plier à ta volonté.
Si tu décides de t’endormir, alors, que désires-tu découvrir ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Avatar du membre
Reinhard Faul
PJ
Messages : 43

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par Reinhard Faul » 23 mai 2019, 18:14

Quelque fois j'ai l'impression qu'un gigantesque monstre vit sous ma peau, que si je la déchirais avec mes ongles, on le verrait. Des fois il est très excité, ça me fait un peu mal.

« Ouiiiiiiii Grand Père a mis sa marque sur bateau ! » Ai-je ronronné de plaisir. « Il est tellement beau... Tout est en train de pourrir dessus, l'équipage avec. Les hommes des faux-dieu en ont la trouille. Il sent bon ! »

Une expression confuse s'installe sur mon visage quand Mémé me dit que je suis incompréhensible. Je bredouille des excuses. Heureusement, elle est là pour me remettre sur les rails. Elle canalise mon énergie en me proposant de l'aider à remplir ses petits pots. Je ne sais pas ce qu'ils contiennent, mais ils sont tous curieusement attractifs, comme le serait des pâtisseries très élaborées, mais version crado. Elle a dit que ceux là étaient pour moi. Je me demande pourquoi, mais je ne pose pas la question à voix haute.

J'essaye de reprendre mon récit un peu plus clairement.

« Bernhard... il m'a emmené avec lui vers l'Habinsel. Pour y retourner tout seul, je pense qu'il faudrait une barque et y aller... tu sais, quand il y a beaucoup de cendres dans l'air à cause des fonderies, les jours où il n'y a pas de vent. On voit pas à un mètre devant soi quand c'est comme ça. »

Je me gratte la barbe en regardant dans le vide pour réfléchir. J'ai passé tout le chemin du retour à repasser dans ma mémoire tout ce que j'avais vu.

« Je pense que ça serait plus simple d'accoster dans le quartier des nains. Ces petits cons aiment pas se mêler des affaires des humains parce qu'ils ont peur que ça leur retombe sur le casque. Mais ensuite il faudrait escalader la muraille de la zone de quarantaine et gérer les éventuels gardes. » J'ai commencé à mordiller l'ongle de mon pouce. « Mais Mémé, on va pas se mentir... niveau navigation et bagarre c'est pas trop ça. C'est pour ça que j'ai besoin de quelqu'un d'autre. »

Quelque chose me perturbe, une sensation physique. Je fronce les sourcils très lentement. Mon enveloppe corporelle ne me préoccupe plus beaucoup depuis longtemps. Puis je comprend ce qui m'indispose : je décide d'aller pisser dans un coin de la pièce, tel un chat malade. Dos à Mémé, je continue de lui expliquer ma petite journée.

« Tu sais, il y avait un truc bizarre que je ne comprends pas. Le bateau que j'ai vu dans mon rêve, il était tiléen, avec le noble dessus qui... tu sais, il parlait comme ci comme ça. Un tiléen quoi. Et il a été coulé par des bretonniens. Mais quand j'ai revu le bateau dans la zone de quarantaine ben il avait pris le nom de celui qui l'avait coulé, et le manifeste aussi... me demande pas ce que c'est parce que c'est de l'écriture, mais ça avait l'air important. Grand Père il est vraiment fort. »

J'ai parlé très longtemps, j'ai besoin d'une nouvelle pause. Pas l'habitude d'avoir des discours aussi longs et cohérents. Je regarde ce qui se présente sous mes yeux pour me distraire, c'est à dire mon urine. Elle arbore cette belle couleur d'eau de vaisselle sale qu'on ne devrait jamais trouver de près ou de loin en relation avec son corps. C'est parce que je me suis pris des coups de pieds dans les reins hier ou avant hier, dans des circonstances aussi peu intéressantes que floues. De toute façon, Grand Père a la sollicitude de rendre plus supportable les petits cahots de l'existence. A quoi bon vendre son âme sinon.

« J'aimerais bien faire un rêve à propos des répurgateurs de Shallya qui étaient là bas, mais ça fait un peu peur. Ils sont dégueu. »
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 10 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: Ici

Avatar du membre
[MJ] Le Grand Duc
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Messages : 1263

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par [MJ] Le Grand Duc » 24 mai 2019, 12:13

Image
Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Mémé Gâteuse écouta bien gentiment son petit poussin, avec un petit sourire en coin. Elle opina continuellement du chef, avec son même mouvement de tête qui ressemblait à celui d’une poule.

« Le ghetto Nain… C’est risqué. C’est un endroit avec de grands murs, et de taciturnes gardes qui n’aiment pas les intrusions d’autrui chez eux…
Mais d’un autre côté, cela peut aussi être une bonne idée. Les Nains sont des esprits fermés, aucun ne détectera tes talents ou ne se doutera de ta présence. Peut-être est-ce que l’on peut te cacher dans une cargaison, et utiliser ton argent et les documents de Steiner pour te faire traverser le ghetto camouflé.
Ou bien, tu peux peut-être simplement entrer dans le ghetto, puis te mouvoir vers la quarantaine par les égouts. Les souterrains sont un endroit adoré de Nurgle. Tu y serais plutôt protégé, plus qu’à la surface en tout cas. »


Mémé attrapa l’un des pots, et le tendit à Reinhard. Elle lui fit un petit sourire lorsque son poussin l’attrapa et observa la mixture contenue dedans.

« Cette pestilence a été permise grâce au cadeau de Pépé. Elle peut peut-être te servir dans ta tâche… Mais fait bien attention à ce que l’on ne te découvre pas avec. Certaines personnes pourraient ne pas bien l’accepter. »
Objet obtenu : Doucereuse Senteur (x4) : Une bombe puante aux propriétés fortement renforcées. Lorsque le pot contenant la Senteur est brisé, une vapeur émane dans un rayon d’un demi-mètre autour de l’impact : Toutes les personnes qui respirent la mixture doivent alors réaliser un test d’END-4. En cas d’échec, l’intoxiqué se retrouve pris de vomissements, est aveuglé, et a une forte envie de fuir le combat.
Les répurgateurs de Shallya sont immunisés contre ces vapeurs tant qu’ils portent leurs tenues.
« Je vais te mettre en contact avec certains de mes poussins. Nous pourrions les convier pour une jolie messe, puisque tu as l’idée de mettre en place une petite idole. Cela serait une bonne occasion de faire leur connaissance, et je pourrais leur préparer un joli petit goûter, qu’en dis-tu ?
Mais ce genre de réception ne se prépare pas à l’improviste ! Il faudra que je les contactes en leur envoyant des mouches. Je n’ai pas la même facilité à communiquer avec eux que je n’ai avec toi. Toi, mon petit Reinhard, toi, tu es spécial.
Je vais préparer ton lit, afin que tu dormes. Ensuite, tu me diras ce que tu voudras faire. »


Et ayant dit cela, elle alla trouver une vieille couverture souillée et arrangea une paillasse qui ressemblait plus à la litière des chats de la maison qu’à un vrai lit, et elle borda son petit poussin afin qu’il se prépare à réaliser de jolis rêves.
Tentative de divination d’oniromancie.
MAG+INT/2 : 9
Jet : 3, réussite. Rêve révélé.
***
Sœur Emma avait la nausée. Un reflux d’estomac acide qui lui brûlait le long du chemin de son ventre jusqu’à sa gorge. Son corps tout entier se contractait, et ses talons lui donnaient envie de se tourner et de s’enfuir.
Elle savait qu’elle était au bon endroit.

On avait l’habitude de voir des horreurs dans les quartiers de quarantaines des villes. Souvent placés sur une île éloignée des commerces et des habitations, toujours solidement gardés par des bouches à feu et des sergents, presque toutes les cités du Vieux avaient pris cette habitude de mettre à l’écart les malades, par la crainte instinctive de l’épidémie qui tue plus efficacement que toutes les légions du Chaos ou des Peaux-Vertes. Elle en avait vu, des choses horribles, que ce soit à l’Anguille ou à Marienburg, toujours ces cales remplies de jeunes hommes toussant, pleurant, jonchant le bois alors qu’ils mourraient à petit feu, perdus dans la multitude de l’équipage. On avait beau prier, panser des plaies, donner des bouillons mélangés à des herbes pour fortifier un par un la centaine de matelots pleurant et implorant, à la fin, on finissait à faire comme Shallya : On pleurait. On avait les yeux mouillés, seule réaction qui permettait encore de se sentir humain après avoir froidement organisé des triages, du rationnement des soins souvent trop limités, et surtout, après s’être mis à ignorer les malades faute d’avoir la moindre chance réaliste de les sauver.
Mais cette horreur là, dans l’Halbinsel de Nuln, elle était bien différente. Pas de masses de matelots dans la cave. Pas de bruits de pleurs. Pas de toux, de respiration saccadée, de prières murmurées entre les sanglots. Le silence. Le silence absolu. Et cette espèce d’atmosphère extrêmement pesante qui écrasait de tout son poids les consciences des fidèles de Shallya qui s’approchaient.

« Vous montez à bord ? »

Le capitaine-quartenier s’adressait au trio de Shallyens qui regardaient la galère. Bien sûr que oui ils allaient monter à bord. On ne les avait pas appelés avec un message urgence depuis leur sanctuaire à Osterzell, et on ne les avait pas fait cavaler à toute vitesse même de nuit pour parvenir ici le plus vite possible, pour qu’ils décident finalement de faire demi-tour. Mais le capitaine-quartenier n’avait pas demandé cette question avec un ton crédule et sincère : il avait prononcé cette interrogation avec de la trouille qui suintait de sa gorge. Il était à cran, Emma le sentait, elle qui avait été toujours très forte pour ouïr une petite trace de ce que les gens pensent vraiment dans l’intonation de leurs paroles. Il était à cran, lui, un grand gaillard grassouillet et moustachu portant une énorme cote de plates ouvragée au poitrail décoré de médailles, parce qu’il pensait que c’était les deux petites prêtresses toutes fines devant lui qui allaient vaincre ce dont il avait peur.

« Oui
, répondit Fra Ferdi après une petite seconde de silence. Dites à vos hommes de bien rester à l’écart, mon capitaine, nous aurons besoin de nettoyer nos tenues après avoir posé le pied sur le navire.
– Bien… Très bien, très bien, je vais aller prévenir mes hommes.
Heu… Bonne chance. »


Il salua maladroitement les deux jeunes filles et le jeune homme avec son chapeau à plumet, puis se dépêcha de tourner les talons et de profiter de l’excuse que Ferdi lui avait volontairement offert pour aller se cacher avec ses subalternes.
Tout autour du navire, sur des murs et au-dessus des tours de garde, des soldats se tenaient prêt, arquebuse en bandoulière. Si on ne savait pas de quoi il en retournait, on serait étonné de voir des militaires de l’Empire être terrifiés par l’épave d’une galère.
Mais Emma avait peur. Elle ne pouvait pas s’empêcher de regarder d’un œil alerte le vieux mât sans pavillon du vaisseau.

« C’est pas leurs arquebuses qui seraient utiles, chuchota sœur Zella en jetant un œil aux bleusailles qui tremblaient dans leurs chausses. Un bon feu, ça par contre…
– Attend que les Templiers de Sigmar soient ici
, ricana Ferdi avec un sourire mauvais. Eux ils vont bien appliquer les précautions médicales sur le flambage. Peut-être même qu’ils brûleront le reste de la quarantaine avec, et ça, c’est s’ils sont de bonne humeur.
– Plaisante pas sur ce sujet
, Ferdi, coupa subitement Emma. Il y a peut-être des gens à bord.
Il y a peut-être des gens à bord. »


Elle avait répété deux fois la même phrase pour se rappeler elle-même pourquoi ils étaient là, sur le quai, à revêtir leurs gros vêtements étanches. Elle n’aurait peut-être pas si peur que ça, si seulement ils n’avaient pas observé ce qui était arrivé aux fonctionnaires de la douane qui ont été exposés lorsque le capitaine du vaisseau est descendu remettre son manifeste. Elle avait ausculté des centaines, peut-être des milliers de patients malgré son jeune âge relatif – mais c’était une prêtresse de Shallya, confiée bébé aux soins de la belle Déesse. Elle avait été sur place lors de la Peste de l’Anguille, elle avait été dans des léproseries, elle n’était même plus dégoûtée quand elle voyait des mycoses ou des nécroses. Mais depuis qu’elle était devenue répurgatrice, depuis qu’elle avait à moitié trahi le serment de ne jamais tirer l’épée ou de souhaiter la mort de quelqu’un, elle avait appris à reconnaître la pestilence si particulière de la Corneille.

« Emma, ta collerette. »

Zella s’était déjà éloignée. Elle s’était saisie de son gros bec d’oiseau qui devait parachever sa tenue, mais avant, elle le remplissait de poudres et d’herbes médicinales afin de pouvoir bloquer les miasmes infectieux avec une odeur saine. Mais alors qu’Emma allait la rejoindre, Ferdi s’était mit sur son chemin, et passait ses mains sur son uniforme, sans demander son autorisation, afin de pouvoir refixer la collerette de sa collègue, qu’il devait estimer mal fixée.
Ça eut le don de faire soupirer Emma. Elle attrapa très fort les poignets de Ferdi et dut serrer les dents pour se faire passer l’envie de briser les doigts du prêtre. Elle portait une telle tenue depuis des années. Elle détestait qu’on la prenne pour une conne.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Ferdi se pinçait les lèvres. Le jeune prêtre plongea son regard dans les siens et balbutia quelque chose à voix basse.

« J’ai l’impression que tu m’en veux. Je-
– T’es sérieux ? T’as envie qu’on discute de ça, là, maintenant ? Cela va faire trois semaines que je suis à Osterzell et tu veux me parler de ça juste quand on va grimper dans une épave profanée ? »


Elle parlait avec une voix douce et immensément basse, histoire de pas alerter Zella qui n’est même pas à trois mètres d’eux, mais il ne fallait pas se leurrer. Si elle avait été une personne différente, si elle n’avait pas eu cette imperturbable patience, elle n’aurait jamais essayé de prendre sur elle jusqu’à lui ronger le peu de considérations qu’elle avait encore pour Fra Ferdi. Elle ne lui en voulait même pas de lui avoir fait croire des conneries, ni de l’avoir trompé – quand bien même il prétendait que ce n’était pas un adultère vu qu’ils n’étaient pas vraiment ensemble. Ce qui la fatiguait véritablement, et qui expliquait la force qu’elle appliquait à ses molaires entre elles, c’était que Ferdi avait suffisamment de culot pour venir ensuite derrière se foutre de son intelligence par ses réactions.
Il ne sut pas quoi dire, Ferdi. Mais il lança à nouveau un regard anxieux vers le navire, puis à nouveau vers la prêtresse, avant de continuer.

« C’est difficile de te parler, tu m’évites.
– Parler, de quoi ? Frère, tu fais ce que tu veux de ta vie. Mais viens pas ensuite gaspiller tes larmes parce que je t’envoie bouler.
– Je-
– Putain, mais je t’ai même pas entendu dire « pardon », c’est fou ! »

Du coup, Zella, leva son museau maintenant recouvert par son gros bec qui recouvrait la totalité de sa face, excepté pour ses deux yeux qui avaient à leur place une sorte de petite écoutille recouverte de verre. Elle toisa sans aucune expression particulière ses deux coreligionnaires, qui finalement cessèrent leur scène pour l’imiter et également disparaître derrière le bec de corbin.
Emma bouillonnait. Le pire, ce n’était pas la double humiliation d’être cocue ou d’être prise pour une conne. Non, le pire, c’était qu’elle ne pouvait pas s’en plaindre. Elle n’avait pas le droit de faire toute une tirade pathétique où elle pouvait dire ses quatre vérités à tout le monde. On l’aurait accusée d’être puérile, de ne pas être une bonne prêtresse, de méconnaître ses devoirs et les commandements de Shallya et toutes les formules pré-fabriquées qui, si elles n’avaient pas été prononcées dans l’immédiat, résonnaient dans son crâne dans un écho imaginaire fort désagréable. Cette haine passagère, très fort, se couplait avec l’anxiété nauséabonde qui couvait en elle, pour former une espèce de mélange qui provoqua dans son crâne une forte douleur, amplifiée derechef par le mélange d’herbes et de poudres qui la faisait étouffer dans son masque étanche qui limitait fortement ses sens. Elle entendait sa propre respiration et ne voyait qu’à travers deux petits morceaux de verre qui avaient trop de reflets. Au moins, la difficulté pour parler avait fait fermer sa gueule à Ferdi, donc il y avait un peu de positif là-dedans.

Le trio de prêtres s’avança près du bateau. Trois corbeaux fort lugubres avec leurs grosses capuches et leurs tenues bouffantes. Zella fit un signe aux arquebusiers, et une paire d’entre eux arriva à pas de loups en portant une grosse planche en bois bien épaisse qu’ils jetèrent contre la rambarde de la galère. Un par un, les médecins s’avancèrent sur la planche qui pliait sous leur poids, et mirent finalement le pied sur le navire.

Il tanguait très légèrement, simplement au grès du minuscule mouvement d’eau de la rade. Le pont était vide. Mais il y avait des traces, partout, de combat. Des éraflures, une nuée de flèches plantées dans le bois, du sang séché un peu partout. Mais pas l’ombre d’une trace humaine.
Emma saisit une lampe à huile dont elle alluma la mèche en chanvre avec un briquet à amadou. Puis, elle décida d’aller à la manœuvre, son pied peu sûr sur l’épave qui semblait craquer sous la semelle de leurs bottes.

« On va aller dans la cale… S’il y avait quelque chose sur le pont, les militaires l’auraient déjà remarqué. »

Sa voix derrière le masque sortait déformée, et très peu audible. Mais ses deux camarades se contentèrent de hocher énergiquement la tête.
Emma s’approcha d’une petite trappe sur le pont. Elle fit un signe de tête à Ferdi, qui utilisa ses talents d’homme pour se charger de la sale besogne qui consistait à déverouiller la trappe et la tirer. Il échoua. Malgré le fait qu’il secouait la poignée de toutes ses forces, elle ne semblait pas bouger.

« Un peu de nerf, Ferdi ! Se plaint Zella.
– Je donne tout ce que j’ai ! Rétorqua un Ferdi énervé entre ses mouvements. La maudite trappe est- »

Il y eut un bruit. Mais pas un bruit de bois qui se brise. Plutôt un crépitement. Un crépitement humide.
Emma eut l’instinct de faire un pas en arrière. Elle jeta un œil sous elle, vers la trappe, et découvrit avec horreur comment le dormant de la trappe avait été envahi d’asticots que Ferdi venait de faire exploser. Une nuée de cafards filèrent, et la lueur de la lampe à huile d’Emma eut comme effet de faire découvrir aux prêtres comment les marches qui étaient liées à la trappe avaient été dévorées par des vers qui infestaient le bois.

« Douce Shallya... »

Emma se tourna et observa Zella. La prêtresse lia ses mains, ferma les yeux, et commença une incantation monotone et répétitive probablement sortie de l’un des ouvrages sacrés de la Déesse. Emma se retourna alors vers Ferdi, qui soupira longuement après avoir observer ce qui se tapissait dans la cale. La jeune prêtresse tendit la lampe à son camarade, puis se tourna vers la trappe.

« Shallya, protège-moi, garde-moi, donne-moi la force, car je risque ma vie pour te servir. »

La prêtresse s’agenouilla, et posa ses mains de chaque côté de la trappe. Puis, soutenue uniquement par son poids, elle se balança au fond du trou, et se laissa tomber à l’intérieur. Ses pieds heurtèrent du bois, mais elle avait entendu le bruit de quelque chose qu’on écrase.
Elle leva son bras qu’elle tendit vers le trou de la trappe. Ferdi lui tendit sa lampe à huile, dont elle se saisit pour éclairer l’intérieur.
Si Zella n’était pas en train de prier frénétiquement à voix haute, elle aurait probablement fait un malaise ici, et maintenant. Sa respiration, qu’elle entendait distinctement, se faisait beaucoup plus forte.

Tout le bateau était corrompu. Toute la cave était envahie d’horreurs. Elle ne put faire un pas sans écraser un cafard ou un asticot. Elle voyait des mouches voler frénétiquement dans tous les sens, et s’éclater contre les verres devant ses yeux. Mais le plus terrifiant, c’était la vision des rangs de rameurs qu’elle remontait lentement.
Elle comprenait d’où tous ces asticots venaient. Il y avait des dizaines et des dizaines de masses qui avaient des formes de corps, mais qui avaient été tellement décomposés qu’il n’en restait en fait plus que de vagues squelettes noircis dans lesquels des insectes avaient planté des œufs. Elle le sentait. Si elle n’était pas protégée tant par Shallya que par son lugubre uniforme, elle n’aurait pas survécu une demi-seconde dans la cale. Elle serait morte sur place.

Il n’y avait rien à sauver. Avoir appelé les Templiers de Sigmar était la bonne chose à faire. Une fois qu’ils arriveront d’Altdorf, ils pourront exorciser cette épave par le feu. Mais la bonne conscience bien pure d’Emma l’obligea à continuer. À évaluer les dégâts. À découvrir s’il y avait la trace de la Corneille au milieu de cette infection ambulante. Il en allait de la vie de beaucoup de gens.
Elle devait enjamber les cadavres qui semblaient avoir mutés entre eux, comme s’ils avaient été liquéfiés et transformés en sortes de gore noirci et décomposé. Du compost humain. Et des tas d’excréments, partout.
Parfois, il y avait un corps humain qui était figé sur un rang de rameur. Ses doigts étaient enfoncés sur une rame qu’il tenait solidement. Mais il avait la bouche ouverte, les yeux manquants dans lesquels s’étaient logées des larves. Comment un tel navire avait-il pu remonter tout le Reik sans équipage ? On aurait dit que certains des marins étaient restés en vie un moment, enfermés dans cette cale, à continuer de s’épuiser. Ça expliquerait pourquoi il y a autant de crottes qui étaient jonchées sous les bancs des rameurs.

Elle arriva tout au bout du navire. Elle ne constata rien d’étrange, et, pour tout avouer, elle avait très, très envie de partir d’ici. Alors, elle tourna les talons et se dépêcha de s’enfuir à travers la nuée de mouches et de cafards.
C’est là qu’elle entendit quelqu’un tousser.

Elle se figea pendant trois longues secondes. Les trois secondes les plus lentes à s’écouler de toute sa vie. Son dos avait été parcouru par une sueur froide, qui provoqua un picotement le long de son échine. Elle se retourna, tout, tout doucement.
Il y avait un cadavre au milieu des cadavres. Du gore au milieu du gore. Un humanoïde, deux bras, deux jambes, sauf que ses deux jambes étaient noires de gangrène, que ses doigts étaient manquants, et que des larves s’agitaient dans une plaie béante au milieu de son ventre. Mais son visage se mouvait. Un de ses yeux, car l’autre était couvert d’un cache-œil, s’ouvrit. Et elle vit alors un globe jauni et ensanglanté, plonger son regard vers elle.
L’homme ouvrit la bouche. Une demi-douzaine de mouches mortes tombèrent de sa langue. Et d’une voix rauque, il murmura une suite de phrases incompréhensibles qui sonnaient Tiléen.

Et la lampe d’Emma s’étint.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Avatar du membre
Reinhard Faul
PJ
Messages : 43

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par Reinhard Faul » 24 mai 2019, 23:01

Je me suis réveillé en hurlant d'une voix de femme :

« PUTAIN DE MERDE. »

Puis je me suis recroquevillé au fond de la paillasse pour éviter une mort qui ne venait pas. Il m'a fallu quelques secondes pour calmer les battements affolés de mon cœur et me rappeler que j'adore les mouches et les cadavres. Je m’assoie en tailleur et me frotte les yeux avec le pouce et l'index.

« Ah Mémé, c'est pas agréable du tout de rêver de gens en train de paniquer... »

Mémé m'aide beaucoup avec la divination, avant que je m'endorme. Elle marmonne des trucs bizarres qui font curieusement sens, me dit comment respirer. Des trucs de sorcière. Quand elle m'a ramassé, je voyais un tas de chose sans être capable de faire le tri. C'est mon problème avec la réalité : mon cerveau s'encombre avec ce qui est, a été, pourrait être, et ne s'occupe même plus de ce qui se trouve sous son nez. C'est pas normal de voir l'univers en vue éclatée. C'est comme ça qu'en bout de chaîne j'ai l'impression que mes organes coulent à l'extérieur de moi et que Sigmar m'espionne aux toilettes.
Enfin, il ne faut pas se laisser aller. Je raconte immédiatement ce que j'ai rêvé :

« J'étais sur le bateau... enfin, il y avait deux répurgateurs, Emma et Ferdi. J'étais Emma. » Et d'ailleurs, encore un peu en colère après ce con de Ferdi au comportement médiocre. « Et on est allé dans l'endroit où il y a les rameurs... où il avait. Enfin... leurs corps sont toujours là. C'est très très beau là dedans ! … oh pardon, je dis encore n'importe quoi. Attends, je recommence. »

Je prends le vase de fleurs pourries en face de moi pour boire quelques gorgées de l'eau qu'il y a dedans. Avant, ce genre de truc m'aurait rendu malade comme pas possible. C'était un vrai problème de mettre la main sur de la flotte qui file pas la chiasse. Maintenant je trouve que la leptospirose donne un petit goût fruité. Mémé quant à elle semble immunisée à tout ce qui est besoins vitaux. Enfin bref. Je recommence :

« Y restait un type vivant là dedans : le capitaine tiléen ! Je crois que les deux bigots ont pas aimé tomber dessus. J'ai pas vu ce qui s'était passé ensuite. Ça avait pas l'air agréable pour eux. Il était très marqué par Grand Père. »

Mon regard se perd dans le vague, un des chats de Mémé vient se frotter à moi. Je le caresse machinalement.

« J'aimerais bien revoir Emma... enfin, si elle était de chez nous. Elle avait l'air d'avoir ce qu'il faut. Ses monologues intérieurs étaient tristounets. Hmmmm... »

Il faut transformer mes rêves en réalité maintenant. Sortir dans le monde hostile. Traverser la flotte, et puis passer la vigilance de tout le monde. Mais j'imagine qu'il va falloir que je me procure deux trois bricoles avant ça. J'aime pas me balader avec du fric sur moi dans l'intention de m'en servir, y a beaucoup trop d'histoires qui finissent mal avec des introductions comme ça, mais je crois que ça s'impose. Mes seules possessions terrestres c'est mon bâton et des couronnes dentaires en bois que je me suis fait faire quand même la soupe me faisait mal à mâcher. Et un sac à dos. C'est très précieux un sac à dos quand on a pas de maison. Je le cherche du regard au milieu du bordel ambiant, puis me lève pour le ramasser. Il me brûle de servir Grand Père.

« Bon, Mémé. Y a Bernhard qui vient manger demain soir, on va essayer qu'il nous fasse des papiers. Y a qui d'autre qui peut nous aider ? Comme ça on voit ce qui manque et j'achète le reste ? »

Je ne sais pas encore ce que sera précisément « le reste ». J'ai été un cambrioleur extrêmement nul, un pickpocket à peine médiocre. Mais il faut bien prendre des décision et commencer à faire quelque chose. J'imagine qu'une idée géniale me viendra quand je verrais une corde avec un grappin au bout ou quelque chose comme ça.
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 10 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: Ici

Avatar du membre
[MJ] Le Grand Duc
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Messages : 1263

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par [MJ] Le Grand Duc » 25 mai 2019, 21:07

Image
Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Mémé laissa Reinhard se restaurer et se reprendre, et expliquer ses bribes de visions décousues une fois sorti de son rêve. La grand-mère se retournait derrière ses fourneaux et sa cuisine, et à nouveau, manipula d’étranges pots et récipients qui contenaient de magnifiques cadeaux de Papy.

« Je vais préparer mes mouches. Elles vont convenir mes acolytes. Cela va me demander énormément de concentration, ta pauvre Mémé va être fébrile et fatiguée, il va falloir que tu t’occupes d’elle, et que tu fasses ce qu’elle ne peut pas faire pendant qu’elle convie tes amis ! »

Elle sorti une petite sacoche. À l’intérieur, se trouvaient sept flacons contenant chacun sept petits morceaux ou liquides très étranges. Reinhard reconnu l’un de ces flacons : il était rempli de squames et peaux-mortes que Mémé lui avait prélevé. Dans un autre flacon se trouvait du pus, un autre un liquide translucide qui faisait penser à du crachat, celui à côté de la morve, un que sortait Mémé avait du sperme et un différent était rempli de sang. Le septième flacon était le plus étrange. Il était rempli de noir, sans qu’on sache si c’était un liquide ou un gaz, juste une masse noire qui remplissait la totalité du petit flacon et qui avait l’apparence la plus maléfique entre tous.

« Vous avez tous été béni par le Grand-Père, et ces excrétions sont des liens vivaces et vivants de l’amour que vous avez reçu. Il me permet de vous retrouver, et d’envoyer mes mouches vous chercher et vous appeler. Il faudra que je les remplisses à nouveau une fois que je les aurai vidés... »


Elle ouvrit le flacon rempli de morve. Avec la pointe d’un couteau, elle le répandit sur le plan de travail. Puis, elle ouvrit quand les mains qu’elle leva au-dessus de sa tête, ses yeux se révulsèrent, et elle se mit à parler. Mais d’une voix étrange. Elle n’avait plus le ton caquetant de la petite vieille. On aurait dit qu’un vieil esprit éthéré était entré dans elle. Une voix gutturale, sépulcrale, tonnante dans un écho, et qui se mit à répéter des mots que Reinhard ne connaissait pas.

« Nurgleth. Aghkam'ghran'ngi ! Aksho khan'gurani'i. Nurgleth aksho vatt’nuran dh’akh. »

Au fur et à mesure de sa litanie noire, des mouches se détachèrent des murs de la maison. Elles foncèrent s’agglutiner dans une nuée qui se colla à la morve et commença à s’en repaître. Puis, elles volèrent comme dans une formation de chevaliers Bretonniens, et s’enfuirent dans la maison.
Mémé tomba sur le plan de travail, se retenant avec ses petites main osseuses. Elle haletait, et sa voix se fit soudain plus faible.

« Va, petit poussin. Va…
Puisque tu souhaites préparer l’icône des mouches, alors, va. Utilise tout ce que je t’ai enseigné. »

Construire l’icône des mouches te coûtera 50 points de dévotion, mais il faut aussi que ce soit un minimum RP.
Ton objectif est de parvenir à consacrer la cave de la maison de Mémé en dressant une icône païenne qui honore la décomposition et la corruption de Nurgle. Je te laisse lire la Bibliothèque Impériale sur Nurgle et utiliser ta propre imagination pour savoir comment procéder.

Selon ce que tu souhaites faire, tu peux avoir besoin de procéder à des jets de dès ou à résoudre la situation en plusieurs jets de dès, ça dépend l’ampleur de ce que tu prépares. Capturer un chat errant ce n’est pas la même chose que de kidnapper un enfant, par exemple.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Avatar du membre
Reinhard Faul
PJ
Messages : 43

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par Reinhard Faul » 14 juin 2019, 18:55

C'est très impressionnant quand Mémé fait de la magie. Elle fout le bordel dans la trame de l'univers comme personne. Les fioles me font de l'effet aussi, c'est comme regarder directement le soleil. Je reconnais la mienne, mais ce n'est plus les vulgaires bouts de peaux que j'ai abandonné à l'intérieur. Maintenant, ils rayonnent. Ils attirent les mouches, les vraies mouches. Accroupi par terre, je me mets à me balancer d'avant en arrière en chantonnant pour supporter de sentir le monde s'écrouler autour de moi. Mon sac à dos est abandonné dans un coin.

Et puis ça s'arrête. Mémé commence à s'écrouler. Je bondis pour la rattraper et l'empêcher de tomber par terre. Je la porte jusqu'à son fauteuil. Elle me dit de construire une icône des mouches. C'est beaucoup mieux qu'une corde et un grappin ça ! Beaucoup mieux !

L'icône des mouches ça sert à faire... à faire un point chaud pour Grand Père. C'est compliqué. Je sens que Nuln peut être tellement plus que ce qu'elle est déjà. C'est la seule grande ville que je connais et j'arpente sa crasse et son manque de santé publique depuis de nombreuses années. C'est comme si j'étais synchronisé avec les maladies et les dépressions de ses habitants, parce que je les ai ressenties moi même. Avoir le typhus, et mourir dans une mare de merde. C'est aussi définitif que triste. Et nous sommes des milliers. Au cœur de l'Empire. Je voudrais juste que ce qui se cache à l'intérieur soit à la vue de tous. Les habitants des taudis refusent Grand Père parce qu'ils s'accrochent à un espoir de guérison, et les autres croient secrètement que la mort et le désespoir ne les concernent pas. J'aimerais pouvoir leur expliquer ce que j'ai vu, leur faire ressentir. Ils sont tous en train de mourir et ils ne le savent pas. L'icône des mouches va leur montrer.

« Oh putain Mémé t'as encore tout pété niveau magie. Je reviens. Je te laisse un verre d'eau à coté, repose-toi. »

Je sors dehors, sans mon sac à dos. La façon de procéder me semble bizarrement évidente. Il y a de nombreuses façon de construire un autel. Le mien doit être fondé sur un enfant très malade. C'est comme ça.

Je marche au hasard dans les ruelles sales de Nuln. La magie souffle moins sur moi maintenant que je m'éloigne de la cabane de Mémé, mais comment ne pas être un peu ému à la vue d'un clochard en train de chier derrière un puits, ou d'une décharge sauvage en train de croître tranquillement ? C'est un peu du Jardin de Grand Père qui est parmi nous. Il faut vraiment que je montre ça à tout le monde.

J'erre au rythme qui m'est propre, en faisant mes activités habituelles (pisser sur ce qui me semble intéressant, parler à une hallucination de ma mère...). Où est ce que je vais trouver un enfant très malade ? Il m'en faut un qui manquera à personne. C'est très puissant un enfant que rien ne rattache à cette Terre, c'est une âme foutue d'avance. Les Dieux adorent ça.

Je décide d'aller au premier hospice qui passe – j'ai déjà mis le nez dans ce genre d'endroit dans ma vie d'avant. C'est un bon endroit pour trouver des pauvres en train de mourir. Au pire il y en a bien un qui acceptera de me vendre son gosse, surtout si il est en train de crever. Trop de bouches à nourrir, si peu d'argent.
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 10 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: Ici

Avatar du membre
[MJ] Le Grand Duc
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Messages : 1263

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par [MJ] Le Grand Duc » 15 juin 2019, 11:10

Image
Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Les pérégrinations urbaines de Reinhard le gardèrent au sein des Taudis. Remontant la Ruelle pourrie pour couper à travers l’Allée des Aveugles (Noms de voiries qui n’étaient pas reconnus par les édiles de la cité mais qui avaient été gentiment baptisés par les habitants, qui eux, devaient tolérer la puanteur et les mauvaises fréquentations du pire quartier de la ville), il se retrouva enfin à atteindre le Dédale.
Corruption de Nurgle dans le quartier : 20 %.
Reinhard obtiendra un bonus de +1 à tous ses jets de MAG.
Le mage illégal pouvait aisément se sentir chez lui. Tout cet endroit était rempli de l’immondicité magnifique de Nurgle. Des faux-mendiants se pressaient sur les trottoirs aux côtés des vrais éclopés, les rues étaient étroites et sentaient très fort des effluves d’immondices, les maisons à colombages semblaient prêtes à s’effondrer, et leur mélange bois-torchis-paille était idéal pour provoquer un incendie généralisé. Nuln avait beau être le fleuron et la fierté de l’Empire, avec ses usines industrieuses et sa cour raffinée et dynamique : Il était dans la merde où trempaient les pieds du colosse. La corruption n’était pas encore très vive, mais Reinhard pouvait la sentir ici très fortement, beaucoup beaucoup plus fortement que lorsqu’il avait été dans les quartiers militaires de la cité, malheureusement trop propres à cause de la discipline militaire et la présence des Nains taciturnes.

Et pourtant, même ici, il y avait encore des gens pour résister au cadeau du Grand-Père. Passant devant un puits derrière lequel un homme était en train de déféquer, notre bon Reinhard découvrit une grande maison aussi sale et mal construite que les autres, qu’il aurait confondu avec un squat à ouvriers et dockers, si seulement il ne reconnu pas sur la façade un signe immonde : Une jolie petite colombe de pierre sale et lézardée. Reinhard ne savait pas lire, aussi il ne comprit pas ce que signifiaient les jolies lettrines gravées sur la façade, mais le piaf lui indiquait très clairement que Shallya avait décidé d’installer ses fesses ici. Shallya et Nurgle, les deux ne pouvaient jamais se quitter, quand bien même la première haïssait le second.
Sur le muret à côté de la maison, Reinhard fut étonné de voir gravé dans la pierre un alphabet. Toutes les lettres avaient été reproduites, en majuscule et en minuscule. Le mage devait bien se douter qu’on utilisait ce muret pour y apprendre à lire, mais lui-même n’avait jamais eu vraiment la chance de faire sens de tous ces mélanges savants de cursive qui parvenaient, magiquement, à donner des phrases et des expressions. Il entendit quelques rires d’enfants. De l’autre côté de la maison, dans une cour fermée à son regard, bien qu’il n’aurait peut-être pas besoin de beaucoup d’adresser pour bondir au-dessus de la clôture.
Il avait atterrit devant un hospice. Un lieu de refuge où les sans-abris qui n’avaient pas d’endroit où dormir pouvaient trouver un lit d’urgence, où les pèlerins pouvaient s’arrêter, et où les femmes désespérées pouvaient abandonner leurs enfants.
Sur ce dernier point, Reinhard nota d’ailleurs que se trouvait un cylindre en métal fermé. C’était un de ces endroits où une jeune fille ayant mit au monde un bébé dont elle ne pouvait pas pouvait anonymement le déposer au chaud et s’enfuir, évitant ainsi d’avoir recours à un infanticide qui lui vaudrait d’être exécutée par les agents de la loi. Dommage pour Reinhard, cette boîte était vide : l’ouvrir et s’échapper avec un bébé dodu dans ses bras aurait pourtant été tellement facile !

Habitué des hospices où il avait souvent passé plusieurs nuits, Reinhard devait bien se douter de ce qu’il trouverait à l’intérieur après avoir ouvert la porte. Une secrétaire à l’entrée plutôt désagréable, beaucoup de malades qu’on réparti de force dans des chambres à plusieurs, en général non-mixtes, et des prêtresses de Shallya qui étaient fort douces mais qui pouvaient appeler leurs collègues masculins, souvent des prêtres itinérants de passage, pour renvoyer les individus trop bruyants ou dangereux. Reinhard nota aussi que derrière lui se trouvait une sale auberge très moche, devant laquelle un type faisait la manche.

À lui maintenant de voir comment obtenir un beau sacrifice pour Papy. Et surtout comment partir avec.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Avatar du membre
Reinhard Faul
PJ
Messages : 43

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par Reinhard Faul » 19 juin 2019, 13:06

La dame de l'accueil ne me regarde même pas. Quelques épaves de sexe indéfini rôdent aux alentours, ou sont recroquevillés sur des fauteuils ou au sol. Il y a un veinard qui a la chance de mourir sur un brancard. Des chariots plein de bandages souillés et d'objets coupants traînent ci et là. Une femme en vêtements religieux passe brièvement par un couloir, en enjambant une flaque d'urine sans même la regarder. Le lieu sent fort les produits chimiques et la crasse, comme pour témoigner des deux tendances qui y règnent. La chaleur de Grand Père, et les jérémiades de Shallya.

Je m'avance vers le comptoir de l'accueil, en faisant attention à ne pas toucher les colombes sculptées dessus en bas relief. J'essaye de me rappeler ce que ça fait d'avoir le typhus et de ne pas en vouloir. Mes souvenirs sont flous. C'était affreux, ça j'en suis sûr. J'ai brûlé de fièvre et j'ai eu des diarrhées sanglantes pendant plusieurs jours, et puis tout est petit à petit mort en moi jusqu'à ce que Grand Père vienne me chercher. Maintenant je me demande si je peux chier du sang sur commande. Ça serait pas improbable. Entre l'alimentation, les mauvaises fréquentation et les crises psychotique qui me rende atteint de pica, j'ai traversé des mauvaises passes à ce niveau là. Ça ferait son petit effet à la dame de l'accueil. Néanmoins on peut tenter sans. A mon souvenir les gens ne se précipitent pas pour enlever mon pantalon quand je suis à l'hospice.

Je prends mon air le plus clochard malade (je n'ai pas trop à forcer pour rentrer dans le rôle c'est sûr). Il faut avoir l'air épuisé et confus (pas dur). Je me tiens le ventre  :

« M'dame, je chie du sang. Au secours. »
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 10 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: Ici

Avatar du membre
[MJ] Le Grand Duc
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Warfo Award 2019 du meilleur MJ - RP
Messages : 1263

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par [MJ] Le Grand Duc » 19 juin 2019, 16:54

Image
Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


L’accueil de l’hospice ressemblait à tous ces refuges de nuits dans lesquels Reinhard avait, au cours des douloureuses dernières années de sa vie, trouvé un lit pour être à l’abri jusqu’au matin suivant, à condition qu’il reste des places disponibles. Des vieilles colonnes en bois, un parquet qui craque sous ses pieds, du bruit et du monde, et une sale odeur d’encens qui étouffe l’air, des parfums que les prêtresses de Shallya disséminent un peu partout pour estomper la magnifique pestilence de Papy…
Malus : Encens et prières divines. Reinhard souffrira d’un -4 à ses jets de MAG tant qu’il sera submergé par cette odeur.
Il s’approcha de l’accueil. Derrière un petit bureau sur lequel avait été posée une petite sculpture de colombe, et un dessin d’aquarelle qui semblait avoir été réalisé par un enfant (Ou quelqu’un avec un très mauvais talent artistique), se tenait debout une vieille prêtresse aux cheveux blanchis, aux joues un peu grasses dont l'embonpoint estompait les rides, portant un costume sacerdotal de la Douce qui ne laissait pas de doute sur sa fonction au sein de cet établissement. Elle leva les yeux de son bureau, et les écarquilla en voyant un Reinhard se tenant le ventre.
CHAR de Reinhard : 8
Bonus : Clochard convainquant (+2)
Jet : 1, réussite critique.
La grosse dame paniqua instantanément. Reinhard senti un haut-le-cœur venir de la prêtresse, il aperçut ses pupilles brunes s’écarquiller, et la sœur de Shallya s’était dépêchée de faire le tour du bureau pour venir le voir et l’attraper rapidement par les épaules.

« Mon pauvre garçon ! Vous n’avez pas l’air bien… Je vais vous aider, suivez-moi, pitié, ne vous débattez pas. »

Elle ne prit même pas la peine d’inscrire son identité, ou de lui poser des questions gênantes qui auraient forcé le mage illégal à inventer des mensonges ou à trouver des alibis quelconques. Non. Elle se dépêchait de le faire entrer plus loin dans l’hospice, dépassant ainsi un prêtre homme en jolie tenue qui était en train de boire une tisane assis dans un coin, et dont la stature et la corpulence auraient probablement suffits à forcer Reinhard à débarrasser le plancher aussitôt.

L’hospice, une fois passé l’accueil, était constitué de plusieurs petites pièces fermées par une unique porte. La plupart étaient ouvertes, et vides ; il y avait dans chacune de ces pièces quatre paillasses très propres, un pot-de-chambre sous chacune d’entre elles, et toujours, des saletés de bocaux remplis de pots-pourris et d’encens censés masquer la puanteur, et, sur un mur, une effigie religieuse en bois représentant un cœur dégoulinant d’une goutte, qui pouvait être du sang ou une larme. Le genre d’endroits où on enferme les mendiants à clé, et où on n’ouvre que lorsque l’un d’eux fait une crise qui le conduit à hurler ou à menacer ses compagnons de chambrée.
Tout au bout de cette rangée de quelques pièces se trouvait une autre, beaucoup plus grande, bien que « grand » n’était pas le mot le plus équivoque. C’était une cantine, un réfectoire où des bancs étroits étaient installés autour de tables minuscules et abîmées, même si elles avaient été soigneusement poncées pour éviter qu’on ne trouve des échardes. Probablement des meubles de récupération, ou des dons de guildes n’en ayant plus besoin. Il y avait plus loin une « cuisine », en réalité juste un gros foyer sur lequel on pouvait poser des marmites pour préparer une solide soupe qui va bien avec le pain rassis. Derrière la salle à manger se trouvait un jardin de terre battues et de jolies marguerites, où trois enfants étaient en train de jouer à taper dans un ballon. Reinhard ne les aperçus pas très longtemps, car on le forçait dans l’une des pièces.

« Ici n’est pas un temple, mais je vais quand même voir ce qu’on peut faire pour vous… Je suis sœur Anaïs, comment vous appelez-vous ? »

Elle installa le cultiste sur un lit propre et bien bordé, puis se leva en lui offrant un sourire bienveillant.

« Dites-moi tout, de quoi souffrez-vous ? Depuis combien de temps ? Vous avez de la famille, ou vous dormez dehors ? Il faudrait que je fasse venir quelqu’un pour vous amener à l’hôpital, mais si vous êtes trop faible pour marcher je peux peut-être appeler directement un prêtre pour vous aider... »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Avatar du membre
Reinhard Faul
PJ
Messages : 43

Re: [Reinard Faul] Sous quarantaine

Message par Reinhard Faul » 20 juin 2019, 11:34

N'ayant pas envie que mon nom soit associé à un voleur d'enfant, je réponds :

« Bernhard Fromm. »

Je m'assois sur le lit en prenant mon air le plus misérable. La pièce est délicieusement chauffé, et le matelas semble moelleux. Il y a quelques années j'aurais pu tuer dans certaines circonstances pour avoir accès à un luxe pareil.

Mais à peine installé la dame me parle d'hôpital. Comment ça hôpital ?! Oh putain j'y suis allé trop fort. Je vais avoir un mal de chien à récupérer un enfant à l'hôpital. J'en ai entendu ici, juste à coté ! Merde merde merde. Faut rattraper le coup. Je dois avoir l'air moins malade, ou d'une autre sorte de maladie. Ça tombe bien, j'ai dans ma besace la carte « gros cinglé ». D'une part, j'ai eu l'occasion au cours de ma vie de voir un paquet de gens trop abîmés pour s'occuper d'eux mêmes. D'autres part les vents magiques me soufflent sur le cerveau depuis ma naissance. Je ne me vois pas de l'extérieur, mais à la longue j'ai une petite idée du type de discours qui affole mes interlocuteurs.
Je me mets à me balancer d'avant en arrière sans regarder la dame dans les yeux (très important d'être dérangeant coté contact visuel), et je dis :

« Pas le prêtre m'dame s'il vous plaît, s'il vous plaît. Il va me voler mes organes. Le prêtre de mon village il m'a déjà volé les organes par le cul, j'arrête pas de les perdre. Ils s'écoulent hors de moi madame. Les laissez pas me trifouiller le cul. »

Il ne faut pas hésiter à se baver un peu sur la barbe ou à faire des trucs bizarres avec ses mains. J'ai jamais vu une bonne femme continuer à me parler normalement après que je me sois craché des glaires dessus.
Maintenant c'est le grand final. Je me tiens le ventre en me recroquevillant sur moi même comme un petit animal en train de mourir, et j'implore :

« M'dame je veux juste dormir. Dehors on me laisse pas faire, et j'arrête pas de chier mes organes, mais ça va aller mieux si je dors. Je veux juste dormir s'il vous plaît, je veux pas mourir en me vidant. Ça fait trois jours qu'ils me laisse pas rentrer parce que j'ai pas le fric. S'il vous plaît s'il vous plaît. »
Reinhard Faul, Voie du Sorcier de Nurgle
Profil: For 8 | End 8 | Hab 9 | Cha 8 | Int 8 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | Foi 8 | Mag 10 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: Ici

Répondre

Retourner vers « Nuln »