[Ludwig] Celui qui a vu l'abime

La Sylvanie inspire la peur dans le reste du Stirland. Depuis la sombre ville de Tempelhof, qui n'a pas eu de prêtre de Morr attitré depuis 800 ans, jusqu'aux contreforts des Montagnes du Bord du Monde, entre le bief de l'Aver et le Stir, la plus grande région du Stirland est un lieu de terreur et d'obscurité. On dit que les fantômes y évoluent en toute impunité à la nuit tombée parmi les collines Hantées et que l'épais brouillard des bois sylvaniens emprisonne parfois les âmes, les obligeant à y errer à jamais. La portion orientale de la province est la plus désolée, là où d'anciens châteaux noirs sont juchés sur leurs pics escarpés comme des vautours scrutant les villes en contrebas.

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Ludwig] Celui qui a vu l'abime

Message par [MJ] Le Djinn »

Les achats sont effectués et t'ont coûté tout ton or restant, l'inventaire sera mis à jour après le post.
La chambre, bien que confortable, ne se révéla pas plus que ce qu'elle était: une chambre d'une petite ville un peu perdue en Sylvanie. Les serveurs n'étaient pas aimables, l'aubergiste n'aimait pas les nouvelles têtes et l'agitation causée par les serviteurs de Morr semblait davantage peser sur les conscience de ce petit lieu de même pas quatre cent âmes qu'il n'aurait fallu. Pour autant rien n'empêcha Greta de commencer ses préparatifs de départ et Ludwig d'acheter du matériel pour la suite. Le patron du seul bazar encore ouvert de la ville était peut-être le seul homme joyeux que notre héros avait pu rencontrer jusque là! Et encore c'était bien parce qu'il venait acheter quelque chose…

Cela étant fait, le fidèle d'Arianka put se rendre jusqu'à la motte castrale surmontée d'un donjon de pierre entouré de palissades en bois. Le lieu semblait particulièrement fortifié avec une force conséquente de pratiquement quarante hommes protégeant cette colline d'environ quinze mètre de rayon. Quand on se rendait compte que cette force représentait pratiquement un dixième de la population totale de la ville, vieillards, femmes et enfants compris, on comprenait aisément que le seigneur local souhaitait assurer la sécurité avec le maximum d'efficacité. Malheureusement tous les soldats n'étaient plus de première jeunesse et bon nombre devaient être des paysans devenus trop âgés pour le dur labeur des champs.
On ne barra pas la route à Ludwig même si on l'accueillit avec un œil très suspicieux. Le château seigneurial lui-même était plus proche de la maison fortifié dotée d'une haute tour à l'impérial, avec son fameux sommet carré. Le bois de charpente semblait bien sombre et la pierre tenait davantage grâce à la crasser et la mousse qu'au ciment. Seul le lierre semblait heureux de cette situation. Tout dans la bâtisse donnait dans la forteresse: les fenêtres étaient plus proches de meurtrières et des haies de rondins sculptés en pointe menaçait tout arrivant. Même l'entrée ne faisait en rien penser à un hall royal mais bien plus à la poterne d'un mur d'enceinte!

Et la salle du trône à laquelle on accédait passé un maigre couloir? A l'avenant: le comte Pert von Stolpe ne devait recevoir personne car la porte était fermée! Il fallut tambouriner lourdement dessus avec qu'un géant patibulaire ne vienne ouvrir, demandant à Ludwig ce qu'il venait faire là. Celui-ci fût contraint d'exposer au gardien la raison de sa venue. De sa capacité à le convaincre dépendrait l'entrevue. Au moins quand il se fit connaître comme souhaitant informer le comte à propos d'événements étranges s'étant produit à Schwarhafen.

Test de Charisme, 20: échec critique.

Tu subiras un lourd malus quand il s'agira de convaincre le comte.
C'est de très mauvaise grâce que le bourru lui envoya:

-"Entrez. Mais vous restez sur le pas d'la porte et j'vous tiens à l'oeil. J'vous coupe en deux si vous approchez trop, brigand."

Servant également de sale de débat entre les conseillers et leur seigneur, la salle du trône se constituait d'un rectangle étroit de cinq mètres par quatre au milieu duquel on voyait une table couverte de documents et de cartes. Une petite estrade tenait le trône sur lequel était assis, fièrement, un homme d'une trentaine d'année aux yeux d'acier, la barbe noire longue et la tignasse épaisse. Il était le prototype même du seigneur-paysan avec ses habitants beaux mais très peu riches et ses conseillers qui ressemblaient davantage à des scribes ou des aventuriers qu'à des hommes d'Etat. Il lança néanmoins avec une certaine fierté.

-"Bonjour, sujet de l'Empire. Tu as requis une audience, alors présente-toi et expose nous tes suppliques. Rapidement si possible: ous avons encore fort à faire aujourd'hui."
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Ludwig Von Hoffenbach
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Re: [Ludwig] Celui qui a vu l'abime

Message par Ludwig Von Hoffenbach »

Après qu’on lui ait indiqué l’endroit ou se situait la motte castrale du seigneur local, Ludwig s’y dirigea, l’air soucieux. Bien plus que le coût d’une simple nuit dans cette auberge miteuse, le jeune homme s’inquiétait de l’endroit ou il allait maintenant mettre les pieds. Ce matin, il n’avait rien appris de l’identité du seigneur de Leicheberg et il ne pouvait donc se faire une idée de cet homme. Peut-être mettait-il à nouveau les pieds dans un sacré guêpier.

Lors de son ascension vers la motte, Ludwig put remarquer que le seigneur ne lésinait pas sur sa sécurité. Le lieu était convenablement fortifié ; du moins pour les standards régionaux. Le donjon paraissait avoir été inlassablement réparé et renforcé et les palissades en bois avaient été récemment remplacées. Les fortifications comportaient aussi une force d’une quarantaine d’hommes. Aux yeux de Ludwig, et en regardant la taille du village, cette force semblait totalement démesurée. Mais en songeant aux menaces de la région, on se rendait rapidement compte que tout cela était absolument nécessaire. Toutefois la puissance de cette force locale n’indiquait pas à Ludwig les intentions de cette dernière. Rien n’indiquait que le seigneur n’était pas aussi dégénéré que son homologue de Schwartzhafen. Ici il n’y avait pas d’abres de pendus et la population semblait un peu plus civilisée, mais cela ne prouvait rien. Les apparences pouvaient cacher des réalités bien pires.

Étrangement, et ce malgré les regards suspicieux de toutes les personnes qu’il croisait, Ludwig ne fut arrêté par personne. Aucun contrôle, aucune porte gardée, rien. C’était vraiment étonnant. Visiblement personne ici ne craignait des intrus ou des personnes malintentionnées. A croire que tous les monstres de la région avaient des faciès si horribles qu’ont les remarquaient à une centaine de mètres. Ce n’est qu’à l’ultime porte, à la porte de la salle du trône, que Ludwig trouva porte close. Il tambourina contre celle-ci, jusqu’à ce qu’un gorille à l’allure peu avenante vienne lui ouvrir en lui demandant ce qu’il venait faire ici. Décidément tous les seigneurs locaux avaient leurs gorilles stupides songea Ludwig en pensant à Guy le larbin de Maître Rémy.

L’explication de Ludwig fut catastrophique. Peu sûr de lui et craignant de trouver derrière la porte une personne pire que Maître Rémy, le jeune homme se ridiculisa tout seul. Malgré tout le géant lui ouvrit, bien qu’il le fit sans gaieté de coeur. Avait-il piqué sa curiosité en parlant des évènements étranges se passant à Schwartzhafen ? Quoi qu’il en soit, l’Elu d’Arianka se retrouva propulsé devant le seigneur local, le Comte Petr Von Stolpe. Un homme d’une trentaine d’années a l’allure dynamique qui jouait avec sa longue barbe noire. A première vue, il n’avait pas l’air d’un déséquilibré. Il n’avait pas non plus l’air d’être de la haute aristocratie. Son allure était sobre et ses manières ne ressemblaient en rien à celles des élites de Nuln, sa ville natale. C’était un bon point, l’homme paraissait abordable. C’est ce qui permit à Ludwig de se détendre et d’engager bien plus aisément la conversation avec ce dernier.


-"Bonjour, sujet de l'Empire. Tu as requis une audience, alors présente-toi et expose nous tes suppliques. Rapidement si possible: nous avons encore fort à faire aujourd'hui."

Plus le seigneur parlait, plus la méfiance de Ludwig s’amenuisait. Au moins Von Stolpe contrairement à Rémy n’était pas ouvertement hostile aux citoyens de l’Empire. Il semblait même bien les aimer. Même s’il ne se définissait pas en tant que tel, il les considérait visiblement comme d’agréables voisins. Du moins c’est ce qui transparaissait de son visage et des quelques mots qu’il avait dits. Le Comte Petr Von Stolpe était aussi quelqu’un de très occupé et Ludwig devait donc se hâter à le convaincre.

- Bonjour, comte. Merci de m’accorder de votre temps. Je viens de Schwartzhafen où de graves choses se passent. En route pour Leicheberg, j’y ai été retenu contre mon gré et sans la moindre raison, par le seigneur local qui se fait appeler Maître Rémy. J’ai réussi à m’y échapper, mais trois voyageurs comme moi, d’honnêtes citoyens de l’Empire, sont encore incarcérés. Lors des seuls moments où je n’étais pas en cellule, ce que j’ai vu de Schwartzhafen était effroyable. En plus de la famine qui semblait sévir fortement, la ville était constellée de cages, de gibets et d’autres lieux de supplices en tous genres. Des malheureux hurlaient, pleuraient et mouraient à petit feu dans tous les coins de la ville. Mais le spectacle le plus infâme se trouvait sur la place centrale. Un arbre mort où pendaient une bonne trentaine de malheureux, tous marqués par les sévices qu’on leur avait infligés. C’était horrible. Comment peux-t-on cautionner de telles horreurs... Lors de ma captivité, j’ai pu m’entretenir avec ce maître Rémy. De ce que j’ai pu en voir, il était entièrement constitué de fiel, de méchanceté et de sadisme. L’archétype du tyran sanguinaire. La colère gronde en moi quand je repense à ce monstre. C’est pourquoi je me tiens devant vous en ce jour. Je pense que vous êtes au courant d’une partie de mes allégations et que comme moi vous les condamner. C’est la raison pour laquelle je m’offre à vous dans la lutte contre les horreurs qui infestent cette région. Rien ne me presse, personne ne m'attend, je suis donc à votre disposition si vous le désirez.

- Et à mon humble avis, le seigneur de Schwartzhafen et ses maîtres sont au cœur des horreurs qui se passent actuellement...

Ludwig offrait donc son épée au comte Von Stolpe. N’ayant rien d’autre à offrir, il ne pouvait pas demander au seigneur de Leicheberg de monter une opération militaire contre la cité voisine, mais au moins il pouvait tenter d’arriver à ses fins en intégrant les forces de Leicheberg. Peut-être que le comte aurait des missions pour lui... Maintenant il ne restait plus qu’à savoir ce que Petr Von Stolpe pensait de son offre.
Ludwig Von Hoffenbach. Voie de l'Inquisition. Répurgateur.

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[MJ] Le Djinn
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Re: [Ludwig] Celui qui a vu l'abime

Message par [MJ] Le Djinn »

Tests de charisme succesifs de Ludwig: 10 et 10, deux échecs de justesse.
Il y eut des murmures et des froncements de sourcils. On discuta à voix basse et les paroles s'échangèrent vivement entre les conseillers et leur maître. Ce dernier, assis sur son trône pauvre, se caressa la barbe avec une vigueur renouvelée alors qu'il accumulait les informations et les traitait. Finalement il soupira, le doute se lisant encore dans ses yeux.

-"Hélas, jeune homme, vous ne faites que m'apprendre ce que je sais déjà. Cette contrée est rongée par le mal et j'accueille à ma cour nombre de serviteurs des dieux déterminés à les combattre. Schwartzhafen est sans nul doute un des lieux les plus maudits de cette province, mais mes forces actuelles ne me permettent pas de vous aider. En l'état nous serions balayés et les ténèbres n'auraient plus aucun adversaire en Sylvanie. Remulus Hacksen, ou Maître Rémy comme vous l'appelez, est un des hommes les plus dangereux de cette province. Nous ne pouvons pas nous permettre de l'attaquer de front."

Il y eut un silence approbateur dans l'assemblée et chacun attendait la suite. Finalement un conseiller malingre et grisonnant mais à l'œil vif, situé à la droite du comte von Stolpe, osa lui murmurer quelques mots à l'oreille. Le noble sembla peser le pour et le contre et acquiescer lentement, comme s'il s'était trouvé forcé d'admettre quelque chose.

-"Néanmoins, comme mon fidèle Eugen me le rappelle, j'ai fait promesse de transformer mon toit en refuge pour les chasseurs de vampires et partisans des dieux impériaux et au-delà. Je me propose donc d'être votre hôte pour quelques temps si vous souhaitez absolument mener à bien votre... Vengeance. Toutefois..."

Il s'arrêta, s'humecta les lèvres et reprit de plus belle:

-"Toutefois je ne peux offrir le gîte et le couvert à tous les vagabonds passant par ici, fussent-ils doués à manier le langage. Je vais donc vous demander de me prouver que vous serez d'une grande utilité dans les temps difficiles qui s'annoncent en Sylvanie. Pour cela je vais vous proposer une mission et un observateur qui jugera de vos compétences. Si vous y arrivez vous trouverez en ce donjon un foyer. Si vous échouez… Disons simplement que vous n'auriez pas survécu longtemps dans cette région de toute manière.

Vous resterez ici ce soir et partirez demain matin. Qui ici se porte volontaire pour juger des mérites de ce jeune homme?"


La plupart des présents détournèrent le regard ou trouvèrent soudain un vif intérêt à leurs chaussures. Il fallut plusieurs seconde pour qu'une des portes latérales, jusque là entrouverte, ne s'ouvre en grand, révélant un nain bien bâti portant une longue épée à deux mains dans le dos, contre toutes les conventions naines.

-"Moi, j'irai."
Image
Il était large d'épaules, des bras épais, un crâne rasé en iroquoi et une tenue de civil que n'aurait pas renié un citadin classique. Il avait un regard dur, froid comme l'acier mais à l'intérieur duquel brillait la flamme de la Mort elle-même. Il s'avança vers Ludwig avec détermination et lui tendit la main.

-"Eirminjar Pognefoudre, répurgateur de Gazul, enchanté p'tit."
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Ludwig Von Hoffenbach
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Re: [Ludwig] Celui qui a vu l'abime

Message par Ludwig Von Hoffenbach »

A nouveau, Ludwig était pendu à une décision qui ne lui revenait pas. Après le fiasco dans le campement des Gardes Noirs, il devait maintenant convaincre le seigneur du village de Leicheberg, Petr Von Stolpe. A première vue, la tirade du jeune homme avait au moins eu l’avantage de faire jaser l’assemblée qui entourait le noble. Les conseillers de sa cour discutait à voix basse et s’entretenaient avec leur maître de la réponse à donner. Par chance, cette dernière fut rapide. Von Stolpe semblait n’avoir écouté ses conseillers que par coutume, car il savait déja la réponse qu’il ferait à Ludwig. Celle-ci n’était au début pas très réjouissante pour le jeune homme, mais finalement il lui donna une chance de montrer ses capacités. Le noble lui proposa alors une épreuve . Une épreuve qui permettrai à Von Stolpe de juger si Ludwig était capable d’intégrer les forces de Leicheberg dans leur inlassable lutte contre les ténèbres qui engloutissaient la Sylvanie. La bienveillance du Comte, bien qu’elle n’était pas gratuite, réjouit Ludwig. Enfin il allait pouvoir cesser de vagabonder pour quémander de l’aide. Maintenant tout dépendrais de ses propres capacités. Il allait devoir montrer le meilleur de lui et de ne pas se laisser abattre. Maintenant il ne restait plus qu’une chose à savoir pour le jeune homme. Qui parmi l’assemblée qui entourait le comte, jugerai de ses talents ?

La majorité des personnes présentes tournèrent la tête, visiblement peu interessé par le fait de vadrouiller avec ce gueux qui cachait son visage aux autres. Dans ces sombres contrées ou les forces des ténèbres étaient si présentes, avoir le visage caché était souvent symbole de culpabilité, de monstruosité. Leur réaction était donc tout à fait compréhensible. Ludwig n’en pris aucunement ombrage. D’ailleurs il préférait qu’on se méfie de lui, plutôt que de voir leur visage déformé par la dégoût qu’ils éprouvaient en voyant son visage abominablement scarifié.

Contre toute attente, son « examinateur » ne vint pas de l’assemblée à proximité du comte, mais d’un petit bonhomme qui ouvrit brusquement une des portes latérales de la grand pièce. Ce petit bonhomme, solidement charpenté et coiffé d’un iroquois était en fait un nain. Le natif des montagnes semblait être un solide guerrier comme en témoignait sa musculature, ses quelques cicatrices, son regard perçant et surtout sa terrible épée à deux mains, particulièrement acérée. Le nain devait déja avoir sacrément baroudé dans le coin tout en étant au service du Comte, pour rentrer dans la salle avec une telle nonchalance. Parfait. Le nain semblait être un dur, comme la majorité de ses congénères. Si Ludwig arrivait à le convaincre, il ne ferait aucun doute que Von Stolpe accèderait aux volontés de ce dernier. Maintenant, le plus difficile restait à faire. Les environs étaient particulièrement hostiles et il était assuré que le nain accomplirait sa mission sans ménagements. Ludwig vaincrait ou mourrait. Le Comte avait été assez clair là dessus. Mais après tout. A quoi bon vivre au service d’Arianka si Ludwig devait perdre contre le moindre monstre des ténébres ? Le revenant dans les marécages avait été l’exception qui confirmait la règle et Ludwig ne pouvait pas faire avec des exceptions. Ce jour là, son intuition l’avait heureusement poussé à trancher le poignet du revenant, mais en dehors de ça, ses techniques martiales était restée médiocre. Lors de sa période probatoire, le nain ne lui apprendrait probablement rien, alors il fallait qu’il se concentre, qu’il prenne confiance en lui, qu’il régle toutes les imperfections qu’il avait remarqué et qu’il mette en oeuvre toutes les techniques qu’il avait développé lors des duels armés qu’il avait mené. Là était la clé.


-"Eirminjar Pognefoudre, répurgateur de Gazul, enchanté p'tit."

- Ludwig Von Hoffenbach, enchanté ! Je suis prêt à me soumettre à votre jugement, dès demain matin.

Ainsi donc ce nain était un répurgateur. Jamais Ludwig n’avait entendu parler de nain répurgateur. Le nom de Gazul lui était aussi inconnu. C’était surement le nom d’un ordre de répurgateur ou d’un dieu des nains. Il l’apprendrait peut-être lors de ses pérégrinations avec lui. Mais pour l’instant, le moment n’était pas aux questions. Les nains et les sylvaniens n’appréciaient guère les questions. Et dans le cas actuel, cela était fortement déconseillé. C’est ainsi que l’entrevue avec Petr Von Stolpe se termina. L’échange avec le nain avait été plus que bref et directement après que Ludwig se soit présenté, le dawi était reparti par là ou il était venu. Le rendez-vous le lendemain matin avec le nain avait été fixé et il ne restait plus qu’a remercier sincèrement le comte de Leicheberg avant de se retirer humblement de la salle ou il avait demandé séance.
Ludwig Von Hoffenbach. Voie de l'Inquisition. Répurgateur.

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Re: [Ludwig] Celui qui a vu l'abime

Message par [MJ] Le Djinn »

Les mondanités achevées et les présentations faites, il était temps de montrer à Ludwig ce qui serait sa chambre… Ou plutôt sa cellule à en juger par l'étroitesse de la salle. En réalité, on était sans doute plus proche d'un cachot aménagé avec un lit et un écritoire debout qu'une véritable salle de repos, mais il faudrait s'en contenter. Tout gris, les murs à nus, sans doute pas plus de quatre mètres carrés, au moins le pot de chambre était propre. Le serviteur qui l'accompagnait, un bougre au faciès patibulaire et à la livrée brune boue, renifla presque en le faisant entrer.

-"Messire excusera l'impudence de mon maître, mais son repas lui sera servi dans la chambre, en effet, la table du dîner est déjà complète."

Procédure cavalière parmi tant d'autres possibles. Pour autant le repas lui fût apporté, peu avant le coucher de soleil: du pain à peu près frais, des endives, des radis et des pommes. Un repas très frugal mais qui devait être princier au vu du niveau de vie des pauvres hères de la contrée. Par sa fenêtre Ludwig les voyait, les sylvaniens, certains avaient une oreille de trou, ou des doigts supplémentaires, des choses qui auraient valu le bûcher dans l'Empire. Et ils travaillaient une terre noire et dure d'où émergeait une poussière couleur verdâtre.
Parcourir le château ne l'amena pas à plus de conclusions: c'était un lieu de secrets et de silence où les ombres de chasseurs se croisaient sans qu'un mot n'échappe des bouches rendues muettes par les horreurs du monde. Chacun toisait chacun sans éprouver la moindre confiance pour l'autre, tout le monde voyait l'étranger pour son potentiel ennemi. Une ambiance mortifère qui, finalement, ne collait pas si mal à la Contrée Maudite.

Pendant la nuit des chants d'oiseaux grinçants cédaient la place aux beugles difformes de créatures inconnues, scindés ça et là par des cris d'effroi et d'agonie. Quand l'aube pointa ses premiers rayons sur un ciel couvert, ce fût comme un souffle frais qui balaya la poussière d'une place trop longtemps abandonnée. Très vite des pas résonnèrent dans le couloir adjacent à la chambre et de lourds coups de poing cognèrent à la porte. C'était Eirminjar Pognefoudre, habillé non plus de sa veste verte et d'un pantalon mais d'une longue robe noir bordée de rouge sous laquelle on devinait une cuirasse d'acier; son épée à deux mains, elle, n'avait pas quitté son dos et ses énormes doigts tremblaient presque d'impatience à l'idée de l'épreuve.


-"Salut p'tit. Ludwig si j'me souviens bien? Ouais bon ça ira hein. Habille-toi et prépare ton épée, tu vas faire du "travail d'intérêt général" pour prouver ta valeur."

Le temps que l'humain se prépare il resta là à attendre, au sortir de notre héros il lui confia une pomme juteuse en guise de petit déjeuner et une gourde de bière naine, de la vraie.

-"Bois un coup, ça te donnera des forces. Du coup j'ai vu avec Pert... Enfin avec le comte von Stolpe pour ce que tu aurais à faire pour prouver que t'es pas juste un beau-parleur avec une sale gueule. On a une épreuve parfaite pour toi, tu verras."

Dévalant les escaliers, le nain entretint Ludwig de l'état déplorable des lieux et de la Sylvanie en général.

-"J'te jure, c'est vraiment du travail d'umgi tout ça: y'a rien qui tient debout! Du temps d'mon arrière grand-père on aurait pas permis ça, ah non... Même du temps du grand-père de Part, je te dis! Et encore ici ça s'effondre mais la structure tient le choc, dans le reste de la Sylvanie ça pullule de morts qui hantent leurs anciennes baraques, incapables de juste partir! Y'a vraiment du relâchement..."

Sur ces grognements la sortie fût atteinte. L'épreuve ne devait pas se dérouler bien loin car Eirminjar tourna plein Est pour passer devant des champs. La situation des habitants était aussi terrible que la veille, mais au moins les terres semblaient à peu près labourées et un semblant de récolte en passe de pousser! On ne marchait pas sur les blés, l'orge ou les cucurbitacés, mais au moins il y aurait de quoi ne pas mourir de faim... Sauf à un champ, en bout de territoire. Il était large pourtant: long, large, plat... Mais couverts de hautes herbes noires atteignant la taille d'un homme adulte. Autant dire que le nain y serait noyé à la seconde où il quitterait la route.
De hautes silhouettes immobiles parsemaient l'ensemble: des épouvantails dépenaillés au faciès immonde. Ils tenaient des faux et des serpes attachées à leurs mains de bois tandis que leur corps tenait debout, enfoncé sur un pal, malgré les saisons passées. Pourtant les hommes de paille remplissaient leur office à la perfection: pas un seul oiseau en vue! Même ceux qui volaient loin dans le ciel paraissaient esquiver la zone. Un des gardiens, plus que les autres, causait l'effroi: un mannequin à la tête infernale qui avait dû être un sanglier, un ventre énorme qui devait être un assemblage de bois et de métal, des morceaux en pendouille qui semblaient être de la chair en putréfaction et deux lames de faux rouillées qui lui servaient d'avant-bras. Il trônait au centre, roi de ses sujets immobiles, tyran inanimé d'un tas de terre en jachère.

Pratique, Pognefoudre balaya le champ d'un revers de la main théâtral.


-"A toi de comprendre et de faire le nécessaire p'tit, c'est ton épreuve."
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